Mes mémoires automobiles…

Chapitre premier…

Moi, perso’, né en 1949, arrivé aux 2/3, p’tet aux 3/4 d’mon âge probab’, j’suppose, ou assimilé…, j’tiens à dire sextuellement ceci :
Tous les hommes sans exceptation, y compris les femelles et les transsexuels (et transsexuelles), j’dis bien, tousses ces gens ; et par toussses, j’veux causer des grands/grandes, des petits/petites, des vieux/vieilles, des jeunes, des Français/Françaises, des Belges, des Noirs/Noires, des Jaunes, des croilliants et croilliantes, des impitoyables, des qui sont d’droite, des qui sont d’gauche, des malades, des qui pètent de santé, des péquenots, des manars, des royal(e)s, des chichiteux (et euses), des cons et connes, des connards aussi…, des esprits forts…

Je répète :
Tousses les hommes mâles et femelles, trans compris, une fois pour toutes, tousses, sont des enculé(e)s.

Ceci était la première partie de mes mémoires.
Fin du chapitre un…

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Chapitre second…

Changer de chapitre est une grosse responsabilité que prend un auteur (un noteur aussi, mais qui note ?), car une telle initiative rompt le rythme de la narration en créant un comma (avec deux « m ») susceptible de le faire débander.
Mais il arrive que, chez les grands romanciers, cela constitue une relance de l’intérêt à un moment où, précisément celui-ci ne faiblissait pas…, il y a donc manœuvre technique.

Parfois, quelques internautes, lecteurs, lectrices de mes chroniques, demandent (ouvertement rarement) eu/ou se demandent (virtuellement plus souvent) comment j’en suis arrivé au degré de cynisme déjanté qui tisse ma légende….
C’est simple, c’est à force d’en avoir reçu plein la gueule…

Je prends l’exemple suivant, qui suit !
C’est avec ça que tout a commencé…
http://www.gatsbyonline.com/automobile/mes-aventures-d-epoque-en-1970-morgan-4-4-roadster-354487/

Ensuite…, il y eut une suite…
http://www.gatsbyonline.com/automobile/378128-378128/

Et de ça et de la suite…, il y eut d’autres suites, en suite… et c’est parti en couilles…
http://www.gatsbyonline.com/automobile/balade-en-septembre-piting-l-est-ou-mon-excalibur-brave-petite-t-es-ou-ma-choutte-viens-364372/

Ceci était la seconde partie de mes mémoires.
Fin du chapitre deux…

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Chapitre troisième…

J’ai beaucoup pensé de ces affaires de dupes…, mais y en a deux, dont la pire, qui nanana pas encore fini…

La moins pire, c’est Coys qui n’a pas « daigné » payer le prix convenu pour une antique Chrysler LeBaron et reste me devoir environ 35.000 euros…
http://www.gatsbyonline.com/automobile/l-enfer-du-monde-des-automobiles-dites-de-collection-357151/

La pire, c’est le vol de ma rarissime LéaFrancis…
http://www.gatsbyonline.com/automobile/1988-lea-francis-ace-of-spades-343137/

Un soir après en avoir causé à s’en saouler avec des voisines, j’étais sur une bonne rampe de lancement, en pré-pollutions nocturnes (j’ai mis cet exploit au pluriel pour entretenir l’illusion) dont l’importance ne t’échappe pas (je t’annonce même qu’une troisième me plongerait dans un effarement systémique systématique tant ce serait quasi miraculeux)…
Je n’avais plus qu’à clôturer mes pensées lubriques… quand une sur-pensée occultant les autres est venue empêcher ce moment unique (beaucoup font brûler un cierge pour remercier la Sainte-Vierge et tous les seins du monde, leur taille en dit long sur l’espoir ou la réussite, quoique certains peu scrupuleux trouvent ainsi manière de faire croire aux Saintes-nitouches qu’ils pourraient combler leurs vœux)…, retardant cet instant de communion éternelle avec le divin et les secrets de l’univers, de façon démoniaque…, comme la pipeuse surdouée s’interrompt de te lubrifier le sémaphore une fraction de seconde avant que tu ne lâches les amarres.

