Incendies dans le VAR… Mardi et Mercredi 25/26 juillet 2017…

Dans la première minute, un simple verre d’eau peut suffire à éteindre un début d’incendie…, dans la deuxième minute un seau d’eau est nécessaire…, dès la troisième minute, c’est 1.000 litres…
Imaginez que c’est 10.000 fois pire….
La nuit de mardi à mercredi a été particulièrement chaotique pour les 12 000 personnes évacuées dans le Var, en raison d’incendies massifs.
12.000, c’est pas rien…

D’immenses flammes oranges et une fumée opaque, donnent aux massifs forestiers du Var des airs de fin du monde.
C’est pas qu’un seul incendie à la progression désespérante détruisant plus de 1.300 hectares de terrain sur les communes touristiques de Bormes-les-Mimosas et La Londe-les-Maures…, non il y en à d’autres, partout, jusqu’aux limites de Fréjus…., d’où nécessité de l’évacuation massive de plus de 12 000 personnes, dont 3.000 campeurs.
Pas qu’une sirène qui se met à retentir, mais des dizaines…, les gens rejoignent leurs voitures avec des valises, certains sont en panique et courent en tous sens.

Les policiers et pompiers demandent aux occupants d’évacuer les lieux en urgence vers des centres d’accueil mis à disposition par les municipalités, pour y passer la nuit, peut-être d’autres nuits aussi…, tout est chaotique !
Il y là beaucoup de monde, les personnes dorment sur des tapis…, quand j’écris qu’ils dorment, c’est faux, en réalité soit ils prient soit ils maudissent , en plus, il y a pas mal de vent et le ciel devient de plus en plus orangé.

On voit des flammes au loin, qui deviennent de plus en plus hautes…., le paysage se transforme en front de feu.
La situation devient préoccupante, femmes et enfant prennent peur…., pis quand on entend des explosions…, une dizaine de détonations…., attentats ? accidents ?
On a saura après coup en attente d’un autre… qu’il s’agissait de bonbonnes de gaz qui avaient explosé dans un camping.
Qui va pouvoir « fermer l’œil », ce n’est pas franchement confortable, une nuit bercé par le ballet incessant des Canadair.

A l’aube, ça sent le brûlé un peu partout.
La nuit était vraiment remplie d’angoisses, entre la peur de risquer de quasi tout perdre… et la peur que dans le grand voyage éternel le feu gagne là aussi du terrain…
Les flammes brûlent tout…, des familles ont perdu leur foyer, l’effet de panique est total, tout le monde reste sous le choc, pas question de jouer sur les zones d’ombres au lieu de s’écraser sous le flot d’une lumière dénuée de mystère et d’intensité, assurément bien loin de celle du feu…

<<< Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend. Car elle me comprend et mon cœur, transparent Pour elle seule hélas, cesse d’être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore. Son nom ? Je sais qu’il est doux et sonore Comme ceux des aimés que la Vie exila. Son regard est pareil au regard des statues, Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a L’inflexion des voix chères qui se sont tues…>>>

Impossible…, peut-on rêver dans pareil cauchemar ?
Et quel rêve qui débute quelque part sur les bords du Golfe de St-Tropez alors que les incendies de l’été dévorent le paysage dans l’indifférence partagée de divers vacanciers. Indifférence qui devient panique quand s’enflamme l’hôtel ou la caravane, voire la tente qui les abritait.

Faire une pause d’un endroit où le spectacle du feu s’impose et voir apparaître les fantômes, démons improbables qui invitent à brûler avec eux…
Troublant aveu et troublante invite pour qui ne croyait plus en rien, ni en eux-mêmes ni au monde…, pour qui les rues sont vides tout comme le monde tout entier est vide.
Comme dans tout rêve, s’effacent les voix, et disparaît la vision…, l’humain n’a alors plus qu’une issue, qu’une obsession…, une quête qui mène en de sombres lieux dont l’horreur constituent le décor et la trame.

Un monde avec ses propres règles, où la déchéance est élevée au rang d’un art qui ignore toutes les limites, ou la séduction rime avec la soumission et la perversion…
Un monde d’une noirceur sans fond où la vie et la mort perdent toute valeur et deviennent interchangeables…, on ne peut échapper ni à l’une ni à l’autre… ou plutôt on ne peut échapper à l’une que pour plonger dans l’autre.

