Ça y est ! Il paraît que tout change, qu’on est maintenant tous cons, avec le baril de pétrole plus cher que cherté & compagnie, plus cher qu’une entrecôte, c’est la rédemption, fini les bonnes manières, terminé la vraie vertu. Faudra surveiller son langage en même temps que ses bourses. Je m’hermétise, je suis bourrelé de mots secrets en insultes. Je m’occulte. Et encore tout à fait prudent ! Tout devient des plus épineux. Je pense inventer le moteur à eau… Mais attention ! Y a des censeurs, des délateurs dans tous les coins… Je sais plus où me mettre… Le monde tourne bourrique, c’est plein de personnes qui viennent me dénoncer… Au nom de la Patrie toujours ! Même donner mes copains/copines…, comme ça ne perdant pas une minute… Le Fiel est Roi !
Regardez la gueule des gens, c’est du long cauchemar en figures. C’est tout obscène par le visage. Parties honteuses remontées au jour. Il n’est que temps Bordel de merde ! On se méfie jamais assez ! Faut-il restaurer le respect des chastes, le pleur des vierges, l’esprit invincible ! Le triomphe ! la gloire des tordus ! l’esprit sacrifesse ! On peut dire merde et être vainqueur, on peut dire zut et se faire étendre. C’est ça l’atroce ! Y a des preuves et pas des menues. C’est tout du fumier et consorts. C’est tout des ennemis personnels ! Les canailles me démerdent ! Y a que les cons qui clabent ! Personne veut du sacrifice. Tout le monde veut du bénéfice. Nougat cent pour cent. Bien sûr y a eu des morts quand même ! Des vraies victimes de l’imprudence. En somme ça va pas brillamment… Nous voici en draps fort douteux…, pourtant c’est pas faute d’optimisme…, on en a eu de rudes bâfrées, des avalanches, des vrais cyclones, et les optimistes les meilleurs, tonitruant à toute radio, extatiques en presse, roucouladiers en chansons, foudroyants en Druckérisation débilitantes… Personne peut le surpasser question de gueule et d’assurance. Champion du monde en forfanterie, ahuri de publicité camouflée et de promos estampilées, de fatuité stupéfiante, Hercule aux jactances, le Génie de la Race !
Cocorico ! Cocorico ! Le con flamboye ! On est pas saouls mais on est sûrs ! En file par quatre ! Et que ça recommence ! Tout de même y a une grosse différence entre avant TV et aujourd’hui TV. L’homme il était encore nature, à présent c’est un tout retors. Le con d’avant il y allait “comptant bon argent” maintenant il est roué comme potence, rusé pitre et sournois et vache, il bluffe, il envoye des défis, il emmerde la terre, il s’est installé à vie, mais pour raquer il est là et bien là !… Il a plus l’âme en face des trous. C’est un ventriloque, c’est du vent. C’est un escroc comme tout le monde. Il est crapule et de naissance, c’est le tartufe prolétarien, la plus pire espèce dégueulasse, le fruit d’une civilisation. Il joue le pauvre damné, il l’est plus, il est putain et meneur, donneur fainéant, hypocrite….
Pendant que celui-là se gargarise et promeut ses zamis, sas tartuffes, ses vassaux, laquais, bouffons, chantonneurs et dervishes retourneurs de crèpes…, le télespectateur lobotomisé se goure de toutes les arnaques présentées en boucles, on lui a fait la théorie, il sait pas encore les détails, mais il sait pourtant que tout est pourri, qu’il a pas besoin de se tâter, qu’il sera jamais assez canaille pour damer là-dessus le dirigeant de cette gabegie, qu’il aura toujours du retard pour se farcir le fion après tant d’autres. Il sait que télé et compagnie, les émissions vérités sont que mensonges et opportunismes de voyoux, du “tout prendre” et plus rien donner. De la connerie à la petite semaine. C’est de la bonne friponnerie-crapulerie, celle qui envoie les gnous au turbin en les faisant chanter en choeurs : « Ya d’la joie« , qui fait du nombril le centre du monde, la retraite des vieux une rigolade, la gnan-gnanterie pour tous un bienfait… Au nom de quoi il se ferait lobotomiser le con ? Il veut bien faire le Jacques encore, il a du goût pour la scène, les bravos du cirque, comme tous les dégénérés, mais pour mourir en partance, alors pardon, il s’y refuse absolument ! C’est pas dans le contrat d’affranchi. Monsieur se barre à vitesse folle. Que le théâtre brûle il s’en balotte ! C’est pas son business !
Cette grande déglinguerie, c’est général, les chefs veulent pas mourir non plus. Vous remarquerez que les grands despotes, les présidents, les forts ténors, les rois, les princesses, tout ça se branle en riant des cons (vous), les encule au plus profond, fonce au couvert dès que l’aventure tourne aigre, vacille… Foudres d’escampette ! Pas un qui paye de sa personne. Sauver la viande c’est le suprême. Pendant les plus farouches exhortes, pendant qu’ils affolent au massacre, ils quittent pas leur magot du regard. C’est leur vraie Madone ! Pas si cul de se faire étendre ! De la promesse ! du microphone ! c’est dans le bon jeu ! Tout ce qu’on voudra ! Du parfait texte ! Tant que ça pourra ! Pour eux aussi tout est théâtre… Ça fait une fringante ribambelle… Combien qui se sont trouvés pâlots sur le moment de payer la note ? Comptez un peu sur vos petits doigts. Et sans doute que c’est pas fini. Le spectacle est permanent… C’est le mensonge qui nous fait tant de mal ! Ce crime ! Ils en ont tous vécu les tantes ! Prospérés ! Engraissés, bouffis ! Reluis à l’extase ! C’est à présent qu’ils dégoûtent ! Mais ils peuvent pas vivre d’autre chose ! Ils sont foutrement incapables de vendre autre chose que du puant ! Le goût est fait !
Fouinant, rampants unanimes ! Je veux parler des journaleux et des lecteurs et des romans et des radios et du reste TV. Tout pourri, tous pour eux, charlatans, canailles et consorts, à la grande curée du cheptel, chiens et lopes associés. Tartufes paysans, grands auteurs. Mains dans les mains, échanges académiques de merdes, stylisées. Brossage des tatanes en tous genres. Qui fait une fois les chaussures fera toujours les chaussures. Que surviennent demain les Tartares, les Valaques, les Ostrogoth, qu’importe le poil, les pointures, les valets seront toujours là ! Y aura qu’à siffler qu’ils accoureront encore avec leur petit matériel : Adjectifs, raisons en tous genres, brios dialectiques et crachats… Tout ce qui ne ment pas est honni, traqué, chassé, vomis de haut, haï à mort. C’est le grand secret que l’on cache : comment on pourrit jour par jour, de plus en plus ingénieusement.  Je vous le dis bande de bâtards, vous êtes plus bons qu’à l’enfer ! Chiures de mensonges ! Critiques d’art ! Et ça commence un tout petit peu ! C’est ma gentille consolation. Vous aurez pas besoin de tickets ! Y aura de la torture pour tout le monde !
On n’a qu’à un tout petit peu ouvrir les portes de la catastrophe vous allez voir cette corrida ! C’est Carthage en beaucoup plus « brute« , en plus arrogant, plus pourri. Ce genre d’anarchie éperdue ! Le monde sauvé par des guignols ! Nous sommes aux dessins animés ! Y aurait de quoi rire en d’autres temps ! Mais comme on se trouve, y a de quoi se la mordre ! Le bourgeois franchouillard, ce qu’il voit dans le nouveau président, c’est le fric pour tousses. Il se dit : « Voilà un homme placé aux sources de la Vie ! C’est l’emperator de la Fortune ! Il nous remettra tout comme avant ’40. Il nous foutra tout ça aux ordres ! On retouchera ses coupons ! On ré-aura son plein d’essence, on ressortira les dimanches, on re-ira aux gueuletons, on rira chier sous les bosquets dans la douceur des airs angevine et ça sera l’orgueil qui remontera jusqu’aux cieux, de la belle odeur des toutes mieux nourries tripes au monde, chevalières aux Légions d’Honneur, un alibi, un boeuf magnifique« … Tous les autres seront éliminés, à quelques individus près, inoffensifs pauvres maniaques, dont moi-même, agitant marottes et pamphlets, mirlitons, grelots. Finie la drôlerie anarchique, les alibis admirables, irréfutables, esbourriffants, magiques, merveilleux à tout sabouler, saloper, rien foutre… Une hébétude si fantastique démasque un instinct de mort, une pesanteur au charnier, une perversion mutilante que rien ne saurait expliquer sinon que les temps sont venus, que le Destin s’accomplit.
