Win Delvoye,
l’art du lard pour cochons milliardaires !
L’enquête continue, la démonstration devient implacable, la logique l’emporte…
Je résume l’affaire :
Connaissez-vous ArtPrice ?
Le subversif absolu est devenu la soupe populaire…
L’urinoir « Fontaine » de Marcel Duchamp, le point extrême de l’imbécillité convulsive !
Les gemmes coruscantes de l’excessivisme dans l’art pour les cochons…
Les « Colonnes » de Buren…
Oeuvres-d’art ou escroqueries intellectuelles ?
Crise, vous avez dit crise ?
Pourquoi des « artistes » meurent-ils de faim ou de rage de n’arriver « nulle part » (pour autant qu’il importe d’arriver « quelque part »), alors que des opportunistes dans l’opportunisme, réalisent, avec « l’art », un business d’enfer (le coté Dantesque du lard artistique) qui ne profite quasi jamais aux dits artistes…, sauf, pour quelques-uns comme Picasso, Andy Warhol, Jeff Koens, Win Delvoye…, lorsqu’ils s’aperçoivent que la manière à plus d’importance et de valeur que l’objet créé.
L’évolution dans « l’art »…, révolution des mentalités jusqu’ici lobotomisées…, c’est souvent devenu un prétexte…
Ce n’est plus une manière de s’exprimer, c’est une façon de créer des montagnes d’argent…
Bien des « ceusses » qui se prétendent « artistes », ne sont que des « inventions »…, des pantins créés par quelques milliardaires, ainsi que par divers affairistes, galeristes et entremetteurs d’art… pour servir à un système de « blanchiment », plus pour « blanchir » des revenus occultes…, mais pour créer des revenus qui échappent à l’ogre fiscal…

Difficile de décrire et expliquer « simplement » un système, pourri jusqu’à la moelle, dont les proches sont « arrosés » de mille manières afin qu’il perdure !
Mon résumé vous parait complexe ?…
C’est pourtant simple : Pourquoi des cochons tatoués pour quelques euros dans une ferme chinoise valent-ils, une fois importés en occident, des centaines de milliers d’euros et sont-ils considérés comme des « œuvres-d’art »…?
De même…, pourquoi des « Chiens-chiens-ballons » et des « Cocotes-en-papier » géantes en aluminium, réalisées à vil-prix en Inde ou en Chine…, valent, une fois décrétées « œuvres d’art », plusieurs centaines de milliers d’euros ?  
Lorsqu’on en retire tout le bruit qui en est fait via de soi-disant experts internationaux et autres Gourous-médiatisés…, ce ne sont en réalité que des pitreries sans aucun intérêt, éventuellement des objets décoratifs affichés mille, dix-mille, cent mille, voire plusieurs millions de fois leur valeur réelle…
Ce sont des objets qui n’intéressent personne n’ayant pas accès à ce « moyen »…
Ce sont des « choses » qui ne sont jamais achetées par quiconque n’ayant pas envie de participer à ce même « moyen »… : les résultantes d’un calcul basé sur une escroquerie intellectuelle…
Un moyen, ou l’art est étranger…, de créer de l’argent au départ de presque rien, ou les seules vraies valeurs ne sont pas les œuvres-prétextes…, mais les expertises et les cotations, qui ne s’appuient nullement sur l’essence même de l’art (qu’est-ce que l’art ?), mais sur le jeu des plus-values créées de toutes-pièces, des escroqueries subtiles (quoique…), sur base d’affirmations mensongères diverses que la masse des beaufs accepte sans broncher, tout comme les autres actes de lobotomisation de masse.

Les « beaufs » ne servent qu’en tant que masse qui donne crédit à ce qui ressort de sa propre lobotomisation… au moyen d’articles et reportages dans les médias, d’expositions laudatives, de soi-disantes transactions mondiales aux montants stratosphériques… et même via une « crédibilisation éducative » sur base que l’art est comme l’ensemble des religions…, une entité intouchable, in-critiquable…, ou l’incompréhension devient une acceptation d’un fait accompli…
Mais les « beaufs » dans cette histoire, ne sont utiles que dans leur aval à un système auquel ils ne comprennent rien et sur lequel ils n’ont aucune prise…
Bref, ce système se sert de la perception que les gens ont de l’art, de la création.., pour faire passer comme « œuvres-d’art » des dérives et abominations grotesques : peinturlurations débiles, objets détournés de leur fonction, gags divers…
Le « pourquoi » de cette dérive est fiscal : aider les « artistes » est déductible des impôts…
C’est un sentiment noble qui est une aide aux artistes et qui permet à l’art, tel que perçu par les masses, de s’intégrer dans la vie sociale et économique, ceux qui en ont les moyens financiers, ainsi que les entreprises, étant « poussés » légalement à acquérir des œuvres d’art…
Le « comment » est assez pervers, il s’agit de créer de l’art au départ de presque rien, de le valoriser par tous moyens, de « pousser » les œuvres ainsi produites vers des sommets financiers et de se les vendre…, ce qui permet de déduire les montants des impositions, tout en envoyant ces mêmes montants dans un système quasi entièrement sous contrôle…
C’est à dire que l’artiste « appartient » (en quelque sorte) à l’acquéreur, ce qui permet des retours en dessous de table presque égaux aux montants payés…, tandis que l’instrument de la transaction, le plus « officiel » possible, c’est à dire une maison de ventes aux enchères réputée…, appartient également à l’acquéreur…
Et…, cerise sur le gâteau, le lieu ou atterrira « l’œuvre d’art » est une fondation appartenant bien évidement à l’acquéreur…
Pour finaliser ce « système », l’effet « mouton » fait que tôt ou tard un illuminé fortuné finira par acquérir l’œuvre au prix fort, crédule que « le marché de l’art », comprenant experts (à la botte), maison de ventes aux enchères et médias (également propriétés de l’acquéreur ou… reconnaissants des budgets « publicitaires » alloués pour d’autres marques appartenant au premier acquéreur)…, garantit la réalité et la valeur (la cote) de « l’œuvre-d’art »…

« L’art » c’est aussi pour l’artiste « dirigé », d’avoir quelques idées pour que des stupidités puissent être considérées comme des « œuvres-d’art »…
Dans toutes ces affaires, l’art, c’est avant tout celui de « l’enroule », à bref, moyen ou long terme, avec ses lots d’invendables invendus temporaires… vendus au prix fort en tant que « valeurs certaines »…, qui ne le sont que parce qu’on l’affirme… et parce qu’on a intérêt à l’affirmer.
Des cochons élevés dans une ferme en Chine, tatoués à la chaine de motifs pornographiques, le tout ne coûtant que quelques centaines d’euros… est, à coup sur, la meilleure idée du genre !
Des « Cocotes en papier » de la taille d’une camionnette et des « Chiens-chiens-ballons » géants réalisés les uns et autres en aluminium pour pas très cher en Inde ou en Chine… en est une autre, encore plus rentable car valorisés à des centaines de milliers voire des millions d’euros !
Ce « système » fonctionne assez bien depuis quelques années, évidemment, pour « se payer » un ou plusieurs artistes, une maison de ventes aux enchères, un musée d’art, une fondation-musée, et divers médias-presse ainsi que des experts…, il faut avoir des moyens considérables…
Il n’empêche que…, aux États-unis, divers milliardaires correspondent très exactement à ce schéma et « œuvrent » principalement dans les automobiles dites de collection.
C’est une des raisons pour lesquelles les valeurs des automobiles de collection sont plus élevées aux USA…
En Europe, le marché se résume à quelques très grandes fortunes : la famille Dassault qui a acheté Artcurial (Poulain-LeFur)…, François Pinault qui a acheté Christie’s…, Bernard Arnault qui a acheté Phililp’s…, les uns les autres possédant des médias-presse, des fondations « artistiques », des musées…, quantités de sociétés de très grand luxe… et « leurs » artistes attitrés… : Win Delvoye et ses cochons tatoués pour l’un… et Jeff Koens et ses « Chiens-chiens-Ballons » géants pour l’autre…

J’ai connu dans différents arts… et ils sont nombreux…, celui de blanchir de l’argent avec des objets, toiles ou automobiles « de collection », terme galvaudé qui sert avant tout de paravent à des activités qui sinon paraîtraient débilitantes…
Mais cette méthode n’était pas aussi simplement sophistiquée, puisque les « œuvres-d’art » et « objets de collection », n’étaient pas, dès l’origine, propriété des bénéficiaires…
De plus, il arrive un moment ou « Les Tournesols » de Van Gogh (et autres œuvres d’art) deviennent tellement chères, qu’il n’y a plus d’acquéreurs possibles au sommet de la pyramide (ou du carrousel) !
C’est une affaire assez simple qui a le seul défaut de ne pas créer une nouvelle masse financière, mais simplement de blanchir des revenus « in-déclaratoires » (du black !)… :
– ou est l’argent à blanchir, doit être créé une société ou une entité, si possible fausse sous des airs de formidables réalités médiatiques…,
– ou et à qui est destiné ce blanchiment, il suffit d’acheter une œuvre d’art qui n’a pas encore été « découverte »…. et… elle va se « découvrir » lors d’une vente aux enchères, voire en gré-à-gré sous le label d’un entremetteur-expert… et atteindre des sommets !
Soit que l’argent à blanchir sert à acheter l’œuvre (ou l’objet), soit que c’est l’achat de l’œuvre (ou de l’objet) qui permet une évasion de sommes qui, si non, auraient du être englobées dans le calcul de l’impôt…
Ainsi « labellisée », l’œuvre va finir par avoir sa vie « propre » (en fait pas propre du tout)…, les gogos-beaufs à qui cet « exploit » extraordinaire magnifié par les médias est présenté comme une « logique » de marché (le marché de l’art, avec ses cotations et… algorithmes…), vont alors croire à Noël à Pâques et être convaincu que les pires croûtes munies d’une expertise, augmentent de valeur…, ce qui génère des augmentations de valeurs (cotation) avalisées par les experts et médias,
Jusqu’au moment ou les « blanchisseurs » vont à nouveau changer de méthodes (c’est cyclique) et que le « marché de l’art » va s’effondrer… en attente d’un nouveau rebond !

Ce système a besoin d’effets médiatiques pour se justifier et annihiler toutes controverses, en noyant le monde, les médias, les gens, le peuple, en ce compris les experts imbéciles…, dans des montagnes de statistiques et de chiffres à qui ont fait dire tout et n’importe quoi…
C’est dans ce fourbi qu’il m’est manifeste que certains artistes ne « créent » que pour alimenter une méthode de blanchiment au profit d’un cercle de personnages très fortunés qui officiellement aident « l’art », alors que comme dans le monde de la Formule1 et du Football (entre autres), le système ne sert qu’à des retours en dessous de table…
En achetant des cochons tatoués, des ferrailles, des cocottes en papier et des chiens-chiens en forme de ballons géants, on peut imaginer les plus riches « patrons » de France se donner l’allure de mécènes, férus d’art au point de créer leurs fondations-musées pour y entreposer les « invendables » acquits à prix d’or…, alors que 80% reviendraient sur des comptes d’ailleurs…
La grande dame milliardaire « parce qu’elle le vaut bien » aurait pu agir de même à hauteur d’un presque milliard d’euros avec un « artiste-photographe » qui aurait été dès-lors non pas le réel bénéficiaire, mais le moyen justificatif artistique…

Derrière un large portail de fer rouillé, Monsieur Propre (parce qu’il lave plus blanc), roule des mécaniques pour protéger son atelier des curieux.
Vade rétro Satanas !
C’est là, entre les trottoirs populaires de Gentbrugge et un chaos de cannettes de café latte, que le professeur Barabas de la machine à étrons, j’ai nommé Wim Delvoye, réinvente la mécanique de l’art contemporain (appréciez le double sens) dans le seul but qu’on parle de lui et de ses « œuvres » !.
Se prétendant disciple du génie triomphant de Léonard de Vinci (sic !), « l’artiste » belge prend le contre-pied de l’avant-garde.
Au fond de son jardin sauvage, des lapins mutants rêvent d’un monde plus merveilleux… et des nichoirs sado-masos gardent la tirette ouverte pour permettre à l’imagination de prendre un coup de fouet.
A l’étage de l’entrepôt, des cochons chinois « taxidermisés » mettent un coup de boule à la mort en attente d’un nouveau mécène qui les rendra encore plus blancs que blancs…
Au rez-de-chaussée, entre deux caisses en partance pour Jericho Road, des pneus sculptés de dentelles gothiques, une bétonnière cathédrale et des vitraux dédiés aux nouveaux dieux du foot, ou un Christ s’entortille dans une croix de bronze comme s’il avait mordu à la tentation.
Sympa et attirant, Wim Delvoye m’ouvre les portes de son univers où se télescopent le bon et le mauvais goût, le divin et le maudit, le pur et l’impur.
Bienvenue au paradis du gentleman-cambrioleur de l’histoire de l’art dans une interview parodique qui mélange le vrai et le faux dans un délire total…
Comme Win Delvoye est un pitre, l’interview devait être revisité en une pitrerie abyssale…
Tout petit, vous rêviez de devenir l’égal de Rubens, du moins est-ce que vous prétendez dans les bios à votre gloire, éditées par vos mécènes et clients… Or, vos réalisations sont loin, très loin d’être des Rubens… Si vous êtes un « artiste », c’est plutôt dans l’art de l’enroule et d faire des cochonneries… D’où vous vient cette passion ?
J’ai été un peu triste quand je me suis rendu compte que je n’arriverais pas à peindre comme Rubens. Je n’ai jamais réussi à mettre de la lumière dans un tableau. Mais je ne suis pas jaloux et d’ailleurs, je ne suis pas devenu peintre ! Aujourd’hui encore, je ne vois nulle part des tableaux capables de rivaliser avec ceux de la période baroque. Rien ! Je ne dis pas ça pour être méchant avec les jeunes artistes. Il y a des personnalités intéressantes dans le monde de l’art contemporain, plus intéressantes sans doute que leur peinture et que les clients qui payent des prix énormes pour ces œuvres… J’achète de l’art ancien pour rester humble, pour relativiser les choses de la vie. Regarder ces tableaux me donne envie d’œuvrer à la postérité. C’est un vrai souci de penser au futur. Trop peu de gens réfléchissent à l’avenir. J’adore ces empoignades entre peintres capables de s’envoyer des pamphlets pour savoir s’il faut écrire « concretisme » avec un « c » ou avec un « k », parce que le « c » fait trop classique et que le « k » fait trop progressiste. Les gens vont rire de nous plus tard et surtout de moi, j’imagine. Mais ce n’est pas grave…Vous êtes d’avantage collectionneur de toiles et de mobilier anciens, de livres rares et même d’albums Panini…, que créateur-artiste de toiles, de mobilier…, de plus vous n’écrivez strictement rien…, où est le fil rouge ?
C’est mon malheur : j’aime tout, de la boîte de fromage La vache qui rit, aux Charités romaines. Tous les grands peintres du XVII ième siècle ont touché au thème de la Charité romaine. C’est un sujet incroyable : un père meurt de faim en prison et sa fille va le sauver en lui donnant le sein à chacune de ses visites. C’est une certaine idée du miracle.
C’est ce genre de chose qui vous inspire ? Je suppose que l’image de recevoir le sein est en fonction de ce qu’on vous paye ?
Ce genre de peinture me donne envie de créer.
Oui, mais parce que chaque « création » vous rapporte des fortunes !
Ce n’est pas de l’art moderne mais ça m’intéresse. Je me suis acheté une authentique Charité romaine. Pas cher : le prix d’une pièce que j’avais créée deux mois plus tôt. Quand même ! Ce n’est pas juste. Les Charités, c’est un genre oublié. Un bon maître français de cette époque, ça ne coûte rien. Cela me permet de me lever chaque matin en me pinçant pour voir que j’ai un de ces tableaux incroyables chez moi.
Vous avez un culot monstre, cette « charité » c’est une affaire à 100 millions d’euros, un sacré bénéfice en contrepartie de quelques cochonnailles…
J’adore aussi les livres. Dans le château de Kwatrecht que j’ai acheté près de Gand, je voudrais faire un mur rien que de livres anciens. Mais attention, derrière les reliures, il peut y avoir de belles choses comme tout Diderot et d’Alembert ! Un jour un jeune journaliste un peu prétentieux a débarqué chez moi. Il m’a raconté tout ce qu’il avait étudié. Une interview très chiante. Quand il m’a dit qu’il ne connaissait pas l’existence de Diderot, l’interview n’avait plus de sens.
En fait, vous vous comparerez à Diderot sur le plan qu’il a baisé la Grande Catherine ? Vous, vous baisez tout le monde !
Diderot, est effectivement l’homme qui a baisé la Grande Catherine de Russie ! Il faut quand même savoir quelque chose dans la vie. Ne pas connaître Diderot, c’est aussi grave que de ne pas savoir ce que signifie la démocratie ! Diderot, c’est l’Humanité !Vous avez été propriétaire pendant un mois de la propriété de Corroy-le-Château en Wallonie et vous avez acheté le domaine de Kwatrecht en Flandre, en 2008…, est-ce à dire que la vie de château vous fait rêver puisque vous gagnez des centaines de millions d’euros chaque année ?
J’aime les lieux chargés d’histoire et les grandes terres. La Wallonie me fait rêver avec ces belles forêts. J’ai acheté le château de Kwatrecht avant de m’apercevoir que la Flandre est le pays des « embêtantenaaren » (les fonctionnaires de l’embêtement). Quand j’ai commencé à nettoyer les douves, ce qui n’avait plus été fait depuis 50 ans, les « embêtantenaaren » m’ont demandé si j’avais un permis. Un permis ? Pourquoi ? Parce que ce sont des « embêtantenaaren » ! J’ai pris un avocat mais la justice m’a donné tort. Là, je me suis dit que tout ça n’était plus possible, que j’allais aller à Corroy, en Wallonie, avant de comprendre que ce que je voulais y faire n’allait pas être possible. Donc, je suis toujours à Kwatrecht, où même quand je veux changer les meubles, une commission de quelques « embêtantenaaren » me demande quel clou je vais planter dans le mur, et savoir si j’ai un dossier sur ce clou !
Je ne crois rien de votre explication, j’ai plutôt l’impression que ce fut là un moyen de faire parler de vous et de ristourner à un de vos mécènes, de manière « officielle » un montant financier en retour de la vente d’une de vos oeuvres… Une façon de transformer l’art en lard…
C’est ça la Belgique aujourd’hui !
Qu’est-ce que vous voulez faire à Kwatrecht ? Un musée à la Dali ? Un Figueres belge ? Un nouveau palais idéal du Facteur Cheval ?
Je n’ai pas pensé au Figueres de Dali mais plutôt au Giverny de Monet ou au Nerverland de Michael Jackson. Dali, je n’ai pas trouvé son œuf sur le toit assez spectaculaire. Figueres, je trouve ça un peu cheap. Et puis de toute façon, Kwatrecht, c’est du provisoire. Je veux construire mon propre château.
Oh ! Ne vous faites pas d’illusion, ce ne sera sans doute pas possible en Belgique, le fisc finira bien par vous tomber dessus, la Belgique est affamée et vous vous pavanez en criant partout que vous êtres hyper-fortuné. Vous n’avez aucune crainte d’être détesté, vous ne cherchez qu’à faire parler de vous !
Mais si on ne veut rien entendre à ce que je souhaite faire, je dirai bye-bye. Je mettrai Kwatrecht en vente publique. Je le ferai quand je saurai où aller. Je regarde du côté de l’Indonésie. Je parle la langue locale, le Bahasa. Je l’ai apprise à la fin des années 80, quand je suis allé là-bas faire sculpter des œuvres. La Chine me plaît aussi ou Macao. Je ne sais pas encore. Je veux politiser le débat.Après l’affaire de Corroy-le-Château, la Wallonie ne vous attire plus ?
Beaucoup de gens, de propriétaires de château m’écrivent. J’ai parlé avec Elio Di Rupo, à Mons, dans la perspective de Mons 2012. Nous avons discuté des nombreuses possibilités que cela va ouvrir. Il m’a juré qu’il n’y avait pas de pinailleurs à Mons. Et je le crois vraiment. S’il veut faire quelque chose avec moi, je suis prêt.
Vous pensez vendre une de vos œuvres au gouvernement wallon ? Vous rêvez de ruiner la Wallonie, ou alors est-ce un plan pour évacuer des surplus socialistes non-déclaratoires ?
Je ne crois pas qu’un gouvernement en Belgique, quel qu’il soit, puisse être capable de grandes réalisations artistiques. C’est une question d’état d’esprit.A une époque que l’on dit sans tabous, c’est plus facile de jouer à l’artiste d’avant-garde qu’en être véritablement un ?
Non ! Je n’avais jamais imaginé que je puisse un jour être si avant-gardiste que l’avant-garde elle-même serait choquée. Je veux construire ce qu’il y a de plus beau mais la beauté reste elle-même un mot tabou ! Dès l’école, on vous apprend à ne pas dire « beau ». Il faut dire « intéressant » plutôt que « beau ». L’ouvrier est fâché avec l’art contemporain parce que pour lui, l’art, c’est le bien-faire. Au XX ième siècle, on a fait croire que les ouvriers ou les pauvres qui ne participent pas à l’engouement pour l’art, n’aiment pas Picasso, le tachisme ou le minimalisme…, manquaient d’éducation. Je ne crois pas qu’il faut être éduqué pour voir la beauté de l’art.
C’est sur ce principe que ces ouvriers, ces « beaufs », sont lobotomisés par les médias de votre mécène et finissent par croire que vos cochons tatoués sont des œuvres-d’art qui valent des centaines de milliers d’euros ! Vous êtes cynique !
On peut se promener dans un musée sans avoir eu de l’éducation et apprécier ce qu’on voit. S’il faut de l’éducation, c’est que ce n’est plus de l’art. Les gens du XVII ième et du XX ième siècles sont les mêmes. On n’a pas réussi à inventer l’homme idéal. Tous les mouvements qui ont eu foi dans cette idée de façonner l’homme comme le communisme, le socialisme, le stalinisme, le freudisme… ils voulaient se croire plus malins que les hommes.
Cloaca, votre machine à caca, c’est de l’art populaire, ou une manière provocante de signifier au monde que l’art contemporain, c’est de la merde ?
La merde, c’est tellement mondialiste et tellement bas que ça n’entre pas dans le discours intellectuel, académique. C’est comme les pelles, les bombonnes à gaz, les bétonneuses. C’est prolo, plébéien, bric-à-brac… Il y a un côté organique là-dedans. J’ai moulé ma propre merde pour la couler en bronze, en or ou en argent, je doute encore de la matière finale. L’or, c’est peut-être mieux car c’est plus limité…Gainsbourg, Rabelais, Offray, Sloterdijk ont aussi fait l’éloge de la scatologie…, ou plus récemment, Katerine, le chanteur de « Louxor, j’adore », qui range ses étrons au frigo et les conserve parce que ce sont des œuvres à chaque fois différentes. C’est inspirant, un étron ?
Moi aussi, je les garde au frais ! Regardez ! Il y a des frigos un peu partout dans mon atelier. Un deux trois quatre, cinq !… Il y a aussi des crottes bien emballées qui ne sont pas au frigo mais celles-là, j’ai un peu peur de les ouvrir. Ici, encore deux frigos pleins, ça fait sept frigos en tout. Dedans, il y a parfois des crottes de Cloaca, mélangées avec mes propres crottes, toutes datées. J’en ai même ramené de New York, quand j’avais un appartement là-bas. Je les ai congelées pour les prendre dans ma valise, puis je les ai séchées et apportées à Louvain dans une entreprise spécialisée dans la stérilisation…
C’est aller loin dans le cynisme… Vous gagnez des montagnes d’or sur un « système » et plutôt que d’en profiter, vous semblez vouloir dire que les gens sont des imbéciles, que votre art c’est de la merde… Serait-ce pour vous détaxer, vous gracier de ce qui n’est qu’une énorme escroquerie intellectuelle ?
Je vais peut-être trop loin mais je n’y peux rien. L’art populaire pour les ouvriers ou les employés de banlieue qui ne vont jamais aux vernissages, c’est quelque chose de très difficile à faire. Moi, j’aime la modestie des choses. Je n’essaie pas de choquer ni de jouer à la vedette. Je rêve simplement d’un art qui ne se répète pas. Plus on ose, plus on fait des erreurs, mais plus on risque de faire un jour une belle œuvre…Entre le baroque et la crotte, c’est le grand écart…, la reconnaissance de votre non-talent, c’est important pour vous ?
Depuis le début de ma carrière, je n’ai eu de cesse de poser cette question fondamentale : Est-ce que c’est de l’art ? Ce n’est pas grave si je suis assimilé à un designer. Je le prends comme un compliment parce le design, c’est l’art du bien faire. On a eu un XX ième siècle où les gens ont peint comme des singes, pas comme Rubens ou Velasquez. L’un a fait un trou dans la toile, l’autre a pissé dessus ou fait des taches avec une éponge… Quand on revoit le catalogue des cent dernières années, qu’est-ce que tout ça est chiant ! En 2010, on est dans un nouveau siècle avec de nouvelles règles. Les critiques d’art, les curateurs de musées, c’est dépassé ! On a des artistes contemporains qui peuvent faire carrière sans eux, sans biennales, sans tampons, sans revues officielles…
Tout est vanité !
Il faut ruiner toute forme de prétention. C’était le propos de Thomas Bernhard dans son roman « Maîtres anciens ». Son personnage de Reger cherche des défauts dans les oeuvres du passé et s’attaque à toute forme d’idolâtrie, en particulier celle exercée envers les artistes. C’est aussi la leçon présente dans Cloaca N° 5, une machine que l’on nourrit et qui chie des excréments presque humains. Cette créatrice de merde est l’équivalent des vanités, ces tableaux qui faisaient prendre conscience aux spectateurs de la futilité des biens de ce monde. Nous sommes dans un univers de prétention où il faut déconstruire ses désirs de paraître. On raconte qu’un empereur romain se réveillait tous les matins en se faisant rappeler qu’il était mortel…
Voilà ce que bien des politiciens devraient se dire de nos jours. Je rappelle au monde que nous sommes humains, êtres de chair qui mangent et défèquent. Il faut démystifier l’idée romantique de l’Art avec un grand A, l’art comme un remplacement de la religion. Vous êtes un iconoclaste ?
Comme avec tout ce que je fais, c’est dans un rapport double. Les Flamands sont des collaborateurs qui survivent à toutes les occupations… Vous êtes plutôt un opportuniste qui s’attaque à la merde ambiante en créant de la merde !
Oui, mais comme un virus qui attaque par en dedans. Ma stratégie est la suivante : on peut casser davantage de porcelaines quand on est dans le magasin. Il faut être efficace, il faut s’infiltrer. Bien sûr, cela donne une situation double. On est dans le système et on résiste. La merde est la garantie que qu’on ne vas pas vraiment réussir, qu’on va rester dans la résistance. Y-a-t-il vraiment une différence entre vous, Jeff Koons, Hirst, qui prétendent s’être infiltré lui aussi, mais en réalité vous êtes les uns et les autres des créations d’un système, toutes vos simagrées et vos grands coups de gueule ne servent qu’à cacher que vos œuvres sont calculées pour être vendues à des prix surfaits, stratosphériques, à une clique de milliardaires qui, en les achetant le plus officiellement possible, se présentent comme des mécènes, des amateurs d’art…, alors que cela entre dans des canevas comptables ! 
C’est vrai, lui et Hirst n’ont pas longtemps questionné leur position. Mais notez quand même qu’avant septembre 2008 quand le marché de l’art a piqué du nez, ma stratégie semblait idiote. Avant, ils avaient raison. Tout le monde, même les gens idéalistes, ont été influencé par le marché. J’ai presque eu peur, mais je me suis dit que le pendule irait un jour dans l’autre sens. Je ne croyais pas que cela irait aussi vite. Certes, j’ai aussi participé au système, quoique je n’aie vendu aucune des machines Cloaca dans ce système. Par contre, beaucoup de cochons tatoués, oui !  De grands capitalistes ont trouvé des signes pour jouer entre eux et pousser les prix. L’artiste a-t-il du pouvoir sur la société, peut-il changer le monde ?
En 2008, après le tremblement de terre dans la province du Sichuan, en Chine, mon ami Ai Weiwei, un des grands architectes chinois, a osé défier son gouvernement. Officiellement, le régime parlait de 2.000 étudiants disparus. Il a entrepris des recherches pour donner le nombre exact de victimes des écoles mal construites. Il en a dénombré plus de 5.000. C’est incroyable, un artiste qui a ce pouvoir de dire les choses tout haut. Alors, quand il me dit que ce que j’essaie de faire à Kwatrecht est courageux, je m’énerve. Si j’étais dix ans plus jeune, je partirais tout de suite. En Europe, on ne vit plus que dans le mensonge boursier. Plus personne ne pense à résoudre les vrais problèmes des gens. Plus personne n’a envie de travailler. Je suis allé à Paris avec une copine chinoise. Elle m’a dit : « Amaï ! Qu’est-ce qu’il y a comme touristes aux terrasses des cafés cet après-midi ! ». J’ai répondu : Tu rigoles, ils se disent tous bonjour. Ce sont des indigènes, des habitués ! Elle se demandait comment on peut se payer tout ce bon temps. Je suis un artiste progressiste. Je n’ai rien osé dire. Je crois que personne ne peut comprendre les maths ni l’économie en regardant les terrasses de café à Paris. Les Chinois sont fascinés par notre qualité de vie mais je les mets en garde : Attention, ce sont les derniers jours de Pompéi. Plus personne ne sait où on va. Malgré la crise, la fête continue mais, bientôt, la facture va arriver.Vous ne répondez absolument pas à ma question ! Je visais l’aspect financier, car le thème qui inspire mes articles sur l’art ces dernières semaines, a trait à un système qui utilise l’art pour permettre à quelques milliardaires de faire disparaitre des montants pharaoniques des griffes de l’ogre fiscal, sous couvert du mécénat et de l’achat d’œuvres d’art à des valeurs stratosphériques… La crise, la décadence sont sûrement des thèmes qui vous font avancer dans vos « créations » ?
La récession ne va pas être plus longue à cause des banques mais à cause des gouvernements qui ont cru devoir aider les banques et pouvoir tout régler. Lehmann Brothers devait tomber en faillite. C’est terrible mais c’est comme ça. Quand une crise est très grave, on s’en remet plus vite. Maintenant la crise va être un tout petit petit peu moins grave mais on va mettre beaucoup beaucoup plus de temps à s’en relever. On devrait se souvenir des Japonais. Ils sont en crise depuis vingt ans parce qu’ils ont oublié de baiser ! La crise, c’est aussi le problème du papier qui s’envole, de la richesse fictive, d’une société qui ne fait plus de valeur mais qui joue avec les valeurs. Toute mon œuvre est imprégnée de notre décadence culturelle.
Panem et circenses : les gens veulent du pain et des jeux. Sauf que vous faites partie d’un système qui se sert de cela pour créer non pas de l’art, mais des montagnes d’or…
Il n’y a plus rien d’autre pour cimenter les esprits. Quand on voit que la Wallonie est le meilleur partenaire commercial de la Flandre et qu’on veut diviser la montagne et la mer au lieu de les rapprocher. J’explique aux Chinois qu’à leur échelle, s’ils voulaient faire comme la Belgique, il leur faudrait 30.000 ministres. D’un pays nul, on veut faire deux pays nuls. C’est triste. Se retrouver ensemble demain avec deux pays nuls au lieu d’un, ce serait encore plus nul. Un pays nul c’est bien assez. Mais en même temps, je reste fasciné par la vie. Il y a des gens incroyables, ici même. Dans mon atelier, tout le monde est enthousiaste. On peut toujours « nettoyer la pelle », comme on dit en flamand : repartir de zéro.

L’art gothique semble, a priori, en décalage complet avec l’art contemporain, comment faites-vous le pont entre les deux ?
ll y a eu le néo-gothique avant moi ! Un revival énorme au XIXième siècle. Aucun autre style n’a connu ça. Aucun style n’avait duré aussi longtemps non plus : près de quatre siècles d’histoire. Tous les 30 ou 40 ans, de grands artistes ont renouvelé le style gothique. Pourquoi pas moi ? Le gothique, c’est l’éternel printemps culturel de l’Europe, le symbole de sa renaissance. C’est très typé et superbe au plan de l’ingénierie…Et ce n’est pas daté ?
La plupart de mes assistants ont une formation d’architecte. A l’école, les profs leur ont dit que ce n’était plus important de connaître le gothique. Bizarre ! Les architectes de l’époque étaient les interlocuteurs des grands rois. Les meilleurs artistes de la Renaissance travaillaient pour les puissants de leur temps. Léonard de Vinci a même été, en quelque sorte, au service du pentagone de l’époque ! