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Avant-propos

Quelqu’un contre le reste du monde…

Je me lève, je suis toujours vivant, ça fait bizarre… Pas que j’aurais voulu être mourru, tout rétendu, mais ailleurs ! Je jette un oeil dehors, façon de parler parce que j’y tiens… et que vois-je ? Pluie et brouillard, couleurs fades et grises, mines renfrognées des gens…, ceux qui vont au turbin râlent d’en avoir, du turbin…, ceusses qui n’ont pas de travail râlent de ne pas aller au turbin…, personne sourit, rigole, se marre ouvertement, même Bruel toujours à sourire bètement pour anoner « Ya d’la joie« , ben…: il crie sa joie dans le poste qu’il reverra Drucker dans 10 ans, la belle affaire…

Mes rapports à l’humanité se limitent à l’observer… Entre vous qui lisez ceci et moi c’est bien suffisant… Ça foisonne ! Microbes ! Bactéries ! Parasites ! D’ailleurs, c’est bien ce qui m’a valu les pires emmerdes, de trop l’observer. Quoiqu’on en dise, l’humanité est prête à exister et à se perpétuer dans les pires conditions dans la mesure où on ne lui montre pas la tristesse de son état… Bien fait pour elle !
Question psychanalytique de l’Etat sociétal (en double sens, c’est pareil), je ne peux vous dire grand-chose, sauf qu’en tant que psychanalisé, j’ai rencontré des psychanalystes de réputation, entre autres, mais je m’y suis attardé seulement par curiosité…, par voyeurisme si vous saisissez le tableau… Un con exécutant de nouvelles conneries comme une danseuse exécutant de nouvelles figures !…
C’est un truc dont je ne me soucie pas, une forme d’auto mutilation cérébrale dont, en tant qu’être désuhmanisé, je ne suis pas friand. La paix de mon âââme remplaçant le charlatanisme des ceusses qui dirigent le monde vers son néant séant, écoutez-les en radio et en télévision, partout… Ils bafouillent le même langage. L’acceptation ! La résignation ! La soumission ! Les masses massives devant subir, attendre…
Encore une journée de con et de conneries à supporter…
Après moulu, le café bout, trop bouillu de bouilloire, comme les gens, noir, amer…, un filet de laid pour faire beau, pour être buvable pas oublier de sucrer…
La journée commence qu’on voudrait déjà qu’elle finisse…, qu’on en connasse déjà la faim, la faim de la connerie est insatiable… Moi, je vais nulle-part, encore, j’ai un boulot autre, attendre le client en commerce, c’est comme tout, on nait tousses des putes, on en est tous, des putes, nés pour attendre le client qui attend aussi…, devoir accepter qu’il mate, touche, discute, palpe, branle ses conneries, se déloque la tête, raconte ses histoires, écoute les bobards, puis propose toujours moins que besoin…, par plaisir d’enculer…, puis se fait enculer en retour dans d’atroces douleurs jouissantes de discussions inutiles, pour passer le temps…
Les ceusses d’autres, ils subissent tout ça…, baise, baise, bordel…, jouit, paye, paye…, du moment que tu craches des sous, du flouze, vas-y, spermate…!
C’est que ça, piting, la vie…, parfois c’est pire dans des trucs miteux, genre crade et compagnie…, les ceusses de trucs miteux qui enculent à tour de bras, profond, souvent que t’es obligé de douiller pour souffrir de le sentir passer…, paye, paye, paye… Tes ronds, ton flouze, jamais assez, toujours plus, et quand tu crois que ça pourra plus être pire… ça continue, plus gras, plus fort, plus profond… Pas de morale, si t’as pas le moral il te faut aussi enculer les autres, pareil, à l’infini, tout le monde encule tout le monde, partouze géante universelle, avec des évèques, chamans, mollah et autres, pape, prophètes, généraux, présidents, dicteurs-dictateurs… Tous ils crient : allez-y, la grande enculade et paye, paye, paye, ramène ton flouze, tes pépètes… T’auras le paradis, des vierges, la paix universelle le bonheur d’être mort et d’avoir été con aussi, d’avoir agité des drapeaux, crié vive le roi, vive le président, vive la connerie, plus fort, plus profond, faut pas qu’elle crève la patrie pour que la connerie puisse continuer, toujours plus loin, toujours plus profond…
Piting… Déjà midi, faut bouffi, de la merde, mais chaire payée pour cher cochon de payant, bouffe ta merde, pain garni, ravioli, paye, paye, bouffe, bouffi ! Café encore, en final, comme bouquet… Puis vas-y, retourne au turbin, comme faire tapin…, tapine !
Re-belotte, après-midi pareil que matin, faire la pute, jouer la pute, fonctionnaire pour emmerder la moitié des autres, commerce pour commercer la patrie, payer, payer, payer, taxes, impots et compagnie…
Puis c’est la fin, journée inutile, retour dans la cohue, métro ou auto même chemin…, du monde partouze, bousculade, fais gaffe à ton cuir ! Contredanse sans musique, paye, paye, paye, ou tickets divers, paye, paye, paye, dans la foule, stressante, stressée…
Conneries, la vie ça devrait pas être ça… Je crois que la liberté devrait être complète, absolue ! Totale ! Qu’elle dérape ! S’éclate ! Se contorsionne ! Enfonce le décor ! Explose en feux d’artifice ! Bengale ! Multiples ! Atomique ! Qu’elle éclabousse !… Du temps pour le romantique, un poil de lubrique, du temps pour faire le con, pas pour être con, surtout le con des cons, des autres… Peu importe le propos, au populo de se démerder avec la futaille. D’ailleurs, y en a rien à foutre, le populo de ces histoches. Bien peinard, il préfère carburer au pinard et dompter ses mômes à coups de gnons sur la tronche !… Ça ne joue pas dans la dentelle, bonjour la cisaille de la vie.
Et c’est pas fini, tu crois que c’est fini alors que ça fait que commencer, non, paye, paye, paye… quelques courses en magasin, magazine, magazine, paye paye, merde en boîtes, merdes en conserves, salades sous plastique, tout aseptisé, même pas sur que c’est du vrai, du recomposé, du chimique… Manger avec un masque pour être sur, suri comme citron, con écrase, écrabouille ta bouille de con… Bouffe ta merde, après tout c’est toi qui l’a fabriquée tout le jour en collaborant aux conneries du turbin… Après bouffi ta merde, faut la vider, tu merdes, re-merdes, c’est le bonheur, moment ou tu payes pas, plus… Pousse, plus fort tes conneries de la journée, regarde les conneries télévisées, ça aide…
Après c’est Druckerisation et compagnie, déjà tu l’as vu le week-end, tu crois qu’il est plus là, ben non… Mais ouiiiiiiiii…. Jouissance, extase, transe… Il y est toujours, il prépare ses coups, son coup, partouze, monte en hélicoptère, pense à toi, c’est sur, citron, bouche bée devant ta télévision, crédit, paye, paye… Puis va dormir, essaye d’oublier, branle, branle, fais des Hop-hop-hop-hop-hop… Pathétique, jouissance, enculades royales, Jésus, my gode, profond… Foutre plein la gueule, fabule, venge-toi des conneries, pense à ce que tu n’as pas, les seins de Paméla, la zigounette de Bradd, sans Pitt, qui lui n’en a rien a foutre, Madonna non plus, du moment que tu payes, payes, payes pour qu’il et elle engrangent, bateaux, villas, châteaux, limousines, hélicos et jet-set… Regarde, tu sais faire que ça, bave, branle comme con et conne, t’auras que ça du gateau, eux gateau, toi gâteux, gateuse, vieille , vieux, fini…
T’as raté l’express, pas même eu l’omnibus, le tram de la connerie, place debout, turbin, tu dors, tu rêves, c’est bon moment, puis réveil, sonnent les cloches, retour à l’enfer, pas à la vie, douche, mélancolie, les conneries… Après ce sera pire, les moufflets, d’autres emmerdes, paye, paye, paye… T’as voulu jouir, t’as le moufflet en prime…, alors travaille double, encore, encore, pense à tes vacances à rotir comme un steack grillé au soleil, un peu pile, un peu face, partouze fait pareil, des millions tous serrés à faire pareil, grillés, et c’est pas gratis, c’est cher pour chair faisandée… Ruiné, toutes les maigres économies pour un hale de cancer de peau, puis partouze embouteillage, retour à la normale, turbin, tapin… tapine…
Une vie de con, inutile, c’est pour cela que les grands te prennent pour un fion, quantité négligeable, juste bon à copuler et payer, payer, payer… Si t’es en panne, Hop ! La casse, on jette… Y en a des millions qui n’attendent que prendre la place pour faire pareil… Peut-être ne suis-je pas l’ogre que l’on voudrait… mon ressentiment vital vient de l’acharnement des hommes à réduire les autres à des peaux de chagrin. Mes cris scribouillés gènent… Ils voudraient bien me rayer de leur liste pour pas devoir se regarder… À tout jamais, n’avoir jamais existé. Éliminé !
Brûler Quelqu’un, ses texticules, ses couillonnades aussi, ses couilles pareillement, hop ! Alors, toutes griffes dehors… J’écume ! Je rage ! Je défends mon intégrité d’homme et l’intégrité des autres aussi, même s’ils s’en f…., les autres !.
Soyez assuré, vous qui lisez, que je sais apprécier les quelques approbations venant de mes lecteurs… Il est vrai que je me méfie des acclamations… un peu !… À tellement d’occases on m’a trahi ! Lâchement poignardé dans le dos que je garde une incrédulité permanente envers des exclamations mal dosées… Question de survie.
Voyez-vous…, non ? C’est trop de boulot… peaufiner… rayer… reprendre. Vendre ma camelote dans les étals des shows comme boucherie de conneries… La préoccupation des réflexions désabusées de tant de gâchis, les gnous s’en branlent de satisfaction … C’est une histoire qui ressemble à un million de milliards d’autres, toujours torchées dans le même sens… Je n’incite à rien du tout. Je montre l’absurdité de toute cette merde, les guerres, les massacres… boucherie ! Tueries ! Hécatombes à perpette. Voilà tout…. Jamais personne ne m’a démontré que j’avais tort.

 

Chapitre 1

Quelqu’un contre le reste du monde…

En ce moment je recouvre mes textes de noir, donc mieux vaut ouvrir les fenêtres.

Mes conseils pour les sous-êtres, qui parfois viennent ici, ils feraient mieux de continuer la retape, tout ce qui est magnifique ne suffit pas…
On roulait…, Anamary conduisait sa BMW cabriolet… et je ne savais pas très bien pourquoi…, il y avait une tension entre nous…, amoureuse voire même sexuelle je vais dire.
Non pas que ça me gênait pas du tout, j’avais besoin de serrer une femme contre moi ce soir-là et elle était là.
Je parle de son corps.
Je parle de sa chaleur.
Vous savez, les odeurs dans le cou, qu’on respire, la peau des lèvres ne touche pas la peau du cou de la femme qu’on approche avec méfiance.
On attend la sortie.
Il faisait nuit, on sortait d’une soirée et sans rien dire, il y avait donc cette tension.
Elle devait se dire : dis-lui que tu as envie de lui, dis-lui…
Sur la route en pleine nuit avec une musique planante, j’adore, des morceaux aériens… et elle m’a pris la main, sans rien dire, elle m’a souri avec angoisse…, que je la repousse…, et je lui ai souri pour la rassurer, j’ai serré sa main et elle était émue.
Enfin une femme qui ne recherchait pas que du sexe.
J’étais bien et j’avais envie de l’aimer, moi aussi dans tous les sens du terme.
On a parlé de banalités ce soir-là, elle voulait aller en ville danser, la nuit.
Les couleurs allumées, un pays étranger, pas très loin de la France, le sang chaud des habitants…, j’étais bien à cette époque-là.
Aujourd’hui je me dis : quelle illusion, quelle pauvreté.
Mais à l’époque, dans l’instant j’étais bien.
– Qu’est-ce qui te pousse à écrire ? Pourquoi ne pas apprendre les bases de la poésie, de l’écriture, faire un plan ? Pourquoi être si crû dans tes textes ? Pourquoi ne pas utiliser des quatrains et faire moins « moderne » dans ton style ? Quelle violence en si peu de mots, pourquoi ? Est-ce que tu parles de toi ?
On ne parle jamais vraiment de mes textes, on me parle de moi.
Alors que les autres, on parle de leurs textes.
Du coup certains et certaines se permettent des gestes à mon égard, des paroles vulgaires.
Qui me visent.
J’ai dit à Anamary que j’étais désolé…
Ce samedi-là on a fait l’amour la nuit, quelle jolie phrase.
Et c’était vrai, elle se sentait vraie, elle se sentait vivante !
Et c’était bon, elle écoutait mon cœur et puis il a ralentit.
Bon bien sûr, je ronfle après, comme tous les hommes, mais que voulez-vous, on est tous tellement adorables et puis les femmes nous prennent tellement en pitié, qu’elles nous laissent… (passage drôle pour ceux qui en douteraient).
Elles nous regardent dormir aussi, elles sont heureuses, enfin non, elles se sentent juste bien, elles nous regardent comme ça avec une jambe mise comme ça, on est beau, beaufs oui…, non ce n’est pas vrai mais en tout cas c’est à moi qu’Anamary était attachée, pas un autre.
Les autres, des hommes invisibles pour elle, même des plus beaux.
Et comme mon cœur battait fort, comme elle aurait aimé être à l’intérieur pour voir mes ventricules, couper au scalpel en deux l’aorte, pour y mettre son doigt, goûter le sang, manger un bout de gras jaune du cœur, du cœur de son amant, de moi.
Elle aurait aimé faire ça, elle m’aimait tellement qu’elle aurait pu me manger.
Certaines qui me lisent (certains aussi, mais je ne suis pas homosexuel) se permettent parfois de venir parader devant moi, ils cherchent à me parler.
Apparemment ce sont des femmes.
Je précise sans dire quoique ce soit d’autre…
Je ne veux pas passer pour un macho.
Elles viennent en me disant : tu es comme tous les autres, mais on t’a quand même lu jusqu’au bout, tes textes trop longs, si complexes parfois qu’il faut un dictionnaire pour se rendre compte après vingt minutes que tu inventes des mots, que tu retournes les sens, les nôtres aussi, salaud ! 
Elles ne se demandent pas si ELLES sont comme les autres, car elles le savent : toutes reconnaissent leur condition, quelqu’en soit le niveau, voire la hauteur…
Elles se vantent d’avoir « une mauvaise image d’elles » ce qui justifierait leur mépris envers les mâles, aussi, souvent envers leurs… elles-mêmes…
Une attitude lâche confite-confiture dans le non-mouvement de la vie et de la pensée, ce qui est assez scandaleux je dois dire.
C’est un jeu pour elles, jouer, elles n’y mouillent pourtant ni leur string ni leur chemise, elles ne risquent rien, le web est anodin de néant quand on y nait pseudonyme et qu’on est anonyme.
En amour réel, je pense qu’on se risque soi-même, bien sûr.
On ne joue pas quelque chose d’anodin : sa vie.
Bien sûr.
Certaines écrivent comme elles disent : un amour de perdu, dix de retrouvés.
Tu parles…, je doute qu’elles aient vraiment aimé, celles-là.
Je sais bien de quoi je parle, je vous assure.
Donc elles viennent m’écrire, en privé, je ne sais pas trop pourquoi, elles veulent peut-être passer le temps.
Le non-mouvement de la pensée, il n’y a rien de pire dans l’écriture.
On voit ça dans les blogs, dans certains Forums de culs dilatés et de sexes turgescents…, soi-disant…, c’est affreux.
Vous allez dire : on n’est pas là pour faire du Baudelaire.
Et bien justement, j’aimerais que certaines et certains essaient.
On est là pour se détendre, autant le faire bien et pas se contenter d’un langage écrit style SMS.
Et puis justement crispez-vous deux secondes.
Ok ?
J’aime vous mettre cent pour cent mal à l’aise, et parfois j’y arrive, même souvent…
Vous croyez que je raconte ma vie, mes amours, mes nuits, mes jours, mes voitures, les cons et autres… ?
Vous êtes folles et fous.
Bon, c’est vrai j’écris de certaines choses de ma vie, comme par exemple comme c’est bon pour moi de faire l’amour avec une femme (une très particulièrement au point qu’il n’y en a plus d’autres…), que c’est meilleur qu’avec un transsexuel, lorsqu’on est soi-même un homme, bon d’accord j’écris de ma haine pour les imbéciles, les cons, les abrutis, les emmerdeurs, les fonctionnaires, ceux du fisc particulièrement, des douanes aussi, les flics dans le même sac d’embrouilles…, bon d’accord c’est vrai.
Mais pour vous c’est un jeu.
Pour moi c’est un « je« .
Ce n’est pas pareil : pas de facilité, juste de la clairvoyance posée, c’est rare.
Voilà, donc je ne raconte pas ma vie ici, ce n’est pas un journal intime j’ai passé l’âge je pense de ce genre de choses.
Dans ma mémoire, il y a tout ce qu’il faut, pas besoin de journal intime.
J’écris et j’aime écrire, créer, transformer, transcender, chercher le meilleur pour le rendre exceptionnel…
Je publie des chroniques, des poèmes, des critiques et si certaines m’aiment et me poussent d’avantage…, certains ne se gênent pour me traiter de politiquement-incorrect, de raciste, d’antisémite…, simplement parce que le mouvement de la pensée, le mien veut pousser le vôtre à l’action.
Comme j’ai beaucoup d’expériences vécues à raconter… et aussi tout à dire, il me faut trouver le meilleur moyen.
C’est une démarche humaine je pense.
Le mouvement de la pensée mis à mal dans les chroniques, j’ai horreur des racistes, de la violence, de ce qui nous fait honte, même des homophobes, femmes ou hommes (car il y a des hommes homophobes)…, mais dans un texte je me permets c’est vrai la liberté d’écrire comme le ferait un raciste ou un homophobe.
Pourquoi ?
Parce que si je ne me mets pas à la place des gens que je ne comprends pas, je n’arriverai jamais à leur pardonner.
Vous voyez où je veux en venir ?
Bon d’accord je parle de la jouissance extrême.
Mais je n’en fais pas une fierté !
Ceusses qui me lisent, parfois, les mecs, vous…, vous embrassez votre femme sur la nuque, ensuite vous allez sur le net chercher des sites pornos, vous avez vingt, trente ans, quarante souvent, cinquante aussi… et plus si c’est perversité, vous êtes gays, vous êtes bis, vous êtes hétéros, tout à la fois, sur le web tout est possible…, vous cherchez un plan sexe, votre femme c’est seulement une fois par semaine, ce n’est pas assez pour votre pénis bien sûr.
Bien sûr.
Finalement les nuits lorsque vous êtes seuls dans votre tête, vous vous réveillez, vous n’en pouvez plus.
Se masturber fait passer le temps, regarder sur le net les sites pornos aussi.
Ce que vous aimez ?
Sean Paul et son R’n’b foireux.
Dans le livret, c’est : merci Dieu de m’avoir donné mon talent.
Gros con.
La musique, c’est des trucs de jeunes hommes à la dérive : Jeff Buckley, Portishead, Radiohead, Massive Attack.
Des trucs biens mais qui lassent un jour.
Vous ne comprenez pas que les femmes n’ont pas les mêmes goûts que vous : se faire lécher le clitoris est meilleur pour elles que lécher ce putain de gland que les mecs ne lavent quasi jamais.
Et puis elles sont contentes, parce qu’elles, de leur côté, elles sont maniaques, elles aiment bien que vous les embrassiez, elles croient vous satisfaire une fois par semaine, elles se croient toutes fortes…, adolescentes elles ont fait l’amour trop tôt, elles regrettent ou alors elles regrettent pas.
Elles sont comme ça, elles voudraient être putes dans leurs fantasmes bourgeois.
Elles vont à l’usine, elles sont coiffeuses, alors un peu populaire dans leur façon de parler ainsi que dans leur façon de penser.
C’est triste, elles trouvent, moi aussi, je trouve !
Souvent elles sont hystériques et lorsqu’elles pleurent seules dans les toilettes, c’est parce qu’elles sont femmes et ont leurs putains de règles, ou alors elles sont sincèrement désespérées comme d’autres qu’on voit dans une série télé, sauf qu’elles sont moins belles qu’elles…
C’est très très simple finalement tout ça.
Les mecs sont malheureux lorsqu’ils sont seuls, ils veulent des femmes mais pas à la maison, ils veulent qu’elles soient dociles au lit sans pour autant être salopes… et qu’elles ferment leurs bouches tout en leur faisant une fellation…
Quant à elles, elles voudraient se venger des hommes, elles sont toutes les mêmes, quelle destination !
Quel avenir !
Elles pensent, les femmes, en regardant leur homme, lorsque l’amour est parti : « Alors comme ça, je me suis mariée à ça ? C’est ça le poète qui m’avait séduite, c’est ça l’homme qui avait tant de classe avant, qui s’habillait entièrement en blanc, qui parlait bien, qui ne jouait pas à me lancer des sourires moqueurs, qui avait quelque chose à dire. C’est ce porc-là que j’ai épousé ? C’est cet animal-là ? C’est ce machin ? Bizarre. Il ressemble à un homme, il veut m’offrir un café, folle sur le coup je lui fais la bise. Quand je le vois, je repense pas au mal qu’il m’a fait : aux coups de poings dans le visage, dans le ventre, dans les seins, aux crachats, aux insultes, et puis juste après : t’es l’amour de ma vie, je suis rien sans toi… Quel homme pervers il fait là devant moi. Je devais être une moins que rien pour épouser une horreur dans son genre. J’étais aveugle ? J’étais perdue ? J’étais en manque ? D’amour ? De sexe ? Ils ne savent pas aimer, pas plus que baiser d’ailleurs« …
Jusqu’au suivant…, sauf si c’est Quelqu’un d’exceptionnel…
Je me place, là, non ?
De toute façon, je n’aurai pas l’audace de vouloir me tendre un miroir à moi-même je compte sur vous.
En même temps ça m’est égal d’être lu autant tous les jours : en même temps je sais.
Je sais que ce n’est pas ce qu’il faudrait écrire, ce que je pense.
Que je ne suis pas celui que vous connaissez, que vous voyez le pire de moi.
Mais si bien sûr que c’est exactement ce qu’il faut écrire, ce que je pense.
Lorenza-on-web…, a la pudeur d’effacer les textes qui lui font du bien, puis elle poste autre chose, de moins impudique, même si cette impudeur ne se lit pas, que ce n’est qu’en elle, c’est comme ça, même si elle me fait le plaisir infini de me les laisser, moi qui n’aime rien effacer…
Moi je n’ai pas ce courage d’effacer ce qui est écrit.
Ce qui est dit est dit, comme on dit…
Prenez un tueur, il ne peut pas revenir en arrière.
Il vous a volé les gens à qui vous teniez.
Et bien il y a des gens qui font rire (comme Amélie Nothomb) lorsqu’ils écrivent, il y a des gens qui font chier lorsqu’ils écrivent (comme Philippe Sollers), il y a d’autres gens qui assassinent lorsqu’ils écrivent (comme moi).
Je ne sais pas pourquoi, moi qui suis un ange, j’assassine autant.
Peut-être que subir la connerie des autres, ça m’a niqué le cerveau.
Je vous en cause dans ce texticule d’humeurs acides, mais il n’y a pas que la réaction des cons, des crétins, des ahuris, des vautours dans les shows de bagnoles anciennes auxquels je participe dans l’espoir de plus en plus illusoire de vendre des objets rares et précieux à des connaisseurs (le naisseur est de trop dans le mot), des épicuriens savants, raffinés et polis…
Non…, cela remonte bien plus avant, aussi loin que je puisse me souvenir…, comme si j’étais Quelqu’un contre le reste du monde…

 

Chapitre 2

Quelqu’un contre le reste du monde…

Les gens abusent c’est vrai, tout le temps, le monde est un vampire chantait Billy Corgan… et bien le vampire, il t’a eu, il t’a sucé, jusqu’à la moelle, tu vois Billy…, mettre un zéro sur ton t-shirt de Smashing Pumpkins ça n’a pas suffi… 

Anamary m’a dit après avoir parcouru GatsbyOnline : « je te reconnais tellement dans ce que tu écris et ce que tu écris est si juste parfois, pas tout le temps… et en même temps je ne te reconnais tellement pas« …
J’aime aller dans la vie des autres, lire ce qu’ils écrivent, écouter ce qu’ils disent pour voir si ça en vaut la peine.
Mais la plupart ne disent rien d’utile et n’écrivent que des resucées.
Dans mes chroniques haletantes et sensuellement pesantes, je suis le roi de l’autofiction et je provoque des réactions idoines, mouillées ou turgescentes (si, si, je plais aux femmes mais aussi à certains transsexuels, voire à des homosexuels qui voient en mon coté machiste, une âme lesbienne altruiste… et ad-hoc si le tout ne sentait pas déjà le déjà-vu, à peine camouflé… à savoir qu’on en veut à ma virilité…).
Là réside sans doute le bas résille qui blesse : à déclamer ma vie ainsi pour la transformer en quelque chose d’indéfinissable, n’en deviens-je pas finalement indécryptable ?
Et donc obsolète ?
A force de souffrir ma souffrance et de croire qu’elle ne pourra jamais se terminer, ne va-t-on pas trouver là la couleur si sincère et originale de mes débuts tourner au gris ?
Aurais-je perdu ma spontanéité, me serais-je refermé comme une huître, misant tout sur les faiblesses humaines ?
J’ai reçu en ce sens, des é-mails de gens qui me lisent.
Il n’y avait pas de petits cochonnes j’étais déçu, mais il y avait l’é-mail d’une voyante qui me disait avoir tiré mes cartes « comme ça » d’après ma date de naissance et l’heure ou j’ai hurlé ma soif de téter… que j’ai donné par le passé.
Elle m’a dit : « Votre phase d’errance touchera bientôt à sa fin…, vous allez vivre un amour intense et chaotique qui va durer…, quoiqu’il dure déjà depuis cinq ans…, c’est une femme extraordinaire, brune, genre italienne. Alors comme j’ai été très touchée par vos messages de désespoir, je me suis permise de vous donner un peu de mon don de voyance pour vous dire que de bonnes choses arrivent pour vous et sont faites pour durer. Si j’avais vu des malheurs, je ne me serais jamais permise de vous écrire. Je vous embrasse avec mon cœur. Ci-joint ma petite note pour mes petits frais »… 
Je ne donne pas le prénom qui est un pseudo et qui sonne comme Madame Soleil.
Comme Simone Veil.
A qui on a reproché d’ailleurs de tuer les combattants de l’humanité dans l’œuf.
Les morts surtout.
Alors que l’avortement est une bonne chose : le nombre d’hommes sans valeur qu’on a pu supprimer avant même qu’ils soient nés, c’est bien je trouve…
On a beaucoup reproché à Simone Veil d’avoir vécu les camps de concentrations et d’avoir fait de l’ovule fécondé par la suite quelque chose qui n’a rien à voir avec l’être humain.
En clair on lui reprochait ce qu’on reproche d’une manière ou d’une autre aux femmes : la décision prise.
Le choix, le chemin choisi.
Qu’il soit moral ou non là n’est pas la question.
En vous écrivant de cela, je me souvient d’une aventure étrange, amusante, unique…, j’aime l’aventure…, un soir d’il y a longtemps, du temps ou j’étais la moitié de moi-même, en âge aussi, même plus, avant vingt ans, sûrement, une fille extraordinaire m’a dit : je sens que tu es un lesbien éteint, un faux hétéro.
C’est alors que mon radar lesbien s’est mis en route.
Les hommes sont comme ça.
Alors comment c’était comment…, pensez-vous ?
Je commence par la fin…, j’ai eu l’impression d’avoir forcé mon corps à faire quelque chose qu’il ne voulait pas faire et ça n’est pas bien.
Bien sûr elle se régalait, je ne vois pas pourquoi garder le suspens pour la fin, elle aimait ça, elle aimait mon sexe, avant elle d’autres l’ont aimé, ce n’était pas la première, elle n’était pas ma tante, elle s’appelait Rachell.
Dans ma tête je me disais : j’aime ou j’aime pas ?
Je suis un mec lesbien si je le fais ou pas ?
Des questions oui, idiotes.
Idiotes, effectivement si j’étais à votre place en me lisant je serais bien emmerdé…, d’autant que vous ne connaissez pas le début de la fin.
Donc je comprends.
Heureusement que j’y mets de l’humour encore, vous imaginez sinon ?
Bon j’ai aimé et en même temps j’étais sur la planète Mercure (l’hôtel), la planète des transsexuels, je ne venais pas de Vénus mais de Mars, elle venait de Hey-Jupiter.
Elle aimait mon corps et moi j’étais incapable de vous dire si j’aimais le sien.
Je n’étais pas choqué…, juste interloqué.
Comme je l’ai été avec ma première femme (ma tante ne compte pas).
Le pire c’est qu’après l’amour j’aime qu’on vienne me caresser pendant des heures.
Je dois être trop humain, je me sens inhumain.
Et vas-y que je te pelote les fesses encore une fois…
Mais là, non…
Pas de pénétration…, ni d’un coté ni de l’autre, juste sensualité…
Un branlage tout de même jusqu’à… maturation !
D’un coup…
Alors que je m’étais rhabillé, j’avais besoin de me rhabiller tout de suite, elle m’a dit : je te dégoûte ?
En souriant.
J’ai dit : Non c’est moi.
Mais c’était bien et en même temps nouveau donc je n’arrivais pas à savoir.
Je n’arrive pas à vous dire, car : je ne me suis jamais dégonflé (double sens) devant l’obstacle.
Devant le mur.
Devant l’inconnu(e).
Je vous fais chier, tant mieux, le jour où vous ne serez plus indifférent à tout ça, c’est que j’aurai gagné mon pari sur vous.
C’est important.
On ne donne pas son corps non plus à n’importe qui.
Ceux (et celles… mais l’inverse est d’autant plus vrai) qui ont été abusé(e)s le comprennent mieux que les autres : le corps s’il est sacré l’est d’abord pour soi.
Comme j’ai fait, le donner à n’importe qui, c’est quelque chose d’absurde.
Comme dit Tori Amos : Give me peace, love, and a hard cock.
Mais je ne sais pas.
J’ai l’impression d’être dans un rêve alors que je suis éveillé.
Enfin je crois.
Mais si le rêve ne s’était pas terminé, si j’étais resté avec Rachell à recommencer une seconde fois, plus… profondément ?
J’aurais été condamné à la perversion je vous dis.
Piting !
Je veux la paix, je veux l’amour et je veux du sexe crade, de temps à autre…
Mais il n’y a pas que le sexe…
Au fait…, oui… pas de prépuce, même transsexuelle, jusqu’au bout du bout, Rachell elle s’appelait, David sur le passeport…
Le prépuce enlevé, c’est cachère… et en plus propre pour la vie…
Vous savez toutes et tous que j’ai écrit il y a trois ans, en 8 jours, un livre que j’ai nommé « Dictatucratie« , que toutes et tous pouvez lire gratuitement sur www.GatsbyOnline.com (vous n’avez qu’à chercher ou est le panneau/page, ça vous permettra de lire… et médire), ce titre est une géniale invention (si, si…), une contraction de dictature et démocratie…
Je l’ai débité comme un boucher un cochon, au fur et à mesure des attentats de Londres qu’on croyait réellement perpétrés par des sbires de ben Laden…
Faux, c’était au départ une illumination…, en réalité des terroristes manipulés par la CIA et le Mossad…, ce qui m’a fait revenir sur les attentats de Madrid et ceux de New-York.
Avec le temps passant, un ami, ex-truand, mais sympathique crapule, mon brother, Patrick Henderickx, un mec bien, même un peu menteur mais nous le sommes tous, même vis-à-vis de nous-mêmes…, m’a proposé de réécrire mon bouquin, en commun…, pour le meilleur et pour le pire !
C’est comme ça qu’est né le bouquin maudit : « Les Protocoles de Sion« …
On y a tout dit, en écrit, après une enquête de deux ans…
C’était bien Mossad et CIA qui avaient fait le coup !
Simple !
Je vais pas tout réexpliquer ici, achetez le bouquin, il est proposé en ligne sur GatsbyOnline, faut pas trop en vouloir en gratuité…!
Même pas encore en vente fin 2006 que les gens de Sion écrivaient déjà qu’il serait bientôt retiré des librairies !
Durée de vie 3 mois, point !
En mars 2007, fini… pilonnage !
En finale, plainte en Justice et menaces pour antisémitisme, comme anti-séisme, voire anti-séïdes…, sémites &co…
Pire !
J’ai raconté ma famille, mon père handicapé des suites, enfui d’un camp de concentration nazi…
Bandes d’enculés…, je répète, enculés…., la guerre c’était pas que votre souffrance, il y a eu celle des autres, la nôtre, les Français et les Belges non-juifs, mais pas pour autant nazis…, bande d’enculés, pas tous mais vous qui m’avez traité d’antisémite…
Vous confondez les genres…, j’ai rien à voir avec Chatilah, ni avec Chabrah, ni avec d’autres saloperies comme terrorisme Juif à l’Hôtel Roi-David et ailleurs, assassinat de soldats britanniques, de civils aussi, de Palestiniens beaucoup, femmes et enfants sans discernement…, Kol-Nidré après…, le mur de Sharon, la honte des coupures d’électricité dans la bande de Gaza et autres…, y compris la Zion Oil Co qui affiche pomper le pétrole Palestinien au seul profit Juif au nom de D’…, en chansons, psaumes et pitreries…
J’ai pourtant aimé Exodus…, le film, je précise, qui m’a fait pleurer la honte…, que même je voulais m’engager, travailler en Kibboutz, saluer l’étoile de David…
Piting d’enculés…, j’ai même crié ma joie quand vous avez mis la pâtée aux Arabes durant la guerre des 6 jours…
Oui…
J’étais con…
J’ai été con…
Mais vous en avez trop fait !
A force de lobbying pour faire passer des lois condamnant jusqu’à la liberté de penser et de remettre en cause, les choses, les perspectives…, à force de voir la Druckérisation galopante des émissions télés, la Bruélisation bêlante des variétés, les copinages, embrassades entre-amies-amis, tous frères…, lobbying partouze, menaces, corruptions, chantage de procès et faux attentats…, j’ai senti avant tout le monde qu’on nous parquait toutes et tous dans un Guantanamo-bay-camp universel de la pensée unique, le nouvel ordre mondial avec Jérusalem-hébreu comme capitale !
Là, non, là c’est trop !
J’ai plus aimé les Rachell’s du coup, j’en avais déjà connu un…
Ca suffisait, même si c’était un amalgame, je vous copiais…
A force de trop en faire, à force de lier le monde style pire que sadomasochiste, vous avez créé l’envie de tout remettre en question…, trop de lois en obligations forcées, sans besoin, hors nature, on pousse à la révolution, au ras-le-bol…, pareil qu’en ’33 et suivants…, vous auriez du retenir la leçon, sauf si comme on dit…, ça vous arrange quelque part d’être martyrs !
Car, en fait, en réalité, vous avez renversé les rôles…
Ce qui suit…, remplacez Juif par Palestinien et c’est presque la même situation…
Non ?
Pas sûr, si pas aussi crûment, au moins aussi psychologiquement…
J’ai lu Céline aussi…, prophétique, un génie de l’écrit…
Les Chrétiens ont fait pareil avec Galilée, et pourtant elle tourne vraiment…, là c’est pareil…
Tuer un génie pour son talent, au nom d’une idéologie !!!!
D’autant, que vous en rêvez, hein mes chéris, de l’apothéose finale, l’Arguamédon, Gog et Magog ?
L’atomisation de l’Iran, Israël enfin comme le symbole de son drapeau, David entre le Nil et l’Euphrate, l’antéchrist américain sous les traits de Bush…, la jouissance ultime, l’or, les banques, l’argent, les titres, le pouvoir…
Le prix du carnage ?
Nous !
Moi aussi !
Pas d’accord…
Et là, c’est quoi ces tours qui brûlaient à New-York ?
Comme des cheminées qui fument et puent ?
C’est nous qui Bruélons ? ou c’est nous qu’elles brûlent ?
Tu croyais, toi qui me lit, abruti, que c’étaient des usines ?
Non, la neige qui tombe sur toi c’est de la cendre et dans les conduits c’est de la graisse et c’est nous qu’ils brûlent parce que…, parce que ben je ne sais pas trop pourquoi, mais ils nous détestent tout en ayant besoin de nous, de la puissance militaire américaine et de tout l’or du monde…
Au nom de D’… qu’ils n’osent même pas écrire Dieu !
Piting !
J’enrage !
En Pologne aussi en avant-guerre, que c’était déjà la guerre.
Les Polonais, j’en connasse un, président, qui a autodafé mon livre, en plein Parlement Européen…
J’ai connu un Polonais-Juif, si, si, il y en avait plein, un gentil garçon qui mentait comme il respirait, presque un futur Pape…, voire un futur Président au Parlement Européen…, j’ai écrit « Presque » !
Le mec m’a dit : ils font chier avec leur Auschwitz, leur Birkenau, leurs faux sentiments à la gomme. On ramassait les cadavres avec des crochets, on plantait des cadavres maigres, parfois à moitié brûlés déjà. On les mettait les uns sur les autres, ça donnait des visions Dantesque. On mettait le feu, on abattait les femmes, les enfants, on leur mentait aux Juifs nobles, pour qu’ils rentrent dans les fours, bien sûr ils n’étaient pas dupes lorsque nus ils rentraient vivants dans les grands fours. Ils étaient entassés nus et vivants dedans, ils pleuraient et étouffaient. On leur donnait du savon et on leur disait de respirer le gaz qui était un désinfectant. Et lorsqu’on ouvrait les portes, un tas de corps morts s’effondrait. Ils étaient tous allés frapper les portes. Certains étaient encore animés de spasmes. Peu d’entre eux avaient envie de penser à tomber amoureux. D’autres fours servaient à brûler les cadavres. Dans les baraquements, elle est morte avec sa soeur après son journal intime, du typhus. Elle, elle avait onze ans, sa famille fusillée devant ses yeux, elle était cachée. Elle est allée dans la forêt, pendant deux ans elle a vécu toute seule, elle délirait triste. Elle n’était qu’une enfant. Un jour un soldat Allemand qui passait par là a voulu la violer. Il l’aurait violée et il l’aurait tuée après si elle ne lui avait pas planté son couteau dans le ventre, à douze ans. Elle racontait ça des années après en pleurant. On jouait parfois de la musique pour des exécutions. Il n’y avait pas de Tuning, ni de SMS, ni de portables, juste la mort. Les enfants étaient envoyés à la mort par milliers. On enterrait parfois les gens vivants pour aller encore plus vite. On brûlait les tétons à vif. Les scientifiques, une odeur de cochon grillé qu’ils disaient en s’amusant. Le corps était démembré. Bien sûr les crochets croustillaient la chair des cadavres à moitié calcinés. D’un camp à droite et à gauche. A droite la vie, à gauche la mort. On arrachait la peau. On transformait la vermine à l’état de matière première.
L’horreur…
Il a survécu mais il n’arrive toujours pas à en parler autrement.
Il a survécu, mais il faut savoir comment…
Soixante ans après, sauf qu’il dit qu’il était Kapo, Juif, qu’il l’a fait pour sauver sa peau…
Il chante à la Synagogue, Kol-nidré…, Kol-Nidré…
Si, si…, il ose…
On lui a tout pardonné, l’a eu des médailles, l’a même défilé devant le roi des Belges, qui s’en est pas ému vu que son Grand-père, arrière, Léopold II, a fait pire, 10 millions de noirs contre 6 millions de Juifs au moustachu…
Pourquoi Hitler et pas Léopold ?
De toute façon tout le monde roule en voitures allemandes, surtout en Israël, même que la Présidente Germaine, Merkell, elle veut pas contribuer à plus d’écologie automobile et menace…
Piting, c’est quoi ce monde de tarés ?
Et pendant ce temps, nous, on crève…
Mourir dans un camp ou mourir de crever, c’est mourir quand même…
Il a quoi mon Papa, comme pension, pour avoir sauvé des Juifs, donné une jambe à sa belge patrie ?
300 euros par mois !
Et il y en a qui gagnent 5 à 10 fois plus et qui font grève en bloquant les trains…
Piting de syndicalistes…
Finalement, hein, tous pourris, chacun, chacune pour soi et le monde au diable…
N’empêche qu’en passant, à les voir, décorés, les ceusses de Kol-Nidré que c’étaient eux mais pas vraiment eux qui avaient poussé leurs frères et soeurs dans les fours…, en passant, les gens faisaient un signe étrange, un doigt sous la gorge, de gauche à droite, pas plus, parce qu’avec les lois antisémites, ils risquaient un procès…
Critiquez pas, malheureux, une marque dans laquelle se véhiculait Hitler, on a préféré voler et tuer le père Peugeot…, plus facile…, pareil quand Focke-Wulf à racheté Spitfire… (lisez BMW a racheté Rolls-Royce), ils ne comprenaient pas les gens…, mais ils ne peuvent rien dire non plus…, que ça n’a servi à rien de mourir à la guerre ou d’en revenir handicapé, comme mon père…
Je termine l’histoire du Polonais…
Dans la rue, lorsque les américains sont arrivés, libération, libération…, le Polonais a tiré dans le visage de son bébé et ensuite comme le sang a arrosé le visage de sa femme et qu’elle hurlait, paniquée, elle a laissé tomber le corps de l’enfant par terre.
Le Polonais a donné un coup de talon dans le visage qui n’était plus qu’une bouille de sang et de chair.
La mandibule avait éclatée en morceaux.
Le Polonais n’a pas tué ensuite la mère juste pour la souffrance, la jeune femme de vingt-six ans, devant le petit garçon qui n’avait que la moitié de sa mâchoire éclatée, garçon qui est devenu un homme après la guerre jusqu’à aujourd’hui pour qu’il raconte : les nazis arrivaient, montaient l’escalier, les bottes claquaient, tac tac tac, Maman a préféré se tirer une balle dans la bouche, paniquée…, lui, Papa, il a sauté par la fenêtre du deuxième étage : juste le poignet foulé.
La chance.
Kol-Nidré je vous dit…, Kol-Nidré… et c’est loin d’être fini !
Pour en arriver là : il parle d’Auschwitz, Birkenau, z’avez-lu comment ?
En quels termes !
Que faisait Jésus pendant ce temps-là ?
Hein ?
En chemise jaune et cravate de circonstance ?
Non ?
J’ai pris un quatrième rendez-vous avec mon psy pour avaler toutes les saloperies de la vie, je ne sais pas si ça me fait du bien mais quelque chose à changé : j’ai laissé dire le Polonais, ses commentaires.
Je ne me suis même pas mis en colère contre lui.
Piting de vie…
Bienvenue sur Terre.
Les humains à défaut d’être tous racistes sont pétris de bonnes intentions souvent, ça fait des bombes atomiques et des femmes noires violées et étranglées ensuite, laissée près des cimetières, certainement pour qu’on les enterre plus vite.
Le Polonais a dit au Juge : elle a dû jouir avant quand même un peu…
Cynique.
Il semblait ne pas réaliser l’horreur de la situation.
On a dit qu’il avait des circonstances atténuantes, qu’il avait du travailler comme Kapo dans un camp de concentration…, ce n’était qu’une noire…, a renchérit un Rabbin, même pas Juive
Vous pensez quoi ?
Comme moi ?
Faites gaffe…, c’est antisémite, comme critiquer Drucker !
Charlène voulait nourrir mes écrits et mes photos des gens que je rencontrais…
Kol-Nidré !
Charlène me disait qu’elle avait le clitoris percé.
Je ne l’ai pas crûe.
Elle m’a montré vaguement, en effet, et pas que le clitoris, le nombril.
Dans ma tête je savais que j’étais dans une autre voie, parallèle d’ailleurs, pas mieux, celle des éternels affligés.
Si Dieu existait et qu’il comprenait les pensées d’une jeune femme, il pourrait comprendre son désarroi face à la chair qui a poussé de la terre comme les arbres et le reste.
Le Polonais lui disait : quand tu caresses l’écorce des arbres, tu caresses le torse d’un homme. 
Il  trouvait que les térébinthes sentaient le sperme.
Une odeur de foutre, je cite….
La pureté lui donnait le vertige, son corps vieillissait, il l’avait perdu.
Tout n’est que Sexuel.
Charlène me racontait les attaques sexuelles du Polonais…
Le Polonais avait une réputation de coureur de jupons, il allait au bar et saluait les hommes qui jouaient au poker à table, il buvait un rouge, c’était un original.
Les vieilles mères ne l’aimaient pas.
Sur les murs, les maisons défaites, ça sentait l’urine, une odeur d’urine de bière.
Il n’aimait pas Charlène : ses seins en avant, son cul bien en arrière pour tordre, il l’a tordue dans son âme.
Dans tous les sens du terme.
Je ne comprenais pas pourquoi la sexualité était un cas de conscience.
Pourquoi l’importance se disputait à la gaudriole et au néant.
Le pire c’est la fausse pitié.
N’ayez pas pitié juste de vous-même lorsque vous donnez votre pitié à une femme violée, parce que la société ne sait pas en parler.
C’est toujours selon des limites rigides, des codes pour faire propre.
Un viol ce n’est pas propre, comme tuer une femme Noire, mais les deux en même temps, ça a des circonstances atténuantes…
Cette femme noire n’aurait jamais dû mourir et j’ai pleuré ce jour-là : elle est morte dans d’horribles souffrances.
J’avais du chagrin pour moi et pour elle.
Qu’on viole puis qu’on tue, jetée près d’un cimetière.
Je jouais souvent près d’un cimetière, petit homme.
Les morts étaient les derniers êtres de la planète à pouvoir me faire du mal.
Sa famille a dû avoir tellement de peine et de chagrin.
Je ne sais pas comment ils font pour supporter.
La mort d’une mère Noire violée et assassinée justement parce que les autorités font moins de zèle avec les femmes noires violées et assassinées qu’avec ceusses de certaines communautés.
Kol-Nidré, piting !
Anamary m’a dit : il faut briser nos chaînes mais la société ne veut pas : l’homme seul et intelligent lui fait tout pour que ses liens se brisent et qu’il devienne enfin libre, il faut être libre.
Il te reste encore tes propres chaînes, Anamary, les chaînes sociales, tu as réussi ma belle à les enlever.
C’est vrai, je suis très fier de ça : des gens ont envie d’être méchant avec moi quant ils me lisent.
Pourquoi ?
Le narcissisme imposé ?
La façon d’imposer certaines choses ?
Anamary m’a dit encore : tu écris des choses pures, même les machins sexuels finalement mon amour, tu es mon amour encore oui même si c’est fini et je suis bien sans toi comme j’étais bien avec toi, tu comprends quelque chose à cet étrange sentiment ?
Non bien sûr, tu es très jeune encore ma belle.
Tu te crois sortie de la cuisse de Jupiter.
On me dit beaucoup de choses pas justes, je dois supporter beaucoup, beaucoup, beaucoup, de choses pas justes, je ne dirai pas que je subis beaucoup d’injustices, je dirais de choses pas justes, la chose atténue.
Anamary, tu es sortie de quelle cuisse, toi, pour me dire ça ?
Allons-y.
Charles Trenet ne jouissait qu’en se masturbant.
Edgar lui pinçait les tétons c’était tout.
Trenet jouissait, hop !
Puis se nettoyait.
La sodomie, il n’avait plus l’âge des exploits.
Bien sûr, je fais du mauvais esprit, honte à moi.
Honte à moi de raconter ça, qui est vrai.
Trenet amenait de jeunes garçons, à l’époque c’était pas encore de la pédophilie, tout au plus de la pédérastie.
Des jeunes, aujourd’hui les associations contre les viols d’enfants hurleraient d’horreur.
Des momies du Pérou.
Elles auraient tort car : monsieur fais-moi l’amour, fais-moi l’amour….
C’est logique.
Trenet ensuite mettait un peignoir blanc, je crois, et allait jouer au piano des mélodies.
A Cabourg, avec son frère de lait, Edgar couchait aussi.
Trenet ensuite chantait « la mer« , « douce France« , « y’a d’la joie« …, j’en connasse un autre qui chante les mêmes chansons…
Kol-Nidré aussi, piting !
Proust dans son lit qui ne vivait plus que dans son lit, etc etc.
That’s it…. ist’nt !
Si on savait comment couchaient les artistes, ce qu’ils font vraiment dans leur intimité… et pas leur intime, arrêtez de confondre par pitié, on les écouterait avec une autre oreille c’est certain, vous ne supporteriez pas, comme moi, que ces ceusses-là, pourris viennent faire morale après chansons-pognon !
Mais c’est bien de ne pas tout savoir.
Comme moi, j’ai la ferme intention de jouir dans peu de temps… et pas que de me relire !
Katia est une des amantes d’Anamary, elle a vingt-sept ans.
Elle a été élevée dans la religion musulmane.
Elle m’a embrassée hier soir sur la bouche avec la langue, comme je n’étais que mélancolie cabossée, je me suis laissé emporter par ce flux, par le flux de la tendresse.
Douce.
J’ai aimé ce baiser car elle embrasse bien.
Je suis un mec, je lui ai dit : et tu es l’amante d’Anamary…!
Elle n’a pas voulu entendre ce fait, elle a fait comme si…
Faire comme si.
En fait elle nous voulait ensemble, Anamary, elle et moi…, un fantasme !
Son père est musulman.
Sa mère est musulmane.
Couverte de la tête aux pieds, hiver comme été, printemps comme automne.
Burka !
La prière plusieurs fois par jour.
Se nettoyer les oreilles, la bouche, les pieds, les mains.
Dieu a besoin de tout ça ?
Il faudrait lui demander personnellement.
Car voilà le message véhiculé : même si être lesbienne est marcher dans la voie du péché, il me semble que dans n’importe quel texte religieux Dieu dit : choisi…, choisi ton chemin, quel qu’il soit.
Mais, il y a pire que l’eau froide, il y a l’eau tiède.
C’est pire.
Katia ne croit pas en Allah.
Elle l’emmerde, d’après ses propres dires.
Elle emmerde ses frères aussi, qui surveillent ses moindres faits et gestes avec les garçons : ils sont cons, m’a dit Katia, parce qu’ils voulaient que j’aille avec les filles, ils ne savaient pas que j’étais lesbienne. Quand on leur a dit, je me suis faite casser la gueule…, par mes propres frères !
Elle ne les voit plus aujourd’hui.
J’avais pris un café-crème et elle un café normal.
En soirée, je l’avais vu boire des Mojitos, elle avait fait un concours idiot et pas drôle à mon sens.
Elle était avec Anamary : il faut faire attention aux requins-femelles qui nagent dans les rues.
Dans l’air aussi.
Katia m’a parlé très ouvertement et très franchement de son histoire.
Elle n’a rien d’ouvertement féminin (sans jeu de mot), seul son visage la trahit.
Mais elle s’habille maintenant comme un garçon.
La plupart du temps, les androgynes ne sont ni beaux ni moches, ils sont…, alors qu’elle, c’est une fille androgyne mais belle.
C’est rare.
Je me sentais à l’aise : j’avais l’assurance que mes histoires les plus sombres n’allaient pas être mal jugées ou mal interprétées.
Je n’ai pas été jugé avec Katia.
Et donc en retour je lui ai rendu son cadeau : je n’ai pas jugé.
Contrairement à une vieille soirée avec des syndicalistes.
Ils font beaucoup de notes de frais, ils trichent beaucoup dans leur propre métier pour l’argent, à leur place j’en ferai autant mais moi ça me dépasse qu’on puisse accepter un système pareil.
Que l’hypocrisie soit devenue drôle et amusante à pratiquer.
Périlleuse mais fun.
Un gros type qui buvait sur sa chaise disait : j’ai fait passer plus de mille euros de faux frais de déplacement alors que je suis resté chez moi à bouffer du cassoulet… et ils n’ont rien vu dans le site, au bureau.
Ce soir-là, aucune femme ne m’a dragué et heureusement, je n’étais pas d’humeur (vous allez dire que je suis rarement d’humeur mais c’est faux).
Rires : ahahahahahahahahah !
Ils ont rit à son discours au type.
Ensuite, avec des airs intéressés de spécialistes concernés, ils disaient que les sites allaient fermer, que la Chine… etc etc.
Les bouteilles de vin se vidaient sur la table.
Ils se bâfraient.
J’en restais cloué de mutisme sur ma chaise.
Le rire fait passer beaucoup de choses.
J’adore rire d’ailleurs.
Surtout quand on me plante un couteau dans le cœur.
Katia me parlait souvent des garçons de sa cité qui se moquaient d’elle parce qu’elle faisait la fille-garçon et que ça ne marchait pas.
Elle voulait se battre.
Elle était émue en parlant de tout ça.
Ses parents voulaient la faire soigner de son lesbianisme en la renvoyant en Algérie avec au programme : apprentissage intensif du Coran, enfermement chez un oncle et une tante pour qui elle aurait dû faire la cuisine et le ménage.
Mais elle s’est défendue.
Ses frères l’ont humiliée, ils lui ont craché dessus, ils auraient voulu la tuer, comme une certaine Pakistanaise, il y a quelques mois.
Sûrement qu’ils étaient pervers.
Qu’ils devaient rêver sexuellement de leur soeur, qu’ils avaient envie de la prendre, sinon pourquoi un frère cracherait sa salive puante sur le corps de sa soeur ?
Allah est décidément un sacré lâche, il n’a rien à envier à Buddha, à Jéhovah, à Jésus.
Un Sacré, oui, mais un sacré lâche.
Katia m’a dit : Allah c’est un mensonge des hommes pour tenir les femmes en laisse, pour les baiser et les violenter, qu’elles acceptent leurs délires sexuels. Comme Jésus, il a été inventé pour être interprété à l’infini, par tout le monde, tout le temps partout. A Lourdes il sert à vendre des statuettes, dans les églises, il sert à vous donner bonne conscience. Ou alors aux commères du coin de se réunir pour parler…
Un air triste de guitare seule aurait eu le même effet dans mes oreilles que ce baiser tendre.
Il m’a fait du bien.
Il m’a donné envie d’aimer les gens.
Il m’a donné envie de pardonner à ceusses que j’ai décrit avec virulence dans mon texte ci-avant…, un baiser Arabe pour pardonner aux Juifs…
J’ai eu envie d’attendre encore, d’être dans ses bras.
Je ne l’ai pas invitée chez moi, sinon je crois que dans la ligne de la mélancolie, j’aurais couché avec elle. Je lui ai promis qu’on se reverrait.
Elle sait qu’Allah est trop petit, trop bas pour moi.
Que je ne peux pas.
Qu’il faut écouter ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas.
Que la mélancolie est douce et qu’il faut en faire du sucre dans le sang, en évitant si possible le diabète.
J’ai aimé parce que, chez moi, je me suis assis en pleine nuit en regardant un film, un de mes films préférés et que Katia devait rentrer chez elle, avec en tête ce qu’elle m’a raconté.
Et puis j’ai imaginé notre table, avec les tasses des cafés encore fumantes.
Mais nous n’étions plus là….

