Certains, certaines, par discours pré-électoraux et via les médias, préconisent que l’avenir Européen doit englober l’ex-République Socialiste etc etc de l’union Soviétique !
Cela à rendu mon super dîner de noël, un chouia indigeste, car je me suis demandé : « Qu’est-ce que c’est que cette façon d’emberlificoter les citoyens »
L’Europe, c’est un nazisme doux, une dictature globale revisitée…
Allier l’Europe nazifiante à la Russie ex-Stalinienne (chaque entité ne faisant qu’en parfaire les idéologies)…, en créant une société ploutocratique ou l’extrème richesse des uns narguera encore plus l’extrème pauvreté des masses à qui on ne garantit plus les « avancées sociales » d’avant…, mais qu’on abêtit du rêve de pouvoir un jour devenir moins pauvre…, n’est surement pas une avancée sociale…, mais le plan B d’un Nouvel Ordre Mondial qui voit son plan A (avec l’Amérique), se casser la g…
C’est quoi l’Europe ?
Des votes imposés…, des appels explicites à la convergence et à la création d’une sorte de maison commune européenne au seul profit des multinationales qui délocalisent…, la récupération du « meilleur » du nazisme (le système administratif)…, la multiplication de pontifes soviétisants directement élus par personne et ne rendant de compte à personne…, des dizaines de milliers de pages de règlements gosplaniques planifiant tout dans l’économie, « juridifiés » dans les moindres détails, depuis le crime de penser différement que de ne pas être « politiquement-correct », jusqu’aux crimes d’injures religieuses, en passant par le crime de refuser d’accepter les versions officielles des attentats du 11 septembre 2001 et de tous les autres… ainsi que ne pas croire que le terrorisme est l’ennemi de tous…, sans oublier l’interdiction de critiquer l’Europe et ses dirigeants, des années à l’avance…
L’Europe, c’est aussi de la corruption institutionalisée de haut en bas à la soviétique, mais aussi de la corruption capitaliste allant de bas en haut…, en ce compris la création de nouveaux crimes politiquement corrects mais à géométrie variable (opposition à l’immigration incontrôlée du tiers-monde et à la poursuite de l’intégration européenne assimilée au racisme et à la xénophobie, la répression du négationnisme nazi mais pas de l’apologie du communisme, la condamnation de l’antisémitisme mais pas de la critique d’autres religions)…, sans oublier le pire : l’endoctrinement idéologique social-démocrate, étatiste et politiquement correct…
Que dire de la singulière indulgence européenne (particulièrement francaise) pour l’idéologie religieuse qui meut Israël à massacrer les populations Libanaises et Palestiniennes pour voler leurs territoires et biens…, ainsi que l’idéologie Chrétienne, probablement la plus meurtrière de l’histoire si on a le courage d’en regarder les dégats depuis 2000 ans…
Et tout ça à l’heure ou, à coup de milliers de milliards de dollars de déficits et au sortir d’élections de mi-mandat catastrophiques, le troisième compère de la Trilatérale socialiste, à savoir l’Amérique d’Obama, s’enfonce chaque jour un peu plus dans la socialisation et l’étatisation a l’européenne…, on diffuse des discours et articles médiatiques, comme si de rien n’était…, prônant l’unification de l’Europe et de la Russie…, de l’Atlantique au Pacifique… comme si on devait lire « de l’Atlantisme au Pacifisme »…
Très fort…
Pour ma part, en tant qu’humain, c’est à dire en tant qu’homme qui sait que seul il est mortel… j’adhère à tout tant que je survis et que j’y gagne…, sauf quand je me rend compte que c’est une illusion et que je préfère tout faire sauter, tant qu’à mourir autant s’amuser…
Retour en arrière afin de mieux comprendre le présent et entrevoir l’avenir…, avec l’ancien dissident russe Vladimir Boukovsky, sur cette étrange convergence qui semble se confirmer …
Entre une Russie non seulement jamais totalement décommunisée mais en pleine nostalgie soviétique et une Union européenne en sérieuse voie de nazification…
Vladimir Bukovsky, l’ancien dissident soviétique, craint que l’Union Européenne ne soit en train de devenir une autre Union Soviétique.
Dans un discours prononcé à Bruxelles, Mr. Bukovsky a qualifié l’UE de monstre qui doit être détruit le plus tôt possible, avant qu’il ne se transforme en un Etat totalitaire en pleine puissance.
Dans son discours, Mr. Bukovsky fit référence à des documents confidentiels venant des dossiers soviétiques qu’il fut autorisé à lire en 1992.
Ces documents confirment l’existence d’une conspiration pour transformer l’Union Européenne en une organisation socialiste.
Mr. Bukovsky fut l’un des héros du XXe siècle.
Encore jeune homme, il dénonça l’utilisation de l’emprisonnement psychiatrique contre les prisonniers politiques dans l’ancienne URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques, 1917-1991) et passa au total douze ans (1964-1976), depuis l’âge de 22 ans jusqu’à 34 ans, dans les prisons, les camps de travail et les institutions psychiatriques soviétiques.
En 1976, les Soviétiques l’expulsèrent en Occident.
En 1992, il fut invité par le gouvernement russe pour servir d’expert témoignant au procès conduit pour déterminer si le Parti Communiste Soviétique avait été une institution criminelle.
Pour préparer son témoignage, Mr. Bukovsky obtint l’accès à un grand nombre de documents des archives secrètes soviétiques.
Il est l’une des rares personnes à avoir vu ces documents, puisqu’ils sont encore classifiés.
En utilisant un petit scanner portable et un ordinateur portable, cependant, il réussit à copier beaucoup de documents (certains avec une mention de haute sécurité), y compris des rapports du KGB au gouvernement soviétique !
PB – Vous avez été un célèbre dissident soviétique, et maintenant vous tracez un parallèle entre l’Union Européenne et l’Union Soviétique. Pouvez-vous expliquer cela ?
VB – Je fais référence aux structures, à certaines idéologies qui sont inculquées, aux plans, à la direction, à l’inévitable expansion, à l’effacement des nations, ce qui était le but de l’Union Soviétique. La plupart des gens ne comprennent pas cela. Ils ne le savent pas, mais nous le savons parce que nous avons été élevés en Union Soviétique où nous devions étudier l’idéologie soviétique à l’école et à l’université. Le but ultime de l’Union Soviétique était de créer une nouvelle entité historique, le peuple soviétique, sur tout le globe. La même chose est vraie dans l’UE aujourd’hui. Ils tentent de créer un nouveau peuple. Ils appellent ce peuple les Européens, quoi que cela signifie. D’après la doctrine communiste ainsi que de nombreuses formes de pensée socialiste, l’Etat, l’Etat national, est supposé disparaître. En Russie, cependant, c’est le contraire qui arriva. Au lieu de disparaître, l’Etat soviétique devint un Etat très puissant, mais les nationalités furent effacées. Mais quand vint le temps de l’effondrement soviétique, ces sentiments réprimés d’identité nationale revinrent en force et ils détruisirent presque le pays. C’était effrayant.