Ce diabolisme (ça n’était pas français avant aujourd’hui) stimule tout esprit naturellement pervers, en retardant la révélation de l’assouvissement du désir qu’il a de savoir quelle quantité va encore gicler ou si minablement le poireau va laisser échapper quelques gouttes.
Mais c’est une arme à double (voire à triple) tranchant, (on pourrait plutôt dire que c’est une arme à plusieurs coups…, car si l’image projetée dans le cortex déçoit les coucougnettes, (par exemple qu’il s’agit de ma crémière plutôt que de ma bouchère… ou de ma voisine de gauche alors que celle de droite réveille les morts)…. l’inconscient est alors conscient du subterfuge…, il est terriblement déçu et tu te sens enviandé…, dès lors, l’habileté du procédé, ce mouvement d’amorce d’une pompe qui manque d’air…, se retourne contre le pauvre auteur à la con qui passe pour une pomme, puis pour une poire…

Dans ces cas qui reviennent « plus souvent » que des nuits d’amours en partouzes avec les plus belles salopes du (bon) coin…, la seule solution est de vider une bouteille de rosé-pamplemousse et d’aller dormir en pensant à tout et n’importe quoi…, quoique…, un essai supplémentaire n’engage en rien…
Ces cons-fidences, te démontrent que ma non-profession est follement dangereuse…, les gens s’imaginent que je ne me fatigue pas…, que je suis cool et relax…, mes pieds dans des pantoufles à pompons,,, avec un bonnet de nuit pour garder mes idées bien au chaud… et que je n’ai qu’à laisser pisser ma machine à écrire (en réalité un clavier Hewlett-Packard sans fil) qui œuvre toute seule (à moins que ce ne soit Blacky qui est le véritable artiste créateur de mots en phrases)…

Fi !
Des niais !
Ceux-là n’ont rien compris à ma pathétique non-profession et je leur interdit de trop lire entre mes lignes pour qu’ils puissent pleinement se consacrer à l’étude de mes procédés.
Mais, basta (c’est en Corse)…, je sais que je t’emmerde déjà, ô taciturne internaute…, pour toi, la finalité prime tout…, à la rigueur, tu veux bien que je calce les dindes voisines héroïnes… à condition de te fournir tous les détails…, ton inculture est un bastion d’où je ne te délogerai jamais, mille hélas…, tu mourras la tête vide et les porteurs ne s’en apercevront même pas.
Amen.

Amène-toi, que je poursuive ce récit plein d’épastouillantes péripéties, que merde, je me demande où je vais chercher tout ça, comme ils me disent, les nœuds volants.

Donc, après avoir beaucoup pensé, j’ai résolu de rencontrer le Grand-Mickey en personne, « le » Maître de l’univers… afin de lui dire tout ce que j’avais sur le cœur concernant le vol de ma LéaFrancis « Ace Of Spades » de 1988… et j’ai foncé jusqu’au Grand-Palais…

– Son Excellence Monsieur le Grand-Mickey va vous recevoir dans un instant…, m’avertit son pote…

Il me laissa le cul entre douze fauteuils d’époque Catherine II, j’en choisis un au hasard et m’y insérai à reculons, j’eus l’impression de m’atteler à un carrosse…, le salon anti-chambre comportait quatre fenêtres d’environ cinq mètres de haut, à travers lesquelles on pouvait admirer un grand mur blanc où jouait l’ombre d’un petit nuage folâtre… et le parquet dûment fourbi brillait comme une calvitie.
Deux immenses tableaux représentant des batailles, s’opposaient à chaque extrémité du salon…, sur l’un, on voyait quelqu’un en train de foutre une tripotée aux contradicteurs de ses élucubrations lors d’une réunion publique ; l’autre le montrait comptant des liasses de billets sur un bureau, entouré d’hirsutes…
Aucun bruit ne sourdait de l’extérieur, l’endroit était pompeux, magistral et ennuyeux comme tous ces lieux d’apparat où l’on ne fait que passer.

Je pris une attitude stricte qui devait faire chiément bien sur les écrans de vidéo où ma personne s’inscrivait.
D’un air gourmé, je promenai mon œil de vrai faucon alentour, à la recherche des micros et objectifs braqués vraisemblablement sur ma personne.
Nonobstant un strabisme accentué de « son excellence », que l’Histoire avait omis de mentionner, je ne découvris rien d’anormal dans la pièce…, les techniciens chargés de « l’équiper » en connaissaient long sur leur boulot.