 

Chapitre 3

Quelqu’un contre le reste du monde…

Le nombrilisme est la gloire de l’inhumanité humaine.

Depuis Montaigne, on sait enfin décrire l’humain, particulièrement la connerie humaine.
Elle fait la fortune des uns, elle est le génie des autres, elle est aussi un puits sans fond de bêtises. Pourtant le monde est pessimiste, l’atmosphère des jours est noire et les nuits blanches de cauchemars. L’angoisse se vend bien, l’optimisme non. Les médias ne parlent que des vainqueurs, mais c’est souvent miracle de gagner.
En fait tout le monde perd, c’est la finalité de l’activité humaine.
Fidèle à moi-même, j’ai résolu, après quelques verres de Battida de Coco, hips!, de vous écrire quelques conneries complémentaires, rien de moins qu’une narration de la vie sous un angle syncrétique qui vous déroutera en ce chapitre 3.
A quoi reconnaître une véritable connerie ? Qu’est-ce qu’un non-évènement bidon ? Comment sort-on du crétinisme ambiant quotidien pour peser aussitôt lourdement sur celui-ci ? Y a t’il quelques choses de commun entre l’émergence d’une imbécillité et l’apparition d’œufs de Pâques à Noël ? Pourquoi les vrais cons ont-t’ils le charisme de beignets réchauffés ? En une phrase ; comment l’histoire humaine bifurque-t’elle de l’état de salades vers celui de loukoums ? Autant de questions noires qui vont maintenant hanter vos nuits blanches. Je vais m’évertuer à éclairer l’intérieur de vos boîtes crâniennes avec humanisme et érudition, mais surtout avec passion, avec la faconde et l’inventivité dans la narration qui me rapprochent parfois du poète ou de l’oracle. Mon décodage de la connerie des beaufs bœufs se veut un soutien à la compréhension de notre époque bouleversée et bouleversante, dont la richesse m’émeut jusqu’à l’érection, tout comme le rameau s’élance de la tige… faisant surgir l’imprévisible ou la nouveauté apparaît. C’est que l’hypermédiatisation de la non-actualité-spectacle me pose des problèmes de con-science. C’est qu’on a souvent plus que l’impression qu’on est dans une situation parce qu’on l’a dit dans le poste et écrit dans les feuilles de choux ou ne naissent pas les vraies réalités. Un évènement qui n’est pas spectacle, n’est pas un évènement. Aristote a répondu à cette question angoissante au IV ième siècle avant Jésus Christ qui n’a jamais existé. Pour Aristote, l’essence (qui n’existait pas à cette époque) du spectacle, c’est la terreur et la pitié. Rien d’autre à dire ?Et la barbarie de ces prises d’otages, de ces décapitations filmées et diffusées sur le Web ?A rapprocher de ce qui s’est passé à l’école de Beslan, en Ossétie. C’est de la barbarie, en effet, que de mettre à mort des groupes d’enfants, mais n’oublions jamais que nous avons fait beaucoup mieux en Occident. 14-18, 40-45, Hiroshima et Nagasaki, la Shoah…
Nous ne sommes pas des non-barbares, nous sommes les barbares majeurs du XXième siècle ! Par ailleurs, le massacre des innocents est dans notre culture, il figure dans les textes soi-disant sacrés. L’immolation des enfants se faisait à Carthage en sacrifice au dieu Baal. L’homme est le seul animal avec le rat, à perpétrer le meurtre dans sa propre espèce. Mais il y a un progrès, une évolution de l’humanité, notre société fait l’éloge de la connerie qui est devenu un art : l’art d’être totalement con, mais aussi l’art de prendre les autres pour des cons.
Des plus cons que soi, bien entendu, mais qu’entendent encore les rois de la masturbation des masses ? Le progrès qui résulte de cette jouissance molle, c’est que nous sommes scandalisés par le massacre de nos innocents, mais pas innocents de nos massacres envers les autres… Comment voulez-vous extirper la connerie qui est ancrée au plus profond de notre imbécillité lorsque, regardant benoitement le « Journal » de 20 heures de TF1, on voit et entend le grand patron de cette chaîne télévisuelle française expliquer dans une interview hallucinante, que les programmes diffusés par « sa » chaîne ne sont destinés qu’à préparer mentalement les spectateurs à capter les messages publicitaires….Dans quel paysage culturel vivons-nous ?Maintenant, les cons (et connes) qui regardent les conneries « à la télé » savent qu’ils (et elles) sont les esclaves de la télévision…
Mais, abrutis par la connerie, qui pourra encore rompre ses chaînes…?
Se déchaîner…, en se déchaînant sur la bêtise…Ce qui a suivi cette interview fut un ode à la déshumanisation…C’était une suite d’image, une jeune fille blonde, une fausse belle, le nez en trompette, la joue rose, l’œil absent, un côté cochon de lait, un côté porcelet, avec la petite voix mécanique d’un Pokemon à pile. La fille s’appelait Britney Spears.
Elle était chanteuse de salle de bain, et aux dernières nouvelles elle serait maintenant chanteuse de bains-douches.
Elle donnait une interview (TF1 aime les interview) en chiquant, en faisant plein de nœuds dans sa bouche et des moues de petit porcelet… et elle répondait à un journaliste avec tout cet aplomb que donne une profonde stupidité. A une question sur la politique américaine en Irak, elle n’a pas froncé les sourcils, elle n’a pas cessé de chiquer, elle a juste dit ; « Un peuple doit être derrière son président« …
C’était de la bêtise.
D’imaginer cette créature toute rose derrière George W. Bush confinait à la zoophilie !Plus tard le dit porcelet a voulu montrer qu’il avait beau, d’un point de vue artistique, tenir plus de la praline d’aéroport que de Robert Shuman, il n’en savait pas moins ce que c’était que la révolte…Alors, à l’issue d’un concert un peu chiant avec Louise Ciccone (une star déclinante des années quatre-vingt qu’on connaissait à l’époque sous le nom mégalomaniaque de Madonna), les deux fifilles se sont roulés une pelle.
Hou!
Les vilaines. Une pelle comme ça, c’était encore moins d’avant-garde qu’un petit-suisse. C’était un peu triste à voir.
On sentait pourtant que c’était important pour elles d’avoir roulé une pelle en public, et tout et tout, et que le monde s’était contenté de bailler un grand coup (le même bâillement lorsque Janet Jackson a montré un sein un peu mou orné d’un téton enserré dans un bijou sadomasochiste, sous les projecteurs)…
Après ça, d’ailleurs, Louise a encore changé de nom, de Madonna elle est passée à Esther et elle est partie avec Marla Maples, l’ex-femme de Donald Trump, en Israël sur les traces des cabalistes…Démonstration voulant que c’est quand on s’ennuie ferme qu’on commence à être grossier…
En réalité, c’est du business, la communauté Juive étant importante, c’est ainsi un moyen d’en attirer les bons offices et par la-même d’engranger des contrats et des ventes, comme cela se passe à la télévision franchouillarde, Druckérisation Bruélisante…, les amis et amies de nos amis et amies sont nos amis amies…
Serions-nous à ce point aveuglés par notre bêtise, pour ne pas voir la grande ombre noire se déployer au dessus de nos têtes ?Serions-nous à ce point arrogants de nos siècles de dominations occidentales, pour ne pas pressentir la menace d’un retour aux religiosités diverses que l’on croyait contenues par l’éducation et l’intelligence, mais qui ambitionnent à nouveau de nous imposer le grand bond en arrière d’un néo-obscurantisme ?Serions-nous à ce point oublieux, pour ne pas nous souvenir que cet attirail répressif se compose toujours, immanquablement, d’un pouvoir revendiqué sur les moeurs, la morale, l’enseignement, le code pénal, ainsi que de censures et de dogmes mélés ?Serions-nous à ce point abétis et manipulables, pour ne pas pouvoir réagir à la dictatucratie qui nous gouverne peu à peu, qui soumet toutes personnes au nom d’une transcendance, à une police de la pensée et un stérilisant quadrillage des esprits que les religiosités ambitionnent de finaliser en place ?Serions-nous assez pusillanimes pour ne pas nous raidir, ici et maintenant, contre la théocratie rigoriste qui pointe le museau ?L’heure est grave, mais nul ne sonne le tocsin, nul ne donne l’alarme, nul ne donne à quiconque une vision réelle d’un avenir sombre. Politiciens de tous bords, honte !Honte de n’agir qu’à court terme, à courte vue, privilégiant de consolider vos pouvoirs et pots de vins…Honte !Il n’y a pourtant pas de sournoiseries dans le chef de ceux qui veulent privilégier les droits de Dieu au détriment des droits de l’homme. Ils mettent cartes sur table, ils annoncent la couleur, et quand ils se mettent à gagner des élections, ils font claquer leurs étendards et crient « Dieu est grand« …Pour ces gens-là, la religion doit être comme l’air que nous respirons, elle doit nous imbiber, elle doit déconstruire ce que la raison a mis quelques siècles à construire, elle doit récuser le libre examen, elle doit pénétrer les cerveaux, les cœurs et le ventre des femmes, réceptacles comme ils disent, d’impuretés et de turpitudes…La honte !C’est à dire, comme chaque fois que se profile « l’Infâme » cher à Voltaire et, quel que soit son déguisement, à le combattre à visière relevée, sans abuser de ces lubrifiants oratoires utilisés par les politicards de tous bords, lubrifiants spermatiques qui poissent les argumentations pertinentes…Bref, ce tableau des perfidies premières du monde étant brossé, il faut en venir tout naturellement à ce qui abasourdit notre quotidien. Et ce qui l’abasourdit c’est l’effet miroir de nos turpitudes, et l’effet miroir des turpitudes des autres. Nous glissons vers une nouvelle guerre des religions, une guerre des religiosités. Il est faux et dangereux, en toutes circonstances, de penser qu’une raison d’opportunité puisse altérer une exigeance. Il faut remettre perpétuellement en cause toutes les idées, principes et constructions spirituelles qui marquent les étapes de la trajectoire humaine afin d’atteindre à la liberté, la vraie liberté, c’est à dire l’exact contraire des religiosités faites de dogmes et de croyances dévotes à des choses stupides qui le deviennent encore plus au fur et à mesure que l’intelligence rayonne. Les religiosités sont l’obscurantisme.
Qui sommes-nous ?C’est sans doute la plus vieille question de l’humanité.
L’homme, animal doué de raison (de déraison aussi) aime beaucoup s’inquiéter de lui-même. Sans aucune pitié pour nos angoisses, les autres, indifférents, nous balancent en pleine face la question de l’identité et de la différence.
Toujours dans l’indifférence…C’est une kermesse de l’atroce banalité et de la banale atrocité. On croise au hasard de la vie, et dans le plus grand désordre (mental aussi), des enfants, des trisomiques, des transsexuels, des femmes qui voudraient être laides, d’autres qui voudraient être belles, des affairistes secoués, des fonctionnaires délateurs de mauvaises idées, des cons, des demis-cons, des plus-que-cons, des génies (souvent méconnus) et quantités d’autres…Beaucoup allument chaque matin un cierge (voire un chandelier à 7 branches, ou les deux en même temps pour être certain d’aboutir, comme Madonna…), en espérant un miracle. C’est souvent à ce moment de candides bêtises, que les êtres humains deviennent inhumains de cynisme bienveillant d’eux-mêmes, leurs émotions dévoilant leurs failles intérieures. Ils parlent, ils avouent faussement, trahissent et s’offrent, donnent à voir leur corps et leur âme qui n’existe que dans leurs croyances pour s’aider à vivre puis mourir.Ils donnent à voir les coulisses tortueuses des êtres humains inhumains… et nous nous mirons en eux avec un point de vue vertigineux et confus, dans une dramaturgie ou chacun s’excite dans son personnage. Alors, ces reflets de non-âmes en détresse font virer les relations en conflits, en disputes, ou au contraire en des moments de grâce portés par une musique intérieure…Souvent hélas, ça joue faux. Décalés, vous qui ne vous sentez pas à votre place, frustrés, inadaptés, râleurs, cyniques, désabusés… , sachez qu’on est tous jeunes puis moins jeunes avant d’être vieux et de mourir. C’est l’inéluctable de la condition humaine. On est à peine nés qu’on commence à mourir…La pulsion de vie ne s’éteint pas avec l’âge, même si on sait qu’on va mourir dans quelques heures, jours, mois années… Le temps ne fait rien à cette affaire de dupes…Au moment ou votre rein gauche sera encore plus pourri que le droit, que vous agoniserez en vomissant le monde et son cortège de conneries, vous parviendrez encore à répondre à un autre dont les poumons cancérisent de nicotine publicitaire d’illusion qui vous demandera ; « Ca va vous ? »…. « Oui très bien juste un petit calcul au rein, et vous ?« …. « Oh!, juste une angine« …L’art de rebondir…Avant d’être si loin, il reste la capacité que nous avons de rebondir après (ou pendant) un malheur.
J’ai moi-même vécu une grande blessure, des faits tellement intenses que j’ai été déchiré, que je ne pouvais plus comprendre les raisons de la bêtise humaine, la mentalité des fonctionnaires gestapistes, les méthodes inquisitoriales d’une justice déshumanisée.
J’étais hébété au point ou j’ai même pensé me suicider…
Ce ne fut que l’espace d’une nuit…Je me suis dit, toujours lucide, mais devenant déjà amer et caustique : Ou bien je me suicide, ou bien je reste dans cet état, et dans ce cas je vais souffrir d’un syndrome psychodramatique qui va affecte le reste de mes jours…Ou alors je rebondis sur la connerie humaine, sur les institutions héritées du nazisme (nos administrations…, fonctionnaires je vous hait)… et je revis…Il n’a pas été facile d’inscrire cette déchirure traumatique dans mon histoire, elle vit toujours en moi comme si c’était encore aujourd’hui.
Des flashs d’images me reviennent et certaines nuits quand je m’endors, des cauchemars mettent en scène ce que j’ai vécu. Si je restais dans cet état la vie allait perdre son goût, j’allais être prisonnier d’une certaine horreur, j’allais perdre le statut de personne anormalement normale…J’ai rebondi…
Je suis devenu « normophobe« …Les « normopathes » ne croient qu’en eux, ne supportent pas les histoires autres que normales.
Les « normopathes » croient en dieu (qu’importe le dieu, le leur est le seul vrai), croient en la justice, saluent les politiciens et sont en extase devant les rois et reines (même de la connerie), princes et barons (même de la drogue), imperators et empereurs (même du crime), pourvu qu’ils peuvent continuer de fonctionner. Les « normopathes » ont une gourmandise sadique de ce qui arrive aux autres(surtout quand c’est de leur faute), les « normopathes » comprennent tout de travers et posent des questions absurdes en suivant leur manuel politiquement correct…Les « normopathes » ont la pitié facile, donnent un cent d’euros pour aider les « pauvres » à vivre en leur disant : Avec ce qui vous est arrivé, vous ne pourrez jamais vous en remettre, mais priez, dieu vous viendra en aide, et sitôt passé le coin de rue, ils vous dénoncent…Inutile donc, pour un « normophobe« , de parler ou d’écrire à de quelconques « normopathes« …Par contre, on peut écrire au monde (pas le journal, quoique…).En écrivant, on s’adresse au lecteur parfait, à l’ami invisible, celui qui va comprendre. On ne pense pas l’écriture de la même manière que quand on parle.
Dans l’écrit on cherche les vrais mots, on les agence pour en faire une représentation, un roman, un texte, un message, un essai, un témoignage…, qu’on adresse à cet ami invisible. Ce travail de la main, tout comme une masturbation, permet petit à petit de donner à son monde bousculé par le traumatisme, une jouissance. J’ai vécu l’extinction de mon psychisme, j’étais mort…Puis je suis revenu à la vie en même temps que la vie revenait en moi. J’ai été contraint de me redévelopper avec ce qui restait de vivant en moi : la rêverie, l’amour, l’humour… Tout cela m’a permis de reprendre possession de mon monde. L’art de rebondir sur les choses qui étaient censées me couler. Ce fut un surinvestissement.
J’ai repris un développement que je n’aurais pas connu si je n’avais pas été blessé.
J’ai recousu en moi ce que le traumatisme kafkaïen de la société avait déchiré en moi. J’ai distingué l’inné et l’acquis,  l’intérieur et l’extérieur des gens, je me suis insufflé ma propre altérité. Maintenant on me dit amer alors que je ne suis que clairvoyant, on me qualifie de désabusé alors que je me suis reconstruit d’expériences, on me traite de caustique parce que seul l’humour permet de survivre… Je suis devenu comme j’écris, et si je suis heureux d’être devenu « normophobe« , si je suis devenu « hors-normes » il m’arrive toutefois, seul, la nuit, de cauchemarder que je suis  »normopathe« … Beaucoup de blessés de la vie surinvestissent l’écriture parce que cela permet de développer un monde intime, un monde de beauté (même de laides beautés c’est quand même beauté…), alors que le réel est ignoble. Vous devriez également écrire, oui, texticulez la « normophobie » qui est en vous. Oui, vous tous qui me lisez peut-être…Car même si vous pensez ne pas savoir écrire, l’acte de l’écriture est un facteur tranquillisant, une trace hors de soi.
Une résilience…Comment choisit-on de porter vaillamment son destin alors que d’autres sont, toute leur vie, comme traînés au supplice par leur destin ?
Là se trouve la question…
La force qui cherche à contrôler ce monde et qui veut introduire son état fasciste global, ce réseau que certains nomment les Illuminatis qui sont mêlés au groupe Bilderberg et semblent suivre pas à pas les fameux et fumeux « Protocoles des Sages de Sion » qu’ils soient, d’origine, faux ou vrais, n’ayant à ce stade fort peu d’importance puisque seul compte le résultat, cette force, donc, est ce qu’il y a de plus probable et logique concernant les évènements du 9/11 aux Etats-Unis.
L’horreur incroyable perpétrée contre les villes de New-York et de manière moindre sur le Pentagone à Washington, a marqué l’esprit collectif de toute l’humanité grâce à une manipulation « barnumesque » orchestrée avec l’estampe « problème-réaction-solution« .
Je m’attendais à un événement de cet ampleur depuis quelques années, les signes avant-coureur de la mise en place d’une dictatucratie planétaire se faisaient jour, peu à peu, via de multiples attentats visant à créer la peur des populations par le biais d’une nébuleuse terroriste…
Les fameuses tueries du Brabant Wallon en Belgique, de même que les multiples attentats en France, Allemagne et Italie n’en étaient que les balbutiements.
J’ai pensé que tout cela déboucherait sur une fausse guerre civile en suite d’une explosion nucléaire fomentée par des faux-terroristes pour compte de gouvernements soucieux d’étendre leur pouvoir par la peur engendrée, mais quelque chose de fantastique devait toutefois se produire pendant les années de la présidence de Bush alors que, comme certains l’ont écrit le jour de son assermentation, la cadence de la mise en place de divers plans secrets s’est accéléré.
Le lobbying a toutefois remplacé quelques actions d’envergure dans le monde, par exemple en Belgique, ou le Gouvernement s’est laissé faire pour fermer ses centrales nucléaires… ce qui va rendre le pays totalement dépendant des pays fournisseurs d’énergie…
Le prix à payer sera conséquent…
Depuis tout ce charivari, le monde avançait rapidement vers un fascisme global centralisé, mais le rythme n’était pas suffisamment rapide pour rencontrer l’échéancier du plan des Illuminatis.
L’opposition à leurs plans de globalisation et à leurs assauts sur la liberté augmentait de jour en jour.
Il était clair que quelque chose d’une magnitude inimaginable était orchestrée pour dévaster l’esprit collectif humain avec la crainte, l’horreur et l’insécurité.
Ceci entraînerait l’application d’une « solution » qui ferait faire un bond colossal à leur échéancier pratiquement du jour au lendemain.
Et c’est ce que nous avons vu en Amérique le jour rituellement significatif du onze du neuvième mois…
9/11. Aussi abominable que ces atrocités puissent être, ce n’est que le début, et non la fin, du prochain cycle du plan des Illuminatis pour l’emprisonnement mental, émotif, spirituel et physique de l’humanité.
De plus en plus de morts et de destruction s’ensuivront alors que le « Monde libre » s’unit autour d’une armée mondiale et d’un gouvernement mondial sous l’emprise des gouvernements Américains et Israéliens, tout ceci en employant la menace du terrorisme (qui n’est que leur création) pour justifier une guerre contre les peuples et les pays qu’ils ont choisis et choisiront encore, afin d’essuyer le contrecoup de ce que les forces internes de ce même « Monde libre » sont responsables d’avoir créés.
Même la guerre avec les peuples islamiques n’est pas une fin, mais un moyen justifiant la fin d’un conflit avec les forces restantes du communisme. La prévisibilité de l’esprit de manipulation peut être constatée en regardant la gestion des « nouvelles » qui ont suivi cette histoire aux Etats-Unis.
Regardez ce qui se produit toujours dans ces circonstances et vous verrez que le modèle est le même dans presque chaque cas.
Avant que l’événement ne se produise, le responsable est déjà désigné pour prendre le blâme, détournant ainsi l’attention du public des dangereuses spéculations pour diriger la concentration vers une cible prédéterminée.
Après l’assassinat de Kennedy, c’était Lee Harvey Oswald…, après Oklahoma City c’était Timothy Mc Veigh…, maintenant c’est Osama Bin Laden….
Bin Laden n’est pas plus responsable de ce qui s’est produit que je le suis !
Son nom a été présenté juste après que le désastre ait été dévoilé de la même manière que Lee Harvey Oswald avait été pointé AVANT même que le président Kennedy soit mort.
L’idée que cet homme des montagnes de l’Afghanistan pourrait être le génie de cette énorme opération est une insulte absolue à toute personne ayant une intelligence moyenne.
Nous ne parlons pas ici d’un colis piégé ni même d’un fanatique qui aurait conduit une voiture pleine d’explosifs sur un restaurant de Jérusalem.
Il s’agit de quatre avions de ligne commerciaux qui devaient (selon l’explication officielle) être piratés simultanément, pilotés dans l’espace aérien américain en provenance d’aéroports américains et dirigés sur des cibles spécifiques à l’intérieur d’un intervalle de 45 minutes afin de donner à cela une couverture médiatique maximale avec la servile complicité de CNN. Comment fut-ce possible ?
Seulement parce que c’était un contrat de l’intérieur orchestré par les forces internes des Etats-Unis et planifié par les niveaux les plus élevés de l’Intelligence des Etats-Unis en coordination avec d’autres organisations de la toile mondiale, dont le Mossad.
Avec une armée d’individus conditionnés à leur disposition, il est possible de leur faire effectuer n’importe quelle tâche une fois que l’esprit est programmé et que le déclencheur est activé.
Ceux qui sont responsables du détournement de ces avions et qui les ont dirigées sur des édifices, dans leur esprit conscient, ont cru à la cause pour laquelle ils ont été programmés.
Mais ils ne détournaient pas ni ne pilotaient ces avions, c’est la programmation qui le faisait…, en double sens !
Ils étaient programmés pour simplement reprogrammer les deux seuls vrais avions de ligne « détournés » en entrant les chiffres de deux balises placées dans chacune des tours du World Trade Center (une balise par avion)…, une affaire simple !
Une fois les avions encastrés et la machine médiatique en marche, il suffisait de faire imploser les tours et d’hurler partout que c’était un attentat programmé par Bin Laden…
La suite est connue…
J’ai entendu que c’était un autre « Pearl Harbor » et effectivement c’est le cas.
Vous pouvez lire dans : « And The Truth Shall Set You Free« … et d’autres livres, comment le gouvernement américain était informé que les Japonais allaient attaquer « Pearl Harbor« , mais n’ont rien fait à ce sujet.
Pourquoi ?
Parce qu’ils voulaient que ça se produise pour une raison spécifique : justifier l’entrée des Etats-Unis dans la deuxième guerre mondiale alors que le Président Roosevelt (de la lignée de sang des Bush) avait déclaré, juste pour être élu, que l’Amérique ne s’y impliquerait pas. Problème-réaction-solution.
Et la même stratégie s’applique en ce qui concerne les évènements terribles du 9/11.
Immédiatement après les attaques, la campagne de responsabilisation de Bin Laden a été lancée telle qu’elle avait été préalablement planifiée.
Même les passeports intacts au nom et avec photos, des « terroristes » ont été pris pour argent comptant par les médias…
Le sénateur républicain et faire-valoir des Illuminatis, Orrin Hatch, a dit à CNN qu’il avait eu des informations par le biais de sources de rang élevé du FBI à l’effet que Bin Laden était derrière les attaques.
CNN qui était au bord de la faillite juste avant de conclure un accord avec le Gouvernement Américain pour couvrir la première guerre du Golfe selon le point de vue exclusif officiel…, a reconduit la même façon de procéder, décrétant et imposant l’histoire officielle d’attentats terroristes…
Nous avons donc eu droit à l’histoire de la voiture de location trouvée si opportunément à l’aéroport de Boston ou deux avions ont été détournés, qui contenait, une copie du Coran avec un manuel et une vidéo d’instruction en Arabe pour le pilotage des avions de ligne commerciaux !!!
Il n’a jamais existé de manuels ni de vidéos d’instruction en Arabe pour des Boeing !
Je suis étonné qu’ils n’ont pas prétendu avoir découvert une lettre de Bin Laden dans la voiture souhaitant aux occupants la meilleure des chances pour leur mission !
Qui a bénéficié de tout cela ?
« Les Protocoles des Sages de Sion » sont un manuel existant bien plus crédible que le manuel de vol en Arabe…, il y est clairement expliqué que les « Sages » veulent un gouvernement et une armée mondiale, une devise mondiale et une dictature aux commandes financières globales centralisées.
Ils veulent des personnes et une société basée sur la surveillance constante.
Ils veulent créer un peuple effrayé, docile qui s’en remets aux autorités.
Le désastre du 9/11 signifie ceci :  Les Illuminatis ont maintenant l’excuse pour exercer des représailles contre n’importe qui nuit à la propagande officielle. 
Toutes les raisons sont bonnes pour manipuler la population.
Les attaques contre les cibles islamiques offrent des possibilités intéressantes pour être le déclenchement d’un conflit massif et d’un bouleversement à travers le monde, particulièrement au moyen et proche Orient.
Les occasions d’élargir alors le conflit pour impliquer la Russie et surtout la Chine sont sans fin.
Une guerre du tiers monde fait partie des ordres du jour pour contenter les associés financiers et ceci peut ouvrir la voie pendant que les dominos tombent.
L’Otan et les Bilderberg’s ont déjà mis en gage un support à tous ces efforts.
La conscience collective est manipulée tellement largement en ce moment que la plupart des personnes supportent la stratégie américaine au nom du combat au terrorisme, et cela jusqu’à la folie…
En Belgique par exemple, l’ex-Ministre de la Justice d’obédience socialo-stalinienne (et dont le parti socialiste se trouve sans cesse au centre de scandales financiers), la très gestuelle Laurette Onkelinx (dont le précédent mari a été mêlé dans de sordides affaires de trafics de drogues avec mandat d’arrêt international) a réussit à faire accepter des lois anti-terroristes…, alors que les derniers actes terroristes (fomentés par la gendarmerie et le gouvernement de l’époque) datent de 30 ans !….
L’escalade de ce genre de lois liberticides et de faux attentats vise à renforcer les moyens policiers et centraliser la puissance militaire jusqu’à ce que l’armée mondiale soit en place.
Une armée du monde avec la puissance d’attaquer tout pays qui ne correspondrait pas à la machine de propagande, c’est d’ailleurs très clairement ce qu’à affirmé le « patron » de l’ONU.
L’esprit collectif de l’humanité, et en particulier celui de l’Amérique, est dans un état profondément traumatisé, donc rendu apte à tout accepter dans un climat de peur, qui est habillement renouvelé par la création de nouveaux attentats.
Il a été soumis à la manipulation médiatique basée sur le traumatisme et comme tout contrôleur d’esprit, chercheur et psychologues et psychiatres pourront vous le dire, un esprit traumatisé est un esprit suggestible.
Ainsi, à la suite du traumatisme vient la programmation pour manipuler la population à percevoir les évènements au mode désiré.
Le plus grand obstacle potentiel au Nouvel Ordre Mondial étant la psyché des américains, toutes les contradictions ont depuis le 9/11 été détruites à l’aide de la manipulation flagrante et intense des esprits.  Problème-réaction-solution.
C’est une autre raison pour laquelle ces attaques ont frappé au cœur même du système économique Américain (alors que tout avait été préservé d’avance) et pourquoi, quelques jours auparavant, l’idée d’une récession économique globale avait été lancée à travers les médias du monde.
Maintenant, « ils » ont carte blanche pour justifier un tel effondrement pour contrer la Chine et vous verrez les corps économiques globaux apporter une réponse à la crise économique.
En effet, le groupe G7 (Illuminatis) a déjà commencé ce processus…
Ce sont seulement quelques bénéfices à l’ordre du jour suite aux massacres de New York et Washington, qui sont coordonnés, je le répète, par les forces intérieures des Etats-Unis.
Ces grands responsables n’ont aucun  respect pour la vie humaine comme la plupart des humains qui n’ont aucun respect pour la mort et la souffrance du bétail.
L’esprit de ceux qui visent le pouvoir absolu a un niveau émotif très peu développé et qui ne procure que très peu de conséquences émotives pour constater la profondeur des horreurs commises.
La poussée finale vers le fascisme global a commencé, le monde ne sera plus jamais pareil.
Nous devons donc reconnaître la triste réalité et nous regarder dans le miroir et se demander ce que nous allons faire pour arrêter l’exécution du Plan.
Être victime ne changera rien, il est temps de réagir.

 

Chapitre 4

Quelqu’un contre le reste du monde…

L’acteur et réalisateur Mel Gibson a provoqué un scandale aux USA en juillet 2006.

Intercepté en état d’ébriété au volant de sa voiture par le shérif adjoint de Malibu, il a déclaré : Putains de juifs…les juifs sont responsables de toutes les guerres dans le monde.  Est-ce que vous êtes juif ?
Le réalisateur de La Passion du Christ a depuis lors présenté des excuses pour ses propos et le 17 août 2006, il a été condamné à trois ans de prison avec sursis pour conduite en état d’ébriété.
J’ai rencontré un nombre considérable de juifs qui pensent que les juifs créent l’essentiel des problèmes mondiaux.
A quelques exceptions près se comptant sur les doigts de la main, ils en sont même très fiers !
C’est la raison principale pour laquelle je suis tellement passionné par la Question Juive.
Je me revois, expliquant à une juive américaine avec laquelle je dînais aux chandelles qu’un auteur que j’étais en train de lire affirmait que Galilée, Newton et Darwin étaient les trois génies jalonnant le progrès de notre civilisation vers la modernité.
Je m’étais fait la réflexion suivante : Ah tiens ? Galilée ? Et pourquoi pas, plutôt, disons… Descartes ?
Et puis j’avais tenté de lui faire comprendre que je pensais que c’était vraiment déplorable, sur le plan intellectuel, de ne pas tenir compte des nuances apportées par des dizaines d’autres grands penseurs, dans le domaine des sciences, entre les époques où vécurent ces grands hommes, aux œuvres desquels lesdits penseurs avaient contribué, d’une manière directe ou indirecte.
Avant que j’ai eu le temps de finir ma phrase, elle me dit : Et ils étaient tous juifs !
Estomaqué, je lui ai demandé : Qui ça donc ?
Et elle, de me répondre : Eh bien : les trois grands hommes que vous venez de citer…
Je me suis toujours moqué comme de ma première chemise de savoir qui était juif et qui ne l’était pas…, aussi restai-je un moment interdit, avant de réagir à son interjection, qui n’avait strictement rien à voir, à mon sens, avec notre conversation.
Ayant repris mes esprits, je lui dis que je ne savais pas qu’Isaac Newton était juif, mais qu’en revanche, je savais que Galilée avait été excommunié par l’Eglise catholique en raison de ce que celle-ci avait considéré être un péché intellectuel… et que j’étais persuadé qu’eût Darwin été juif, j’en aurais nécessairement eu vent de la part de mes nombreux amis juifs ethnocentristes…
Pour les besoins de la conversation, je lui accordai volontiers la judaïté de Newton, puisqu’à vrai dire je n’en savais rien et que je m’en contrefichais éperdument…
Mais elle persistait à insister sur le fait qu’elle était certaine que Darwin était juif, lui aussi !
Pas moyen : elle n’en démordait pas !
J’en avais le tournis ; je me demandais pour quelle raison les juifs sont-ils à ce point obsédés par la question de savoir qui est juif et qui ne l’est pas… et je me demandais si je devais lui poser cette question abruptement, au risque de provoquer un clash.
Ne valait-il pas mieux que je ferme ma grande gueule et que je joue à l’imbécile, étant donné que j’avais une idée derrière la tête concernant mon invitée, pour après le dessert ?
Sexe, ou Engueulade ?
That Was The Question…
J’ai tiré à pile ou face, et c’est tombé sur : Engueulade !
Et puis, d’abord, quelle différence ? : demandai-je.
Alors là : je peux vous dire que l’Engueulade qui s’en est ensuivie a certainement été bien plus intéressante que n’importe quelle partie de jambes en l’air que j’aurais pu avoir avec mon invitée.
Elle se mit à hurler : Les juifs sont les plus grands hommes de ce monde, et ce sont aussi les pires !
Je décidai de focaliser le débat sur les raisons qui l’amenaient à estimer qu’il s’agissait des pires des hommes…
Elle enchaîna, m’expliquant que son père lui avait dit que ce sont les juifs qui créent tous les problèmes dans le monde entier, en raison de leurs guerres révolutionnaires.
Elle était persuadée que Napoléon était juif.
Ensuite, elle avança l’idée qu’Hitler était un juif non-déclaré, sinon, comment aurait-il pu causer une telle dévastation !
Et elle était persuadée que Léonard de Vinci était juif, lui aussi, puisque c’était un génie.
Je précise que cette femme était titulaire d’une licence universitaire !
Plus tard, j’ai raconté cette histoire à un de mes amis juifs.
Ce que décidai de lui raconter, c’était l’essence de la pensée de cette femme, et non pas le fait qu’elle pensait que tout grand penseur devait nécessairement être juif.
A ma grande contrariété, mon ami convint que ce sont les juifs qui causent les problèmes dans le monde, mais il le dit avec une grande fierté, concluant : C’est tout simplement parce que nous sommes plus intelligents !
Le lendemain, rencontrant un autre ami, juif lui aussi, a qui je remettais un exemplaire dédicacé du livre « Les Protocoles de Sion » que j’ai publié avec mon ami Patrick Henderickx…, il commença par me demander si ces Protocoles existaient encore, depuis tout ce temps, puis jaugeant le poids du livre il me demanda si cette affaire rapportait…
Je lui dit que j’espérais bien rentrer dans les frais investis, ce à quoi il me répondit en souriant, que c’était bien là le principal, que ça rapporte…
Je lui ai ensuite parlé de la partie de jambes en l’air ratée avec la juive américaine, ce pour quoi il a éclaté de rire en m’affirmant qu’une vraie juive ne sucerai jamais le gland d’un non-circoncis, que je n’avais donc rien raté quoique les femmes juives sont réputées chaudes…, mais il comprit le point de vue de cette femme lors de notre dîner, me soulignant qu’elle entretenait sans nul-doute une relation d’amour-répulsion pour son judaïsme : Les juifs, et les juives aussi, sont tout le temps en train de foutre la merde, et la plupart d’entre eux et elles manquent totalement de classe.
Le problème, avec mon ami, c’est qu’il pensait que tout ceux et celles qui gagnaient énormément d’argent et avaient du talent à revendre étaient tous juifs !
Je le détrompai en ce qui concerne l’Emir du Koweit, mais je n’avais pas le cœur à le décevoir au sujet de mon ami Patrick Henderickx.
Plus tard, quand je lui ai dit qu’il était Blanc-de-Blanc et Goy de chez Goy, cela lui causa un grand choc émotionnel.
Plus récemment, je suis tombé par hasard sur un rabbin, dans une rue, en train d’inspecter un immeuble, dont il était le propriétaire.
Nous nous sommes mis à converser ; il s’avéra un fan de première de la cuisine Italienne.
Tout simplement, il n’avait aucune confiance dans les juifs en matière de cuisine italienne.
Ils sont trop Kasher : disait-il.
Il avait une opinion encore bien pire de la cuisine chinoise, puisque, à son évocation, il se contentait de poser, puis de tourner son index sur sa tempe.
Néanmoins, après m’avoir affirmé que c’était un italien-juif qui avait inventé la Pizza, il en vint à m’annoncer que c’était les juifs qui avaient financé toutes les guerres, dans l’histoire du monde, depuis au minimum trois siècles, y compris la guerre civile américaine, la Guerre de Sécession.
Il poursuivit, m’expliquant que sans les italiens-juifs à tendance irlandaise comme Al-Capone, après la Première guerre mondiale, les Etats-Unis ne seraient jamais devenus la superpuissance qu’ils sont aujourd’hui, puisque cette puissance dépend entièrement des capitaux juifs que ceux-ci ont réussi à gagner.
Le caractère répétitif de son discours évoquait un mantra, sur le thème que les juifs sont dans les coulisses, parce que : C’est nous, les juifs, qui détenons le fric, mais quand les juifs sont aux manettes, c’est la catastrophe (l’exemple d’Al-Capone) : il vaut mieux que ce soient les Italiens non-circoncis ou les Wasps (White Anglo Saxon Protestants) qui dirigent l’Amérique. Ce dont ce pays a besoin, c’est d’un Mussolini !
Depuis le début de notre conversation, il croyait que j’étais juif, puisque je venais de sortir d’une Bentley Continental !!!
Je me souviens aussi d’une conversation que j’ai eue avec une Israélienne, qui était lesbienne… et qui avait le look d’une version, en plus mince, de Jennifer Love Hewitt portant un immense chapeau mou.
Elle pensait qu’il y avait essentiellement deux problèmes qui pourrissaient la vie de la race humaine : La Technologie, et Les Juifs.
Elle pensait qu’Hitler avait raison, que les juifs sont effectivement la cause de la plupart des problèmes, et elle me le dit avec une incroyable jubilation, elle avait le sentiment qu’Hitler était nécessairement partiellement juif ; elle me dit : Qui d’autre qu’un juif aurait pu haïr à ce point les juifs ?
Elle était d’avis qu’il fallait détruire la technologie, pour le bien de l’humanité.
Vous voulez… détruire la technologie ? : lui dis-je éberlué tandis qu’elle caressait le bout des seins de mon amie… : Et les juifs, que pensez-vous en faire ?
Elle me répondit, en essence, que les juifs dirigent le monde et qu’il est impossible de les détruire, qu’ils sont le peuple élu, et que Dieu les protègera éternellement.
Elle m’a ensuite traité de Goy, comme une insulte…
Je me suis demandé si beaucoup de Goy se faisaient circoncire pour se faire sucer par des juives, mais cette pensée malsaine quitta rapidement mon cerveau…
Beaucoup de juifs croient réellement à ces loufoqueries… et la plupart d’entre eux sont d’une vantardise qui frise la perversité.
C’est notamment le cas d’un autre rabbin que j’ai rencontré, et qui pense que Dieu a puni les juifs par l’intermédiaire d’Hitler, lequel, m’a-t-il dit, n’aurait jamais fait ce qu’il a fait sans l’intervention de la main de Dieu.
La question que j’ai posée à ce rabbin au débit monocorde et pathétiquement poussif fut la suivante : Pourquoi Dieu aurait-il voulu punir les juifs, par l’entremise d’Hitler ?
Il me répondit : Parce qu’ils n’observent pas la Torah !
Sa prédiction, était que Dieu punirait le peuple du Livre une nouvelle fois, par un nouvel Holocauste, causé par le fait que la plupart des juifs sont (de son point de vue) areligieux.
Je lui ai dit qu’il ne fallait quand même pas exagérer dans la connerie, que dans le style j’avais vécu une aventure débilitante il y a deux ans… :
Une jeune dame pseudo nommée « Sauvage Gitane » et un mec débile pseudo nommé « Miki le chevalier du web« , avaient soudain pété les plombs suite à un point de vue que j’avais développé sur un site-web MSN d’opinion concernant une sordide affaire qui s’était déroulée à Paris, un jeune juif avait été torturé par une bande de loubards des banlieues…
J’avais signalé que les tortures qu’il avait encourues ressemblaient à des pratiques sadomasochistes, comme une vengeance de la bande des mecs par rapport à des contre-propositions sexuelles sado-maso, suite sans nul doute aux propositions simplement sexuelles d’une des filles de la bande chargée de l’attirer dans un piège…
Piting !
J’ai été insulté, traité des pires horreurs, « elle » et « lui » ont publié des photos de ma fille, et de moi, assorties de menaces et d’insultes, de diffamations, de calomnies et médisances diverses…, avec des messages ou apparaissaient des soldats de l’armée de Tsahal avec des chants Israéliens…, le tout symbolisant une sorte de guerre du peule juif envers moi !
Un vrai délire !
J’ai du soumettre cette affaire à la Licra sous forme de plainte inversée, « elle » et « lui » s’affirmant juifs défendant l’honneur d’un des leurs…
La Licra ne s’occupe que de plaintes de juifs contre des Goy’s sous prétexte d’écrits et/ou propos antisionistes, et ici c’était l’exact contraire…
La Licra fut très embarrassée de cette affaire, d’autant plus que ces personnes diffusaient comme racolage pour leurs sites d’offres sexuelles, une photo particulièrement crade représentant une très jeune fillette obligée sous la torture, et enchainée par un Master, à pratiquer un cunnilingus à une cliente d’un club dont elle et lui faisaient ainsi la promotion…
Cette photo a été publiée des centaines et centaines de fois…
Pensez-donc, ais-je dit au rabbin épouvanté, ce n’était pas de l’antisémitisme de ma part envers des juifs, mais du sémitisme de juifs envers moi, un Goy…
Du jamais vu…
Cette campagne diffamatoire fut tellement énorme (plus de 100 messages journaliers durant deux mois sur les forums MSN/Microsoft), que MSN a décidé de supprimer définitivement l’ensemble des communautés adultes…
La Licra était sans doute passé voir les directions MSN qui ne firent aucune difficulté pour tout effacer…, d’autant que le prétexte était facile à trouver sans faire de vagues…:
« Elle » avait en effet créé un site nommé « Sexe à Nice » ou elle s’affichait nue fellationnant des quidams sur diverses pages…
« Lui » s’avérait être un partisan des très très très jeunes filles, outre des insinuations sur ses voyages sexuels en Thaïlande, il publiait chaque jour, pour compte d’une prostituée, sur les forums MSN, la photo définie ci-avant, montrant une gamine même pas pubère, menottée et enchaînée, obligée sous la contrainte à pratiquer un cunnilingus à la cliente d’un établissement de la région Liégeoise, avec le lien de la pute et l’adresse du donjon des supplices…
J’ai finalement déposé plainte avec constitution de partie civile contre ces gens…
Le rabbin me répondit que j’avais perturbé leur business et que les juifs n’aiment pas qu’on perturbe leur business…, il a enchaîné nerveusement en me disant que Roberto Benigni, un juif italien, avait joué dans un extraordinaire film qu’il produisait lui-même « Le tigre et la neige« , que je devais aller le voir car j’y trouverais la réponse… : Parce qu’ils n’observent pas la Torah !, a t’il re-marmonné…
La seule différence que je constate entre les juifs que je connais et qui pensent la même chose que Mel Gibson, c’est qu’ils ne sont pas bourrés quand ils disent ce genre de trucs !
Aussi, voici mon avis à la cantonade : Ne venez surtout pas me raconter que vous n’avez jamais rencontré de juifs qui pensent ce que Mel Gibson pense des juifs, voire pire !
Piting ! Moi qui rêve d’avoir la paix…
Je m’interrogeais benoîtement sur le fait d’être Juif.
Pas que je le suis, mais en tentant de me mettre à la place de Juifs qui le sont vraiment, hors du regard des racistes qui, eux, savent instinctivement ce qu’est un Juif.
Je suspectais aussi qu’il y avait quantité de façons de se sentir Juif, peut-être autant qu’il y a de Juifs qui s’affirment comme tels.
Mais le Juif existe-t-il ?
Le Juif n’est-il pas une fiction ?
Comment peut-on être et exister sans avoir de définition précise ?
Le Juif n’est-il pas une image façonnée par une histoire de persécutions et d’ostracismes ?
Le Juif n’est-il pas une figure de circonstance créée par des actions extérieures au judaïsme ?
Plus je creusais la question, plus je me rendais compte qu’il y a comme un mystère à être Juif.
D’un seul coup, PAF !
Un doute m’a envahit !
Le Juif n’est pas une race, pas vraiment un peuple, pas une religion pour tous, pas une culture unique.
Le Juif se définit comme l’objet d’interdits, comme bouc-émissaire, comme victime, il existe par rapport à des actes exogènes constructeurs d’une identité “en négatif”. Si quelqu’un se définit à moi comme Juif, je ne sais rien de lui.
Je dois lui demander quel est son pays, quelle est sa langue, quelle est son histoire, son héritage, si sa culture est d’inspiration ashkénaze, sépharade, ou autre encore, s’il est croyant ou pas, quel est son rapport à sa judéité, etc.
Car, Juif ne veut pas dire grand chose, seul l’antisémite ne doute pas un instant. On reconnaît effectivement l’antisémite au fait qu’il porte des jugements généraux (et négatifs) sur les Juifs.
Ainsi, Dieudonné fait-il vraiment de l’antisémitisme quand il dit qu’ils sont partout, qu’ils contrôlent les médias et l’industrie du spectacle. (Mais qui peut douter maintenant du fait que Dieudonné soit un raciste ?)
Jean d’Ormesson était-il aussi antisémite lorsqu’il parlait de Mitterrand et du “lobby juif”.
Je me suis donc documenté un peu sur la question, et j’ai rapidement découvert que ce qu’on nomme “l’être-juif” est un sujet qui a maintes fois déjà été traité, qu’il n’y pas de réponse simple, et que cela traverse les œuvres de tous les intellectuels Juifs qui se penchent sur la judéité.
L’identité juive est multiforme, insaisissable, absconse.
Il existe même un Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Identité Juive.
L’identité juive est un objet de recherches et de questionnements. Le seul livre dont je dispose sur le sujet est le court essai de Jean-Paul Sartre, publié en 1946, Réflexions sur la question juive.
Cet ouvrage a fait l’objet de critiques vives, de la part de certains intellectuels, car Sartre n’y parle que très peu du génocide.
Cependant, c’est une description lumineuse des ferments et du fonctionnement de l’antisémitisme, et le livre a eu en son époque un impact énorme dans le monde des idées.
Sartre y écrit : Le Juif est un homme que les autres hommes tiennent pour Juif : voilà la vérité simple d’où il faut partir. En ce sens, le démocrate a raison contre l’antisémite : c’est l’antisémite qui fait le Juif. Voilà donc la fameuse question juive, je croyais tenir un début de pensée originale et je découvre que tout avait déjà été écrit en 1946…
Comme M. Jourdain faisait de la prose, je faisais du Sartre sans le savoir, en pensant que la judaïté n’avait pas de véritable existence et que seul le raciste faisait le Juif.
Mais si cette “vérité simple” demeure en partie, elle est d’ailleurs toujours indispensable dans le décryptage de l’antisémitisme, elle ne répond pas à la question de l’identité juive, car, il y a quand même la réalité de millions de gens qui se sentent Juifs, qui se réclament d’un héritage, d’une culture et de valeurs juives. Alors, qu’est-ce qu’être juif aujourd’hui ?
J’ai cherché, cherché, et… je n’ai pas trouvé de réponses gravées dans le marbre.
Je suis même souvent tombé sur des Juifs qui s’engueulaient…
La seule chose, c’est que l’être-juif est un héritage.
Mais une filiation pas toujours simple quand la religion s’en mêle :
Allez voir un rabbin et posez-lui quelques questions prosaïques. Par exemple : Est-ce qu’un enfant né d’un père juif et d’une mère non juive est juif ?
Ou bien : Un juif non croyant cesse-t-il d’être juif ?
Ou encore : Un mariage mixte entre juif et goy est-il possible de même une conversion au judaïsme en vue d’un mariage ?
Vous verrez alors que chaque rabbin aura sa réponse, qu’un autre rabbin pourra tenir pour nulle.
C’est ainsi : des libéraux aux orthodoxes et jusqu’aux Loubavitch, les rabbins font leur loi et lisent, chacun à sa manière : le Livre.
Qu’est-ce qu’être juif ? Une affaire de filiation (par la mère), de religion, de mémoire (à la Shoah), de solidarité (avec Israël) ? Dieu seul – et encore ! – reconnaîtra les siens. Les hommes, eux, se dépatouillent, les uns, religieux, avec les rabbins de leur goût, les autres, laïques, avec leur histoire.
(Michel Richard)Dans tout ce que j’ai lu, la réponse qui m’a le plus touché est celle apportée par Marek Halter, l’écrivain Juif d’origine polonaise : On ne naît pas juif, on le devient. Disons d’abord que beaucoup de Juifs sont restés Juifs parce qu’il ne voulaient pas, comme Bergson, par exemple, abandonner leur communauté au moment où elle était menacée. Je le comprends, bien sûr, mais je rejette pourtant ce mode d’appartenance purement négatif, parce que lié seulement à l’antisémitisme. La haine que les nazis éprouvaient envers les Juifs, pour moi, est leur problème, à la limite ce n’est en aucun cas le mien, sinon indirectement bien sûr… D’autre part, je ne suis pas religieux, je suis un laïque, et ce n’est donc pas le fait d’avoir maintenu les rites de mes ancêtres qui m’a préservé en tant que juif. Mon identité profonde ne tient en ce sens ni aux persécutions ni à une foi commune… En un sens, sans doute, on naît juif. C’est évidemment, dans un premier temps, un héritage qu’on ne peut nier, même si on le voulait. Mon ami Jean-Marie Lustiger lui-même ne peut faire abstraction du fait que ses parents étaient juifs, que ses grands-parents étaient juifs et que sa mère est morte à Auschwitz, c’est clair ! On fait avec. Mais, tout en sachant cela, il peut expliquer comment il a rejoint ceux qui croient au Christ, comment il a conservé cette liberté fondamentale de choisir, sans renier. Avant d’arriver en France, j’étais juif de naissance, puis, à un moment donné, j’ai choisi, et j’ai mis presque quarante ans à expliciter ce choix.
(Marek Halter)Choix que Marek Halter précisera de belle façon, mais le choix a ses limites.
Il n’est pas donné à tous.
Je me serais bien vu crier dans les rues de 68 : Nous sommes tous des Juifs allemands !, après que Georges Marchais eut traité avec mépris Daniel Cohn-Bendit de Juif allemand.
Le Général De Gaule disait bien aux Algériens : Je vous ai compris, tandis que John Kennedy affirmait aux allemands : Ich bin eine Berliner…Mais, non, je n’ai pas le choix d’être Juif.
Au lycée, mes amis s’appelaient Lévy, Taïeb, Cohen, Azoulay, Sarfatti, Habib, Aboulker, Benhamou, Haddad, Touboul…
C’est dans la cour de ce même lycée que j’ai découvert, un jour, que j’étais frappé d’une infamie indélébile, puisqu’on me l’avait lancé de manière raciste sur le ton de l’insulte : j’étais goy.
Et étant goy, il y avait forcément des choses qui échapperaient à ma compréhension, un ineffable dont je serai toujours l’étranger.
Et le tragique, c’était que j’étais totalement impuissant contre mon état de goy, parce que j’étais goy comme eux étaient juifs.
Je n’avais pas le choix et je le ressentais comme une blessure d’amour-propre, comme un rejet injuste dans une différence dont je n’avais pas conscience jusqu’à ce jour.
J’étais con…
J’aurais du être fier de ma et mes différences.
C’est d’ailleurs cela qui m’a appris à être moi-même puis à être fier de moi-même, à ne plus m’inquiéter du quand dira t’on, du politiquement correct…
C’est cela qui m’a fait devenir antireligieux, anti-cons, anti-débiles (appréciez les nuances subtiles) et à ne plus supporter les obligations, en ce compris les obligations de penser…
Un ami n’a pas eu cette force de l’esprit, il croyait qu’être ami-ami avec des Juifs lui ouvrirait les portes de la renommée, argent à foison, jolies femmes à discrétion, business à répétition…
Alors, redoublant d’efforts, me traitant d’idiot, il est devenu un Sisyphe de la dégoyïfication.
Il ne s’est épargné aucune circoncision, aucune bar-mitsvah de ses camarades faux-culs, aucune invitation à la synagogue ne lui fut écartée, il lisait juif, de Marcel Proust à Romain Gary, en passant par Albert Cohen et Kafka, il mangeait Juif, mais…: rien ne se passait.
Il restait goy… et il en conçu, outre de la tristesse, du ressentiment.
Pire, je crois même qu’il a basculé dans le discours pro-palestinien à outrance lors de son adolescence pour se venger de sa goyitude.
Faut dire que la provoc facile, ça marchait pour lui à merveille avec ses camarades…
Mais je m’égare.
Car si je rajoute la question goy à la question Juive, je sens que je ne vais pas m’en sortir. Et si finalement on était juif comme certains sont bretons ou corses, une affaire de filiation, d’héritage, de patrimoine, de cœur ?
Un truc qui vous tombe dessus au berceau.
On a pas le choix au départ, mais après, on en fait ce qu’on en veut, être juif peut n’être qu’un patronyme, certes parfois lourd à porter dans certaines circonstances, mais rien de plus.
D’ailleurs, c’est encore Marek Halter qui nous dit : Etre juif, c’est enfin appartenir à un groupe culturel qui se reconnaît dans une mémoire collective. Comme les Bretons, les Alsaciens ou les Occitans. Et peut être n’y a-t-il pas de question Juive, mais que chaque Juif à sa question juive.
À chacun d’y répondre.
Même si chacun n’a pas forcément cette liberté de conscience…
Il y a, pour certaines politiqueuses et certains politicards financés par l’argent du pétrole et d’un pays désireux de régner du Nil à l’Euphrate, une forme assez ubuesque à vouloir à tout prix briller devant « leur » peuple de cons (et connes) réunis, en assortissant leur pensée profonde d’une pensée unique qui débouche sur des exigences d’autodafés et de lynchages médiatiques des rares opposants et opposantes au Nouvel Ordre Mondial….
Cela me porte peu à être enclin à la gratitude, moins encore à la béatitude, certains font dans le pâté de campagne d’autres dans le pâté de ville.
Chers anonymes, si vous avez lu avec plein d’intérêt les divers messages déjantés demandant mon assassinat (virtuel ?) publiés dans divers sites extrémistes religieux, vous avez pu vous rendre compte que les efforts de l’administration Bush pour l’instauration d’un Nouvel Ordre Mondial portent leurs fruits, en connivence avec l’œuvre monumentale qu’est la vie de cons (et connes) que nous subissons toutes et tous… Je digresse, je digresse mais revenons à nos moutons !
C’est un art d’empapaouter les cervelets.
La hussarde pour une Dame (même ex-Vice-Première), ou « représentante » de l’Ordre Nouveau (il y en a plusieurs, je vous laisse le choix), porte nécessité de se vêtir d’une culotte de cheval !
S’il y a, en effet, des approximations logorrhéiques nouvelles, dans le flux de mots dits pour satisfaire à l’égo de certains, la bêtise partant plus vite qu’une balle de 357 magnum haute vélocité, j’ai remarqué au fil du temps et du rasoir qu’on nous sert les states de la connerie humaine comme un fruit magnifique.
J’ai tout bon !
Je jouis presque de l’écrire…
Détends-toi, toi qui me lis !
Ca nous met en pleine connitude, éventuellement en pleine merditude ! Contrairement à ce que nous disent nos « chefs à penser » en nous l’enfonçant bien profond, tout en se foutant le doigt dans l’œil à défaut de prendre la direction des vents en se le garant ipso facto dans l’oigne : Que va-t-il nous rester si les si (vous pouvez y aller en silési, il y a des mines, donc du taf) primaires animaux que sont les beaufs se mettent à penser ?
Je vous le demande un peu !
Comment pourrons-nous justifier notre incommensurable bêtise, à chercher une liberté enfouie, en nous croyant encore, les seuls êtres intelligents de l’univers ?
Je vous le demande ?
Pour peu que l’on découvre que le roseau pense à la place de pencher, et c’est tout un pan de nos croyances qui fout le camp !
On est dans la merde !C’est là que merditude prend toute sa signification, lorsque aucune autre voie nous parait possible que celle de rester embourbée dans nos certitudes passées.
La merditude nous fera t-elle nous dépasser ?
Nous sommes déjà bien braves d’écouter les sornettes qu’on nous ressasse à la TV…en vue des élections !Regardez l’ancienne speakerine de la TV du pays coffre-fort de la belgitude patrie, si, si, la blonde… Frédérique, et bien elle s’est maquée avec un pur sioniste (nana rien à voir avec les séminoles…, piting !) et ce choc des civilisations l’a rendue dingue de la cause au point qu’elle utilise son image pour ratisser large auprès des ménagères de plus de 50 ans qui voudraient bien que leur rejeton au chomdu l’épousaille…
La Frédérique, malgré son beau sourire plein de dents blanches immaculées, n’en a rien à branler, elle, tout ce qu’elle veut c’est louer la cause sioniste au Parlement Européen, faire allumer des bougies pour célébrer la fête du pardon pendant qu’on envoie l’armée de Zion pulvériser des ceusses qui étaient là avant eux, à coup de bombes au phosphore et à l’uranium enrichi…
C’est beau l’amour des bougies, là, non ?Depuis que j’ai su que les milliards de l’Europe servaient entre autres conneries à faire allumer des bougies au Parlement en chantant Kol-Nidré, j’aime plus l’Europe ni les cons et connes qui allument des bougies, ne payent aucun impôt, sont exemptés de taxes, perçoivent en un mois ce que les citoyens lambda ne gagnent pas en 2 ans de dur labeur et se la pètent grave en prenant les autres (nous, vous, les cons et connes) pour des moins que rien…
Ca me hérisse le poil.
Ce qui me rend particulièrement haineux, c’est que ce sont ces gens-là (comme chantait le Grand Jacques Brel) qui nous font la morale…
Pour peu, après nous avoir imposé de croire sous contrainte légale…, bientôt on va nous imposer de faire la fête des bougies… en chantant la béatitude d’Abraham (pas Lincoln, l’autre…) !
Piting !
Dans le cul qu’on devrait vous les enfoncer les bougies tout en vous demandant des comptes, style à qui vous servez vraiment, et quel peut donc être le plaisir sadico-masturbatoire d’emmerder les gens, de les ruiner tout en vous saoulant les neurones de conneries et en vous congratulant entrevous (avec qui d’autre pourriez-vous congratuler, bande de sangsues…) !Petite apostrophe littéraire sur ces cracheurs dodelinant d’avant en arrière d’ongulé !
C’est obsessionnel chez eux !
Et moi ça m’énerve de les voir se balancer comme des déboulonnés du ciboulot.
Le Lama se rie (que c’est beau le Tibet teint) de leurs conneries troudebalistiques.
Ils allient les poncifs, en rhapsode miséreux, la lune dorée à l’obélisque argenté, et les fait se rencontrer pour obtenir des radis, des pépètes et des avantages contre nature…
Tout ça avec le pognon des cons qui paient et disent rien, obnubilés par le sourire de Frédérique….
C’est d’un truisme !