Comment c’est fait l’opinion en France ? C’est bien simple, c’est fait à Paris. Le président, avec sa presse, sa radio, il rend le parisien éberlué et tout mûr. En avant les génials slogans ! Tout trou du cul de vache au village voici parigot promu quelqu’un sur l’asphalte de la Ville Lumière, passé l’objet d’une affection, d’une sollicitude passionnée de toutes les minutes. Il a un “goût” qu’on lui décrète, un flair ! une délicatesse ! Un génie personnel inné ! Que c’est le joyau de la planète ! Qu’on lui affirme, qu’on lui déclare, par éditions extra-spéciales, en immenses titres, à feux de Bengale, à tout néon ! Qu’il en est bouleversé, déluré, cascadeur et tout. En huit jours il se reconnaît plus. Un vertige d’intelligence ! Le chef-d’oeuvre de 22 siècles ! C’est lui l’unique et pas un autre ! Tout des sauvages partout ailleurs ! Des gens qui n’existent pas…, des pays de minables et d’affreux, des queues-dans-le-dos !… Apothéose des quintessences, Français moyens, chouchous des dons rarissimes, les Princes des forces et des astuces ! On-ne-fait-pas-mieux-de-Dol-à-Pékin ! C’est plus que de le faire boire un peu, de l’étourdir au cinéma, de le faire passer aux Folies, qu’il se déprave éperdu Grand Luxe, qu’il se damne aux nénés-sortilèges, aux mirages de hautes priaperies, le voilà tout gâteux à fondre, déconnant le nord pour midi, la droite pour la gauche… Il a oublié son clocheton, son pissenlit, sa chèvre borgne, il est perdu. Rupture des labours. Paysan renié par ses vaches. Même pauvre à bouffer du rat, c’est lui le plus fort armé du monde ! Délirant à plein univers ! Il défie la Terre et l’Amérique ! Il lance des cartels au Zénith ! Il a des canons pour la Lune ! Il la traverse aller et retour !… Il est plus comparable à rien, il est plus montrable, plus sortable, plus écoutable sans rougir. Voici l’homme fou à ligoter, citoyen grisé de conneries qu’a perdu tout sens du ridicule. Il sait plus ce qu’il fait, ce qu’il ne fait pas. Il a plus que des velléités, des ébauches, des bribes, il sait plus rien entreprendre, il comprend plus rien. Il a perdu ses racines. Il est l’homme des publicités, rincé, délavé, chiffe crâneuse. Il va où sa connerie le pousse, où le Président lui souffle les slogans. Pour tenir la France en haleine, c’est pas fort : faites reluire…, mariole, hargneux, ricanier. La France crève de ses croquants snobs, Drucker et compagnie, BHV tartignole enculant sa chantoneuse pour qu’elle élève l’octave et son cul pour l’enculade…, que c’est beau, surtout devant mobiliers bois de rose et vernis sur “oeils de perdrix”…
Essayez de comprendre ce qu’ils veulent ? Ils veulent quoi les cons du peuple ?… Ils en savent rien ! Les radicaux ? La monarchie ? Le retour “comme avant” ? La Sociale ? Les Phalanstères ? La guerre civile électorale ? Sarko Dictateur ? Le Comité Royal pour Ségolène ?  La résurrection de Léon Blum et de Gaulle ? Les Jésuites ? La Proportionnelle ? Les Jeux de Loto ? Le grand Mongol ? Ils veulent quoi ? Ils savent pas eux-mêmes… Ils ont tout salopé, pourri, dégueulé à tort et à travers, tout ce qu’ils toucheront sera de même, dégueulasse, ordure en deux jours. Ils veulent rester carnes, débraillés, pagayeux, biberonneux, c’est tout. Ils ont pas un autre programme. Ils veulent revendiquer partout, en tout et sur tout et puis c’est marre. C’est des débris qu’ont des droits. Un pays ça finit en “droits”, en droit suprêmes, en droits à rien, en droits à tout, en droits de jaloux, en droits de famine, en droits de vent. Mais faut pas oublier l’Élite ! Elle existe ! Bordel ! Elle existe ! D’où qu’elle vient celle-là ?  Elle arrive se faire consacrer… Humer l’atmosphère parisienne…, la sophistication des choses, l’astuce, l’entendu raffiné…, l’élégance qui s’improvise pas…! Comment c’est la consécration ? C’est la maîtrise de faire : « peutt ! peutt » !… C’est pas si simple que ça a l’air… C’est toute une carrière, des épreuves… Faut d’abord aller à l’école. Sauter dans le bachot…La navigation commence !… Passer les éliminatoires… S’y reconnaître en géographie… en algèbre… en agronomie… se faire injecter les Pandectes… La Science Politique… Apprendre au poil l’Histoire de France pourrie, bien faisandée, bien contrefaite… Sortir de tout ça licencié… Déjà bien vache en petites lumières, babillard du pour et du contre… Le rudiment de la muflerie…, le scepticisme élémentaire…, le coeur déjà pas très vaillant de race épargnante et salope, se le racornir encore un peu…, se le ratatiner forme bourse qu’il tinte vraiment plus que pour les sous grâce à l’instruction frigidante, rationnelle et papyracée… Voici l’adolescent d’élite au point pour les cent mille profits, bien défendu contre sa jeunesse, contre les emballements de son âge ayant bien retenu la morale de papa-maman…, l’horreur des spontanéités…, le déshonneur du sacrifice… Voici l’adolescent d’élite à point pour les cent mille profits…, petit snob énatisé…, cent fois plus avide que son père qu’était pourtant un fameux crabe…, qui laissait pas grand’chose sur l’os…  Voici fiston reniflant la ville… Dents longues, ficelle, yeux faux-fuyants. Il va entrer dans les relations, il va fréquenter les salons, la Loge des “Hirsutes réunis”, deux, trois bars en vogue. C’est lancé ! Là alors c’est du vrai « peutt ! peutt » !  La Mode, la Couture, les Artistes ! Ah ! vraiment des gens de vertige ! Qu’ont le coeur qui bat plus du tout sauf un petit peu pour les partouzes quand c’est la fête d’un grand Fumier ! Oh, c’est le plain-pied du Sublime ! On fonce au sein du raffinement ! Avec tout confort capiteux, parfums ambrés, chochottes menues, menottes d’Orfèvres ! Hammam, Ambassades, eau chaude, poils… On suce des secrets redoutables… Quels prolongements !  Que tout le monde en reste ébloui… Que ça fait des thèses mémorables dès qu’une seule lui sort au derrière… Voilà comment ça marche l’élite !…
La vie est courte, crevante, féroce, pourquoi hors « peutt-peutt » s’emmerder ? À quoi ça ressemble, je vous le demande ! Malheur aux ignares voilà tout ! Se casser le cul pour des clopinettes ? Pour des rédemptions fantastiques ? Des croisades à dormir debout ? Quand c’est si facile de se défendre, de parvenir par la babine à port sûr, ravissant, fameux… Certes faut être fumier de très bonne heure, faut que la famille s’en occupe, autrement ça se développe moins bien, c’est une question de premier âge, en plus d’heureuse hérédité, la bonne étoile c’est d’être bien né, sous des parents qui comprennent ! Ça s’ensemence la vermine, ça se cultive tiède, à l’ombre, ça prolifère, c’est heureux, plus heureux foutrement que l’aigle qui croise là-haut dans les tempêtes. La vermine quel avenir immense ! Raisonnable ! Coup sûr ! Les aigles, il n’en reste presque plus ! La Terre tourne ! Elle contient plus de mauvais que de bon ! Les jeux sont faits !
Une société civilisée ça ne demande qu’à retourner à rien, déglinguer, redevenir sauvage, c’est un effort perpétuel, un redressement infini. C’est de l’effort et ça fatigue. La nôtre elle veut plus rien foutre, elle veut plus se fatiguer du tout. Elle se les retourne de plus en plus. Elle s’effondre dans tous les coins. C’est la base qu’est vermoulue, qu’étant bâtie sur l’espoir, ils en veulent plus du tout de l’espoir, ça ressemble trop aux courants d’air, ils veulent du “tout de suite et confort”. C’est plus des hommes de Légende, c’est plus des imaginatifs, c’est des hommes de la mécanique… Pascal ça l’étonnait aussi les espaces infinis des cieux, il aimait mieux la brouette ! Ça rend pas bon la mécanique ça rend prosaïque et cassant. Tels quels ils repartiront jamais, ils saboteront la machine, on ira de plus en plus à pied, on sera de plus en plus malheureux et la police et les prisons elles seront croulées avec le reste, noyées sous décombres. C’est autre chose un essor, c’est un enthousiasme ! Les damnés de la Terre d’un côté, les bourgeois de l’autre, ils ont, au fond, qu’une seule idée, devenir riches et le demeurer, c’est pareil au même, l’envers vaut l’endroit, la même monnaie, la même pièce, dans les coeurs aucune différence. C’est tout tripe et compagnie. Tout pour le buffet. Seulement y en a des plus avides, des plus agiles, des plus coriaces, des plus fainéants, des plus sots, ceux qu’ont la veine, ceux qui l’ont pas. Question de hasard, de naissance. Mais c’est tout le même sentiment, la même maladie, même horreur. Tout ça roule, roule tout venin, tiédasse, c’est un malheur pire que tout, l’enfer médiocre, l’enfer sans flamme. Y a des terrorismes bidons qu’arrivent heureusement, à point nommé, comme par hasard, c’est fatal !