J’attendis un quart d’heure sans m’ennuyer le moindre…, je possède la faculté d’être une compagnie suffisante pour moi, en tous lieux et en toutes circonstances, ce qui est bien pratique dans ma profession où l’on bouffe plus de lapins que d’ortolans…, l’expérience m’a enseigné que la personne avec laquelle je m’emmerde le moins, c’est moi.
Ne vois, à me lire, cher internaute, aucune vantardise dans cette déclaration…, pour te rassurer, je m’empresse d’ajouter que je suis également l’individu que j’exècre le plus sur cette planète, excepté quelques milliards d’autres dont je ne dresserai pas la liste ici de peur qu’elle ne soit pas exhaustive.

Donc, au bout d’une quinzaine de minutes, celui qui m’avait pris en charge revint…, il avait cet air sérieux, à la limite de l’ennui, d’un ordonnateur de pompes funèbres chargé des funérailles d’un haut dignitaire, lorsque les poignées du cercueil viennent de céder et qu’elles restent dans la main des porteurs.

– Son Excellence vous attend !…, me déclara-t-il.

Je pris mon fourrage à deux foins et me lançai dans la traversée du salon…, après une marche forcée de chasseur alpin, j’atteignis la double porte livrant accès au cabinet de travail de son Excellence le Grand-Mickey…
Le Maître des basses-œuvres pressa un bouton…, je perçus, à travers l’huis, la vibration d’un timbre sonore, sec comme un coït sur un sac de biscuits.

La porte à moulures, dorures, motifs, gaufrettes en tout genre s’ouvrit d’elle-même…., le Cardinal Beaupré m’ayant fait signe d’entrer, j’entrai….
Le bureau de Son Excellence était de dimensions relativement modestes…, on eût dit un stand du salon de l’Equipement de burlingue…, car tout y était ultramoderne, métallisé, chromé…, des appareils à l’usage mal défini l’encombraient : sur consoles, sur roulettes, suspendus…, en comparaison de cette pièce, la salle opérationnelle de la NASA ressemblait à une cellule de chartreux. Un grand portrait de Lui, souriant… et un drapeau à damiers l’humanisaient et y apportaient la joie de vivre en automobiles coûteuses, sinon, cet antre sophistiqué flanquait les jetons et tu te mettais à glaglater comme le grand-père de la mère Denis quand on le passe au scanner…
Derrière une vaste table en verre fumé surchargée d’ustensiles bizarres, engoncé dans une cape à col de fourrure, un casque orné d’un phallus-godemichet enfoncé jusqu’aux oreilles et affublé d’épaisses lunettes à monture d’or, me regardait venir à lui sans bouger.

Il ressemblait simultanément à un hibou, à un tapir, à Harry Baur dans Crime et Bâtiment, et surtout à ce fabuleux portrait de Giuseppe Arcimboldo intitulé l’Hiver…., je marchai vers lui en pensant que, pour la première fois de ma vie, j’allais adresser la parole à une souche.
Je m’y risquai pourtant.

– Mais quoi qu’y font les keufs ? que je lui ai crié tout en ouvrant mon ordinateur portable afin de lui montrer trois vidéos de premier choix…

Voilà, Excellence, ce que j’ai dit puis écrit à vos sbires policiers, pas policés du tout : Email à la police !

Monsieur l’agent, inspecteur, chef… Cherchez pas : c’est lui qu’est coupable. Mister Fun-Man, l’a dit : c’est lui.
Mister Show-Man (le même caché sous le surnom Goudou) confirme : c’est lui !

Le Grand Mickey pointe son doigt vers sa tempe, mais c’est double sens, faut regarder le doigt…
Le doigt du gars qui surveille rien et qui s’en branle…, le beauf qui radote, brasse l’air, change d’avis et discute à donf pour rien payer, jamais.
Enfin, je crois.

– Côté intrigue, c’est bonjour la purée de pois, le brouillard à mazout et l’embrouille majeure. En gros, avec vous, j’ai comme hérité d’un bordel barnumesque.

