Putes de luxe à Monaco : Mode d’emploi…

« A Monaco, la prostitution ne date pas d’hier, pourtant, la recrudescence de la présence des « belles de nuit » dans les lieux publics en gêne certains. La prostitution est le premier métier qui est né et c’est le dernier qui disparaîtra. Notre rôle est juste de le réguler, à condition que les prostituées se fondent dans le décor »…
Cette phrase d’un policier monégasque confirme bien, s’il en était besoin, qu’à Monaco, la prostitution ne date pas d’hier…, comme le montrent encore les murs de la salle Blanche du Casino, qui nous rappellent l’époque révolue des courtisanes et des cocottes.

Derrière les « Grâces Florentines », peintes par l’artiste Gervais, se cachent les excentriques Cléo de Mérode, la Belle Otéro et Lyane de Pougy…
Depuis, le casino attire toujours les joueurs et leurs belles.
Mais c’est une autre prostitution qui s’est développée…, une prostitution haut de gamme bien évidemment, qui s’adapte à une clientèle sélect, avec des tarifs de luxe (allant de 500 euros la passe à 3.000 euros la nuit selon ma dernière enquête).

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Si en réalité chacun/chacune est une pute en puissance (en devenir ou en attente) et si tout le monde est la pute des autres à des degrés divers, il faut reconnaître que venir étaler ses atours, ses appâts, que ce soient des yachts éclairés comme des devantures de bars-à-putes, des voitures insolentes ou des seins plantureux couronnant des corps en attente de dons divers…, c’est relativement « vulgaire »…
Officiellement… et les autorités du cru y insistent (vous le lirez plus bas, sous la ceinture)…, « seulement » cinquante filles (environ) fréquentent les bars et les boites de nuit de la principauté selon un turn-over calculé, entre Cannes, Monaco et Saint-Tropez l’été… et Gstaadt ou Courchevel l’hiver.

Ce n’est pas un hasard si la saison débute en mai par les ventes aux enchères d’automobiles de « collection »…, suivies par le fumeux Grand-Prix de F1 (qui est le pic de fréquentation des putes de toutes sortes)… et se termine par le sempiternel Bal de la Croix rouge…, dernière chance de vider les bourses sous couvert d’une noble cause…
Pour les policiers, en prise directe avec les réalités locales…, quasiment tous les établissements importants de  la place sont concernés, que ce soient les bars, les boîtes de nuit ou les hôtels de la ville.
Une tolérance que Bernard Lambert, directeur général de la SBM, nuance : « Dans l’hôtellerie, nous demandons l’enregistrement si d’aventure, des personnes se présentaient sans être enregistrées. Quant aux lieux publics, nous assurons une discrète surveillance ».

Reste que, face à ce qu’ils estiment être une recrudescences des prostituées, certains Monégasques et résidents ont l’impression d’être encerclés.
« J’ai passé une soirée avec une dizaine d’amis en boite de nuit en plein hiver. On était encerclé par des prostituées », me raconte un Monégasque bon teint…, « on était les seuls à table. Autour de nous, c’était Fort Alamo ! Quand il y a plus de prostituées que de clients, c’est un problème ! »…

Même son de cloche chez la présidente de l’Union pour la Principauté (UP) Anne Poyard-Vatrican, qui veut se faire l’écho de la population : « Ce qui remonte, c’est une gêne face à de nouveaux lieux utilisés par les prostituées. Ces sites sont également fréquentés par des habitants ou des familles qui ne cherchent pas ce genre de compagnie. Nous souhaitons qu’ils soient plus surveillés pour respecter avant tout, la quiétude de la population et la qualité de vie en général »…

