-« Liens d’Amours »…, c’est délicieusement tellement trop, que ce n’est pas assez…

-Le « Web » peut paraître triste à qui l’explore en choisissant de privilégier la négativité du réel, mais toute la subtilité dans la dialectique des forums « Webbiens », des réseaux sociaux et surtout de Facebook…, est pour moi d’y écrire pour mettre en lumière et en mouvement la négativité primaire de divers imbéciles qui se mêlent à des gens normaux parfois extraordinaires, vers leur négativisme et leurs bassesses les plus profondes…, car bien trop souvent diverses zones du web, particulièrement Facebook, ne sont que cloaques, à la lecture desquels tout espoir est vain d’y trouver dans la rédaction d’un message et/ou d’une réponse, la force du refus d’une misérable réalité objectivement négative, la majorité cédant parfois à l’erreur des idées qui font du sur place ou bien tournent en rond en se répétant dans l’autosatisfaction des pires primitifs.
C’est un tourbillon de stupidités basiques, comme les danses des derviches soufis, qui tournent pour ne jamais s’arrêter, même au premier niveau, celui des apparences du monde.
Autant peut-on dire de la vie qu’elle s’auto-organise, autant faudrait-il transférer cette qualité à ce que nous devrions développer dans les forums et réseaux sociaux, dans ces « communautés  » qui « vivent » autant par les ceusses et pseudos qui en sont membres, que par les nœuds virtuels de leurs intrigues…, de ce qui s’y déconstruit petit à petit et qui finit par échapper à la logique…, on y est plongé trop souvent dans le centralisme nazifiant d’un monde de plus en plus semblable à un univers concentrationnaire qui ne crée que des amertumes enjouées…, je suis donc désabusé de vivre tout cela, mais je reste humoriste, démiurge, créatif mais déjanté.
C’est le « mythique » qui conditionne les pseudos-humains et porte en germe dans sa dimension artistique-autistique, perverse et paranoïaque, les pseudos-anges déchus, les pseudos-héros et les pseudos-branleurs dont il devrait accepter de se défaire pour espérer dépasser l’horizon de sa propre fin (faim)….

-Petit à petit, le virtuel a pris le chemin des histoires ? 

Les mensonges sont devenus des bifurcations… et les histoires : des indices ou leur contraire, mais cela n’a pas vraiment d’importance, ce qui compte, c’est la masse critique, le moment où s’effectue un saut quantique, un changement qualitatif, une forme de méta-logique qui organise les éléments qui composent les contenus sans cesse remis à jour.
Exploration de l’imaginaire, du rhyzome de l’imaginaire, la toile « Wébienne » est trouée, elle cache toutefois dans ses vides diverses histoires qui permettent de reconsidérer l’ensemble comme une structure souple, mobile et dénuée de toute finalité, sinon celle de sa propre croissance, en cohérence avec les figures esquissées depuis sa création qui traverse les pseudos et les sujets écrits par eux dans cette alchimie des images et des mots, l’icône et le verbe sont là pour guider les ahuris dans le labyrinthe et l’accouchement de ce qui les dépasse et en transcende quelques-uns et unes.
C’est vrai dès-lors, que parfois, souvent même, c’est d’un ennui qui glace testicules, pénis, vagins et bouts de seins qui ne durcissent plus, à la lecture de messages sans fonds et de photos sans fards de laids et laides grotesques, que certains/certaines trouvent beaux où et/belles comme peuvent l’être les papiers peints à fleurs et les pots de chambre…., je vous souhaite d’en sourire….

-Réjouissons nous : le spectacle sait se renouveler…

Je suis très certainement un philosophe des plus singuliers…, à l’origine du mouvement virtuel de la pensée intellectuelle anticonformiste sur le « Web« , avec www.GatsbyOnline.com, j’ai comme révolutionné une bonne part de l’élaboration actuelle des concepts tant philosophiques que psychanalytiques.

-Vous êtes apparu, déjà, dans les années 70, avec vos magazines Chromes&Flammes comme le précurseur d’une philosophie nouvelle, hors-tradition, révélant le dessous des mythes mités et proposant les fondements de territoires existentiels futurs et d’autres univers de valeurs à développer pour nous tous, allant jusqu’à ouvrir votre page Facebook, puis écrire « Liens d’amours » qui s’est avéré un nouveau concept philosophique selon les présentateurs (et trices) de quelques émissions littéraires.