PB – Pensez-vous que la même chose puisse arriver quand l’Union Européenne s’effondrera ?
VB – Absolument, vous pouvez presser un ressort seulement jusqu’à un certain point, et la psyché humaine est très résistante, vous savez. Vous pouvez la presser, vous pouvez la presser, mais n’oubliez pas qu’elle accumule toujours de la force pour rebondir. Elle est comme un ressort et elle revient toujours en force.
PB – Mais tous ces pays qui ont rejoint l’UE l’ont fait volontairement.
VB – Non, ils ne l’ont pas fait. Regardez le Danemark qui a voté contre le traité de Maastricht deux fois. Regardez l’Irlande qui a voté contre le traité de Nice. Regardez beaucoup d’autres pays, ils sont sous une énorme pression. C’est presque du chantage. La Suisse a été forcée de voter cinq fois dans un référendum. Les cinq fois ils l’ont rejeté, mais qui sait ce qui arrivera la sixième fois, la septième fois. C’est toujours la même chose. C’est un truc pour les idiots. Les gens doivent voter dans des référendums jusqu’à ce que les gens votent de la manière souhaitée. Ensuite ils doivent s’arrêter de voter. Pourquoi s’arrêter ? Continuons à voter. L’UE est ce que les Américains appellerent un mariage forcé.
PB – Que pensez-vous que les jeunes devraient faire concernant l’UE ? Sur quoi doivent-ils insister, démocratiser l’institution ou simplement l’abolir ?
VB – Je pense que l’UE, comme l’Union Soviétique, ne peut pas être démocratisée. Gorbatchev a tenté de la démocratiser et elle a éclaté. Ce genre de structure ne peut jamais être démocratisé.
PB – Mais nous avons un Parlement Européen qui est choisi par le peuple.
VB – Le Parlement Européen est élu sur la base de la représentation proportionnelle, ce qui n’est pas une vraie représentation. Et sur quoi vote-t-on ? Le pourcentage de graisse dans les yoghourts, ce genre de chose. C’est ridicule. On lui donne la tâche du Soviet Suprême. Le parlementaire moyen peut parler six minutes par an à la Chambre. Ce n’est pas un vrai parlement. En 1992, j’ai eu un accès sans précédent aux documents secrets du Politburo et du Comité Central qui avaient été classifiés, et qui le sont encore maintenant, pour 30 ans. Ces documents montrent très clairement que toute l’idée de transformer le marché commun européen en Etat fédéral fut acceptée par les partis de gauche européens et par Moscou comme un projet conjoint que Gorbatchev appela en 1988-89 notre maison commune européenne.
PB – Quelle était l’idée ?
VB – L’idée était très simple. Elle apparut pour la première fois en 1985-86, quand les communistes italiens rendirent visite à Gorbatchev, suivis par les sociaux-démocrates allemands. Ils se plaignaient tous que les changements dans le monde, particulièrement après que Mme Thatcher ait introduit la privatisation et la libéralisation économique, menaçaient de balayer toutes les réalisations de générations de socialistes et de sociaux-démocrates menaçant de les inverser complètement. Par conséquent la seule manière de résister à cette agression du capitalisme sauvage était de tenter d’introduire les mêmes buts socialistes dans tous les pays, immédiatement.
PB – Mais, avant cela, les partis de gauche et l’Union Soviétique ne s’étaient-ils pas opposés à l’intégration européenne parce qu’ils la percevaient comme un moyen de bloquer leurs buts socialistes ?
VB – A partir de 1985, ils changèrent complètement de vision. Les Soviétiques parvinrent à la conclusion et à un accord avec les partis de gauche, que s’ils travaillaient ensemble ils pouvaient détourner tout le projet européen et l’inverser complètement. Au lieu d’un marché ouvert, ils le transformeraient en un Etat fédéral. D’après les documents soviétiques, 1985-86 est le moment-clé. J’ai publié la plupart de ces documents. Vous pouvez même les trouver sur internet. Mais les conversations qu’ils ont eues sont vraiment révélatrices. Pour la première fois vous comprenez qu’il y a eu une conspiration.
PB – C’est compréhensible pour eux, puisqu’ils tentaient de sauver leurs peaux politiques !
VB – A l’Est, les Soviétiques avaient besoin d’un changement de relations avec l’Europe parce qu’ils entraient dans une crise structurelle prolongée et très profonde ; à l’Ouest, les partis de gauche craignaient d’être balayés et de perdre leur influence et leur prestige. Donc c’était une conspiration, faite par eux, négociée et élaborée tout à fait ouvertement. En janvier 1989, par exemple, une délégation de la Commission Trilatérale vint voir Gorbatchev. Elle comprenait Nakasone, Giscard d’Estaing, David Rockefeller et Kissinger. Ils eurent une très jolie conversation où ils tentèrent d’expliquer à Gorbatchev que la Russie Soviétique devait s’intégrer dans les institutions financières du monde, comme le Gatt, le FMI et la Banque Mondiale. Au milieu de la conversation, Giscard d’Estaing entra soudain en piste et dit : Mr. le Président, je ne peux pas vous dire exactement quand cela arrivera, probablement dans 15 ans, mais l’Europe va devenir un Etat fédéral et vous devez vous y préparer. Vous devez élaborer avec nous, et avec les dirigeants européens, la manière dont vous réagiriez à cela, comment vous permettriez aux autres pays d’Europe de l’Est d’interagir avec lui ou comment en faire partie, vous devez être prêt.
PB – Mais, ça parait impossible, en janvier 1989 le traité de Maastricht de 1992 n’avait même pas été esquissé. Comment diable Giscard d’Estaing savait-il ce qui allait se passer dans 15 ans ? Et au fait, comment devint-il l’auteur de la constitution européenne en 2002-03 ?