– Grand Vizir Mickey…, pas du tout… Fun-Man, déguisé en Fuck-Man, qu’on l’attend plus, débarque pour un arrangement que son mentor, goudou lascif, filme en caméra cachée au grand jour : C’est du piqué de Malassis, de la dentelle des sœurs de la Charité, du pointillisme expressionniste son histoire.
Au lieu de chourer deux tonnes de morphine pour s’arrondir les poches, ces très cons barbotent ma LéaFrancis, la plus rarissime des bagnoles du monde, en ’99, dans un show en flamandie, Groote-Bijgarden-party…, purée…, ou elle est sensée être gardée, surveillée, bichonnée par des malabars, soucieux de ce qu’ils ont demandé à ce qu’on leur confie ! Que 5 construites, en plus ! Alerte dans la Flandre ! Dans la Belgitude ! Dans le cosmos ! Tout le monde est menacé d’avoir les joyeuses rétrécies… et la race risque de s’éteindre ! C’est joué avec la sobriété d’un manche à ventouse qui se lancerait sur la piste de son propre crime. Enfin… « propre », en fait c’est assez dégueulasse ! Voyez excellence, Grand-Mickey, une seconde vidéo de l’évènement…

Et je continue ma narration des faits :

– Il lâche pas, le gravosse Fun-Man, avec deux clebs affamés qui reniflent. Ils tombent sur des ceusses qui se culbutent dans la paille, qui comptent encore leurs biftons noirs, qui chantent leur bonheur d’avoir évité la faillite… Puis arrive LA scène d’anthologie, le truc immense, le Koh-i-Noor du genre : Mister Show-man en boa vert, perruque rousse, jupe bleue et talons hauts qui dépose plainte pour avoir été violé…, enfin, pas vraiment : qu’il aurait été abusé… Le pôvre chou, abusé, lui, à mourir de rire ! J’explique pas, c’est dantesque, sublime, beau comme un lever de soleil sur Dilbeek by-night. Même le flic chargé d’arrêter le machin, a l’air stupéfié.
Y a de quoi, personne n’aurait pas osé imaginer que Mister Fun-Man qui avait fait des courbettes et s’était plié en 4 pour remercier l’enculé de sévices (c’est moi, celui qui s’est fait chavourer sa LéaFrancis, une des 5 exemplaires, je répète tellement c’est gag…, si, si)…, en lui ayant écrit : « Merci pour votre collaboration »… en réponse…, sans doute en se marrant d’avance ! L’autre, Goudou, son pote qui lui a vendu le show fifty-fifty, alors que Mister beauf n’avait pas de quoi se payer la moitié d’une boîte de morues…, qui regarde par terre en siflotant et lui dit : “Qu’est ce que tu comptes faire avec tout-çà ?”... C’est lascif, je vous dit pas. Lascif, chien fidèle, surnommé le Goudou, connu comme Mister Show-Man…, cuit des spaghetti pour le kidnappeur de LéaFrancis…

– Y a une chose qui m’échappe. C’est le fil de votre histoire…

– Musique, maestro. La musique, justement, est bof de bof…, genre impro sur grincements de dents et couinements de cochon prostatique. J’ai la preuve du larcin, une troisième vidéo…, regardez, c’est clair d’évidence…

– Evidemment, c’est dur comme histoire… qu’il me dit le Grand-Mickey… Sûrement un scénario pompé sur un bouquin de Proust, Joyce ou Mallarmé, tous inadaptables.

– Le génie ne supporte pas l’à-peu-près. Là, heureusement, il y a tous les suspects habituels: avec des acteurs comme ça, c’est nickel. Le nanar est cousu main… Si la connerie se vendait au kilo, y a longtemps qu’il serait dans le commerce.