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Certains y voient carrément un impact sur l’attractivité économique de Monaco : « Un de mes clients, un homme d’affaires italien, m’a alerté en me disant : Attention à ne pas devenir une place de tourisme sexuel »…, me souffle ainsi Maître Michel X…, « d’autant que depuis quelques années, ces professionnelles doivent affronter la concurrence des réseaux d’Escort-girls. Comme le montre la récente chronique judiciaire : loi des séries oblige, pendant deux années d’affilées, le Grand Prix a même été éclaboussé par des affaires d’Escort-girls. En mai 2005, à peine la course terminée, un homme d’affaires suisse, qui avait monté un réseau international d’Escort-girls sur Internet, était interpellé à l’aéroport de Nice. La PJ lui reprochant d’avoir mis à la disposition d’une autre société une dizaine d’Escort-girls pendant les quatre jours du Grand prix. Un contrat alors estimé à 100.000 euros… Un an après, c’était la police monégasque qui mettait la main sur un réseau d’Escort-girls. Arrêtant une personnalité native du pays et son épouse, une ancienne call girl, soupçonnés l’une et l’autre de fournir via Internet les services de call-girls à de richissimes clients durant le week-end de l’Ascension. Avec les tarifs de ces belles, les policiers et magistrats en ont déduit que les filles n’étaient pas invitées sur les yachts pour faire uniquement un brin de causette : 600 euros l’heure, 16.000 euros les deux jours ! Si pour mon confrère, Maître Zabaldano, qui défendait le fournisseur du site, lequel a écopé d’un an de prison avec sursis et de 10.000 euros d’amende…, l’affaire ressemblait plus à un dossier de pieds-nickelés…, elle a eu le mérite de montrer que les prestations tarifées pouvaient couronner n’importe quel événement. Dans ce dossier, on notait ainsi qu’un pilote de F1 avait convié des Escort-girls à une partie fine avec des amis pour fêter la naissance de son premier enfant… Ici à Monaco, la prostitution n’est pas réprimée en tant que telle par le code pénal monégasque. Seul le racolage est incriminé. Lorsqu’il est passif, ce qui vise toute attitude sur la voie publique de nature à provoquer la débauche…, il est passible d’une contravention de simple police. Tandis que le racolage actif est puni par un à cinq jours d’emprisonnement et une amende. Par ailleurs, le proxénétisme est puni d’une peine de prison de six mois à trois ans. Le proxénète est considéré comme étant une personne qui partage ou reçoit l’argent issu de la prostitution. C’est aussi le cas lorsqu’il vit, héberge ou est en relation habituelle avec une prostituée et qu’il ne peut justifier de ses ressources ».

La côte d’Azur la nuit, couleurs chaudes et paillettes…
Dans les endroits branchés du Sud de la France et surtout à Monaco, le décor est feutré, plutôt chic, lumières tamisées, cuisine traditionnelle d’inspiration franco-italienne…
Jusqu’ici, tout semble normal, tranquille…
Mais quand vient minuit, lorsque chanteurs et musiciens se mettent en scène au beau milieu des convives, c’est la métamorphose.
De jolies silhouettes apparaissent, ces femmes attendent leurs  »prétendants » qui ne sont ni plus ni moins que leurs clients.
Les différences d’âges se mélangent.
Ces femmes n’ont qu’un objectif, « faire du business », comme elles disent.

Pour renter au Sass Café ou encore au Jimmy’s, rien de plus simple, la porte est grand ouverte, c’est comme une invitation à la consommation.
S’y retrouvent la jeunesse dorée de la Côte d’Azur qui danse sur des rythmes endiablés tout le long de la nuit… et les hommes d’affaires qui viennent assouvir leurs désirs dans la plus grande discrétion possible…, leur but étant de trouver une femme d’un soir.
Ces femmes sont debout, verre de champagne à la main, elles attendent…, elles sont toujours vêtues d’une robe minimaliste, qui met en avant leurs jolies courbes.
On les appelle des prostituées de luxe, elles peuvent être à leur compte, répertoriées dans une agence ou bien sous l’emprise d’un mac.
Ces prostituées sont donc axées sur le luxe, leurs clients sont des hommes d’âges murs, qui peuvent se permettre de payer au minimum 500 euros la nuit.
L’ébat sexuel vaut donc de l’or !
Se sentent-elles supérieures ?
Assument-elles leur métier ?
Rien n’est moins sûr.
Elles parlent toujours de business et non pas de prostitution.
Pour elles rien n’est malsain, ou sale, c’est dans l’ordre logique des choses : « Pourquoi se priver de clients qui offrent des milliers d’euros pour une relation sexuelle ? »…

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Ces jeunes femmes sont pour la plupart issues de pays voisins, mais la langue qui règne est l’anglais.
Ces femmes discrètes s’opposent à l’ambiance de feu qui règne au Sass Café ou le public ne peut rien voir, ou tout se fait dans la pénombre, les deux protagonistes s’échangeant un regard, comme un code.
Quand le signal est positif, le client approche la prostituée et l’affaire est conclue, il n’a plus qu’à l’emmener dans un bel hôtel monégasque pour assouvir ses fantasmes.
Mais si par malchance, la prostituée ne trouve pas de client, elle repartira en taxi, comme elle est venue, seule.   