Le peuple il n’a pas d’idéal, il n’a que des besoins. C’est quoi des besoins ? C’est qui a plus de chômage, qu’on trouve des boulots, qu’on a la sécurité, qu’on se trouve assuré contre tout, le froid, la faim, l’incendie, qu’on a les vacances payées, la retraite, la considération, la belote et le pousse-café, plus le cinéma et le bois de rose, un vache smoking tempérament et la bagnole à crédit pour les virées en famille. C’est un programme tout en matière, en bonne boustiffe et moindre effort. C’est de la bourgeoisie embryonne qu’a pas encore trouvé son blot. Les plus terribles bouleversements vont pas lui changer son programme. C’est du rêve de décontenancé, de paysan qu’a plus sa vache, plus de terre, plus de châtaignes, qui se raccroche à tout ce qu’il trouve, qu’a peur que le monde lui manque, que tout lui flanche entre les doigts. Tout ça il se dit c’est fantastique…, ça pousse tout seul, ça durera pas… Je serai à carreau que fonctionnaire… Ah ! bordel foutre, il m’en faut ! Retraite ou mourir ! La Sécurité ou la mort !La Panique c’est toujours vilain, faut prendre les choses comme elles sont. Ça serait pas si abominable, ça pourrait très bien s’arranger, si les atroces profitaient pas pour forniquer leurs saloperies, les occultes cultiveurs de haines, qui démordent jamais, enveniment, disposent les traquenards, bouzillent, torturent à plaisir. C’est l’Abîme, c’est l’Apocalypse, avec tous ses monstres déchaînés, avides, dépeceurs jusqu’à l’âme, qui s’entrouve sous les petites gens.
Ça suffit pas la misère pour soulever le peuple, les exactions des tyrans, les grandes catastrophes, le peuple il se soulève jamais, il supporte tout, même la faim, jamais de révolte spontanée, il faut qu’on le soulève, avec quoi ? Avec du flanc et du pognon. Pas d’or pas de révolution. Le flan c’est des histoires à dormir debout, comme Ben Ladden et ses armées, les terroristes qui terrorisent…, du flan, bordel ! Les damnés pour devenir conscients de leur état abominable, il leur faut une littérature, des grands apôtres, des hautes consciences, des pamphlétaires vitrioleux, des meneurs dodus francs hurleurs, des ténors versés dans la chose, une presse hystérique, une radio du tonnerre… Au lieu de ça, c’est Druckerisation lobotomique en TV débilitante…, autrement ils se douteraient de rien, ils roupilleraient dans leur belote. Tout ça se paye, c’est pas gratuit, c’est des budgets hyperboliques, des tombereaux de pognon qui déversent sur le trèpe pour le faire fumer. Il faut étaler les factures, qui c’est qui dèche ? C’est à voir. Pas de pognon, pas de fifres, pas de grosses caisses, pas d’émeutes par conséquent. Pas d’or, pas de révolution ! Pas plus de Mercedes que de beurre en branche que de Drucker, pas plus de bateliers que de caviar ! C’est cher les ténors qui Bruelisent, qui soulèvent les connes en transe. Et les chuchoteries de portes cochères ? Ça revient à des sommes astronomiques ! C’est du spectacle, faut mettre le prix, les frais de faux-terrorisme et de faire-peur, ça cube, ça ruine ! Pour amener le trèpe à plein délire, pour qu’il secoue pas ses chaînes, la marmite, le pot-au-feu, que tout ça culbute pas, qu’on l’étripe dans la joie ! La fraternité reconquise ! La liberté de conscience ! Le Progrès en marche ! Que ça soit l’énorme Opéra, le plus géant de deux trois siècles que c’est une autre vie qui commence ! Ah ! ça alors c’est dispendieux ! Au prodige ! Tout un monde de petites bourriques à gaver, festoyer, reluire, des poulets de tous les plumages au picotin plein les Loges, de limaces à redondir, grassoyer, tiédir, mignoter, que tout ça vermoule l’édifice, chuinte et corrode à prix d’or. C’est des notes à n’en plus finir. C’est hors de prix la Police qui mate le faux-terrorisme, la pullulation d’émissaires, asticoteurs de griefs, des mille rancoeurs à la traîne, retourneurs de fiels. Et il en faut ! Jamais de trop !
Comme c’est passif le pauvre monde, oublieux ! le baratin du damné, voilà du tintouin infernal, lui auquel le gros rouge suffit, faut lui donner la soif du sang, qu’il puisse plus tenir dans son malheur, que sa condition le rende maboule, atrocement fauve, anthropophage. Lui qui demande qu’à rester tel quel, grognasseux, picoleux, fainéant. Il veut se plaindre mais pas autre chose. Il faut que tout lui tombe sur un plat. Pardon alors ! C’est là qu’il se fait drôlement relancer par les “Busheries” à tant par jour, les fonctionnaires de la connerie et du mensonge. Et c’est encore que le premier acte, les prémices du drame, les exposés de la comédie, les rassemblements tapageurs. Faut pas en promettre des conneries, faut les amener luxurieusement, c’est un gouffre d’insurger le fretin, c’est que l’Irak ça mobilise, le trésor de Saddam y passe encore. Pas d’or ! Le damné Irakien il n’était pas commode, alors y a fallu qu’on l’éclaire et bougrement, pour qu’il s’élance aux barricades, qu’il commence à faire le fou. Il préfèrait lui, pourtant, la vie de famille, quelques coups de feu en l’air et le meeting baveux. Au fond il aimait pas les histoires. Il était conservateur fini, il était de la terre, né bidasse, faut pas l’oublier. Il tenait pas vraiment aux sacrifices, aux piscines de sang. Il y tenait même pas du tout. Il a fallu pour ça qu’on l’enfurie, qu’on le picadorise à mort. Ce fut un tintouin du tonnerre. Il était gueulard, plus mendigot que fracasseur. Il voulait bien encore des violences mais si c’était les autres qui dérouillent. Il voulait défiler triomphant. Il voulait son bois de rose, sa retraite de vieillard à trente ans, tout des raisons pour pas mourir. La pêche à la ligne. Qui dit mieux ? Il voulait pas mourir du tout. Les gardes civiques ça meurt très bien à sa place ! Ils vous ont de ces mitrailleuses ! Sagesse d’abord ! À quoi bon changer l’ordre social pour que les autres se régalent et qu’on soit mort et martyr ?
Victoire ? C’est vite dit ! Mais pas d’omelette sans casser d’oeufs ! Et pas de bonnes victoires pour les morts ! Chacun réfléchit forcément !… Quelles garanties ? Chacun se demande “in petto”… Est-ce bien sérieux ? Que les autres crèvent si ça leur chante ! On verra bien comment ça tourne… C’est là le hic, le point sensible, le “ne-pas-se-mouiller” paysan, c’est là qu’il faut pousser au crime ! à plein orchestre ! Que l’or entre en transe et comment ! Bush, Blair et les démons de l’enfer ont fait le nécessaire, enflammé la viande à temps, déchaîné l’émeute, le carnage, soulevé l’ouragan des tueries, les torrents de bave conventionnels, l’ébullition de la frime du sang. Fallait un commanditaire ! C’est la condition du spectacle ! Et point petit cave chichiteux ! Quelque hagard effaré comparse ! Pouah ! Quelle horreur ! Quelle insolence ! Non ! Saddam, l’hussein colossal ! Le plus coûteux des opéras ! Y songez-vous ? L’Opéra des vanités ! Avec Déluges de pétrole ! Choeurs symphoniques ! Oh ! la ! la !  Vous êtes raides ? Alors taisez-vous ! Caltez ! Emmerdez personne ! Vous êtes qu’un petit impertinent ! Un petit garçon mal embouti ! Allez donc apprendre la musique ! Ça vous disciplinera l’esprit ! On n’insurge qu’avec des espèces et pas du semblant ! Des pichenettes ! Non ! Non ! Des trombes ! Cyclones de pèze !
Ah ! Trouver un commanditaire c’est le début de toute grande chose, le rêve de toute personne sérieuse, sans commanditaire point d’essor, le génie lui-même tourne à vide, bouffon bientôt, s’épuise en onaniques mirages. Rien ne peut réussir sans or, rien ne s’achève, n’aboutit, tout s’évapore au premier souffle. Au moindre méchant vent contraire, la première petite cabale, tout se dissipe et disparaît. Pour retenir les hommes ensemble, les posséder en franche meute, il faut leur garantir la soupe, l’écuelle régulière et copieuse, autrement ils prennent plusieurs maîtres et votre meute existe plus, vous êtes fini pour l’aventure, la chasse est bien fermée pour vous. Ah ! C’est des choses qu’il faut connaître, qu’il faut respecter, c’est des Lois. Tenez par exemple Bush et son compère Blair, ils le connaissaient eux le fond du sac…, le fin grigri des sortilèges, ils s’embarquaient pas à lure-lure… Admirez leur prévoyance, leur esprit d’administration, leur prosaïsme impeccable, leur vigilance aux aguets de tout bailleur présentable…, jamais une seconde déportés du point essentiel : le pognon ! Au guet du nerf des batailles intrompables. Ah ! que voici des gens sérieux ! C’est pas eux qui se seraient échauffés sur des motions courants-d’air, des vins d’amitié anisés, des hurluberluteries saoules, les vociférations du genre, les tonitruements romantiques, tous les ours creux de la ménagerie qui ne font peur qu’aux petits enfants. Ils voulaient bien des petits congrès qui ne font de mal à personne, pour dire comme ça qu’on a de la troupe, et bien soumise, qu’on est écouté en bas lieux, des rassemblements de minables, des agités de l’injustice, des pelliculeux de l’oppression, des inanitiés de la grande cause, tous les sous-nutris de brouets sales, les cancrelats du café-crème, les intraits enfiévrés de mistoufle, de bile et de bafouillage, il en faut pour le prurit, l’exaspération de la connerie, le baratin vaseux des masses. Des orateurs qui puent de partout, le chien mouillé because pardingue, des crocs because la carie, des nougats because ils sont deuil, de la gueule because l’estomac, tout ça qu’est dans la chtourbe rance, qui sort d’un hospice pour un autre, d’un cornet de frites pour la Santé il en faut pour envenimer le trèpe. Ah ! C’est les martyrs de la cause ! Ah ! c’est des choses qu’il connaître, que ça mord, grinche et puis dégueule sur le morceau, ingrats, infidèles, prétentieux, dès que ça déjeune un petit peu because ça n’a pas l’habitude. Oh ! la grossière catégorie, oh ! la très rebutante clique, pour les personnes d’entreprise qui veulent pas crever engloutis sous projets foireux, embarbouillés dans les palabres, perdus dans les lunes, les promesses.
