UC3 NAUTILUS : Au plus je vis le comportement des hommes, au plus j’aime mon chien…

C’est une phrase qui fait bondir les humanistes sectaires, mais que vous allez faire votre tout comme je l’ai fait mienne en suite de l’histoire véridiquement horrible que je vais vous narrer…, l’humanité mérite amour dit-on, mais bien souvent l’égoïsme des gens apporte frustration et dégout…, difficile d’aimer l’Humanité et de garder confiance en l’Homme…, faire confiance en étant persuadé du meilleur de l’Homme et de ce qu’il peut faire pour les autres, la Terre, les êtres et pour lui… c’est utopique car déceptions et expériences nous montrent que l’image de l’Humanité tant aimée et espérée ne reste que très loin des chemins que l’on emprunte…, il y a tellement peu de gens qui portent attention à l’humanité que l’humanité ne prête plus son attention aux hommes…, c’est philosophiquement écrit le genre de moment qui marque une vie au fer rouge, aucun risque que l’inspecteur suédois Johan Esbjörnsson ne l’oublie.

Nous sommes un soir d’octobre 2017, non loin de Copenhague où, avec son épouse, Birgitta, il passe ses vacances, le couple dîne au restaurant, son téléphone sonne, un collègue lui annonce qu’on a besoin de son chien Ben pour retrouver la tête et le reste du corps de Kim Wall, une jeune journaliste suédoise aperçue pour la dernière fois le 10 août 2017 dans le détroit de l’Oresund, entre le Danemark et la Suède, alors qu’elle montait à bord de l’UC3 Nautilus, le plus grand sous-marin privé au monde…, elle allait interviewer Peter Madsen, 46 ans, son inventeur, touche-à-tout génial dont la renommée dépassait les frontières du Danemark.
Kim avait 30 ans, elle s’apprêtait à s’installer en Chine avec son compagnon, c’était sa dernière interview avant son départ…, le 21 août, son torse lesté de métal est découvert échoué sur une digue en pierres, puis, plus rien pendant plus de six semaines.

Ben est un springer anglais, un chien costaud, court sur pattes, aux longues oreilles, l’inspecteur Johan Esbjörnsson vit alors avec lui depuis six ans, ce n’est pas un chien d’attaque, juste de chasse, il ne fait qu’utiliser son flair, il est capable de reconnaître l’odeur du sperme et du sang ainsi que celle de la mort qui flotte au-dessus de l’eau.
Le corps, quand il se décompose, fabrique des bulles de gaz qui éclatent à la surface, l’odeur est très fugace, le vent l’éparpille rapidement et elle évolue selon le temps passé sous l’eau.
Quand Ben renifle du sang ou du sperme, ou « la mort », il « marque », c’est à dire qu’il notifie qu’il a reconnu l’odeur à un endroit précis, en mettant son museau sur l’odeur et en s’arrêtant de bouger…, très peu de chiens savent faire ça…

Quand l’enquête sur la disparition de Kim Wall débute, les policiers ont déjà un suspect : l’inventeur du sous-marin, Peter Madsen…, il nie être responsable de la disparition de la journaliste, mais il adapte sa version au gré des avancées des investigations : « La jeune femme est rentrée chez elle », affirme-t-il d’abord…, « Elle a trouvé la mort accidentellement, quand son crâne a heurté l’écoutille », dit-il ensuite…, « Pris de panique, j’ai jeté son corps par-dessus bord »
Impossible d’infirmer ou de confirmer quoique ce soit tant que le corps au complet n’a pas été retrouvée, d’autant plus que Peter Malden a sabordé son sous-marin, noyant de nombreux indices… et la zone de fouille est très vaste…, le sous-marin est descendu sous l’eau vers 20 heures et n’a été retrouvé qu’à 9 heures le lendemain, il s’est écoulé de nombreuses heures sans que l’on sache où il avait pu aller…, autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Heureusement, les Danois ont entendu parler des prouesses des chiens de leurs voisins suédois, capables de détecter la mort sous l’eau…, en Suède, il y a beaucoup de lacs, de nombreuses personnes s’y suicident…, pour les plongeurs, retrouver les corps était très difficile, alors ont été formé des chiens…. et trois d’entre eux, dont Ben, sont venus épauler les enquêteurs danois…, mais, ici, ce n’est pas un lac…, Kim Wall a disparu en pleine mer : les vagues sont hautes, le vent fort, la visibilité parfois réduite à cause du brouillard.
Les jours où les trois chiens suédois peuvent sortir sont peu nombreux, quand ils y arrivent, c’est avec difficulté… et Ben a peur, il manque à plusieurs reprises de tomber à l’eau…, de plus, quand, pour la première fois, les deux autres chiens « marquent », Johan et son Ben sont en vacances.
Les hommes-grenouilles plongent, plongent et plongent encore, mais remontent toujours bredouilles, les enquêteurs danois demandent à Johan de revenir avec Ben, pensant qu’il y avait eu une erreur dans le relevé des coordonnées GPS.