VB -Très bonne question. Ça sent la conspiration, n’est-ce pas ? Heureusement pour nous, la partie soviétique de cette conspiration s’effondra avant et elle n’atteignit pas le point où Moscou aurait pu influencer le cours des événements. Mais l’idée originelle était d’avoir ce qu’ils appelaient une convergence, par laquelle l’Union Soviétique s’adoucirait quelque peu et deviendrait plus sociale-démocrate, pendant que l’Europe occidentale deviendrait sociale-démocrate et socialiste. Ensuite il y aurait eu une convergence. Les structures devaient s’adapter l’une à l’autre. C’est pourquoi les structures de l’Union Européenne furent initialement bâties dans le but de s’adapter à la structure soviétique. C’est pourquoi elles sont aussi similaires dans leur fonctionnement et dans leur structure.
PB – Ce n’est donc pas un hasard si le Parlement Européen me rappelle le Soviet Suprême ?
VB – Il ressemble au Soviet Suprême parce qu’il a été conçu comme lui. De même, quand vous regardez la Commission Européenne, elle ressemble au Politburo. Je veux dire qu’elle lui ressemble exactement, sauf pour le fait que la Commission a maintenant 25 membres et que le Politburo avait habituellement 13 ou 15 membres. A part ça, ils sont exactement les mêmes, ne rendant de compte à personne, sans être directement élus par personne. Quand vous regardez toute cette activité bizarre de l’UE avec ses 80.000 pages de règlements, ça ressemble au Gosplan. Nous avions une organisation qui planifiait tout dans l’économie, dans les moindres détails, cinq ans à l’avance. C’est exactement la même chose qui se passe dans l’UE. Quand vous regardez le type de corruption de l’UE, c’est exactement le type soviétique de corruption, allant de haut en bas. Si vous parcourez toutes les structures et tous les traits de ce monstre européen émergeant, vous remarquerez qu’il ressemble de plus en plus à l’Union Soviétique.
PB – Bien sûr, c’est une version plus douce de l’Union Soviétique.
VB – S’il vous plaît, ne vous méprenez pas. Je ne dis pas qu’il a un Goulag. Il n’a pas de KGB, pas encore, mais je surveille très attentivement des structures comme l’Europol par exemple. Cela m’effraye réellement parce que cette organisation aura probablement des pouvoirs plus grands que ceux du KGB. Ils auront l’immunité diplomatique. Pouvez-vous imaginer un KGB avec l’immunité diplomatique ? Ils devront nous contrôler pour 32 sortes de crimes, dont deux sont particulièrement effrayants, l’un est appelé racisme, l’autre xénophobie. Aucune cour criminelle sur terre ne définit une telle chose comme un crime…, sauf la Belgique !
PB – Donc c’est un nouveau crime, et nous avons déjà été avertis.
VB – Un membre du gouvernement britannique m’a dit que ceux qui s’opposent à l’immigration incontrôlée du tiers-monde seront considérés comme racistes et que ceux qui s’opposent à la poursuite de l’intégration européenne seront considérés comme xénophobes.
PB – Oui, je crois que Patricia Hewitt a dit cela publiquement. Donc, nous avons maintenant été avertis. Pendant ce temps, ils introduisent de plus en plus d’idéologie.
VB – L’Union Soviétique était un Etat dirigé par l’idéologie. L’idéologie d’aujourd’hui de l’Union Européenne est sociale-démocrate, étatiste, et en grande partie politiquement correcte.
PB – Je surveille très attentivement la manière dont le politiquement correct se répand et devient une idéologie oppressive, sans parler du fait qu’ils interdisent de fumer presque partout maintenant.
VB – Regardez la persécution de gens comme le pasteur suédois qui a été persécuté pendant plusieurs mois parce qu’il a estimé que la Bible n’approuve pas l’homosexualité. La France a voté la même loi de crime d’injures concernant les gays. La Grande-Bretagne a voté des lois de crimes d’injures concernant les relations raciales et maintenant le discours religieux, et ainsi de suite.
PB – Ce que vous observez, mis en perspective, est une introduction systématique d’idéologie qui pourrait être renforcée plus tard par des mesures oppressives.
VB – C’est tout le but de l’Europol. Autrement pourquoi en aurions-nous besoin ? L’Europol est très suspect. Je surveille très attentivement qui est persécuté, pour quelle raison, et ce qui se passe, parce que c’est un domaine dans lequel je suis un expert. Je sais de quelle manière le Goulag apparaît.
PB – C’est comme si nous vivions dans une période de démantèlement rapide, systématique et très cohérent de la démocratie pour aller vers une nazification générale de l’Europe, je l’ai écrit dans mon site www.LesProtocolesDeSion.com .
VB – Regardez ce projet de réforme législatif et de réglementation au Royaume-Uni d’Angleterre. Il transforme les ministres en législateurs qui peuvent introduire de nouvelles lois sans en parler au Parlement ni à quiconque. Ma réaction immédiate est : pourquoi ça ? La Grande-Bretagne a survécu à deux guerres mondiales, à la guerre contre Napoléon, à l’Armada espagnole, sans parler de la guerre froide durant laquelle on nous disait à tout moment que nous pouvions avoir une guerre mondiale nucléaire, sans aucun besoin d’introduire ce genre de législation, sans avoir besoin de suspendre nos libertés civiles et d’introduire des pouvoirs spéciaux. Pourquoi en avons-nous besoin maintenant ? Ceci va transformer l’Europe en dictature en un rien de temps.
PB – La situation d’aujourd’hui est vraiment sinistre.
VB – Les principaux partis politiques se sont fait complètement avoir par le nouveau projet de l’UE. Aucun d’entre eux ne s’y oppose vraiment. Ils sont devenus très corrompus. Qui va défendre nos libertés ? C’est comme si nous allions vers une sorte d’effondrement, une sorte de crise. Le résultat le plus probable est qu’il y aura un effondrement économique en Europe, ce qui arrivera forcément avec cette croissance des dépenses et des taxes. L’incapacité à créer un environnement compétitif, la sur-réglementation de l’économie, la bureaucratisation, cela va conduire à un effondrement économique. L’introduction de l’euro était une idée particulièrement folle. La monnaie n’est pas supposée être politique.
PB – Je n’ai aucun doute là-dessus. Il va y avoir un effondrement de l’Union Européenne tout comme l’Union Soviétique s’est effondrée.