Le Sass, restaurant d’ambiance à Monaco, reçoit plusieurs soirs par semaine une clientèle à la fois aisée et exigeante, à 23h30, le samedi soir, il y a une prostituée par mètre carré…
Entre séduction et discrétion, les dessous de la clientèle sont parties intégrantes d’un échange appelé dans le jargon : « business ».
Cette ambiance, si évidente, ne saute pourtant pas aux yeux, quand la discrétion se mêle d’un commun accord.

L’endroit est bondé, champagne et cocktails coulent à flots, la clientèle est aisée et le montre, l’air est irrespirable, un mélange de parfum féminin et de transpiration se fait sentir.
Les hommes sont élégants, tous en costume ou tenues branchées…., les femmes sont en robes de soirée, en tenue de marque.
Des femmes seules tiennent durant des heures leur coupe de champagne à la main en scrutant les alentours.
Ces femmes ne sont pas de simples clientes venues pour s’amuser, ce sont des prostituées de luxe qui travaillent.
Avec une posture très féminine, certaines caressent leur verre en fixant certains hommes.
Quelques minutes plus tard, un homme se décide…, la prostituée et son client quittent le lieu sans être remarqués.

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Quand le sujet de la prostitution de luxe au Sass vient à être abordé, les clients du restaurant se taisent, interloqués.
Les prostituées au Sass semble être un sujet tabou alors que la plupart de la clientèle voit ce qu’il se passe…, comme si voir des prostituées était banal, mais en parler était interdit.
Les prostituées refusent en grande partie de parler…, le but du jeu est simple : trouver un client riche pour passer la nuit dans un hôtel de luxe.
Elles ne parlent pas s’il n’y a pas de sexe et d’argent.
Dans le silence presque assourdissant des prostituées en plein travail, un touriste témoigne : « Je trouve ça dommage de payer des sommes incroyables pour un semblant de sexe. Surtout que les putes de luxe ne font pas ça pour remplir leur frigo mais pour se payer des marques hors de prix ! »

Un autre touriste parisien semble choqué : « Je n’avais même pas remarqué que ces filles étaient des prostituées de luxe. On dirait des clubeuses qui sortent faire la fête comme nous ! Ces simples filles sont loin d’être ces prostituées qui ne se font pas avoir, elles demandent minimum 500 euros pour une soirée, certaines vont même jusqu’à se faire payer 3.000 euros la nuit »…
Dans le monde des prostituées de luxe, il ne s’agit pas de parler du prix d’une fellation mais de passer la nuit entière.
Après plusieurs heures au sein du Sass, une prostituée me déclare : « J’ai un client très important qui n’est pas là ce soir, il vit en Italie. Il est marié et a deux enfants. On s’est rencontré il y a trois ans. Sexuellement, je suis à la hauteur de tous ses désirs. Il m’a acheté un loft à Monaco. En échange, je dois être disponible quand il vient. Même s’il est très rarement sur Monaco, j’ai comme conclut un accord avec lui. Mais maintenant, comme je suis seule, on peut y aller ensemble, toi et moi ! »…