– A la tonne, elle se vend, parole…

– En attente de mieux…, mieux écrit…, un indice, si, si…, le soir du crime…, du vol, ou peu après, qu’importe…, j’ai… envoyé des émails…, si, si… Fallait pas aller plus loin que les lire pour comprendre…, simplissime, tout était là depuis le début…, le reste c’est de l’enfumage, à gros débit… Et les deux plaintes en prime, le bouquet…, Mister Fun-Man a du oublier ce qu’il avait écrit… En plus c’est pas du vent, des paroles en l’air, c’est ce qu’on nomme une preuve matérielle, imparable… Allez, une fois, un indice : Avant le vol, au plus chère elle était, au mieux c’était pour le médiatik…, tik, tik…, flons-flons, fanfare, TV, radio, journaleux et merdeux, tous ébahis, public nombreux, tiroir-caisse et black au noir, plein les fouilles pour pas un rond ! Après le vol, l’inverse, au plus elle ne vaut rien, au mieux c’est pour leur porte-fouille…, c’est le fifty du fifty…, c’est tellement éclairant que ce serait presque jouissif pour moi d’attendre d’être face à plus haut, question tintamarre…

– Le contat d’assurance ne se réfère pas à l’expertise ?…

– C’est ça… et Mister Fun-Man a accepté la valeur haute en gré à gré, sans référence à l’expertise, bien avant que celle-ci ne soit remise qu’à une seule personne…, myself… Paf, ça croule… Allez, demain je reviens expliquer… Sans rancune, si pas tout compris, un traducteur-juré… et hop… Merci encore pour le verre d’eau.

Ceci était la troisième partie de mes mémoires.
Fin du chapitre trois…

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Chapitre quatrième…

Le sommeil du juste, ça n’existe pas, d’ailleurs y a pas de justes… et pas de justice non plus.
On est des pauvres mecs pattouilleurs, aux prises avec d’autres pauvres mecs…, on passe son temps, les uns, les autres, à se faire du contrecarre, des croque-en-jambes, des coups fourrés…, on se délate, on se brime, on se tue à qui mieux mieux.
Le Grand-Mickey, quand il décolle, il te bouffe l’oxygène pour plusieurs jours ; personne ne s’en soucie…, ses ouailles, kif, te pompent l’air d’une décade en trois répliques malséantes, en deux ragotages perfides… et on passe outre…, on rit chétif, on rit peureux pour se faire pardonner la saloperie qu’ils viennent de nous balancer plein cadre.

Qu’ils enculent si ça leur chante : un fion n’est qu’un fion, ça facilite le transit…, on devrait même apprendre aux administrés, les prémunir par des exercices appropriés…, qu’ils s’asseyent sur des bâtons d’agent, puis sur des battes de baise-bol pour se faire un pot d’échappement adapté aux circonstances ; sur des bittes d’amarrage une fois passés pros…, plus ils auront le rond confortable, au mieux ça se passera pour leur avenir, leur vécu.
On se laisse verger à tous les coins de rue, sous toutes les portes cochères, dans les antichambres, à la télé, à poil ou en tenue de gala…, mais t’inquiète pas, t’aurais tort…, faut jamais regimber des miches…, autrefois, on pouvait s’indigner, désormais c’est plus possible, plus permis…, la soumission pleine et entière.
Quéque chose me dit que ces lignes ne seront jamais publiées dans un grand quotidien planétaire…, y aura les fusées avant…, c’est du peu au jus, de l’imminent, ils s’en foutent, se rassurent de rien, mes petits frères bien-aimés…, ils veulent pas le savoir…, haussent leurs maigres épaules : Non, non, tout va bien.

Y ajuste quelques voyous de trop, des molesteurs de petites gens sans importance, et puis hop, v’là les impôts de chiasse ; sinon, lèche-moi bien sous les burnes…, la paix des profondeurs, ils la possèdent.
Et puis un de ces petits matins de d’ici pas longtemps, tu vas voir ce badaboum, l’ami…, tchlac tchlac…, deux coups les gros…, on aura le Don des Cosaques…, les points stratégiques en semoule…, le Grand-Mickey et sa clique feront chauffer leur bortsch sur la flamme sacrée… et mes petits potes, crédulés soudain, courront à toute pompe se faire inscrire à la permanence, avec effet rétroactif si possible, l’intention y étant depuis toujours, simplement ils avaient péché par négligence, faut comprendre !
Moi je les sais bien, mes très chers frères…, ce qu’ils disent, ce qu’ils font…, leur comportement en toutes circonstances pour s’arracher à la mémerde…, le brio qu’ils déploient.
Parfois, je les trouve admirables dans la veulerie, la sodomie processionnaire…, des maîtres, des ès, des fulgurants de la reconversion, qui vaut bien une fesse !
J’aime pas tout ça…, normal…, même toi, si tu étais à ma place, tu te gafferais que l’historiette n’est pas terminée…, impossible !