La rhétorique c’est pour les foules, aux chefs il faut du répondant, le vrai répondant c’est la Banque. C’est là que se tiennent les clefs de songe, le petit Nord et le grand secret, les souffles du faux terrorisme. Pas de banquiers pas de remuements de foule, pas d’émotion des couches profondes, pas de déferlements passionnels, pas de Cromwell, pas de Marat non plus, pas de fuite à Varennes, pas de Danton, pas de promiscuité, pas de salades. Pas un Robespierre qui résiste à deux journées sans bourse noire. Qui ouvre les crédits, mène la danse. Tout est crédit, traites validées, surtout dans les moments critiques où les reports sont épineux. Pas de chichis ! Voilà les humbles servitudes, tout est mesquin dans la coulisse. C’est pour ça qu’elle a réussi la bande à Bush ! Non seulement parce qu’elle était youpe-youpeeeeh, mais aussi qu’elle était bien au courant des circonstances, pas lancée découverte la bande, qu’elle était sûre de leur liquide pétrole, qu’elle était bourrée au départ. Tout de suite la bande a donné confiance. Au nom de quoi elle causait ? Au nom du monde des opprimés ? Des Damnés de la Terre innombrables ? Des écrabouillés de l’Injustice ? Des atterrés de l’Imposture ?… C’est bien entendu, ça va de soi ! Mais aussi, peut-on dire surtout, au nom du pétrole qu’est autre chose comme répondant sous tous les degrés Latitude…, plein les vagues qui remue le Ciel et la Terre…, tous les échos des réussites…, qu’est la sorcellerie des passions…, qu’est l’onde de magie droit aux coeurs…, qu’autour d’elle toute musique s’éteint le frais cliquetis de l’or…, la prestigieuse longueur d’onde !…
Bien sûr Bush et compagnie étaient en famille avec leurs banquiers, industriels de mort et pompeur de pétrole… Ça demandait qu’a se rencontrer, qu’à servir en choeur la bonne cause, la seule qui compte, celle de la Grande Cause de la Grande Entourloupe, la grande mise en bottes, définitive, plombée, secrète, Royaume absolu qui s’étend du Ciel aux Enfers avec les bidasses obligés qui se magnent la hotte, tous cons comme toujours, rissolant, les pieds en feu courant la cendre, s’arrachant la chair pour le Maître, lui servant toute chaude, bien saignante, à point, qu’il ait rien à dire, pétri d’amour pour eux, c’est les faucons rouges qui se ravissent que c’est arrivé ! Ils voient déjà le monde meilleur, plein de nougats pour leurs petites gueules !  Les jeux sont faits ! Les masses alors comment qu’elles se sentent !… Qu’elles entrent en transe et volcaniques !… C’est l’éruption des couches profondes ! La Farandole des Grands Espoirs… C’est dix jours qui bouleversent le monde !… Mr Bush est bien heureux… Il s’embête pas !… Ses petits associés non plus… Tout va bien. STOP. Saddam effacé. STOP. Larguez encore 150.000 milliards. STOP. Triomphe assuré. STOP. Progrès en marche. STOP. Difficultés peuvent surgir. STOP. Confiant ardent vigilant. STOP. Terrible et bon oeil. STOP ! On remue là-bas le grand Kahal. Tous les Cohen sont sur le pont. De Chicago à Wall-Street c’est une immense jubilation… Tous les ghettos de luxe sont aux anges, ça bouillonne dans les arrière-Loges… Les Fraternitys convulsent… C’est décidément l’âge promis !… Le sacrifice est emballé !… Toute la banque contribue… Le paquet arrive…, ils savent ce que toucher veut dire, ils prennent pas ça pour des copeaux, ils connaissent la chanson du monde, que c’est de la bonne huile de miracle, que maintenant tout peut arriver ! Alors c’est la vogue mirifique ! La machine au Progrès elle fonce, elle ronfle, elle s’emballe, elle tourbillone au vertige, c’est une dynamo de Justice, d’égalité, de lumière, vrombissante en pleine barbaque goye ! Des millions sont occis en pas deux mois de Martiales Cours. Ça déblaye drôlement l’atmosphère ! C’est autre chose que petites motions pelliculeuses, enchifrenées onusiennes, bilieux petits colis chafoins, mauvais coucheurs à participes, cancrelats de Cités Futures, pue-du-bec et myopes à grelots, lépreux sans ulcère, fils de clebs, conformismes de la petite aigreur, vibrions des petites eaux louches !
Mais ça alors pardon minute ! C’est du Théâtre pour Continent ! Des millions de personnes en scène ! sans compter les morts, les blessés, les exécutés par mégarde, les sacrifiés dans les coins…Et puis encore de la dépense, des répétitions générales, des péroreux au tarif double, des palabreurs qui sont sournois, qui se nourrissent pas de leurs hyperboles, qu’il faut éclairer de nuit et jour à coups de prébendes et triples soldes. Les résolutions fléchissent, les cons pâlissent un peu… C’est un gouffre “le Progrès en marche”. Même avec la banque, c’est venu à caner un moment. C’était une telle gourmandise, une telle boulimie dans le désert après les discours à Washington qu’il y eut un petit moment de bisbille, les dollars se faisaient prier ! Guidez nos pas vers l’autre monde ! De l’égalité justicière ! De la rédemption des damnés ! Que c’est tout cuit ! Tout en musique ! Que c’est l’extase de nos Idées ! Le triomphe du Progrès en marche ! Il galope plus ! Il charge ! Il vole !… On sera tous en choeur à la gare… Toutes les ultimes délégations… Damnés soulevés admirables. STOP. Mais réclament encore 100 milliards. STOP. Mieux. STOP. Effacer traces. STOP. Conseille envoi immédiat. STOP. Blair avec nous. STOP. Péril petit bourgeoisie européenne persiste. STOP. Fidèle et sûr. STOP. Pur. STOP. Dur. STOP. C’était le coup classique, impeccable, le coup de gong aux cons qui sont engagés jusqu’aux ouïes… Le trésor bien planqué en fouille, le divin lest, Bush hésite plus, il se parfait, se bichonne, s’agrémente, endosse les fringues de circonstances…, le costard élimé rase-pet…, le def du comptable “chez lui”…, il est de l’emploi, ça fait vingt ans qu’il repasse le rôle…, au poil…, voilà…, il entre dans l’acte comme un gant… C’est là qu’est l’intelligence !…, il fonce au dur ! Il s’embarque !… Takatchoum !… Takatchoum !… Il tombe en pleine ébullition…C’est le Messie qui émerge… Les damnés lui boivent les paroles… Il parle plus de courants d’air… Il parle de choses qu’ont du sens… Il peut se permettre… C’est des messages… C’est des valeurs… C’est le Credo qui soulève le monde !… Les montagnes avec !… Le Blé d’Amérique est avec lui… Le pétrole passe dans ses veines. Toutes ses syllabes sont en dollars… Il a payé comptant : L’inertie des opposants, la pourriture des cadres adverses, ça devient du velours… du beurre de noisettes… C’est de l’Hydromel !… Il parle d’or quoi, c’est tout dire !… Du coup les damnés se tiennent plus… Le grand orchestre entre en délire, tous les musiciens sont payés ! La grande saoulerie gronde à plein les carrefours !…, bourriques, forçats, putains, noire mercante, tout ça farandole à mort, à pleins cadavres et c’est la fête ! c’est la nouba à l’abattoir du Grand Judas. On rigole bien, on est en sang. C’est plus de la petite Carmagnole. C’est la sarabande du Tonnerre ! Que Dieu lui-même est au plaisir, que le Diable lui passe les cymbales ! Par Jéhovah ! c’est la grande Folle ! Que tout le bastringue lui saute des poignes, que toute la Terre convulse ! Virevolte ! S’écrase ! Fiasque partout ! Dégouline !… Que c’est plus une chose à regarder…, ça, c’est du labeur grande cuvée ! De l’assouvissement pur carat ! On peut pas faire mieux en moins de jours ! C’est intensif, ça coûte un monde, mais nom d’Isaac, nom de foutre, c’est de l’éclair de diamant d’orgie ! C’est pas des choses à se priver quand on trésorise des milliards ! À quoi bon donc ils serviraient ?