VB – Mais n’oubliez pas que quand ces choses s’effondrent, elles laissent une telle dévastation qu’il faut une génération pour s’en remettre. Pensez seulement à ce qui se passera s’il arrive une crise économique. Les récriminations entre nations seront immenses. Ça pourrait mener à une explosion. Regardez l’immense nombre d’immigrants du tiers-monde vivant maintenant en Europe. Cela a été encouragé par l’Union Européenne. Que se passera-t-il avec eux s’il y a un effondrement économique ? Nous aurons probablement, comme en Union Soviétique à la fin, tellement d’affrontements ethniques que cela donne le vertige. Dans aucun autre pays il n’y a eu autant de tensions ethniques que dans l’Union Soviétique, sauf probablement en Yougoslavie.
PB – Donc c’est exactement ce qui arrivera ici aussi.
VB – Nous devons nous préparer à cela. Cet immense édifice de bureaucratie va s’effondrer sur nos têtes. C’est pourquoi, et je suis très franc là-dessus, plus tôt nous en finirons avec l’UE, mieux cela vaudra. Plus tôt elle s’effondrera, moins il y aura de dégâts pour nous et pour les autres pays. Mais nous devons faire vite parce que les eurocrates agissent très rapidement. Il sera difficile de les vaincre. Aujourd’hui, c’est encore simple. Si un million de gens marchent sur Bruxelles aujourd’hui, ces types s’enfuiront jusqu’aux Bahamas. Si demain la moitié de la population britannique refuse de payer ses impôts, rien ne se passera et personne n’ira en prison. Aujourd’hui vous pouvez encore faire ça. Mais je ne sais pas quelle sera la situation demain avec un Europol en pleine puissance bourré d’anciens officiers de la Stasi est-allemande ou de la Securitate roumaine.
PB – Tout peut arriver.
VB – Nous perdons du temps. Nous devons les vaincre. Nous devons nous asseoir et réfléchir, élaborer une stratégie le plus rapidement possible pour obtenir un effet maximum. Autrement il sera trop tard. Ma conclusion n’est pas optimiste. Jusqu’ici, en dépit du fait que nous avons des forces anti-UE dans presque chaque pays, ce n’est pas assez. Nous perdons et nous gaspillons du temps.
PB – Quel est ce monstre bureaucratique qui a pris corps à Bruxelles ?
VB – Ce n’est rien d’autre qu’une nouvelle URSS, différente de l’ancienne, plus soft mais aussi adepte d’un système liberticide. Comme l’avait très bien montré Revel dans La Grande Parade, la plupart des communistes et socialistes européens, surtout français, n’ont pas tiré les leçons de l’écroulement du mur de Berlin et de l’échec de l’économie planifiée. Ils continuent à croire au Grand Soir en s’opposant systématiquement à l’économie libérale et aux valeurs de liberté individuelle. Leur aveuglement les a poussé à soutenir l’URSS jusqu’au bout et à croire en la perestroïka en l’arrosant de milliards de dollars : au cours de ses sept dernières années d’existence, l’URSS a reçu 45 milliards de dollars, à titre de comparaison, l’aide du FMI et de la Banque mondiale à la Russie entre 1991 et 1999 s’est élevée à 23 milliards de dollars.  Ceux qui furent déçus de la chute de l’URSS font aussi partie des bâtisseurs de l’Europe communautaire et les experts du communisme, les admirateurs de cette idéologie, sont devenus des analystes incontournables de la société russe d’aujourd’hui. La mauvaise compréhension de cet échec les a rendus nostalgiques d’un ordre bureaucratique dont les défauts ne pouvaient que cacher une réalité bien plus agréable et malheureusement décrite par les thuriféraires de la société libérale.
PB – C’est pourquoi ils ont essayé d’imaginer cette Europe comme un ensemble d’Etats soumis à un centre administratif basé à Bruxelles ? 
VB – Pour l’instant, ils n’ont réussi que partiellement et l’Europe souffre aujourd’hui d’un syndrome brejnévien. Dès qu’un pays réfute le socialisme ambiant, il est voué aux gémonies. On a pu le voir avec l’arrivée au pouvoir en Autriche, en 2000, d’une coalition de droite dirigée par l’ÖVP, le parti populaire de Wolfgang Schüssel, une coalition à l’origine de nombreuses réformes libérales qui expliquent l’impressionnant décollage économique de ce pays.
PB – Cela a été le cas avec l’élection de George W. Bush en 2004 lorsque de nombreuses personnalités européennes, en s’appuyant sur des organisations progressistes, ont contesté la légitimité du président américain.
VB – Oui, tout comme au Politburo on virait ceux qui s’écartaient de la ligne du parti, les commissaires européens ont poussé vers la sortie Rocco Buttglione, l’intellectuel catholique dont les prises de position sur le mariage étaient trop loin du moule politiquement correct. Toujours comme au sein de l’ancienne URSS, certains sont plus égaux que d’autres. La preuve, le non-respect des critères de stabilité par l’Allemagne et la France alors que les pays plus petits sont obligés de s’en tenir au Pacte sous peine de sanctions. Autres ressemblances : l’absence de limites, de frontières, à cette Europe, ses leaders veulent aller le plus loin possible ; la corruption étatiste qui la ronge, la France étant la plus touchée, ainsi que l’idéologie socialisante soutenue par les conseillers français mais heureusement combattue par les représentants anglo-saxons.
PB – Cette Europe s’est bâtie durant la période de la détente…
VB – C’est un euphémisme correspondant en fait aux phases qui permettaient aux Soviétiques de reprendre des forces et de consolider leurs acquis afin de mieux préparer de nouveaux coups. Seuls Reagan et Thatcher ne sont pas tombés dans ce piège. Plus tard, au temps de Gorbatchev, les Européens ont aveuglement soutenu son idée de maison commune, une façon habile d’intégrer l’URSS moribonde dans un ensemble d’Etats partageant les mêmes valeurs de…. paix, protection sociale, de respect des frontières, des droits collectifs. C’est-à-dire une Europe intégrant l’Empire soviétique avec ses caractéristiques les plus déplorables. Diverses citations des archives russes en disent beaucoup sur le penchant des dirigeants de plusieurs pays démocratiques vers le socialisme économique et politique. Très instructives les déclarations de Mitterrand et de son conseiller idéologique, Jacques Attali, sur cette maison européenne, une grande idée pour converger les deux mondes socialistes. Cette construction s’est heureusement interrompue après l’écroulement de l’empire soviétique ce qui n’empêche pas d’être attentif aux dérives
PB – L’Ouest, bien sûr ! Vive l’occident ! Comment peut-on en douter ? La différence avec la fin du régime nazi lors de la seconde guerre mondiale est édifiante; le travail n’a peut-être tout simplement pas été fini. Même si la guerre froide s’est conclue par une indiscutable victoire tactique, l’ennemi est loin d’avoir été défait.