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Rocky est un habitué des endroits où l’on trouve les prostituées de luxe sur la Côte d’Azur, je lui avait vendu une voiture il y a quelques années…, c’est un affairiste escroc qui se la joue « grand genre », n’hésitant pas à proférer des menaces de mort quand il n’obtient pas ce qu’il veut, c’est en quelque sorte une pute d’affaire, un mec vénéneux, sans scrupules et dangereux comme une mygale, j’espérais ne plus le voir, mais comme c’est un incontournable des saloperies en tous genre, lui-même en quête de pigeons et de dindes à farcir…, j’étais certain de le rencontrer « par hasard » au Sass, un samedi soir (ou autre, il marche à l’odeur)…
Il m’a témoigné de ce monde de la nuit qu’il connait maintenant depuis une bonne dizaine d’années.
– Où peut-on trouver les prostituées de luxe ?
– Rocky : « A Monaco, on les trouve surtout au Sass, et au Jimmy’s. De temps en temps elles sont aux Caves du Roy aussi. A Cannes, surtout pendant le festival du film, on les voit au Baoli et au Palm Beach… et également à la Chunca. A saint Tropez il y en a beaucoup. En fait, on les trouve dans tous les endroits où les riches font la fête. Où l’argent coule à flot avec le champagne. Mais c’est surtout sur Internet qu’il est facile d’en trouver. Le net est un gros réseau de prostitution. Il y a plusieurs sites où on en trouve pour tous les goûts ».
– Quels sont les avantages de la prostitution de luxe par rapport aux autres formes de prostitution ?
– Rocky : « Elles sont très souvent autonomes, pour commencer. Elle n’ont pas de mac, personne qui les pousse à faire cela. Ainsi, elles gagnent plus. Leurs tarifs sont exorbitants. Cela va de 500 à 3.000 euros pour tirer un coup. On fait ce qu’on a à faire… et après on les laisse partir. Ça s’arrête là. Elles doivent être classes, bien habillées, pas provocantes comme dans la rue. On leur fait un peu la cour, car si on ne leur convient pas, elle refusent nos avances. Elles font ce qu’elles veulent. Pour le client, il n’y a pas vraiment d’avantages. Globalement, c’est pareil qu’aller aux arrêts de bus de la Prom. On les accoste pour les mêmes raisons. Seulement, au lieu de faire ça à l’arrière d’une voiture, on leur paye le champagne et la chambre d’hôtel. Elles cherchent le luxe, donc il faut leur montrer qu’on a de l’argent. Un jour, l’une d’elles m’a demandé si j’étais propriétaire d’un yacht. Malgré que j’en ai un, je lui ai dit que non pour pas me faire entuber… et elle m’a totalement ignoré par la suite. Une vraie salope ».
– Que pensez-vous de cette forme de prostitution ? Est-ce plus sain que le monde de la rue ?
– Rocky : « Je pars du principe qu’elles sont indispensables. Elles sont un exutoire pour les pervers. Sans les prostituées, il y aurait beaucoup de viols. Mais le luxe ne diffère pas tellement des autres formes de prostitution. La question a se poser est : comment ont-elles commencé ? Surement sur un trottoir. Après elles doivent se faire des contacts et entrer dans le monde des riches. L’apparence y est plus classe, plus propre, mais ça reste de la prostitution à l’état pur. Ces putes ont une apparence plus saine, mais c’est pareil. Surtout que la drogue est aussi présente dans la rue que dans les bars chics. La différence avec une jeune-femme qu’on rencontre c’est seulement qu’à la place lui de payer des restaurants, des vêtements de marques, de lui offrir des cadeaux et de veiller à son bien-être…, on donne de l’argent pour ce qu’on attend. Ça me convient parfaitement ».

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Maeva est une prostituée, qui attend les clients sur les trottoirs et sous les arrêts de bus de Nice.
Grande, blonde et provocante, elle fait le tapin depuis plusieurs années.
Elle refuse toute photographie et n’est pas très ouverte à parler des dessous de son métier.
Mais lorsqu’on aborde le sujet des prostituées de luxe de Monaco, elle semble révoltée.
– Quelle est la différence entre les prostituées de luxe et vous ?
– Maeva : « Moi, je n’arnaque pas le client. Je lui fais ce qu’il veut. Les filles de Monaco, elles font croire qu’elles valent mieux que nous alors qu’elles refusent beaucoup. Elles pensent qu’elles sont mieux, mais elles font la même chose que moi, même moins. Je n’ai pas besoin de porter des marques de luxe et d’aller en boite pour trouver des clients ».
– Pensez-vous que la prostitution de luxe est un monde à part ?
– Maeva : « Non. Ce sont les riches qui se sentent différents, à part. Mais ce sont des gens comme nous. Ils font des manières et des chichis, ils se trouvent grands et mieux que nous, mais c’est faux. Les filles se payent des fringues de couturiers et ça leur suffit pour se sentir meilleures. Après, c’est vrai qu’elles choisissent leurs clients, qu’elles gagnent beaucoup plus que nous. C’est pas la même chose. Mais ça reste le même boulot ».
– Y-a-t-il une concurrence entre elles et vous ?
– Maeva : « Non, parce qu’on ne joue pas dans la même cour. Les riches se payent des putes de luxe… et nous, qu’ils soient riche ou pauvres, moches ou beau, on les prend. On ne fait pas nos difficiles. Entre nous, à Nice on blague en disant qu’il est interdit de faire libre commerce de son corps à Monaco si l’on ne fait pas partie de la famille princière…, par contre blanchir l’argent des réseaux mafieux roumains et russes n’y pose aucun problème ! »…