Restait à parachever le turbin. Mais ils sont cocasses les canards, ils se grattent un petit peu… Ça ne suit pas !… Ils sont emmerdés… Voilà des mois qu’ils essayent de faire tressaillir la viande froide… Bush se doute pas ce que c’est frigide l’enthousiasme français !… Il serait écoeuré en moins de deux… La France, elle bouge plus… Qu’est-ce qu’elle veut la France ?… de la Patrie ? Des bas morceaux ?… De la candeur ?… Du naturel ?… De l’ordre moral ?… Des anathèmes ?… Des souscriptions ?… De la violence ?… Ou des papouilles ?… Des grands procès ?… Des grands poètes ?… Ah ! la vache on la comprend plus…, elle fait la queue, elle râle à mort…, elle rentre chez elle, elle râle encore… C’est “Revendication” qu’elle a…, jusqu’au tréfonds de la molécule de la pinéale du trognon… Rien ne la passionne que de râler…, et puis où qu’on a du beurre ? Des bernots ? Des patates ? Au Bureau de Tabac !… C’est triste.
Les journaux de choc ils se ravalent, ils s’arrachent les touffes, de malaise, de se voir déprisés par les masses françaises. Comme ils sont assez crânouilleux ça les fait pas réfléchir ces sourciers de la politique, ils sont pas capables. Ils ont un dada, ils s’y tiennent, ils sont là-haut, ils caracolent, ils voient pas ce qui se passe aux pavés. Qu’ils vont tout prendre dans la gueule en affreuses tornades un de ces jours. Faut pas être un grand astrologue pour présager des choses pareilles. Dans le mou, dans le vide, ils continuent, toute leur carrière en dépend ! Mais ça l’intéresse pas le public !… Comme on dirait de moins en moins ! Ils bravent alors l’adversité, ils hurlent à contre courant, ils ameutent le souscripteur… Le mouvement prend de plus en plus d’ampleur…, passionne de plus en plus nos foules…, les villes, les campagnes…, nos masses entrent en effervescence ! Elles exigent la fin de la guerre d’Irak qui a mis la France dans cet état de dépendance au pétrole ! Dans cette position trop atroce !… Dans ces draps infâmes !… Mais c’est pas vrai ! Les arracheurs ! Les masses elles demandent rien du tout, elles gueuleraient plutôt : « Vivent les yankee qui savent bien mieux promettre la Lune« . Ça fait rien, qu’ils disent nos apôtres, faut pas rester sur des échecs, faut pas avoir l’âme de vaincu, un journal c’est fait pour tourner, c’est une feuille d’espoir qui se vend, qui ne fait de mal à personne, hurlons Noël, il arrivera ! C’est du Coué à la petite semaine. Ça serait peut-être honnête de se rendre compte…Le peuple, il veut bouffer que du bourgeois, du bourgeois qu’il connaît bien, son idéal, son modèle, son patron direct, qu’est du même chef-lieu de canton, du même bled, du même village, qui parle son patois si possible, son frère français qu’a réussi, il est fratrophage, le Français, pas mangeur d’irakien pour un sou.
Moi j’aime pas les amateurs, les velléitaires. Faut pas entreprendre un boulot ou bien alors il faut le finir, faut pas en laisser en route, que tout le monde se foute de votre gueule…Si on fait du faux-terrorisme c’est pas pour le faire à moitié, il faut que tout le monde soit content, avec précaution, douceur, mais avec la conscience des choses, qu’on a rien escamoté, qu’on a bien fait tout son possible. Quel est l’autre grand rêve du Français ? 99 Français sur 100 ? C’est d’être et de mourir fonctionnaire, avec une retraite assurée, quelque chose de modeste mais de certain, la dignité dans la vie. Et pourquoi pas leur faire plaisir ? Moi j’y vois pas d’inconvénient. C’est un idéal, l’indépendance assurée par la dépendance de tout le monde. C’est la fin du “chacun pour soi”, du “tous contre un”, de “l’un contre tous”. Vous dites : Ils fouteront plus grand’chose. Oh ! C’est à voir… On en reparlera… Je trouve ça parfaitement légitime que le bonhomme il veuille être tranquille pour la fin de ses jours. C’est normal…, et la sécurité de l’emploi…, c’est le rêve de chacun. Je vois pas ce que ça donne d’être inquiet, j’ai été bien inquiet moi-même, j’en ai t’y mangé de la vache enragée ! Je crois que je suis un champion de la chose, j’ai tout de même ça en horreur. Je vois pas à quoi ça peut servir pour le relèvement de la sociale, la marche agréable du progrès, de se casser le cul effroyable, d’en chier comme trente-six voleurs, sans fin ni trêve, les consumations par l’angoisse que c’est du crématoire de vie. C’est toujours des douillets nantis, des fils bien dotés d’archevêques qui vous parlent des beautés de l’angoisse, je leur en filerai de la voiture, moi ! De la sérieuse voiture à bras, et poil, certificat d’étude à l’âge de 12 ans ! Je te leur passerai le goût de souffrir !
Le Bush il veut bien tout ce qu’on veut, toujours d’accord avec vous, à une condition : Que ce soit toujours lui qui commande. Il est pour la démocratie, le progrès, toutes les lumières, du moment que ça va dans son sens. Grandes étiquettes et crapuleries. La formule lui est bien égal, il se débrouille toujours, pourvu que ce soit lui qui commande, en définitive, par personnes interposées, par missions occultes, par les banques, par le suffrage universel, par les mariages dynastiques, tout ce qu’on voudra, pourvu que ce soit lui qui commande. Il fabrique aussi bien son beurre dans les monarchies que dans les Kominterns kalmouks ou dans les Loges du Mexique. Il est à son aise partout pourvu que ce soit lui qui commande, abandonne jamais les ficelles. Il chante la chanson qu’on voudra, dansera sur toutes les musiques, gigottant avec les singes, hurlant avec les pauvres loups, zigzaguant avec les serpents, imitant tous les animaux, toutes les races, tous les passeports, pourvu que ce soit lui qui commande. C’est un mimétique, un putain, il serait dissous depuis longtemps à force de passer dans les autres, s’il avait pas l’avidité, mais son avidité le sauve, il a fatigué toutes les races, tous les hommes, tous les animaux, la Terre est maintenant sur le flanc, rendue par ses tripatouillages, il est pas encore rassasié, il emmerde toujours l’Univers, il veut tout, il veut davantage, il veut la Lune, il veut nos os, il veut nos tripes en bigoudis pour pavoiser au Carnaval. Il est fou à lier complètement, c’est qu’un absurde sale con, un faux sapajou hystérique, un imposteur de ménagerie, un emmerdant trémousseux, crochu hybridon à complots. Il nous escorte c’est le malheur, c’est le monstre qui colle, l’Horreur chez soi, il est monté dans la nef à la place d’un vrai animal. Il veut plus jamais nous quitter du moment que c’est lui qui commande. On le vire de la barre ?… On peut plus… On en a marre d’intervenir… Il hurle trop fort quand on le bouscule… Il a fatigué tout son monde… Il faut que ce soit lui qui commande…Il a peur de rien… Il a peur seulement que d’une chose : du retour du Communisme et du terrorisme… Or, il n’y a que son faux-terrorisme…. Ça alors c’est la fin du monde…C’est le renversement des vapeurs. C’est l’explosion du Soleil. C’est le suicide du haricot. Je vois venir les “jeunes redresseurs”…, comme çi…, comme ça bureaucrates, pleins de virulences et d’entregent, prêchi-prêcheurs…, pleins de bonne foi, de pétulance… Qu’ils ont du Travail plein la gueule, et du flan aussi… Le Travail-salut ! le Travail-fétiche ! Travail-panacée-des-tordus ! Le Travail remède ! Travail toutes les sauces !… Les masses au Travail ! Bordel foutre ! Les pères au travail ! Dieu au travail ! l’Europe au travail ! Le Bagne pour tous ! Les fils au travail ! Mémères au boulot ! Faut que ça fume ! La grande ivresse des emmerdeurs ! L’intention est excellente… mais faut penser aux “pas abstraits”, à ceux qui vont trimer la chose…, ceux qui sont pas dans les bureaux en train de se griser de statistiques, d’épures prometteuses… Ceux qui vont les exécuter les hauts projets miroboliques, qui vont se farcir les mornes tâches au fond des abîmes…, qui vont s’ahurir à la mort autour des chignolles tréfileuses dans le bacchanal âcre des fabriques, toute la vie dans le relent d’huile chaude. C’est pas marrant le tangible…Pardon !… Pardon !… faut réfléchir !… faut se demander où ça nous mène ?… , si tout ça c’est pas l’imposture, une façon de se débarrasser…
On dit que la machine rend méchant…, le contraire serait une rude surprise. C’est anti-humain au possible de foutre comme ça dans les rivets, les générations montantes, les mitoyennes, les fléchissantes, dans les enfers de quincaille pendant des jours, des années, toute la vie…, sans issue probable…, sans musique…, l’hôpital à la fin de vos jours. Qui va là-dedans pour son plaisir ? Sûrement pas nos chers visionnaires, nos gentils ardents redresseurs, tout épargnés par leur culture, leur bel acquit, leur position. L’usine c’est un mal comme les chiottes, c’est pas plus beau, pas moins utile, c’est une triste nécessité de la condition matérielle. Entendu, ne chichitons pas, acceptons vaillamment l’usine, mais pour dire que c’est rigolo, que c’est des hautes heures qu’on y passe, que c’est le bonheur d’être ouvrier, alors pardon ! L’abject abus ! L’imposture ! L’outrant culot ! L’assassinat désinvolte ! Ça vaut d’appeler les chiots un trône, c’est le même genre d’esprit, de l’abus sale. Bien sûr on peut pas supprimer, l’usine dès lors étant admise, combien d’heures faut-il y passer dans votre baratin tourbillant pour que le boulot soit accompli ? Toutes les goupilles dans leurs trous, que vous emmerdiez plus personne et que le tâcheron pourtant crève pas, que ça tourne pas à sa torture, au broye-homme, au vide-moelle ?… Ah ! C’est la question si ardue…, toute délicate au possible, il me semble à tout bien peser que 35 heures c’est maximum par bonhomme et par semaine au tarabustage des usines, sans tourner complètement bourrique. Y pas que le vacarme des machines, partout où sévit la contrainte c’est du kif au même, entreprises, bureaux, magasins, la jacasserie des clientes et la connerie des indécis, c’est aussi casse-crâne écoeurant qu’une essoreuse-broyeuse à bennes, partout où on obnubile l’homme pour en faire un aide-matériel, un pompeur à bénéfices, tout de suite c’est l’enfer qui commence, 35 heures c’est déjà joli. La preuve c’est qu’on voit pas beaucoup des jeunes effrénés volontaires s’offrir à la conduite des tours, des fraiseuses racleuses chez Citron ou chez Robot C°, pas plus que de commis éperdus mourant d’adonner leur jeunesse à l’étalage au Carrefour du coin. Ça n’existe pas. L’instinct les détourne. Attention à forcer l’instinct ! C’est ça qui nous rend impossible ! Malheureux indurés canailles, qu’on sait plus par quel bout nous prendre, culs-de-jatte sur tabourets d’horreurs, chevillés aux cent mille chignolles, tordus complotiques à binocles, myopes de régularité, monotones à dégueuler. Taupes de jour. Il faudrait rapprendre à danser. La France est demeurée heureuse jusqu’au rigodon. On dansera jamais en usine, on chantera plus jamais non plus. Si on chante plus on trépasse, on cesse de faire des enfants, on s’enferme au cinéma pour oublier qu’on existe, on se met en caveau d’illusions, tout noir, qu’est déjà de la mort, avec des fantômes plein l’écran, on est déjà bien sages crounis, ratatinés dans les fauteuils, on achète son petit permis avant de pénétrer, son permis de renoncer à tout, à la porte, décédés sournois, de s’avachir en fosse commune, capitonnée, féerique, moite.
La France elle a des ennuis. Elle va crever d’à peu près tout, de bisbille celtique éperdue, de prétentions cacochymes, de la haine des uns pour les autres, de l’égoïsme capitaliste, et coetera et couetera… Elle va crever qu’elle manque d’essence…, y aura plus chez nous que des vieillards, des emphysémateux à bosses… La question sera donc résolue en même temps que les autres… France éternelle aura vécu…, de tours de vache en discours, de folles saignées en clarinettes… Pas besoin de se casser la tête… Les problèmes d’asile de vieillards c’est du ressort de l’Économat, y a plus besoin de Premier Ministre…, des suppositoires…, du tilleul… On est donc au bout du rouleau. C’est de la pénurie vitale… C’est la poule qui ne veut plus pondre… Ah ! la déprimante conjecture ! De quoi morfondre !  Beaucoup de papier, peu d’enthousiasme. Faut se mettre à la portée du monde… Vous parlez d’un fringant passé !… Tout en catastrophes écoeurantes… Verduns pour rien… Gloire pour les prunes… Impôts… Salut ! Vous avez dégoûté la bête. Vous parlez d’un joli présent… Vous parlez d’un jouissant avenir… que du boulot, des sacrifices, des charogneries à perte de vue… C’est pas un programme bandochant… Vous vous rendez compte ? On en a sué 400 milliards pour parvenir où nous en sommes… sur les genoux… en bas d’une autre côte… C’était aussi un grand projet bien patronné par toute l’élite, la fine fleur…, à quel renfort de zimboum ! boum !… Quelles pâmoisons ventriloques !… Quels sacrés jurements au bonheur ! Quelles culotissimes assurances ! Et de quels hommes ? Presque les mêmes…, les bulles encore au coin de la gueule… C’est donc le tout à recommencer ?… Minute ! Vous permettez qu’on se gratte les couilles…, qu’on se demande où ça va conduire votre nouvelle enfourcherie de dada…, qu’on se demande dans votre aventure qu’est-ce qu’on va lui faire au têtard ? C’est ça qui nous intéresse… Quels tours de fumiers tout ça couve ?… Des championnats de la maigreur ?… 
Ah ! Ça va mal ! Mieux vaut l’admettre. La confiance se cache, l’entrain à la vie n’est plus là. Ça se voit en tout, dans nos grimaces, nos façons gercées…Crédit est mort une fois pour toutes. Pas de sécurité pas de famille ! Plus de légèreté, plus de grâce, dans les mouvements, dans les coeurs…Comment rendre la confiance à tous ces gens sourcilleux, revêches au déduit, noués de partout ?… On se désintéresse du goût, de l’enthousiasme, de la passion, des seules choses utiles dans la vie… On apprend rien à l’école que des sottises raisonnantes, anémiantes, médiocrisantes, l’air de tourner con râbacheur.  Regardez les petits enfants, les premières années…, ils sont tout charme, tout poésie, tout espiègle guilleretterie… À partir de dix, douze ans, finie la magie de primesaut ! Mués louches sournois butés cancers, petits drôles plus approchables, assommants, pervers grimaciers, garçons et filles, ragoteux, crispés, stupides, comme papa maman. Une faillite ! Presque déjà parfait vieillard à l’âge de douze ans ! Une culbute des étoiles en nos décombres et nos fanges ! Un désastre de féerie. Quelle raison ? La puberté ? Elle a bon dos ! Non ! Parce que dressés tout de suite en force, sonnés d’emblée dès l’école, la grande mutilante de jeunesse, l’école leur aura coupé les ailes au lieu de leur ouvrir toutes grandes et plus grandes encore ! L’école n’élève personne aux nues, elle mutile, elle châtre. Elle ne crée pas des hommes ailés, des âmes qui dansent, elle fabrique des sous-hommes rampants qui s’intéressent plus qu’à quatre pattes, de boutiffes en égouts secrets, de boîtes à ordures en eaux grasses. Ah ! C’est vraiment le plus grand crime d’enfermer les enfants comme ça pendant des cinq ou dix années pour leur apprendre que des choses viles, des règles pour mieux s’ahurir, se trivialiser à toutes forces, s’utiliser l’enthousiasme aux choses qui s’achètent, se vendent, se mangent, se combinent, s’installent, dilatent, jubilent, capital, qu’on roule avec, qu’on trafique, qu’on goupille, chignolle, lamine, brase, en cent enfers mécanisés, qu’on accumule dans ces dépôts pour les refiler à bénéfices…, à la grouillerie des brutes d’achat. Quelle atroce farce ! Saisir les enfants à leurs jeux, les empêtrer minutieusement pas examens impeccables de notions toujours plus utiles, tourner en plomb leur vif argent, leur river après les quatre pattes, que la bête gambade plus jamais, qu’elle reste prosaïque à toujours, fardée à hurler à mort, sous chape effroyable, à désirer toutes les guerres pour se dépêtrer comme elle peut d’une existence qui n’en est plus, qu’est une espèce de survie d’une joie trépassée depuis longtemps, enterrée toute vive à l’école. Parce que si ça doit continuer notre existence pareille et même, telle qu’elle se déroule aujourd’hui, sur cette boule ronde, je vois pas beaucoup à quoi ça rime…
Des catastrophes comme distractions…, des hécatombes comme dessert…, ça peut encourager personne… On pourrait peut-être aviser, varier un peu nos usages…, se demander par où ça pèche… À moins qu’on aime l’atrocité…, les grands Beaux-Arts de catastrophe…C’est important les Beaux-Arts, c’est pas moi qu’en dirais du mal… C’est la manière de s’en servir, c’est là qu’est le hic… Ça serait peut-être même une façon de rénover de fond en comble l’Europe et ses tristes vilains penchants, de lui retrouver un petit peu une âme, une raison d’être, un enchantement, une gaîté surtout, c’est ça qui lui manque le plus, une gaîté pour commencer, puis une mélodie bien à elle, une ivresse, un enthousiasme qui serait l’ornement de la Terre, la fontaine des plus hautes féeries !  Nous crevons d’être sans légende, sans mystère, sans grandeur. Nous périssons d’arrière-boutique. Vous voulez retrouver l’entrain ? La force créatrice ?  Le goût du public est tout faux, résolument faux, il va vers le faux, le truqué, aussi droit, aussi certainement que le cochon va vers la truffe, d’instinct inverti, infaillible, vers la fausse grandeur, la fausse force, la fausse grâce, la fausse vertu, la fausse pudeur, le faux bonhomme, le faux chef-d’oeuvre, le tout faux, sans se fatiguer. D’où lui vient ce goût-catastrophe ? Avant tout, surtout de l’éducation première, du sabotage de l’enthousiasme, des joies primitives créatrices, par l’empesé déclamatoire, la cartonnerie moralistique. Bien sûr il faut des certitudes, du pondérable, des poids, des mesures, des sciences exactes, des découpetages d’Algébrie, des mathématiques barateuses-lieuses, des concomitants mastodontes, poustouflants à cent mille pistons, par tourbillonages réversibles, des fouasseuses gicleuses synthétantes hautes dix fois comme la tour Eiffel, à jus de cornue miroboleux, idoles de vingt trusts verticaux, avec fournaises en ébonite, cheminées qui traversent les Alpes, tous les torrents emboutis, façonnés égouts de haute-force, mers blanches en sirops, qui remplacent mille hommes par trois pets et un tondu, tout ceci formellement précis et loustiquerie polytechnique. Fort bien ! Très bien ! Nous sommes contents ! Parfaitement louable et Grand merci ! Le progrès étant à ce prix ! Tout de même faudrait que ça passe en second…, en tout honneur et révérence…, que ça décervelle pas …, autrement c’est plus qu’un désastre, un misérable naufrage en plein prodige de mécanique…  