VB – Récapitulons… La guerre froide s’est achevée avec l’effondrement de l’URSS, piégée par le Président Reagan dans une course aux armements qu’elle ne pouvait gagner. Financièrement à bout, l’Empire soviétique a fini par s’effondrer alors que les peuples d’Europe de l’Est, sentant tourner le vent, se mirent à rejeter le communisme les uns après les autres. Les tentatives ultimes de Mikhaïl Gorbatchev pour maintenir l’empire en vie finirent par se retourner contre lui; en autorisant l’autocritique, le Premier Secrétaire brisa l’idéologie communiste et l’espoir de l’avenir meilleur, et les peuples s’engouffrèrent dans les brèches ouvertes, les agrandirent et finirent par faire éclater le tout. Ce qui ce passa ces jours de 1991 tient du miracle: un empire aussi totalitaire, aussi gigantesque, aussi violent que l’URSS qui finit par se désagréger sans massacre, pratiquement sans un seul coup de feu ! Personne, cinq ans plus tôt, n’aurait cru une seconde à un dénouement aussi heureux. Dans l’époque trouble qui a suivi la seconde guerre mondiale et le démantèlement de l’Allemagne nazie, imaginez une variation sur le déroulement de l’histoire dans un point précis, disons, par exemple, que le putsch des généraux ait été mieux accueilli par les dirigeants alliés. On pourrait aussi imaginer que le Japon cédât plus tôt, permettant à l’Allemagne d’être le dernier pays de l’Axe à tomber face à la toute-puissance Alliée désormais libérée du théâtre d’opérations de l’Océan Pacifique. Ou encore que la progression des troupes lors du débarquement ait été ralenties par des problèmes d’intendance ou de météorologie qui auraient amené la guerre à durer un peu plus longtemps. Ou que Hitler ne parvienne pas à se suicider dans son bunker et permette d’expier de tous ses crimes comme un coupable unique. Bref. Si la combativité ou la vitesse de progression des Alliés avait été différente, on aurait pu se figurer une toute autre issue à l’après-guerre. Les chars n’auraient peut-être pas eu à aller jusqu’à Berlin; le régime aurait de toutes façons fini par s’effondrer. Sous la pression, des rébellions auraient éclaté. Le scandale des camps de concentrations aurait fini par se savoir et aurait alors justifié un revirement réel ou simulé de certains hommes haut placés dans l’administration, ainsi que d’une bonne partie de la population. Des politiciens se seraient constitués prisonniers ou se seraient livrés à un repentir plus ou moins sincère.
PB – De toute évidence, le chaos au sein du camp ennemi aurait forcé les Alliés à davantage de circonspection car il aurait fallu épargner les transfuges du régime.
VB – Suivant une idéologie très à la mode de nos jours, il aurait fallu mieux préparer l’après-guerre en refusant de démanteler complètement l’appareil d’Etat allemand. Entre témoignages sous couvert d’immunité et retournement de veste, il aurait été très difficile de déceler les véritables responsables de l’Allemagne nazie. La variation la plus évidente de ce déroulement parallèle de l’histoire, c’est que le procès de Nuremberg n’aurait pas eu lieu.
PB – Que ce serait-il alors passé?
VB – Le nazisme serait mort, évidemment, de toutes façons. Enfin, officiellement mort. Car entre la nécessité de maintenir une autorité gouvernementale et le revirement de façade de certains de ses défenseurs les plus illustres, la fin du Nazisme n’aurait nullement signifié celle de ses apôtres. Face à l’ampleur de la tâche de la reconstruction de l’Allemagne, ils se seraient débrouillés pour dénicher des postes clef, pour prendre la tête des entreprises à privatiser. Du point de vue électoral, gardant la mainmise sur des réseaux de relations, la majorité n’aurait pas été trop difficile à conquérir. Finalement, en bons requins politiques, ils n’auraient pas eu de mal à s’assurer un avenir au pays.
PB – Certes, l’Allemagne ne serait plus nazie mais elle ne serait pas devenue réellement libre pour autant. Dans l’ombre, les artisans du nazisme auraient toujours les coudées franches.
VB – Sans aller jusqu’à réécrire l’histoire, c’est aussi une thèse avancée par Gunther Grass : l’Allemagne nazie n’a pas cessé d’exister, du jour au lendemain, avec la victoire des Alliés. Au lendemain de la capitulation, tous les nazis ont disparu comme par enchantement. Ce n’est évidemment pas vrai. La nuance entre la présence ou l’absence du procès de Nuremberg tient en la capitulation idéologique du nazisme. En tant que système de pensée, philosophie, organisation politique, le nazisme a été totalement réfuté, démantelé, ridiculisé, anéanti. Aucun intellectuel, à l’issue de la seconde guerre mondiale, ne pouvait prétendre soutenir la moindre théorie en rapport et garder son prestige et sa réputation. Le procès proprement dit vaut moins pour son déroulement que pour son symbolisme. Concernant le communisme, il n’y a jamais eu de procès de Nuremberg et c’est un manquement crucial au démantèlement de cette idéologie criminelle.
PB – Vos arguments sont convaincants.
VB – Mis à part la pantalonnade du putsch des généraux de l’été 1991, il n’y a pas eu cette réfutation publique et totale du communisme. En ex-URSS, suite à la fin du régime les aparatchiks se sont empressés de se recycler dans le capitalisme d’Etat en se partageant le butin des régies d’Etat qui s’apprêtaient à être privatisées… et c’est désormais Vladimir Poutine, ancien colonel du KGB, qui est à la tête du pays. Faut-il s’en réjouir ? Que la victoire sur l’Allemagne nazie aurait été amère si, dans les années ’50, un Goebbels repenti s’était retrouvé élu à la Chancellerie fédérale ! Or, la dé-communisation n’a pas eu lieu. Les aparatchiks n’ont pas été destitués et obligés de vivre cachés, traqués par les descendants de leurs victimes. Les meutriers des régimes communistes n’ont pas fini pendus, malgré tout le sang qu’ils avaient sur les mains.
PB – Il y a quelque chose de terrifiant dans la complicité et la complaisance dont font preuve les élites occidentales envers la fin du régime communiste depuis la fin de l’URSS.