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En France, on pénalise en sanctionnant « le client » par une peine de 6 mois de prison et 3.000 euros d’amende, cette évolution n’est pas retranscrite à Monaco !
Les associations de défense des droits des prostituées françaises considèrent toujours que cette mesure est tout bonnement liberticide.
L’acteur Philippe Caubère, le clame haut et fort : « Ce n’est pas cette loi scélérate qui m’effraiera, me culpabilisera ni ne m’empêchera de revenir voir des filles où qu’elles seront, se planqueront, se terreront, pour les aimer encore et les payer pour ça ».
Pourtant, dans l’esprit du législateur, il s’agit de défendre une bonne cause.
Pour le rapporteur de la mission parlementaire française, Guy Geoffroy, l’objectif est ainsi de lutter contre la traitre des êtres humains : « Neuf prostituées sur dix sont exploitées. Mais pas seulement : il s’agit aussi de rétablir l’égalité entre les hommes et les femmes et de promouvoir la dignité de la femme. Le rapport va même plus loin : La prostitution ouvrirait des droits sur le corps d’autrui, notamment féminin, entérinant dans les esprits l’idée qu’il s’agit d’un produit disponible que tout homme peut légitimement s’approprier »…

Interrogé, le conseiller monégasque pour l’intérieur, m’a répondu laconiquement que : le gouvernement n’a pas l’intention de légiférer pour pénaliser les clients.
Tandis qu’à l’entendre, les conseillers nationaux ne comptent pas se lancer sur ce terrain glissant, parce que le dispositif actuel serait suffisant.
Aujourd’hui, la prostitution, à la condition que la professionnelle ne procède pas au racolage public, n’est pas interdite. Seul le délit de proxénétisme est répréhensible…, avaient ainsi rappelé les services de l’Intérieur dans le cadre des débats budgétaires…, avant d’ajouter : Aucune prostitution de rue n’existe en principauté. 
Selon la Sûreté Monégasque, contrairement à ce qui se passe de l’autre côté de la frontière, toutes les prostituées sont indépendantes, ce qui empêche tout trafic et toute traite d’être humains : les services de polices luttent contre d’éventuels proxénètes. Ils connaissent les prostituées, dans un souci de protection sociale…, invoque généralement l’Intérieur.
Le trouble à l’ordre public serait donc par la même occasion circonscrit : Les prostituées sont régulièrement contrôlées et un rappel de la loi est systématiquement effectué. Cette action de prévention porte ses fruits puisque les services de police n’enregistrent quasiment aucun délit avec une de ces jeunes femmes mise en cause, cession de stupéfiants par une prostituée, entôlage d’un client, etc.

Par ailleurs, le gouvernement monégasque ne pouvait être insensible à l’argument de droit et de bon sens soulevé par l’ancien ministre de l’Intérieur Français Claude Guéant : « Il est difficile de faire de la pratique du client un délit puisque la pratique de la prostitution n’est, elle, pas un délit ». 
Tout comme il ne peut faire abstraction des arguments des prostituées elles-mêmes.

Les assises nationales de la prostitution à Lyon s’étaient achevées sur une opposition à toute répression de la clientèle : Pénaliser le client est un moyen détourné pour prohiber la prostitution. Cela pose la question de la liberté sexuelle de chacun. C’est une loi symbolique, portée par les féministes d’arrière-garde. D’ailleurs, chaque État a une législation différente en matière de prostitution.