 

Chapitre 5

Quelqu’un contre le reste du monde…

Dans ma grande ville il y a des passants aux visages gris qui transportent leurs malheurs et leurs carcasses le long des trottoirs glissants.

Il y a des jeunes aussi, ceux là ont encore le sourire aux lèvres, les doigts rougis par le froid qui arrive peu à peu et les yeux brillants d’espoir.
A ceux là, je leur donne pas 5 ans pour déchanter et rejoindre la ronde de l’ennui.
Il paraît aussi que ça s’appelle la Vie…
Des jolis couples passent devant les vitrines illuminées, pourtant c’est pas Noël, juste l’automne qui pointe.
La période est loin derrière où tout le monde pense au soleil, aux plages de sable blanc, aux régimes qu’il faudra commencer dès la fin du mois de Mars, à vivre.
Voilà à quoi ils pensent les jeunes beaux et belles qui terminent leurs études et qui se disent que la vie est devant eux, qu’ils ont le temps avant de ressembler à ceux du trottoir d’en face. En face justement, il y a la frontière entre la vie et la survie.
Déjà, il y a le supermarché avec ces néons qui donnent aux gens une gueule d’enterrement, peu importe la saison.
Il y a aussi ces rangées bien alignées de caddies, ces petites prisons à roulettes avec leurs grandes grilles qui aident à contenir la survie.
Toutes les possibilités d’avenirs et de fins, réunies à travers les rayons.
C’est ça le pire dans les supermarchés, c’est que vous, les jeunes beaux et belles, avez beau rêver de mieux, vous finirez sans doute comme tous ceux là.
Même que si vous méprisez les cons qui se font photographier par Voici, Voilà ou Gala, vous aimeriez bien voir vos gueules juste une fois à côté de la leur.
Qu’on vous admire un peu et qu’on sache que vous existez.
Même si la gloire vous fait pas jouir, vous aimeriez de la reconnaissance et avoir un peu d’importance, et tant pis si ça ne dure qu’un quart de seconde. Vous ne me voyez pas, moi le râleur, le déjanté snob qui trainâsse sur mon site de conneries désabusées que vous ne lisez même pas…
Je suis là et las, revenu à mes 18 ans, je suis vous, votre ombre invisible, un vieux con d’un autre âge, même pas Gainsbourg ni Gainsbarre, pas même sa résurrection… j’ère entre vous, entre vos maux et vos mots, vos dires et dédires, dans le même bus, un de ceux qu’on déserte toutes et tous, un peu, quand il commence à faire noir, parce qu’il nous ramène dans notre univers de banlieues et faubourgs, là où paraît-il, les perspectives d’avenirs restent tout aussi limitées qu’en mon temps d’avant.
Le style d’endroit où pullulent les gens sans ambitions, sans rêves, sans pouvoir de décision, qu’on lobotomise de sportivités débiles, de Druckerisation, de Bruelisation, de choses sans aucune importance autre que faire croire qu’elles le sont…
Et aussi la pension…, le mirage, la finalité d’une vie de conneries à payer pour payer et repayer pour n’en avoir que des moins que rien, alors trop vieux que pour enfin se révolutionner…
Les sans importance, en somme.
Moi, c’est là où je vivais, entre ma naissance et ma révolution…
Au milieu du plus petit échelon établit par la société.
Ceux qui ne paient pas leurs impôts parce qu’ils n’ont pas assez de thunes pour le faire.
Et à ceux là, on a de quoi leur en vouloir, parce que dans le quartier un peu plus loin, celui où les gens sont assez respectables pour mériter un square avec un jardin d’enfants et tout le bordel, on bosse soit disant pour faire vivre tous les branleurs de la terre.
Ca pourrait faire une petite guerre civile si tous ces braves gens et ces moins braves osaient s’expliquer un jour.
Mais faut rien espérer de la raclure humaine, ça préfère… et de loin, les ragots et les médisances, les télé visualités, la Star-ac, les chanteurs, chantonneuses, idoles, coureurs, escrocs et assassins…
J’ai essayé de changer de quartier, une fois, pour voir ce que ça donne de l’autre côté de la barrière.
Tout ça pour me rendre finalement compte que ça grouillait des même rêves déchus, que ça respirait la même merde et que ça se laissait porter par le même courant.
Je crois que j’ai alors tout compris de la nature humaine, et je me suis dis : quitte à être entouré d’incapables autant qu’ils soient les moins chiants et les moins moralisateurs possibles…
Alors à mes 18 ans, à l’âge ou on compte en printemps avant de rire en étés, de compter en automnes et décompter en hivers…, je suis parti…
Vous ?
Non ?
Vous ne partez pas, sauf dans le bus qui vous fait la navette entre le désespoir et l’espoir, vers le fond…
Et, au fond, justement, arrive invariablement qu’une gamine habillée comme une pute se fait emmerder par deux gamins d’une vingtaine d’années, vos potes de loin, ceusses que vous évitez, ceusses qui graffitoles et vous font parfois les poches.
Vous pourriez très bien être héroïque et vous faire vitrioler la face en essayant de la sauver, mais au lieu de ça, vous restez à votre place.
Dans la position de merde soumise et vous ne faites rien, rien fait.
C’était bien de sa faute après tout, elle n’avait qu’à pas s’habiller comme une pute, à ne pas se trouver là au moment là…
Il y en a une qui s’est fait brûler comme ça…
Les gens, les jeunes, les vieux, tous sont sortis du bus, parce que ça les foutait mal à l’aise, et parce qu’ils avaient peur qu’ils viennent leur demander du fric, ou des clopes, ou n’importe quoi, comme pour vos poches.
Vous aussi, n’en avez pas l’air comme ça, mais vous tenez trop à votre peau pour vous faire éclater par des gamins pitoyables en manque de dope.
En sortant de mes 18 printemps, je me suis engouffré dans le premier bar que j’ai croisé pour liquider la monnaie qui me restait au fond des poches.
Certains se saoulent avec de l’alcool, moi j’ai préféré me saouler aux gens.
Et croyez bien qu’avec le paquet de cons sans cesse renouvelé dont la terre regorge, j’ai compris, alors, que j’avais la possibilité de vivre une vie entière avec cet enivrement gratuit.
Dans le fond du bar, y avait un vieux flipper qui clignotait encore mais sur lequel personne n’allait jouer, sauf le serveur quand il s’emmerdait et que les clients se faisaient rares.
Il y avait un couple qui s’engueulait aussi, et un clébard tellement énorme qu’il renversait les chaises dès qu’il bougeait.
De son immense gueule coulait des litres de bave qui venaient s’échouer sur les chaussures de sa maîtresse.
C’est ça que j’ai aimé en observant les gens, on trouve toujours plus pathétique que soi, et ça rassure.
Quoi qu’on en dise, une fois qu’on a compris qu’on aurait tous une vie de merde, on passe notre temps à chercher pire que nous, plus profond dans la connerie et dans l’insipide.
Dehors il faisait nuit, je n’avais ni envie de rester là, ni envie de sortir.
Le bar se vidait lentement et des groupes de gamines au teint mat se pressaient vers les chiottes.
Je crois que j’aurai aimé être une poignée de porte, pour me faire toucher par toutes ces salopes.
J’aurai aussi aimé être le chien du couple de vieux crevard, avoir une vie rodée, sans aucun désir mis à part celui de bouffer et de dormir.
En sortant du bar, j’ai croisé un clodo qui s’était endormi sur le macadam, la bouteille de rouge encore dans la main, l’air heureux, la face livide et le nez rouge.
J’aurai également aimé lui ressembler, rien que pour avoir l’air heureux quand je dors.
J’ai passé quelques secondes qui m’ont parut extrêmement longues à le fixer, puis j’ai continué à marcher.
J’arrivais au bout de la rue et en me retournant une dernière fois avant de me décider à passer mon chemin, j’ai vu une bande de gosses qui s’amusait à shooter dans le vieil SDF que je regardais tout à l’heure.
J’ai pas bougé, j’ai attendu qu’ils terminent.
Le vieux ne gémissait pas, il avait voulu garder une certaine dignité, il en est mort.
Finalement, puisque j’avais rien d’autre à foutre je me suis assis sur un banc et j’ai appelé les urgences.
Quand l’ambulance à débarqué, les gosses étaient parti, le vieux n’avait pas bougé, la rue était calme et le vent soufflait de plus en plus fort.
Vu le temps que les ambulanciers ont mis pour foutre le mec à l’intérieur de la camionnette, j’en ai déduis qu’il était bel et bien mort.
Peut-être qu’il l’était déjà quand je l’ai croisé, peut être que c’était pour cette raison qu’il avait l’air heureux et les gamins avaient juste eu envie de shooter dans un macchabée, pour voir ce que ça faisait comme impression.
Je me suis finalement levé de mon banc, parce que j’avais trop froid.
En marchant j’ai croisé un autre SDF, j’ai vérifié qu’il était pas mort celui là, quand je l’ai touché il s’est relevé et il m’a foutu un coup de poing.
Mon nez pissait le sang et j’ai finalement décidé de monter vers le haut de la ville le plus vite possible, sonner à la porte de la femme qui m’avait donné rendez-vous un soir de dancing.
Tant pis si je croisais encore un ou deux cadavres…
En longeant les rues, tout ce que je trouvais à me dire, mis à part qu’il faisait vraiment un temps de merde, c’est que j’avais étrangement assisté à beaucoup de scènes de violence et de mort dans une même journée.
Et en croisant un immeuble grisâtre, j’ai lu la phrase qu’un jeune rêveur, idéaliste de mai 68 avait écrit : Sous les pavés, la plage.
J’ai souris en me disant que si j’avais eu un marqueur en poche j’aurai bien ajouté que moi, je savais ce qu’il y avait sur les pavés.
Rien que des cadavres, des saletés de corps en putréfaction qui avaient même pas la décence de crever noblement.
Des ratés qui continuaient de mener une vie sociale alors que leurs entrailles se décomposaient et faisait d’eux les pourritures abjectes qu’ils sont.
C’est juste ça l’humanité, un gros tas de chairs qui moisissent ensemble, les unes sur les autres, et ça se complait là dedans en se disant que tout ce qui arrive, c’est humain après tout.
Ils ne veulent pas réaliser qu’aujourd’hui il n’y a plus rien d’humain.
Ils ne sont que des morts en sursis, qu’on attend d’enterrer, puisque pour l’instant, les caveaux sont pleins.
Ahhh oui, la femme ?
Belle, eurasienne, c’était la Maîtresse de Sélim Sasson, un journaliste de la TV belge…
Elle m’a ouvert, elle m’a fait monter en double sens, m’a fait boire et comme j’étais jeune et con, inexpérimenté, elle m’a jeté…
Je me suis retrouvé dans le caniveau, seul, la nuit, loin de chez moi-ma chambre…
J’ai erré, clochard, dormi dans un porche, dans le froid…
Nos vies sont suffocantes.
L’air inspiré est sitôt vicié.
A chaque nouvelle rencontre, de nouveaux fantômes, alors, maintenant, j’apprends à composer avec tous ces passés entremêlés.
Ceux dont j’entends parler, qui ont compté, tellement, à en déformer le présent.
Les histoires ne s’achèvent que dans les livres et les films, du théâtre de rue aux mauvais acteurs à la réalité crue qu’on aimerait romancer.
Nous jouons dans notre tête le plus mauvais scénario, celui qui n’aura jamais de musique de fin, piètres comédiens à l’humour douteux qui confondent Broadway et Hollywood, l’endroit où l’on regarde et celui où ça se passe, attendant de se faire offrir le premier rôle en passant sa vie à quémander de l’attention, des yeux pour se faire voir ou pleurer, et des oreilles pour entendre son texte récité depuis des siècles.
C’est rongé par les remords d’une intrigue déplacée à la trame effilée qu’on s’invente un présent à défaut de le vivre.
Le futur n’est qu’un mensonge en promesse.
Alors, j’essaie d’oublier que je suis l’un de ces fantômes revivant des épisodes que j’aurais voulu voir achevés et qui m’emmerdent toujours.
Toutefois, maintenant, je ne m’excuse pas aujourd’hui encore, si et quand je dérange !J’aimerai aussi raconter une histoire, peu importe qu’elle soit jolie ou non, j’aimerai parler du train dans lequel je suis monté en ces temps lointains et des fantômes que j’y ai croisé, de ceux qui sont encore présent, et que je n’ai pas écartés, éclatés, d’une balle en pleine tête.
Ce serait sans doute mentir que d’affirmer qu’un flingue suffit à éliminer tout les personnages encombrants, alors, c’est avec ma raison que je me suis toujours battu.
Je me suis fait de moi un allié au lieu de chercher les failles à combler.
Dans mes souvenirs, je suis monté à bord de beaucoup de trains qui ne m’ont jamais mené nulle part.
Alors je suis descendu, parfois trop tôt, souvent trop tard.
A chaque fois je me suis trompé sur la destination, emportant dans mes valises beaucoup de merde et dans ma tête trop de passé.
Alors, comme un serment envers moi-même je suis reparti seul, bien qu’en me trouvant déjà superflu.
Ces voyages m’ont semblé longs, les cauchemars entêtants, et même la distance imposée par mes fuites en avant n’ont pas suffit à couvrir les cris de ma tragédie.
Je la croise souvent dans ces wagons fantômes, au milieu des autres oubliés aux visages en partie effacés.
Il n’y a plus aucune trace de beauté en elle, tant psychique que plastique.
Alors je me décide à laisser geindre cette figurante défigurée en espérant qu’un jour, sa voix se taira.
Depuis notre rencontre, je laisse ma tragédie sur le quai les charlatans, artistes à la rue et martyrs du nouveau monde.
Je m’éloigne en les laissant sur jouer la fiction sans ne plus rien attendre d’eux qu’un murmure diffus, à peine perceptible.
Sitôt prononcé, sitôt oublié.
J’ai déjà tant à faire, nourrir ce souvenir, le dépoussiérer puis le ranger.
A l’abri des mensonges et du mythe, de tout l’emballage synthétique et anecdotes pathétiques que j’ai pu y mettre.
Au cinéma de la télévision en Druckérisations lobotomiques, les émissions, jeux et sitcoms apprennent que tout est blanc ou noir et qu’a la fin, on ne peut que gagner ou perdre.
Je ne peux m’en vouloir de m’être menti à moi-même, parfois, d’avoir cru perdre plusieurs batailles avant de gagner la guerre.
Je ne peux me moquer de ma rage, cherchant seulement à sauver la face, quelqu’en soit le prix, évitant d’être médiocre et de flotter dans un environnement neutre.
A l’écran, tout parait intense et profond, mais la réalité n’a que l’échec en justification.
J’ai pas des masses de conneries en plus à raconter ici…
J’me sens comme en flottement, rien ne m’enthousiasme et rien ne me désespère.
Je me suis transformé en une sorte de grand vide qui aspire les émotions pour mieux les déformer.
Alors j’attends que tout passe et que le froid de l’automne s’installe pour balayer les feuilles mortes de divers livres…
Je lis un bouquin de Michel Onfray sur Georges Palante.
D’une pierre deux coups.
J’avais jamais connu Onfray ailleurs que dans les bouquins des autres et des émissions Télé pas forcément intéressantes où il était lui même très peu intéressant.
J’ai jamais lu un bouquin de Palante non plus.
Inculte que je suis !
J’ai raté un monument de la joie de vivre.
Palante est un démocrate individualiste, ce que Michel traduit par : Un Nietzschéiste de gauche, il est antimarxiste tout comme il n’aime pas les anarchistes qui sont selon lui, coupable d’un optimisme angélique.
Son crédo c’est plutôt l’athéisme, le pessimisme et le nihilisme social.
C’est sur que c’est pas l’optimisme qui a tué ce loustic.
J’y apprends des trucs, comme quoi : La quantité de vitalité d’un corps écrit le destin d’un être » ou bien : Être libre, c’est accepter ce que la puissance exige de nous
Ça paraphrase du Nietzsche à chaque page dans un style romanesque, histoire de tenir le lecteur en haleine.
Ajouté d’un peu de psychologie de comptoir, parce que Freud c’est merveilleux et ce serait bien dommage de s’en passer dans un bouquin pareil.
C’est le genre de livre qui me met de bonne humeur dans un moment de déprime, tout est nul, tout est rien, on va tous mourir, la vie se rate immanquablement, c’est dans l’échec que l’on considère sa force.
On pourrait le vendre dans un magasin de jardinage, à côté de cordes et de pelles en promotion, d’un point de vue commercial et publicitaire, ça gagnerait en force de vente.
Je crache pas sur tout non plus, y a des passages avec lesquels je suis d’accord, sur lesquels je m’enthousiasme, mais alors ce marasme de pessimisme et de pathos raconté par l’autre philosophe de mes deux, c’est dur à digérer…
Tout ça pour écrire que ça va.
Je relativise que dalle.
Je compte seulement les jours et les heures.
Il fait gris dehors, comme la belgitude, ça m’aide à m’enfoncer.
Je suis comme les cons, je me laisse influencer par le temps.
Je mesure ma solitude en instants d’ennui, moments improductifs pendant lesquels je me demande bien à quoi ça sert tout ce foutoir, j’envisage tout, dresse une liste d’actes essentiels à réaliser, et puis tout s’allonge dans des proportions que je refuse de mesurer.
Je me sens connement seul devant une montagne de conneries à vider, de saloperies à nettoyer, de crétins à assassiner.
Mais je ne fais rien de tout ça, je me saoule au Mojito et j’attends que la gueule de bois se passe !J’ai répondu à quatre annonces de demandes de renseignement pour mes bagnoles et envoyé trois é-mails de prospection spontanée hier soir.
Alors ce matin, en ouvrant ma boite mail j’ai eu la joie de recevoir quelques lignes qui racontaient que mes tutures n’avaient pas la couleur recherchée…
J’ai répondu à chacun qu’il n’avait pas le profil pour récurer mes chiottes ni pour vendre des fringues dans une boutique pour classes aisées, mais qu’adaptable, quitte à côtoyer la merde, il pouvait apprendre et faire avec…
J’attends donc, en consumant mon âge, de me fixer des objectifs réalisables, il paraît que ça rend le quotidien moins merdique et que ça valorise à court terme.
Deux heures du mat’, je marche, je contourne des fêtards qui s’attardent devant la sortie des bars.
Ces cons qui n’arrivent jamais à décoller et font chier mon voisinage à beugler comme des veaux.
Il y a toujours l’heure fatidique où le temps me fait rentrer chez moi, me retrouver loin des autres et leurs solitudes individuelles noyées dans l’alcool.
Alors sur le chemin qui me ramène à mon chez-moi, démarche chaloupée, je croise des types et des nanas un peu étranges.
L’éternel groupe de loosers assis près de mon parking, qui sifflent les gonzesses quand elles passent et qui quémandent un peu d’attention si on ose leur accorder un regard, une demi-seconde d’existence alors.
Je navigue entre les gens, me fait un chemin en évitant l’attroupement de connards bourrés en Starck et mocassins vernis.
Toujours les mêmes gueules de balafrés qui s’éreintent en semaine à tenir un stylo Bic entre leurs doigts.
Ils gardent le geste, s’allument une Marlboro, la jette à moitié consumée sur les pavés et gesticulent en mouvements décalés.
C’est bien souvent les plus lourds, les plus cons, ceux qui s’autorisent toutes les bassesses en prétextant décompresser le vendredi soir.
C’est toujours ceux-là qui reluquent le cul d’une femme, d’un air attardé, de haut en bas, sans dire un mot alors qu’elle continue à avancer et qu’elle sent leurs regards se poser sur ses fesses, puis se rassure en voyant s’approcher une autre fille, un peu mieux sapée.
Une plus belle victime qui avance, c’est le maître mot, ne pas rester là, faut presser le pas, fermer son blouson bien haut, les poings au fond des poches qu’elle garde serrés, rasant les murs en regardant droit devant : Vous allez quelque part Mademoiselle ? Vous avez besoin de compagnie ? Vous avez un rendez vous ? Hey ! T’as pas peur la nuit toute seule ?
Bien sur, le connard lambda sait qu’elle a peur, alors qu’elle devrait savoir qu’il ne va rien lui arriver dans cette place et cette rue bourrée de monde, mais elle a le cerveau déficient quand on vient lui adresser la parole.
Alors elle s’écrase quand l’autre sait très bien qui mène la danse et qui va rester sur le carreau.
C’est la petite séance d’humiliation quotidienne.
Il en faut bien, des gens qui se valorisent sur le dos des autres, ça fait partie du jeu.
On est toutes et tous, toujours quelque part, pour les autres, de la chair à pâté qui partons se faire charcuter.
Les mots et maux des autres, moi ça me tue.
La présence de n’importe quel con envahissant mon espace vital à moins de deux mètres, c’est une agression que je ne pardonne pas.
Les gens, je ne les aime déjà pas tellement, mais cons, ça me donne des envies de génocides sévères.
Il y a aussi les couples, dans la rue.
Ceux qui se lavent les amygdales en public et ceux qui lavent leur linge sale.
La vie de nuit c’est tout un spectacle en représentations illimités.
On y entre gratuitement si on accepte de payer les pots cassés à la fin de la prestation.
On a beau mater en spectateur, on fait partie de la scène, un spectacle de rue qui digère et dégénère.
Et puis enfin, ma porte en fer.
D’un coup de pied je la repousse, j’allume le hall et referme, entendant encore les cris de ceux qui se donnent la peine de croire qu’ils vivent et s’amusent dehors.
Et puis je m’éloigne, je jette un œil au garage, dis « bonne-nuit » à mes voitures, certaines me répondent en grinçant…, je monte les escaliers, il fait chaud, je suis déjà mieux.
Pas de gueule de bois demain mais je me promet de vomir en mots les gestes des autres.
Je leur donnerai du sens à ma façon.
Faut bien que je m’accorde une petite place dans l’histoire, que je me donne un rôle et forcément le meilleur !
La faune de nuit c’est pas mon monde, j’ai le désespoir trop solitaire.
Mon monde c’est le monde sans le monde…
Pourquoi devons-nous si souvent attendre de l’avoir perdu pour prendre conscience de l’attachement que nous portions à quelqu’un ou à quelque chose et du bonheur que nous en éprouvions ?
Pourquoi sommes-nous tellement embarrassés lorsqu’il s’agit de définir ce qui pourrait constituer notre bonheur ?
La raison réside dans vingt siècles d’imagerie chrétienne, car depuis 2.000 ans, l’homme s’est vu présenter une image humiliée de lui-même.
Qui peut dire ce que nous serions si ces vingt siècles avaient vu persévérer l’idéal antique de la beauté humaine ?
La preuve de cette humiliation se trouve dans la difficulté de définir positivement ce qui nous rend heureux.
Pour la plupart d’entre-nous, être heureux est une négation : ne pas souffrir, ne pas manquer d’argent, ne pas être malade, ne pas être malheureux… : Mieux vaut que ce soit lui qui souffre, qui manque d’argent, qui est malade, qui est malheureux, que moi
Le comble de l’horreur vient lorsque ce sont des parents qui refusent de l’aide à un de leurs enfants en lui rétorquant : Ca finira par s’arranger, en attendant, nous prions pour toi chaque jour qui passe
Etrange bonheur que celui qui se mesure au malheur des autres.
Pour vivre heureux, vivons cachés, disent ceux qui se cachent et rasent les murs, aveugles et sourds aux autres…
Comme si le malheur était la règle, la fatalité !
Y échapper relèverait dès-lors de la chance aveugle, du hasard, manière de voir qui correspond à la mentalité égoiste de notre temps.
Un temps ou la position de victime est recherchée et idéalisée, le système en cela ayant créé une société d’assistés qui se complaisent dans leur assistance, gage de non-révolte, de nivellement par le bas et de haine de « ceusses » qui réussissent envers et contre tout et tous…
Il y a pourtant une autre manière de définir le bonheur, les joies des toutes petites choses, des instants précieux et éphémères qui, tous ensemble s’avèrent la seule chose véritable d’une vie.
La première gorgée de café, un rayon de soleil, un sourire, un geste amical, le bien-être…
On passe du négatif au zéro et du zéro à l’infinitésimal des poussières de bonheur dérobées au vent du malheur généralisé.
Ne pas avoir peur du bonheur, ne pas avoir peur de viser haut, d’être ambitieux et généreux…
On ne vit qu’une fois, et ça passe vite, autant en profiter en souriant qu’en faisant la gueule aux autres…
Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou, disait Pascal.
Pensée profonde, d’une actualité éternelle, qui n’a peut-être pas été suffisamment prise au sérieux, tant il est vrai que malgré l’accablante accumulation des signes de la folie humaine, nous continuons à nous croire plutôt raisonnables.
La cause de cet aveuglement s’explique aisément si l’on répond à la question : qui est fou ?
Le fou, c’est l’Autre, évidemment.
Il est presque excitant de voir avec quelle habileté l’homme dénonce l’homme, et chaque parti le parti adverse.
L’une des grandes faiblesses humaines est l’incapacité d’observer ceux que l’on estime fous avec des yeux qui leur accordent un tant soit peu de raison, ou de s’observer soi-même par les yeux de ses fous sous l’angle où eux-mêmes ne s’admettent pas fous.
La Folie, jadis bénéficiaire de l’Éloge ironique d’Érasme, a été la cible privilégiée des rationalistes et des psychanalystes.
Apparemment, elle ne s’en serait pas relevée.
Bien qu’elle ne soit plus à la mode aujourd’hui, dans un monde imbu de lui-même, car persuadé qu’il détient les formules de toutes les réussites, tant scientifiques que morales, je trouve encore à la Folie la vertu réjouissante de troubler les bonnes consciences, de mettre le désordre dans les allées trop bien tracées de la Logique et de titiller la Raison dans son usage dogmatique.
D’où l’idée de créer un Club de la Folie Conséquente dans lequel seraient admis tous les fous lucides désireux de tirer les conséquences pratiques de leur état.
On y marcherait sur la tête, on s’y tirerait la langue devant des miroirs et, surtout, on y philosopherait à la bonne franquette, sans prétention et sans partis pris, un verre à la main.
Strictement parlant, le terme folie pose problème.
J’entends déjà les réprobateurs s’indigner de l’usage trop lâche que j’en fais, dans la mesure où je me crois cerné par des fous, lu par des fous, et fou moi-même.
Une sorte de malice me pousserait à exploiter abusivement ce filon en voyant de la folie partout, jusqu’à en mettre là où je n’en vois pas.
Il y aurait notamment de l’exagération à qualifier de fous les excès de la Raison même.
À la limite, si tout est fou, rien n’est plus fou !
Me serais-je pris à mon propre piège ?
Ce ne serait pas la première fois que, voulant faire le malin, je finirais par m’empêtrer dans les lignes d’un raisonnement désinvolte.
Voilà le risque quand on oublie de définir.
D’un autre côté, que pourrait valoir une définition stricte de la Folie ?
On ne met pas si facilement cette sorte d’oiseau en cage.
Disant, par exemple : Est fou ce qui n’est pas raisonnable (j’écarte les définitions pathologiques), qu’ai-je dit, sinon que la folie caractérise l’essentiel des comportements humains ?
Là-dessus, l’accord ne se ferait pas si facilement, car chacun est persuadé que la Raison est sa propriété personnelle ou, du moins, qu’il en partage l’usufruit avec les gens qui lui ressemblent, pensent comme lui, se conduisent comme lui.
Pour la plupart des humains, la Raison, c’est la logique apparente de l’habitude.
Pas étonnant que les inventeurs, les artistes et les excentriques soient généralement considérés comme piqués.
Mais on apprend vite à traverser le miroir, et à voir dans ces déraillements ce qui se fait d’absolument raisonnable, le reste n’étant qu’une forme plus ou moins apaisée et routinière de la folie maniaque, caractérisée par le respect minutieux d’une programmation sociale organisée autour d’horaires et de rites dont le sens devient de plus en plus problématique à mesure qu’on vieillit.
On voit bien en quoi la Folie se joue de ceux qui se croient plus malins qu’elle.
Je suppose qu’elle envoie ses lutins souffler dans les oreilles des parties adverses afin de leur suggérer que leur maîtresse serait flattée de recevoir d’eux sa consécration lexicale au détriment des gens qui ne leur ressemblent pas.
Le fou, c’est évidemment l’autre, toujours.
Mais chacun étant l’autre de l’autre, la Folie prend aisément possession de tout le territoire de l’humaine discordance.
Pour ma part, je me plais à observer comment les esprits rationnels soupçonnent chez les handicapés logiques une faiblesse de constitution intellectuelle, dans le même temps où les pourfendeurs de clarté abstraite accusent les champions de celle-ci de n’être que des pisse-froid, incapables de comprendre la vie.
Quel camp est le plus fou ?
Il semble qu’ils se stimulent assez l’un l’autre.
La concurrence est si rude que l’on est tenté de siffler la parfaite égalité, conformément à la ruse de la Folie, pendant philosophique de la bonne vieille ruse de la Raison quand, prise de folie furieuse, la Raison imaginait qu’elle arrêtait l’Histoire !
Hegel fut sans doute l’un des servants les plus dévoués de la Folie dans sa version intellectuellement paranoïaque.
Mais chez lui, au moins, la Folie a de la tenue.
On ne peut plus en dire autant chez une bonne partie des écervelés abscons dont il fut le prophète !
Au XXe siècle, la Folie s’est vraiment lâchée, ruant et écumant sur le monde, piétinant tout sur son passage.
Le XXIe, en son orée, n’est plus qu’un champ retourné où les derniers adeptes de la modération recherchent la trace d’anciens sillons tracés par d’anciens modérés.
Car il fut des époques où la Folie admettait la mesure, quoiqu’elle fût impropre à la pleine expression de son essence.
Les sages chinois et les sages grecs nous ont laissé des mélodies philosophiques dont la douceur confucéenne et épicurienne ne laisse pas de charmer quelques oreilles modernes, restées sensibles à la secrète beauté de la retenue intellectuelle.
Pour ces Anciens, c’était une façon discrète de faire bon ménage avec la Folie.
Nonobstant quelques concessions, ils pouvaient espérer atténuer les fureurs de la nature humaine, subjuguer ses excès et ses aveuglements les plus dangereux pour vivre dans la tranquillité relative d’une sagesse sans majuscule.
Pourtant, leurs époques n’étaient pas moins cruelles que la nôtre, si elles étaient moins grotesques.
Il faut croire que la Folie, temporairement sous le charme, s’est lassée de cette coexistence un peu mièvre avec des représentants beaucoup trop minoritaires de l’humanité.
Quelle définition de la Folie pourrait-on oser sans se couvrir de ridicule ?
Si j’en tenais une, je ne l’abandonnerais pas facilement.
Je sais trop à quel naufrage s’expose un tenant de la méthode géométrique, plus de trois siècles après Spinoza.
Du reste, notre monde intellectuel n’est plus qu’une fondrière comparativement à l’époque classique.
Il n’y a pas lieu de s’en plaindre, même si la nostalgie peut nous faire regretter un artisanat conceptuel qui s’exerçait dans la douceur feutrée des cabinets et des bibliothèques.
La réalité contemporaine se moque de la métaphysique en chambre.
En quoi la plupart voient moins une perte qu’un gain.
Mais si l’on me passe l’expression, cela fait de belles jambes à la Folie.
Peu lui importe que l’on cherche à la cloîtrer dans un article de dictionnaire.
Comme l’eau, elle finit toujours par trouver une faille.
Ainsi, au moment où l’on pense avoir fixé son visage, elle a déjà opéré l’une de ses métamorphoses habituelles qui la font ressembler à tout autre chose qu’à elle-même.
Plus d’une fois, on l’a vue prendre la forme d’une utopie rayonnante, placée sous le patronage de la Raison, du Bonheur et du Salut, afin d’entraîner les peuples dans sa danse démoniaque et les conduire à leur perte.
Mais elle a su aussi revêtir le masque de l’efficacité et du bon sens capitalistes pour faire accepter plus aisément aux foules leur esclavage doré.
C’est du grand art, et je crois que, sauf à être de mauvaise foi, on ne peut faire moins que saluer l’artiste…
Tout est parti d’un rien et d’un seul homme.
Nous sommes dans les environs de 500 avant notre J.C. Superstar.
Les sept leaders de la sagesse (à savoir que les 7 sages sont vingt-deux : Thalès, Pittacos, Bias, Solon, Cleobule, Chilon, Periandre, Myson, Aristodème, Epiménide, Léophante, Pythagore, Anacharsis, Epicharme, Acousilée, Orphée, Pisistrate, Phérécide, Hermionée, Lasos, Pamphile et Anaxagore), un jour, se sont donné rendez-vous à Delphes, chez l’Oracle d’Apollon, et une fois arrivés sur les lieux, ils ont été reçus avec tout les honneurs par le prêtre le plus âgé.
Celui-ci, voyant assemblé autour de lui la fine fleur de la sagesse grecque, en profita tout de suite pour demander à chacun de graver une maxime sur les murs du temple.
Le premier à accepter cette invitation fut Chilon de Sparte qui, s’étant fait donné une échelle, écrivit, juste sur le fronton d’entrée, la fameuse sentence : Connais-toi toi-même.
L’un après l’autre, tous les Sages l’imitèrent.
Cléobule et Périandre, le premier à droite, le deuxième à gauche du portail, gravèrent leurs célèbre devises : Excellente est la mesure et La tranquillité est la plus belle chose du monde.
Solon, en signe de modestie, choisit un petit coin obscur du prostyle et écrivit : Apprends à obéir et tu apprendras à commander.
Thalès laissa son témoignage sur les murs extérieurs du temple, de façon que tous les pèlerins venant de la voie Sacrée puissent avoir devant eux l’inscription : Souviens-toi de tes amis!
Pittacos, excentrique comme toujours, s’agenouilla devant le trépied de la pythie et grava sur le sol un incompréhensible : Restitue ta caution.
En bon dernier, Bias de Prème, à la grande surprise de toute l’assistance, commença par dire qu’en vérité, ce jour-là, il n’avait de courage pour rien et qu’en somme…, il ne savait pas quoi écrire.
Tous les autres l’entourèrent alors, et chacun tenta de lui suggérer une phrase choc ; mais malgré les encouragements de ses collègues, Bias semblaient indifférent et inflexible.
Plus ceux-là disaient : Hardi, Bias, fils de Teutamos, toi qui de nous tous est le plus sage, laisse aux futurs visiteurs de ce temple une trace de ta lumière !… et plus il se dérobait en objectant : Mes amis, écoutez-moi : il vaut mieux pour tout le monde que je n’écrive rien.
A un moment donné, après bien des tergiversions, on insista tant que le pauvre vieux sage ne put manquer d’écrire quelque chose.
Ce fut alors que d’une main tremblante, il prit un petit ciseau et écrivit : La majorité des hommes est méchante
A la lire rapidement, on dirait une petite phrase de rien du tout, et pourtant, cette maxime de Bias constitue le verdict le plus dramatique qui fut exprimé par la philosophie grecque.
La majorité des hommes est méchante est une bombe succeptible de détruire n’importe quelle idéologie.
C’est comme entrer dans un supermaché et enlever d’une énorme pyramide de pots de confiture l’un des pots de la base : tout s’éffondre, le principe de la démocratie, le suffrage universel, le marxisme, le christianisme et toute autre doctrine fondée sur l’amour du prochain.
C’est Jean-Jacques Rousseau, le défenseur de la théorie de l’homme « bon par nature » qui perd la partie et c’est Thomas Hobbes qui l’emporte avec son slogan : L’homme est un loup pour l’homme.
Le français, le plus cynique des terriens, se nourrira de cette substance filandreuse pour en faire une vraie culture, le monde entier se dotera de l’humour noir à quelque degré que ce soit, le 3ème amendement se verra souvent bafoué ou listigé par la force et la puissance de cette notion maintenant aussi ancrée dans l’esprit humain qu’un chewing-gum sur le bitume.
Et tout cela grâce à un seul homme, une seule phrase, une seule pensée.

 

Chapitre 6

Quelqu’un contre le reste du monde…

Ça y est ! Il paraît que tout change, qu’on est maintenant tous cons, avec le baril de pétrole plus cher que cherté & compagnie, plus cher qu’une entrecôte, c’est la rédemption, fini les bonnes manières, terminé la vraie vertu. Faudra surveiller son langage en même temps que ses bourses. Je m’hermétise, je suis bourrelé de mots secrets en insultes. Je m’occulte. Et encore tout à fait prudent ! Tout devient des plus épineux. Je pense inventer le moteur à eau… Mais attention ! Y a des censeurs, des délateurs dans tous les coins… Je sais plus où me mettre… Le monde tourne bourrique, c’est plein de personnes qui viennent me dénoncer… Au nom de la Patrie toujours ! Même donner mes copains/copines…, comme ça ne perdant pas une minute… Le Fiel est Roi !