VB – Pour eux, l’URSS n’était pas le vrai communisme, seulement une perversion de ce noble idéal comme partout où il a été instauré ! D’autres se sont simplement réfugiés dans des variantes comme le Maoïsme et ses laogaïs. Si les théories de suprématie raciale et d’espace vital ont disparu avec Hitler, celles sur la lutte des classes et la révolution prolétarienne ont toujours droit de cité et sont prises au sérieux. Ces idéologies abjectes donnent lieu à des débats convenus et des publications et ceux qui les défendent ne sont pas inquiétés le moins du monde, recevant considérations et respect pour leurs thèses. Des partis comme la Ligue Communiste Révolutionnaire en France prônent ouvertement la dictature du prolétariat et attirent un électorat régulier sans que personne ne s’en inquiète !
PB – Il y a une différence de taille entre le socialisme international du communisme et le socialisme nationaliste créé par les nazis !
VB – Le second a coulé avec le capitaine du navire, portant un discrédit fatal à toute la construction théorique.
PB – Si le prophète lui-même échoue alors qu’il est aux commandes, comment peut-il prétendre à ce titre ?
VB – Mais Marx n’a pas eu le privilège de mener la révolution de son vivant, laissant à des disciples plus ou moins sanglants le privilège d’interpréter son dogme. Le résultat est que l’échec peut être imputé à l’exécutant plutôt qu’au grand planificateur auréolé de gloire, une interprétation conforme au credo des croyants et permettant son renouvellement continu. Le communisme n’est pas néfaste, entend-t-on, il est seulement mal appliqué !
PB – Voilà qui rassure.
VB – Contre le marxisme et ses innombrables avatars, la guerre idéologique est loin d’être terminée. Même si la guerre froide s’est achevée en laissant l’occident libéral et capitaliste maître du terrain, sur le plan intellectuel il n’y a guère de progrès. Pire encore, le mauvais exemple du socialisme réel étant désormais repoussé dans les limbes de l’histoire, rien n’empêche l’utopie de revenir sur le devant de la scène sans plus d’exemples concrets de massacres et de déportations pour pointer du doigt les effets de sa concrétisation. Le communisme est toujours aussi dangereux et, désormais désincarné suite à la dissolution de l’Empire soviétique, d’autant plus difficile à contrecarrer. Dans la guerre froide, l’Ouest l’a emporté, mais ce n’était qu’une bataille pour le monde matériel. Dans le monde intellectuel, tout reste à faire.
Ceux qui dénonçaient naguère l’interventionnisme des Etats-Unis dans les affaires internationales s’accomodent sans sourciller de la nouvelle politique de force de la Russie.
Ce qui frappe lorsqu’on se penche sur les rapports Russie-Europe, c’est la permanence des fantasmes que la Russie engendre dans l’imagination des Occidentaux et la capacité de la Russie à dicter les cadres conceptuels dans lesquels elle veut être pensée et incomprise, à l’étranger.
Ceci explique un autre mystère des relations entre Russes et Européens, l’imperméabilité à l’expérience des partenaires occidentaux.
France-Russie : une voie périlleuse
Les déboires successifs essuyés par les hommes d’affaires en Russie, les camouflets régulièrement infligés aux hommes d’Etat européens, les assassinats, les insultes aux diplomates, les nationalisations abusives, les manquements aux engagements pris, les violations du droit international, tout cela est oublié instantanément.
A peine la Russie a-t-elle mené une guerre de conquête lui permettant d’occuper 20% du territoire d’un Etat voisin que les Etats-Unis parlent d’un redémarrage, c’est-à-dire d’un effacement de l’ardoise et donc l’oubli d’une utile expérience dont il eût fallu tirer les leçons, tandis que la France se hâte d’offrir à la Russie les moyens de sa prochaine guerre d’agression contre les Etats voisins en lui vendant des porte-hélicoptères Mistral.
Rarement l’incompréhension réelle de la Russie a été aussi grande qu’aujourd’hui et lourde de conséquences désastreuses pour l’Europe.
La France en particulier s’engage sur une voie périlleuse.
La Russie lui a trouvé un rôle exaltant : celui d’un partenaire dans la modernisation du grand voisin oriental.
La France se rengorge de tant d’honneur, la vanité nationale est flattée.
L’encens russe nous monte à la tête et nous ne voyons pas les dures réalités.
Nous croyons la Russie faible, handicapée par une démographie catastrophique, une économie sous-développée.
Nous nous imaginons que devant tant de difficultés elle va se tourner vers l’intérieur, panser ses plaies.
Nous croyons que la crise a mis un frein aux ambitions de Moscou.
Nous sommes à cent lieues de percevoir le monde comme le font les élites russes.
Nous ne voyons pas les conséquences qu’elles ont tirées de la crise.
Le droit est toujours la codification d’un rapport de forceCertes, l’optimisme qui régnait en Russie au début de l’année 2008 a été tempéré.
A l’époque, la Russie se voyait puissance émergente faisant partie du bloc Brésil-Chine-Inde dont l’ascension irrésistible allait détrôner le monde occidental, et surtout les Etats-Unis haïs.
Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe d’alors se félicitait sans vergogne du naufrage des valeurs occidentales.
« Le vieil Occident a perdu son rôle de leader intellectuel et moral dumonde », se réjouissait le politologue S. Karaganov [1].
Le modèle autoritaire, antidémocratique, semblait en passe de s’imposer, revanche éclatante pour la Russie qui n’a pas digéré l’éclatement de l’URSS et la défaite de son régime à parti unique en 1991.
Au printemps 2008 le nouveau président russe Dmitri Medvedev, à peine élu, propose la mise en place d’un nouveau système de sécurité en Europe.
Les Européens n’ont pas compris que cette démarche résultait de l’évaluation faite à Moscou de la nouvelle corrélation des forces.
Aux yeux des dirigeants russes l’effacement américain était désormais acquis et il fallait que l’Europe en prenne acte et lui donne une forme institutionnelle.
Pour les Russes, le droit est toujours la codification d’un rapport de forces.
Celui-ci ayant évolué au détriment des Etats-Unis et en faveur de la Russie, l’architecture de sécurité européenne devait être modifiée en conséquence.Comme en Europe on traînait les pieds et continuait à refuser de voir les réalités, comme on dit en Russie, Moscou décida de faire une petite démonstration : la guerre russo-géorgienne avait avant tout pour objectif de montrer aux Européens que l’alliance avec les Etats-Unis ne valait plus rien.