A Monaco comme en France, leurs prestations de services représentent une véritable économie souterraine.
« A Monaco, il existe une loi qui stipule qu’il faut une autorisation pour exercer une profession. En l’occurrence, la prostitution est une activité qui n’est ni prévue ni réglementée par le droit monégasque »…, m’a confirmé le bâtonnier maître Michel X.
Or sans cadre légal, pas de protection sociale.
Rappelons que ce n’est pas le cas dans tous les pays : depuis 2000, aux Pays-Bas, les prostituées bénéficient ainsi d’un contrat de travail…
Et en Allemagne, qui compterait 300.000 prostituées selon l’OCRETH (Office central pour la répression de la traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle), les agences pour l’emploi diffusent même des annonces de prostitution pour les érocenter…

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– Alexandre Bordero : « A chaque fois que des politiques essayent de se mêler de ce qui relève de la sphère privée ou de la morale, ils font fausse route et l’histoire a toujours démontré que les lois de prohibition n’ont eu que pour seul résultat d’enrichir les trafiquants. Il est nécessaire de mettre en œuvre des moyens pour lutter contre le trafic d’êtres humains et le proxénétisme, je pense qu’en principauté le problème de la prostitution est différent qu’en France et il ne faut donc pas appliquer les recettes qui seraient imaginées pour un état de plusieurs millions d’habitants. Aujourd’hui force est de constater que depuis des siècles qu’existe la prostitution personne n’a réussi à faire disparaître le phénomène et aucun État n’a réussi à mettre en place un système réglementaire totalement satisfaisant ».
Etes-vous favorable à une interdiction ou au contraire à l’ouverture de maisons closes ?
– Alexandre Bordero : « Je ne pense pas que la seule alternative à l’encadrement de la prostitution se situe entre l’interdiction pure et simple et la réouverture des maisons closes. A Monaco nous ne pouvons nous permettre des postures aussi radicales. Le dispositif actuel incite les prostituées, exerçant leurs prestations de services en principauté, à se faire connaitre de la police judiciaire dès lors qu’elles désirent travailler en principauté. Bien entendu, cela se passe de façon informelle sans cadre juridique précis, mais jusqu’à présent cette façon de faire a toujours permis à notre police de détecter les éventuelles infractions sous-jacentes à la prostitution par ce réseau d’informateurs. Il n’y a donc pas de raison de changer le modus-operandi qui a fait ses preuves ».
– A votre connaissance, les prostituées qui exercent sur le territoire monégasque sont-elles indépendantes ? Ou sont-elles sous la coupe de proxénètes ?
– Alexandre Bordero : « De manière générale, il n’y a pas de prostitution sans proxénète ou très peu. Ce serait pure hypocrisie que d’affirmer le contraire ! A Monaco, la situation est particulière car les prostituées ne vivent pas en principauté mais le plus souvent en France, une fois la frontière franchie, il est difficile d’appréhender leur situation et leur mode de vie ».
Dans le cadre de débats avec le gouvernement, les élus avaient évoqués les problèmes liés à la prostitution dans certains établissements publics. Quels sont-ils ? Et que faut-il faire selon-vous pour les résoudre ?
– Alexandre Bordero : « Certains élus, lors des séances privées préparatoires au budget primitif 2011, avaient critiqué ce qu’ils percevaient comme une augmentation du nombre de prostituées à Monaco et une sur-représentation dans certains endroits susceptibles d’être fréquentés par une clientèle familiale. A l’époque, le conseiller de gouvernement pour l’intérieur était revenu vers nous avec des statistiques précises évoquant une centaine de prostituées travaillant sur tous le territoire monégasque. De plus il avait fait passer des consignes à la Sûreté publique pour que certaines règles soient rappelées à ces jeunes femmes notamment en ce qui concerne le racolage et d’éventuels troubles à l’ordre public. Le problème n’a plus été soulevé depuis mais nous sommes sensibles au risque que la mauvaise clientèle fasse fuir la bonne. Tout est une affaire d’équilibre entre la liberté de chacun et le respect de l’autre. Qu’un certain nombre de prostituées exercent à Monaco, pourquoi pas…, mais il ne faut pas que cela se fasse dans des conditions qui en viennent à indisposer une partie de notre clientèle ».
– Etes-vous favorable à une interdiction ou au contraire à l’ouverture de maisons closes ?
– Christophe Steiner : « Les maisons closes, connues également sous le nom de lupanar, dont l’étymologie nous rappelle à la Rome Antique où elles foisonnaient, sont soumises à Monaco à autorisation gouvernementale comme toute activité commerciale. En France, elles sont interdites depuis la loi Richard, pourtant elles étaient nombreuses au 19ème et début du 20ème siècle ayant même un genre de « guide Michelin » intitulé le « Guide Rose ». Leurs avantages sont d’offrir aux péripatéticiennes, non point des cours de philosophie mais une protection sanitaire et légale. Alors oui, je ne suis pas contre l’ouverture de maisons closes ».
– Dans le cadre de débats avec le gouvernement, les élus avaient évoqué les problèmes liés à la prostitution dans certains établissements publics. Quels sont-ils ? Et que faut-il faire selon-vous pour les résoudre ?
– Christophe Steiner : « Il est vrai que certains élus de sexe féminin, curieusement cela n’a pas levé de réelles observations de la part de la gent masculine de l’assemblée…, ont en effet évoqué la gêne qu’elles éprouvaient quand elles sortaient en famille dans certains établissements nocturnes à se retrouver entourées d’une multitude de femmes de petite vertu. Il est vrai que trop peut être trop. Alors, peut être faudrait-il publier un petit guide rose, des endroits à fréquenter ou à éviter »…