Regardez la gueule des gens, c’est du long cauchemar en figures. C’est tout obscène par le visage. Parties honteuses remontées au jour. Il n’est que temps Bordel de merde ! On se méfie jamais assez ! Faut-il restaurer le respect des chastes, le pleur des vierges, l’esprit invincible ! Le triomphe ! la gloire des tordus ! l’esprit sacrifesse ! On peut dire merde et être vainqueur, on peut dire zut et se faire étendre. C’est ça l’atroce ! Y a des preuves et pas des menues. C’est tout du fumier et consorts. C’est tout des ennemis personnels ! Les canailles me démerdent ! Y a que les cons qui clabent ! Personne veut du sacrifice. Tout le monde veut du bénéfice. Nougat cent pour cent. Bien sûr y a eu des morts quand même ! Des vraies victimes de l’imprudence. En somme ça va pas brillamment… Nous voici en draps fort douteux…, pourtant c’est pas faute d’optimisme…, on en a eu de rudes bâfrées, des avalanches, des vrais cyclones, et les optimistes les meilleurs, tonitruant à toute radio, extatiques en presse, roucouladiers en chansons, foudroyants en Druckérisation débilitantes… Personne peut le surpasser question de gueule et d’assurance. Champion du monde en forfanterie, ahuri de publicité camouflée et de promos estampilées, de fatuité stupéfiante, Hercule aux jactances, le Génie de la Race !
Cocorico ! Cocorico ! Le con flamboye ! On est pas saouls mais on est sûrs ! En file par quatre ! Et que ça recommence ! Tout de même y a une grosse différence entre avant TV et aujourd’hui TV. L’homme il était encore nature, à présent c’est un tout retors. Le con d’avant il y allait “comptant bon argent” maintenant il est roué comme potence, rusé pitre et sournois et vache, il bluffe, il envoye des défis, il emmerde la terre, il s’est installé à vie, mais pour raquer il est là et bien là !… Il a plus l’âme en face des trous. C’est un ventriloque, c’est du vent. C’est un escroc comme tout le monde. Il est crapule et de naissance, c’est le tartufe prolétarien, la plus pire espèce dégueulasse, le fruit d’une civilisation. Il joue le pauvre damné, il l’est plus, il est putain et meneur, donneur fainéant, hypocrite….
Pendant que celui-là se gargarise et promeut ses zamis, sas tartuffes, ses vassaux, laquais, bouffons, chantonneurs et dervishes retourneurs de crèpes…, le télespectateur lobotomisé se goure de toutes les arnaques présentées en boucles, on lui a fait la théorie, il sait pas encore les détails, mais il sait pourtant que tout est pourri, qu’il a pas besoin de se tâter, qu’il sera jamais assez canaille pour damer là-dessus le dirigeant de cette gabegie, qu’il aura toujours du retard pour se farcir le fion après tant d’autres. Il sait que télé et compagnie, les émissions vérités sont que mensonges et opportunismes de voyoux, du “tout prendre” et plus rien donner. De la connerie à la petite semaine. C’est de la bonne friponnerie-crapulerie, celle qui envoie les gnous au turbin en les faisant chanter en choeurs : « Ya d’la joie« , qui fait du nombril le centre du monde, la retraite des vieux une rigolade, la gnan-gnanterie pour tous un bienfait… Au nom de quoi il se ferait lobotomiser le con ? Il veut bien faire le Jacques encore, il a du goût pour la scène, les bravos du cirque, comme tous les dégénérés, mais pour mourir en partance, alors pardon, il s’y refuse absolument ! C’est pas dans le contrat d’affranchi. Monsieur se barre à vitesse folle. Que le théâtre brûle il s’en balotte ! C’est pas son business !
Cette grande déglinguerie, c’est général, les chefs veulent pas mourir non plus. Vous remarquerez que les grands despotes, les présidents, les forts ténors, les rois, les princesses, tout ça se branle en riant des cons (vous), les encule au plus profond, fonce au couvert dès que l’aventure tourne aigre, vacille… Foudres d’escampette ! Pas un qui paye de sa personne. Sauver la viande c’est le suprême. Pendant les plus farouches exhortes, pendant qu’ils affolent au massacre, ils quittent pas leur magot du regard. C’est leur vraie Madone ! Pas si cul de se faire étendre ! De la promesse ! du microphone ! c’est dans le bon jeu ! Tout ce qu’on voudra ! Du parfait texte ! Tant que ça pourra ! Pour eux aussi tout est théâtre… Ça fait une fringante ribambelle… Combien qui se sont trouvés pâlots sur le moment de payer la note ? Comptez un peu sur vos petits doigts. Et sans doute que c’est pas fini. Le spectacle est permanent… C’est le mensonge qui nous fait tant de mal ! Ce crime ! Ils en ont tous vécu les tantes ! Prospérés ! Engraissés, bouffis ! Reluis à l’extase ! C’est à présent qu’ils dégoûtent ! Mais ils peuvent pas vivre d’autre chose ! Ils sont foutrement incapables de vendre autre chose que du puant ! Le goût est fait !
Fouinant, rampants unanimes ! Je veux parler des journaleux et des lecteurs et des romans et des radios et du reste TV. Tout pourri, tous pour eux, charlatans, canailles et consorts, à la grande curée du cheptel, chiens et lopes associés. Tartufes paysans, grands auteurs. Mains dans les mains, échanges académiques de merdes, stylisées. Brossage des tatanes en tous genres. Qui fait une fois les chaussures fera toujours les chaussures. Que surviennent demain les Tartares, les Valaques, les Ostrogoth, qu’importe le poil, les pointures, les valets seront toujours là ! Y aura qu’à siffler qu’ils accoureront encore avec leur petit matériel : Adjectifs, raisons en tous genres, brios dialectiques et crachats… Tout ce qui ne ment pas est honni, traqué, chassé, vomis de haut, haï à mort. C’est le grand secret que l’on cache : comment on pourrit jour par jour, de plus en plus ingénieusement.  Je vous le dis bande de bâtards, vous êtes plus bons qu’à l’enfer ! Chiures de mensonges ! Critiques d’art ! Et ça commence un tout petit peu ! C’est ma gentille consolation. Vous aurez pas besoin de tickets ! Y aura de la torture pour tout le monde !
On n’a qu’à un tout petit peu ouvrir les portes de la catastrophe vous allez voir cette corrida ! C’est Carthage en beaucoup plus « brute« , en plus arrogant, plus pourri. Ce genre d’anarchie éperdue ! Le monde sauvé par des guignols ! Nous sommes aux dessins animés ! Y aurait de quoi rire en d’autres temps ! Mais comme on se trouve, y a de quoi se la mordre ! Le bourgeois franchouillard, ce qu’il voit dans le nouveau président, c’est le fric pour tousses. Il se dit : « Voilà un homme placé aux sources de la Vie ! C’est l’emperator de la Fortune ! Il nous remettra tout comme avant ’40. Il nous foutra tout ça aux ordres ! On retouchera ses coupons ! On ré-aura son plein d’essence, on ressortira les dimanches, on re-ira aux gueuletons, on rira chier sous les bosquets dans la douceur des airs angevine et ça sera l’orgueil qui remontera jusqu’aux cieux, de la belle odeur des toutes mieux nourries tripes au monde, chevalières aux Légions d’Honneur, un alibi, un boeuf magnifique« … Tous les autres seront éliminés, à quelques individus près, inoffensifs pauvres maniaques, dont moi-même, agitant marottes et pamphlets, mirlitons, grelots. Finie la drôlerie anarchique, les alibis admirables, irréfutables, esbourriffants, magiques, merveilleux à tout sabouler, saloper, rien foutre… Une hébétude si fantastique démasque un instinct de mort, une pesanteur au charnier, une perversion mutilante que rien ne saurait expliquer sinon que les temps sont venus, que le Destin s’accomplit.
Comment c’est fait l’opinion en France ? C’est bien simple, c’est fait à Paris. Le président, avec sa presse, sa radio, il rend le parisien éberlué et tout mûr. En avant les génials slogans ! Tout trou du cul de vache au village voici parigot promu quelqu’un sur l’asphalte de la Ville Lumière, passé l’objet d’une affection, d’une sollicitude passionnée de toutes les minutes. Il a un “goût” qu’on lui décrète, un flair ! une délicatesse ! Un génie personnel inné ! Que c’est le joyau de la planète ! Qu’on lui affirme, qu’on lui déclare, par éditions extra-spéciales, en immenses titres, à feux de Bengale, à tout néon ! Qu’il en est bouleversé, déluré, cascadeur et tout. En huit jours il se reconnaît plus. Un vertige d’intelligence ! Le chef-d’oeuvre de 22 siècles ! C’est lui l’unique et pas un autre ! Tout des sauvages partout ailleurs ! Des gens qui n’existent pas…, des pays de minables et d’affreux, des queues-dans-le-dos !… Apothéose des quintessences, Français moyens, chouchous des dons rarissimes, les Princes des forces et des astuces ! On-ne-fait-pas-mieux-de-Dol-à-Pékin ! C’est plus que de le faire boire un peu, de l’étourdir au cinéma, de le faire passer aux Folies, qu’il se déprave éperdu Grand Luxe, qu’il se damne aux nénés-sortilèges, aux mirages de hautes priaperies, le voilà tout gâteux à fondre, déconnant le nord pour midi, la droite pour la gauche… Il a oublié son clocheton, son pissenlit, sa chèvre borgne, il est perdu. Rupture des labours. Paysan renié par ses vaches. Même pauvre à bouffer du rat, c’est lui le plus fort armé du monde ! Délirant à plein univers ! Il défie la Terre et l’Amérique ! Il lance des cartels au Zénith ! Il a des canons pour la Lune ! Il la traverse aller et retour !… Il est plus comparable à rien, il est plus montrable, plus sortable, plus écoutable sans rougir. Voici l’homme fou à ligoter, citoyen grisé de conneries qu’a perdu tout sens du ridicule. Il sait plus ce qu’il fait, ce qu’il ne fait pas. Il a plus que des velléités, des ébauches, des bribes, il sait plus rien entreprendre, il comprend plus rien. Il a perdu ses racines. Il est l’homme des publicités, rincé, délavé, chiffe crâneuse. Il va où sa connerie le pousse, où le Président lui souffle les slogans. Pour tenir la France en haleine, c’est pas fort : faites reluire…, mariole, hargneux, ricanier. La France crève de ses croquants snobs, Drucker et compagnie, BHV tartignole enculant sa chantoneuse pour qu’elle élève l’octave et son cul pour l’enculade…, que c’est beau, surtout devant mobiliers bois de rose et vernis sur “oeils de perdrix”…
Essayez de comprendre ce qu’ils veulent ? Ils veulent quoi les cons du peuple ?… Ils en savent rien ! Les radicaux ? La monarchie ? Le retour “comme avant” ? La Sociale ? Les Phalanstères ? La guerre civile électorale ? Sarko Dictateur ? Le Comité Royal pour Ségolène ?  La résurrection de Léon Blum et de Gaulle ? Les Jésuites ? La Proportionnelle ? Les Jeux de Loto ? Le grand Mongol ? Ils veulent quoi ? Ils savent pas eux-mêmes… Ils ont tout salopé, pourri, dégueulé à tort et à travers, tout ce qu’ils toucheront sera de même, dégueulasse, ordure en deux jours. Ils veulent rester carnes, débraillés, pagayeux, biberonneux, c’est tout. Ils ont pas un autre programme. Ils veulent revendiquer partout, en tout et sur tout et puis c’est marre. C’est des débris qu’ont des droits. Un pays ça finit en “droits”, en droit suprêmes, en droits à rien, en droits à tout, en droits de jaloux, en droits de famine, en droits de vent. Mais faut pas oublier l’Élite ! Elle existe ! Bordel ! Elle existe ! D’où qu’elle vient celle-là ?  Elle arrive se faire consacrer… Humer l’atmosphère parisienne…, la sophistication des choses, l’astuce, l’entendu raffiné…, l’élégance qui s’improvise pas…! Comment c’est la consécration ? C’est la maîtrise de faire : « peutt ! peutt » !… C’est pas si simple que ça a l’air… C’est toute une carrière, des épreuves… Faut d’abord aller à l’école. Sauter dans le bachot…La navigation commence !… Passer les éliminatoires… S’y reconnaître en géographie… en algèbre… en agronomie… se faire injecter les Pandectes… La Science Politique… Apprendre au poil l’Histoire de France pourrie, bien faisandée, bien contrefaite… Sortir de tout ça licencié… Déjà bien vache en petites lumières, babillard du pour et du contre… Le rudiment de la muflerie…, le scepticisme élémentaire…, le coeur déjà pas très vaillant de race épargnante et salope, se le racornir encore un peu…, se le ratatiner forme bourse qu’il tinte vraiment plus que pour les sous grâce à l’instruction frigidante, rationnelle et papyracée… Voici l’adolescent d’élite au point pour les cent mille profits, bien défendu contre sa jeunesse, contre les emballements de son âge ayant bien retenu la morale de papa-maman…, l’horreur des spontanéités…, le déshonneur du sacrifice… Voici l’adolescent d’élite à point pour les cent mille profits…, petit snob énatisé…, cent fois plus avide que son père qu’était pourtant un fameux crabe…, qui laissait pas grand’chose sur l’os…  Voici fiston reniflant la ville… Dents longues, ficelle, yeux faux-fuyants. Il va entrer dans les relations, il va fréquenter les salons, la Loge des “Hirsutes réunis”, deux, trois bars en vogue. C’est lancé ! Là alors c’est du vrai « peutt ! peutt » !  La Mode, la Couture, les Artistes ! Ah ! vraiment des gens de vertige ! Qu’ont le coeur qui bat plus du tout sauf un petit peu pour les partouzes quand c’est la fête d’un grand Fumier ! Oh, c’est le plain-pied du Sublime ! On fonce au sein du raffinement ! Avec tout confort capiteux, parfums ambrés, chochottes menues, menottes d’Orfèvres ! Hammam, Ambassades, eau chaude, poils… On suce des secrets redoutables… Quels prolongements !  Que tout le monde en reste ébloui… Que ça fait des thèses mémorables dès qu’une seule lui sort au derrière… Voilà comment ça marche l’élite !…
La vie est courte, crevante, féroce, pourquoi hors « peutt-peutt » s’emmerder ? À quoi ça ressemble, je vous le demande ! Malheur aux ignares voilà tout ! Se casser le cul pour des clopinettes ? Pour des rédemptions fantastiques ? Des croisades à dormir debout ? Quand c’est si facile de se défendre, de parvenir par la babine à port sûr, ravissant, fameux… Certes faut être fumier de très bonne heure, faut que la famille s’en occupe, autrement ça se développe moins bien, c’est une question de premier âge, en plus d’heureuse hérédité, la bonne étoile c’est d’être bien né, sous des parents qui comprennent ! Ça s’ensemence la vermine, ça se cultive tiède, à l’ombre, ça prolifère, c’est heureux, plus heureux foutrement que l’aigle qui croise là-haut dans les tempêtes. La vermine quel avenir immense ! Raisonnable ! Coup sûr ! Les aigles, il n’en reste presque plus ! La Terre tourne ! Elle contient plus de mauvais que de bon ! Les jeux sont faits !
Une société civilisée ça ne demande qu’à retourner à rien, déglinguer, redevenir sauvage, c’est un effort perpétuel, un redressement infini. C’est de l’effort et ça fatigue. La nôtre elle veut plus rien foutre, elle veut plus se fatiguer du tout. Elle se les retourne de plus en plus. Elle s’effondre dans tous les coins. C’est la base qu’est vermoulue, qu’étant bâtie sur l’espoir, ils en veulent plus du tout de l’espoir, ça ressemble trop aux courants d’air, ils veulent du “tout de suite et confort”. C’est plus des hommes de Légende, c’est plus des imaginatifs, c’est des hommes de la mécanique… Pascal ça l’étonnait aussi les espaces infinis des cieux, il aimait mieux la brouette ! Ça rend pas bon la mécanique ça rend prosaïque et cassant. Tels quels ils repartiront jamais, ils saboteront la machine, on ira de plus en plus à pied, on sera de plus en plus malheureux et la police et les prisons elles seront croulées avec le reste, noyées sous décombres. C’est autre chose un essor, c’est un enthousiasme ! Les damnés de la Terre d’un côté, les bourgeois de l’autre, ils ont, au fond, qu’une seule idée, devenir riches et le demeurer, c’est pareil au même, l’envers vaut l’endroit, la même monnaie, la même pièce, dans les coeurs aucune différence. C’est tout tripe et compagnie. Tout pour le buffet. Seulement y en a des plus avides, des plus agiles, des plus coriaces, des plus fainéants, des plus sots, ceux qu’ont la veine, ceux qui l’ont pas. Question de hasard, de naissance. Mais c’est tout le même sentiment, la même maladie, même horreur. Tout ça roule, roule tout venin, tiédasse, c’est un malheur pire que tout, l’enfer médiocre, l’enfer sans flamme. Y a des terrorismes bidons qu’arrivent heureusement, à point nommé, comme par hasard, c’est fatal !
Le peuple il n’a pas d’idéal, il n’a que des besoins. C’est quoi des besoins ? C’est qui a plus de chômage, qu’on trouve des boulots, qu’on a la sécurité, qu’on se trouve assuré contre tout, le froid, la faim, l’incendie, qu’on a les vacances payées, la retraite, la considération, la belote et le pousse-café, plus le cinéma et le bois de rose, un vache smoking tempérament et la bagnole à crédit pour les virées en famille. C’est un programme tout en matière, en bonne boustiffe et moindre effort. C’est de la bourgeoisie embryonne qu’a pas encore trouvé son blot. Les plus terribles bouleversements vont pas lui changer son programme. C’est du rêve de décontenancé, de paysan qu’a plus sa vache, plus de terre, plus de châtaignes, qui se raccroche à tout ce qu’il trouve, qu’a peur que le monde lui manque, que tout lui flanche entre les doigts. Tout ça il se dit c’est fantastique…, ça pousse tout seul, ça durera pas… Je serai à carreau que fonctionnaire… Ah ! bordel foutre, il m’en faut ! Retraite ou mourir ! La Sécurité ou la mort !La Panique c’est toujours vilain, faut prendre les choses comme elles sont. Ça serait pas si abominable, ça pourrait très bien s’arranger, si les atroces profitaient pas pour forniquer leurs saloperies, les occultes cultiveurs de haines, qui démordent jamais, enveniment, disposent les traquenards, bouzillent, torturent à plaisir. C’est l’Abîme, c’est l’Apocalypse, avec tous ses monstres déchaînés, avides, dépeceurs jusqu’à l’âme, qui s’entrouve sous les petites gens.
Ça suffit pas la misère pour soulever le peuple, les exactions des tyrans, les grandes catastrophes, le peuple il se soulève jamais, il supporte tout, même la faim, jamais de révolte spontanée, il faut qu’on le soulève, avec quoi ? Avec du flanc et du pognon. Pas d’or pas de révolution. Le flan c’est des histoires à dormir debout, comme Ben Ladden et ses armées, les terroristes qui terrorisent…, du flan, bordel ! Les damnés pour devenir conscients de leur état abominable, il leur faut une littérature, des grands apôtres, des hautes consciences, des pamphlétaires vitrioleux, des meneurs dodus francs hurleurs, des ténors versés dans la chose, une presse hystérique, une radio du tonnerre… Au lieu de ça, c’est Druckerisation lobotomique en TV débilitante…, autrement ils se douteraient de rien, ils roupilleraient dans leur belote. Tout ça se paye, c’est pas gratuit, c’est des budgets hyperboliques, des tombereaux de pognon qui déversent sur le trèpe pour le faire fumer. Il faut étaler les factures, qui c’est qui dèche ? C’est à voir. Pas de pognon, pas de fifres, pas de grosses caisses, pas d’émeutes par conséquent. Pas d’or, pas de révolution ! Pas plus de Mercedes que de beurre en branche que de Drucker, pas plus de bateliers que de caviar ! C’est cher les ténors qui Bruelisent, qui soulèvent les connes en transe. Et les chuchoteries de portes cochères ? Ça revient à des sommes astronomiques ! C’est du spectacle, faut mettre le prix, les frais de faux-terrorisme et de faire-peur, ça cube, ça ruine ! Pour amener le trèpe à plein délire, pour qu’il secoue pas ses chaînes, la marmite, le pot-au-feu, que tout ça culbute pas, qu’on l’étripe dans la joie ! La fraternité reconquise ! La liberté de conscience ! Le Progrès en marche ! Que ça soit l’énorme Opéra, le plus géant de deux trois siècles que c’est une autre vie qui commence ! Ah ! ça alors c’est dispendieux ! Au prodige ! Tout un monde de petites bourriques à gaver, festoyer, reluire, des poulets de tous les plumages au picotin plein les Loges, de limaces à redondir, grassoyer, tiédir, mignoter, que tout ça vermoule l’édifice, chuinte et corrode à prix d’or. C’est des notes à n’en plus finir. C’est hors de prix la Police qui mate le faux-terrorisme, la pullulation d’émissaires, asticoteurs de griefs, des mille rancoeurs à la traîne, retourneurs de fiels. Et il en faut ! Jamais de trop !
Comme c’est passif le pauvre monde, oublieux ! le baratin du damné, voilà du tintouin infernal, lui auquel le gros rouge suffit, faut lui donner la soif du sang, qu’il puisse plus tenir dans son malheur, que sa condition le rende maboule, atrocement fauve, anthropophage. Lui qui demande qu’à rester tel quel, grognasseux, picoleux, fainéant. Il veut se plaindre mais pas autre chose. Il faut que tout lui tombe sur un plat. Pardon alors ! C’est là qu’il se fait drôlement relancer par les “Busheries” à tant par jour, les fonctionnaires de la connerie et du mensonge. Et c’est encore que le premier acte, les prémices du drame, les exposés de la comédie, les rassemblements tapageurs. Faut pas en promettre des conneries, faut les amener luxurieusement, c’est un gouffre d’insurger le fretin, c’est que l’Irak ça mobilise, le trésor de Saddam y passe encore. Pas d’or ! Le damné Irakien il n’était pas commode, alors y a fallu qu’on l’éclaire et bougrement, pour qu’il s’élance aux barricades, qu’il commence à faire le fou. Il préfèrait lui, pourtant, la vie de famille, quelques coups de feu en l’air et le meeting baveux. Au fond il aimait pas les histoires. Il était conservateur fini, il était de la terre, né bidasse, faut pas l’oublier. Il tenait pas vraiment aux sacrifices, aux piscines de sang. Il y tenait même pas du tout. Il a fallu pour ça qu’on l’enfurie, qu’on le picadorise à mort. Ce fut un tintouin du tonnerre. Il était gueulard, plus mendigot que fracasseur. Il voulait bien encore des violences mais si c’était les autres qui dérouillent. Il voulait défiler triomphant. Il voulait son bois de rose, sa retraite de vieillard à trente ans, tout des raisons pour pas mourir. La pêche à la ligne. Qui dit mieux ? Il voulait pas mourir du tout. Les gardes civiques ça meurt très bien à sa place ! Ils vous ont de ces mitrailleuses ! Sagesse d’abord ! À quoi bon changer l’ordre social pour que les autres se régalent et qu’on soit mort et martyr ?
Victoire ? C’est vite dit ! Mais pas d’omelette sans casser d’oeufs ! Et pas de bonnes victoires pour les morts ! Chacun réfléchit forcément !… Quelles garanties ? Chacun se demande “in petto”… Est-ce bien sérieux ? Que les autres crèvent si ça leur chante ! On verra bien comment ça tourne… C’est là le hic, le point sensible, le “ne-pas-se-mouiller” paysan, c’est là qu’il faut pousser au crime ! à plein orchestre ! Que l’or entre en transe et comment ! Bush, Blair et les démons de l’enfer ont fait le nécessaire, enflammé la viande à temps, déchaîné l’émeute, le carnage, soulevé l’ouragan des tueries, les torrents de bave conventionnels, l’ébullition de la frime du sang. Fallait un commanditaire ! C’est la condition du spectacle ! Et point petit cave chichiteux ! Quelque hagard effaré comparse ! Pouah ! Quelle horreur ! Quelle insolence ! Non ! Saddam, l’hussein colossal ! Le plus coûteux des opéras ! Y songez-vous ? L’Opéra des vanités ! Avec Déluges de pétrole ! Choeurs symphoniques ! Oh ! la ! la !  Vous êtes raides ? Alors taisez-vous ! Caltez ! Emmerdez personne ! Vous êtes qu’un petit impertinent ! Un petit garçon mal embouti ! Allez donc apprendre la musique ! Ça vous disciplinera l’esprit ! On n’insurge qu’avec des espèces et pas du semblant ! Des pichenettes ! Non ! Non ! Des trombes ! Cyclones de pèze !
Ah ! Trouver un commanditaire c’est le début de toute grande chose, le rêve de toute personne sérieuse, sans commanditaire point d’essor, le génie lui-même tourne à vide, bouffon bientôt, s’épuise en onaniques mirages. Rien ne peut réussir sans or, rien ne s’achève, n’aboutit, tout s’évapore au premier souffle. Au moindre méchant vent contraire, la première petite cabale, tout se dissipe et disparaît. Pour retenir les hommes ensemble, les posséder en franche meute, il faut leur garantir la soupe, l’écuelle régulière et copieuse, autrement ils prennent plusieurs maîtres et votre meute existe plus, vous êtes fini pour l’aventure, la chasse est bien fermée pour vous. Ah ! C’est des choses qu’il faut connaître, qu’il faut respecter, c’est des Lois. Tenez par exemple Bush et son compère Blair, ils le connaissaient eux le fond du sac…, le fin grigri des sortilèges, ils s’embarquaient pas à lure-lure… Admirez leur prévoyance, leur esprit d’administration, leur prosaïsme impeccable, leur vigilance aux aguets de tout bailleur présentable…, jamais une seconde déportés du point essentiel : le pognon ! Au guet du nerf des batailles intrompables. Ah ! que voici des gens sérieux ! C’est pas eux qui se seraient échauffés sur des motions courants-d’air, des vins d’amitié anisés, des hurluberluteries saoules, les vociférations du genre, les tonitruements romantiques, tous les ours creux de la ménagerie qui ne font peur qu’aux petits enfants. Ils voulaient bien des petits congrès qui ne font de mal à personne, pour dire comme ça qu’on a de la troupe, et bien soumise, qu’on est écouté en bas lieux, des rassemblements de minables, des agités de l’injustice, des pelliculeux de l’oppression, des inanitiés de la grande cause, tous les sous-nutris de brouets sales, les cancrelats du café-crème, les intraits enfiévrés de mistoufle, de bile et de bafouillage, il en faut pour le prurit, l’exaspération de la connerie, le baratin vaseux des masses. Des orateurs qui puent de partout, le chien mouillé because pardingue, des crocs because la carie, des nougats because ils sont deuil, de la gueule because l’estomac, tout ça qu’est dans la chtourbe rance, qui sort d’un hospice pour un autre, d’un cornet de frites pour la Santé il en faut pour envenimer le trèpe. Ah ! C’est les martyrs de la cause ! Ah ! c’est des choses qu’il connaître, que ça mord, grinche et puis dégueule sur le morceau, ingrats, infidèles, prétentieux, dès que ça déjeune un petit peu because ça n’a pas l’habitude. Oh ! la grossière catégorie, oh ! la très rebutante clique, pour les personnes d’entreprise qui veulent pas crever engloutis sous projets foireux, embarbouillés dans les palabres, perdus dans les lunes, les promesses.
La rhétorique c’est pour les foules, aux chefs il faut du répondant, le vrai répondant c’est la Banque. C’est là que se tiennent les clefs de songe, le petit Nord et le grand secret, les souffles du faux terrorisme. Pas de banquiers pas de remuements de foule, pas d’émotion des couches profondes, pas de déferlements passionnels, pas de Cromwell, pas de Marat non plus, pas de fuite à Varennes, pas de Danton, pas de promiscuité, pas de salades. Pas un Robespierre qui résiste à deux journées sans bourse noire. Qui ouvre les crédits, mène la danse. Tout est crédit, traites validées, surtout dans les moments critiques où les reports sont épineux. Pas de chichis ! Voilà les humbles servitudes, tout est mesquin dans la coulisse. C’est pour ça qu’elle a réussi la bande à Bush ! Non seulement parce qu’elle était youpe-youpeeeeh, mais aussi qu’elle était bien au courant des circonstances, pas lancée découverte la bande, qu’elle était sûre de leur liquide pétrole, qu’elle était bourrée au départ. Tout de suite la bande a donné confiance. Au nom de quoi elle causait ? Au nom du monde des opprimés ? Des Damnés de la Terre innombrables ? Des écrabouillés de l’Injustice ? Des atterrés de l’Imposture ?… C’est bien entendu, ça va de soi ! Mais aussi, peut-on dire surtout, au nom du pétrole qu’est autre chose comme répondant sous tous les degrés Latitude…, plein les vagues qui remue le Ciel et la Terre…, tous les échos des réussites…, qu’est la sorcellerie des passions…, qu’est l’onde de magie droit aux coeurs…, qu’autour d’elle toute musique s’éteint le frais cliquetis de l’or…, la prestigieuse longueur d’onde !…
Bien sûr Bush et compagnie étaient en famille avec leurs banquiers, industriels de mort et pompeur de pétrole… Ça demandait qu’a se rencontrer, qu’à servir en choeur la bonne cause, la seule qui compte, celle de la Grande Cause de la Grande Entourloupe, la grande mise en bottes, définitive, plombée, secrète, Royaume absolu qui s’étend du Ciel aux Enfers avec les bidasses obligés qui se magnent la hotte, tous cons comme toujours, rissolant, les pieds en feu courant la cendre, s’arrachant la chair pour le Maître, lui servant toute chaude, bien saignante, à point, qu’il ait rien à dire, pétri d’amour pour eux, c’est les faucons rouges qui se ravissent que c’est arrivé ! Ils voient déjà le monde meilleur, plein de nougats pour leurs petites gueules !  Les jeux sont faits ! Les masses alors comment qu’elles se sentent !… Qu’elles entrent en transe et volcaniques !… C’est l’éruption des couches profondes ! La Farandole des Grands Espoirs… C’est dix jours qui bouleversent le monde !… Mr Bush est bien heureux… Il s’embête pas !… Ses petits associés non plus… Tout va bien. STOP. Saddam effacé. STOP. Larguez encore 150.000 milliards. STOP. Triomphe assuré. STOP. Progrès en marche. STOP. Difficultés peuvent surgir. STOP. Confiant ardent vigilant. STOP. Terrible et bon oeil. STOP ! On remue là-bas le grand Kahal. Tous les Cohen sont sur le pont. De Chicago à Wall-Street c’est une immense jubilation… Tous les ghettos de luxe sont aux anges, ça bouillonne dans les arrière-Loges… Les Fraternitys convulsent… C’est décidément l’âge promis !… Le sacrifice est emballé !… Toute la banque contribue… Le paquet arrive…, ils savent ce que toucher veut dire, ils prennent pas ça pour des copeaux, ils connaissent la chanson du monde, que c’est de la bonne huile de miracle, que maintenant tout peut arriver ! Alors c’est la vogue mirifique ! La machine au Progrès elle fonce, elle ronfle, elle s’emballe, elle tourbillone au vertige, c’est une dynamo de Justice, d’égalité, de lumière, vrombissante en pleine barbaque goye ! Des millions sont occis en pas deux mois de Martiales Cours. Ça déblaye drôlement l’atmosphère ! C’est autre chose que petites motions pelliculeuses, enchifrenées onusiennes, bilieux petits colis chafoins, mauvais coucheurs à participes, cancrelats de Cités Futures, pue-du-bec et myopes à grelots, lépreux sans ulcère, fils de clebs, conformismes de la petite aigreur, vibrions des petites eaux louches !
Mais ça alors pardon minute ! C’est du Théâtre pour Continent ! Des millions de personnes en scène ! sans compter les morts, les blessés, les exécutés par mégarde, les sacrifiés dans les coins…Et puis encore de la dépense, des répétitions générales, des péroreux au tarif double, des palabreurs qui sont sournois, qui se nourrissent pas de leurs hyperboles, qu’il faut éclairer de nuit et jour à coups de prébendes et triples soldes. Les résolutions fléchissent, les cons pâlissent un peu… C’est un gouffre “le Progrès en marche”. Même avec la banque, c’est venu à caner un moment. C’était une telle gourmandise, une telle boulimie dans le désert après les discours à Washington qu’il y eut un petit moment de bisbille, les dollars se faisaient prier ! Guidez nos pas vers l’autre monde ! De l’égalité justicière ! De la rédemption des damnés ! Que c’est tout cuit ! Tout en musique ! Que c’est l’extase de nos Idées ! Le triomphe du Progrès en marche ! Il galope plus ! Il charge ! Il vole !… On sera tous en choeur à la gare… Toutes les ultimes délégations… Damnés soulevés admirables. STOP. Mais réclament encore 100 milliards. STOP. Mieux. STOP. Effacer traces. STOP. Conseille envoi immédiat. STOP. Blair avec nous. STOP. Péril petit bourgeoisie européenne persiste. STOP. Fidèle et sûr. STOP. Pur. STOP. Dur. STOP. C’était le coup classique, impeccable, le coup de gong aux cons qui sont engagés jusqu’aux ouïes… Le trésor bien planqué en fouille, le divin lest, Bush hésite plus, il se parfait, se bichonne, s’agrémente, endosse les fringues de circonstances…, le costard élimé rase-pet…, le def du comptable “chez lui”…, il est de l’emploi, ça fait vingt ans qu’il repasse le rôle…, au poil…, voilà…, il entre dans l’acte comme un gant… C’est là qu’est l’intelligence !…, il fonce au dur ! Il s’embarque !… Takatchoum !… Takatchoum !… Il tombe en pleine ébullition…C’est le Messie qui émerge… Les damnés lui boivent les paroles… Il parle plus de courants d’air… Il parle de choses qu’ont du sens… Il peut se permettre… C’est des messages… C’est des valeurs… C’est le Credo qui soulève le monde !… Les montagnes avec !… Le Blé d’Amérique est avec lui… Le pétrole passe dans ses veines. Toutes ses syllabes sont en dollars… Il a payé comptant : L’inertie des opposants, la pourriture des cadres adverses, ça devient du velours… du beurre de noisettes… C’est de l’Hydromel !… Il parle d’or quoi, c’est tout dire !… Du coup les damnés se tiennent plus… Le grand orchestre entre en délire, tous les musiciens sont payés ! La grande saoulerie gronde à plein les carrefours !…, bourriques, forçats, putains, noire mercante, tout ça farandole à mort, à pleins cadavres et c’est la fête ! c’est la nouba à l’abattoir du Grand Judas. On rigole bien, on est en sang. C’est plus de la petite Carmagnole. C’est la sarabande du Tonnerre ! Que Dieu lui-même est au plaisir, que le Diable lui passe les cymbales ! Par Jéhovah ! c’est la grande Folle ! Que tout le bastringue lui saute des poignes, que toute la Terre convulse ! Virevolte ! S’écrase ! Fiasque partout ! Dégouline !… Que c’est plus une chose à regarder…, ça, c’est du labeur grande cuvée ! De l’assouvissement pur carat ! On peut pas faire mieux en moins de jours ! C’est intensif, ça coûte un monde, mais nom d’Isaac, nom de foutre, c’est de l’éclair de diamant d’orgie ! C’est pas des choses à se priver quand on trésorise des milliards ! À quoi bon donc ils serviraient ?
Restait à parachever le turbin. Mais ils sont cocasses les canards, ils se grattent un petit peu… Ça ne suit pas !… Ils sont emmerdés… Voilà des mois qu’ils essayent de faire tressaillir la viande froide… Bush se doute pas ce que c’est frigide l’enthousiasme français !… Il serait écoeuré en moins de deux… La France, elle bouge plus… Qu’est-ce qu’elle veut la France ?… de la Patrie ? Des bas morceaux ?… De la candeur ?… Du naturel ?… De l’ordre moral ?… Des anathèmes ?… Des souscriptions ?… De la violence ?… Ou des papouilles ?… Des grands procès ?… Des grands poètes ?… Ah ! la vache on la comprend plus…, elle fait la queue, elle râle à mort…, elle rentre chez elle, elle râle encore… C’est “Revendication” qu’elle a…, jusqu’au tréfonds de la molécule de la pinéale du trognon… Rien ne la passionne que de râler…, et puis où qu’on a du beurre ? Des bernots ? Des patates ? Au Bureau de Tabac !… C’est triste.
Les journaux de choc ils se ravalent, ils s’arrachent les touffes, de malaise, de se voir déprisés par les masses françaises. Comme ils sont assez crânouilleux ça les fait pas réfléchir ces sourciers de la politique, ils sont pas capables. Ils ont un dada, ils s’y tiennent, ils sont là-haut, ils caracolent, ils voient pas ce qui se passe aux pavés. Qu’ils vont tout prendre dans la gueule en affreuses tornades un de ces jours. Faut pas être un grand astrologue pour présager des choses pareilles. Dans le mou, dans le vide, ils continuent, toute leur carrière en dépend ! Mais ça l’intéresse pas le public !… Comme on dirait de moins en moins ! Ils bravent alors l’adversité, ils hurlent à contre courant, ils ameutent le souscripteur… Le mouvement prend de plus en plus d’ampleur…, passionne de plus en plus nos foules…, les villes, les campagnes…, nos masses entrent en effervescence ! Elles exigent la fin de la guerre d’Irak qui a mis la France dans cet état de dépendance au pétrole ! Dans cette position trop atroce !… Dans ces draps infâmes !… Mais c’est pas vrai ! Les arracheurs ! Les masses elles demandent rien du tout, elles gueuleraient plutôt : « Vivent les yankee qui savent bien mieux promettre la Lune« . Ça fait rien, qu’ils disent nos apôtres, faut pas rester sur des échecs, faut pas avoir l’âme de vaincu, un journal c’est fait pour tourner, c’est une feuille d’espoir qui se vend, qui ne fait de mal à personne, hurlons Noël, il arrivera ! C’est du Coué à la petite semaine. Ça serait peut-être honnête de se rendre compte…Le peuple, il veut bouffer que du bourgeois, du bourgeois qu’il connaît bien, son idéal, son modèle, son patron direct, qu’est du même chef-lieu de canton, du même bled, du même village, qui parle son patois si possible, son frère français qu’a réussi, il est fratrophage, le Français, pas mangeur d’irakien pour un sou.
Moi j’aime pas les amateurs, les velléitaires. Faut pas entreprendre un boulot ou bien alors il faut le finir, faut pas en laisser en route, que tout le monde se foute de votre gueule…Si on fait du faux-terrorisme c’est pas pour le faire à moitié, il faut que tout le monde soit content, avec précaution, douceur, mais avec la conscience des choses, qu’on a rien escamoté, qu’on a bien fait tout son possible. Quel est l’autre grand rêve du Français ? 99 Français sur 100 ? C’est d’être et de mourir fonctionnaire, avec une retraite assurée, quelque chose de modeste mais de certain, la dignité dans la vie. Et pourquoi pas leur faire plaisir ? Moi j’y vois pas d’inconvénient. C’est un idéal, l’indépendance assurée par la dépendance de tout le monde. C’est la fin du “chacun pour soi”, du “tous contre un”, de “l’un contre tous”. Vous dites : Ils fouteront plus grand’chose. Oh ! C’est à voir… On en reparlera… Je trouve ça parfaitement légitime que le bonhomme il veuille être tranquille pour la fin de ses jours. C’est normal…, et la sécurité de l’emploi…, c’est le rêve de chacun. Je vois pas ce que ça donne d’être inquiet, j’ai été bien inquiet moi-même, j’en ai t’y mangé de la vache enragée ! Je crois que je suis un champion de la chose, j’ai tout de même ça en horreur. Je vois pas à quoi ça peut servir pour le relèvement de la sociale, la marche agréable du progrès, de se casser le cul effroyable, d’en chier comme trente-six voleurs, sans fin ni trêve, les consumations par l’angoisse que c’est du crématoire de vie. C’est toujours des douillets nantis, des fils bien dotés d’archevêques qui vous parlent des beautés de l’angoisse, je leur en filerai de la voiture, moi ! De la sérieuse voiture à bras, et poil, certificat d’étude à l’âge de 12 ans ! Je te leur passerai le goût de souffrir !
Le Bush il veut bien tout ce qu’on veut, toujours d’accord avec vous, à une condition : Que ce soit toujours lui qui commande. Il est pour la démocratie, le progrès, toutes les lumières, du moment que ça va dans son sens. Grandes étiquettes et crapuleries. La formule lui est bien égal, il se débrouille toujours, pourvu que ce soit lui qui commande, en définitive, par personnes interposées, par missions occultes, par les banques, par le suffrage universel, par les mariages dynastiques, tout ce qu’on voudra, pourvu que ce soit lui qui commande. Il fabrique aussi bien son beurre dans les monarchies que dans les Kominterns kalmouks ou dans les Loges du Mexique. Il est à son aise partout pourvu que ce soit lui qui commande, abandonne jamais les ficelles. Il chante la chanson qu’on voudra, dansera sur toutes les musiques, gigottant avec les singes, hurlant avec les pauvres loups, zigzaguant avec les serpents, imitant tous les animaux, toutes les races, tous les passeports, pourvu que ce soit lui qui commande. C’est un mimétique, un putain, il serait dissous depuis longtemps à force de passer dans les autres, s’il avait pas l’avidité, mais son avidité le sauve, il a fatigué toutes les races, tous les hommes, tous les animaux, la Terre est maintenant sur le flanc, rendue par ses tripatouillages, il est pas encore rassasié, il emmerde toujours l’Univers, il veut tout, il veut davantage, il veut la Lune, il veut nos os, il veut nos tripes en bigoudis pour pavoiser au Carnaval. Il est fou à lier complètement, c’est qu’un absurde sale con, un faux sapajou hystérique, un imposteur de ménagerie, un emmerdant trémousseux, crochu hybridon à complots. Il nous escorte c’est le malheur, c’est le monstre qui colle, l’Horreur chez soi, il est monté dans la nef à la place d’un vrai animal. Il veut plus jamais nous quitter du moment que c’est lui qui commande. On le vire de la barre ?… On peut plus… On en a marre d’intervenir… Il hurle trop fort quand on le bouscule… Il a fatigué tout son monde… Il faut que ce soit lui qui commande…Il a peur de rien… Il a peur seulement que d’une chose : du retour du Communisme et du terrorisme… Or, il n’y a que son faux-terrorisme…. Ça alors c’est la fin du monde…C’est le renversement des vapeurs. C’est l’explosion du Soleil. C’est le suicide du haricot. Je vois venir les “jeunes redresseurs”…, comme çi…, comme ça bureaucrates, pleins de virulences et d’entregent, prêchi-prêcheurs…, pleins de bonne foi, de pétulance… Qu’ils ont du Travail plein la gueule, et du flan aussi… Le Travail-salut ! le Travail-fétiche ! Travail-panacée-des-tordus ! Le Travail remède ! Travail toutes les sauces !… Les masses au Travail ! Bordel foutre ! Les pères au travail ! Dieu au travail ! l’Europe au travail ! Le Bagne pour tous ! Les fils au travail ! Mémères au boulot ! Faut que ça fume ! La grande ivresse des emmerdeurs ! L’intention est excellente… mais faut penser aux “pas abstraits”, à ceux qui vont trimer la chose…, ceux qui sont pas dans les bureaux en train de se griser de statistiques, d’épures prometteuses… Ceux qui vont les exécuter les hauts projets miroboliques, qui vont se farcir les mornes tâches au fond des abîmes…, qui vont s’ahurir à la mort autour des chignolles tréfileuses dans le bacchanal âcre des fabriques, toute la vie dans le relent d’huile chaude. C’est pas marrant le tangible…Pardon !… Pardon !… faut réfléchir !… faut se demander où ça nous mène ?… , si tout ça c’est pas l’imposture, une façon de se débarrasser…
On dit que la machine rend méchant…, le contraire serait une rude surprise. C’est anti-humain au possible de foutre comme ça dans les rivets, les générations montantes, les mitoyennes, les fléchissantes, dans les enfers de quincaille pendant des jours, des années, toute la vie…, sans issue probable…, sans musique…, l’hôpital à la fin de vos jours. Qui va là-dedans pour son plaisir ? Sûrement pas nos chers visionnaires, nos gentils ardents redresseurs, tout épargnés par leur culture, leur bel acquit, leur position. L’usine c’est un mal comme les chiottes, c’est pas plus beau, pas moins utile, c’est une triste nécessité de la condition matérielle. Entendu, ne chichitons pas, acceptons vaillamment l’usine, mais pour dire que c’est rigolo, que c’est des hautes heures qu’on y passe, que c’est le bonheur d’être ouvrier, alors pardon ! L’abject abus ! L’imposture ! L’outrant culot ! L’assassinat désinvolte ! Ça vaut d’appeler les chiots un trône, c’est le même genre d’esprit, de l’abus sale. Bien sûr on peut pas supprimer, l’usine dès lors étant admise, combien d’heures faut-il y passer dans votre baratin tourbillant pour que le boulot soit accompli ? Toutes les goupilles dans leurs trous, que vous emmerdiez plus personne et que le tâcheron pourtant crève pas, que ça tourne pas à sa torture, au broye-homme, au vide-moelle ?… Ah ! C’est la question si ardue…, toute délicate au possible, il me semble à tout bien peser que 35 heures c’est maximum par bonhomme et par semaine au tarabustage des usines, sans tourner complètement bourrique. Y pas que le vacarme des machines, partout où sévit la contrainte c’est du kif au même, entreprises, bureaux, magasins, la jacasserie des clientes et la connerie des indécis, c’est aussi casse-crâne écoeurant qu’une essoreuse-broyeuse à bennes, partout où on obnubile l’homme pour en faire un aide-matériel, un pompeur à bénéfices, tout de suite c’est l’enfer qui commence, 35 heures c’est déjà joli. La preuve c’est qu’on voit pas beaucoup des jeunes effrénés volontaires s’offrir à la conduite des tours, des fraiseuses racleuses chez Citron ou chez Robot C°, pas plus que de commis éperdus mourant d’adonner leur jeunesse à l’étalage au Carrefour du coin. Ça n’existe pas. L’instinct les détourne. Attention à forcer l’instinct ! C’est ça qui nous rend impossible ! Malheureux indurés canailles, qu’on sait plus par quel bout nous prendre, culs-de-jatte sur tabourets d’horreurs, chevillés aux cent mille chignolles, tordus complotiques à binocles, myopes de régularité, monotones à dégueuler. Taupes de jour. Il faudrait rapprendre à danser. La France est demeurée heureuse jusqu’au rigodon. On dansera jamais en usine, on chantera plus jamais non plus. Si on chante plus on trépasse, on cesse de faire des enfants, on s’enferme au cinéma pour oublier qu’on existe, on se met en caveau d’illusions, tout noir, qu’est déjà de la mort, avec des fantômes plein l’écran, on est déjà bien sages crounis, ratatinés dans les fauteuils, on achète son petit permis avant de pénétrer, son permis de renoncer à tout, à la porte, décédés sournois, de s’avachir en fosse commune, capitonnée, féerique, moite.
La France elle a des ennuis. Elle va crever d’à peu près tout, de bisbille celtique éperdue, de prétentions cacochymes, de la haine des uns pour les autres, de l’égoïsme capitaliste, et coetera et couetera… Elle va crever qu’elle manque d’essence…, y aura plus chez nous que des vieillards, des emphysémateux à bosses… La question sera donc résolue en même temps que les autres… France éternelle aura vécu…, de tours de vache en discours, de folles saignées en clarinettes… Pas besoin de se casser la tête… Les problèmes d’asile de vieillards c’est du ressort de l’Économat, y a plus besoin de Premier Ministre…, des suppositoires…, du tilleul… On est donc au bout du rouleau. C’est de la pénurie vitale… C’est la poule qui ne veut plus pondre… Ah ! la déprimante conjecture ! De quoi morfondre !  Beaucoup de papier, peu d’enthousiasme. Faut se mettre à la portée du monde… Vous parlez d’un fringant passé !… Tout en catastrophes écoeurantes… Verduns pour rien… Gloire pour les prunes… Impôts… Salut ! Vous avez dégoûté la bête. Vous parlez d’un joli présent… Vous parlez d’un jouissant avenir… que du boulot, des sacrifices, des charogneries à perte de vue… C’est pas un programme bandochant… Vous vous rendez compte ? On en a sué 400 milliards pour parvenir où nous en sommes… sur les genoux… en bas d’une autre côte… C’était aussi un grand projet bien patronné par toute l’élite, la fine fleur…, à quel renfort de zimboum ! boum !… Quelles pâmoisons ventriloques !… Quels sacrés jurements au bonheur ! Quelles culotissimes assurances ! Et de quels hommes ? Presque les mêmes…, les bulles encore au coin de la gueule… C’est donc le tout à recommencer ?… Minute ! Vous permettez qu’on se gratte les couilles…, qu’on se demande où ça va conduire votre nouvelle enfourcherie de dada…, qu’on se demande dans votre aventure qu’est-ce qu’on va lui faire au têtard ? C’est ça qui nous intéresse… Quels tours de fumiers tout ça couve ?… Des championnats de la maigreur ?…
Ah ! Ça va mal ! Mieux vaut l’admettre. La confiance se cache, l’entrain à la vie n’est plus là. Ça se voit en tout, dans nos grimaces, nos façons gercées…Crédit est mort une fois pour toutes. Pas de sécurité pas de famille ! Plus de légèreté, plus de grâce, dans les mouvements, dans les coeurs…Comment rendre la confiance à tous ces gens sourcilleux, revêches au déduit, noués de partout ?… On se désintéresse du goût, de l’enthousiasme, de la passion, des seules choses utiles dans la vie… On apprend rien à l’école que des sottises raisonnantes, anémiantes, médiocrisantes, l’air de tourner con râbacheur.  Regardez les petits enfants, les premières années…, ils sont tout charme, tout poésie, tout espiègle guilleretterie… À partir de dix, douze ans, finie la magie de primesaut ! Mués louches sournois butés cancers, petits drôles plus approchables, assommants, pervers grimaciers, garçons et filles, ragoteux, crispés, stupides, comme papa maman. Une faillite ! Presque déjà parfait vieillard à l’âge de douze ans ! Une culbute des étoiles en nos décombres et nos fanges ! Un désastre de féerie. Quelle raison ? La puberté ? Elle a bon dos ! Non ! Parce que dressés tout de suite en force, sonnés d’emblée dès l’école, la grande mutilante de jeunesse, l’école leur aura coupé les ailes au lieu de leur ouvrir toutes grandes et plus grandes encore ! L’école n’élève personne aux nues, elle mutile, elle châtre. Elle ne crée pas des hommes ailés, des âmes qui dansent, elle fabrique des sous-hommes rampants qui s’intéressent plus qu’à quatre pattes, de boutiffes en égouts secrets, de boîtes à ordures en eaux grasses. Ah ! C’est vraiment le plus grand crime d’enfermer les enfants comme ça pendant des cinq ou dix années pour leur apprendre que des choses viles, des règles pour mieux s’ahurir, se trivialiser à toutes forces, s’utiliser l’enthousiasme aux choses qui s’achètent, se vendent, se mangent, se combinent, s’installent, dilatent, jubilent, capital, qu’on roule avec, qu’on trafique, qu’on goupille, chignolle, lamine, brase, en cent enfers mécanisés, qu’on accumule dans ces dépôts pour les refiler à bénéfices…, à la grouillerie des brutes d’achat. Quelle atroce farce ! Saisir les enfants à leurs jeux, les empêtrer minutieusement pas examens impeccables de notions toujours plus utiles, tourner en plomb leur vif argent, leur river après les quatre pattes, que la bête gambade plus jamais, qu’elle reste prosaïque à toujours, fardée à hurler à mort, sous chape effroyable, à désirer toutes les guerres pour se dépêtrer comme elle peut d’une existence qui n’en est plus, qu’est une espèce de survie d’une joie trépassée depuis longtemps, enterrée toute vive à l’école. Parce que si ça doit continuer notre existence pareille et même, telle qu’elle se déroule aujourd’hui, sur cette boule ronde, je vois pas beaucoup à quoi ça rime…
Des catastrophes comme distractions…, des hécatombes comme dessert…, ça peut encourager personne… On pourrait peut-être aviser, varier un peu nos usages…, se demander par où ça pèche… À moins qu’on aime l’atrocité…, les grands Beaux-Arts de catastrophe…C’est important les Beaux-Arts, c’est pas moi qu’en dirais du mal… C’est la manière de s’en servir, c’est là qu’est le hic… Ça serait peut-être même une façon de rénover de fond en comble l’Europe et ses tristes vilains penchants, de lui retrouver un petit peu une âme, une raison d’être, un enchantement, une gaîté surtout, c’est ça qui lui manque le plus, une gaîté pour commencer, puis une mélodie bien à elle, une ivresse, un enthousiasme qui serait l’ornement de la Terre, la fontaine des plus hautes féeries !  Nous crevons d’être sans légende, sans mystère, sans grandeur. Nous périssons d’arrière-boutique. Vous voulez retrouver l’entrain ? La force créatrice ?  Le goût du public est tout faux, résolument faux, il va vers le faux, le truqué, aussi droit, aussi certainement que le cochon va vers la truffe, d’instinct inverti, infaillible, vers la fausse grandeur, la fausse force, la fausse grâce, la fausse vertu, la fausse pudeur, le faux bonhomme, le faux chef-d’oeuvre, le tout faux, sans se fatiguer. D’où lui vient ce goût-catastrophe ? Avant tout, surtout de l’éducation première, du sabotage de l’enthousiasme, des joies primitives créatrices, par l’empesé déclamatoire, la cartonnerie moralistique. Bien sûr il faut des certitudes, du pondérable, des poids, des mesures, des sciences exactes, des découpetages d’Algébrie, des mathématiques barateuses-lieuses, des concomitants mastodontes, poustouflants à cent mille pistons, par tourbillonages réversibles, des fouasseuses gicleuses synthétantes hautes dix fois comme la tour Eiffel, à jus de cornue miroboleux, idoles de vingt trusts verticaux, avec fournaises en ébonite, cheminées qui traversent les Alpes, tous les torrents emboutis, façonnés égouts de haute-force, mers blanches en sirops, qui remplacent mille hommes par trois pets et un tondu, tout ceci formellement précis et loustiquerie polytechnique. Fort bien ! Très bien ! Nous sommes contents ! Parfaitement louable et Grand merci ! Le progrès étant à ce prix ! Tout de même faudrait que ça passe en second…, en tout honneur et révérence…, que ça décervelle pas …, autrement c’est plus qu’un désastre, un misérable naufrage en plein prodige de mécanique…
Mais je vois l’homme d’autant plus inquiet qu’il a perdu le goût des fables, du fabuleux, des Légendes, inquiet à hurler, qu’il adule, vénère le précis, le prosaïque, le chronomètre, le pondérable. Ça va pas avec sa nature. Il devient, il reste aussi con. Il se fabrique même une âme chimique avec de l’alcool à toutes doses, pour réagir contre l’angoisse, se réchauffer les aciers, se duper au monotone, il se délabre, cafouille, s’étiole, rote, on l’emporte, on l’incarcère, on le radoube, on rambine vitesse, il revient, tout est à recommencer…, il tient plus huit jours à la vie super-intense des cent mille grelots à la fois tressaillis dans du vitriol. Et de plus en plus convaincu “d’alésages au polycompteur”, de précipices à la corde, virés au 793/5ème de poil, d’engouffrants phénomènes de trombes, halluciné à mort de vide, osmotique des riens, métaphysique de sottise, hypnotisé de précisions, myope de science, taupe de jour. On l’éberlue de mécanique autant que les moines de mômeries nos pères les crasseux, il fonce le moderne, il charge, du moment qu’on lui cause atomes, réfractions cosmiques ou “quanta”, il croit que c’est arrivé dur comme fer. Il est en or pour tous panneaux. Il donne dans le prestige des savants comme autrefois aux astrologues, il s’est pas encore rendu compte que d’additionner des pommes ou de mettre en colonnes des atomes, c’est exactement semblable, c’est pas plus sorcier, c’est pas plus transcendant l’un que l’autre, ça demande pas plus d’intelligence. Tout ça c’est de la vaste escroquerie pour bluffer le bonhomme, l’appauvrir, le dégoûter de son âme, de sa petite chanson, qu’il ait honte, lui couper son plaisir de rêve, l’ensorceler de manigances, le tripoter, le conditionner trépied de machine, qu’il renonce à son coeur, à ses goûts, muet d’usine, moment de fabrication, la seule bête au monde qu’ose plus du tout sauter de joie, à son caprice, d’une patte sur l’autre, d’une espièglerie qui lui passe, d’un petit rythme de son espèce, d’une fredaine des ondes. Qui va venir abolir tout ça ! Toute cette forcènerie sinistre connerie ! N’importe quel poisson crevé peut descendre le flot furieux, mais il en faut un de courage et joliment vif pour remonter au courant.
Regardons encore ces déjetés, ces accidentés permanents qui savent plus où donner de la tête, comment on peut leur rendre une âme ? Une petite musique, un rythme ? Qu’ils soient plus si fades comme ils sont, en honte au dernier têtard, tout fiévreux, râpeux de raison, ignobles à écouter, à voir. Et infatués avec ça ! D’être à bout de tout leur rouleau, si serfs intrépides, plus pauvres que l’âne, attelés plus bas, au marché vide. Faudrait un Hercule convaincu et drôlement soufflé, pour les arracher ces lascars à leur roboterie, citoyens motorisés, puis citoyens tout nus, pieds nus, la gueule de travers, que faire pour eux ? Pas grand’chose. Le traitement à l’école ? Peut-être… Avant l’usine, le bureau, avant la fameuse orientation professionnelle…, avant le pli irrémédiable ?… Peut-être… Tout doucement…, par les Arts ?… Hélas les temps ne son plus. États de luxe, de gaspillages…, où l’âme courait encore les rues…, divertissements blasés…, le peuple encore tout chantant, dansant, festoyant à guise… Hélas ! Les temps ne sont plus… Nous sommes avares devenus, malmenés, pauvrets de ressources et de coeur. Soyons au fait de notre honte. Il faut tout reprendre, aux balbutiements, à l’A.B.C. de la brimade, de l’estiolerie d’émotions. Las ! Que faire de cet insensible, sans rythme, sans saveur, sans essor, que nous livre aujourd’hui notre monde, sorti des pensums ? Absolument rien. Confiné, constipé, chafouin, rageur, peureux, revendiquant, tricheur, sournois, effleurant tout, n’aimant rien, bavard de tout, comprenant rien. Ahhhhh ! l’aride petit phénomène, âcre résidu de hideux drame, celui de l’étiolerie des âmes, sous la férule des cuistres rances. Ce misérable est sans recours, c’est un osselet pour toujours à brinquebaler dans les machines, il a plus qu’à attendre son tour, la guerre où on broye les osselets sous les charges de tanks fourrageurs ou sous torpilles en abris-caves où ça se concasse les petits osselets de son genre. Pour l’adulte pas grand’chose à faire… Peu de Révolution pour lui !… Des phrases… Des phrases… Toujours des phrases… De l’enthousiasme, de l’émotion, du don vivant de la création, du charme de race, toutes les bonnes choses dont on ne veut plus, qu’on traque, qu’on vexe, qu’on écrabouille.
Une société que demande-t-elle ? En plus du lait chez l’épicier, du pain, du frigidaire ? Des gens qui s’entendent, qui sont émotifs, émus les uns par les autres, pas des bûches rébarbatives… qu’ont des raisons de se rencontrer, agréablement, non pour admirer leur confort, leurs peaux de zébis du Kamtchatka, leurs 35 chevaux “Quaquaquat”, leurs boîtes à viande 14 litres qu’est la puanteur des campagnes, leurs “tankinettes” d’élégance, mais des choses qui ne s’achètent pas, qu’on fait soi-même avec des ondes, de la bonne humeur, du vent, de l’enthousiasme…Sans création continuelle, artistique, et de tous, aucune société possible, durable, surtout aux jours d’aujourd’hui, où tout n’est que mécanique, autour de nous, agressif, abominable. Faut-il croire que c’est compliqué, singulier, surnaturel, d’être artiste ? Tout le contraire ! Le compliqué, le forcé, le singulier c’est de ne l’être point. Il faut un long et terrible effort de la part des maîtres armés du programme pour tuer l’artiste chez l’enfant. Cela ne va pas tout seul. Les écoles fonctionnent dans ce but, ce sont les lieux de torture pour la parfaite innocence, la joie spontanée, l’étranglement des oiseaux, la fabrication d’un deuil qui suinte déjà de tous les murs, la poisse sociale primitive, l’enduit qui pénètre tout, suffoque, estourbit pour toujours toute gaîté de vivre. Tout homme ayant un coeur qui bat possède aussi sa chanson, sa petite musique personnelle, son rythme enchanteur au fond de ses 36°8, autrement il vivrait pas. La nature est assez bourrelle, elle nous force assez à manger, à rechercher la boustiffe, par tombereaux, par tonnes, pour entretenir sa chaleur, elle peut bien mettre un peu de drôlerie au fond de cette damnée carcasse. Ce luxe est payé. Tous les animaux sont artistes, ils ont leurs heures d’agrément, leurs phases de lubies, leurs périodes de rigodon, faridon, les pires bestioles biscornues, les moins engageantes du règne, les plus mal embouchés vautours, les tarentules si répugnantes, tout ça danse, s’agite, rigole le moment venu ! Les lézards aveugles, les morpions, les crotales furieux de venin, ils ont leurs moments spontanés, d’improvisation, d’enchantement, pourquoi on serait nous les pires sacs, les plus emmerdés de l’Univers ?  On parle toujours des têtards et des poissons rouge (j’en connais un qui frétille jour et nuit tellement il est heureux), ils se marrent bien eux, ils frétillent, ils sont heureux toute la journée. C’est nous qu’on est les pires brimés, les calamiteux de l’aventure. À quoi tout ça tient ? A l’école, aux programmes. Le Salut par les Arts ! Au lieu d’apprendre les participes et tant que ça de géométrie et de physique pas amusante, y a qu’à bouleverser les notions, donner la prime à la musique, aux chants en choeur, à la peinture, à la composition surtout, aux trouvailles des danses personnelles, aux rigodons particuliers, tout ce qui donne parfum à la vie, guilleretterie jolie, porte l’esprit à fleurir, enjolive nos heures, nos tristesses, nous assure un peu de bonheur, d’enthousiasme, de chaleur qui nous élève, nous fait traverser l’existence, en somme sur un nuage.
C’est ça le Bonheur, s’enticher d’un joli, d’une jolie, l’emporter dans la vie, apprendre la magie du gentil secret, le sortilège qui nous donne la clef de la beauté des choses, des petites, des laides, des minables, des grandes, des splendides, des ratées, et l’oubli de toutes les vacheries. C’est de ça dont nous avons besoin, autant, bien autant que de pain bis, que de beurres en branches ou de pneumatiques. Qu’on me dilacère si je déconne ! On ne foudroye pas un artiste. C’est lui qui juge l’Univers, qui se fait marrer à sa guise, tantôt en bien, tantôt en mal, comme ci, comme ça, à petites astuces, au petit bonheur. On ne peut plus grand’chose contre lui, ni les éléments, ni les hommes, il est passé fétiche pour tous, petit grigri des familles. Si on réfléchit c’est pas mal, rien qu’avec du souffle… Ça serait peut-être la fin des bisbilles, des jacasseries de sales cons, venimeux atroces, des ragotages diffamants, destructeurs de tout, de réapprendre à chanter ensemble, en choeur, et voguer de même, la main dans la main ?…L’enseignement de rénovation quelle ampleur vous lui donnez ? Toute ! Par la danse, les sports, les Arts, les choses utiles seulement secondes, la moitié du temps dirons-nous, il suffit bien ! Les meilleures heures, les plus ardentes, dévolues à l’admiration, au culte des grands caractères, au culte de la perfection qui doit embraser l’âme humaine. Il faut réapprendre à créer, à deviner humblement, passionnément, aux sources du corps, aux accords plastiques, aux arts éléments, les secrets de danse et musique, la catalyse de toute grâce, de toute joie et la tendresse aux animaux, aux tout petits, aux insectes, à tout ce qui trébuche, vacille, s’affaire, échoue, dégringole, trimbale, rebondit, recommence de touffes en brin d’herbe et de brin d’herbe en azur, tout autour de notre aventure, si précaire, si mal disposée…Que pense de nous la coccinelle ?… Voilà qui est intéressant ! Que le corps reprenne goût de vivre, retrouve son plaisir, son rythme, sa verve déchue, les enchantements de son essor… L’esprit suivra bien !… L’esprit c’est un corps parfait, une ligne mystique avant tout, le détour souple d’un geste, un message de l’âme, mieux à surprendre, à recueillir au bond, à l’envol de danse que sous accablants grimoires, marmonnerie de textes, contextes, bâfrerie d’analyse de poux, découpages de cheveux en mille, sports assis, migraines, remigraines et la suite, à dégueuler ce noir bastringue, noir sur blanc, tripes et boyaux morfondus de gravité, d’horreurs apprises immangeables, titubants malheureux navrés de bibliothèques, enlisés, suffoquants, affreux, sous glu de savoir, sous calcifiants amonts de fouasse, culturelle. Ah ! la pourceaude pataugerie ! Ah ! qu’ils sont mornes à regarder ! A secouer ! A comprendre !… Glués de la sorte, que voulez-vous qu’il en advienne, sans ailes, sans émoi, sans ferveur ? Brutes ou goujats, mufles partout, sournois d’usine, de cancres en boutique, ivrognes aux labours, bêtes à cinéma, passifs partout, de plus en plus ennuyeux, ennuyés, croulants, accablés ? En chacun délivrer l’artiste ! lui rendre la clef du ciel !
Zavez déjà bien regardé « nos » étudiants ? Tout violacés, tous devenus crétins d’étudier ! Ah ! oui, ils « savent« , ils connassent tout…, font que se reporter et raporter aux livres, pareils qu’un contenu d’ordinateur… Mais ils ne savent plus lire, le moindre texte de 100 lignes est trop long, ils lisent plus, ils savent plus lire, ils savent plus écrire… Même en musique, que du facile, du rap de pacotille chantonné par des débiles matamores et ex-droguées, hallucinées, putes parfois, décervelées, bêtes, potiches, mais mises en exemple en Druckérisation et Staracadémisation débilitantes… A quoi ça sert de se cancériser la tête en SMS crétinisés, si c’est pour pas savoir lire, ni écrire, ni penser ? Et après des études martyrisantes au seul profit de la société qui finira par les jeter, poubelles vivantes, ordures humaines décaties à 40 ans…, que reste-t-il d’utile ? Travailler à construire des portables pour envoyer des SMS cons ! La belle affaire ! Le génie humain ! Einstein revient, c’est de ta faute, immonde salaud… Pareil pour tout ! Tout à l’égout, tout au dégout !… Ca sert à rien de servir tout ce fatras de conneries… Ca sert à quoi d’inventer des écrans ultra-plats pour regarder les niaiseries de Drucker ? Dites-moi l’utilité du génie humain dans la technologie des ordinateurs pour en arriver à écrire : « toua cam nu, sitai fem ou mec« … ? Dites-moi l’utilité du génie humain dans la technologie guerrière ? Quelle évolution depuis la fronde et le glaive ? Non… Tout ça ne sert pas l’homme, tout ça sert l’industrie et les banques, c’est à dire rien… La vie ce n’est pas ça…
Tout est merveille et m’enchante et chante qui m’élève du sol !… De véritable nature des hommes qui sont nés de là… C’est le choix d’une fleur au jardin, nulle n’est méprisable…, entre toutes nulle n’est vilaine, toutes ont leur parfum… Point de mines mijaurées ! Tout est sacré de ces miracles…, les plus infimes accents…, trois vers, deux notes, un soupir…, la vraie vie !
C’est en voyant Alexandre, un bonhomme de dix ans et quelques, hier en retour d’école, avec sa punition en paiement de ses rêveries, de ses papillons qui volent, de ses regards et jeux d’un âge qu’il ne sait pas encore qu’il ne reviendra jamais…et en écoutant Alexandra, ma fille de 20 ans, hier soir, aussi, me parler de ses « devoirs » de la chimie et des « algébriques folies » des mauvaises définitions de questions que des professeurs lui posent, entrainant stupeur et pleurs si la réponse est approximation génée, quète de l’inutile, en râlant…, et c’est me regardant, moi…, bien loin de leurs âges, me disant qu’ils ne connaissent même plus l’insouciance, les bétises vraies de la vie, les gentilles…, qu’en finale d’études à leur tournebouler la tête ils devront crier vive le roi, vive le président, vive dieu, patrie, loi, travail, chômage, conneries, souffrances et re-conneries…. du matin au soir et soir au matin, le restant d’une vie pour passer à coté de la vie…, ne plus s’extasier d’un oiseau, d’une douceur, d’une beauté éphémère… que j’ai pensé, en plus des miennes (de pensées) que  décidément le monde tournait fou, que ça n’allait pas, qu’on n’était décidément pas faits et pas nés pour ça, pas pour être des machines au service d’une société qui est de moins en moins société sociale… On court, on court, on s’époumone pour des trucs qui serviront strictement à rien, qui nous rendent aigris et dingues, qui nous forcent à devenir mabouls… et en finale, pendant qu’on s’assassine, on nous jette en pature la réussite supposée de crétins, crétines, footbaal’heures, tennisseuses-suceuses, chantonneuses-péteuses, et tout le toin-toin, des sans rien dans la tête qui nous la jouent con, nous déconsidérant, nous moralisant, nous ramenant à une condition de primates, de primitifs, de gnous juste bons à fonctionner, à payer pour les conneries des autres, les leurs…, je me suis dit : ça sert à quoi d’inventer des écrans plats pour regarder les niaiseries de Drucker, a quoi ça sert de haut fidéliser son chez-soi pour entendre Bruel crier ses conneries qui ne nous concernent ni ne nous interpellent, et Johnny aussi, et les vieilles poteries décaties qui s’accrochent, qui nous les cassent…, a quoi ça sert ce cirque, pour se faire rétendre par des escrocs qui nous la jouent guimauve pour mieux nous détrousser… Pour qu’en finale, en sus d’un pognon inutilement gagné pour n’en payer que des taxes, des impôts, des amendes en obligations, à se faire rétamer, user, enculer… on croit que payer des chicheries en aumoneries fausse charité, on sera mieux une fois morts…, conneries !Alors, j’ai ré-écrit…Et c’est foutrement bon d’écrire au lieu de regarder des conneries Druckérisantes ou de faire un turbin, comme si on faisait le tapin, les putes de l’existence…Faudrait avoir enfin la lucidité d’envoyer tout valser…, tout faire péter, se retrouver, refaire une vraie existence…
Moi, les forums, finalement j’adore, on y côtoie que des pseudos, c’est certain, surtout des pseudonymes, donc anonymes, mais c’est pour le plaisir du baratin…
Bref…, pas plus tard qu’hier, en nuit ou toutes les chattes sont grises, en voilà une qui vient écrire qu’elle a envie de révolutionner le monde…
Je me suis dit en retour : Tout finit toujours au lit… Piting !!!  Faut faire gaffe… Soit lit d’amants, soit lit de noces, soit lit d’hopital, donc lit de souffrances et d’espérances…, ou lit de mort !!!
Vous devinez plus ou moins le fond de ma pensée, vous tousses, hommes, femmes et transsexuels qui me lisez, abasourdi(e)s, forcément, homme femme trans, c’est ce qu’on se dit, au delà de toutes les utopies…
Ben oui, c’est l’évidence à 50 cents d’euros…, quoique, je ne saisis pas tout, je reste obtus en certaines circonstances, tout en devinant tout…
Alors quoi ?
Construire quoi ?
On va pas poser des bombes ni envoyer des virus, ça ne sert à rien, il n’y a que les fabricants d’anti-virus qui propagent des virus, il n’y a que les gouvernements qui jouent les terroristes pour avoir des prétextes pour régner sur les cons…
On peut quoi faire alors ?…
Qu’en sais-je, moi ?
C’est pour ça que tout se termine toujours au lit, c’est là qu’avant de suer, souffrir, clamser, mourir, espérer renaître puis se décomposer…, qu’on refait le monde, qu’on rêve, qu’on fantasme, qu’on s’assoupit après avoir bravé des interdits…
Les lendemains il faut chercher pitance, penser à l’avenir, revenir sur terre, accepter des compromis, se prostituer la tête, le corps…, se mettre en branle, en double sens…
Dites-moi vos rêves, pas les « sommeillés« , mais les éveillés, ceux du matin, pas ceux du soir…, de quoi vous vivez, de quoi avez vous charge, de qui et quoi êtes vous charge, vos peurs, vos envies, vos joies et vos ennuis…
Vous verrez, en juxtapositions, ce seront les mêmes qui reviennent que d’autres encore et toujours…
Il y a de la folie dans la vie… !
Toujours est-il que…, merci, voilà, au revoir, tout le plaisir était pour moi, je ne vous retient pas…, toutes ces prises de têtes sans prises de corps, ce ne sont que des enculades virtuelles, des rêves éveillés cauchemardés…, qui me donnent plaisir à les publier dans mon forum ou je suis quasi le seul à débiter des âneries…

 

Chapitre 7

Quelqu’un contre le reste du monde…

À double sens mes bafouilles, parfois confiture aux marrons sur biscuit sec, parois aussi caviar de cochon… que les ceusses bouffent au lieu de lire, souvent sans comprendre, vautrés dans un canapé… C’est attrayant aux papilles, mais gaffe, les cons risquent de s’y casser les dents puis d’en faire une indigestion suivie de diarrhées scripturales.

Tout mes mots en maux de mots ont l’air de rien, ça forme des textes, ça parait banal, naïf, parfois gentil…, mais c’est complexe et plein de double-sens… Les babochages d’un lubrique désabusé, excité par la débauche des lettres… Pourquoi pas ? C’est amusant une orgie de syntaxe, Q en l’air pour que s’éclate l’alphabet, forniquent les phrases, s’enfilent les mots. Qu’ils causent les mots, nom de Dieu ! Vivent ! Chantent ! Dansent ! Forniquent ! Qu’ils bougent en cadence, deviennent musique, muscles tendus, mouvements d’ombre, lumière, tempête, démence, cinoche, théatre… Jambes en l’air et ballets des boulevards, music-hall… Montmartre la butte, Bruxelles ses putes…, racoleuses, souilleuses, fouilleuses et hargneuses. Toutes mijoteuses de vibrations. Elle s’enfourne la vie, gicle dans la rue, les trottoirs, les hôtels, chambres minables… Ouvrières des glands. Partout la misère quotidienne, ordinaire… Ha ! Mais pas n’importe où ! Quand même !
La langue, expressive et libre se résume maintenant aux mots qui déshabillent, des SMS en effeuillage des superflus, les conventions aux ordures et la merde en pleine tronche.  Rien à cirer… Les messengers, les emails et les SMS de culs, c’est la mort annoncée du français. C’est la France figée dans les moules à espérer sucer des crevettes, des macchabées momifiés, étouffés de bandelettes, cordon de la Légion dans le cul pour plus de jouissance. La langue française en est rendue là, elle agonise dans les sarcophages d’ordinateurs.
Réinventer l’écrit, voilà la source de tous mes ennuis, l’origine profonde. Ma manière de retourner les mots révolte les coincés… Je hache menu syllabes et consonnes, j’enveloppe le charnel des sens… Mon souçi, le seul… : Tendre la chair jusqu’au muscle, gratter l’os et séduire le verbe, le rythme…, l’élever à l’anatomie parfaite de la phrase, corps du texte, avide, expressif, animé et causeur… Aboutir au langage parlé ! Le vrai ! Le seul qui pousse à exprimer le vécu, le vivant… L’excessif en tout. En avant et plus loin toujours, sans louvoyer… Voilà tout !
Mes emmerdes viennent de là, du début… J’ai voulu éjecter les mots du placard, comme les impressionnistes ont sorti la peinture de l’atelier pour bosser au grand jour. Scandale du style nouveau, autre lumière provocante et destructrice des barrières de l’insignifiance imposée. La victoire du vécu sur le savoir, l’instinct du refus, l’audace d’être seul, initié.  C’est comme les impressionnistes, eux sont parvenus à redonner un nouveau style au cadavre de la vieille peinture, à gerber la peinture des Beaux-arts et l’étaler dans la rue. Je fais pareil pour la littérature… C’est ce que j’ai toujours voulu, aspiré… Faire parler l’écrit, minime contribution pour tant de haine en retour, tout au bout de la langue… Mais, nom de Dieu ! Faut qu’elle cause dans sa verve l’écriture, dans la souplesse et la liberté des formes, pas autrement… Pas en la bouclant comme une saloperie qu’il faut enchaîner. Incompris, je le suis ! Rejeté ! Au bloc pour insoumission ! Exilé pour avoir oser aller jusque là… Pas pour des emberlificotages avec les cons, ça ne m’intéresse pas, les cons…, conneries et enculades…, mais pour mes mots et ma manière de vivre… Mes souvenirs de vivre sont rangés en ordre dans ma bibliothèque, ça déborde des tablettes. Je m’oppose aux idées toutes-faites, au politiquement correct, car il n’y a que ça des idées, depuis dix mille ans qu’on se bat pour les mêmes, attardées, débiles, conasses. Depuis cent mille ans et voyez le résultat ?  Éclatantes idées, pétillantes, phosphorescentes, même que mes pires ennemis affirment qu’ils en ont de grandes idées…, pas peu dire la qualité des ordures…
Écrire en style, uniquement. Ça me suffit ! Une petite zique sur une gratte, piano à bretelles, orgue de barbarie… Balade, rythme des mots, voilà ce qui me bande… Jazzer les mots, les chouraver à ceux qui les habitent, ceusses des beaufs quartiers, ceusses des faux-bourgs, des branlieues… Ahhhhhhhhhh ! Pousser la langue à la limite de l’explosion, dernier retranchement avant l’éclate fantastique des merveilles… Débauche de l’imaginaire, folie de l’esprit et coït foudroyant de raconter tout par le détail… Ce que je ressens de l’effervescence vitale dans le débordement, recraché à force de bouffer des conneries.
Moi ? Je ne fais qu’affirmer la nécessité de voir gerber l’écriture de mes tripes à m’esquinter le style, à vouloir crever la vie pour en saisir le sens, cerner la symphonie du langage. La reprendre dix fois, cent fois pour en forcer la justesse, qu’elle devienne une mince ligne mélodieuse, longue vibration sur une portée unique. Mes texticules, une interminable pulsion sexuelle… Une féerie d’étincelles ! Un feu de joie ! Une fête ! Et encore là, tout ce boulot à branler et même pas convaincu d’y être parvenu tellement c’est ardu, difficile à spermater en rythme… La pincée mélodieuse du mou dans le dur du corps caverneux. Pas autant que j’aurais voulu… Vraiment réussir ça, j’aurais voulu… Dénicher la formule et jaculer mes boyaux pour la posséder entièrement, cette foutue musicalité des mots… Merde !
Corvée ardue et ignoble… À crever jour après jour de lire dans d’ailleurs-sites, débiles, dont je tairai les noms par décence immorale… ou des plus cons que d’autres passent leur temps, continuellement, à se pisser dessus. Tous m’y détestent parce que je vois pas la vie comme eux, la magie, la finesse, l’harmonie…
Voici des siècles qu’elle nous berne, la vie, ses instincts, ses souffrances, ses mirifiques intentions… Qu’elle nous rend rêveur à plaisir… Impossible de savoir, cette salope, à quel point elle peut nous mentir !… C’est la grande mystèrieuse. Elle reste toujours bien en quart, soigneusement planquée, derrière son grand alibi. « L’Exploitation par le plus fort. » C’est irréfutable… Ça va finir l’imposture ! En l’air l’abomination ! Brise tes chaînes, Popu ! Redresse-toi, Crétin !… Ça peut pas durer toujours ! Qu’on te voye enfin ! Ta bonne mine ! Qu’on t’admire ! Qu’on t’examine ! de fond en comble !… Qu’on te découvre ta poésie, qu’on puisse enfin à loisir t’aimer pour toi-même ! Tant mieux, nom de Dieu ! Tant mieux ! Le plus tôt sera le mieux ! Crèvent les cons ! En vitesse ! Ces putrides rebuts ! Ensemble ou séparément ! Mais pronto ! subito ! recta ! Pas une minute de merci ! De mort bien douce ou bien atroce ! Je m’en tamponne ! J’en frétille ! Pas un euro de vaillant pour rambiner la race entière ! Au charnier, chacals ! A l’égout ! Pourquoi lambiner ? Qu’on les bute ! Il faut ce qu’il faut ! C’est la lutte !… Par quatre chemins ? Quel honneur ?… Ils sont même pas amusants ! Ils sont toujours plus gaffeurs, plus cons que nature ! Faut les retourner pour qu’ils fassent rire !… Je n’irai pas, je le jure, m’embuer d’un seul petit oeil sur leur vache charogne !…Ah ! Pas d’erreur ! Délais ? Basta ! Pas un remords ! Pas une larme ! Pas un soupir ! Une cédille ! C’est donné ! C’est l’Angélus ! Leur agonie ? C’est du miel ! Une friandise ! J’en veux ! Je m’en proclame tout régalé !…Il a, le connard de base, le goût des ragots…C’est véniel, ça peut s’arranger ! Mais y a tous les vilains instincts de cinquante siècles de servitude… Ils remontent dare-dare, les cons, en liberté, encore beaucoup mieux qu’avant ! Méfiance ! Méfiance !… la grande victime de l’Histoire ça ne veut pas dire qu’on est un ange !… Il s’en faudrait même du tout au tout !… Et pourtant c’est ça le préjugé, le grand, le bien établi, dur comme fer !…
L’Homme est tout juste ce qu’il mange ! L’Homme est encore bien autre chose, de bien plus trouble et dégueulasse que la question du bouffer. Faut pas seulement lui voir les tripes mais son petit cerveau joli !… C’est pas fini les découvertes !… Pour qu’il change il faudrait le dresser ! Est-il dressable ?… C’est pas un système qui le dressera ! Il s’arrangera presque toujours pour éluder tous les contrôles !… Se débiner en faux-fuyants ? Comme il est expert ! Malin qui le baisera sur le fait ! Et puis on s’en fout en somme ! La vie est déjà bien trop courte ! Parler morale n’engage à rien ! Ça pose un homme, ça le dissimule. Tous les fumiers sont prédicants ! Plus ils sont vicelards plus ils causent ! Et flatteurs ! Chacun pour soi !…  Un égoïsme rageur, fielleux, marmotteux, imbattable, imbibe, pénètre, corrompt déjà la misère, suinte à travers, la rend bien plus puante encore.L’Homme est éperdu dans les Beaux-Arts, ensaché depuis des siècles, embusqué, ouaté, petit raisin fragile et mûr, au levant des treilles fonctionnaires, douillet fruit des contributions, délirant d’Irréalité, pour engendrer, aucune erreur, ce phénoménal baratin ! Mais l’Homme est pire encore devant les machines… La machine salit à vrai dire, condamne, tue tout ce qui l’approche. Mais c’est dans le « bon ton » la Machine ! Ça fait « progrès », ça fait « boulot« , ça fait « base« … Ça en jette aux carreaux des masses… Ça fait connaisseur instruit, sympathisant sûr… On en rajoute… On en recommande… On s’en fait péter les soupapes… Je suis ! nous sommes dans la  »ligne » ! Vive la grande Relève ! Pas un boulon qui nous manque ! L’ordre arrive du fond des bureaux ! Toute la sauce sur les machines ! Tous les bobards disponibles ! Pendant ce temps-là, ils ne penseront pas !…Comme Résurrection c’est fadé !… La machine c’est l’infection même. La défaite suprême ! Quel flanc ! Quel bidon ! La machine la mieux stylée n’a jamais délivré personne. Elle abrutit l’Homme plus cruellement et c’est tout ! Se reposer sur la machine, c’est seulement une excuse de plus pour continuer les vacheries. C’est éluder la vraie question, la seule, l’intime, la suprême, celle qu’est tout au fond de tout bonhomme, dans sa viande même, dans son cul et pas ailleurs !… Le véritable inconnu de toutes les sociétés possibles ou impossibles… Personne de ça n’en parle jamais, c’est pas « politique » !…. C’est le Tabou colossal !… La question « ultime » défendue ! Pourtant qu’il soit debout, à quatre pattes, couché, à l’envers, l’Homme n’a jamais eu, en l’air et sur terre, qu’un seul tyran : lui-même !… Il en aura jamais d’autres… C’est peut-être dommage d’ailleurs… Ça l’aurait peut-être dressé, rendu finalement social.Voici des siècles qu’on le fait reluire, qu’on élude son vrai problème pour tout de suite le faire voter… Depuis la fin des religions, c’est lui qu’on encense et qu’on saoule à toute volée de calembredaines. C’est lui toute l’église ! Il en voit plus clair forcément ! Il est sinoque ! Il croit tout ce qu’on lui raconte du moment que c’est flatteur !… La politique a pourri l’Homme encore plus profondément depuis ces trois derniers siècles que pendant toute la Préhistoire. Nous étions au Moyen Age plus près d’être unis qu’aujourd’hui… un esprit commun prenait forme. Le bobard était bien meilleur « monté poésie« , plus intime. Il existe plus.Pourvu qu’on le flatte l’Homme prend tout ! avale tout ! Il est hideux de prétention, de suffisance, à mesure qu’on le fait descendre plus profond dans la mouscaille, qu’on l’isole davantage ! C’est ça l’effrayant phénomène. Et plus il se rend malheureux, plus il devient crâneur ! Depuis la fin des croyances, les chefs exaltent tous ses défauts, tous ses sadismes, et le tiennent plus que par ses vices : la vanité, l’ambition, la guerre, la Mort en un mot. Le truc est joliment précieux ! Au décuple ! On le fait crever par la misère, par son amour-propre aussi ! Vanité d’abord ! La prétention tue comme le reste ! Mieux que le reste !La supériorité pratique des grandes religions chrétiennes, c’ est qu’elles doraient pas la pilule. Elles essayaient pas d’étourdir, elles cherchaient pas l’électeur, elles sentaient pas le besoin de plaire, elles tortillaient pas du panier. Elles saisissaient l’Homme au berceau et lui cassaient le morceau. Elles le rencardaient sans ambages : « Toi petit putricule informe, tu seras jamais qu’une ordure… De naissance tu n’es que merde… Est-ce que tu m’entends ?… C’est l’évidence même, c’est le principe de tout ! Cependant, peut-être… peut-être… en y regardant de tout près… que t’as encore une petite chance de te faire un peu pardonner d’être comme ça tellement immonde, excrémentiel, incroyable… C’est de faire bonne mine à toutes les peines, épreuves, misères et tortures de ta brève ou longue existence. Dans la parfaite humilité… La vie, vache, n’est qu’une âpre épreuve ! T’essouffle pas ! Cherche pas midi à quatorze heures ! Sauve ton âme, c’est déjà joli ! Peut-être qu’à la fin du calvaire, si t’es extrêmement régulier, un héros, ‘de fermer ta gueule’, tu claboteras dans les principes… Mais c’est pas certain… un petit poil moins putride à la crevaison qu’en naissant… et quand tu verseras dans la nuit plus respirable qu’à l’aurore… Mais te monte pas la bourriche ! C’est bien tout !…Fais gaffe ! Spécule pas sur des grandes choses ! Pour un étron c’est le maximum !… » Ça ! c’était sérieusement causé ! Par des vrais pères de l’Église ! Qui connaissaient leur ustensile ! qui se miroitaient pas d’illusions !La grande prétention au bonheur, voilà l’énorme imposture ! C’est elle qui complique toute la vie ! Qui rend les gens si venimeux, crapules, imbuvables. Y a pas de bonheur dans l’existence, y a que des malheurs plus ou moins grands, plus ou moins tardifs, éclatants, secrets, différés, sournois… C’est avec des gens heureux qu’on fait les meilleurs damnés. Le principe tient bon, en braquant l’Homme sur la matière. Ça n’a pas traîné. En deux siècles, tout fou d’orgueil, dilaté par la mécanique, il est devenu impossible. Tel nous le voyons aujourd’hui, hagard, saturé, ivrogne d’alcool, de gazoline, défiant, prétentieux, l’univers avec un pouvoir en secondes ! Éberlué, démesuré, irrémédiable, mouton et taureau mélangé, hyène aussi. Charmant. Le moindre obstrué trou du cul, se voit Jupiter dans la glace. Voilà le grand miracle moderne. Une fatuité gigantesque, cosmique. L’envie tient la planète en rage, en tétanos, en surfusion. Le contraire de ce qu’on voulait arrive forcément. Tout créateur au premier mot se trouve à présent écrasé de haines, concassé, vaporisé. Le monde entier tourne critique, donc effroyablement médiocre. Critique collective, torve, larbine, bouchée, esclave absolue.Rabaisser l’Homme à la matière, c’est la loi secrète, nouvelle, implacable… Quand on mélange au hasard un pauvre et un riche, on n’enrichit jamais le pauvre, on appauvrit toujours le riche… Tout ce qui aide à fourvoyer la masse abrutie par les louanges est bienvenu. Quand les ruses ne suffisent plus, quand le système fait explosion, alors recours à la trique ! à la mitrailleuse ! aux bonbonnes !… On fait donner tout l’arsenal l’heure venue ! avec le grand coup d’optimisme des ultimes Résolutions ! Massacres par myriades, toutes les guerres depuis le Déluge ont eu pour musique l’Optimisme… Tous les assassins voient l’avenir en rose, ça fait partie du métier. Ainsi soit-il.La misère ça se comprendrait bien qu’ils en aient marre une fois pour toutes, les hommes accablés, mais la misère c’est l’accessoire dans l’Histoire du monde moderne ! Le plus bas orgueil négatif, fatuité creuse, l’envie, la rage dominatrice, obsèdent, accaparent, cloisonnent tous ces sournois, en cabanon. Popu gaffe-toi bien ! T’es suprême ! T’es affranchi comme personne ! T’es bien plus libre, compare toi-même, que les cons d’en face ! Dans l’autre prison ! Regarde-toi dans la glace encore ! Un petit godet pour les idées ! Vote pour toi pas pour les autres ! Popu t’es victime du système ! Je vais te réformer l’Univers ! T’occupe pas de ta nature ! T’es tout en or ! qu’on te répète ! Te reproche rien ! Va pas réfléchir ! écoûte-moi ! Je veux ton bonheur véritable ! Je vais te nommer Empereur ? Veux-tu ? Je vais te nommer Pape et Bon Dieu ! Tout ça ensemble ! Boum ! Ça y est ! Photographie !Ah ! il en est malade l’Homme-Prolo de ce vide tout autour de lui, soudain. Il s’est pas encore habitué. C’est grand un ciel pour lui tout seul ! Il faut qu’on la découvre bien vite la quatrième dimension ! La véritable dimension ! Celle du sentiment fraternel, celle de l’identité d’autrui. Il peut plus accabler personne… Y a plus d’exploiteurs à buter… et l’Homme plus il se comprime et se complique, plus il s’éloigne de la nature, plus il a des peines forcément… Ça peut aller que de mal en pire de ce côté-là, du côté du système nerveux. Le crétinisme politique, surtout de gauche à droite, par-dessus tout, même encore plus que les richesses, c’est toutes les peines à partager. Y aura toujours, c’est fatal, c’est la loi biologique, le progrès n’y changera rien, au contraire, beaucoup plus de peines que de joies à partager… Et toujours, toujours davantage… Le cœur pourtant ne s’y met pas. C’est difficile de le décider… Il rechigne… Il se dérobe… cherche des excuses… Il pressent… Automatiquement, c’est la foire ! Un système de cons sans cons. Tant pis ! Mais il faut rien en laisser paraître ! Qui dira « pouce » sera pendu !…A nous donc les balivernes ! A notre renfort tous les supposés cataclysmes ! Les ennemis rocambolesques ! Il faut occuper les tréteaux ! Qu’on renverse pas la cabane ! Les coalitions farouches ! Les complots charognissimes ! Les procès apocalyptiques ! Faut retrouver du Démon ! Le même à toute extrémité ! Le bouc de tous les malheurs ! Noyer le poisson à vrai dire ! Étouffer la dure vérité : que ça ne colle pas les « hommes nouveaux » ! Qu’ils sont tous fumiers comme devant ! Encore nous ici on s’amuse ! On est pas forcé de prétendre ! On est encore des « opprimés » ! On peut reporter tout le maléfice du destin sur le compte des buveurs de sang ! Sur le cancer « l’Exploiteur ». Et puis se conduire comme des garces. Ni vu ni connu !… Mais quand on a plus le droit de détruire ? et qu’on peut même pas râler ? La vie devient intolérable !…Il ne suffit pas d’être heureux, il faut que les autres ne le soient pas.  Ah ! C’est un vilain moment, celui où on se trouve forcé de prendre pour soi toute la peine, celle des autres, des inconnus, des anonymes, qu’on bosse tout entièrement pour eux… On y avait juré à l’Homme-Prolo que c’était justement les « autres » qui représentaient toute la caille, le fiel profond de tous ses malheurs ! Ah ! l’entôlage ! La putrissure ! Il trouve plus les « autres »… Pourtant on l’enferme soigneusement, le nouvel élu de la société rénovée… Même les séditieux d’autrefois étaient pas si bien gardés. Ils pouvaient penser ce qu’ils voulaient. Maintenant c’est fini totalement. Bien sûr plus question d’écrire ! L’Homme est envoyé derrière cent mille fils barbelés contre les impurs extérieurs et même contre les relents du monde décati. Ah ! on le laisse pas seul ! La vigilance est impeccable ! Si un homme écrit Palestine et il est condamné, pire écrit Sion et c’est l’exécution, on brûle les écrits, l’Homme au milieu, hurlant sa rage de désespoir et son mal aussi, tout brûli-brûlé de conneries jetées, un gâchis ! Sans oublier le procès en sorcellerie d’oser écrire et dire le soulignement des conneries, brûlé deux fois en chatiment, rebrûler le cadavre brûlé de peur qu’il reste encore quelque chose de brûlant !Y a encore des petits loisirs, des masturbations clandestines, du plaisir enfin ! Même l’exploité 600 pour 100, il a gardé ses distractions ! Comme il aime jouer les millionnaires whisky ! Se régaler de cinéma ! Il est bourgeois jusqu’aux fibres ! Il a le goût des fausses valeurs. Il est singe. Il est corrompu… Il est fainéant d’âme… Il n’aime que ce qui coûte cher et les marques ! ou à défaut, ce qui lui semble tel ! Il vénère la force. Il méprise le faible. Il est crâneur, il est vain ! Il soutient toujours le « faisan« . Visuel avant tout, faut que ça se voye ! Il va au néon comme la mouche. Il y peut rien. Il est clinquant. Il s’arrête tout juste à côté de ce qui pourrait le rendre heureux, l’adoucir. Il souffre, se mutile, saigne, crève et n’apprend rien. Le sens organique lui manque. Il s’en détourne, il le redoute, il rend la vie de plus en plus âpre. Il se précipite vers la mort à grands coups de matière, jamais assez… Le plus rusé, le plus cruel, celui qui gagne à ce jeu, ne possède en définitive que plus d’armes en main, pour tuer encore davantage, et se tuer. Ainsi sans limite, sans fin, les jeux sont faits !… C’est joué ! C’est gagné !…Là-bas, l’Homme se branle et il n’en sort plus rien. Il est battu sur toute la ligne, il regarde passer les chefs-cons, rois, reines, faisans, paons, empereurs, escrocs, génocidaires-arnaqueurs, obligé de saluer, agiter des drapeaux, la queue aussi, crier « vive le roi, vive le président, vive la nation« … L’Homme est con… S’il refuse, punition, cachot, procès amendes, crime de lèse-majesté, plein le cul et profond… Il travaille, l’Homme, comme dans un pénitencier, pour la vie… La rue même faut pas qu’il abuse ! On connaît ça, ses petites manières ! Comment qu’on le vide à la crosse !…C’est l’avenir seulement qu’est à lui ! Comme ici exactement !… Demain on rasera gratis… Pourquoi ça te biche pas, Tartempion ? C’est l’instinct juste qu’a manqué ! C’est tout simple ! Au fond, qu’on y réfléchisse, y avait pas besoin d’attendre pour partager les richesses. On aurait pu se les répartir déjà dans les temps agricoles, tout au début des humains… Pourquoi donc tous ces chichis ? Les fourmis elles ont pas d’usines, ça les a jamais empêchées… Tous pour tous… C’est leur devise !Faut plus rugir, Homme-con, le con c’est toi tout entier… Homme-Popu, t’es seul devant l’injustice rambinée sous un nouveau blase de temps en temps, bien plus terrible que l’ancienne, encore bien plus anonyme, calfatée, perfectionnée, intraitable, bardée d’une myriade de poulets extrêmement experts en sévices. Oh ! pour nous fournir des raisons de la déconfiture canaille, de la carambouille gigantesque, la dialectique fait pas défaut !… Les politicards baratinent comme personne ! Seulement qu’un aveu pas possible, une pilule qu’est pas avalable : que l’Homme est la pire des engeances !… qu’il fabrique lui-même sa torture dans n’importe quelles conditions, comme la vérole son tabès… C’est ça la vraie mécanique, la profondeur du système !… Il faudrait buter les flatteurs, c’est ça le grand opium du peuple… T’as vu l’arnaque du 11 septembre, t’as cru à ces conneries, résultat t’es baisé plus profond que le 10, plus d’espoir de retour, et maintenant entre deux Drucker on t’explique que si t’as froid avec le pétrole à 100 dollars t’as qu’à baisser ta température… T’es tellement con, Homme-Prolo que la TV te montre comment tourner la manette, ramener de 21 degrés à 19… Et toi, abruti, tu regardes, t’avales ? Profond la sodomisation, prend-en qu’à toi, t’as voté pour des abrutis, t’as des abrutis…L’Homme il est humain à peu près autant que la poule vole. Quand elle prend un coup dur dans le pot, quand une auto la fait valser, elle s’élève bien jusqu’au toit, mais elle repique tout de suite dans la bourbe, rebecqueter la fiente…. C’est sa nature, son ambition ! Pour nous, dans la société, c’est exactement du même. On cesse d’être si profond fumier que sur le coup d’une catastrophe. Quand tout se tasse à peu près, le naturel reprend le galop…. Pour ça même, une Révolution faut la juger vingt ans plus tard.Je suis ! tu es ! nous sommes des ravageurs, des fourbes, des salopes ! Jamais on dira ces choses-là. Jamais ! Jamais ! Pourtant la vraie Révolution ça serait bien celle des Aveux, la grande purification ! Mais les Hommes ils donnent dans le vice, dans les artifices saladiers. Ils connaissent trop bien les goupilles. Ils se perdent dans la propagande. Ils essayent de farcir l’étron, de le faire passer au caramel. C’est ça l’infection du système.Ah ! l’Homme-con ! Ses violences, ses fadaises, ses ruses, toutes ses garceries publicitaires ! On sait la farder la camelote ! Ça n’a pas traîné ! Ils sont remontés sur l’estrade les nouveaux souteneurs !… Voyez les nouveaux apôtres… Gras de bide et bien chantants !…. Grande Révolte ! Grosse Bataille ! Petit butin ! Avares contre Envieux ! Toute la bagarre c’était donc ça ! En coulisse on a changé de frime… Néo-topazes, néo-Kremlin, néo-garces, néo-cons, néo-jésus ! Ils étaient sincères au début… à présent, ils ont tous compris ! Ceux qui comprennent pas : on fusille. Ils sont pas fautifs mais soumis !…Ça serait pas eux, ça serait des autres… L’expérience leur a profité… Ils se tiennent en quart comme jamais… L’âme maintenant… Elle est perdue ! Plus rien !… Ils les connaissent eux tous les tics, tous les vices… Qu’il pompe ! Qu’il défile ! Qu’il souffre ! Qu’il crâne !… Qu’il dénonce !… C’est sa nature !… Il y peut rien !… L’Homme-con ! Lis mon journal ! Lis mon cancan, juste celui-là ! Pas un autre ! et mords la force de mes discours ! Surtout va jamais plus loin ! Ou je te coupe la tête ! Il mérite que ça, l’Homme, pas autre chose !… La cage !…
Quand on va chercher les flics on sait bien tout ce qui vous attend !… Et c’est pas fini encore ! On fera bien n’importe quoi, pour pas avoir l’air responsables ! On bouchera toutes les issues. On deviendra « totalitaires » ! Le Principal c’est qu’on tue !… Combien ont fini au bûcher parmi les petits croyants têtus pendant les époques obscures ?… Dans la gueule des lions ?.. Aux galères ?… Inquisitionnés jusqu’aux moelles ? Pour la Conception de Marie ? ou trois versets du Testament ? On peut même plus les compter ! Les motifs ? Facultatifs !… C’est même pas la peine qu’ils existent !… Les temps n’ont pas changé beaucoup à cet égard-là ! On n’est pas plus difficiles ! On pourra bien tous calancher pour un fourbi qu’existera pas ! …. Ça n’a vraiment pas d’importance au point où nous sommes !… Ça, c’est mourir pour une idée ou je m’y connais pas !… On est quand même purs sans le savoir !… à bien calculer quand on songe, c’est peut-être ça l’espérance ? Et l’avenir esthétique aussi ! Des guerres qu’on saura plus pourquoi !… De plus en plus formidables ! Qui laisseront plus personne tranquille !… que tout le monde en crèvera… deviendra des héros sur place… et poussière par-dessus le marché !… Qu’on débarrassera la Terre… Qu’on a jamais servi à rien… Le nettoyage par l’Idée…
Piting…
Par les circonstances de la vie, je me suis trouvé, un temps, cherchant des automobiles dans des pays d’ailleurs. C’était un drôle de boulot, assez marrant, faut bien le dire, mais pour la douillance assez terne, pas très généreux. Pas de quoi se régaler du tout, des vrais nougats à sucer…, faut jamais confondre, sont plus rares qu’on imagine ! C’était seulement une aventure… Je suis pas fait pour m’incruster… Mais alors, en fait d’expérience, je peux dire qu’elle m’a bien servi ! Je regrette pas mon temps. J’ai vu travailler les grands arnaqueux dans les coulisses de l’univers, préparer les gros fricots… Ils y viennent tous tôt ou tard, les cons…, les ceusses qui croient qu’ailleurs c’est l’Amérique, même en Amérique, alors que c’est pas mieux sauf en pire que nos dégoutants pays d’ici, c’est à dire qu’ils seront jamais là-bas..
Pour les miséricordieux de la bagnole, l’Amérique c’est l’endroit de leurs dévotions.
C’est la plus grande Synagogue dans le plus grand Temple « Cul-Maçon-mécanique » de l’univers… C’est l’antre des combinaisons parmi les plus vicieuses pour le pognon, y a pas d’avenir pour les branlés dans c’te fourbi infernal…
Depuis le Directeur Général jusqu’au dernier journaleux en passant par la faune des rêveurs de cauchemars mités, il faut avoir une drôle d’odeur pour faire florès dans la tôle… Il faut « en être » quoi ! il faut en être !…
Tout ce qu’est pas malin dans la turlutte d’affaires, vicieux en mensonges, prévoyant de ne jamais tourner le dos aux enculeurs toujours à l’affut, est assez vite éliminé… Je me faisais pas de grandes illusions… C’est regarder qui m’intéressait en premier chef, quoiqu’au second, me faire des ronds c’était pas mâle venu !
Ma carrière, elle a quand même duré et elle dure encore. C’est un bail sans fin au pays des putes en tôles, parfois en taule mais pas pour longtemps…, qui savent plus s’arréter de toucher des biftons en contrepètrerie d’engins déglingués… Je vous cause là des plus malins des crétins, ceusses qui jouissent avec des automobiles qui valent strictement plus rien et qu’ils revendent au prix du savoir-faire ! Dans ce job de péripatéticienne, le grand truc c’est pas de vendre pour ce que ça « veau » à des beaufs ahuris, non, c’est de vendre en fonction de ce que les dits nommés peuvent allonger jusqu’à être raide. C’est sexuel….
Les beaufs n’achètent donc pas parce que l’auto-ferraille qu’ils convoitent est extraordinaire et sans défauts, non, les beaufs achètent ce qui n’est pas cher. Point. Vous pouvez avoir une rarrrrrrissime rareté des plus rares, le beauf ne s’y interessera que pour mettre ses paluches un peu partout, ouvrir tout ce qui peut l’être sauf son porte-feuille, casser n’importe quoi de fragile qui n’avait cas pas être là et manger des frites ou des beignets, des gauffres aussi, du moment que c’est gras, suffit de s’essuyer les paluches sur les sièges en velour.
Bref, pas la peine d’arnaquer un beauf, le beauf il s’arnaque lui-même. Suffit de lui montrer une épave, de lui mettre un panneau « vente forcée » sous le nez, ce qui n’est pas un mensonge pour qui a de l’humour…, mais le beauf n’en a pas plus que Bruel quand il re-re-passe chez Drucker en montrant ses dents blanches et en chantouillant qu’y a d’la joie… Piting !, donc c’est du pain béni, une ostie consacrée, faut plus que boire le vin de cette messe jusqu’à la lie.
Plus besoin en nécessité de chercher dès-lors des magnifiques raretés polies lustrées sans rouille et les pneus gonflés…!, non, faut faire cracra et grandiose, faut présenter des épaves ! Les vendre surtout ! Mais pour vendre de la pure merde cracra, faut d’abord en chier, trouver la merde c’est pas si simple surtout si elle vient d’un autre ! Vendre sa propre merde, même dégueu, c’est déjà pas la joie, sauf qu’à penser qui en a ceusse qui font chier…! Ca aide !
Les plus fortiches, les putes de tôles de luxe, les super niqueuses, savent qu’il suffit d’une petite annonce du genre : « Magnifique et rarrrrrrissime voiture de collection ayant appartenu à P.Bruel, valeur inestimable, cédée cause grââââve en famille de partage, part toutes distances, toute offre acceptée« …, c’est comme un billet de 500 euros en rue, même sous un caca, ça fait venir venir les plus grands « cons » de la planète, les plus inquiets les plus arrogants, les plus endurcis, les plus emmerdants, les plus mégalophraseurs, les plus tafs, les plus opulents, les plus tout ce qu’on veut qui savent tout… Il faut entendre comme ça cafouille tout ce petit monde…
Bon, on continue l’article, déposez déjà 100 euros dans ma pogne pour m’encourager…
Le plus difficile n’est donc pas de vendre n’importe quoi pas cher, käsher et Kärscher, c’est de trouver du matos pas cher, je l’ai déjà écrit ici, plus haut que vous pouvez relire, car c’est important. Le bénef y se fait pas à la vente mais à l’achat…! Au moins c’est payé cher, au plus y aura d’la joie, c’est Bruel qui le chante, donc en grand connaisseur de famille, si lui chante ça, c’est que c’est vrai de vrai !…. C’est là que le métier se complique. Tout f… le camp chèrs tousses qui me lisez ! Avant, y avait encore des épaves, maintenant y a plus que des pièces de collection ! Le moindre bouseux de ferme, et je parle pas de l’ancienne de Dechavane qui n’est pas homo…, mais du classique bouseux de ferme…, sait que la moindre vieillerie rouillée vaut des ronds. J’en connasse des pires qui rouillent les caisses eux-même, comme s’ils se polissaient le gland, ils astiquent à l’acide et laissent pourrrrrir. Les beaufs aiment, ça fait vrai véritable, c’est tellement pourri comme pleins d’affaires politiques, que certains pleurent de bonheur.
Cool, je disgresse mais je reviens au point « G » de l’histoire, faites-moi confiance, vous allez jouir… Donc, le moindre bouseux de ferme SAIT que même son vieux Massey-Fergusson pourri vaut des ronds, donc la vieille gimbarde de tante Adèle qui est morte dedans et qui y est restée deux ans avant qu’on la retrouve, vaut des ronds… C’est logique et imparable. Ca veut dire que de pluche en peluche, faut se coltiner les bouseux ET les beaufs pour se gratter les couilles. Dans ce commerce de dupes, faut connaître le sens du vent, jamais se baisser, même si un billet de 500 traine par terre…. Mâle heureux, c’est un piège. Faut éviter de se faire enculer deux fois ! Tu te baisses, on te baise !
J’avais donc, en prévision appris aussi moi, la chinoiserie des commissions…, la dialectique des compromis. Seulement faut pas être trop curieux, se montrer friand de voitures « d’origines« …, c’est pas bien vu. Pas trop de précision S.V.P.!
Quand je devenais inquisiteur, mon grand patron, le grand Mickey, Maître de l’univers, il m’expédiait en voyage, en mission d’études… J’ai fait ainsi les continents à la recherche de la vérité automobile. Si les voyages forment l’âge mûr, je peux dire que je suis bien fait. Craquelure ! comme j’ai voyagé ! pour m’instruire, pour accroître toutes mes connaissances ! Comme j’en ai vu des casses et des garages. comparé ! épluché ! les comptes surtout…, vu fonctionner ! puis cavalé de stupeur ! admiré tant de crématoires autos ! expertisé tellement de laideries, des « modèles » et des moins propres…, de la Gold Coast à Chicago ! et de Berg-op-Zoom à Cuba !
Je devais sans doute leur faire pitié, tellement qu’on m’a enseigné des choses, des techniques et des pires encore… extraordinairement ennuyeuses !… Comme j’en ai vu des cons, barbus. chauves, postillonneux, bigles… Comme ils m’en ont donné des leçons… d’Harley Street à San Francisco ! de Leyden, songeuse aux tulipes, à Port-Lagos en Nigérie… bouillante de fièvre jaune, piting ! Je devrais être presque parfait en dix mille matières automobiles après tout cela… Je suis vraiment l’un des antiquaires es-automobiles les plus fieffés de la planète. Ainsi va la vie… Maintenant, je pneu vous causer de Bugarri comme de Märlène en Lorraine-Dietrish, de ferrailleries et même de porscheries, je connasse tout, les plus belles et les plus pourries, ce que ça veau d’or et ce que ça veau d’or-dur plus rien. Tout !
Comme j’en ai parcouru des kilomètres et des Maîtres, et tous admirés jusqu’au bout, sur toutes les coutures, des heures et des heures… chacun… des fins cliniciens mécaniciens, des ventropètes de trop bouffis, des hygiénistes de l’origine si convaincus, si transformateurs malgré-tout, rénovateurs aussi, si prometteurs de beaux jours, noirs en fait… que simplement leur salive valait déjà le prix des euros en dizaine de milliers. Irisées mirages ! J’en ai vu des endocriniens éperdus ! des psychopathes sympatologues, et des encore bien plus étranges, plus péremptoires, confusionnistes, superspicaces les uns que les autres… Graine de Dieu !… quel tourment ! quelle engeance !
Tous les Saints du Progrès moderne, ils se sont donné rendez-vous pour éberluer ma pauvre gomme… Ah! ce que j’ai pu les subir !… vertigineux, impérieux, vindicatifs ou miellés…, toujours à se prendre, se déprendre…, se perdre un peu, s’entortiller en sottises, en mots, des heures encore pour dix euros, dans tous les sens… Comme c’est bavard, puéril et fat, étroit, râleux, boudah, inquiet, mégalomane, persécutant, un vendeur d’épave !…
Certains sont même les pires des cabots, un Bruel en chansonnettes, c’est encore qu’une pâle violette auprès d’un enfileur de pipettes…
Les pires du monde, les plus susceptibles cabotins, les plus irascibles vedettes c’est dans les « Foires d’autos anciennes » qu’on les trouve, dans les bagarres de vanité. Faut entendre alors ces gueulements ! faut observer ces tours de vache ! Ils sont prêts à tous les crimes pour gagner des euros et voir leur blaze en compte rendu élogieux par leurs confrères confraternellement jaloux : « T’as vu Loustic, ce fiéllé, ce morveux, l’a encore vendu une tire, deux fois plus cher que Pompon qu’est à l’agonie, plus un rond, sait pas comment y fait, doigt les titiller le jonc, les triquer« … Tâche bien aride s’il en fut ! A travers ces bilieux ingrats au possible… les échecs tournent en vinaigre, en instantanées ruptures, en vexations considérables, diplomatiques… Les vendeurs de tutures sont impitoyables sous le rapport vanité, pires sous le rapport du flouze… C’est pas, croyez, une petite pause que de rassurer un beauf bigleux, de bien lui ancrer dans le chassis, que c’est bien lui qui sera le deuxième proprio au monde de l’amas de ferraillerie porscherisée qui rouille devant lui…, le tout excellentissime, qu’on en connaît pas deux comme ça… sous le rapport qualité-prix-rareté… bouleversantes synthèses… probité, etc…
Ca demande beaucoup de gestes et de paroles et des bobards continuels et des ruses irréprochables, et puis un culot pas croyable, et puis une mémoire des bobards, absolument extraordinaire, impeccable, extra-lucide ! C’est la question de vie ou de mort…, de se rappeler ce qu’on a dit ! La moindre gaffe c’est la bascule !… en toute occasion et par tous les moyens valables ou probables, les vendeurs d’épaves doivent jubiler d’un bout à l’autre, pas une seconde de répit ! les petits fafiots, dix mille confidences, cent mille compliments et puis des tours de commissions noires comme des messes du même nom…, s’étaler discourir encore !
Vous voulez des noms ? Y sont quasi tous pareils, mais pour faire simple je vous donne les pires.
Philippe « O », comme histoire d’O’, pareil que pire, c’est une pute qui a sévit à Liège dans des répliques, spécialiste du reconditionnement en faux papiers, ce con bellâtre, parfaitement prétentieux et nul était et reste un des grands assidus de la carambouille et de l’enculade à sec. Il a accumulé tant de TVA et d’impots non payés, tant de joyeux souvenirs de clients devenus cardieux, fous et rapinés profond, qu’il est parti sans laisser d’adresse sur la Côte d’Azur ou il écrit l’exact contraire de ses connaissances, des livres en numéros de châssis et conseils en photos pour passer pour un Maître. Quel mafieuse merde ! Obligé de vendre sous le manteau avec son copain Eric « M »… On l’a bien connu nous autres, c’était un effréné presque aussi actif qu’un Piranah, et c’est pas une bagatelle !. Il a fait énormément pour l’évasion des capitaux. Toute sa carrière a consisté, sous des apparences de menteuseries, à enculer tout le monde… tous cons évidemment… Ils lui doivent une vraie statue, ces collectionneurs d’épaves reconstruites à prix d’or…!, dans la cour d’une Faculté de l’Automobile, en or ! sur un veau.
William, un autre, plus vieux, plus malin, pervers, quasi assassin de l’honnèteté humaine, faut lui aussi rendre justice à reculon, il était bien moins con que les autres, dans le genre des grands enculeurs, bien plus mesquin, mais moins abruti, beaucoup plus prétentieux. Il a pigé, immédiatement et parfaitement, les astuces. Il délirait pas dans la glace. Mais il était erratique comme tous les vrais prépucés, il tenait pas en place. Il fallait qu’il trace, qu’il revendique, qu’il baise tout le monde; les copains d’abord, puis, surtout les femmes qu’il a engrossé à la file indienne, certain qu’il fourrait en Apache. Son genre de voyage favori, c’était l’enculade en Floride… Il allait thésauriser par là… Il préparait ses petites affaires, un beau garage plein d’auto nickel qu’on devait y mettre des lunettes de soleil tellement ça blinquait…
Les beaufs subjugués achetaient, et puis 3 mois plus tard, quand l’auto arrivait en europe de franco-belgerie, enfin ! dans un container, douane payée et tutti-quanti, le beauf ouvrait le boxon, bordel, miracle, c’était plus la même !… c’était les mêmes papiers mais l’auto était devenue une épave… Arnaque…. 5.000 comme ça et William, fortune faite en dizaine de millions de dollars s’est reconverti à Curaçao… Mais il avait la bougeotte, des fois qu’un tordu aurait eu l’idée de le faire buter. Et en avait si peur qu’il partait dare-dare pour un bruit de pétard… Il retraversait toute la planète pour un faux télégramme plein de millions de menaces, pour un soupir de femme… pour rien du tout… Il repassait par Cuba… Il repassait plus par Macao… Il rappliquait par le Sud. Il rattrapait son télégramme… son soupir… son rien du tout. Et puis floc ! je le voyais jaillir ! un matin ! je le retrouvais d’un seul coup ! derrière son bureau… Il émergeait de l’autre bout du monde… comme ça… L’est devenu pachidermique, usé, fini comme un fat paquet d’embrouille. L’est tout rouillé !
J’en ai connu aussi un autre, Vincent, il faisait faisait l’errant, l’homme-lubie, l’insolite… Pour réfléchir, il s’arrêtait, il oscillait en avant… tout doucement sur ses tatanes… des vrais bateaux… comme le pendule… Cette manière de se tenir, bizarre, dans la vie, de disparaître dans les fugues et puis de revenir « courant d’air » … ça ressemblait pas à grand-chose ! On aurait bien pu penser : cette agitation est grotesque, ce n’est que de la dispersion, du « pas sérieux« , de l’étourderie. Cet homme travaille du grelot. Et pourtant c’était l’essentiel, faut pas se fourvoyer. C’était un vicieux, traficotait les papiers, créait des compagnies, les vidait en leasing puis faisait dénonciateur chez les flics pour camoufler les cadavres dans les placards… Regardez un peu les fourmis comment elles s’agitent… elles font pas toutes vraiment quelque chose, elles transportent pas toutes une bricole… elles vont, elles passent… c’est leur boulot ! … elles reviennent… elles se dépêchent… elles lambinent… elles ont plus l’air de savoir… de se promener au petit bonheur… et puis pourtant elles fourmillent.. elles ont leur idée… c’est ça l’essentiel : fourmiller.
Cher public d’ahuris, il faut apprendre, sous peine de demeurer plus sot, plus opaque, plus crédule qu’un veau dans sa première semaine, à repérer la marque, la trace, l’emprise, l’initiative des pourvoyeurs de rêves, dans tous les chambardements du monde, où qu’ils s’effectuent…, en Europe, en Amérique, en Asie… en n’importe quel lieu où se préparent les hécatombes, la destruction systématique, acharnée, des esprits et les transmutations de porte-feuilles… Il faut apprendre à déceler dans la pratique quotidienne, la couleur et le ton, la jactance, il faut apprendre à percer, déterminer, au fond de toutes les ombres, à travers tous ces dédales phrasouilleurs, entre les trames de toutes les calamités, derrière toutes les grimaces, l’universel mensonge, les tartuferies, l’imposture, l’énorme armement de cette cosmique permanente apocalypse.
Il faut renifler les diablotins de très loin… dans tous les coins, à travers le monde… entre les minces paragraphes publicitaire de n’importe quel garage innocent, ce petit coup de pouce, furtif… appuyé … signalétique… l’épithète favorable… louangeuse… la mise en valeur d’une carrosserie, le coté franchement racoleur… le dénigrement soi-disant impartial des voitures proposées par leurs confrères… L’addition opportune et même hors de propos d’un décigramme, d’une demi-teinte de louange… pour le succès de la moindre présentation… Les facéties de n’importe quel d’entre la confrèrie, du plus insignifiant au plus magnifié…
Cette mainmise du secteur s’entoure encore d’un peu de gant, pas pour longtemps, bientôt les cartes seront abattues, ceux qui ne feront pas de publicité dans les magazines automobiles consacrés seront égorgés (ils le sont déjà financièrement par les impots)…
Il faut maintenant re-situer les choses, que je vous raconte un petit peu comment c’est superbe le monde de l’automobile ancienne…
C’est pas les beaufs qui les collectionnent qui les ont construites… Ils peuvent même pas les entretenir correctement dans les trois quart des cas… C’est au-dessus de leurs forces… Donc ils les abandonnent… Beaucoup sont effondrées sur elles-mêmes, les joints tombent en miettes de caoutchouc-tchouc… C’est malheureux les mâles-heureux… Comment justement exprimer toute la beauté du désastre ?… Imaginez un petit peu… une casse d’épaves d’autos, certaines dans un bois, d’autres dans un champ… Elle s’étend encore, la casse…, toujours là-bas… vers le large livide… le ciel… la mer lointaine… encore plus loin… l’estuaire tout au bout…, à l’infini y a les cons qui achètent…, la mer qui monte puis qui descend…, diaphane, fantastique, tendue…, à bout de bras… Que voici de majesté !… Quel fantasque géant ? Quel théâtre pour cyclopes ?…, mille épaves échelonnées, toutes plus grandioses…
En retrait, l’enclos des hauts arbres… altiers… formidables monstres bouffis de ramures… nuages de rêves repris à terre…, s’effeuillant en rouille, déjà… Secondes tristes…, trop légères au vent…, que les bouffées malmènent…, fripent…, jonchent au courant… Le ciel, encore glauque…, une teinte de plus, hagarde…, d’autres percées, perspectives, vers toujours plus d’espaces…, plus aériennes…
Au milieu de ce rêve de nature, des épaves… Vieilles, géantes, ridées, perclues, croulantes. d’un géant passé… Un cauchemar traqué qui s’éparpille comme il peut… De toutes les carcasses il en suinte de la rouille… C’est pas une erreur… Je voudrais vous faire comprendre, de plus près, ces choses encore…, avec des mots moins fantastiques…
Imaginez un petit peu…, bien dégueulasse endroit… et tout bondé de pervers…, un formidable contingent…, toute une armée de truands en abominable état…, encore nippés en civil…, en loques…, tout accablés, guenilleux…, efflanqués…, qu’auraient passé dix ans dans le dur…, sous les banquettes à bouffer du détritus…, avant de parvenir…, qu’arriveraient à la fin de leur vie…, tout éberlués…, d’un autre monde…, qu’attendraient des beaufs bigleux à l’achat d’une épave qui ne manquait pas à leur bonheur… Une catastrophe qui végète !
Pour arriver dans cet endroit, j’ai suivi mon instinct…
J’ai téléphoné qu’on vienne me chercher, alléché ils sont venus… Je me suis installé auprès du chauffeur… Son copain, il me le présente…, il bafouille un nom…, le copain aussi…, mais d’un autre modèle…, le modèle « Satrape« …, le très imposant Pacha…, le mâtiné d’Afghanistan américanisé…, le costaud pancrace de grande classe…, ample et fourni…, du creux, du coffre, de l’abatage…, la « cinquantaine« …, de la brioche…, du bourlaguet, du foie gras…, une vareuse…, humblement khaki, ultra sévère… Un peu citron des conjonctives…, un peu du Boudah… et puis tout à fait insolite ! les moustagaches, deux houpettes bien cosmétiquées…, séparées…, divergentes… Enfin vraiment un curieux mélange… Je le bigle de quart…, encore un peu…, comme ça tout en brinquebalant… Les pavés sont abominables… Je me dis : Sûrement ce badour c’est un ténor de l’Aventure… C’est un homme qui a profité dans l’épaverie… Voici un superbe hasard !…  ! Y a leur copine aussi, une semi blondasse qui croit être fine mais qui est maigre comme une greluche, sapée avec l’ancien rideau de la chambre pour pas risquer d’en dépenser trop. Et des panards moches, d’une autre époque, sûrement découverts sur un cadavre oublié dans un coffre. Foire de récup ! C’est sonné, pour faire plus beau, elle va poser sur mes photos, postérité du postérieur !
L’auto marchait très doucement, à cause des terribles fondrières…, que pour les ressorts c’est une épreuve…  L’autre « opulent« , ce ténor boudah, voilà qu’il se met à parler entre les cahots… Ah ! mais je trouve qu’il est cordial… et puis même qu’il est spirituel et tout… et qu’il est carrément jovial… Enfin voici un Ricain qui cause…, qu’est drôle…, en plus… et qu’a l’air tout déboutonné…, à plaisir !.., qu’en rajoute ! c’est étonnant !…, qu’a pas un barillet dans le cul !…, qu’a pas l’air de se gratter du tout !… Il semble penser tout haut…, c’est le premier !… Il parle anglais comme père et mère d’Oubzékistan… On se comprend… C’est bizarre, à mesure que je l’entends, il me semble que sa voix je la reconnais… C’est pas moi qui pose les questions, c’est lui… J’ai pas l’habitude de ruser, je suis d’un naturel assez simple, j’aime pas les mystères… Puisque mes impressions le passionnent je vais lui faire part immédiatement de mes réflexions…, qu’elles sont pas très favorables… Très inoffensif à vrai dire tout ce que je proclame…, que j’aime pas beaucoup leur cuisine.  J’en ai le droit…, enfin des futilités… Ça l’a pas mis en colère mon impertinence… Il se fendait même les babouines de m’entendre avec mes sarcasmes…, persifleux… Il se tamponnait de rigolade dans le fond du bahut… Ça n’avait pas l’air de le froisser. Je n’en menais pas large…
Bref, on est arrivé dans leur « casse« , il m’a filé une sorte de plan, avec des prix, style 5.000 dollars pour la pire poubelle et 10.000 pour une luxe en pire…
J’ai flashé en photos, pas en biftons, j’ai vu que l’herbe n’était pas plus verte ailleurs, qu’au contraire les prix, même en épaves, étaient bien plus fumistement élevés que chez nous de Franco-belgerie dénigrée.
Suis parti, queue basse, l’air étranger pour une fois, on n’est que le roi dans son territoire…! Sauf que ces pourries autos sont des oeuvres d’art qu’un antiquaire devrait proposer à placer dans des jardins d’Eden de clients fortunés en semi-châteaux et chateaux tout court…! Des objets en décor dans des sous bois grandioses ! Les rupins feraient barbecue en fête à coté, la classe et l’originalité. S’il y en a un qui lit, qu’il m’appelle…
En tous les cas, vous, beaufs et autres, venez encore me dire, même penser, que c’est moins cher aux USA et recta, oui, paf, recta une beigne, une tarte, vous risquez gros, une dérive, ou pire, un silence de mépris…
C’est comme ça…

 

Chapitre 8

Quelqu’un contre le reste du monde…

Je deviens peu à peu trop vieux, trop avancé, trop salopard sur la route maudite du raffinement spontané…, après une dure carrière « de dur dans les durs » pour rebrousser maintenant chemin !
Et puis venir me présenter à l’agrégation des dentelles !… Impossible ! Le drame est là. Comment je fus saisi étranglé d’émoi…, par mon propre raffinement ? Voici les faits, les circonstances…

Je m’ouvrais tout récemment à un pote à moi, un loustic dans mon genre, en mieux quoique finalement moins bien, de ce goût de plus en plus vivace, prononcé, virulent, que dis-je, absolument despotique qui me venait pour la beauté des choses… Il m’avait suggéré son association pour ré-écrire mon livre : « Dictatucratie« , en y ajoutant ses grains de sel…
Je savais à qui je m’adressais, il pouvait me comprendre… Homme de haut parage !… achalandé comme bien peu… quelles relations !… frayant dans la jet-set et dans les bas-fonds… subtil, cavaleur, optimiste, insinuant, savant, fin comme l’ambre, connaissant plus que moi de baronnes par le menu, d’assassinats bien mondains, d’agonies truquées, de faux seins et d’enculades jouissives, un Maître. Au surplus et par lui-même, du cul, ce qui ne gâte rien et facilite énormément toute la compréhension des choses.
« Ah ! qu’il me réplique, te voilà un nouveau vice ! c’est la pente fatale !…Mais j’assume, je ré-écris… »
— Ah ! Je me récriai-je m’en gafe énormément ! Tout le monde ne communie pas aux mêmes passions !…
On peut toujours dire tout ce que l’on veut sur tout ce que l’on vous présente…
Il n’existe pas de critique en soi… C’est une farce la critique en soi. Il existe une critique bienveillante et puis l’autre, poisoneuse. Tout merde ou tout nougat. Question de partialité. Pour moi, je trouve ce divertissement, fort bien venu. Il me satisfait et j’ai meilleur goût. moi tout seul, que toute la critique pantachiote et culacagneuse réunie, j’ai donc décidé, devançant tous commentaires, d’assouvir ma curiosité. Examinez encore un peu l’agencement de toutes les choses… Regarder de plus près le sens des choses… C’est du travail cousu main… absolument authentique… tout s’y enchaîne…
D’abord le critique de moi-même, à partir d’aujourd’hui, c’est moi. Et ça suffit. Magnifiquement… Il faut que j’organise sans désemparer ma défense… Il faut que je devance !… tous les cons ! racistes, sournois, bornés, frénétiques, maléfiques… Rien qu’eux… tout pour eux !… Toujours et partout ! J’ai prévenu tout de suite… Attention !… Sans commentaires !
J’ai donc été rendre visite, l’un après l’autre, à tous les grands hommes du monde, les moyens aussi, de même que les petites gens… Ils furent tous bien fraternels… tout à fait cordiaux… flatteurs au possible… seulement dans l’instant… occupés… surmenés… par ceci et puis par cela… au fond assez décourageants… évasifs. Ils me firent mille compliments… Et m’ont racontés plein de choses.
Suffisait plus qu’à laisser faire mon pote en ré-écriture, puis relire et corriger, ensuite imprimer et diffuser… Ca parait simple, ça ne l’est pas.
Me restait à chercher des clients, ceusses qui achètent les livres !
Pas facile d’avoir des clients. Surtout des vrais. Pas des clients d’esbrouffes, des chieux merdiques qui ne prennent même pas d’argent avec eux dans une librairie de peur d’en dépenser un euro. Des clients qui viennent faire pipi dans les grands magasins avec madame et mouflets qui piquent des pièces, font des griffes, et cassent pour le plaisir de s’en foutre…
C’est pas d’aujourd’hui, tout compte fait, que je les connais, moi, les clients. Quand j’étais ailleurs, dans l’édition et la pub qui rapporte des ronds, j’en ai vu beaucoup, des clients. On les croquait tous ensemble… Tout de suite ils se mettaient au gringue, ils avaient ça dans le grelot… à faire du charme aux bourriquiers… aux gens de service… Ils commençaient la séduction, pour avoir n’importe quoi pour rien… Et puis que je te le flatte… que je l’amadoue… Et que je lui dis qu’il est fort… intelligent !… qu’il est admirable, la brute… Ça prend toujours le coup de mirage. C’est fat… ça se bombe… Très vivement il est bonnard, le guignol, il se mouille d’une saucisse pour les mioches… à la pitié… il les invite… un coup au poêle !… une tasse de thé…, ils rentrent dans la guitoune, ils sont plus dehors… Dans la truanderie c’est eux qui se placent les premiers…
Parlons un peu du fond de l’affaire, sinon on va ré-écrire le bouquin, et j’ai plus envie !… En mi de mars de 2007, le 6 pour être exact et précis, je reprenais, après un dur hiver, le souffle… J’allais rêvant, méditant. Je revenais, ce jour-là, tout pensif d’un après-midi de rêve. Je cheminais lentement à l’ombre, lorsqu’une voix… mon nom clamé… me fit tressaillir… un pseudonyme me hélait au travers de mon écran d’ordinateur… de très loin… les jambes à son cou… il fonce… il arrive… un journal flottant au poing.
« Ah ! dites donc !… venez voir un peu !… Regardez donc… comme ils vous traitent !… Ah ! vous n’avez pas encore lu ?… Il me soulignait le passage du doigt… Ah ! comment ils vous arrangent ! Il en était tout jubilant… heureux au possible… C’est bien vous ?« …
— Mais oui… mais oui… C’est mon nom… mon nom de bataille !… C’est le site de qui ?… le site-web de quoi ?… que vous avez ?…
« Lisez ! ce qu’ils écrivent d’abord !… mais c’est le site des Juifs ! le site Wiesenthal… Renégat !…qu’ils vous intitulent en résumé de vous diffamer publiquement… Ah ! c’est bien écrit noir sur blanc« …
Cinglé ! mon sang ne fait qu’un tour ! Je bondis ! Je sursaute !… on m’a traité de mille choses… mais pas encore de ça !…  Mais j’ai jamais renié personne… L’outrage est énorme !… Quelle est cette face de fumier qui se permet de m’agonir à propos du sionisme ?… Un nommé Juif qu’il s’appelle !… Mais je le connais pas !… d’où qu’il a pris des telles insultes ?… D’où qu’il sort, ce fielleux tordu ? C’est-il culotté cette engeance ?… C’était bien écrit en sale caractère… y avait pas du tout à se tromper…
Mais puisqu’on parle des « Protocoles« , puisque Wiesenthal me provoque, il faut bien que je m’explique un peu… que je fournisse quelques détails. Je suis pas allé moi, ni à Chabra, ni à Chatila aux frais de la princesse en agonisant tout le monde à la va je te pique à la baïonette ni au lance-flamme!… C’est-à-dire que mon pote et moi on a écrit d’enquéter sur les tours WTC, ça nous a mis sur Gladio, CIA, Bilderberg et Mossad en trafics et mensonges, pas nous qui faisons sauter la planète pour jouir entre l’Euphrate et le Nil et envoyer des bombes atomiques sur qui ne prie pas le même dieu, j’ai tout payé de mes clous… de mon petit pognon bien gagné d’avant, intégralement: hôtel, taxis, voyage, interprète, popote, boustif… Tout !… J’ai dépensé une fortune en euros… pour tout voir à mon aise… J’ai pas hésité devant la dépense… Et puis ce sont les autres qui me doivent encore du pognon… Qu’on se le dise !… Si cela intéresse des gens. Je leur dois pas un fifrelin !… pas une grâce ! pas un café-crème !… J’ai douillé tout, intégralement, tout beaucoup plus cher que n’importe qui… J’ai rien accepté. J’ai encore la mentalité d’un ouvrier d’avant guerre comme mon Grand-père, mon pépé, qui s’est fait ratiboiser par des chemises brunes et qui en en caché des ceusses a étoiles jaunes… Ingrats avec ça… C’est pas mon genre de râler quand je suis en dette quelque part… Mais c’est le contraire justement… c’est toujours moi le créancier… en bonne et due forme… pour mes droits d’auteur… et pas une traduction de faveur… ne confondons pas!… Quand je dis : tout est dégueulasse dans ce pays maléfique, on peut me croire sans facture… La misère des cons du monde, ceusses écrabouillés sous les deux tours et pire, les ceusses emmurés derrière le mur de la honte, OH Jérusalem, que j’ai bien vu…, elle est pas imaginable la misère Palestinienne, faut pas retourner les genres, faire semblant d’oublier Irgoun et Hagannah, un enfer moisi, même pas d’harengs-saurs, ni de concombres, que destructions, humiliations et carnages gratuits… Boucherie… J’ai pas demandé que Mossad vienne faire ses trafics d’armes et diam’s d’afrique plein sud en plus de trafic de drogue du Liban, empafés, trafiquer chez moi, chez nous…, s’acoquiner avec la Sûreté d’Etat pour jouer aux tueurs du Brabant…, et que je tue un banquier vérolé, puis deux chanteurs maîtres, sans oublier le concurent, Mendez qui s’appelait, ainsi que piquer des valises diplomatiques…
Et tuer, tuer encore en affirmant qu’il faut bien vivre… Empafés ! Je me suis pas gêné pour le dire, mon pote pour l’écrire, après deux ans d’enquètes on avait notre opinion bien faite… Et tout ça, en finale, pour prier dieu en Jéhovah que pomper le pétrole sous Palestine c’est faire oeuvre divine… Hissez drapeaux, avec un derrick au milieu d’entre eux deux, prières baroques… Personne encore, pas le moindre journaleux, jamais, n’a écrit ça, n’a osé écrire ça, de peur sans nul doute, que Cohen, dame, porte plainte en justice que les mêmes drapeaux sont un risque de guerre civile, la guerre brave dame, faut aller en Palestine pour la vivre, pas derrière l’égalité des chances qui là-bas n’existe pas.
On comprend mon indignation, elle est naturelle, dès qu’on me traite comme renégat !… J’aime pas ça… Ces diffamants à oeillères, ils gagnent leur boeuf en salissant les gens de bien ou quoi… En demandant aux merdeux : Vote pour moi, tu verras Jéricho… en intriguant au Parlement Européen pour allumer des bougies de paix pendant qu’on phosphorise le Liban et au delà ?… Piting !… Je l’ai dit à la personne qui m’avait fait lire cet écho du web et d’ailleurs… Qu’est ce qu’ils sont capables de faire d’autre ces plumeux ?… Ils déconnent aujourd’hui comme ça sur mon pote et moi… Demain ils baveront sur les Esquimaux… un autre jour sur la Stratosphère qui serait pas Käsher. Pourvu qu’ils débloquent… ils s’en foutent… Ce sont des grelots !… pourvu que ça fait diversion au pompage du pétrole !… C’est toute leur technique… Enfin !
Je me dis : Tiens, je vais les emmerder ! Je saisis ma plume étincelante et j’écris une de ces notes !… qu’était rectificative… je vous le garantis… C’est celle-ci… J’ai recommencé encore une fois… deux fois… Pas plus de rectification que de beurre en bouteille… C’est la pourriture de la Presse et de certains sites-web… On vous salit… c’est gratuit… J’attend d’envoyer l’huissier pour me venger mon honneur et de ce qu’à couté le retrait du livre !… Ça vaut combien vos diffamations, votre autodafé au Parlement et le Claude qui invective Laurette… Combien au prix de l’Honneur ?… Si je tuais ces empafés, au pistolet à eau, c’est encore moi qu’irais en caisse… Et puis elle existe peut-être pas la Cohen, qui n’a rien lu !… Enfin… de toutes les manières je suis en compte, c’est un fait… Ils me doivent des plates excuses et des ronds… C’est pas tellement agréable des excuses de gens comme ça.
La seule chose grave à l’heure actuelle, pour un grand homme, savant écrivain, cinéaste, financier, industriel, politicien (mais alors la chose gravissime) c’est de se mettre mal avec les Juifs… Les Juifs sont nos maîtres… ici là-bas, en Russie, en Angleterre, en Amérique, partout !… Faites le clown, l’insurgé, l’intrépide, l’anti-bourgeois, l’enragé redresseur de torts… le Juif s’en fout ! Divertissements… Babillages ! Mais ne touchez pas à la question juive, ou bien il va vous en cuire… Raide comme une balle, on vous fera calancher d’une manière ou d’une autre… Le Juif est le roi de l’or de la Banque et de la Justice… Par homme de paille ou carrément. II possède tout… Presse… Théâtre… Radio… Chambre… Sénat… Police… ici ou là-bas… Les grands découvreurs de la tyrannie poussent mille cris d’orfraies… ça s’entend. Ils se frappent au sang la poitrine, et cependant jamais, jamais ne décèlent la pullulation, ne remontent au complot mondial… Etrange cécité… (de même potassant Hollywood, ses secrets, ses intentions, ses maîtres, son cosmique battage, son fantastique bazar d’international ahurissement, personne ne décèle nulle part l’uvre essentielle, capitale de l’Impérialisme… Empafés !
« Peuples, soyez attentifs, car l’indignation du Seigneur va fondre sur toutes les nations. Sa fureur sur toutes les armées. Elles mourront de mort sanglante, et ceux qui auront été tués seront jetés là, une puanteur horrible s’élèvera de leurs corps, et les montagnes dégoutteront de sang« … C’est ISAÏE qui a écrit ces horreurs…
Je suis monté là-haut, je suisse allé voir un autre pote. Je l’avais pas vu depuis un moment. Il demeure au sommet du monde, c’est un vieux sage, c’est un « pur de pur« . Je sais qu’il aime bien le vinard, je lui en monte un petit flacon, question de le mettre en bonne humeur. Je veux qu’il me cause ! Il est artiste, c’est tout vous dire. Il barbouille quand il pleut pas trop, quand il pleut trop, ça devient trop sombre dans son atelier. Quand il fait beau, par exemple, on est alors bien mieux dehors, sur le banc de l’avenue à regarder les petits oiseaux, les petits arbres comment qu’ils poussent, qu’ils se dépêchent pour pas crever, du mazout. On prend le soleil comme des vieux piafs. Mon pote, il a eu du mal à trouver la bonne condition, favorable pour sa barbouille, entre trop d’ombre et trop de soleil, c’est un mutilé, un grand mutilé de la grande guerre, il a donné une jambe entière pour la défense de la Patrie.
Je lui apprends tout de suite d’emblée que je suis devenu anti-cons et pas un petit peu pour de rire, mais férocement jusqu’aux rognons !… à mettre tous les connards en l’air ! phalanges, en denses cohortes, en bataillons !…
« Merde ! qu’il me fait… T’auras du coton !… Les cons, ils sont tous au pouvoir… Ils peuvent pas s’absenter comme ça !… T’y penses tout de même pas !…Ça serait l’anarchie !… La pagaie !… C’est des personnes indispensables ! Ta croisade elle se présente pas bien !… T’auras du mal à les sortir… Les cons c’est comme les punaises… Quand t’en prends une seule dans un plume, c’est qu’elles sont dix mille à l’étage ! Un million dans toute la crèche… C’est pas la peine d’insister… Tu vas te faire étendre, malheureux ! Tu sais pas où tu mets les doigts ! Tu connais pas le « mauvais café » ? Tu fais l’esprit fort ! le fendard ! tu vas te réveiller sur un marbre… Il va te tomber un de ces soirs une drôle de tuile sur la pêche… qu’il pleut le long des maisons… Tu peux t’acheter une cloche en zinc, une bourguignotte… T’as tort de t’agiter, vieux tordu !… C’est le retour d’âge qui te tracasse… C’est le mojito qui te vaut rien ! T’es pas fait pour la vitesse… ça te fait délirer… Je t’avais dit de faire bien gaffe… Les cons, c’est mariole, mon pote, tu seras détruit calamiteux ver de vase ! avant que t’ayes dit ouf !… Ils te feront repasser… pas eux-mêmes !… mais par tes propres frères de race… Je te le prédis ! Ils ont tous les tours dans leur sac !… C’est des fakirs cent pour cent… Ils ont tout le monde dans leur fouille… Ils passent… ils promettent… ils jaspinent… ils avalent tout… Ils rendent jamais rien !… Ils s’en vont plus loin, ils partent avec ton pognon et ton âme… Tu te retrouves plus !… C’est les cons mon pote, citoyens du monde ! Escrocs de tout ! passe-partout ! Ils te vident les fouilles et la tête, ils te dépouillent, ils te sucent le sang… Et tu vas te racheter par lambeaux ! tu les rinces, les mêmes, encore ! Dans les Beaux-Arts, ils ont tout pris ! tous les primitifs ! les folklores ! Les critiques, tous cons, entonnent en choeur, hurlent au génie ! C’est normal, c’est bien régulier dans un sens : de toutes les Ecoles ils sont maîtres, tyrans, propriétaires absolus, de tous les Beaux-Arts du monde. Tous les professeurs, tous les jurys, les galeries, les expositions sont à présent pleinement cons ! C’est pas la peine de réagir… Moi si j’avais ta grande gueule, je jouerais au ballon avec eux… A ta place. je me ferais roi des cons… ! ça te laverait un petit peu… Ça te ferait moins de péché… Nom du cul ! »…
— Ah ! que je sursaute ! tu me navres ! tu m’épouvantes ! Je croyais trouver un ami ! Un vrai soldat pour ma cause ! Et tu me conseilles de m’évanouir… Ça devenait trop grave pour se discuter en plein air… Rentrons, que je fais…
Je ne réponds jamais aux é-mails. Ça a fini par se savoir. J’en reçois de moins en moins. C’est pas un genre que j’ai pris. Non… Non… C’est simplement que j’aime pas les é-mails une bonne fois pour toutes et que je les ai même en horreur. Je trouve ça indiscret qu’on m’écrive. J’écris à personne, moi, c’est ma phobie. Je refuse aussi toutes les lettres, en bloc, par principe, surtout les factures. Les autres, les simples envois, c’est ma concierge qui les déchire, elle retire seulement les timbres pour ses petits garçons… Vous me direz : « Le pèze ? » Celui-là soyez bien tranquilles, il monte pas tout seul. Il faut que je descende le chercher. Il arrive pas par la poste. Le reste forcément c’est des mots, ça coûte trop cher… Et puis les articles, faut avouer ceux qui traitent de mes oeuvres restent toujours si loin de la question, tellement insolites, que c’est pas la peine de les lire, c’est vraiment du temps bien perdu, de la souffrance inutile.
Les critiques, ils sont bien trop vaniteux pour jamais parler que de leur magnifique soi-même. Ils parlent jamais du sujet. D’abord ils sont bien trop cons. Ils savent même pas de quoi il s’agit. C’est un spectacle de grande lâcheté que de les voir, ces écoeurants, se mettre en branle, s’offrir une poigne bien sournoise à votre bonne santé, profiter de votre pauvre ouvrage, pour se faire reluire, paonner pour l’auditoire, camouflés, soi-disant « critiques » ! Les torves fumiers ! C’est un vice ! Ils peuvent jouir qu’en dégueulant, qu’en venant au renard sur vos pages. J’en connais qui sont écrivains et puis millionnaires, ils sortent exprès de leurs rubriques pour se filer un rassis, chaque fois que je publie un ouvrage. C’est la consolation de leurs vies… des humiliations de profondeur, des « inferiority-complex« , comme ça s’intitule en jargon.
Pour la question des missives, une seule fois j’ai fait exception en faveur du livre « Les Protocoles« …, il m’est arrivé de Jérusalem tellement de lettres en quelques courriers, que ma concierge s’en est émue. Elle m’a demandé ce qu’elle devait faire, ils m’écrivaient en masse, de Tel-Aviv et d’ailleurs. Et puis alors sur un ton ! dans les furies d’une de ces rages ! à en consumer les enveloppes ! Ils se poussaient au rouge, les énergumènes ! Ah ! les petits Passionistes !… Si les chrétiens aimaient leur Pape avec cette ferveur effrayante, le Pape il ferait explosion, il pourrait jamais résister… De cet énorme fracas d’injures, cafouillages tonitruants, effrénées malédictions, de ces délires anathémiques, il se dégageait malgré tout, de cette cacophonie extrême, en haines surpressées, une certaine rengaine tonique… un air de trompette vainqueur, bien, bien connu… l’appel qui les rassemble tous, qui les fait droper tous ensemble, qui les fait foncer corps et âmes à la curée de l’Univers, l’air du temps comme ils l’appellent… Leur grand alibi, leur grand hallali. Tous ces « braves« , tous anonymes plus ou moins, ils me vomissent…
Le pauvre petit marché du livre franco-belge, déjà si parfaitement rabougri, traqué, aux abois, se trouve bientôt écrasé par les romans débiles écrits par ceux-là même qui disposent de lieux de critiques et oeuvrent de concert avec des émissions télévisées qui ne sont que des suites de promotion des mêmes vedettes… J’en profite pour écrire que j’en ai marre de voir et revoir Patrick Bruel chez Drucker… Et que je te congratule, et que je te flatte, et que je montre ton dernier CD, ton dernier livre, ton dernier film, ta dernière femme, ton dernier milliard d’euros, ton dernoier yatch et j’en passe…, les conneries à qui mieux mieux plus tendancieuses, plus nulles, plus plagiaires les unes que les autres, des bazars et des truxs gros comme des trompes d’éléphants, plus truqueurs, plus « génie« , plus démarqueurs, salisseurs, sournois, vicieux, méprisants, voraces, pleurnichards, humoristes ou sentencieux les uns que les autres.
Annoncés tous bien entendu, lancés, consacrés, soufflés, sursoufflés, à grands renforts de jurys, cénacles littéraires internationaux toujours aux mains des mêmes…. Grands cocktails… Champs-Elysées… partouzes… cocaïne… enculages de cons télévisés, etc… Si tous les auteurs traduits ne sont pas cons, ils sont pour le moins soigneusement enculeurs, dévotement, insatiablement… Tous les agents littéraires, les impresarios de la littérature, tels les autres impresarios de toute « l’expression artistique » sont du même bord. Les directeurs, les vedettes, les producteurs et bientôt tous les soi-disant créateurs du théâtre, du film, de la télévision, de la radio, chanson, danse, ou peinture seront copains copines. Le public, c’est-à-dire la horde roteuse des cocus ivrognes (province, villes et campagnes), se tape indistinctement, de la même fringale, se régale admirablement de tous les navets, des éculeries, des salsifis, des fricassettes, des épluchures. Nos snobs avalent tout… même mouture, même graissage, même insignifiant jacassage, abrutissant ronron, péricycles de gros et petits « renfermés« …
Traduits ou pas traduits, ils restent identiques, absolument, à eux-mêmes, boursouflerie, muflerie, mêmes tambourins, même carambouille, même inutilité, même insensibilité, truquée, laborieuse, même dévalorisation, même crapuleuse faillite. Pour le triomphe de ces sottises, la critique, évidemment donne à fond (elle n’existe que dans ce but, pour cet office) insiste, encense, pontifie, acclame, proclame… Phrasibule d’or toutes ces vessies… Cependant qu’elle traque et voue bien entendu aux pires gémonies, aux ultimes supplices, les rares voyous, les derniers douteux, les suprêmes raclures d’iconoclastes qui se permettent d’ici, de là… comme mon pote et moi, de jeter un peu d’eau sur ces ferveurs… de ne pas absolument trouver que tout ce qui est con, n’est pas absolument, transfiguramment divin. Faut pas croire que je m’égare, que je déconne pour le plaisir, j’ai fait un petit détour, mais je reviens à mon dada… Dans ce grand dégueulant, plasmatique dégoulinage, cette mélasserie phrasibole, tout en filaments moisis, en fourres de bigoudis rhétoriques resucés, les cons ne restent pas inactifs… Ils prospèrent à merveille. Toutes les décadences, toutes les époques pourries, foisonnent de cons. Les cons actuellement sont aux anges, dans les finances, la politique et dans les arts. Vermiculaires, persuasifs. enlaçants, envahissants plus que jamais, ils filent le train derrière les amis des amis… ils déferlent en croissantes marées, ils submergent tout… La mise en ghetto des gens normaux ne saurait tarder. Elle coïncidera avec l’avènement de l’art Robot surréaliste pour indigènes robotisés. La « taichnique » de cette conquête du monde par le cloaque habituel, de la consécration de l’Impérialisme, l’apothéose, spirituelle et matérielle. n’a rien d’occulte, de secret. Tout le monde peut l’admirer… Elle se déploie sous nos fenêtres… Il n’est que de se pencher un peu…
La grande invasion par la télévision, c’est de l’enculade au millimètre, le premier centimètre c’est le plus dur, le plus coûteux… pour les suivants ça va tout seul ! Tous les pédérastes nous l’affirment. N’importe quel trou du cul peut devenir, bien enculé de publicité, un immense n’importe quoi, l’objet d’un culte, une suprêmissime vedette horriblissime, une catastrophe, un film dantesque, une pâte à rasoir cosmique, un petit canard en plastique qui fait déborder la baignoire, un apéritif qui fait tourner la terre, un Président aussi. Plus c’est cul et creux, mieux ça porte. Le goût du commun est à ce prix. Le « bon sens » des foules c’est : toujours plus cons. L’esprit banquiste, il se finit à la puce savante, achèvement de l’art réaliste, sur-réaliste. Tous les partis politiques le savent bien. Ce sont tous des puciers savants. La boutonneuse chanteuse de la Star-ac’ prend son coup de bite comme une reine, si 25.000 haut-parleurs hurlent à travers tous les échos, par-dessus tous les toits, soudain qu’elle est incomparable… Un minimum d’originalité, mais énormément de publicité orientée et de culot. L’être, l’étron, l’objet en cause de publicité sur lequel va se déverser la propagande massive, doit être avant tout au départ, aussi lisse, aussi insignifiant, aussi nul que possible. La peinture, le battage-publicitaire se répandra sur lui d’autant mieux qu’il sera plus soigneusement dépourvu d’aspérités, de toute originalité, que toutes ses surfaces seront absolument planes. Que rien en lui, au départ, ne peut susciter l’attention et surtout la controverse. La publicité pour bien donner tout son effet magique, ne doit être gênée, retenue, divertie par rien. Elle doit pouvoir affirmer, sacrer, vociférer, mégaphoniser les pires sottises, n’importe quelle himalayesque, décervelante, tonitruante fantasmagorie… à propos de bagnoles, de stars, de brosses à dents, d’écrivains, de chanteuses légères, de ceintures herniaires, sans que personne ne tique… ne s’élève au parterre, la plus minuscule naïve objection. Il faut que le parterre demeure en tout temps parfaitement hypnotisé de connerie.
Et ça marche…
En vous parlant de toutes ces choses… je me suis animé un peu… N’allez point me mésestimer ! Ce serait mal reconnaître ma parfaite indépendance. Les cons, je les emmerde bien, ils peuvent gentiment me le rendre, à droite, comme à gauche, comme au centre, en travers, au particulier. Ils ne me gênent personnellement qu’un petit peu, presque pas, juste de quoi me rembourser le coût de mon bouquin duquel une certaine dame a été un tantinet trop loin en hurlant au loup à l’appui d’une plainte avec constitution de partie civile et menaces en fausses plaintes envers le distributeur belge… Il va être temps de passer à la caisse. Il s’agit d’un conflit tout à fait « idéolochique« .
Certes, j’observe que par l’entremise de certains inféodés : éditeurs, agents, publicistes, etc…, sous l’influence des films, scénarios, agresseurs, branleurs pourrisseurs, de la politique en somme des consignes occultes où officielles, la petite production artistique franco-belge, déjà si maigrichonne, si peu rayonnante, est en train bel et bien de crever…
Certains et certaines se sentent le besoin d’écraser tout, en priant, c’est entendu… Mais la vie n’est pas si longue, ni si joyeuse que cela puisse en vérité vous empêcher de dormir.
« Qu’est-ce qui rentre dur et sort mou ? » Voici une bonne devinette…
Ceux qui savent répondent : le biscuit !… Les feuilletons et les « trucs » télévisés c’est pareil… Ils commencent durs et finissent mous… guimauve à la merde !… au jus « sentiment« . Les foules se régalent, c’est leur bonheur, leur ivresse (surtout quand il y a Bruel), il leur faut leur merde, leur bonne merde, merde-radio-TV, merde-sport (tous les combats de boxe, toutes les compétitions de la route et du vélodrome sont truqués), merde-alcool, merde-crime, merde-politique, merde-cinéma, ils s’en font crever !… Jamais trop ! Jamais trop d’étrons ! Jamais trop coûteux ! La littérature d’ailleurs les prépare à bien apprécier cette jolie fiente. La littérature se met au niveau, il faut bien, des plus accablants scénarios, des plus surbranlés. Elle ne végète plus qu’à ce prix, ne sait plus comment enculer davantage, plaire par conséquent, s’envaser encore un peu plus, renchérir dans la sentimentalerie… Tout en étrons !… Plus près toujours ! Plus près du peuple ! plus politique ! plus démagogue ! L’esprit « banquiste » en somme… L’esprit du pitre… Au prochain acte la puce savante ! Messieurs, Mesdames, le peuple vous renverra aux chiottes un de ces trois matins !… Alors tous en prison !… et en avant le surréalisme !.. Le truc d’art moderne est encore plus simple !… je vais vous l’indiquer pour rien… Vous photographiez un objet, n’importe quel objet, chaise, parapluie, télescope, autobus, et puis vous le découpez en « puzzle« … Vous éparpillez les miettes, ces lambeaux, tout à travers une immense feuille de papier, vert, crème orange. Poésie !… Vous avez compris ?… Quand le robot veut de la poésie on le régale… Nous n’en sommes encore qu’au dernier stade de la décrépitude naturaliste, maniérée, cosmétiquée, napolitanisée, persuasive, flagornante, hurleuse. Vous attendrez quelques mois !… Vous l’aurez l’art robot ! On pourrit l’esclave, on le prépare de toutes les manières: et tant qu’il peut s’en goinfrer !… Si quelque petit con s’amène, d’aventure détenteur d’une nouvelle façon de miner, d’ahurir encore mieux le peuple, plus intimement… Son avenir est assuré… Et quel avenir !… Quel contrat fulgurant ! Il ne faut à Hollywood que trois semaines de publicité mondiale intensive pour transmuter le plus grêle, frelaté, en train de surir normalement, rance ulcéromateux petit fifre en épatantissime Phénix, le réincarner en star mondiale… Voyez-vous d’ici ! Vous n’existez pas !…
Bref…
Les fameux « Protocoles des Sages de Sion« , qui sont reproduits intégralement dans notre livre « LesProtocoles de Sion » ne sont pas autre chose qu’une vaticination de ce genre, une de ces hystéries divinisantes, qu’ils soient vrais ou faux n’y change strictement rien, ce n’est pas qui les a écrit qui a de l’importance, mais qui les utilise… On se gausse à leur première lecture, tellement à première vue ils relèvent par le ton, le fond, le style du tétanisme, de la fumisterie d’asile, des farces d’adolescent universitaire en écrits de « camisole« , de l’insanité, de la furie vicieuse, trompeusement cohérente par hasard… et puis… et puis l’on découvre à l’usage… avec le temps… que les « Protocoles des Sages de Sion » furent parfaitement raisonnés et pire encore, raisonnables… que de tels frénétiques, fanatiques abracadabrants fantasmes, correspondent très exactement à l’évolution des choses…
C’est l’évolution des choses qui vient se superposer très exactement, géométriquement, miraculeusement sur les cauchemars que nous vivons. Et nous n’en revenons pas… Le pronostic des fous se vérifie… Toute notre connerie n’est pas faite seulement de crédulité, il faut en convenir, elle est faite aussi de scepticisme. Ces Protocoles, apparus dans les années 1000, même avant si ils sont recopiés d’affaires de Francs-Maçons, ou encore de Jésuites Moyen-Ageux, on s’en fiche totalement…, ont été à coup sur publiés et re-publiés vers 1932, ils ont très exactement prédit tout ce qui s’est passé dans le monde depuis lors… et il s’en est passé des choses dans le monde !…
La vérité éventuellement « juive » des « Protocoles des Sages de Sion » c’est leur couleur, leur rythme qui s’exprime dans les transes, c’est une vérité de forêt vierge… Dans le genre « visionneur » nous avons peut-être encore mieux que les « Protocoles« , plus substantiel, plus bref, plus haineux si possible… Et là, il n’y a plus de polémique possible à savoir si c’est vrai ou faux, c’est indubitablement juif, sauf à considérer qu’un Rabin ne le soit pas, ce qui serait une insulte…
C’est le discours que l’on connaît assez peu, du rabbin Rzeichhorn, prononcé au cimetière de Prague en 1865 sur la tombe d’un autre grand rabbin prophétique, Siméon-ben-Jahouda. Ce texte ne fut reproduit que onze années plus tard dans le « Contemporain« … et puis dans le « Compte Rendu » de Sir John Radcliff.
Les auteurs de cette reproduction n’emportèrent pas leur audace en paradis… Sir John Radcliff fut tué peu de temps plus tard, ainsi que Lasalle, « le juif félon« , qui l’avait communiquée.
1865, c’est donc bien avant qu’on nous bassine que les « Protocoles des Sages de Sion » sont un faux créé par les services secrets russes pour salir la pureté juive…
Voici les principaux passages de cette magnifique composition, si prophétique, l’on s’en rendra compte:
1865-« L’or manié par des mains expertes sera toujours le levier le plus utile pour ceux qui le possèdent et objet d’envie pour ceux qui ne le possèdent pas. Avec l’or on achète les consciences les plus rebelles, on fixe le taux de toutes les valeurs, le cours de tous les produits, on subvient aux emprunts des États qu’on tient ensuite à sa merci.
1865-« Déjà les principales banques, les Bourses du monde entier, les créances sur tous les gouvernements sont entre nos mains. L’autre grande puissance est la presse. En répétant sans relâche certaines idées, la presse les fait admettre à la fin comme des vérités. Le Théâtre rend des services analogues (le cinéma, la télévision et la radio n’existaient pas alors). Partout le théâtre et la presse obéissent à nos directions.
1865-« Par l’éloge infatigable du régime démocratique, nous diviserons les chrétiens en partis politiques, nous détruirons l’unité de leurs nations, nous y sèmerons la discorde. Impuissants, ils subiront la loi de notre Banque, toujours unie, toujours dévouée à notre cause.
1865-« Nous pousserons les chrétiens aux guerres en exploitant leur orgueil et leur stupidité. Ils se massacreront et déblaieront la place où nous pousserons les nôtres.
1865-« La possession de la terre a toujours procuré l’influence et le pouvoir. Au nom de la justice sociale et de l’égalité, nous morcellerons les grandes propriétés ; nous en donnerons les fragments aux paysans qui les désirent de toutes leurs forces, et qui seront bientôt endettés par l’exploitation. Nos capitaux nous en rendront maîtres. Nous serons à notre tour les grands propriétaires, et la possession de la terre nous assurera le pouvoir.
1865-« Efforçons-nous de remplacer dans la circulation, l’or par le papier-monnaie ; nos caisses absorberont l’or, et nous réglerons la valeur du papier, ce qui nous rendra maîtres de toutes les existences.
1865-« Nous comptons parmi nous des orateurs capables de feindre l’enthousiasme et de persuader les foules ; nous les répandrons parmi les peuples, pour annoncer les changements qui doivent réaliser le bonheur du genre humain. Par l’or et la flatterie, nous gagnerons le prolétariat, qui se chargera d’anéantir le capitalisme chrétien. Nous promettrons aux ouvriers des salaires qu’ils n’ont jamais osé rêver, mais nous élèverons aussi le prix des choses nécessaires, tellement que nos profits seront encore plus grands.
1865-« De cette manière, nous préparerons les révolutions que les chrétiens feront eux-mêmes et dont nous cueillerons les fruits.
1865-« Par nos railleries, par nos attaques, nous rendrons leurs prêtres ridicules, et puis odieux, leur religion aussi ridicule, aussi odieuse que leur clergé. Nous serons alors maîtres de leurs âmes. Car notre pieux attachement à notre religion, à notre culte, leur prouvera la supériorité de nos âmes…
1865-« Nous avons déjà établi de nos hommes, dans toutes les positions importantes. Efforçons-nous de fournir aux goyims des avocats et des médecins ; les avocats sont au courant de tous les intérêts ; les médecins une fois dans la maison, deviennent des confesseurs et des directeurs de conscience. Mais surtout accaparons l’enseignement. Par là, nous répandrons les idées qui nous sont utiles, et nous pétrirons les cerveaux à notre gré.
1865-« Si l’un des nôtres tombe malheureusement dans les griffes de la Justice chez les chrétiens, courons à son aide ; trouvons autant de témoignages qu’il en faut pour le sauver de ses juges, en attendant que nous soyons nous-mêmes les juges.
1865-« Les monarques de la chrétienté, gonflés d’ambitions et de vanité, s’entourent de luxe et d’armées nombreuses. Nous leur fournirons tout l’argent que réclament leurs folies, et nous les tiendrons en laisse.
1865-« Rappelons pour plaisir et pour mémoire, les principales dispositions des Protocoles (souvenons-nous 1902). Rien n’est plus revigorant que cette lecture pour un Aryen. Elle vaut pour notre salut bien des prières qui se perdent… Dieu sait comment ! entre ciel et terre…
1865-« Encourager le luxe effréné, les modes fantastiques, les dépenses folles et éliminer graduellement la faculté de jouir des choses saines et simples…
1865-« Distraire les masses par les amusements populaires, les jeux, les compétitions sportives, etc., amuser le peuple pour l’empêcher de penser…
1865-« Empoisonner l’esprit par des théories néfastes ; ruiner le système nerveux par le vacarme incessant et affaiblir les corps par l’inoculation de virus de diverses maladies. (Un certain Rosenthal le répète dans la « Grande Illusion« .)
1865-« Créer un mécontentement universel, et provoquer la haine et la méfiance entre les classes sociales.
1865-« Dépouiller l’aristocratie, aux vieilles traditions, de ses terres, en les grevant d’impôts formidables, la forçant ainsi de contracter des dettes; substituer les brasseurs d’affaires aux gens de race et établir partout le culte du Veau d’Or.
1865-« Envenimer les relations entre patrons et ouvriers par des grèves et des « lock-out » et éliminer ainsi toute possibilité de bons rapports d’où résulterait une coopération fructueuse.
1865-« Démoraliser les classes supérieures par tous les moyens et provoquer la fureur des masses par la vue des turpitudes et des stupidités commises par les riches.
1865-« Permettre à l’industrie d’épuiser l’agriculture et graduellement transformer l’industrie en folles spéculations. Encourager toutes sortes d’utopies afin d’égarer le peuple dans un labyrinthe d’idées impraticables. Augmenter les salaires sans bénéfice aucun pour l’ouvrier, vu la majoration simultanée du coût de la vie…
1865-« Faire surgir des a incidents provoquant des suspicions internationales ; envenimer les antagonismes entre les peuples ; faire éclore la haine, et multiplier les armements ruineux.
1865-« Accorder le suffrage universel, afin que les destinées des nations soient confiées à des gens sans éducation.
1865-« Renverser toutes les monarchies et établir partout des républiques, intriguer pour que les postes les plus importants soient a confiés à des personnages ayant à cacher quelques secrets inavouables, afin de pouvoir les dominer par la crainte d’un scandale, les tenir par la Police.
1865-« Abolir graduellement toute forme de Constitution, afin d’y substituer le despotisme absolu du Communisme.
1865-« Organiser de vastes monopoles dans lesquels sombreront toutes les fortunes, lorsque sonnera l’Heure de la crise politique.
1865-« Détruire toute stabilité financière; multiplier les crises économiques et préparer la banqueroute universelle ; arrêter les rouages de l’industrie ; faire crouler toutes les valeurs ; concentrer tout l’or du monde dans certaines mains ; laisser des capitaux énormes en stagnation absolue ; à un moment donné suspendre tout crédit et provoquer la panique. Préparer l’agonie des Etats, épuiser l’humanité par la souffrance, les angoisses et les privations, car la faim crée des esclaves.
Tout ceci colle, concorde, je le pense admirablement, avec les événements en cours. Un certain Blumenthal était donc dans son plein droit, en écrivant pour qu’on le sache, dans le « Judisk Tidskrift  » (No 57, année 1929) : « Notre race a donné au monde un nouveau prophète, mais il a deux visages et porte deux noms, d’un côté son nom est Rothschild, chef des grands capitalistes, et de l’autre côté Karl Marx, l’apôtre des ennemis du Capitalisme. »
Voici des paroles substantielles et de plus tout à fait exactes… Dans les grandes heures du Destin, quand les cartes s’abattent… Mr. Rothschild et Mr. Marx auparavant séparés, se retrouvent tout à fait d’accord, admirablement d’accord pour nous enfiler au cassepipe, « compères de compères« , nous faire tourner en boudins. C’est la jolie règle du jeu, le Suprême du théâtre. Premier acte : dispute… troisième acte… accord parfait pour nous débiter la tripe.
Et d’ailleurs tous ces événements tombent dans l’ordre des choses qu’avait prévu le Baruch Lévi (un autre prophète), dans sa lettre à son ami Karl Marx (de son véritable nom Karl Mordechai, fils du Rabbin de Trèves) : « Dans la nouvelle organisation de l’humanité, écrivait Barush Lévi au doctrinaire du socialisme, les enfants d’Israël se répandront sur toute la surface du globe et deviendront partout, sans opposition, l’élément dirigeant, surtout s’ils arrivent à imposer aux classes ouvrières le ferme contrôle de quelques-uns d’entre eux. Les gouvernements des nations formant la République universelle, passeront sans effort aux mains des Juifs sous le couvert de la victoire du prolétariat. La propriété privée sera alors supprimée par les gouvernants de race juive, qui contrôleront partout les fonds publics. Ainsi se réalisera la promesse du Talmud que, lorsque le temps du Messie arrivera, les Juifs posséderont les biens de tous les peuples de la terre« . (Lettre citée dans la « Revue de Paris« , 1er juin 1928, page 574).
Mr. Cohan, dans le journal « The Communist » de Kharkoff, n72, 12 avril 1919, nous paraît lui aussi fort content : « On peut dire sans exagération que la grande révolution russe a été faite par la main des Juifs… Ce furent précisément les Juifs qui conduisirent le prolétariat russe à l’aurore de l’Internationale« .
Il se dégage de tout ceci, un certain relent « d’Ambigu« … de carbonarisme à la manque… de complots farciformes… de prolongements gris muraille… de maffia… de pas au plafond… de grand guignol… quelque chose de « Tour de Nesle« … qui vous incite énormément à la rigolade… Cette bonne blague… Vous pensez que de ce côté, nous ne saurions être en retard… Je suis moi même assez sensible pour ce qui est du ridicule… Mais tout de même, il y a les noms… les personnes, les événements… ce regroupement immanquable, irréfutable, instantané, implacable, des plus croassants, virulents, acharnés, voraces, autour de chacune de nos catastrophes…, comme un envol de mille corbeaux d’enfer, sur les lieux mêmes de tous nos désastres. Ceci ne s’invente pas.
Outrances!… billevesées de polémistes !… divagations de rabbins faméliques… fiévreux !… illuminations de vieux khabalistes !… Chimères de synagogues !… fugaces coincidences de quelques vilains délires ! C’est vite dit…
Allez-vous me répondre au surplus que tous ces falbalas d’imprécations datent des âges obscurs… qu’à présent, nos plus éminents Juifs sont parfaitement émancipés de la tutelle de leurs rabbins, infiniment « progressistes » à tout rompre, insatiablement assoiffés de Science Expérimentale et de Lumière franc-maçonne, de statistiques, intellectuellement super-raffinés, affranchis… que toutes ces manigances et ces vociférations, ces divinations super-khabalistes, les portent à sourire absolument… comme nous sourions nous autres à la Transsubstantiation, de la Résurrection du Christ… Manigances en somme puériles, de pauvres djibouks aux abois, superstitions oraculeuses… vieux débris grinçants de l’épouvantail biblique… sottises…
1865… Relisez plus haut ! C’est un demi siècle AVANT que les « Protocoles des Sages de Sion » apparaissent et soient déclarés réalisés par des espions Russes pour salir la mémoire Juive… Donc, comment le rabbin Rzeichhorn, a t’il pu prononcer, au cimetière de Prague en 1865 sur la tombe d’un autre grand rabbin prophétique, Siméon-ben-Jahouda, un discours reprenant les principales lignes des « Protocoles des Sages de Sion » ?
Savez vous que le pouvoir exécutif Juif s’appelle le « Kahal« ?… l’Assemblée des Sages d’Israël ?… Vous souvenez-vous que Napoléon, inquiet du pouvoir universel juif, tenta de capter les forces du Kahal à son profit, de faire servir le Kahal à sa propre politique mondiale napoléonienne, de le fixer tout d’abord en France, ce Kahal, sous le nom de « Grand Sanhédrin« … et qu’il échoua, Napoléon, piteusement, très fatalement dans cette entreprise. Savez-vous de quelle façon Léon Say, juif avéré, commentait plus tard à la tribune du Parlement cette grande défaite napoléonienne, certainement la plus décisive de toutes, cause majeure, sans aucun doute, de sa grande débâcle. « La force mystérieuse de la finance à laquelle on ne résiste jamais, même quand on s’appelle Napoléon. »
Nous qui ne sommes pas Napoléon, notre sort encore plus que le sien dépend entièrement du bon vouloir des « grands occultes« . Il n’est pas idiot de penser que notre destin se discute certainement encore dans les consistoires du Kahal, autant que dans les Loges et bien davantage…
Quant au peuple, je vais t’expliquer… Bonnard, dupe, lui, toujours cocu, farci de meneurs, pourvu qu’on le divise par pancartes, qu’on lui refile un coup de fanfare, il ira vinasseux à tordre, où l’on voudra ! toupillonner ! se faire résoudre dans les rafales… C’est son destin… C’est sa bonne chance !… A la bonne fortune des riflettes ! pour la marrante magie des mots ! pour le plus grand stupre mondial ! L’ordre nouveau est en marche…
« Y a de la joie! » qu’ils chantent chez Drucker, devinez qui chante ? Bruel !… Comprenez : y a de la joie de se faire enrouter !… Moi je les engueule, les cons !… C’est pas une façon !… C’est moi qui les indispose… Je les humilie !… C’est vilain !… Regardez comme ils sont heureux les « Français » d’avoir si bien reçu les Romains… d’avoir si bien tâté leur trique… si bien rampé sous les fourches… si bien orienté leurs miches… si bien avachi leurs endosses. Ils s’en congratulent encore à 19 siècles de distance !.. Toute la Sorbonne en jubile !… Ils en font tout leur bachot de cette merveilleuse enculade ! Ils reluisent rien qu’au souvenir !… d’avoir si bien pris leur pied… avec les centurions bourrus… d’avoir si bien pompé César… d’avoir avec le dur carcan, si étrangleur, si féroce, rampé jusqu’à Rome, entravés pire que les mulets, croulants sous les chaînes… sous les chariots d’armes… de s’être bien fait glavioter par la populace romaine… Ils s’esclaffent encore tout transis, tout émus de cette rétrospection… Ah ! qu’on s’est parfaitement fait mettre !… Ah ! la grosse ! énorme civilisation !… On a le cul crevé pour toujours… Ah ! mon popotas!… fiotas ! fiotum !… Ils s’en caressent encore l’oigne… de reconnaissance… éperdue… Ah ! les tendres miches !
Si les Allemands avaient gagné la guerre de 14 et celle de 39 ensuite, eh bien les Français du sol, ils en auraient joliment joui ! ils auraient pris leur pied pépère avec les Fritz… Les grenadiers de Poméranie, les cuirassiers blancs !… Ah ! alors ça c’est des beaux mecs !… Ça serait passé dans l’enthousiasme, un vrai mariage passionnel !… Les Français ils deviennent tout ce qu’on veut quand on réfléchit. . Ils deviennent au fond, n’importe qui… n’importe quoi… Ils veulent bien devenir socialistes ou virer à droite… ils demandent pas mieux… Pourvu qu’un mâle bien cruel les enfouraille jusqu’au nombril ils s’estiment joliment heureux… C’est qu’une très longue succession, notre histoire, depuis les Gaulois, de cruels enfourailleurs. Pas un seul roi qu’était français. A présent en pleine décadence, même si on nous dit le contraire, mais il valait mieux Sarko qu’une femme de ménage classifiée dans les grosses fortunes, faut se faire étreindre par des larvaires… se contenter de ce qui reste… Les Français toujours si avares, ils engraissent quand même très bien, tous leurs maquereaux du pouvoir. A présent que c’est le tour du nouvel ordre mondial, leur suprême triomphe, ils vont finir raides comme des passes… Mais plus on se fait foutre… plus on demande… Et puis voilà qu’on leur promet aux Français, des bourreaux tartares !… C’est pas des choses à résister… Mais c’est une affriolance !… Comment voudriez-vous qu’on les retienne ?… Mais c’est le « bouquet » priapique !… « Des vrais de vrais! » plus que sauvages !… Des tortureurs impitoyables !… Pas des sous-raclures d’Abyssins !… Mais non !… Mais non !… Que des tripières sur-calibrées ! en cornes d’Auroch !.. Ce voyage dans la Potosphère! Ah! comme ils vont nous faire souffrir ! Ah! Ces ardents. Ah ! mon joyeux !… Ah! ces furieux !… Ah ! mon timide !… Après on aura les Kirghizes… C’est au programme !… Ah! c’est promis !… Et puis des Mongols !… encore plus haineux !… plus bridés !… Qui croquent la terre et les vermines… Ah ! comme ils vont nous transverser !… Et puis d’autres, plus chinois encore ! plus jaunes !… plus verts… Toujours plus acharnés au pot… Ah ! Ils vous entament ! Ils nous étripent !… C’est la Croix dans le plein du cul !… Plus ils sont étranges… plus c’est fou !… Plus ils dilatent… plus ils s’enfoncent ! C’est la vie des anges par le pot !… Ils nous tuent… Voilà comme ils disent les Français !…
Piting !
J’ai gâché mon existence, tel que vous me voyez. J’aurais voulu être, moi, le Roi d’un immense, puissant Royaume… Et puis que tous mes sujets, tous! sans aucune espèce d’exception, ils m’auraient tous hai à la mort !  Ils n’auraient pensé qu’à cela… me faire la peau… me résoudre… semaine et dimanche… ça les aurait réveillés en sursaut, une idée pareille… Ils auraient ourdi, comploté sans interruption contre mes jours… Chaque fois que je serais sorti de mon château magnifique, dans mon carrosse de grand gala… il me serait tombé sur la gueule quelque chose comme des affreuses bombes ! Des pluies, des averses ! des déluges des plus terribles grenades !… des « fulminants » de tous calibres… Je n’aurais jamais survécu que par miracle… par l’effet de tout un subtil agencement, de tout un concours de prodigieuses circonstances… J’aurais été de mon côté royal plus fumier encore si possible que tous mes sujets à la fois… absolument sans pitié… sans parole… sans merci… J’aurais gouverné cette masse haineuse encore plus haineusement et absolument solitaire ! par la menace, les exécutions, l’outrage et le défi perpétuel !… A l’abri de ma formidable citadelle, j’aurais imaginé sans répit d’autres insultes, d’autres forfaitures, d’autres outrages ! encore ! toujours plus abominables ! pour navrer mes odieux sujets ! D’autres moyens de me rendre toujours plus abject, plus démoniaque, plus implacable ! plus impopulaire ! Ainsi je les aurais définitivement fascinés. Jamais je n’aurais eu un de ces gestes de clémence, de faveur, d’abandon qui vous discréditent un tyran mieux que cent mille pendaisons. Je n’aurais pendu, moi, que les tendres, les compréhensifs, les pitoyables… les évangéliques… les bienfaisants de tous poils… J’aurais organisé d’immenses concours de rosiers et de rosières… pour les fouetter tous et toutes ensuite à mort… devant toute la populace… Je me serais parjuré sans cesse, sans limite, sans répit… sauf pour infliger à mes sujets d’autres vexations.. les opprimer, les saccager davantage, dans tous les sens et façons. Haine pour haine ! et sans limite !… ma devise royale. J’aurais vécu tout seul, campé sur les revenus de mon immense Trésor, retranché dans mes carrosses de grand gala… Je les aurais tenu, mes abominables sujets, angoissés, haletants, attentifs à mes moindres gestes, toujours aux aguets, sous le coup d’une nouvelle iniquité, et cela pendant toute la durée de mon règne. Jamais un seul jour ne se serait passé sans quelque horrible déni de justice, quelque atroce méfait royal… l’écartèlement d’un juste, l’ébouillantage d’un innocent… Ah ! ce peuple ignoble, toujours fébrile, délirant de fragiles, fugaces espoirs de me réduire très prochainement en bouillie, en pâtée sanglante sous les débris de mon magnifique carrosse ? Mon règne aurait été de cette façon, j’en suis certain, exceptionnellement réussi, le plus heureux en vérité de tous les règnes, de toute l’Histoire, sans guerre, sans révolution, sans famine, sans banqueroute. Ces calamités n’affligent en effet les peuples que parce qu’elles sont très longtemps à l’avance désirées, amenées, préméditées, pensées, mijotées, par toute la rumination des masses… l’oisiveté sadique, ruineuse des peuples. Mes sujets surhaineux n’auraient jamais eu le temps, eux, de penser à ces sottises, à ces catastrophes ! Je les aurais bien trop occupés par mes inépuisables trouvailles, mes infernales vacheries !… Ils se seraient bien trop passionnés sur la meilleure, prompte manière, la plus effroyable, de me réduire en caillots, en marmelade de viscères. J’aurais fait, moi leur monarque, l’accord de toutes les haines de mon Royaume, je les aurais centralisées, magnétisées, fanatisées sur ma propre royale personne. Voici le seul moyen royal, de véritablement régner ! gouverner ! Ah ! ma vie eût été alors autre chose ! une destinée merveilleusement utile… tandis qu’à présent, j’écris…, je me gaspille en texticules verbeux et même si j’en joui comme je peux…, je m’emmerde !

 

Chapitre 9

Quelqu’un contre le reste du monde…

Les hommes semblent éprouver un grand effroi, absolument insupportable de se trouver un beau matin, tout seuls, absolument seuls, devant le vide, la queue érigée en main et que plus rien ne sort…. Les plus audacieux, les plus téméraires se raccrochent, malgré tout, à quelque trame usagée, bienvenue, classique, éprouvée, qui les rassure et les relie aux choses raisonnables, acceptées, à la foule des personnes convenables. On dirait que le froid les saisit.

Y a que la vue de quelques culs qui les réchauffent…
Les damnés de la Terre d’un côté, les bourgeois de l’autre, ils ont, au fond, qu’une seule idée, jouir, devenir riches et le demeurer, c’est pareil au même, l’envers vaut l’endroit, la même monnaie, la même pièce, dans les coeurs aucune différence. C’est tout tripe et compagnie. Tout pour le buffet et les couilles. Seulement y en a des plus avides, des plus agiles, des plus coriaces, des plus fainéants, des plus sots, ceux qu’ont la veine, ceux qui l’ont pas. Tout comme y en a qui l’ont longue et d’autres courte… Question de hasard, de naissance. Mais c’est tout le même sentiment, la même maladie, même horreur si prépuce il y a et que le charlot culbute youpine…
Le peuple il n’a pas d’idéal, il n’a que des besoins. C’est quoi des besoins ?
C’est qui « aye » plus de jouissance, plus d’orgasmes et gratos si possible, et plus de chômage en double sens, qu’il trouve un boulot, qu’il « aye » la sécurité, qu’il se trouve assuré contre tout, le froid, la faim, l’incendie, qu’il « aye » les vacances payées, la retraite, la considération, la belote et le pousse-café, plus le cinéma et le bois de rose au cul en gratouillis, un vache smoking de tempérament et la bagnolette dorée pour les virées en famille. C’est un programme tout en matière, parfois fécale, en bonne boustiffe et moindre effort. C’est de la bourgeoisie fermière d’ouvrier fonctionnaire embryonnaire qu’a pas encore trouvé son blog.
Les plus terribles bouleversements vont pas lui changer son programme. C’est du rêve de décontenancé, de paysan qu’a plus sa vache, plus de terre, plus de châtaignes, plus de couilles, qui se raccroche à tout ce qu’il trouve, qu’a peur que le monde lui manque, que tout lui flanche entre les doigts, même sa queue. Tout ça il se dit c’est fantastique ! ça pousse tout seul, ça érectionne, ça durera pas… Je serai à carreau que fonctionnaire… Ah ! bordel foutre il m’en faut ! Retraite ou mourir ! La Sécurité ou la mort !
La Panique c’est toujours vilain, faut prendre les choses comme elles sont.
Ça serait pas si abominable, ça pourrait très bien s’arranger, si des atroces profitaient pas pour forniquer leurs saloperies, les occultes cultiveurs de haines, qui démordent jamais, enveniment, disposent les traquenards, bouzillent, torturent à plaisir.
C’est l’Abîme, c’est l’Apocalypse, avec tous ses monstres déchaînés, avides, dépeceurs jusqu’à l’âme, qui s’entrouve sous les petites gens.
Ça suffit pas la misère pour soulever le peuple, les exactions des tyrans, les grandes catastrophes, le peuple il se soulève jamais, il supporte tout, même la faim, jamais de révolte spontanée, il faut qu’on le soulève, avec quoi ? Avec du sexe et du pognon.
Pas d’or pas de révolution. pas de sexe et c’est l’ébulition !
Les damnés pour devenir conscients de leur état abominable il leur faut une littérature, des grands apôtres, des hautes consciences, des pamphlétaires vitrioleux, des meneurs dodus francs hurleurs, des ténors versés dans la chose, une presse hystérique, une radio du tonnerre de dieu, autrement ils se douteraient de rien, ils roupilleraient dans leur belote. Et c’est pas les conneries Druckerisantes qui vont changer le monde… Tout ça se paye, lui plus que les autres, l’hélicoptère, le yatch, les propriétés…, c’est pas gratuit, c’est des budgets hyperboliques, des tombereaux de pognon qui déversent sur le trèpe pour le faire fumer.
Il faut étaler les factures, qui c’est qui dèche ? C’est à voir, comme c’est Drucker et compagnie, la révolution ce sera pour dans 100 ans.
Pas de pognon pour le débouler, pas de fifres, pas de grosses caisses, pas d’émeutes par conséquent.
Pas d’or, pas de révolution ! pas de sexe et c’est l’ébulition, plus de sperme laiteux que de beurre en branche, pas plus de bateliers que de caviar ! C’est cher les ténors qui vibrent, qui vous soulèvent les foules en transe. Et les chuchoteries de portes cochères à cinq cents bourriques par carrefour ? Vous pensez soudain à Pierre Bellemarre, le bateleur, que nenni, le zouave se paye sur la frénésie des ceusses qui achètent tout et n’importe quoi, et il ne vend pas de révolution !
Qui d’autre ? La moumoutte de TF1 ? Non plus, l’a fait déjà sa révolution à Cuba en interviewant l’ombre d’un fidèle… Reste qui ? Personne !
Ça revient à des sommes astronomiques ! C’est du spectacle, faut mettre le prix, les frais d’émeute ça cube, ça ruine ! pour amener le trèpe à plein délire, qu’il secoue ses chaînes, la marmite, le pot-au-feu, que tout ça culbute et le tyran, qu’on étripe tout ça dans la joie ! la fraternité reconquise ! la liberté de conscience ! le Progrès en marche ! Que ça « soye » l’énorme Opéra, le plus géant de deux trois siècles que c’est une autre vie qui commence ! Ah ! ça alors c’est dispendieux ! Au prodige ! Tout un monde de petites bourriques à gaver, festoyer, reluire, des poulets de tous les plumages au picotin plein les Loges, de limaces à redondir, grassoyer, tiédir, mignoter, que tout ça vermoule l’édifice, chuinte et corrode à prix d’or. C’est des notes à n’en plus finir.
C’est hors de prix de préparer une Révolution, la pullulation d’émissaires, asticoteurs de griefs, des mille rancoeurs à la traîne, retourneurs de fiels. Toutes et tous à poil et qu’on jouisse, piting !
Et il en faut du sexe aussi ! Jamais de trop ! Comme c’est passif le pauvre monde, oublieux ! le baratin du damné, voilà du tintouin infernal, lui auquel le gros rouge suffit faut lui donner la soif du sang, qu’il puisse plus tenir dans son malheur, que sa condition le rende maboule, atrocement fauve, anthropophage, masturbateur. Lui qui demande qu’à rester tel quel, grognasseux, picoleux, fainéant. Il veut se plaindre mais pas autre chose. Il faut que tout lui tombe sur un plat. Pardon alors ! Maldonne ! C’est là qu’il se fait drôlement relancer par les ardents à tant par jour, les fonctionnaires de la Révolte.
Et c’est encore que le premier acte, les prémices du drame, les exposés de la comédie, les rassemblements tapageurs. Faut pas en promettre des subsides, faut les amener luxurieusement, c’est un gouffre d’insurger le fretin.
Pas d’or pas de révolution, pas de sexe et c’est l’ébulition…
C’est pour ça qu’il y a la télé, les chiasseries ritournelles, les hommages aux morts qui coûtent plus rien, qui encaissent plus mais qui rapportent, Ya d’la joie…
Dans ce genre d’arnaque on a fait un concert pour la dette du tiers monde, le tiers monde y « n’enna » jamais vu la couleur du pèze, l’arnaque totale en chansons pour les cons… Le charognard ingénieux, roi du hold-up miséreux en a reçu une médaille pour le flatter d’être devenu milliardaire et de ne pas faire révolution…
Le damné qui avale tout ça en bavant, il est commode faudrait qu’on l’éclaire et bougrement pour qu’il s’élance aux barricades, qu’il commence à faire le fou, comme moi qui rue dans les brancards.
Le damné, lui, préfère la vie de famille, l’autobus et le meeting baveux. Au fond il aime pas les histoires. Il est conservateur fini, il est de la terre, faut pas l’oublier. Voter ça devrait bien suffire, et encore mieux si ce sont les autres qui votent comme lui pense…, voilà ce qu’il imagine intimement. Il tient pas aux sacrifices, aux piscines de sang. Il y tient même pas du tout. Il faut pour ça qu’on l’enfurie, qu’on le picadorise à mort, qu’on le sodomise, oui mais, le damné il aime se faire enculer, profond, il aime aussi enculer les autres, tout ce qui bouge en fait…. C’est un tintouin du tonnerre. Il est gueulard mais pacifiquement branleur, quoique parfois il déconne et viole, mais alors il étrippe et cache le cadavre. Plus mendigot que fracasseur. Il veut bien encore des violences mais si c’est les autres qui dérouillent, tant qu’il bande et joui….
Il veut sa voiture, son bois de rose au cul, sa Retraite de vieillard à trente ans, toutes des raisons pour pas mourir. La pêche à la ligne. Qui dit mieux ? Il veut pas mourir du tout. Sagesse d’abord !
À quoi bon changer l’ordre social pour que les autres se régalent et qu’on « soye » soi-mêrdasse, morts et martyrs ? Victoire ? C’est vite dit ! Mais pas d’omelette sans casser d’oeufs ! Et pas de bonnes victoires pour les morts ! Chacun réfléchit forcément !… Quelles garanties ? Chacun se demande “in petto”… Est-ce bien sérieux ? Va-t-on mourir pour le confort ?
Que les autres crèvent si ça leur chante ! On verra bien comment ça tourne… C’est là le hic, le point sensible, le “ne-pas-se-mouiller” paysan, c’est là qu’il faut pousser au crime ! à plein orchestre ! que l’or entre en transe et comment !
L’arrière-petit-fils de Louis XIV serait encore à l’Élysée, Marie-Antoinette révérée par tous les enfants des écoles, patronne de l’élevage des agneaux, si Pitt avait pas insurgé les petits scribouilleux de l’époque, pourri la noblesse à gaga, versé les ronds à pleines hottes, soudoyé la cour et les champs, les mères abbesses et les bourreaux… Sans or les idées ne sont rien. Il faut verser l’or à foison, à boisseaux, à tonnes, pour soulever le peuple. Qui n’en a pas n’insurge personne. Pas plus aujourd’hui qu’autrefois.
Tout d’abord un commanditaire ! C’est la condition du spectacle ! Et point petit cave chichiteux ! quelque hagard effaré comparse ! Pouah ! Quelle horreur ! Quelle insolence ! Non ! Tel répondant colossal ! Le plus coûteux des opéras ! Y songez-vous ? L’Opéra des Insurrections ! Avec Déluges ! Choeurs symphoniques ! Oh ! la ! la ! Si ça vous entraîne ! Tâtez-vous avant d’y toucher ! Vous en avez ? Z’en avez pas ? Quelle est votre banque ? Vous êtes raides ?
Alors taisez-vous ! Caltez ! emmerdez personne ! Branlez-vous… Vous êtes qu’un petit impertinent ! un mâle embouti ! Allez donc apprendre la musique ! Ça vous disciplinera l’esprit ! On n’insurge qu’avec des espèces et pas du semblant ! des pichenettes ! Non ! Non ! Des trombes ! Cyclones de pèze !
Guillotine est fille de Guichet.
Ah ! trouver un commanditaire c’est le début de toute grande chose, le rêve de toute personne sérieuse, sans commanditaire point d’essor, le génie lui-même tourne à vide, bouffon bientôt, s’épuise en onaniques mirages. Rien ne peut réussir sans or, rien ne s’achève, n’aboutit, tout s’évapore au premier souffle. Au moindre méchant vent contraire, la première petite cabale, tout se dissipe et disparaît. Pour retenir les hommes ensemble, les posséder en franche meute, il faut leur garantir la soupe, l’écuelle régulière et copieuse, autrement ils prennent plusieurs maîtres et votre meute n’existe plus , vous êtes fini pour l’aventure, la chasse est bien fermée pour vous.
Les hurluberluteries saoules, les vociférations du genre, les tonitruements romantiques, tous les ours creux de la ménagerie qui ne font peur qu’aux petits enfants. Ils voulaient bien des petits congrès qui ne font de mal à personne, pour dire comme ça qu’on a de la troupe, et bien soumise, qu’on est écouté en bas lieux, des rassemblements de minables, des agités de l’injustice, des pelliculeux de l’oppression, des inanitiés de la grande cause, tous les sous-nutris de brouets sales, les cancrelats du café-crème, les intraits enfiévrés de mistoufle, de bile et de bafouillage, il en faut pour le prurit, l’exaspération de la connerie, le baratin vaseux des masses. Des orateurs qui puent de partout, le chien mouillé because pardingue, des crocs because la carie, des nougats because ils sont deuil, de la gueule because l’estomac, tout ça qu’est dans la chtourbe rance, qui sort d’un hospice pour un autre, d’un cornet de frites pour la Santé il en faut pour envenimer le trèpe. Ah ! C’est les martyrs de la cause ! Ah ! c’est des choses qu’il connaître, que ça mord, grinche et puis dégueule sur le morceau, ingrats, infidèles, prétentieux, dès que ça déjeune un petit peu because ça n’a pas l’habitude.
Oh ! la grossière catégorie, oh ! la très rebutante clique, pour les personnes d’entreprise qui veulent pas crever champignols, engloutis sous projets foireux, embarbouillés dans les palabres, perdus dans les lunes, les promesses. La rhétorique c’est pour les foules, aux chefs il faut du répondant, le vrai répondant c’est la Banque.
C’est là que se tiennent les clefs de songe, le petit Nord et le grand secret, les Souffles de la Révolution. Pas de banquiers pas de remuements de foule, pas d’émotion des couches profondes, pas de déferlements passionnels, pas de Cromwell, pas de Marat non plus, pas de fuite à Varennes, pas de Danton, pas de promiscuité, pas de salades.
Pas un Robespierre qui résiste à deux journées sans bourse noire.
Qui ouvre les crédits, mène la danse.
Tout est crédit, traites validées, surtout dans les moments critiques où les reports sont épineux.
Pas de chichis ! pas de badinettes !… Les affiches se collent pas toutes seules… les afficheurs font pas crédit… Ils présentent leur note le soir même… Pour eux tous les soirs c’est le grand soir.
Voilà les humbles servitudes, tout est mesquin dans la coulisse.
Je veux bien qu’il y ait de la force majeure, des mals nécessaires, des mécaniques dans certains cas, des trolleybus, des Cyclo-pompes, des calculatrices à moteur, je comprends les sciences exactes, les notions arides pour le bien de l’Humanité, le Progrès en marche…
Mais je vois l’homme d’autant plus inquiet qu’il a perdu le goût des fables, du fabuleux, des Légendes, inquiet à hurler, qu’il adule, vénère le précis, le prosaïque, le chronomètre, le pondérable. Ça va pas avec sa nature. Il devient, il reste aussi con. Il se fabrique même une âme chimique avec de l’alcool à toutes doses, pour réagir contre l’angoisse, se réchauffer les aciers, se duper au monotone, il se délabre, cafouille, s’étiole, rote, on l’emporte, on l’incarcère, on le radoube, on rambine vitesse, il revient, tout est à recommencer… il tient plus huit jours à la vie super-intense des cent mille grelots à la fois tressaillis dans du vitriol. Et de plus en plus convaincu d’alésages au polycompteur, de précipices à la corde, virés au 3/5ème de poil, d’engouffrants phénomènes de trombes, halluciné à mort de Vide, osmotique des riens, métaphysique de sottise, hypnotisé de précisions, myope de science, taupe de jour.
On l’éberlue de mécanique autant que les moines de mômeries nos pères les crasseux, il fonce le moderne, il charge, du moment qu’on lui cause atomes, réfractions cosmiques ou quanta, il croit que c’est arrivé dur comme fer. Il est en or pour tous panneaux. Il donne dans le prestige des savants comme autrefois aux astrologues, il s’est pas encore rendu compte que d’additionner des pommes ou de mettre en colonnes des atomes, c’est exactement semblable, c’est pas plus sorcier, c’est pas plus transcendant l’un que l’autre, ça demande pas plus d’intelligence.
Tout ça c’est de la vaste escroquerie pour bluffer le bonhomme, l’appauvrir, le dégoûter de son âme, de sa petite chanson, qu’il « aye » honte, lui couper son plaisir de rêve, l’ensorceler de manigances, le tripoter, le conditionner trépied de machine, qu’il renonce à son coeur, à ses goûts, muet d’usine, moment de fabrication, la seule bête au monde qu’ose plus du tout sauter de joie, à son caprice, d’une patte sur l’autre, d’une espièglerie qui lui passe, d’un petit rythme de son espèce, d’une fredaine des ondes.
Tout homme ayant un coeur qui bat possède aussi sa chanson, sa petite musique personnelle, son rythme enchanteur au fond de ses 36°8, autrement il vivrait pas. La nature est assez bourrelle, elle nous force assez à manger, à rechercher la boustiffe, par tombereaux, par tonnes, pour entretenir sa chaleur, elle peut bien mettre un peu de drôlerie au fond de cette damnée carcasse. Ce luxe est payé.
Tous les animaux sont artistes, ils ont leurs heures d’agrément, leurs phases de lubies, leurs périodes biscornues, les moins engageantes du règne, les plus mal embouchés vautours, les tarentules si répugnantes, tout ça danse ! s’agite ! rigole ! le moment venu !
Les lézards aveugles, les morpions, les crotales furieux de venin, ils ont leurs moments spontanés, d’improvisation, d’enchantement, pourquoi on serait nous les pires sacs, les plus emmerdés de l’Univers ?
On parle toujours des têtards, ils se marrent bien eux, ils frétillent, ils sont heureux toute la journée. C’est nous qu’on est les pires brimés, les calamiteux de l’aventure.
Que le corps reprenne goût de vivre, retrouve son plaisir, son rythme, sa verve déchue, les enchantements de son essor… L’esprit suivra bien !… L’esprit c’est un corps parfait, une ligne mystique avant tout, le détour souple d’un geste, un message de l’âme, mieux à surprendre, à recueillir au bond, à l’envol de danse que sous accablants grimoires, marmonnerie de textes, contextes, bâfrerie d’analyse de poux, découpages de cheveux en mille, sports assis, migraines, remigraines et la suite, à dégueuler ce noir bastringue, noir sur blanc, tripes et boyaux morfondus de gravité, d’horreurs apprises immangeables, titubants malheureux navrés de bibliothèques, enlisés, suffoquants, affreux, sous glu de savoir, sous calcifiants amonts de fouasse, culturelle.
Ah ! la pourceaude pataugerie ! Ah ! qu’ils sont mornes à regarder ! à secouer ! à comprendre !…
Glués de la sorte, que voulez-vous qu’il en advienne, sans ailes, sans émoi, sans ferveur ? Brutes ou goujats, mufles partout, sournois d’usine, de cancres en boutique, ivrognes aux labours, bêtes à lucarnes télévisuelles, passifs partout, de plus en plus ennuyeux, ennuyés, croulants, accablés, masturbateurs ?
En chacun rêve d’enculer l’artiste ! lui rendre la clef du ciel en spermatant !
L’adorable c’est qu’à cent pas de ces connasseries terribles, rutilent, flamboyants, en pleine prospérité, gloire, les « Hyperevues » à la Drucker, mâtinées de Bruel, ya d’là joie à vomir tout ça…, leur fourbi c’est bazar sans aucune prétention artistique, mais alors directement sadiques, catégoriquement érotiques, lupanaresques, cruellement onaniques.
Furieuses Kasbahs sèches à 50 cents d’euros le pissouli rapide en crevant de chips et saucisse à regarder tout ça, même qu’il a tenté ce samedi soir de sauver le tour de France 2007 pourri de drogue et de tralalères faldabas crassières, l’or du tour doit être sauvé, surtout si la télé allemande préfère bouder ces boudineries fumesques, dont le client est viré, bousculé hors, par la prochaine enculade télévisuelle, effaré, langue pendante, queue perdue, sperme en poison.
Si être Druckérisé et Bruélisé n’est pas suffisant, alors après les Beckams putassiers et la Paris Hilton qui se sodomise toute seule…, après les frasques à Johnny, les déboires d’Ophélie et la petite culotte retrouvée de Diana…, toutes choses en boucle, partout pour que le peuple en soi gavé comme des oies engraissées de conneries, il y a le traquenard à la miche folle, le chantage au cul bouillant.
Comme spectacle c’est pas difficile, on comprend tout de suite, ça consiste rien qu’en coïts, mais mimés, des eaux à la conasse fougueusement simulées par des artistes typiquement splendides, des créatures bouleversantes, bandatoires à mort (faut reconnaître), des brunes, des blondes, des longilignes, des rouquines, des menues, des trapues, des langoureuses, des chichiteuses, des sauvages, des dodues, des vampiriques, des fulgurantes, tous les goûts. Pas de dégoût. Un assortiment diabolique de carnations éblouissantes. Du sex-appeal vertigineux, le tout en convulsions égarantes, ondulatoires. Offrandes, reptations, trémulations, extases hypnotiques… En musique toute cette fantasia, insistante, baratinante, impitoyable. Comble de la Tentalerie. Ces stupres ne nous sont offerts qu’après d’interminables, très réticents déshabillages, allées, venues, voltes, échappées, revenez-y de croupes, gigoteries de fessiers, fricoteries vibratoires, effrénésies de charmes, écartement de toisons, délires de moules, tribulations merveilleuses de tous les trésors au pavois…
Le peuple, lui, après tout ça, il pète et rote, heureux de sa masturbation, il remet la révolution à pluche, faut turbiner un peu, dormir avant, penser aux congés payés à crédit et au p’tits boulots en noir pour arrondir et payer la bagnole et les vacances dans dix ans…
Y a pas de fin à c’t’aventure…, sauf qu’après on finit par mourir…
Piting… j’ai joui !

 

Chapitre 10

Quelqu’un contre le reste du monde…

Mer du nord…
Désert débile, espaces échancrés, platitudes profondes, mer vague, azurs arrondis, rêves irréalistes, toits ténus tentants et sommets satisfaisants…, tout est possible, même pour les chiens que nous sommes. Merde du nord, je suisse là en touriste, 10 euros le café, la faune habituelle pérore, mecs-mics-macs et bimbos devisent… (en double sens) !

Les mecs-mics-macs affichent un air blasé de circonstance et matent les bimbos en se caressant les couilles au travers des grandes poches de leurs pantalons…
Les Bimbos, elles, affectent en permanence un air détaché, cette fausse désinvolture calculée de certaines filles de riches…, fausse désinvolture censée marquer de sa présence l’appartenance à une classe supérieure.
Elles ont une petite bouche en cul de poule surmontée, telle une ouverture sur le vide sidéral, de grands yeux de poupées, une plastique d’enfants bien nourris et bien éduqués, une dentition parfaite qui s’affiche tout azimut à chacun des sourires commercialement sexuels dont elles ponctuent leurs phrases, quand elles n’oublient pas de fermer leurs bouches sur des préoccupations à deux cents d’euro.
Tout cela n’arrive, malgré tout, pas à cacher ces conversations de dindes qui les prédestinent à la ponte… (façon Mathilde), et leurs troubles narcissiques qui se manifestent par une surabondance de déhanchements savants et d’attitudes minutieusement étudiées devant leurs miroirs de vanités…
Leurs bouches, qu’elles gardent très souvent légèrement ouvertes (comme un appel à de savantes fellations), ainsi que de longs cheveux (blonds) qui leurs tombent sur les épaules…, leurs confèrent ce zeste d’air enfantin imbécile, à la fois rassurant et provocateur.
Bienvenue en belgitude patrie, coté fric…, c’est chic !
Au milieu des gnous en famille qui se goinfrent en sandwichs préparés la veille, qui traînent et déambulent dans cet endroit  touristique qu’est Knocke-Mazout…, place m’as-tu-vu…, en ce début d’hiver…, pour échapper à la belgitude patrie des moules et frites (chers), des terrasses chauffées (très chères) et partiellement couvertes, tels des condoms destinés à protéger le monde du haut de toutes les maladies…, sont vautrés les ceusses que la plèbe regarde, tels des stars de magazines people…
Le gratin…, les crèmes des pots de nuit, le top, les nantis…
J’ai soif, je m’installe, je suis chez moi partout, je suis moi, eux sont eux…
Bienvenue dans le fief des insupportables et des bimbos…
Je demande la carte.
Une bimbo blonde qui pépillait de loques et de hardes en charpies (en français…), me dit, alors que la charmante serveuse me sourit : « Vlaams spreken…« .
Ben ça alors, c’est nouveau !
Je reste poli, courtois en toutes circonstances, je lui fais un grand sourire carnassier et lui tend ma carte !!!
Elle la regarde (contrairement aux apparences les bimbos savent lire), pousse un cri, se lève et fonce sur moi…
Abasourdi !
Dans une crise hystérique, la bimbo blonde me flanque une claque…
Elle commence un esclandre, concernant un de mes articles sur la belgitude patrie…
Je me lève à mon tour, politesse oblige,  je m’excuse auprès des clients-beaufs-mecs-mics-macs et clientes-bimbos, on sort, je l’attire derrière une roulotte de plage, elle me re-flanque une claque… et pour la calmer je l’allonge et la coinçe jusqu’à ce qu’elle se calme.
Elle me sussure : « Viens dans la villa de mes parents, ils sont en Australie… »
Je la suis, entre dans sa mini grise et me laisse conduire au bout de la nuit…
Toute la nuit, en fait !
Une bimbo masochiste, les pires…
Ahhhhhh, que de souvenirs, la flandre profonde… : « En douceur et profondeur » comme le chante Arno en meilleure copie que l’original d’Adamo…
Tout en copulant, je me suis pris une litanie logorrhéique de menaces, du genre : « Tu iras en enfer, wallen buiten, fais-moi jouir quand même« …
Puis je m’en suis retourné à Bruxelles…
J’aime la Flandre, surtout les bimbos masochistes flamandes à l’accent inimitable…
Ahhhhhh, Bruxelles…, en belgitude patrie, nombril du centre du monde…
On lui consacre des émissions, on y trimballe des hordes de flamands et flamandes (mais pas les bimbos masochistes) du fond du Limbourg, des braves gens auxquels on raconte leur passé : l’histoire de la capitale… de la Flandre !
Les touristes flamands forment des grappes au coin des petites rues en tournant leurs plans francophones dans tous les sens.
Les journalistes flamands interrogent Marie-aux-escargots qui a 1000 anecdotes en spirales dans sa mémoire, entre-autres qu’un gros broc antiquaire sponsorise  l’émission Place Royale… et depuis que Johnny Halliday ne veut plus être belge, la belgitude patrie tient « Une Fois » de plus le haut du pavé !
La Belgique francophone a toujours connu les Maroles, du fin fond des Ardennes jusqu’à Knocke-tampon (qui est francophone à 99,999%…), c’est un vieux fantasme identitaire Belge qu’on tente de réactiver pré-électoralement, la trouille séparatiste au ventre…
Pourtant, les vrais cafés Bruxellois sont en voie de disparition, on a ainsi perdu Ploegmans, chez Alex, le Rio Grande, le meltin’pot…, la boucherie Peter a été revendue à des antiquaires et le cordonnier de la rue des Capucins a arrêté didjoume, tandis qu’au café Le Renard, comme tous les samedis soir, on danse au son de Johnny sur le juke-box …
Platitude et belgitude patrie…
La cruelle réalité ne laisse plus de place au virtuel : Faut-il sauver le navire en perdition sur lequel tout un peuple galére aujourd’hui ?
Je suis un des seuls qui ose dire : chers amis, chères amies, chers tousses…, le bateau ne prend pas l’eau : il coule…, cessez de nier la réalité en faisant attention que vos vêtements aient l’air propre : le bateau coule, piting !…
Faut changer de bateau…
A me lire, certains/certaines, muni(e)s de titres et de salaires mirobolants, savent qu’ils/elles ont tout eu tout cuit dans le bec et que ça continue plus ou moins.
La belgitude patrie est un village, « ils » et « elles » savent mon « sale caractère« , ma double nationalité Franco-belge, et que je me démène pour survivre en attendant d’y voir clair sans concession qualitative…Je fais valoir , j’ose faire valoir publiquement, mes rages… et hurle en écrits divers qu’il faut aussi des courageux et courageuses qui cessent de rouler des mécaniques belgicaines afin de faire passer le gros projet révolutionnaire de l’abandon de la Monarchie…, afin que triomphe enfin la démocratie…
Le formateur à vie, Yves Leterme, l’a bien compris, chantant « enfin » la Marseillaise en tant qu’hymne national belge….
L’actuelle belgitude patrie  n’est constituée que de très riches couronnés (l’héritage de Léopold II suite à l’holocauste Congolais qui a fait 10 millions de morts et torturés, presque le double de l’abominable holocauste Juif)…, constituée aussi de moins riches, mais quand même très riches qui veulent conserver leur gagne-pain…. et d’autres, divers fauchés lobotomisés qui veulent conserver leur misère tout en essayant à tout prix de sauver les apparences… : pour sauver la face devant leurs clients qui font comme eux (sauf les Flamands), pour papa et maman qui y ont cru, pour leurs enfants, pour survivre eux-mêmes de l’intérieur au désastre…, pour être pris pour des cons avec des préoccupations accessoires du genre : payer moins d’impots grâce à l’air miséreux…, ou pour une pompe à fric dépourvue de coeur.
Barrez les mentions inutiles.
Mais pour fuir le bateau qui coule, vous ne pouvez pas partir, vous devez régler vos comptes d’abord…
Exit.
Pour le bateau qui coule : que des démissionnaires…
Les grandes idées et projets , ça n’est pas cela qui paye cash.
La Belgique n’est plus d’aucune utilité, sauf pour la Royale Famille, ses ouailles, ceusses qui en tirent profits et gloires (pourtant les décorations c’est pas que ça coûte cher à fabriquer), tout comme ceusses qui y sont sangsues…, pour le populo, non… et  vous m’ excuserez j’espère si je m’en réjouis, j’aime pas les cons, c’est l’explication…
Aucune dramatisation… C’est récession, quasi la guerre, pas encore famine, mais ça vient… Pas besoin d’en rajouter, on y est dans la dèche, le flouze s’en va, le pétrole flambe, un euro cinquante le litre des sens, le baril à plus de 100 dollars… Nous sommes dans la merde. Crever n’est rien, le truc le plus humiliant, la vexation super-infecte, ça serait qu’on ressuscite dans la suite de ce fourbi, qu’on nous réincorpore dans la horde funeste des transis furieux, damnés, pervertis cocus.
Je laisserais donc les choses courir, les circonstances s’aggraver, s’envenimer… J’attendrais l’issue fatale avec une dignité pépère, j’irais peut-être me blottir quelque part dans dans un lit douillet d’amante, ou si pas pour cause de décadence, un fond de cave, pour mourir en tout dernier, pour voir bien d’abord crever tous les autres, bien souvenir d’avoir joui, combien j’avais raison… Las ! Même au tréfil des abîmes, sur le rebord des cataclysmes, pendant que certains traumatisent, y a encore des cons qui flamboyent, installent, se surpassent en mics-macs dévergondés. Les voilà qui se touchent, pervers, tout au vice, s’attrapent la canule de droite, de gauche et de travers dans des contorsions si infectes qu’on peut vraiment plus supporter. Tel quel. Ce sont les bardes fanfarons qui me font sortir de mes gonds.
J’observerais mercredi soir, le 7 novembre 2007, la catastrophe annoncée Belgique, ses cheminements, ses perfidies, en résolue placidité, si tout le monde se tenait de même, mais il s’en faut ! Mais pas du tout ! Au contraire ! Putois ! Quelle pétulance ! Jamais les parties bavardes ne furent aussi divagantes ! Ce ne sont à travers l’espace, les câbles et les paragraphes que défis, clameurs, propos outrés, manifestes énormes, tumultes outrecuidants. Tous les esprits forts bardent, paradent, salvent, s’ébrouent, virevoltent, propagent. Les échos éclatent, c’est la foire des mots qui vrombit. Toute la clique des connus romanciers, gazetiers, colonnistes, échotiers, journaleux fameux, affirmant, sans rire que la Belgique était terrassée, poignée, dissoute, résoute, tordue, confondue, foutrée de stances magnifiques, par la seule force de divers Flamands en ras-le-bol d’une wallone dupérie, exangue par la crapulerie de ses socialisants escroqs ! Une argumentation stylistique, pulvérisante, magistique, unr dialectique du tonnerre de Dieu ! Ah ! C’est pas des piquettes mineures ces écrivains vertigoïdes révérés sensationnalissimes par les cénacles de ceusses qui craignent que leur porte-feuille rabougri, mazette, c’est 7 milliards d’euros que la Flandre donne en vases communiquants à ces wallons honnis, qui n’ont pas compris qu’Agusta scandale et Charleroi racaille c’est la même carambouille rouge, le socialisme pourri… Et il continue le noeud papillon, il continue de donner des leçons, pour rien il menace encore, sort de ses gonds, fulmine, vocifère, tempète, menace et postillone en donnant des leçons en tintamarres, suivi par tous les autres, ses sbires qui s’affichent avec des billets d’euros qui dépassent… du slip, du calecif, des chaussettes, tatanes, falzard et cols blancs en attendant du bonnet d’Astrakhan… ! Ah ! que non ! Pardon ! Pfoui ! Raca ! Oultre ! Poultre ! Tout est vendu, c’est grosse manoeuvre du formateur aux 800.000 voix, une enculade plus profonde que les grottes de Han, plus complexe que les boules de l’atomium, l’à imaginé le poulpe, faux tralalas, et Hop, la porte ouverte, vous comprendrez plus tard, oh ! belges stupides pourquoi vous avez mal à votre si majestueux trou du cul… Bien profond ! Les arrogants ! Les simulants ! Les empétrouillés tartufieux miteux ergotoïdes gratouilleux ! pas regardables du tout ! Que je les pique au forfait ! Ah ! que je vais les retourner ! Clamer leur honte tout net ici ! Présomptueux ! Sur tous les toits ! Comme je le pense ! Ces vantards m’ignominent ! Venteux à mort ! C’est trop de culot sans foudroyement ! Jamais ils n’ont autant enculé, reculé, basculé, masculé, les rien du tout qui croyaient en eux ! Ces perruchelets paoniformes, pas la moindre miche boniche, la moindre complicature, désourcillé, rabiboché le plus frêle litige mitigieux ! Rien du tout ! Jamais ! Miteux ! Bobardiers laryngiques ! Furies râlantes, ravagières, se faribolant à perte d’enfer de tous émois crougnotteux ! Tâteurs de situations ! Chiasses ! Je m’enfulmine je l’avoue ! Je brouille ! Je bouille ! Je taratabule ! Je fatigue ! Je m’époumone ! J’essouffle ! J’éructe cent mille vapeurs ! Torves rapaces ! Trompeuseries ! Je vous matte depuis lurette… Je vous vois filtrer, chancres échus, noires comploteries… ! Velus chenilleux stratagèmes ! La Paix ? La Paix avec les Flamands ? Paix donc vous-mêmes ! Je sais bien ce que vous allez troufignoliser, ourdir, sinueux, en ces tréfonds… L’estouffatoire ! Le boyautissime nougat ! Je dis ! Pour qui m’escroque !
Le jour de bander enfin arrive ! À poil ! Et que chacun son tour, à sa chance les affronte ! En lice !… Que le plus allégrant, incitant dandillant lui file deux doigts dans le trou du cul ! Qui dit mieux ? Trois ? Qui dit mieux ? Quatre ? Toute la poigne ? Ils sont vainqueurs ! C’est enlevé !  Paix  ! Pluie d’or ! Ondée miraculeuse ! Dont enfin le succube Royal, ne tondera pas un fifrelin ! cornu sorcelleux ! C’est lui qui fera l’expert quand même, retors regardant, il saura bien si on l’arnaque, il s’y connaît en passes faisanes ! Si c’est pas moi, si c’est pas vous… Qui c’est donc qu’est le coupa-a-able ! Si c’est pas moi, si c’est pas vous… Qui c’est donc qu’a fait le coup ! La Royale Comédie Belgitude Patrie n’est plus qu’une carambouillerie électorale très dégueulasse, une fantastique entreprise de duperie pour belgo-naïfs, brimés, saignés, escroqués cent et mille fois cruellement par les socialisants escrocqs et par le pouvoir monarchique absolu. Elle entre en agonie. Gangrenée plus qu’il n’est possible, elle se décompose par scandales. Ce ne sont plus que lambeaux purulents que les politicards s’arrachent malgré tout chaque jour encore quelques nouvelles gâteries, bribes cadavériques, s’en bâfrent, bombance ! Prospèrent, jubilent, exultent, délirent de charogneries. Nous sommes, cons et belges mélangés, parvenus de compromis en soumissions au stade pré-mortuaire, stade frémissant, intensif, des politiques complots, l’Heure de la Transe, où toute la faune des hyènes de pouvoir engage à fond toutes ses batteries, tous ses politiciens, toutes ses troupes militantes, journaleux, bancaires Knockois-le-zoute blanchis, à l’assaut des pouvoirs suprêmes, de toutes les commandes, de tous les échanges, prébendes, fauteuils, trafics, bénéfices, où l’on mate une bonne fois pour toutes l’indigène, le belge, lui rive à la déglingue, au martyr, son carcan, toutes ses ferrures.
L’orgueil commande ! Dépeçage, goinfrage de toutes les richesses de la belgitude, la nôtre ! Conquise, asservie. Énorme partouze d’assassinats spermatiques. Grands massacres de belges indigènes bien crétinisés, saoulés, effondrés, au préalable, par le sport, inimaginable, irrésistiblement hypnotique baratinage, encore Justine qui compte et conte ses milliards d’euros au soleil Monégasque et est toujours encensée par les journaleuses affaires comme la princesse des Belgo-cons, même applaudie par la Majesté et le Ministre fiscard. La honte… L’entourloupe, la divine comédie… Ca cache le gros qui va chercher ses diam’s en Afrique et qui a placé son rejeton qui a compris toutes les leçons… Pas que lui, y a d’autres fils qui gargarisent, qui comptent aussi les billets, par paquets, la monnaie aussi. Malheureux, critique pas, tu seras fiscalisé comme lobotomisé…Le Processus est infaillible. Le programme éternel ! Banques, Industries, Ministères, Commerce, Loges… Tous les leviers, tous les profits, tous les privilèges, toutes les immunités, toutes les cartes blanches. Simple surcroît de pavanerie. Vanité. Cet État constitue bien la plus ignoble escroquerie du Patriotisme que l’on puisse rêver. Nous sommes asservis, brimés, opprimés, cocufiés, dépouillés, minimisés, ridiculisés, à chaud, à vif, autant qu’il se peut, admirablement, implacablement, frénétiquement, trahis il faut ajouter, minutieusement, perpétuellement, inlassablement, par nos politiques goinfreurs, en toutes poubelles, en tous déchets, meute à la curée, à la ripaille de toutes les gangrènes d’agonie, éperdus au sifflet… Aucune résistance. Ils s’installent, exploitent, rançonnent en définitive où ils veulent, comme ils veulent, où leur caprice les chatouille. Ils nous enculent, si telle fredaine les anime, publiquement, très impunément. Auriez-vous rêvé d’une Maîtresse de l’Instruction Publique ? Vous l’avez. En voulez-vous un autre, Maître de nos économies ? Vous l’avez ! Juste retour des choses ! Demain ordonnateur de nos abattoirs, s’amusant de savoir à quel point l’on peut nous avilir, nous faire ramper, avaler des couleuvres, des hontes, des glaviots.
Et notre belgitude-bourgeoisie ? Si par miracle elle pouvait cesser tout un mois de se surmener la tripe, de travailler du foie gras, de ramper dans les indigestions, qu’on la retrouve en train de réfléchir, enfin, à autre chose qu’à son ventre (le bourgeois chie, il a faim, c’est tout), elle éprouverait peut-être une petite surprise de se reconnaître aussi effrénément trahie par ses larbins-politiciens attitrés. C’est à qui de droite et de gauche, plaquera, désertera plus vite la mangeoire menacée, ira, le plus dévotieusement, se faire mettre, virevolte ! désinvolte ! en pleine démagogie ! Le bourgeois, tout en côlon, si mufle, si fécal, si vil ne s’aperçoit même pas que ses larbins de classe, de plume, le sèment, se disposent à gigoter, à bambouler éperdument autour du bûcher, pendant qu’il grésillera… C’est la panique générale des larbins à moins cinq, l’exode en masse vers la démagogie renforcée, le nouveau conformisme ! Une affaire ! On se place, on se case, on se loge passionnément. C’est la panique au compromis, à moins cinq. L’ignominie, la bassesse alimentaire, la goujaterie de tout ce monde, maîtres et valets mélangés ne dégoûte plus personne, le chien suit la pâtée, voilà tout. Personne n’est plus conscient, tout le monde est insensible à force de pourrir, comme la viande trop avancée ne souffre plus d’aucune entaille. Tout est dit. Maîtres et valets s’en vont en gangrène, conjointement, les uns dans les autres, en fange, en mélasse, sans qu’une seule fibre plus ne réagisse. Trahis et traîtres, charognes de même, amalgamés, confondus….
Dans l’énorme bacchanale propagandiste, les télévisions donnent leur maximum. On pouvait s’y attendre. Les reportages sont exorbitants de haine démocratique. Absolument démonstratifs de la fantastique dégueulasserie, irréfutables, tandis que tout transportés au contraire à l’admiration palpitante pour les chevaleresques politiciens démocratiques de leur bord, de plus en plus pacifiques, protecteurs des opprimées minorités linguistiques, défendeurs du droit menacé, remparts des libertés démocratiques. Ce ne sont qu’atrocités, villes carambouillées, hideurs, décombres intellectuélisants, martyrs pantelants partout où la Bête linguistique s’est abattue. Atroces rapines, ruées diaboliques. Des heures de spectacle permanent. On nous gave de documentation catastrophique. Le remède est à côté du mal, heureusement ! On nous le présente. Il défile… Pour sauver, protéger, la libre démocratie royale ? Quel moyen ? Quel remède ? Je vous le demande ? Sur qui cette belgo-démocratie peut-elle compter ?… Mais sur votre viande ! Vous êtes servis ! Et figures toujours plus émouvantes d’olympiens, binoclés, scellés, secréteux dignement réprobateurs. Faux témoins. Crapules exécutantes des grands desseins. Tartufes effrénés, pousseurs au crime, pompeux digresseurs, pourvoyeurs fanatiques, provocateurs en tous carnages. Pour porter au comble l’enthousiasme de cette lumineuse propaganderie, de prodigieuse portée libératrice, l’on nous donne à présent la touche royale, le dernier recours ! Le bouquet ! En personne ! Au plus immense agrandissement ! Toute la grimace ! Contorsion, baverie, hurlerie imprécatoire ! En belgitude état, tout est toujours plus démesuré, encore plus énorme ! Plus pitre !
Je vous fascine ! Je vous tance ! Vous admoneste ! Vous adjure ! Vous hypnotise ! Et ça gronde et ça tempête ! Ça tonitrue ! Qu’on s’élance dans les conflagrations tout de suite ! Purificatrices ! Tous ils répètent la même chose ! Ils nous déclarent bien équivoques dans nos façons de lambiner, de réfléchir sur les détails… Le devoir, la Nation Belge, unis, l’onion fait la farce…Et c’est pesé immédiatement, très irréfutable ! Ils nous l’annoncent, ils nous promettent, si nous sortons de nos torpeurs, des épurations linguistiques des deux bords, pharamineusement triomphantes, des victoires démocratiques absolument libératrices, de quoi bien tous nous passionner, de feux fuyants en faux fuyants, pendant encore au moins quelques temps…, nous aurons sauvé la belgitude ! La gâterie dépasse toute estimation ! Que l’on pavoise ! C’est gagné ! Qu’on lampionne tout de suite ! Et que ça lambille de Knocke à Virton ! L’avenir est à nous ! Le formateur nous le confectionne ! Il insiste encore… Ah ! nous voici sonoriquement prévenus ! Rien à réfuter. L’avenir tout saignant, pâmant, juteux à point, bleu de mouches, savoureusement cadavérique. Il nous met les points sur les i ! : Que ça doit pas recommencer l’histoire de la petite Belgique ! Comprenez le tortueux tartufier, les complotiques ghettos linguistiques folies…La ruée de l’infâme ! Écoutez ces fumiers qui sont déjà tout bandant, affutant, spumeux à la porte… C’est révoltant pour des âmes pures, comme moi…
Ah ! Vous avez juste une minute pour conjurer la catastrophe ! L’écroulement de la belgitude patrie, le roi et sa famille en clochardisation, juste occupés à compter et recompter l’or du carnage-congo, l’or des 10 millions génocidés, caoutchoutés ! La calamité inexpiable ! Allons que ça fonce ! Aux dépôts ! Eperdus de joie ! À la géante échauffourée en hordes salvatrices puantes le meurtre et l’oignon qui fait la farce belgïe ! Ah ! C’est pas par des propos nuancés, des philosopheries insidieuses, c’est par des injures très tonitruantes, des engueulades catégoriques, des provocations bien rugies, des sommations d’ultime urgence, qu’on nous réveille les sentiments. En des temps moins équivoques, on aurait trouvé facilement les motifs de 12 ou 15 ultimatums. Des « casus-belli » plein la crèche. Personnellement je trouve les anciens dictateurs fabuleusement débonnaires en comparaison, admirablement magnanimes, infiniment trop, à mon sens, pacifistes bêlants pour tout dire, hors concours, par acclamations ! Ça durera peut-être pas toujours. Les glaves ça retombe quelquefois, et tout en vitriol. Mais c’est bien trop espérer des astres et des vents de ce monde.
L’adorable c’est que ces conneries terribles, c’est pareil que dans les rues à putasseries viandées, ou les chiefs rutilent, flamboyants, en pleine prospérité, gloire… Les mêmes singeries, sans aucune prétention artistique, mais alors directement sadiques, catégoriquement érotiques, lupanaresques, cruellement onaniques, dont le client est langue pendante, queue perdue, sperme en poison. Le traquenard à la miche folle, le chantage au cul bouillant. Comme spectacle c’est pas difficile, on comprend tout de suite, ça consiste rien qu’en coïts, mais mimés, des « eaux à la conasse » fougueusement simulées, par des artistes typiquement splendides, des créatures bouleversantes, bandatoires à mort, faut reconnaître…, des brunes, des blondes, des longilignes, des rouquines, des menues, des trapues, des langoureuses, des chichiteuses, des sauvages, des dodues, des vampiriques, des fulgurantes, tous les goûts. Pas de dégoût. Un assortiment diabolique de carnations éblouissantes. Du sex-appeal vertigineux, le tout en convulsions égarantes, ondulatoires. Offrandes, reptations, trémulations, extases hypnotiques… En musique toute cette fantasia, insistante, baratinante, impitoyable. Comble de la Tentalerie. Ces stupres ne nous sont offerts qu’après d’interminables, très réticents déshabillages, allées, venues, voltes, échappées, revenez-y de croupes, gigoteries de fessiers, fricoteries vibratoires, effrénésies de charmes, écartement de toisons, délires de moules, tribulations merveilleuses de tous les trésors au pavois… Ça va mal ! Ça va trop bien ! Des séances pareilles seraient impossibles ailleurs qu’en belgitude patrie. Saloperies bien documentaires sur nos manières si révoltantes, notre dégénérescence célèbre, nos débordements obscènes, nos moeurs de tarés monstrueux, légendaires, excellentes, éducatrices au possible, vrais spectacles de préservation sociale. C’est un tout. Le cycle est fermé. C’est du rapprochement linguistique ou je ne m’y connais pas. On nous a vu aux actualités franchouillardes, le beau présentateur costumé a dit que c’est tout comme nous allons aux singes, au Jardin des plantes… La Frnce se marre de leurs facéties, de nos saloperies, de nos trouvailles trouducutières, de nos branleries désopilantes, de notre priapiste Daerdenais atterrant. On ne demande pas aux macaques d’être réservés dans leurs moeurs. On nous en demande pas tant non plus ! Au contraire ! Ça serait une grande déception pour toute la France, si on nous trouvait un jour autrement qu’invinciblement dégueulasses, hantés par le Palais, hallucinés par la conasse bleue, éperdus d’éjaculations pour ses divins maquillages, dans toutes les conditions possibles et les plus grotesques, les plus infamantes, les meilleures, les plus belges, forcément, les plus pittoresques à regarder. D’ailleurs, pour plus de certitude, pour la garantie d’origine, le pitre Daerden, foudré, fardé, en grande tenue d’officier de Hussards, parade, vocifère, ameute ! : Entrez ! Entrez ! Vous serez contents ! Vous regretterez pas votre temps ! Vous allez voir à l’intérieur, Messieurs, Mesdames ! Le plus beau spectacle ! L’inoubliable spectacle ! absolument belgo-belge ! Le plus véritablement royal ! L’officiel !… La vie amoureuse des belges ! Spectacle que tout français doit avoir vu ! Entrez !
Nous sommes maintenant tombés si bas dans l’estime universelle (la conscience universelle dont nos cancans sont pleins), que la connerie universelle qu’est pourtant bien une fiente affreuse, peut tout de même se payer le luxe de nous glaver gratis. Ils oseraient jamais faire ça aux métèques les plus dépréciés, les plus mal blairés, même au Japonais, même aux Mexicains, même aux pires moudjikans tordus. Ils auraient peur des histoires. Mais avec nous ! Pourquoi se gêner ? Qu’ils auraient bien tort ? Qu’ils ont vraiment rien à craindre ? Que c’est entendu qu’on est merdes ! Encore un truculent spectacle à ne louper à aucun prix. Par contre, à l’inverse de la dite décadence wallone, les flamands sont considérés comme des gaillards prestigieux, des vicieux de la folle ceinture, qui se prélassents dans l’inédit, les trucs les plus exorbitants, le caviar à la louche. C’est plus de la passion, c’est de la vraie furie pour renifler, machillonner tout le sortilège du luxe, toute l’opulence, pour la gigantesque panse, le fantastique tout en or, avec d’éblouissants coffrets, dessous, dessus, de l’or ! Boutiques, terrasses, coiffeurs, piscines, bars, sur-bars, et contre-bars tout ruisselants d’or ! Ascenseurs, musiques, absolument garantis or ! Plaqués or ! Sertis or ! Fondus or ! Tout or !… Le flamand se nourrit d’or, s’en bâfre, s’en regorge, s’en dégueule, s’en évanouit. La Flandre selon les wallons, en gicle partout, ça pisse l’or, les bienheureux flamands tombent malades d’or. Ils vont, surgavés, crever d’or. Le formateur flamand, accourt tout en or pour émollir un peu les tripes wallones, obstruées, les faire filtrer. Douleurs trop divines ! C’est le Paradis !  La divine grouillerie… L’unanimité, la communion dans l’or ! La haine des autres c’est pour nous.  Toute la Flandre en transe, affolée de condiments, d’omnipotence, bâfre sept jours sur sept nuits sans désemparer, toutes les provinces à la curée des menus de plus en plus formidables, à rugir d’extase, de transsubstantations alimentaires, par langoustes, limandes en or, artichauts d’or, épinards de même, poulardes à la fraise, en or. On ne sait plus. Des stupres de matières avalables à faire rouler les vagues de la mer di nord, bord sur bord, c’est l’exquis vertige jubilant, ruisselant, épanoui, abracadabrant d’or… Au point où nous en sommes, dans l’extrême péril royal, en pleine cancérisation fumière, où nous enfonçons à vue d’oeil, stagnants, ce qui demeure, ce qui subsiste de la population belge devrait être pour tout réel patriote infiniment précieux, intangible, sacré. À préserver, à maintenir au prix de n’importe quelles bassesses, compromis, ruses, machinations, bluffs, tractations, crimes. Le résultat seul importe. On se fout du reste ! Raison d’État ! La plus sournoise, la plus astucieuse, la moins glorieuse, la moins flatteuse, mais qui veut éviter une guerre linguistique. Rien ne coûte du moment qu’il s’agit de durer, de maintenir la royale majesté et sa suite pour qui se serait la fin de la musique, la bascule définitive, le départ en Suisse, ou au sud, rejoindre Justine…., animés d’une ténacité atroce, unanime, d’un esprit de suite infernal…
Nous voici parvenus à ce degré d’hébétude, de décrépitude abjecte, où même l’instinct de conservation nous abandonne, dégoûté. Plus un seul patriote en belgitude. Tous vendus, trouillards, pourris, éperdus d’honneur soi-disant, transis de pétoche, de toutes les trouilles, trouille de louper un nougat, trouille de perdre l’appétit, le sommeil, la transpiration, la petite amie, la concierge, le facteur, la jaquette, le petit ami, le demi-tarif, mes civilités empressées, la queue pluvieuse au cinéma, leur petite tête, une plus énorme décoration Léopoldine. Comme patriotes nous n’avons plus, patentés, que ce terrible ramassis de vénérables politicards en rupture, perclus à prébendes, fantoches infiniment repoussants, ventriloques pour toutes trahisons, encaisseurs. Mais ça cause, ça n’arrête pas, ça chevrote, ça beugle, ça redonde d’un vent dans un autre. Ça obstrue tout. …Dans cette royale démocratie larbine, ça n’existe plus les chefs patriotes. En lieu et place c’est des effrontés imposteurs, tambourineurs prometteurs d’avantages, de petites et grandes jouissances, des maquereaux d’avantages. Ils hypnotisent la horde des désirants, aspirants effrénés, bulleux d’avantages. Pour l’adoption d’un parti, d’un programme, c’est comme pour le choix d’un article au moment des réclames, on se décide pour le magasin qui vous promet le plus d’avantages. Quand ça devient des racailles pareilles y a plus besoin de se gêner. C’est du temps perdu. Des efforts pour le caca… tout à fait inutiles… Plus de mystique possible. Aucun rétablissement possible. C’est fini. Culbute. Que des boyaux avides partout. Juste des conflits d’égoïsmes, implacables, que les politicards, de pères en fils, admirablement truquent, tripatouillent, irritent, enflamment, étouffent, embringuent, tarabiscotent à leur profit…. La conjuration politicarde seule véritable réussite de notre belgitude. Nous n’avons plus de patriotes. C’est un regret de bétail, on en a presque jamais eu de patriotes. On nous a jamais laissé le temps. D’une trahison dans une autre, on a jamais eu le temps de souffler… D’une guerre dans une autre…On nous a toujours trafiqués, vendus comme des porcs, comme des chiens, à quelque pouvoir hostile pour les besoins d’une politique absolument vide, toujours désastreuse.
Qui mijote, sème, propage, fricote, je vous le demande, magnifie, pontifie, virulise, sacremente cette saloperie suicidaire ? Ne cherchez pas ! Nos farceurs gueulards imposteurs Patriotes, notre racket nationaliste, nos chacals provocateurs, nos larrons patriotes à tout vendre, tout mentir, tout provoquer, tout fourguer, transitaires en toutes viandes, maquereaux pour toutes catastrophes. Patriotes pour cimetières fructueux. Des vrais petits scorpions apocalyptiques qui ne reluisent qu’à nous faire crever, à nous fricoter toujours de nouveaux Déluges. De notre petite vie personnelle, de notre vie, ils se branlent effroyablement. C’est le cadet de leur souci. Inutile de dire ! Ils se doutent même pas que ça existe ! Nous ne tenons aucune place dans leurs préoccupations sauf pour nous à la pipe. Ça leur paraît même infamant, trivial, révoltant, cette manie d’être renseignés, cette folie qui nous pousse à demander le pourquoi on se tape dessus entre communautés, flamands contre wallons et inversément ? Des chichis devant l’abattoir ? C’est une vraie ignominie anti-démocrate ! Anti-humanitaire, anti-progressiste, anti-tout ! Notre petite vie personnelle leur est bien égal, à plus forte raison notre existence collective. Je parle pas de plus, ils se pouffent ! Pas la moindre place nous tenons dans l’esprit entreprenant de nos patriotes à tout faire. Ça les embarrasse jamais ce qu’on va devenir nous autres, dans les fantasias de la guerre linguistique, ça leur semble moins que rien comme contingence. Des véritables insultes que toutes ces rages d’explications ! Ces scrupuleuses ! Ces analyses ! Ces farfouillages plus que douteux dans les dessous patriotiques ! Ils se formalisent. Ils nous traitent d’obscènes. Dans le bastringue aux pires tapins, dans les plus ramoneux bordels, y a des questions qu’on ne pose jamais, des mots qu’on peut pas se permettre. Toujours, partout, y a de l’étiquette, il faut connaître, il faut se souvenir.
Vous aurez beau regorgez d’or, de cuivre, de blé, de laine, de pétrole, posséder toutes les mécaniques les plus mirobolantes du monde, toutes les richesses, tous les trésors imaginables, si la démagogie travaille vos masses, vous n’arriverez quand même à rien, vous serez pourris au fur et à mesure, vous crèverez de matérialisme, de surenchère. Rien ne vous sauvera. Vous n’aurez le temps de rien faire. Vous ne rencontrerez jamais devant vous que des gueules ouvertes, des langues pendantes. Vous ne construirez, vous n’achèverez jamais rien. Vous n’aurez jamais le temps de rien édifier, vous serez sapés par les ouvriers même de votre oeuvre. Vous vous effondrerez dans votre propre chantier, vous n’élèverez que des ruines. Vos masses envieuses, muflisées, rationalisées, prosaïsées, enragées de matérialismes, exigeront toujours plus de matière que toutes vos mécaniques, les plus productrices, les mieux tourbillonantes vous permettront jamais de leur distribuer, surtout égalitairement. Vous êtes frits. Rien ne vous sauvera. Vous n’arriverez jamais à joindre les deux bouts. Vous aurez beau promettre, surpromettre, et promettre encore, vous faire éclater de promesses, vous ne contenterez jamais personne. Vous serez toujours distanciés par cent mille autres nouveaux bobards. La rage, le chantage, le délire matérialiste surpasseront toujours et comment, vos pires mirages, vos pires engagements, les plus éhontés, les plus culottés, les plus faribolants. Même l’armature de votre boutique sera saccagée en fin de compte. Votre propre système à produire les richesses s’écroulera comme tout le reste, sous les assauts du peuple, dans la boulimie délirante populaire. L’imagination matérialiste nous condamne à l’infini dans la destruction, la philosophie matérialiste, la poésie matérialiste nous mènent au suicide par la matière, dans la matière. Tous ces acharnements prosaïques ne sont qu’autant de trucs de la matière pour nous dissoudre, nous rattraper. Les hommes épris de matière sont maudits. Lorsque l’homme divinise la matière il se tue. Les masses déspiritualisées, dépoétisées, sont maudites. Monstrueuses cafouilleries, virulentes anarchies cellulaires, vouées dès le chromosome à toutes les cancérisations précoces, leur destin ne peut être qu’une décomposition plus ou moins lente, plus ou moins grotesque, plus ou moins atroce. Les Mystiques ne proviennent d’aucune âme avouable, ce sont les produits honteux de têtes crapautiques, les jus de quelques épileptoïdes, de quelques camouflés satrapes, en complot. Pourquoi nous le dissimuler ? Éperdus de matérialisme, passionnés de choses, de luxe, de pondérable, de raisonnable, de bouffable, de roulable, de vendable, de ventrable, la matière nous a muflisés, avilis, banalisés, ahuris, affadis, asservis à en dégueuler de nous connaître. Spirituellement, nous sommes retombés à zéro, atterrants, ennuyeux à périr. Tous nos Arts le prouvent, nous rabâchons à peu près, avec quelques futiles variantes, les mêmes éculeries sentimentales… Amour ! Re-Amour ! Pas d’Amour ! Plus d’Amour ! La rage du cul sous toutes ses formes : Jalousies… Caresses… Tendresse… Tristesse… sempiternellement… La hantise charnaîle, toute la bandocherie si banalement éjaculatoire travestie mystique ! La dégueulasserie même ? Notre âme ! Toute notre fierté spirituelle ? L’Amour !… Plus d’amour ! Re-encore de l’Amour ! Éperdus d’Amour ! Sans jamais nous lasser, sans même plus y penser, sans y croire. Obscènes, grotesques sans le savoir, très pompeusement, machinalement. Les lamas dans toute leur crasse tourbillonnent aussi leurs petits moulins à prières, machinalement, majestueusement.
Le fond d’un homme est immuable. Ce pays, Royaume des Larves, des enflures saoules, par le bonneteau politique, le jeu des paniques, des grèves perlées ou formidables, les fripouilleries endémiques, se trouve aux 9/10ème ruiné. Et puis encore le petit dixième qui reste, l’ultime subsistant, faudrait pas se faire d’illusions, il a aussi pris le train de même. Si les politicards hésitent un tout petit peu à nous ruiner à zéro, comme ils pourraient très bien le faire du jour au lendemain, c’est pour pas vider la bête complètement, avant qu’elle arrive aux Arènes, à la suprême Corrida, qu’elle fournisse encore une course à peu près décente, que les spectateurs lointains en aient tout de même pour leur pognon. Mais, enfin, ça va se terminer. Ça peut pas durer toujours, les sursis. Le petit bourgeois ce qui le tracasse, le coagule, le chiffonne énormément c’est la destruction des rentes, la fonte des économies, il peut pas s’y faire, ça le dépasse. Ça le démoralise. C’est trop d’escroqueries coup sur coup. Qu’à cela ne tienne ? Toutes les concessions doctrinales pourvu que Petit Bourgeois laisse pas tomber la royale famille… Voilà l’essentiel ! Les petits cadres ne se recrutent bien que dans la petite bourgeoisie, évolutions de masses impossibles, plus de raccrochage au terrain. La ténacité, le ressort, la tête de cochon dans le malheur, la fierté du devoir accompli, le sens hargneux du sacrifice, toutes ces balancelles sinistres sont des vertus petites-bourgoises, très proches parentes traditionnelles du “très bien savoir se priver”, du “jamais rien prendre à crédit”, de la “prévoyance du lendemain”, de la “féroce économie”, de “l’existence pauvre mais honnête”, du “rien demander à personne”, du “faire honneur à ses affaires”. Ces dignités cafardeuses font merveilles. Elles valent aux ministères leurs extraordinaires petits cadres, admirablement sérieux, valeureux, de bravoure tranquille, sans limites, infiniment prévoyants de toutes les embûches, inlassablement redresseurs de toutes les situations, les plus précaires, les plus effroyables, même si défaillants, déprimés, vautrés, saouls comme Daerden, exigeants pour les autres, gaspilleurs, d’hommes, de mots, toujours regardants, toujours soupçonneux, pas spectaculaires pour un rond, petits gradés parfaitement irresponsables, toujours les premiers à la pipe du midi dans lesbordels voisins, sans arrière-pensée. Citations et médailles peuvent les régaler vu leurs dispositions jalouses, hargneuses, dénigrantes. Les honneurs pour autrui les vexent. Petits Bourgeois de la sorte, si crasseux, si rebutants, si dégueulasses, si peu lyriques en temps de rien, deviennent facilement martyrs extrêmement susceptibles qui calanchent comme ils ont vécu, dans la haine. C’est pas les cohortes ouvrières rugissantes de bourdes conasses, perdues en pitanche, pourries de slogans marxistes, absolument hébétées, larbinisées, vachardisées par les jérémiades revendicatrices, qui vont comme ça, du jour au lendemain, relever les petits-bourgeois dans les petits cadres ! Clopinettes !Prolo a pas le sens du devoir, il faut que le boulot le conduise, sans pointeau il existe pas. Sans la gradaille bourgeoise au cul, tout seul, c’est plus qu’un robot jouisseur, un anarchiste fade.  Le peuple il est rien du tout, que de la gueule et du moindre effort. L’ouvriérisme c’est pour la gueule, pour les élections, pour les chorales, pour l’humanité, pour le théâtre, c’est pas pour les moments tragiques.
Attendez mes turlupins ! Vous allez jouir ! On vous estime à vos valeurs en très haut lieu ! On vous prépare des fins d’artistes ! Des révélations mirifiques sur vos authentiques natures ! Bougez pas ! Des reluisances royales ! Je vous le dis, y a du profit, des pintes de la meilleure humeur à parcourir les journaux, radios et télévisions, à s’ébahir, se tamponner, un peu plus encore, sur les façons qu’ils peuvent mentir, troufignoler, travestir, exulter, croustiller, vrombir, falsifier, saligoter le tour des choses, noircir, rosir les événements selon la couleur des subsides, dérober, pourfendre, trucider, rodomontader, pirouetter, selon l’importance des enveloppes. D’offusqueries en extases, c’est merveille ce qu’ils peuvent éteindre, rallumer, bouillir, congeler l’opinion des truands mornes. La voltige entre les lignes. C’est un régal par exemple la manière qu’ils surpassent autour des mics-macs ! Même les cons ils en bectent, ils s’en délectent, de cette putasserie tragédique. Ils en reveulent, ils en redemandent. Les plus insurgés d’habitude, qui vont au pétard pour des riens, pour un petit frêle soupçon, comment ils foncent ce coup-ci se faire endormir ! C’est merveille ! Elle nous oublie pas non plus “la sécréture d’état” pendant les crises. Elle connaît nos presses, nos radios, nos TV, comme pas une. Elle décuple tous les effets du mystère, de l’anxiété, par des distributions pépères, à pleines rédactions, corbeilles, de toutes bouleversantes réticences, confidences, dessaleries, redondances, mille et cent chichis, extrêmement propices à faire perler, bouillir, cailler, rebondir le trèpe. C’est repris par nos larbins journaleux, ça se diffuse en nuées si denses, affolantes, que déjà des années d’avance, on ne discerne plus rien du tout des choses des contours, des horreurs. La presse aux ordres, vogue et frétille après les bobards qu’on lui jette, comme les cabots tortillent, s’acharnent après leur os en caoutchouc. Pendant que les gens s’épuisent, se crèvent pour des morceaux de vent, les chefs aux cuisines fricotent, farcissent, tarabisquent nos restes, ils nous refilent aux arlequins, aux vomissures du destin, en énormes “Bouchées Catastrophe”.
Toute vénalité mise à part, toute coquinerie personnelle, les frais d’un parti sont énormes, avec journaux, dispensaires, réunions, procès, affiches, urgences, etc… C’est un déficit perpétuel. Il faut du plâtre, il en faut de plus en plus, tout de suite, beaucoup, liquide, sans phrases…Toutes les échéances sont tragiques…Les cotisations du rang, la vente au public du cancan, ça peut pas boucher tous les trous, ça peut servir que d’accessoire. Il faut des dotations sérieuses, des souscriptions très massives pour renflouer la trésorerie sans cesse implorante, des bienfaiteurs, connus en Bourse. C’est la condition vitale pour tous les partis d’aller piquer le blé où il se trouve… Personne n’échappe… tôt ou tard…Tous les partis, tous les journaux, sauf rarissimes, stoïques exceptions, ne sont en définitive qu’autant d’arrière-Loges, tambouilleries maquillées, ardents subterfuges, miroirs pour alouettes. L’opinion démocratique sort toute chaude de ces guets-apens, continuellement améliorée, renforcée, de plus en plus fébrilement. Qu’importe donc les étiquettes ! Les dénégations offusquées, furieuses, judiciaires, puisque malgré tout c’est qui tient les ficelles et la caisse ! En politique démocratique c’est l’or qui commande. Le reste c’est des mots. Celui qui veut parler aux foules doit d’abord s’adresser aux possesseurs d’or, demander l’autorisation pour ensuite jouer les castagnettes. Après ça, il peut bien hurler… tout ce qu’il voudra, sur n’importe qui, pour n’importe quoi, Fourons, BHV, Orange bleue, flamands, wallons ! Aucune importance ! Tout lui est permis, il trouvera toujours du pognon, s’il respecte les conditions, s’il parle jamais de la petite chose… sauf en bien… S’il répète très ponctuellement les bonnes phrases taboues… au moins deux fois par semaine… Les ralliements essentiels de la Grande Boutique… C’est la méthode voyez-vous de l’habileté, du jeu finaud sur deux tableaux… dont nous crevons, malice des malices ! De plus en plus habiles, strabiques redresseurs rampants, plongeants, pourris confirmés, boursouflés, marrants putricules à grimaces, chavirés en tous lieux immondes. Pas le moindre petit sursaut, le plus abrévié hoquet, dans tout cet étal d’agonies, dans tout ce tripier d’infections, le plus frêle indice de révolte, que vomir, dégueuler à la fin des fins. Rien du tout.
Peut-être vais-je vous fasciner vous aussi ? Peut-être que je vais vous faire rendre ? Peut-être allez-vous me trouver odieux ? Assommant au possible ? Peut-être allez-vous me honnir ? Si vous m’avez lu jusqu’ici c’est déjà du tempérament, c’est déjà la preuve d’une haine solide. Mais la suite est admirable. Je vous préviens très courtoisement. L’émouvant récapitulatif de toutes les tergiversations des 50 chapitres liminaires… Vous n’aurez pas à vous plaindre !… Avec toutes conclusions “ad-hoc !”… Extra fortes !… Architecturales !…Moi c’est vers la fin que je triomphe, dans l’envol pathétique, le surpassement, le bouquet ! Je suis de ces auteurs qu’ont du souffle, du répondant, du biscoto. J’emmerde le genre entier humain à cause de mon répondant terrible, de ma paire de burnes fantastiques (et bordel de dieu je le prouve !) Je jute, je spermate, je conclus, je triomphe, je trempe la page de plein génie… De vous à moi, c’est ce qu’on me pardonne pas du tout, à la ronde, ce qu’on me pardonnera jamais, jamais, la façon que je termine, que j’achève les entreprises, que je vais au pied comme une reine, à tous les coups. Ils voudraient bien me faire mourir, mes émules, par chagrins, par méchants propos, me faire périr sous les morsures d’une foison de cancrelats, sous les venins d’une pullulation atroce d’aspics effroyablement voyous, martyrivores. Mais ma peau de vache me protège, jusqu’ici j’ai réchappé. Y a pas besoin de se frapper. La roue tourne. Elle en écrasera, sûr, encore, des hommes et des hommes. Des millions et puis des millions. Ceux-ci, ceux-là et puis bien d’autres, ça n’en finira jamais.Ils fonceront toujours aux tueries, par torrents de viandes somnambules, aux charniers, de plus en plus colossaux, plantureux. Y a pas de raison que ça se termine. C’est leur nature. Y a pas besoin de les exciter. Ils se précipitent. Personne peut jamais les retenir. Ils parlent que de leurs “avantages”, ils en comprennent pas le premier mot. Ils veulent rien apprendre du tout. Ils sont fainéants d’âme et de tête. Les événements s’accompliront. Ils iront se faire écrabouiller. Ainsi de suite. Puisqu’ils veulent rien comprendre, puisqu’ils veulent rien apprendre, puisqu’ils veulent rabâcher toujours, toujours les mêmes conneries, très bien ! Très bien ! Ils seront gâtés les belges ! Ils passeront l’examen quand même ! A la grande kermesse des Têtus ! C’est un monde ! D’une façon toute fantastique, par prodigieux écartèlements, feux grégeois munificents, flamboyantes enrageantes mitrailleries fiscales, très extravagantes fournaises judiciaires, gigantesques bengalades policières, pyrogénies hallucinantes… Mirifique belgitude patrie !

 

Chapitre 11

Quelqu’un contre le reste du monde…

On ne peut jamais retenir le bonheur !
Non, pas…

On rêve toutes et tous les mêmes rêves, encore et encore, on ne peut jamais retenir le bonheur.
1998 a été le début d’une sorte de longue et belgitude agonie.
1998 a vu l’instauration d’une Loi obligeant les gens à présenter leur voiture de collection pour l’obtention d’une sorte de visa délivré lors d’un contrôle technique obligatoire…
Cette affaire est la conséquence, en Belgique, d’une suite d’arnaques perpétrées depuis 1968 (date de l’instauration des certificats de conformité) par divers fonctionnaires du Ministère chargé de délivrer les immatriculations.
En gros…, en échange de montants financiers croquignolets, on pouvait obtenir un certificat d’homologation et une immatriculation.
Je ne vais pas, ici, publier les détails de ces histoires sordides, sauf que quantités d’employés des centres de contrôles techniques se sont mis de leur coté à vouloir palper des billets en échange de contrôles positifs, tandis que les grosses sommes étaient réservées à divers fonctionnaires du Ministère en échange de certificats d’homologation…
Ce train-train a été mis à mal par l’arrivée de la Communauté Européenne et de Lois et Prescrits alignant diverses obligations similaires pour tous les pays membres…
Aussitot, les bénéficiaires-fonctionnaires, ministres, serpilleurs, analphabètes nommés à vie, et autres orgiaques amateurs des pots-de-vin… ont agi pour obtenir des dérogations européennes afin que leur pays puisse continuer à délivrer des homologations selon : « ses objectifs sécuritaires« …, réduisant quasi à néant l’idée d’une Europe Unie dans laquelle la libre circulation des biens et des personnes était une liberté fondamentale…
Ce principe de base a donc été rapidement été foulé aux pieds…, ce qui a relancé les pratiques de pots-de-vin…
La grande arnaque est venue d’une idée du Président de la Fédération Belge des Véhicules anciens (FBVA) s’inspirant de ce qui était de pratique courante en France selon une idée « génialement-rentable » de la Fédération Française des Véhicules Anciens (FFVA), à savoir : l’obligation de présenter tout véhicule ancien (jusque là exempté) dans un contrôle obligatoire et payant afin d’obtenir une fiche d’homologation…
Vous multipliez le nombre de véhicules anciens (Plus de 25 ans d’âge) en circulation (660.000 en France, presque 400.000 en Belgique) par le prix demandé et vous constaterz que l’affaire est plus que juteuse !
En Belgique, les gens normaux et respectueux des Lois (même les lois débiles et iniques) croient que les stations de Contrôle Technique appartiennent à l’Etat…
En réalité, les centres de Contrôle Technique sont des commerces indépendants, certains font partie d’une chaîne, dont les propriétaires sont des investisseurs privés.
Par exemple, les « CTA » (Centres Techniques Automobiles), appartiennent au Royal Automobile Club de Belgique qui n’a strictement rien de Royal sauf son appellation trompeuse… et volontairement ambigüe !
La Fédération Belge des Véhicules Anciens sous l’égide de son Président, n’avait pas la possibilité d’obliger légalement les propriétaires de voitures anciennes à obtenir auprès de sa fédération de clubs, la fameuse carte d’homologation-certification d’origine…, et a donc soumis cette idée auprès du Royal Automobile Club…
L’Amie plus que grande du Président de la section « Historique » étant la directrice du Ministère chargé des immatriculations et de la gestion des routes et des contrôles techniques, l’idée lumineuse fut d’écrire les bases d’une Loi obligeant les gnous, propriétaires de voitures anciennes, à présenter obligatoirement leur véhicule chaque année dans un contrôle technique et identitaire…, à 5.000 FB soit 125 euros…
125 euros multipliés par environ 400.000 véhicules roulants, cela représentait 50.000.000 euros (2 milliards de Francs Belges anciens) qui iraient chaque année dans les caisses PRIVEES des Centres de Contrôle Technique !
Un sacré pactole…
La bénédiction fut donnée par le déjà innénarable Ministre Socialiste Daerden (celui qui fait le pitre pour glaner-glander des voix innocentes croyant encore aux bienfaits de l’époque Stalinienne en Wallonie)…
Mais le Ministre des Finances voulut que SON Ministère en retire aussi quelques profits…
Pour faire passer cette Loi, qui n’est qu’une arnaque de plus dans l’arsenal législatif Belge, quelques fonctionnaires ripoux inventèrent une grande fable…, à savoir que certains noyaient le marché automobile de milliers voire de millions de répliques de Cobra et de Lotus Seven… et qu’il fallait trier le bon grain de l’ivraie, c’est à dire, faire la différence entre les vraies anciennes et les fausses anciennes…
Cela revenait à considérer que toutes les carrosseries en plastique étaient des réputées fausses, et les autres des vraies…
Pour faire mousser…, la « patronne » du Ministère donna une conférence de presse dans un café automobile de Woluwé-Bruxelles ou n’étaient présents que « Le Moniteur de l’Automobile » et le journal « Le Soir » qui furent « chargés » de colporter la nouvelle…, afin que le bon-peuple croit qu’il était nécessaire qu’une Loi soit votée pour assainir le marché…
J’ai informé l’ensemble des clubs de cette escroquerie… : il suffisait que les clubs s’indignent officiellement et retirent leurs voix à la Fédération Belge des Voitures Anciennes et par ricochet au Royal Automobile Club pour éveiller l’attention d’autres médias non-inféodés au pouvoir…, mais un marchand important de cette même entité Bruxelloise ou avait lieu cette réunion, a poussé vers l’exact contraire…
Il en sera récompensé quelques années plus tard par un miraculeux incendie qui regonflera durablement ses caisses… (dans le style on retrouve dans son nouveau show-room flambant-neuf, appréciez l’humour pompier…, quelques voitures appartenant à divers escrocs dont un ex-liégeois « exilé » sur la côte d’azur et recherché par le fisc belge)
La Loi est donc passée.
Forts de cette victoire, se croyant impunissables et au-delà des Lois destinées aux simples mortels, du haut de leur statut de Fonctionnaires nommés « A-vie« , certains s’en sont pris à ma modeste personne en orchestrant une sordide machination consistant à « perdre » les documents de la précédente immatriculation ainsi que les preuves de dédouanement de deux de mes voitures en attente d’immatriculation, une Clénet et une Léa-Francis…, puis à m’envoyer leurs « collègues » et amis du service des douanes, chargés de venir me demander comment ils avaient eux-mêmes délivrés les documents de dédouanement…
Du vrai Kafka Belge !
Le Ministre Daerden a fait place à une Ministre écologique, Miss Durand, a qui je suis allé demandé des comptes après son discours sur les vélos lors de l’inauguration de Salon de l’auto !!!
Son intervention a débloqué la Léa-Francis, pas la Clénet qui : « dépendait d’un autre service« …
Depuis cette époque (1998) le marché de l’automobile ancienne, en Belgique, est en lente agonie…
Les voitures sont exportées, le patrimoine f… le camp.
Restaient quelques vieux clients nostalgiques, mais ils meurent les uns après les autres et ne se renouvellent pas…
Alors les vendeurs se sont lançés dans des échanges, survivant des petites différences entre ceux-ci…
Mais sans vente véritable, même ces nébuleuses se sont taries…
Nous en sommes arrivés, en Belgique, à des trocs, bientôt on échangera des poulets, du grain et des tissus contre une automobile…
Quelques grands escrocs Anversois profitent de la situation auprès des « privés » qui cherchent à vendre : venez avec votre voiture, nous vous donnons 5.000 euros cash, et vous nous les rendrez lorsque vous reviendrez rechercher votre voiture, sauf si nous la vendons entre temps…
Jamais ils ne reviennent…
Les voitures acquises pour ces bouchées de pain partent en vrac en exportation pour au moins le double !
Quant aux voitures de collection, elles ne partent qu’à l’étranger, aussi, mais pas les mêmes pays…, le marché Belge étant devenu moribond, et ce alors que partout ailleurs l’économie fonctionne à plein…
En Angleterre et aux USA, les prix sont stratosphériques, et dans les « swap-meet« , si un candidat acquéreur ne se décide pas immédiatement, lorsqu’il repasse une heure plus tard, la voiture convoitée est vendue pour encore plus cher que discuté…
Voilà ou en est la Belgique à cause du système érigé par les instances socialistes wallonnes, qui ont quasi totalement détruit le système économique.
On connaissait les scandales des hélicoptères Agusta, l’affaire des avions Dassault, les affres de Charleroi et autres régions Wallones…, c’est maintenant le tour du marché des voitures anciennes, en chute depuis 1998…
Triste Belgique !
Tel un juste et inévitable retour des choses, la réalité revient en pleine figure : rien n’est jamais acquis.
Dans les affaires de manière générale… et encore plus dans l’automobile.
Cependant, l’automobile et tout ce qui gravite autour, ont un aspect plus difficile que les autres métiers.
Je m’explique.
Imaginons un prestataire de service classique.
Une fois qu’il a persuadé le prospect/client que le service qu’il offrait était le meilleur, une fois qu’il a signé le contrat, qu’il soit moral ou écrit, il va se lancer dans la réalisation du service.
Et ce prestataire, dans le meilleur des mondes, sera sûr qu’il sera payé pour cette prestation.
En ce qui concerne l’automobile de collection, il faut passer un temps considérable à découvrir les pièces rares, les restaurer, les préserver, les exposer, attendre…
Si un acquéreur se présente (enfin), le jour de la signature du contrat, on n’a actuellement plus aucune certitude qu’on pourra mener à bien cette vente qui inclut une prestation de service et de ce fait être payé car de plus en plus, certains émettent des chèques d’acompte qui ne sont soit pas provisionnés, soit déclarés volés ou perdus…
Plusieurs raisons à ça:
– Le client ne sait pas ou plus ce qu’il veut…
– Le client change de situation personnelle/professionnelle et son achat n’est pas soluble dans ce changement…
– Le client ne s’implique pas et prends le vendeur pour un larbin corvéable à merci.
– Tout se passe bien, mais ça coince au niveau du paiement final, surtout si l’acquéreur a demandé un financement qui lui est refusé…et que tout tombe à l’eau.
Toute cette « évolution » rappelle cruellement qu’il ne faut pas s’emballer dans ce métier… et que l’on repart à zéro pour chaque affaire, et que comme il y a une part incroyable d’irrationnel dans un achat d’automobile de collection, c’est la loterie !
J’espère être arrivé sinon au bout, pas loin.
Le meilleur reste sans doute à venir.
Chaque nouveau jour, cette maxime est plus vraie…, des mots qui claquent puis rebondissent, et moi qui les rattrape, qui les range dans ma mémoire entre le café du matin et le goût du déjà vécu….
Moi, je vends du rêve en même temps que des automobiles Extraordinaires, cinquante mille euros pour le Prowler ou la Corvette de Monsieur, un plein de sourires en prime pour Madame ; et bonne route.
C’est comme une loterie, des chiffres qui tournent et puis s’arrêtent ; les jours de pas de chance, un bruit de papier qu’on froisse en plus fort, et je laisse des larmes, les dernières, et ma photo dans les journaux en appui d’un article (celui-ci) qui ose dire la vérité d’un métier que d’autres rendent pourri….
Alors, à force de voir les gens filer, se tirer pour l’inconnu, ça m’a donné une espèce de fièvre ; je voudrais savoir moi aussi; ce courant d’erres, il enrhume mon amour.
Elle est vraiment belle pourtant, et j’ai peur d’en parler.
C’est sûr, j’oublierai toujours quelque chose.
Parfois je la regarde par en dessous pour pas qu’elle le sache ; je lui vole son visage, et je souris de l’intérieur.
Parfois ses rêves griffent ma peau, marquent mon corps, autre message…
Seulement voilà, il y a les heures, les minutes, les sonneries, tous ces tic-tac ; cette langue râpeuse qui me lèche d’un peu plus près chaque matin, qui creuse des rides dans ma glace, et qui ne me laisse pour finir qu’une carcasse bien propre, des os blanchissant au dedans.
Alors moi aussi je regarde la route, peut-être qu’en courant vite, très vite…
Piting de belgitude…
Tout ça c’est bien beau, bien réussi, et puis t’oublies.
Je grisaille mes souvenirs, faut faire de la place, il y aura d’autres autos, d’autres gens biens et d’autres crétins… et d’autres Mojitos aussi.
Durer.
Quand on écrit à l’horizontale, l’encre n’approvisionne plus l’ogive du stylo.
Attendre le prochain événement en fermant les yeux.
Il y a toujours un truc qui se passe quand on saute dans le futur.
Les fragrances se mélangent d’un panorama à l’autre.
Des jerricans de synesthésie vont sans nul doute commencer à tomber du ciel.
Les feuilles de l’encyclopédie absolue ont commencé à pousser pour pouvoir bouffer le savoir sans assaisonnement.
On ne peut jamais retenir le bonheur.
La luxuriance, à la normale, carbure à la diversité.
Piting de belgitude, si vous, belges qui me lisez, ne voulez pas qu’elle « crève » comme le rêvent certains exaltés, il est temps de virer les auteurs de toutes les saloperies parmis les ministres et fonctionnaires « a-vie« , s’il n’est pas trop tard !
Et pour vous faire une meilleure et finale idée de la quantité négligeable pour laquelle on vous prend (pend), pour qui vous êtes vraiment aux yeux de « ceusses » que vous acclamez avec drapeaux agités, lisez ce fait divers et d’hivers… sidérant !
Nous, Albert II Roi des Belges ; A tout ceux qui sont et tout ceux qui vont être :
Wij, Albert II, Koning der Belgen ; Aan allen die nu zijn en hierna wezen zullen doen te weten :
J’ajouterai à cette formule : « et aussi à tout ceux qui ont été… » !
Deux morts, cher Albert II Roi des Belges, deux de plus…
Tu es là tout en haut, dans tes Palais et propriétés, avec tes laquais et serviteurs toujours empressés, soucieux de la moindre bêtise…
Tu voyages dans le monde, toujours si bien escorté, un petit signe vers la gauche, vers le centre et vers la droite, pas plus loin…, tout le monde est poli, jamais un mot de trop, on te donne du « Sire« , « Votre Majesté« , et la vie continue sans que tu aies le moindre souci, l’argent tombe après avoir coulé à flots, mais ça date du Congo, une époque noire en double-sens…
Donc, je suis certain que tu vas tomber des nues lorsque tu vas savoir que tu es responsable de deux morts…
Deux de plus…
Notre époque, Albert, cherche des responsables pour tout : un pneu crevé à cause d’un trou dans la chaussée, des panneaux de signalisation mal-placés, trop de vent, pas assez de pluie, la canicule, les crottes de chiens…, plein de choses qui font fonctionner la Justice qui toujours agit en ton nom…
Pas un Jugement, pas un arrêt qui ne commencerait pas par : Nous, Albert II, Roi des Belges ; A tout ceux qui sont et tout ceux qui vont être : … Wij, Albert II, Koning der Belgen ; Aan allen die nu zijn en hierna wezen zullen doen te weten : …
Un petit délit, une condamnation, des faits graves ou non, c’est toujours en ton nom que l’affaire se prononce.
Les gens ne s’en rendent pas compte, mais c’est comme ça…
Ben, non…
C’est pire !
Je ne t’écris pas des milliers ou millions de torturés en esclavage au Congo, ni d’autres qui ont donné une partie d’eux (main, bras, pied, jambe, oeil et que sais-je) en criant « vive le Roi » pour sauvegarder leur Patrie qui invariablement finit par re-fricoter avec les « prétendus » adversaires tant haïs…, ni des Magistrats et fonctionnaires gradés ou non qui te saluent lorsque tombe leur paie « à vie« , ainsi que surtout leur « pension« , en récompense de tant d’années d’efforts soit à « emmerder » la moitié de la population, soit à « punir » les gens pour trente-six mille raisons…
Non, Albert, je t’écris pour les « ceusses » qui crèvent toute leur vie parce qu’on leur a menti, parce qu’ils ne pouvaient faire autre-chose, les braves gens qui ont et « qui ont eu » le courage de n’emmerder personne, de ne punir personne, travaillant trois fois les heures des fonctionnaires, avec des risques sans proportion imaginable : de faire faillite, d’aller en prison, d’être ruiné, vilipendé, haï, torturé moralement par tes sbires tristes sires…
Ceux-là qui forment l’économie, la vie, la société, ceux-là qui peinent, à qui on met des bâtons dans les roues (c’est une image, Albert), « tes » sujets, « ton » peuple…
Bien trop souvent « tes » esclaves…
Et bien, Albert, y en a deux de moins…
Sur et certain que quelques-uns, parmi les nommés-à-vie, de ceux qui empochent 3, 5 ou 10.000 euros par mois pour juger de ce qui est bien ou mal, certain de ne jamais crever de faim, de désespoir, sachant qu’à l’heure de la sacro-sainte pension, l’Etat les remerciera de leurs actions en perpétuant leurs salaires par une pension d’équivalence…
« Vive le Roi » qu’ils crient, tout heureux…
Les deux qui sont morts, Albert, ils avaient reçu un mot en ton nom…
L’un s’appelait Armand, sa femme depuis toujours, car l’amour c’est long…, s’appelait Marie-Rose.
C’était un « indépendant« , un imprimeur besogneux et honnête, qui avait crié « Vive le Roi » en ’39 avant d’être emporté dans la merde croyant qu’il fallait défendre la Patrie-Belgique.
Un brave homme en somme.
Il est devenu imprimeur, aidant au renouveau belge, aidant à l’épanouissement belge, employant des gens, travaillant durement, faisant vivre trente-six familles et d’autres…
Tu sais combien il y en a des comme-lui, Albert ?
Comme ça de tête ?
Dis un chiffre, là, tout seul, sans tes conseillers, ton aide-de-camp et tes ministres…
Tu vois, tout seul, tu sais pas…
Il y en a des milliers, par dizaines et centaines, des petits indépendants, qui crèvent, ne disent rien, ronchonnent, mais travaillent… sans avoir des milliards d’euros planqués au Libéria ou ailleurs…
Des épiciers, des p’tit’s garagistes, des cordonniers, des tailleurs, des laveurs de vitres, des imprimeurs….
Comme Armand, justement…
Toute une vie à oeuvrer, à avoir des sueurs froides quand passe un fonctionnaire du fisc, « ton » fisc, Albert…
Et tout ça en attente de la pension….
Avec Marie-Rose à ses cotés…
Pas pour aller saluer les agiteurs de drapeaux en faisant la gueule ou un sourire de circonstance sachant que 12 millions d’euros tombent chaque année pour, entre autre choses, dures et difficiles, saluer les agiteurs de drapeaux à la sortie d’une église…, non, mais pour nettoyer, laver, repasser…
Après toute une vie, la pension tant espérée, l’objectif de toute une vie est enfin tombée…
400 euros par mois…
Tu imagines, Albert ?
Ca fait 4.800 euros par an…
Y a combien de fois 4.800 dans 12 millions ?
Je te laisse calculer, tu commenceras à comprendre le fossé entre le Roi et « son » peuple…
Bref…
Avec 400 euros par mois, les rares petites économies de toute une vie ont fondu comme neige au soleil, les économies qu’ont traqué « tes » fiscards-fonctionnaires « à-vie » en gueulant que TOUS les indépendants sont des fraudeurs (histoire de savoir donner des sous-sous en Afrique pour compte de l’un ou l’autre ministre s’assurant ainsi les revenus d’une mine…, et aussi pour savoir te donner « tes » 12 millions d’euros annuels….), Armand et Marie-Rose n’ont finalement plus rien eu en caisse !
Marie-Rose avait 69 ans…
Armand avait 76 ans…
N’étant que le roi de sa connerie, trop vieux pour pouvoir rebondir, quantité négligeable, hors circuit, citron déjà pressé, pigeon déplumé…, il a réussi à entrer dans la postérité…
Je vais te narrer, Albert, les derniers moments d’Armand et Marie-Rose…
Mercredi 10 octobre 2007, 9 heures, le matin…
Un huissier de Justice vient signifier leur expulsion, en ton nom, Albert…
Nous, Albert II, Roi des Belges ; A tout ceux qui sont et tout ceux qui vont être : patati, patata, expulser Armand et Marie-Rose, zou, recta, paf, dehors, à la rue, à la merde…
Il est accompagné d’un fonctionnaire de police…
L’huissier, officier ministériel, sonne au domicile d’Armand et Marie-Rose, deux retraités depuis longtemps, le temps d’avoir tout perdu…
C’est un petit appartement au second étage d’un immeuble modeste, sis Voie de l’Ardenne à Embourg, faubourg de Liège.
Armand et Marie-Rose savaient qu’à peine né on commence à mourir, savaient aussi qu’ils avaient été floués, savaient aussi qu’en ton nom, Albert II, Roi des Belges, donc de « son » roi, le fils de celui pour lequel il avait combattu en ’39…, ils allaient être expulsés, vite fait, en douce, avant l’hiver…
Ils ne savaient plus ou aller, la fin de vie, à 76 et 69 ans, ne permet plus de rêver rebondir, se refaire !
Imagine-toi sans royaume, sans argent, sans sujets, un vrai cauchemar !
Ou aller ?
Voir leurs meubles embarqués dans un camion de déménagement jaune et eux « à-la-rue« …, c’était impossible à vivre.
Armand a ouvert la porte à l’huissier, l’a écouté dire qu’en ton nom, Albert, il devait partir…
Il est allé rejoindre sa Marie-Rose, sa femme d’une vie… qui l’attendait dans leur lit d’amours passées…
Une dernière fois un baiser, un vrai…
Les mains qui se touchent, qui s’étreignent, qui se disent mille choses déjà dites, sachant que là, c’est la dernière fois…
Un signe des yeux, vas-y mon amour…, tire…
Boum…
Un coup…
Marie-Rose est partie, pour toujours !
Les yeux rouges comme son sang, pleurant encore, hoquetant, Armand recharge puis retourne vers lui son fusil de chasse….
Il regarde le reste du visage de « sa » Marie-Rose…
Alleï, une fois, fieu…, courage !
Il ferme les yeux, elle est là, éternellement belle, et c’est l’image qu’il rejoint en appuyant sur la détente…
Un dernier stress, ne pas se rater, être certain de partir avec elle…
Boum…
Il n’y a plus de Marie-Rose, il n’y a plus d’Armand…
Le fonctionnaire de police, ne sachant ce qui s’est passé, panique pour lui d’abord…: être blessé, tué peut-être et ainsi rater sa pension pour plus tard, non…!
Il prévient ses collègues…
Le paisible quartier est bouclé par les forces « de l’ordre« , avec casques, gilets pare-balles, boucliers et tutti-quanti…
Lorsque tout ce monde, agissant pour le « bien public » envahit l’ancien nid d’amour, ils ne peuvent que constater qu’il y a deux morts…
Armand ne descendra plus jamais dans le café-restaurant situé au rez-de-chaussée, il ne jouera plus jamais aux cartes avec ses copains, il ne plaisantera plus jamais de la vie qui ne fait que passer, il ne parlera plus jamais de « sa » marie-Rose ni du temps ou il se faisait tirer dessus en ’39 alors qu’il criait « Vive le Roi« …
Officiellement, Armand n’est plus l’époux aimant de Marie-Rose, mais son meurtrier…
Mais, comme il s’est donné la mort après son « forfait« …, il n’y a plus lieu de poursuivre qui que ce soit et l’action publique s’est éteinte d’elle-même…, ce qui explique, Albert, que « ton » parquet n’est pas descendu sur les lieux…
Deux de moins Albert…
Nous, Albert II, Roi des Belges ; A tout ceux qui sont et tout ceux qui vont être : … Wij, Albert II, Koning der Belgen ; Aan allen die nu zijn en hierna wezen zullen doen te weten : …
PS : Bonne nouvelle, Albert, plus de pension à payer à Armand et Marie-Rose…
Ecrit par Quelqu’un d’autre, franco-belge, ex-indépendant, futur non-retraité, fils d’un semi-handicapé à vie pour avoir défendu sa patrie… un sujet corvéable parce que né de l’autre coté de la barrière, victime non consentante de la connerie politicienne et fiscale, rebelle, amer et désabusé…

 

Epilogue

Quelqu’un contre le reste du monde…

J’en aurai traversé…, des ruelles glacées, encadrées de façades sans fenêtres, trempées de pluie sale, à traîner la patte dans des putains de bas-fonds, dans les viscères pourris des cadavres des dieux.

Ici les hommes naissent seuls, vivent seuls, crèvent seuls, ici tout le monde s’affaire à bien toujours rester planqué, à se masser le soir autour des feux, des brasiers de plastique et d’ordures brûlants et toxiques.
Une faune répugnante qui se répand en grondements, râles et crachats, leur sang empoisonné qui macule souvent l’asphalte.
J’ai survécu au hasard, sans effort conscient, couchant n’importe où, en boule au bord de caniveaux crasseux, au fond de squats infestés de bâtards de dogues aux yeux laiteux, au fond de prisons ouvertes à tous vents, de cellules sans porte, d’abris sans toit, avec les côtes brisées de charpentes défoncées en stries sur le ciel…, de Palaces aussi, avec dorures falbalas et jolies nanas, à Monaco, à Macao, à Modagicio…, mais ça c’est après les galères…, tout comme des bureaux de luxe infestés de putasseries ordinaires qui en devenaient extraordinaires.
J’en aurais arpenté des dédales boueux dangereux à crever, où personne ne se traîne plus, dans les bouges.
Des tunnels abandonnés à la pénombre, des labyrinthes de béton démolis et d’illusoires couloirs d’utopies.
Dans les bouges interdits aux hommes j’ai régné sur la vermine et les rats, à me faire bouffer la gueule, rendu sourd par la rumeur des mouches, des gens et assommé de fatigue.
Roi aveugle et malade, seigneur des essaims et de la pestilence…
J’en aurais vécu des galères, des putains de longues années noires toutes bien agglomérées, avec moi en train de végéter dans des puits obscurs.
Accroupi, en attente, à l’affût.
J’ai couché dans les ordures des décharges, à me nourrir de saloperies corrompues arrachées de la gueule de dogues faméliques.
Rentrer mes poings dans leurs tripes et démolir leurs ossatures saillantes.
Mordre plus fort qu’eux, les étouffer entre mes bras, faire craquer leurs os comme du bois.
Et ensuite seulement, fouiller sous les amas de rouille et de carton pour faire taire ce hurlement dans mon ventre.
Bouffer, vite.
Tout ce qui traîne.
Comestible ou pas, rien à foutre, tant que peux l’avaler.
Et puis vomir et revomir ma vinasse chaude sur des rues brillantes d’eau, baptiser ce sale monde de ma bile.
De quoi me souviendrai-je à ma mort ?
Que restera-t-il de ma vie dans ma mémoire et dans la mémoire des autres ?
Peu et beaucoup, ce sont les anecdotes, les petits faits, les instants fugaces qui s’imposeront, bien davantage que les grands moments, les grands mouvements, les grandes tendances de ma vie…
Que n’ai-je revécu, dans mes parfois pénibles périgrinations, des scènes éphémères que j’avais cru oubliées à jamais, des petits riens, des moins que rien, un baiser furtif, un « je t’aime« , la courbure d’un sein, un pigeon stupidement abattu et sa compagne incapable de s’en détacher, un petit lapin écrasé par bétise sur une entrée d’autoroute, le petit traiteur fermé, deux noms gravés sur un arbre blanc au bord d’un lac, quelques mots sur le web : « avez-vous de bonnes jambes ?« …
Le monde n’est-il qu’un ensemble de mondes, entremélés, ou, dans « mon » mien, tout comme chacun/chacune dans « son » sien, tient dans sa survie, l’existence des autres, morts ou vivants.
Ils vivent quelque part, en chair et en os, suspendus entre vie et mort, entre mort et vie, car n’existant que dans la mémoire des autres, des vivants, ceux et celles qui survivent.
Quand les vivants meurent, leurs souvenirs s’envolent et les gens qu’ils ont connus s’évanouissent.
Le monde alors se rétrécit, les interconnections d’êtres diminuent…, ne restent que ceux et celles dont on se souvient, des instantanés, des rencontres, un baiser furtif, un « je t’aime« , la courbure d’un sein, un pigeon stupidement abattu et sa compagne incapable de s’en détacher, un petit lapin écrasé par bétise sur une entrée d’autoroute, le petit traiteur fermé, deux noms gravés sur un arbre blanc au bord d’un lac, quelques mots sur le web : « avez-vous de bonnes jambes ?« …
Le monde vole à sa perte et après la mort, il n’y a rien, que l’oubli après les souvenirs, ce qui, paradoxalement constitue l’optimisme car remplis de tous les instants heureux qui subsistent dans la mémoire, tant qu’on puisse encore s’en souvenir…
J’en aurai vu des cieux calcifiés et des biges démangés par la lèpre des grands soirs, le fute maculé de foutre séché, puant la merde et la pisse.
Des putains de messes noires jouées en boucle par des automates, avec moi en témoin involontaire.
Que des matous en quête d’identité pour remplacer leurs organes absents.
J’en aurais tué…
Des centaines et des milliers de centaines.
A chaque heure de veille.
Mes hardes pourries et grouillantes de puces, à me grimper le long des cannes et à me courir la panse.
Des puces, des poux nichés en grappes sur le moindre poil et qui connaissaient ma surface mieux que moi-même, leur territoire.
Ecraser des puces c’est ça que je faisait le mieux : mon métier, mon fardeau, ma religion quotidienne. Mieux que personne je les chopais, juste avant qu’elles sautent.
Ne pouvant les broyer entre mes vestiges d’ongles, rongés jusqu’à la viande, je les écrasais entre mes dents.
Une fois sur ma langue il me suffisait de les placer entre mes incisives et faire craquer leur carapace en avançant ma mâchoire du bas.
Tout du long à leur marmonner des conneries, à leur brailler silencieusement ma haine pour elles qui m’ont pompé ma vie, ruminer leurs minuscules carcasses et les faire craquer avant de les recracher.
Penser à hier, à demain.
Fouiller mes chevilles à la recherche d’autres passagers clandestins.
Leur causer.
Comprendre que j’étaix comme eux.
Tirer des enseignements de cette guerre entre mon corps-monde et ses occupants toujours plus nombreux. Leurs saloperies de petits crochets courbes et leur voix mêlée qui me vrillaient la tête.
L’âme du Grand Ver démultipliée à l’infini et ses millions de rejetons qui marchaient dans mes oreilles.
Ce que j’étais : un pauvre clodo qui s’était arrêté au milieu d’une artère bondée pour voir les cieux s’ouvrir devant sa gueule et le Ver lui parler.
Dans la rue tout le monde était malade, qu’on m’a dit, tous ceux autour de toi.
Sauf moi.
Moi,celui qui les mènera à leur perte.
J’entendais que dalle moi en ces temps-là, et si j’entendais je comprenais rien à ce qu’on me disait.
J’ai gueulé pour que ça se taise, et les puces ont commencé à sauter de moi partout sur les biges immobilisés.
A se répandre sur le monde, à porter la bonne parole toxique.
Je me suis assis sur le bord d’un trottoir pour regarder les gens faire la queue, la poussière s’agglomèrant dans les sillons de leurs larmes.
Ils avancaient d’un pas puis ils patientaient.
Ensuite ils recommencaient.
Et ils continuaient…, allant chercher la bouffe comme on va au cimetière, sachant qu’après avoir mangé ils auraint encore faim.
Tout le monde le savait ici-bas.
J’ai rampé comme j’ai pu, par spasmes, vers mon trou pour me planquer et je me suis labouré la trogne à la gnôle pour faire comme si y avait rien.
Ca s’est plus jamais arrêté de parler.
Au moment où j’allais plonger dans ce vieux fleuve poisseux je pensais n’être rien, que je disparaîtrais sans jamais avoir existé, que le monde ne me survivrait pas, que c’était pas ou lui ou moi, que c’était nous deux dans la même boue en train de couler et crever, que ça ferait ça de moins de vermine à porter pour le grand musée de la torpeur, qui saigne déjà de trop.
Mes crocs étaient jaunes comme ceux d’un vieux clébard galeux qui n’avait jamais osé mordre la main du maître.
Mais je n’en pensais pas moins.
Mort le monde, mort, que dit la comptine, dans le soir qui tombe, mort le monde, et à mort toutes les bêtes sans tripes qui me jappent aux basques, tous les passants aux yeux fermés, qu’ils tombent et se vautrent sur le coté, qu’ils meurent asphyxiés, qu’ils meurent…
C’est alors qu’un soleil blanc s’est lèvé, pareil à un champignon atomique, une dernière fois sur le printemps du monde, le dernier bourgeon terminait son agonie.
Quand je me suis réveillé, j’étais un autre moi-même, le même que maintenant, avant l’après, après l’avant…
J’étais beau, riche, je roulais carrosse, bronzais sur un yatch et baisais les plus belles dans les plus cossus Palaces du monde…
Une autre vie…
C’est de là que j’écris…
Je sais que ce soir, dans mon sommeil je redeviendrais pauvre, mais je ne sais plus si je rêve le jour ou la nuit…


Copyright : Patrice De Bruyne
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