D’ac, je suis une sorte de plénipotentiaire occulte et j’ai droit à la divine protection…, mais pardon, oh ! oh ! ils veulent savoir ce dont il m’a fait part…, peut-être qu’il le leur aura dit spontanément, va savoir…, une crise de conscience, quand t’as des techniciens autour de toi, elle t’arrive sans crier gare, ni train, ni rien du tout de ferroviaire.
Et me voici tout à fait éveillé, la moulinette pleine de gambergeries en vrac…, pourtant la nuit passe sans incident.

Lorsque les premières lueurs de l’aurore filtrent entre les rideaux, je me mets à en écraser pour tout de bon, rêves délicats à l’appui…, je me vois dans un grand jardin ensoleillé, plein de fleurs et de ramages d’oiseaux…, une belle jeune fille, style Ophélie, sort de derrière un temple d’amour, simplement vêtue de la rose qu’elle tient à la main, ce qui la fait ressembler à son Excellence, le jour de ses noces.
Elle vient à moi, s’assoit sur mes genoux qui prennent un « x » au pluriel, passe son bras parfumé à mon cou…, elle sent le bouquet d’aubépine…, la mienne frétille, d’abord comme un gardon, puis comme un brochet de trois livres…
La sonnerie du bigophone me fait déjanter…, je lumière pour regarder l’heure : 19 plombes et quelques !
Tu parles d’une mayonnaise de dorme que je viens de me payer !

Comme la sonnerie continue de strider, je décroche…, une voix féminine me dit qu’on va me parler…, il se produit une légère série de clic clic clic, l’organe du Grand-Mickey retentit, pimpant…, on a dû lui bricoler deux ou trois transfuses dans la nuit et le gaver de cortisone à son petit déjeuner, car il semble vachement branché…, à moins qu’on ait fait une vidange-graissage à son convertisseur

– Et alors, je vous attends !

– J’arrive, subtile Grandeur émérite, je fonce vous narrer la fin…

Ceci était la quatrième partie de mes mémoires.
Fin du chapitre quatre…

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Chapitre cinquième…

– Grand-Mickey, Altesse sérénissime, me voilou pour vous conter la suite… Tout est toc, bêtassou, glandilleux ! C’est doux comme du beurre sur une baguette bien chaude (on dit pourtant alors qu’elle est fraîche, allez comprendre !)…, je vais ci-après fournir d’avance le jambon (du sandwich), avec humour façon Bérurier-San Antonio… donnant ainsi le LA à la zizique dont je causais hier ! C’est histoire de faire durer le plaisir… C’est le tango des cloduques, l’amour chez les cradoques, le romancero des « pue-de-la-gueule » : entre un gorgeon de vinasse boueuse et un baiser entre alcoolos consentants, voici la love story de deux cabots maquillés à la suie. Dès la première scène…, c’est démontré (ce qu’je nomme les preuves matérielles), la LéaFrancis valait une fortune, et Fun-Man avait accepté cette valeur sans même avoir besoin d’une expertise, même qu’il me remerciait de ma collaboration (c’est à pleurer) d’lui laisser exposer une auto si chère ! Allez, zou, le film (un navet policier) commence..