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– Quel est le dispositif répressif en matière de prostitution ?
– André Muhlberger : « Le code pénal monégasque prévoit et réprime les infractions constituant des attentats aux mœurs. Concernant la prostitution, lorsqu’elle ne met pas en cause des mineurs, il n’y a pas de répression propre lié à cette pratique, comme dans quasiment tous les pays occidentaux. Il existe à Monaco une répression du racolage actif et du proxénétisme. En principauté, la prostitution n’est sanctionnée que si l’attitude des prostituées peut contribuer à troubler l’ordre public. Les services de la direction de la Sûreté publique appliquent, et c’est leur mission, strictement le code pénal ».
– Comment luttez-vous contre les réseaux ?
– André Muhlberger : « Il n’y a pas de réseau opérant à Monaco, ni de près, ni de loin. A ma connaissance, les prostituées sont toutes indépendantes. Elles n’ont pas de protecteur sur place. D’ailleurs, dans le cadre de la coopération policière internationale, nous n’avons pas été saisis par des homologues, d’affaires ayant connu un élément constitutif en principauté ».
– Les hôtels tolèrent la présence de prostituées dans leurs halls et bars. Avez-vous noté un proxénétisme hôtelier ?
– André Muhlberger : « Nous avons mis en place un dispositif traditionnel de contrôle et de surveillance. Il existe une relation étroite avec les directeurs de nuit des hôtels et les responsables des établissements de nuit. S’il est un fait que des prostituées fréquentent les bars d’hôtels, c’est le directeur de nuit de l’hôtel, lieu privé, qui est responsable de la tenue de son établissement et ils connaissent tous la législation. Cela étant, nous effectuons des passages fréquents dans ces établissements, et si un problème est observé, nous intervenons soit d’initiative, soit à la demande du responsable des lieux. Je précise que nous sensibilisons régulièrement les responsables des établissements aux textes en vigueur et sur leurs responsabilités. Il n’y a pas de proxénétisme hôtelier à Monaco, sinon des procédures judiciaires auraient été réalisées ».
– Quel est le nombre et le profil des prostituées ?
– André Muhlberger : « Il y a officiellement une cinquantaine de prostituées peut-être un peu plus pendant le Grand Prix. Il est arrivé qu’on se laisse aller à avouer qu’il y en avait une centaine… La nationalité dominante ? On compte une vingtaine de Brésiliennes, certaines sont des transsexuels. Mais tous les continents sont représentés à l’exception de l’Océanie et l’Asie »…
– Uniquement des femmes ? Et pas de mineures ?
– André Muhlberger : « Effectivement nous ne recensons que des femmes majeures. Nous sommes très vigilants à ce qu’aucune personne mineure ne se livre à la prostitution. S’il y avait des mineurs, évidemment nous entamerions sans délai les procédures ad hoc, dont notamment celles relatives à la protection des mineurs. Pour être précis, on peut dire qu’il y a juste quelques gigolos que l’on a pu repérer à la suite de plaintes de clientes. En dehors de ces quelques cas particuliers, nous n’avons constaté aucune prostitution masculine, sauf quelques transsexuels ».
– Combien de dossiers liés à la prostitution sont actuellement étudiés par vos services ?
– André Muhlberger : « Zéro ».

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