Les trois chiens cherchent…, chacun sur un bateau, avec un plongeur à bord… et Ben « marque »..., les plongeurs sautent…, mais là encore, ils ne trouvent rien…, ils ont toutefois noté les coordonnées et Johan imagine un test, en guise d’appât : un habit imprégné de l’odeur d’un cadavre qu’il jette à l’eau, lesté de plomb…. et Ben « marque » à 150 mètres au sud du linge…, en Suède, sur les lacs, seul le sens et la force du vent importent pour déterminer où plonger, avec ce test, on comprend qu’il faut prendre en compte les courants ainsi que la salinité de l’eau.
Un océanologue entre en scène, les plongeurs suivent ses calculs…

Et c’est ainsi que le 6 octobre 2017, avec pour point de départ la marque de Ben, ils retrouvent la tête de Kim Wall.
Les chiens repartent ensuite au travail… et l’une après l’autre, chaque partie manquante du corps est remontée, mettant à mal les versions successives de l’inventeur danois, que la presse surnomme désormais « le boucher de l’Oresund »
Le 6 décembre, trois mois et demi après le meurtre, le corps peut enfin être reconstitué…, Johan et Ben retournent chez eux, fiers du devoir accompli, ils sont devenus des héros…, l’année prochaine, l’inspecteur Johan Esbjörnsson prendra sa retraite et fêtera ses trente ans de bons et loyaux services comme conducteur cynotechnicien (il est entré dans la police en 1976)…, quand Johan partira à la retraite, il gardera Ben, ce sera son cadeau de départ.

Il a été jugé que l’inventeur Peter Madsens a attaché et violé la journaliste avant de la laisser mourir dans une agonie épouvantable, jambes et bras coupés à bord du sous-marin qu’il avait construit…, c’était prémédité puisqu’il avait embarqué une scie, des tournevis et des vis très longues, ainsi que des liens, dont des chaines et cadenas qui ont été utilisés pour attacher la journaliste pour ensuite la frapper, l’entailler sur tous le corps en coupant « à vif » tétons et clitoris et finalement ensuite la découper vivante, membres après membres.
L’autopsie a révélé 14 plaies internes et externes au niveau du sexe de la victime, infligées alors qu’elle était encore vivante…, la mort de la journaliste a été un véritable calvaire, d’autant qu’elle était enfermée dans le sous-marin en plongée sans que quiconque ne puisse l’entendre hurler, elle se rendait compte que plus aucun espoir n’était envisageable, elle n’était plus qu’un tronc avec encore sa tête pour se rendre compte que même ainsi, Peter Madsen la violait encore…

Parallèlement, la police a également indiqué qu’elle réexaminait l’affaire non résolue d’une touriste japonaise dont le corps mutilé avait été découvert dans un port de Copenhague en 1986, pour vérifier si elle pouvait avoir un lien avec l’affaire Kim Wall.
Les jambes de Kazuko Toyonaga, 22 ans, avaient été découvertes dans un sac en plastique flottant dans les eaux.
« Je suis un psychopathe affectueux »…, voilà comment Peter Madsen s’est lui-même décrit au tribunal…, les psychiatres qui l’ont examiné, eux, l’ont défini plutôt comme un « pervers polymorphe » représentant un « danger pour autrui » avec « un risque très élevé » de récidive…, c’est aussi l’avis de la juge professionnelle et des jurés du tribunal de Copenhague qui l’ont condamné à la prison à vie pour l’assassinat, précédé de sévices sexuels, de la journaliste suédoise Kim Wall à bord de son sous-marin privé en août 2017.