Je n’affectionne curieusement pas particulièrement les interviews, c’est probablement l’avant-avant-dernière (dernière quoique…), que j’accorde dans ce climat.

-Comment expliquez-vous que le « Web » génère une population de débiles de plus en plus importante ?

Il me semble qu’il y a aujourd’hui une décomposition des stratifications traditionnelles…, le phénomène de la virtualité « Wébienne » crée une misère intellectuelle incroyable, équivalente aux situations les plus lamentables du quart-monde, mais qui coexiste avec, ou a côté du réel.
C’est comme si le « Web » mais particulièrement Facebook…, ne pouvait subsister qu’en créant une dynamique artificielle entre la réalité et la virtualité intellectuellement paupérisée.
Pour se maintenir actuellement dans le rythme « Wébien » et assurer un niveau de discussion satisfaisant, les « pseudos » doivent « sur-intellectualiser » et sacrifier une grande partie de leurs relations virtuelles et sexuelles (les exemples sont particulièrement parlants)… et s’ils n’arrivent pas à assumer et à s’insérer dans ce codage social, les pseudos se paupérisent très rapidement…., cette noyade intellectuelle va de pair avec les dizaines et même centaines de milliards engrangés par Zutterberg, le boss de Facebook qui a volé l’idée d’un réseau social universitaire typiquement « USA », à ses amis…
Pour vous aider à comprendre, je vais essayer d’être simple…
On a vécu avec l’idée que les progrès technologiques effaceraient les différences sur le « Web« .
En réalité, que ce soit à l’échelle planétaire ou d’un pays, on observe qu’il y a une exacerbation des différences pseudomaniaques…, cela fait partie du rouage même des systèmes de valorisation du « Web« .
En fait, on ne peut mettre les pseudos au clavier de leur ordinateur et les inciter à se positionner qu’à travers cette tension entre un monde réel oligarchique (basé sur des valeurs de consommation)… et ce monde de paupérisation intellectuelle.
A un certain tournant du virtuel, existait une polarité entre le réel et le virtuel…, aujourd’hui, elle a quasiment disparue….

Cette désafiliation virtuelle d’une frange de la population du « Web » serait selon vous un repère et une dynamique pour les virtualités actuelles ?

C’est exactement cela.
Ces pseudos se servent d’un système de polarité sans même sans rendre compte.
On a tendance à considérer les pseudos intellectuellement défavorisés comme une entité résiduelle, une marge…, or cela fait partie intrinsèquement du système de débilité ambiant qui forme ou déforme le « Web« ….
C’est la fonction de la peur, de l’angoisse, du vertige existentiel, de la décomposition qu’engendre le virtuel.

-Comment expliquez-vous la maintenance de cette peur de la décomposition virtuelle ?

Tout d’abord parce qu’on évite d’en parler trop…, cela s’inscrit dans la subjectivité collective ou la capitalistique-virtuelle (capitalisation virtuelle subjective dans le « Web« ) qui est fondamentalement infantilisante.
Elle a pour but d’exclure tout ce qui est singularité, mort, douleur, souffrance, sexe et tout ce qui est « hors-norme« .
Ça gêne, on ne présente que des images ou des messages redondants et rassurants généralement illustrés de « Gifts » débiles, à l’image de leurs pseudos…
Les événements dérangeants sont eux-mêmes présentés avec des systèmes de « ré-assurance« .
Ce que développe le monde virtuel est un univers où les choses vont de soi, c’est un comportement global d’évitement qui est la condition pour que les pseudos se transforment en somnambules qui suivent leur bétise certifiée pur-porc pour les uns, et leur marche vers la retraite masturbatoire pour les autres.

-Face à cette aliénation virtuelle, vos écrits semblent aussi s’inscrire dans cette grande aventure ?

