Manifester dans l’ombre de la désespérance…

Tout comme je ne supporte plus d’essayer de comprendre comment une fille pourrait jouir allongée sur le rebord d’une table, les jambes écartées, face à un loupé de la vie au physique d’harder Ukrainien stéroïdé, en train de faire la navette en elle comme dans une tarte aux pommes…, je ne supporte plus d’essayer de comprendre (et de commenter) comment une nanana peut prendre son pied en étant coincée dans une voiture « sportive-à-la-con », surtout bizarre, les jambes écartées, la tête de travers, à coté d’un halluciné au physique de serveur de restaurant…

En effet, ma consommation de conneries (utiles pour en écrire de plus fines), dépasse l’entendement…, en basculant dans ces univers peuplés de putes et de macs, j’ai toutefois compris que c’était l’interchangeabilité des rôles qui rendait ces univers fascinants, alors que dans la vraie vie des beaufs et beauffettes, leur survie ressemble à quelque chose de consenti proche de l’abnégation masturbatoire active qui leur donne la preuve que quelque chose se passe.

A force de voir de telles scènes qui véhiculent des promesses illusoires de bonheur au bout des doigts…, ils et elles finissent invariablement par croire en tout et n’importe quoi… se projetant en train de niquer tout ce qui bouge ou roule !

J’ai fait le lien, rapide mais admissible, selon lequel tout cela est une inclinaison naturelle de l’humain à se satisfaire du peu qui lui reste tout en pestant grâââââve, jusqu’à se mêler à des manifestations…, des gens qui défilent pour revendiquer ce qu’ils n’ont pas.

Je me trompe peut-être mais à force d’être témoin des promesses débitées politiquement selon lesquelles les gnous pourront « demain » jouir sans retenue…, ils finissent invariablement par croire que dans la vraie vie, la libération passe par les sodomisations bien profondes… et c’est bien triste de les voir rêver de choses illusoires…

En attendant, si les problèmes restent et que l’authenticité pourrie des promesses qui ne seront jamais tenues ouvrent leurs bras à ceux et celles qui ont décidé de rester dans la non-performance…, l’onaniste devient leur seule manière de ne pas devenir dingues.

On ne se lève pas le matin en se disant que le soir même on sera interné en psychiatrie…, aussi douloureux soit le réveil, aussi amère soit la journée, un jour de dépression n’est jamais qu’un jour de plus qu’on espérait ne pas voir et pendant lequel on reste prostré dans son lit en attendant que la tristesse lancinante passe…

Ce ne sont pas des « leaders » d’opposition comme Mélenchon et Besancenot qui vont cesser de dormir, de s’alimenter, de sourire… et de faire espérer les masses qu’ils cajolent…, ni avaler des comprimés…, pas assez pour mourir, mais leurs prescriptions médicalo-politiques sont suffisamment étudiées pour faire dormir le peuple très longtemps.

Alerté par les messages de détresse, d’une amie commerçante, des appels « au secours » lancés en pleine nuit à qui voudrait bien y répondre…, j’ai contacté le SAMU pour tenter de la sauver d’elle même qui n’en pouvait plus d’être noyée sous les taxes et empêchée de travailler à cause des manifestations des vestes jaunes…

Après un bref échange téléphonique avec un opérateur qui m’a dit agir avec célérité…, 30 minutes plus tard, mon amie commerçante s’est retrouvée couchée/liée dans une ambulance…, les yeux rougis de larmes et le visage bouffi, elle avait peine à expliquer aux urgentistes comment elle en était arrivée là.