Mais je vois l’homme d’autant plus inquiet qu’il a perdu le goût des fables, du fabuleux, des Légendes, inquiet à hurler, qu’il adule, vénère le précis, le prosaïque, le chronomètre, le pondérable. Ça va pas avec sa nature. Il devient, il reste aussi con. Il se fabrique même une âme chimique avec de l’alcool à toutes doses, pour réagir contre l’angoisse, se réchauffer les aciers, se duper au monotone, il se délabre, cafouille, s’étiole, rote, on l’emporte, on l’incarcère, on le radoube, on rambine vitesse, il revient, tout est à recommencer…, il tient plus huit jours à la vie super-intense des cent mille grelots à la fois tressaillis dans du vitriol. Et de plus en plus convaincu “d’alésages au polycompteur”, de précipices à la corde, virés au 793/5ème de poil, d’engouffrants phénomènes de trombes, halluciné à mort de vide, osmotique des riens, métaphysique de sottise, hypnotisé de précisions, myope de science, taupe de jour. On l’éberlue de mécanique autant que les moines de mômeries nos pères les crasseux, il fonce le moderne, il charge, du moment qu’on lui cause atomes, réfractions cosmiques ou “quanta”, il croit que c’est arrivé dur comme fer. Il est en or pour tous panneaux. Il donne dans le prestige des savants comme autrefois aux astrologues, il s’est pas encore rendu compte que d’additionner des pommes ou de mettre en colonnes des atomes, c’est exactement semblable, c’est pas plus sorcier, c’est pas plus transcendant l’un que l’autre, ça demande pas plus d’intelligence. Tout ça c’est de la vaste escroquerie pour bluffer le bonhomme, l’appauvrir, le dégoûter de son âme, de sa petite chanson, qu’il ait honte, lui couper son plaisir de rêve, l’ensorceler de manigances, le tripoter, le conditionner trépied de machine, qu’il renonce à son coeur, à ses goûts, muet d’usine, moment de fabrication, la seule bête au monde qu’ose plus du tout sauter de joie, à son caprice, d’une patte sur l’autre, d’une espièglerie qui lui passe, d’un petit rythme de son espèce, d’une fredaine des ondes. Qui va venir abolir tout ça ! Toute cette forcènerie sinistre connerie ! N’importe quel poisson crevé peut descendre le flot furieux, mais il en faut un de courage et joliment vif pour remonter au courant. 
Regardons encore ces déjetés, ces accidentés permanents qui savent plus où donner de la tête, comment on peut leur rendre une âme ? Une petite musique, un rythme ? Qu’ils soient plus si fades comme ils sont, en honte au dernier têtard, tout fiévreux, râpeux de raison, ignobles à écouter, à voir. Et infatués avec ça ! D’être à bout de tout leur rouleau, si serfs intrépides, plus pauvres que l’âne, attelés plus bas, au marché vide. Faudrait un Hercule convaincu et drôlement soufflé, pour les arracher ces lascars à leur roboterie, citoyens motorisés, puis citoyens tout nus, pieds nus, la gueule de travers, que faire pour eux ? Pas grand’chose. Le traitement à l’école ? Peut-être… Avant l’usine, le bureau, avant la fameuse orientation professionnelle…, avant le pli irrémédiable ?… Peut-être… Tout doucement…, par les Arts ?… Hélas les temps ne son plus. États de luxe, de gaspillages…, où l’âme courait encore les rues…, divertissements blasés…, le peuple encore tout chantant, dansant, festoyant à guise… Hélas ! Les temps ne sont plus… Nous sommes avares devenus, malmenés, pauvrets de ressources et de coeur. Soyons au fait de notre honte. Il faut tout reprendre, aux balbutiements, à l’A.B.C. de la brimade, de l’estiolerie d’émotions. Las ! Que faire de cet insensible, sans rythme, sans saveur, sans essor, que nous livre aujourd’hui notre monde, sorti des pensums ? Absolument rien. Confiné, constipé, chafouin, rageur, peureux, revendiquant, tricheur, sournois, effleurant tout, n’aimant rien, bavard de tout, comprenant rien. Ahhhhh ! l’aride petit phénomène, âcre résidu de hideux drame, celui de l’étiolerie des âmes, sous la férule des cuistres rances. Ce misérable est sans recours, c’est un osselet pour toujours à brinquebaler dans les machines, il a plus qu’à attendre son tour, la guerre où on broye les osselets sous les charges de tanks fourrageurs ou sous torpilles en abris-caves où ça se concasse les petits osselets de son genre. Pour l’adulte pas grand’chose à faire… Peu de Révolution pour lui !… Des phrases… Des phrases… Toujours des phrases… De l’enthousiasme, de l’émotion, du don vivant de la création, du charme de race, toutes les bonnes choses dont on ne veut plus, qu’on traque, qu’on vexe, qu’on écrabouille.
Une société que demande-t-elle ? En plus du lait chez l’épicier, du pain, du frigidaire ? Des gens qui s’entendent, qui sont émotifs, émus les uns par les autres, pas des bûches rébarbatives… qu’ont des raisons de se rencontrer, agréablement, non pour admirer leur confort, leurs peaux de zébis du Kamtchatka, leurs 35 chevaux “Quaquaquat”, leurs boîtes à viande 14 litres qu’est la puanteur des campagnes, leurs “tankinettes” d’élégance, mais des choses qui ne s’achètent pas, qu’on fait soi-même avec des ondes, de la bonne humeur, du vent, de l’enthousiasme…Sans création continuelle, artistique, et de tous, aucune société possible, durable, surtout aux jours d’aujourd’hui, où tout n’est que mécanique, autour de nous, agressif, abominable. Faut-il croire que c’est compliqué, singulier, surnaturel, d’être artiste ? Tout le contraire ! Le compliqué, le forcé, le singulier c’est de ne l’être point. Il faut un long et terrible effort de la part des maîtres armés du programme pour tuer l’artiste chez l’enfant. Cela ne va pas tout seul. Les écoles fonctionnent dans ce but, ce sont les lieux de torture pour la parfaite innocence, la joie spontanée, l’étranglement des oiseaux, la fabrication d’un deuil qui suinte déjà de tous les murs, la poisse sociale primitive, l’enduit qui pénètre tout, suffoque, estourbit pour toujours toute gaîté de vivre. Tout homme ayant un coeur qui bat possède aussi sa chanson, sa petite musique personnelle, son rythme enchanteur au fond de ses 36°8, autrement il vivrait pas. La nature est assez bourrelle, elle nous force assez à manger, à rechercher la boustiffe, par tombereaux, par tonnes, pour entretenir sa chaleur, elle peut bien mettre un peu de drôlerie au fond de cette damnée carcasse. Ce luxe est payé. Tous les animaux sont artistes, ils ont leurs heures d’agrément, leurs phases de lubies, leurs périodes de rigodon, faridon, les pires bestioles biscornues, les moins engageantes du règne, les plus mal embouchés vautours, les tarentules si répugnantes, tout ça danse, s’agite, rigole le moment venu ! Les lézards aveugles, les morpions, les crotales furieux de venin, ils ont leurs moments spontanés, d’improvisation, d’enchantement, pourquoi on serait nous les pires sacs, les plus emmerdés de l’Univers ?  On parle toujours des têtards et des poissons rouge (j’en connais un qui frétille jour et nuit tellement il est heureux), ils se marrent bien eux, ils frétillent, ils sont heureux toute la journée. C’est nous qu’on est les pires brimés, les calamiteux de l’aventure. À quoi tout ça tient ? A l’école, aux programmes. Le Salut par les Arts ! Au lieu d’apprendre les participes et tant que ça de géométrie et de physique pas amusante, y a qu’à bouleverser les notions, donner la prime à la musique, aux chants en choeur, à la peinture, à la composition surtout, aux trouvailles des danses personnelles, aux rigodons particuliers, tout ce qui donne parfum à la vie, guilleretterie jolie, porte l’esprit à fleurir, enjolive nos heures, nos tristesses, nous assure un peu de bonheur, d’enthousiasme, de chaleur qui nous élève, nous fait traverser l’existence, en somme sur un nuage.