Je m’y perd parfois, mais j’estime avoir fait un apport considérable au « Web » en complexifiant les schémas virtuels, en introduisant la notion de conflit virtuel au cœur des rapports entre pseudos débilitants.
Il me semble qu’aujourd’hui on a tendance à schématiser, à réifier la pensée plutôt que de la suivre dans son mouvement.
Il faudrait conserver à l’esprit qu’il n’y a pas qu’un zombie en chacun, mais un « phylum-zombien« , une « pensée du moi en chacun/chacune » qui se paupérise mais parfois s’enrichit, se différencie, avec par la suite la stupéfaction de les voir se figer, se dogmatiser.
En outre, ce mouvement de complexification n’a pas été compris par les théoriciens du « Web« , en particulier sur le fait que les contradictions ne sont pas uniquement des contra-dictions virtuelles (qui ont une position relative avec d’autres pseudos antagonistes : Nord/Sud, Hommes/Femmes, entre les temporalités dans le « Web« ).
Il est nécessaire d’aller vers une pensée complexe, une pensée écosophique qui prend en compte les flux virtuels, mais également les communautés existentielles, la façon dont les pseudos vont se recroqueviller sur une identité virtuelle, tous ces phénomènes qui ont échappé à la pensée et qui explosent aujourd’hui avec la montée du racisme virtuel, de l’intégrisme virtuel, et de la xénophobie virtuelle.
Une autre dimension du « Web » repose sur les pseudos qui ne reprennent pas suffisamment à leur compte des imaginaires libertaires de valorisations sexuelles, et des systèmes utopiques.
L’utopie dans l’histoire du « Web » a été de plus en plus restreinte, quoique c’est grâce aux utopies que j’ai découvert des émotions.
Actuellement la complexité du « Web » dans le contexte des nouvelles technologies et des nouvelles relations internationales virtuelles, ne trouve pas de moyen d’expression réellement intelligent….
Tant de technologies pour afficher des Gifts et conneries sur le « Web« …, c’est d’un triste…, alors que www.GatsbyOnline.com, propose bien plus, il offre de la réflexion, de l’humour sur plusieurs degrés… et une atmosphère particulière et unique, quelque chose qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Aucun autre site « Web » n’est construit de cette manière, aucun site-web de l’univers ne dispose de ce que je propose.

 

-Dans divers messages débilitants de certains, surtout dans quelques Forums et pages Facebook à la gloire de la Customisation d’engins agricoles, on retrouve ce paradigme de l’utopie, du non-avenir des maniaques et des masturbateurs virtuels. Comment analysez-vous cette perte de valeurs ?

C’est effectivement la constatation d’un affaissement des univers de valeurs…, comme s’il n’y avait qu’une seule référence, à savoir l’univers de la masturbation virtuelle et de l’échangisme généralisé, s’incarnant très bien dans le mythe du « Web« … ou la bêtise prend place dominante avec le virtuel-crétin…, dans l’imaginaire des pseudos-cons, il y a aussi des dimensions sexuelles associées avec toute une symbolique de la masturbation…., il est vrai, que certains customizeurs d’engins agricoles agissent comme des pseudomaniaco-sexuels, ils sont sans doute victimes de disposer d’un intellect ayant moins de consistance et moins de possibilités…, alors, ils trouvent leur jouissance dans une sorte de subjectivité virtuelle négative.
Ceci dit, il y a tout de même des transferts subjectifs très significatifs qui échappent à la normalité…, il y a par exemple www.gatsbyOnline.com qui représente un univers de valeurs déjantées d’une motivation subjective dans un lubrisme très prégnant…., une communauté d’un humour volontairement quasi exaspérant, ou la dérision généralisée est un leitmotiv.

-Comment dénoncer la tromperie des univers de bétises virtuelles qui fleurissent sur le « Web » ?

C’est justement ce caractère trompeur et absurde qui leur donne une énergie.., c’est un paradoxe…, mais c’est justement parce que « c’est encore plus absurde » que cela devient vrai.
Il y a une forme de jouissance dans la mauvaise foi, une complicité de la désagrégation des schémas mentaux rationnels.
Ce n’est pas en donnant des explications pédagogiques qu’on luttera contre ce phénomène, mais c’est en cherchant à aller au cœur de cette décomposition subjective que cela représente et, aussi, en trouvant d’autres possibilités de pro-motions d’univers de valeurs virtuelles.

-Ces univers de valeurs potentielles, peuvent-ils s’organiser sur des bases contre-culturelles ?