Le message de la crise Georgienne fut fort, tellement qu’il a mis à mal, si pas détruit la finalité du plan du Nouvel Ordre Mondial…
Les USA, Israël, ont été mis en totale déconfiture et les têtes pensantes du NOM (Nouvel Ordre Mondial) y ont perdu des centaines de milliards, ce qui a précipité la grande crise économique occidentale… mais a aussi empéché l’atomisation de l’Iran, du Pakistan et d’autres pays dans le but de dominer un monde d’autant plus facilement que les 8/10ièmes seraient morts…La Russie était en situation de force et pouvait agir unilatéralement dès qu’elle le souhaitait.
Sitôt la démonstration finie, le président Medvedev remit sur le tapis sa proposition de nouveau système de sécurité européen.
Les Occidentaux naïfs s’étonnaient de voir la Russie préconiser la sécurité collective tout en violant de façon flagrante les accords Medvedev-Sarkozy et en marginalisant l’OSCE : le raisonnement russe montre que, de son point de vue, la position de Moscou était parfaitement conséquente.
Medvedev ne disait pas autre chose lorsqu’il déclarait le 1er octobre 2008 : L’ancien ordre mondial s’est effondré et un nouvel ordre mondial est en train d’apparaître, plus sûr et plus juste. La preuve en est l’action entreprise par la Russie en août dernier pour sauver le peuple d’Ossétie du Sud, pour protéger nos concitoyens et les intérêts de la Fédération russe.Ainsi, l’action unilatérale de la Russie était l’indice de l’émergence d’un nouvel ordre mondial qu’il était urgent de faire reconnaître par les Européens.
La politique de redémarrage des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions.
La guerre russo-géorgienne et la crise ont entraîné une évolution de l’analyse russe, mais pas celle que l’on croit naïvement en Occident.
La crise a été perçue comme une occasion à ne pas manquer.
D’abord, elle accélérait l’affaiblissement des Etats-Unis et leur désengagement de l’étranger proche de la Russie.
Ensuite, elle a laminé les élites pro-occidentales qui s’étaient constituées dans les pays de la CEI et au contraire renforcé les clans mafieux vivant de la prédation, qui sont d’orientation pro-russe.
La crise présentait donc l’occasion rêvée de restaurer l’influence russe sur la périphérie déstabilisée par le choc.
Mais, par ailleurs, la guerre russo-géorgienne et la crise ont aussi révélé aux dirigeants du Kremlin que l’archaïsme de l’économie et de la machine militaire russes pouvait être un obstacle à leurs ambitions de puissance.En Russie les revers, notamment sur le champ de bataille, sont le principal ressort de la modernisation : ce fut le cas de Pierre le Grand après la défaite de Narva, d’Alexandre II après la guerre de Crimée, de Nicolas II après la guerre russo-japonaise.
Dans ces trois cas, les réformes spectaculaires mises en oeuvre avaient pour but de faire de la Russie une grande puissance militaire capable de défier l’Europe… et non d’émanciper la société russe.
La situation est analogue aujourd’hui, le programme de modernisation lancé par Medvedev a pour but de renforcer la puissance russe et nullement de démocratiser le pays.
Il n’est que de voir les axes de cette modernisation pour s’en convaincre.
Le système politique demeure inchangé, les fraudes massives aux élections continuent de plus belle.En revanche, le régime russe a entrepris une réforme militaire radicale dont les grandes lignes ont été définies par le président Medvedev en septembre 2008 : amélioration de la capacité de déploiement des troupes, des systèmes de commandement et de contrôle et de l’entraînement ; développement d’un armement de haute technologie, amélioration de la situation matérielle des militaires, développement d’une flotte de sous-marins armés de missiles de croisière, création d’un système de défense dans l’espace.
« La guerre peut éclater subitement et devenir tout à fait réelle. Des conflits locaux, larvés que l’on appelle même parfois conflits gelés, peuvent se transformer en véritable conflagration militaire… Un système garanti de dissuasion nucléaire répondant à diverses circonstances militaires et politiques doit être mis en place d’ici 2020 », a déclaré Medvedev aux généraux russes en introduisant la réforme.
La loi sur la Défense a été modifiée en octobre 2009.
Désormais, le président russe a le droit d’engager les forces armées sans l’autorisation du Conseil de la Fédération.
Il peut faire intervenir les troupes en cas d’attaque contre les forces armées russes à l’étranger, pour défendre les citoyens russes à l’étranger, défendre un Etat qui a demandé l’aide de la Russie [2] ; ce dernier point est particulièrement important, car il montre que la Russie est prête à des interventions militaires même si le territoire russe n’est pas menacé.Précisons que la nouvelle doctrine militaire russe stipule aussi que la Russie est en droit de recourir à l’arme nucléaire pour repousser une agression faisant appel aux armes conventionnelles et réserve à la Russie le droit de lancer des guerres préventives et la possibilité d’employer les armes nucléaires même dans un conflit local.
Ainsi, la Russie se dote d’un arsenal législatif justifiant les interventions militaires contre des Etats tiers.
N’oublions pas non plus que Moscou a suspendu sa participation au traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE).
Que l’on compare le raffut médiatique qui avait accompagné l’annonce de la doctrine Bush et le silence presque total de la presse occidentale sur l’évolution de la doctrine militaire russe… et on pourra mesurer l’efficacité de la machine de propagande poutinienne.
Rappelons que le budget prévu pour la propagande à l’étranger en 2010 atteint 1,4 milliards de dollars, dépassant celui de l’aide aux chômeurs, ce qui montre une fois encore les priorités du Kremlin [3].L’innovation du régime medvedevien consiste en ceci que la Russie a décidé d’atteler les Européens de l’Ouest à la construction du secteur de puissance…, nous y retrouvons la politique de Pierre le Grand.
Attention toutefois au processus de vassalisation !
Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage : d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne.
Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin ; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals [4].Déjà, la France ne sait plus dire non à Moscou : elle rend à l’Eglise orthodoxe russe la cathédrale de Saint Nicolas à Nice, elle s’engage à voler au secours d’Avtovaz, la compagnie automobile au déficit abyssal soutenue par Poutine, elle accepte de faire défiler ses troupes sur la place Rouge, oubliant, comme l’y invite l’historiographie poutinienne, que la victoire de l’Armée rouge a entraîné un nouvel asservissement pour la moitié de l’Europe.
Nos gaullistes, autrefois si soucieux d’indépendance nationale quand il s’agissait des Etats-Unis, ne trouvent rien à redire à cette politique pourtant autrement dangereuse à terme pour notre liberté et celle de l’Europe.
La « schröderisation » de la classe politique européenne avance à pas de géant et le Traité de Lisbonne qui fait la part belle aux grands Etats risque d’accélérer ce processus…, c’est d’ailleurs l’analyse faite à Moscou.