– Allez-y, qu’on en finisse…

– Le show s’termine prématurément, il est 18h et quelques, Show-Man s’assure qu’j’y suis pô là sur place, des fois que j’viendrais plus tôt reprendre l’auto… et Fun-Man ouvre les portes (de l’enfer)… Quelques secondes après cette manœuvre hardie pleine de suspense…, Fun-Man se fait rouler sur les pieds par la LéaFrancis qui sort toute seule du show, pré-ouvert… Y dira plusse tard qu’il a vu Goudou discutailler le bout de gras avec le voleur, mais là, non…, y voit que dalle, rien, y regarde ailleurs, le ciel, les étoiles…, l’oiseau bleu dans le ciel…, ce qui lui vaut (après ça vaudra beaucoup plus), de ne pas voir la sortie des clochards de son show, pas même le Goudou lascif qui s’est taillé fissa… Y s’inquiète pas Fun-man, rien, il sifflote… L’est deviendou aveugle, voit rien, n’entend rien et dit rien…, comme les 3 singes…y sent juste que les strates sous ses bras., ça pue et il prie ! Là-dessus, un clodo-philosophe sussure: « Chai qu’une vie et faut en krofiter. Kréfléchis !… Fun-Man, ça le fait penser à son kil de Vin du Postillon qui va pouvoir le saouler, le velours de l’estomac. Faut voir la gueule du velours, la sienne aussi… Quand les keufs d’Dilbeek y débarquent pour renifler les mauvaises odeurs, remarquent pas l’odeur des strates sous les bras de Fun-Man, qui, avec un sourire niais, leur dit : « Nana rien vu, nana rien entendu, nana rien senti quand la LéaFrancis m’est passée sur les pieds, ai juste fait un pneu de ménage en balayant de verre parterre, important que tout soir nickel-propre »… Là dessus les keufs y lui disent qu’ça va pas, qu’il a du sentir la léaFrancis lui passer sur les pieds vu qu’il était à la sortie… ‘Ben non, pas senti, je regardais l’oiseau bleu dans le ciel’… Quoi débiter d’autre en tranche, hein ?Je place ici une musik d’ambiance qui résume son interrogatoire du même soir chez les keufs’d’Dilbeek :

Tu as volé as volé as volé l’orange du marchand
Tu as volé as volé as volé l’orange du marchand
Vous êtes fous, c’est pas moi, je n’ai pas volé l’orange
J’ai trop peur des voleurs, j’ai pas pris l’orange du marchand
Oui, ça ne peut être que toi
Tu es méchant et laid
Y avait comme du sang sur tes doigts
Quand l’orange coulait
Oui c’est bien toi qui l’as volée
Avec tes mains crochues
Oui c’est bien toi qui l’as volée
Y a quelqu’un qui t’a vu
Vous vous trompez
Je courais dans la montagne
Regardant tout le temps
Les étoiles dans les yeux
Vous vous trompez
Je cherchais dans la montagne
L’oiseau bleu
Tu as volé as volé as volé as volé as volé as volé l’orange
Tu as volé as volé as volé l’orange du marchand
Y avait longtemps qu’on te guettait
Avec tes dents de loup
Y avait longtemps qu’on te guettait
T’auras la corde au cou
Pour toi ce jour c’est le dernier
Tu n’es qu’un sale voleur
D’abord tu n’es qu’un étranger
Et tu portes malheur
Vous vous trompez
Je courais dans la montagne
Regardant tout le temps
Les étoiles dans les yeux
Vous vous trompez
Je cherchais dans la montagne
L’oiseau bleu.
J’ai pas volé pas volé pas volé pas volé pas volé pas volé l’orange
J’ai pas volé pas volé pas volé l’orange du marchand
Tu as volé as volé as volé as volé as volé as volé l’orange
Tu as peur…, jamais plus tu ne voleras l’orange
J’ai pas volé pas volé pas volé l’orange du marchand
Tu as volé as volé as volé l’orange du marchand
Tu la vois elle est là
La corde qui te pendra
La corde qui te pendra