Croulant sous les taxes et emmerdes administratifs, empêchée de travailler en cause des manifs… elle avait décidé de mettre fin à ses jours de la manière la plus lucide, courageuse et méthodique qu’il soit : armée d’un verre d’eau, elle avait avalé, un par un, quarante comprimés de paracétamol… et quand le SAMU est arrivé, elle a refusé de les suivre et a tenté de se jeter par la fenêtre…

Vers minuit, l’ambulance l’a déchargée aux Urgences : auscultation, prise de sang, électrocardiogramme et une vingtaine de questions plus tard, elle s’est retrouvée dans le bureau exigu et sans âme d’un psychiatre de garde…, un grand homme élancé, à l’humour peu approprié à la circonstance…., qui a pris des notes sur son état psychologique avant de lui proposer de passer la nuit en psy…., la nuit…, seulement la nuit…, qu’elle pourrait sortir le lendemain…, mais c’était sans compter sur la dose de cheval qu’on allait lui asséner en somnifères pour qu’elle dorme et qu’elle n’embête pas tout l’étage avec ses sanglots…, elle ne le savait pas encore, mais c’est là qu’a débuté ce qui sera sans doute l’expérience la plus obsessionnelle de sa vie.

« Si vous insistez pour sortir d’ici, on va devoir vous garder de force »…, ces mots prononcés à son réveil par l’interne qui lui avait été assigné résonnent actuellement encore dans son esprit…, pourtant les deux jours d’internement qui ont marqué le début de son expérience en enfer n’existent plus dans sa mémoire…, si tant est qu’ils aient déjà existé…, le noir complet…, ou presque.

Difficile de tenir un discours un tant soit peu cohérent une fois qu’on a ingéré les somnifères et les cocktails d’antidépresseurs, d’anxiolytiques… et autres pilules aux effets hypnotiques et amnésiants distribués cinq fois par jour aux patient(e)s de l’aile psychiatrique de l’hôpital.

Au troisième jour…, elle s’est demandée combien de temps elle allait encore rester là ? Six jours ? Une semaine ? Dix jours ? Personne n’avait de réponse concrète à lui donner…, un spectacle affligeant…, il va lui falloir attendre le passage du Professeur/chef du service qui ne passe que le lundi.

Condamnée dès-lors à rester cloîtrée à durée indéterminée dans une chambre aseptisée et dépouillée de tout ce qu’on pourrait utiliser pour se couper ou se pendre, elle s’est résignée tout autant qu’avant…, en payant ses impôts, ses taxes, ses contraventions et les honoraires et frais de son avocate chargés de la défendre dans un conflit avec la Mairie….

Les cas « basiques » et les personnes âgées occupent une partie de l’étage, la seconde étant réservé aux pathologies plus graves : des dépressifs/dépressives, des alcooliques, des toxicomanes, des suicidaires…, des gens vulnérables, touchants et terriblement humains.

Le quatrième jour de son internement, mon amie commerçante a regagné un peu de la lucidité qu’elle avait perdue à cause du surdosage de médicaments…, on lui avait dit qu’elle allait quitter l’hôpital quatre jours plus tard…, elle rayonnait de bonheur, dormir dans son lit… ça lui manquait…, ses yeux d’un bleu profond sont devenus le miroir de son âme… lorsqu’elle a su que c’était un mensonge (elle ne sortira qu’après douze jours et nuits)… et ça m’a bouleversé…, démuni devant la détresse qu’elle refoulait, je lui ai fait un câlin, c’est tout ce que j’avais à lui offrir…

Des mots gentils et des accolades, voilà tout ce qu’on à donner à tous ces gens qui se rendent compte qu’ils vont finir seuls sans souvent pouvoir être assistés dans une maison de retraite…, douze jours dans un lit dur, faiblement éclairé par un store aux trois quarts baissés derrière une fenêtre fermée à clef… et, de retour chez elle, les notes à payer étaient toujours là, avec un exploit d’huissier en prime…, en effet, sortie de cet endroit où mon amie commerçante se sentait finalement en sécurité…, elle a été jetée en pâture à cette société qui ne comprend rien que son égoïsme…, qui ne comprend pas les autres.

Je suis intimement convaincu qu’on ne sait rien des autres tant qu’on ne les a pas vu dans un dénuement total…, un détour dans les annexes psychiatriques et mouroirs où tous les jours se suivent et se ressemblent, m’aura permis d’appréhender l’être humain dans son état le plus boiteux… et, par la même occasion, de devenir autre moi-même…, mon regard sur le monde extérieur a changé…, mais ça c’est depuis longtemps…