C’est ça le Bonheur, s’enticher d’un joli, d’une jolie, l’emporter dans la vie, apprendre la magie du gentil secret, le sortilège qui nous donne la clef de la beauté des choses, des petites, des laides, des minables, des grandes, des splendides, des ratées, et l’oubli de toutes les vacheries. C’est de ça dont nous avons besoin, autant, bien autant que de pain bis, que de beurres en branches ou de pneumatiques. Qu’on me dilacère si je déconne ! On ne foudroye pas un artiste. C’est lui qui juge l’Univers, qui se fait marrer à sa guise, tantôt en bien, tantôt en mal, comme ci, comme ça, à petites astuces, au petit bonheur. On ne peut plus grand’chose contre lui, ni les éléments, ni les hommes, il est passé fétiche pour tous, petit grigri des familles. Si on réfléchit c’est pas mal, rien qu’avec du souffle… Ça serait peut-être la fin des bisbilles, des jacasseries de sales cons, venimeux atroces, des ragotages diffamants, destructeurs de tout, de réapprendre à chanter ensemble, en choeur, et voguer de même, la main dans la main ?…L’enseignement de rénovation quelle ampleur vous lui donnez ? Toute ! Par la danse, les sports, les Arts, les choses utiles seulement secondes, la moitié du temps dirons-nous, il suffit bien ! Les meilleures heures, les plus ardentes, dévolues à l’admiration, au culte des grands caractères, au culte de la perfection qui doit embraser l’âme humaine. Il faut réapprendre à créer, à deviner humblement, passionnément, aux sources du corps, aux accords plastiques, aux arts éléments, les secrets de danse et musique, la catalyse de toute grâce, de toute joie et la tendresse aux animaux, aux tout petits, aux insectes, à tout ce qui trébuche, vacille, s’affaire, échoue, dégringole, trimbale, rebondit, recommence de touffes en brin d’herbe et de brin d’herbe en azur, tout autour de notre aventure, si précaire, si mal disposée…Que pense de nous la coccinelle ?… Voilà qui est intéressant ! Que le corps reprenne goût de vivre, retrouve son plaisir, son rythme, sa verve déchue, les enchantements de son essor… L’esprit suivra bien !… L’esprit c’est un corps parfait, une ligne mystique avant tout, le détour souple d’un geste, un message de l’âme, mieux à surprendre, à recueillir au bond, à l’envol de danse que sous accablants grimoires, marmonnerie de textes, contextes, bâfrerie d’analyse de poux, découpages de cheveux en mille, sports assis, migraines, remigraines et la suite, à dégueuler ce noir bastringue, noir sur blanc, tripes et boyaux morfondus de gravité, d’horreurs apprises immangeables, titubants malheureux navrés de bibliothèques, enlisés, suffoquants, affreux, sous glu de savoir, sous calcifiants amonts de fouasse, culturelle. Ah ! la pourceaude pataugerie ! Ah ! qu’ils sont mornes à regarder ! A secouer ! A comprendre !… Glués de la sorte, que voulez-vous qu’il en advienne, sans ailes, sans émoi, sans ferveur ? Brutes ou goujats, mufles partout, sournois d’usine, de cancres en boutique, ivrognes aux labours, bêtes à cinéma, passifs partout, de plus en plus ennuyeux, ennuyés, croulants, accablés ? En chacun délivrer l’artiste ! lui rendre la clef du ciel !
Zavez déjà bien regardé « nos » étudiants ? Tout violacés, tous devenus crétins d’étudier ! Ah ! oui, ils « savent« , ils connassent tout…, font que se reporter et raporter aux livres, pareils qu’un contenu d’ordinateur… Mais ils ne savent plus lire, le moindre texte de 100 lignes est trop long, ils lisent plus, ils savent plus lire, ils savent plus écrire… Même en musique, que du facile, du rap de pacotille chantonné par des débiles matamores et ex-droguées, hallucinées, putes parfois, décervelées, bêtes, potiches, mais mises en exemple en Druckérisation et Staracadémisation débilitantes… A quoi ça sert de se cancériser la tête en SMS crétinisés, si c’est pour pas savoir lire, ni écrire, ni penser ? Et après des études martyrisantes au seul profit de la société qui finira par les jeter, poubelles vivantes, ordures humaines décaties à 40 ans…, que reste-t-il d’utile ? Travailler à construire des portables pour envoyer des SMS cons ! La belle affaire ! Le génie humain ! Einstein revient, c’est de ta faute, immonde salaud… Pareil pour tout ! Tout à l’égout, tout au dégout !… Ca sert à rien de servir tout ce fatras de conneries… Ca sert à quoi d’inventer des écrans ultra-plats pour regarder les niaiseries de Drucker ? Dites-moi l’utilité du génie humain dans la technologie des ordinateurs pour en arriver à écrire : « toua cam nu, sitai fem ou mec« … ? Dites-moi l’utilité du génie humain dans la technologie guerrière ? Quelle évolution depuis la fronde et le glaive ? Non… Tout ça ne sert pas l’homme, tout ça sert l’industrie et les banques, c’est à dire rien… La vie ce n’est pas ça…
Tout est merveille et m’enchante et chante qui m’élève du sol !… De véritable nature des hommes qui sont nés de là… C’est le choix d’une fleur au jardin, nulle n’est méprisable…, entre toutes nulle n’est vilaine, toutes ont leur parfum… Point de mines mijaurées ! Tout est sacré de ces miracles…, les plus infimes accents…, trois vers, deux notes, un soupir…, la vraie vie !
C’est en voyant Alexandre, un bonhomme de dix ans et quelques, hier en retour d’école, avec sa punition en paiement de ses rêveries, de ses papillons qui volent, de ses regards et jeux d’un âge qu’il ne sait pas encore qu’il ne reviendra jamais…et en écoutant Alexandra, ma fille de 20 ans, hier soir, aussi, me parler de ses « devoirs » de la chimie et des « algébriques folies » des mauvaises définitions de questions que des professeurs lui posent, entrainant stupeur et pleurs si la réponse est approximation génée, quète de l’inutile, en râlant…, et c’est me regardant, moi…, bien loin de leurs âges, me disant qu’ils ne connaissent même plus l’insouciance, les bétises vraies de la vie, les gentilles…, qu’en finale d’études à leur tournebouler la tête ils devront crier vive le roi, vive le président, vive dieu, patrie, loi, travail, chômage, conneries, souffrances et re-conneries…. du matin au soir et soir au matin, le restant d’une vie pour passer à coté de la vie…, ne plus s’extasier d’un oiseau, d’une douceur, d’une beauté éphémère… que j’ai pensé, en plus des miennes (de pensées) que  décidément le monde tournait fou, que ça n’allait pas, qu’on n’était décidément pas faits et pas nés pour ça, pas pour être des machines au service d’une société qui est de moins en moins société sociale… On court, on court, on s’époumone pour des trucs qui serviront strictement à rien, qui nous rendent aigris et dingues, qui nous forcent à devenir mabouls… et en finale, pendant qu’on s’assasine, on nous jette en pature la réussite supposée de crétins, crétines, footbaal’heures, tennisseuses-suceuses, chantonneuses-péteuses, et tout le toin-toin, des sans rien dans la tête qui nous la jouent con, nous déconsidérant, nous moralisant, nous ramenant à une condition de primates, de primitifs, de gnous juste bons à fonctionner, à payer pour les conneries des autres, les leurs…, je me suis dit : ça sert à quoi d’inventer des écrans plats pour regarder les niaiseries de Drucker, a quoi ça sert de haut fidéliser son chez-soi pour entendre Bruel crier ses conneries qui ne nous concernent ni ne nous interpellent, et Johnny aussi, et les vieilles poteries décaties qui s’accrochent, qui nous les cassent…, a quoi ça sert ce cirque, pour se faire rétendre par des escrocs qui nous la jouent guimauve pour mieux nous détrousser… Pour qu’en finale, en sus d’un pognon inutilement gagné pour n’en payer que des taxes, des impôts, des amendes en obligations, à se faire rétamer, user, enculer… on croit que payer des chicheries en aumoneries fausse charité, on sera mieux une fois morts…, conneries !Alors, j’ai ré-écrit…Et c’est foutrement bon d’écrire au lieu de regarder des conneries Druckérisantes ou de faire un turbin, comme si on faisait le tapin, les putes de l’existence…Faudrait avoir enfin la lucidité d’envoyer tout valser…, tout faire péter, se retrouver, refaire une vraie existence…
Venez lire, ça vous fera du bien, et c’est gratuit, tout bénéfice pour vous et pour l’humanité !
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