Entre réel et irréel, entre vie et mort, entre réalisme et imaginaire allégorique, la mort ne recule devant aucune convenance pour suivre son propre fil, nous imposant son rythme et ses figures.
A tous les sens de la folie, il y a une tonalité allégorique, voire prophétique qui en fait un récit aux couleurs d’Apocalypse mais aussi, plus secrètement, d’espoir dans ce qui peut arriver pour peu que les forces de vie ne renoncent pas.

Il y a quelque chose d’intemporel dans les incendies qui visent l’humanité au travers de subjectivités, où les gens n’ont ni nom ni biographie…, que des cris au secours à l’image de l’Enfer de Dante…
Ni retour ni abandon ne sont possibles avant l’issue…
Mais qui donc les allume ?

Ce n’est pas ça qui est important, mais ma vision du pourquoi, qui m’est venue en regardant notre nouveau « Premier » raconter des banalités polies d’un air absent, tout comme il semblait absent aux destructions…

Avec mon esprit d’analyse (j’aurais été bon procureur) j’ai publié 3 commentaires qui me paraissent « utiles »…

  • Toutes les habitations sont assurées… Il n’y a pas eu de décès… On ne peut donc dire que c’est la fin du monde vu de la Cote d’Azur… Quant aux gros Yachts de plus de 60 mètres, ils ont pris le large avec leurs milliardaires… En fait le drame n’est vécu que par les campeurs… Quant au désastre… l’urbanisation à déjà presque tout saccagé… L’avantage des zones brûlées est que la loi interdit de construire ou ça a brûlé… ce qui donne un coup de freins aux vélléités des promoteurs… Dans un mois les touristes seront repartis, entretemps la nature va reprendre ses droits et dans quelques années on ne se souviendra même plus de ce qui a brûlé… Non, les seuls à plaindre sont les sapeurs-pompiers qui risquent leur vie pour tout ça…
  • Un exemple, il suffit de glaner sans pleurer, de regarder et de comprendre… Il y a quelques jours passe un reportage larmoyant d’un garagiste qui « a tout perdu »… Ouaisssss ! Etrange qu’il n’a pas pris le temps de sauver ses chères voitures… mais en grattant, on s’aperçoit qu’il était au bord de la ruine, que son garage était invendable… et qu’il était à un an de la retraite… Bien… Maintenant, il va percevoir des indemnités telles qu’en 20 ans il n’aurait jamais engrangé… Il faut éviter de pleurer pour des histoires… Demandez-vous ce qui reste comme objets de valeurs dans les villas en bord de flammes… Un incendie brûle tout, même ce qui n’existe plus…
  • Je compatis aux animaux décédés dans ces incendies… mais je ne fais que donner un avis suite à réflexion… Difficile de croire que chaque départ de feu (il y en a une cinquantaine) soit la résultante de gens qui font brûler leurs affaires dans leurs jardins… Si on enlève les causes accidentelles dues à des imbéciles inconscients, reste soit plusieurs pyromanes agissant de concert… soit des actes terroristes plus simples à organiser que des attentats avec bombes… soit qu’il faut chercher à qui profite les crimes… Et là, je vois un moyen de stopper l’urbanisation irrationnelle… C’est d’ailleurs dans des zones « riches » que ça flambe…, les campeurs et animaux sont des victimes collatérales, comme dans les bombardements de Dresde d’Hiroshima et Nagazaki et autres… J’ai lu dans une page Facebook consacrée à la région, que les feux derrière St-Trop longeaient les terrains de Bolloré, qui est loin d’être un campeur… Maintenant qu’ils ont brûlé, ils sont définitivement inconstructibles…

Donc… me souvenant qu’une amie avocate qui m’a invité à déjeuner (somptueux) et m’a dit que dans certaines choses il vaut souvent mieux utiliser les grands moyens une fois pour toute, que de tourner autour du pot (sa nature, celle du pot, pas celle de mon amie avocate…, est ici sans importance)… j’en conclus que les incendies sont finalement relativement profitables à la communauté en général, espérant (comme les organisateurs potentiels) qu’il n’y ait pas morts d’hommes…, quoique si cela devait arriver, un ou plusieurs lampistes seront désignés pour calmer l’ire populaire.

Comme nous parlions « politique »… voilà donc le genre d’article qui change des commentaires sirupeux habituels…