C’est ma conviction, mais cette perspective est corrélative de ce que j’appelle la « chaosmose » de l’humanité virtuelle, une sorte de tourbillon, de système catastrophique, où manifestement les pseudos sont carencés.
Actuellement, il y a une désertification vertigineuse dans le « Web« …, la « chaos-cosmose« , c’est une plongée chaotique qui va nous donner la capacité de recharger la complexité de nouveaux schèmas virtuels, de nouveaux agencements pragmatiques ; faute de tels dispositifs de production de subjectivités, la « chaos-mose » continuera de tourner sur elle-même et aboutira à des systèmes où la crétinerie généralisée nous apparaîtra comme une douce plaisanterie en comparaison à des systèmes de sauvageries virtuelles tout à fait ahurissants…, c’est la catégorie de l’être lui-même qui est en danger.
La philosophie a toujours vécu dans une sorte de passivité par rapport à l’être…, aujourd’hui, sur le « Web« , on produit une homogénèse de l’être, une catégorie détaxée, dénaturée…, c’est un rétrécissement de l’altérité, le rétrécissement du rapport à l’être…

-Peut-on se déterminer positivement en fonction de cette altérité de l’être, de ce négatif ?

Le négatif est toujours corrélatif d’une promotion de références transcendantes, de droits.
Il est sûr que l’opposition manichéiste entre le bien et le mal, le riche et le pauvre, le virtuel et le réel, est quelque chose qui fait manquer un rouage essentiel : celui de l’affirmation existentielle.
Celle-ci devrait avoir droit d’expression dans les rapports entre pseudos, mais doit avoir aussi une affirmation.
A ce moment-là, ce n’est plus le bien, mais les catégories immanentes de la joie, de la créativité, du rêve, qui deviennent des relais.
Actuellement, sur le « Web« , la carence fondamentale est celle des pratiques…, la question que l’on se pose est : « Y-a-t-il une pratique de la virtualité, une inventivité possible dans le domaine de la virtualité immédiate, de la virtualité collective esthétique, etc. ?« …
Le concept de « pratique » se trouve affaissé…, si l’on ne réinvente pas ces pratiques de solidarité, des praxis de la construction de l’existence, on risque de s’engager dans une épreuve de dépression catastrophique « wébienne« .

-On en reviendrait à une forme de pragmatisme comme source de changement ?

Oui, absolument ! La praxis précède l’être…, dans les faits, il y a des résidus de tentatives de rénovation pédagogique.
Plus généralement, il y a aussi des mouvements progressistes dans le virtuel.
Les pratiques psychanalytiques telles que les thérapies « Wébiennes » sont, par ailleurs, des instances de production de subjectivité, d’invention de subjectivité, là où il n’y avait que des réponses de ségrégations, de marginalisations et d’évitement des problèmes…, cependant, cela reste dans un état de décomposition, de démoralisation, et ne trouve pas d’expression virtuelle à plus large échelle…, il y a tout de même une énorme potentialité de refus du système de valorisation virtuel dominant.
Toutes ces pratiques « microscopiquestes » conjuguées les unes aux autres vont aboutir à des mutations d’univers de valeurs virtuelles.

-Est-il encore possible, selon vous, d’associer ces univers de valeurs au triangle majeur des instances lacaniennes ou dans la dualité Sartrienne du « Web » ? ».

L’alternative duelle (de l’être et du néant) ou le triangle Lacanien (Réel/Symbolique/Imaginaire) sont en opposition avec ce que j’appelle l’homogénèse de l’être.
Il y a des dimensions hétérogénétiques de l’être…, il y a des univers incorporels différenciés qui sont porteurs de complexité, qui n’est pas seulement l’imbrication d’éléments les uns par rapport aux autres, mais qui est une production de la complexité (c’est-à-dire de foyers de sub-jectivation).
Il n’y a donc pas les trois instances Réel/Symbolique/Imaginaire, mais des niveaux de réalité stratifiés les uns par rapport aux autres (des Imaginaires, des Territoires virtuels existentiels…), il n’y a pas de mathèmes universels, mais des modes de sémiotisation, des codages qui s’articulent les uns avec les autres, des cartographies…
Quant au néant virtuel, c’est un horizon de la subjectivité…, beaucoup de pseudos n’ont pas vécu avec le néant… et même chez Sartre, l’expérience du néant reste très littéraire…

-Encore et toujours… Qu’on la conteste violemment ou la chérisse avec une ferveur religieuse, ou qu’on tente simplement de trouver un juste milieu, votre œuvre se profile comme une ombre, bienfaisante et/ou maléfique, sur le « Web« …

Avec moi, on n’en sort vraiment jamais…, à fortiori quand on exerce ma profession virtuelle d’éditeur « web-master » mâtinée de surplus psychanalityques… et qu’on a choisi un jour de descendre en soi pour devenir l’archéologue des autres…
Je connais toutes les implications personnelles de cette étonnante activité…, je sais à quel point interfère dans mon métier une identification quelque peu sournoise entre le « Web-master-thérapeute » (l’analyste) et son patient, le pseudo (l’analysant) et que ce qui fait retour chez le second interpelle le passé de l’autre qui réagit en fonction de lui : je sais que je joue à tout instant le rôle de biographe autobiographié (si l’on ose dire), j’en tire la conclusion que si la cure d’écrits totalement déjantés est d’abord un croisement d’expériences biographiques, l’activité qui consiste à s’intéresser à la vie même, n’est nullement annexe, mais fondamentale.
Le texte que se forge le « web-masterpsychanalyste à l’œuvre », est indissociable de l’écrit « Wébien »…
Chacun/chacune a son propre « moi » et je n’échappe pas à la règle, car la vie (et l’œuvre) d’un personnage hors du commun doit représenter une mine inépuisable dans laquelle on peut puiser de quoi nourrir bien des fantasmes d’identification voire, dans mon cas, trouver matière à réflexion sur la complexité de toute pratique psychanalytico-wébienne….

-Pour comprendre ce qui est incompréhensible, vous avez donc rassemblé, revu et complété des articles que vous avez publiés depuis 1969 dans vos différents magazines, dont le mythique Chromes&Flammes, ce sont en quelque sorte les petites pierres que vous ajoutez à la connaissance humaine.

« Pour vivre, on a tous besoin de s’identifier à des images fortes », m’a confié une amante un soir de baises interminables. « D’où le succès des histoires qui s’efforcent de nous révéler des secrets interdits, alors qu’elles ne sont jamais des explications ».

-Mais votre biographie est à tous points de vue une étrange affaire.

Je l’ai dit dans un passé révolu il y a quelque temps…, un web-master ne devrait jamais écrire un livre de psychanalyse, il devrait écrire toujours, avec sa propre chair, un journal du web, un journal interminable…, chaque « web-master-psychanalyste » digne de ce nom, devrait écrire avec sa propre histoire en arrière plan.
Une rencontre se produit toujours entre ce qu’évoquent les « patients » et ce qui a été évoqué dans sa propre analyse…, c’est ce qui me « travaille » dans mon autoanalyse et qui donne naissance à des idées originales ou des pratiques nouvelles.
Tenter dès lors, par un retour en arrière, de retrouver dans mon histoire, l’origine de telle idée ou de telle pratique m’est hautement profitable, c’est l’une des grandes leçons que je continue bon gré mal gré à découvrir, de plus, il n’y a pas qu’un seul type d’analyse.
Depuis longtemps, malgré que c’est complexe, je rêve d’écrire l’histoire et ses diversités, pour montrer l’intelligence et la souplesse de certains et certaines, la manière dont ils et ellles s’adaptent aux circonstances, leur côté à la fois inhumain et humain.
En ce domaine, une meilleure connaissance historique permettrait de faire taire bon nombre de polémiques stériles et de relativiser certaines règles qui sont nécessaires sans doute, mais pas suffisantes.

Outre que vous fournissez dans vos textes une foule de détails souvent piquants sur l’inhumanité, vous donnez un autre aperçu de la perception théorique de la vie. On vous lit discuter de certains choses face à des gens grotesques qui s’enlisent clairement dans certaines positions de pensées débilitantes, surtout dans le monde des Customizeurs…, on peut d’ailleurs en tirer des leçons pratiques. Beaucoup d’évènements que vous décrivez demeurent inédits.

J’ai également découvert aussi que l’homme avait une passion dévorante pour la stupidité, certains (et certaines) sont sujet à un bouillonnement extraordinaire.
Je suis toutefois conscient que mes écrits, d’un genre bizarre, où le langage, la logique et deux ou trois autres vérités établies boivent parfois la tasse…

– C’est au profit d’une prose puissante et drôle, profondément inventive, piquante, pensée, amusée, servie par un phrasé et un sens du récit pour le moins originaux.

Tout ce qui est important, profond, émouvant, a déjà été écrit par d’autres des millions de billions de fois.
Je devais donc écrire de façon différente pour obtenir un autre sens…, l’air de rien, c’est une expérience sur le genre même de l’écrit… où mes étages de récits se superposent à d’autres, autorisant des lectures multiples.