Car il ne s’agit pas que de la menace militaire (encore que celle-ci ne doive pas être sous-estimée : au moment où les Mistrals seront livrés à la Russie, en 2012, Poutine risque d’être de nouveau président, avec une constitution taillée sur mesure, comme nous venons de le voir, et le doigt prompt à tirer sur la détente, comme le montre l’expérience).
Le plus dangereux pour l’Europe est l’influence délétère qu’exercent sur les élites européennes les idéologues russes.
Ce sont eux qui ne cessent de répéter que la nature des systèmes politiques importe peu, pourvu qu’ils soient pragmatiques ; de souffler que le souci des libertés fondamentales n’est qu’une hypocrisie utilisée par les Anglo-Saxons pour camoufler leur volonté de détruire les nations ; qu’en relations internationales seule l’approche réaliste et égoïste serait payante, c’est-à-dire celle qui se fonde sur la prise en compte cynique du rapport de forces.
En Europe, seuls devraient compter les grands pays, en partenariat bien sûr avec la Russie ; seul importerait l’intérêt national, défini bien sûr pour chacun par la Russie.
L’experte russe Lilia Chevtsova s’étonnait récemment de la facilité avec laquelle les Européens se font les perroquets de la propagande russe [5].
Elle citait une remarque extatique adressée à Poutine par Thierry de Montbrial lors de la rencontre de Valdaï en 2007 : « Monsieur le président, vous êtes le premier dirigeant de l’histoire russe qui ait accumulé cette puissance et en même temps ait été désireux de la partager avec d’autres… Ceci prouve que vous êtes un démocrate »… [6]
Combien de fois avons-nous entendu que la Russie avait été humiliée, que chaque pays avait le droit de défendre ses valeurs, que nous n’avions pas à chercher à imposer notre démocratie libérale, etc.
Selon l’ex-chancelier Schröder, la Russie a le droit de défendre ses intérêts de sécurité, c’est-à-dire d’interdire à l’Ukraine et à la Géorgie de choisir leurs alliances.
En avril 2008, Jacques Sapir expliquait gravement dans le Figaro que la Russie était une zone de stabilité et de croissance dans une Europe en pleine crise financière, alors que les banques russes n’avaient pas été contaminées par la crise et qu’il fallait s’attendre à des entrées massives de capitaux en Russie.
Après la guerre russo-géorgienne le premier ministre français François Fillon s’est mis en quatre pour éviter des sanctions à la Russie, reprenant mot pour mot les arguments ressassés par la propagande russe depuis des années, assimilant les partisans d’une politique de fermeté à des ringards de la guerre froide, dont bien sûr les Occidentaux étaient largement responsables : « Il y a deux options possibles : ou bien on veut à tout prix recréer la guerre froide, on montre du doigt la Russie, on l’isole, on continue à la piétiner comme ça a été le cas depuis une dizaine d’années, ce n’est pas la voie qu’a choisie la France, ce n’est pas la voie qu’a choisie l’Europe, ou on choisit l’option du dialogue » (1er septembre 2008)…A force de marteler que la défense de la démocratie libérale était l’apanage des néo-conservateurs américains, les propagandistes russes en arrivent à inciter les Européens à renier les bases mêmes sur lesquelles s’est construite l’Europe pendant plus de cinquante ans.
L’idée d’une égalité de droits entre les Etats européens, petits et grands, l’idée que le rapport de forces est exclu entre Européens, l’idée d’une solidarité européenne, tout cela est dédaigneusement balayé de la main à Moscou.
Si cette philosophie du Kremlin gagne du terrain, l’Europe risque de régresser prodigieusement et d’oublier les dures leçons tirées des deux guerres mondiales.
On l’a vu dans les années 1930, la présence d’un Etat revanchard sur le continent européen peut réduire à néant toutes les tentatives de fonder un ordre international sur le droit et l’arbitrage.Comment expliquer qu’il se trouve tant d’Européens, notamment de Français, qui acceptent de devenir les apologistes du darwinisme social post-communiste russe appliqué aux relations internationales ?
Nadejda Mandelstam, la veuve du poète Osip Mandelstam mort au Goulag, se demandait dans ses Mémoires pourquoi l’intelligentsia russe avait massivement pactisé avec le bolchevisme. Elle en était arrivée à la conclusion que c’était la fascination de la violence qui avait suscité cette complaisance chez les intellectuels.
Aujourd’hui, on a l’impression que c’est la brutalité russe, le torse nu et le langage cru de l’ex-président Poutine, qui exercent une séduction fatale sur nombre de dirigeants européens.
Ceux-ci cherchent peut-être dans ce monde hobbesien un remède à l’étouffant politiquement correct distillé par les medias et les institutions européennes, sans voir que ce remède est pire que le mal.
Aujourd’hui, Moscou propose une alliance des Etats-Unis, de l’Union Européenne et de la Russie contre les menaces du Sud [7].
La Russie se pose en rempart de la civilisation du Nord et défend le programme nucléaire iranien afin de libérer l’Europe du joug Américano-Israëlien… et avec enthousiasme elle célébrait, il y a un an le naufrage de la civilisation occidentale !
Visiblement, la Russie table sur le redémarrage des Occidentaux, voire l’effacement total de leur disque dur.
Pourquoi-pas, au fond ?
Car le Nouvel Ordre Mondial selon l’Amérique et Israël est sans nul doute bien pire…
Comme je l’écrivais (mais qui me lit ?), c’est à se demander si, finalement, la « dernière guerre » entre l’Allemagne et la France, n’était qu’une guerre civile que personne n’a compris et que les USA et la Russie ont récupéré pour mieux nous anéantir dans le temps qui passe…
[1] Cité in : Nezavisimaja Gazeta, 29/10/08
[2] gazeta.ru 8/12/09
[3] The Guardian, 18/12/09
[4] Fiodor Lukianov, « Integracia po poniatiam », gazeta.ru, 26/11/09
[5] Lilia Shevtsova, « The Kremlin Kowtow », Foreign Policy, January 5, 2010
[6] Lilia Shevtsova, « Druzja Rossii », EÏednevny Ïurnal, 29/06/09. La citation est retraduite du russe.
[7] V. D. Rogozin, « Bez tarakanov russofobii », gazeta.ru, 15/12/09. Ceci au moment où une officine de propagande russe a couvert la Grande-Bretagne d’affiches représentant Obama et Ahmadinejad, avec la mention : « Lequel représente le plus grand risque nucléaire ? » Cf. The Guardian, 18/12/09
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