– L’enquête des keufs se passe, traine et s’termine par un non-lieu du parquet… Mais, l’enculé de sévices (moi) qui s’est fait chouraver la LéaFrancis, demande des comptes… C’est chaud, y voit la fin qu’c’est sur lui qu’ça r’tombe… Même que son assurance menace que c’est d’sa faute à lui qui a dit qui r’gardait l’oiseau bleu dans le ciel… Alors, lui, le Fun-Man à la gueule d’angelot blondinet, il a une lumière noire qui explose dans sa tête de piaf…, y dit sans rire (mais il ne rit jamais) : « J’ai été violé par le grand (l’enculé de sévices qui s’est fait chouraver sa bagnole), y m’a trompé sur la valeur ! L’a falsifié des trucs et donné ces machins à l’expert qui s’est fait magnétiser et rédigé des fausses valeurs »…
Sauf que là, coincé, le Fun-Man…, soit l’est complice d’avoir laissé partir la bagnole… et l’est au trou, la honte, tout mouillé qu’il est…Soit qu’il dit qu’il était ailleurs et qu’ses pieds n’étaient pas sur le chemin des roues de la bagnole…, et l’est blanchi (provisoirement), mais lessivé, là…, mais y se retrouve à poil avec son assurance ki joue plus la même partition, ki va se retourner sur lui, grââââve et lourd ! L’impasse ! Il sort…, putain, il a eu chaud… C’est pas une affaire de pute trompée, faut pas chier plus fort que nécessaire…, du genre qu’il a rencontré un clodo qui peint comme Van Gogh et Münch réunis et qui veut faire son portrait… Mazette ! Finira par dire qu’il est pas vraiment aveugle mais borgne, qu’il a eu mal quand la LéaFrancis lui est passée sur les pieds : « En plus, l’oeil qui reste est moisi »…Dur, dur !Va même se s’ouvenir qu’il a vu son pote Goudou becqueter le boût d’gras avec le voleur…Ben tiens !

– Donc c’est qu’il a vu le voleur, non…

– Poussé par un détective privé payé par Fun-Man devenu Mister Fuck-Man, il sort toute une histoire. Horreur ! Pour fêter ça, Fuck-Man (ex Fun-Man) va faire du monoski à la merde du nord avec le Goudou lascif…, celui qui cuit des spaghetti pour le voleur de la LéaFrancis, comme s’ils étaient dans un film de Fellini. “J’ai soif”, qu’il dit… “J’ai soif aussi”, dit-l’autre…Ouais ! Mais c’est lequel des deux qui rince l’autre ?

– C’est un suspense dément : trouveront-ils une bouteille de Gévéor cuvée matraque pour dormir ?

– Pas besoin, suffit de rebobiner le film… C’est un poisson pourri qu’il donne à becqueter aux keufs qui ont faim de justice…: “Les Japonais, ils appellent ça du souchi”, qu’il dit en riant jaune. Putain, c’est la première fois qu’il sourit devant des matous…En réalité, il pensait qu’avec cet écran de fumée il allait pavoiser, du genre : « Je n’ai plus de souchi à me faire »…

– C’est un gag ?….

– Finalement, Fuck-Man jette une godasse dans la flotte (symbole), avec un message dedans… destiné à être illisible…, c’est cousu de fil blanc : son pote lui aurait confié qu’on l’appelait “Camembert” (pas à cause de l’odeur, mais parce qu’il était bien fait, autre gag !)…et les cloches sonnent (re-symbole). Mais bon, c’est le sentiment qui compte, n’est ce pas, comme le prouve la scène où ils sont nus et vierges… et qu’on aperçoit en ombre chinoise la flûte enchantée de Mister Fuck-Man… Vu la dimension, c’est plutôt un saxophone ténor. Licence poétique, mes amis ! Ce scénario de merde a été salué à sa sortie par les keufs comme un évènement-phare, un machin d’avant-garde, une œuvre d’alchimiste réconciliant le signifiant, le signifié et le gros-rouge-qui-tache…, un bon vieux nanar tendance béchamel. Pourtant tout est toc, bêtassou, glandilleux. C’est un roman policier à godasses de plomb. Y a pas, ça fait réfléchir. Non ?

– Il est temps de se jeter à l’eau…

– Enfin !…Fuck-Man se fait opérer des yeux et le Goudou disparaît au loin. Lavé ! Brossé ! Sent bon ! Horriblement déçu, Fuck-Man tente de se noyer (c’est aussi clair que si c’était de l’Evian, ben tiens !) et, comme il rate son coup, ils partent tous deux vers le soleil levant, sans le moindre souchi. Demain (aujourd’hui y aurait moins de suspense), promi, juré, j’envoie l’émail des preuves matérielles, et Hop, paf…

Ceci était la cinquième partie de mes mémoires.
Fin du chapitre cinq… Il n’y aura pas de chapitre six, ni de sept, ni de huit, ni de neuf… c’est fini…

gonzoto05