-N’empêche, accoler le présent au passé et le fantastique à la réalité, en mêlant les intrigues sexuelles et les niveaux de narration avec un sens aigu du vécu virtuel, est une prouesse de taille, un coup de maître d’autant plus respectable que vous ne vous prenez pas au sérieux..

Je crois que c’est par l’humour que je me prends le plus au sérieux.
Les gens semblent considérer que les choses drôles ne comptent pas, alors qu’elles sont le lieu par excellence où appréhender les coïncidences, similitudes et absurdités de la vie.
Voyez Kafka, Shakespeare, ou la Bible…, les écrits les plus sérieux de la littérature sont finalement les plus drôles !
Je me suis donc laissé aller à vivre d’aventures et de légendes, d’amoures et de nostalgies, de bonheurs et de tragédies… et j’en ai tiré de quoi créer le livre « Liens d’amours » avec l’humour pour bannière et, partant, la liberté…, il donne généreusement des pistes pour rêver, s’émouvoir et aimer….
Le livre est ouvert à toutes les suites possibles, d’ailleurs, il ne se termine pas, pas de point final à la dernière page, mais une phrase laissée en suspens…
Et même au-dedans du livre, le lecteur est encouragé à combiner à son gré une multitude de vérités…, car j’aime les livres qui échappent à ce que l’auteur veut qu’ils deviennent…

-« Liens d’amours » est… illuminé ! 

Sans doute, c’est une clarté qui annule jusqu’à la frontière entre le vécu et les songes que j’éclaire de l’intérieur dans les plus infimes détails, la vie le traverse de part en part… et certains pseudos y meurent extraordinairement.
Ne parvenant pas seulement à rendre le lointain proche, je permets ainsi que l’inimaginable prenne possession de nos imaginaires.

-L’essentiel, bien sûr, est dans les mots, dans la manière époustouflante d’époussetter la langue, alliant bouffonnerie et puissance d’expression littéraire.

La liberté, c’est d’aller là où l’on ne vous attend pas, non ?
Je fais donc ce que je veux, quand je veux…, attitude qui véhicule bien des difficultés car on vous le fait toujours payer…
L’interdit auquel se confrontent les humains est d’abord le sexe qui est pourtant à la base de la perpétuation de l’espèce, sans sexe, pas de vie… et la vieillesse et la mort, il n’y a donc que l’entre-deux qui a droit de cité…, c’est politiquement correct…
Aujourd’hui, c’est le regard des autres qui devient ordre moral, c’est pire qu’il y a un siècle où la morale était une affaire de classes.
Aujourd’hui, tout paraît possible, mais, en réalité, dès que vous essayez de faire quoi que ce soit, on vous met des bâtons dans les roues… et si vous réussissez à passer, on vous fait les poches.
Les procédés sont des plus sournois…, la société permissive en apparence est de plus en plus directive dans le quotidien, c’est le manque de notre époque : manque de curiosité, de profondeur, de liberté…. manque de clairvoyance et d’intelligence…, on est dans une société d’abrutissement, les gens sont donc abrutis et deviennent des abrutis…

-L’homme, trop souvent, est fondamentalement lâche et doit arriver au crépuscule de sa vie pour se libérer de lui-même, du regard des autres, de la société et d’oser.

Utopie… La retraite est prétexte à abrutir les abruti(e)s encore plus en créant la peur de manquer, en diminuant les retraites et en augmentant les charges financières de survie…
Tout vient que toute femme est prête à s’offrir et à souffrir par passion au-delà de toute considération moralisatrice… et ce à n’importe quel âge et dans n’importe quel cadre…, tandis que l’homme est une bite sur pied, prêt à s’enfoncer n’importe où et à fuir aussi vite dès que les sentiments s’en mêlent.
L’homme a beaucoup plus à apprendre de la vie que la femme car elle…, elle la porte, ce qui lui donne un sens physique de la vie et de la mort.
L’homme, lui, ne découvre ça qu’à travers l’expérience d’une vie.
Je crois en l’homme mais je ne lui fais pas confiance.
Je me suis trop battu pour faire partie de la communauté humaine…, mais j’ai eu beaucoup de mal à y trouver une place…, je constate à 69 ans (nous sommes en fin 2018) que nous n’étions pas et ne sommes toujours pas faits pour vivre ensemble…, sans nul doute que la masse des gnous humains même deshumanisés et abrutis s’en rend compte vers la fin et que cela aide à mourir… en fait je suis déjà mort plusieurs fois, mourir c’est s’endormir, c’est agréable de quitter un monde qui finalement vous emmerde sans cesse…, c’est souffrir qui est dur à vivre…
Dans mon cas, la société n’a jamais sauté de joie que je revienne des abysses, au contraire, le fisc a toujours été là pour me présenter une Nième note à payer…, c’est comme les emmerdes judiciaires, les actions s’éteignent à la mort du prévenu…, il y a là une incitation à la délivrance par la mort…, lorsque notre monde s’évertue à bombarder « les autres », ce n’est finalement que logique qu’ayant quasi tout perdu, ces « autres » reviennent pour faire sauter notre monde et nos valeurs imbéciles…
D’où un de mes livres axé sur les liens d’amours et non sur l’individu en tant que personne à déifier.
Toutes les pages de ce livre : « Liens d’amours« , montrent que nous vivons ensemble, que nous faisons partie d’un tout, que chaque individu n’est qu’une parcelle.

-Il y a deux attitudes face à vous : la fidélité ou la transgression.

La vie, c’est un jeu de miroir pour dire combien la passion amoureuse émancipe, défie toute temporalité, dégage toujours des parfums envoutants, exige un don de soi, reste éternelle, provoque la confusion des sentiments et oblige à se perdre pour se trouver…., bref, elle réveille nos démons et ça vaut la peine… du moins un certain temps, car trop souvent ça finit mal…
Dans ce livre je joue avec les mots, je mets les situations en abyme, j’utilise mon savoir et, dans une sorte de mise en scène du sentiment inaltérable de la passion, je crois réussir cet exercice de style périlleux en gardant le cap de la sobriété… quoique….

-Un exemple ?

Je suis la mer, et toi la falaise
Je me jette à tes pieds, tu me regardes de haut
Je cherche à avancer, tu veux que je me taise
Je me brise avec fracas, tu me tournes le dos
Des gens viennent me voir, mais je ne peux monter
J’aimerais apercevoir ce que tu caches là-haut
Des champs couverts de fleurs, de la verdure, des prés.
Pourquoi es-tu de roc, moi je ne suis que de l’eau
La marée veut m’aider, le vent de l’Est aussi
Ils tentent pour moi l’impossible, tu restes insensible
Acceptes de m’écouter, tu verras qui je suis
Combien d’années faut-il pour que je sois crédible ?
J’aimerais qu’entre nous deux il y ait une plage
je m’étendrais sur toi, je te rendrais hommage
Peut-être qu’avec le temps, j’arriverai à t’effriter
Mais laisse-moi m’approcher que je puisse t’embrasser…

-Un autre ?

Quand je serais vieux et que tu seras vieille
Quand mes cheveux bruns seront des cheveux blancs
Sur le petit banc auprès de la treille
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants
Je te dirai je t’aime et comme au premier jour
Tu poseras sur moi tes yeux remplis d’amour
Et puis, timidement, nos mains se chercheront
Nos corps, vieillis par l’âge se réuniront
Quand je serais vieux et que tu seras vieille
Quand tes cheveux blonds seront des cheveux blancs
Sur le petit banc tout rempli de soleil
Nous irons nous asseoir, un peu comme à vingt ans…

-Ou peut-on l’acheter, ce chef d’œuvre ?

Nulle part…, je l’ai écrit, je l’ai imprimé, publié… et puis, sans jamais l’avoir diffusé, j’ai tout détruit, sauf 10 exemplaires…

-Pourquoi ?

Parce que comme cela, chacun des dix exemplaires devient un Graal que seulement 10 personnes dans tout l’univers connu pourront lire…, pour autant que ces personnes puissent payer au moins 10.000 euros… et cela avant ma mort…, c’est ainsi le parfait livre introuvable, quasi unique, l’enchantement ultime quasi impayable, introuvable, l’inaccessible rêve… et je me f… totalement de ce que les gens en pensent car tôt ou tard on finira tous et toutes par mourir, c’est d’ailleurs la seule chose certaine…

Mais…, pour « ceusses » qui ne peuvent se payer ce chef-d’oeuvre à 10.000 euros, il leur reste la possibilité d’acquérir le « nouveau » magazine Chromes & Flammes, soit en allant en kiosque, librairies et Grandes -surfaces, soit en allant sur www.journaux.fr ou on peut le parcourir numériquement et l’acheter en réel (et/où numérique) pour seulement 5€90 chez www.Journaux.fr