« L’ingénieur de 47 ans a commis un meurtre cynique, prémédité, d’une nature particulièrement violente », ont ainsi estimé ses juges…, il a été reconnu coupable de meurtre avec préméditation, coupable aussi de lui avoir infligé des mutilations sexuelles avec démembrement de son corps alors qu’elle vivait encore, avant de disperser les morceaux, lestés, en mer.
Peter Madsen, lui, plaidait la thèse de l’accident…, il a écouté le verdict près de son avocate commise d’office et a annoncé son intention de faire appel.
Invité à s’exprimer en dernier, avant le verdict, il s’était dit « vraiment, vraiment triste de ce qui s’est passé », utilisant un adjectif qui pouvait également signifier « désolé » en danois.

Au Danemark, la condamnation est historique…, dans ce pays, seules 25 personnes purgent une peine d’enfermement à vie.
Selon le procureur, Peter Madsen pensait réaliser le « crime parfait » : « Il avait un plan criminel idéal, comme il l’avait confié à une amie dans un SMS. Il n’y a pas de place pour le doute dans cette affaire ».
Le magistrat faisait allusion à des textos échangés entre Peter Madsen et l’une de ses amantes, quelques jours avant le crime…, celle-ci, peinant à boucler un projet artistique qui s’est avéré être une partouze sado-masochiste, lui a demandé de la « menacer pour la motiver ».
A posteriori, la réponse de Peter Madsen est équivoque : il a répondu et écrit qu’il avait un « plan de meurtre prêt à bord du sous-marin », évoquant notamment un démembrement.
Le meurtre de Kim Wall va se dérouler quelques jours après, précisément selon le même scénario macabre, la jeune femme a notamment subi 14 perforations autour des parties génitales !

Pour ses juges, Peter Madsen a donc prémédité son crime…, ils se sont notamment appuyés sur le fait que l’ingénieur avait réuni à bord de son sous-marin des objets inhabituels pour un submersible : une scie à bois (« parce que ça fait bien plus mal à vif qu’une scie à métaux ou chirurgicale » s’était-il laissé à dire à son amie  qui voulait qu’il la motive pour son projet artistique)…, un tournevis de 50 cm, des vis de 20 cm, des sangles de valise (dont les dessins correspondent aux marques retrouvées sur les bras de la victime)… et des chaines avec cadenas sans clés (« parce que je n’avais aucune intention qu’on puisse les ouvrir » avait-il dit à un enquêteur).
Durant le procès, Peter Madsen avait froidement répondu à d’autres questions…, interrogé par exemple sur le démembrement du corps de Kim Wall encore vivante, il avait répondu : « Quand on un gros problème, on le coupe en morceaux »…

Le scénario de la perversion sexuelle morbide est renforcé par les éléments retrouvés sur l’ordinateur de l’ingénieur : 40 vidéos de « snuff movie » dans lesquelles des femmes sont réellement violées, mutilées, égorgées, empalées ou pendues. Plusieurs d’entre elles avaient été diffusées devant la cour pendant le procès.
« Ce n’est pas sexuel. Je regarde ces vidéos pour pleurer et éprouver des émotions », s’est défendu Peter Madsen.
Autre élément déterminant, quelques heures avant de recevoir Kim Wall, il effectuait une recherche sur Internet sur les mots-clés suivant : « femmes », « agonie », « décapitation ».
Sa réponse : « Pure coïncidence »…
Mais alors dans le monde futur que nous créons, que vont faire les humains ?
Le travail de l’homme sera de nourrir son chien, et celui du chien d’empêcher l’homme de toucher aux machines et de faire l’idiot…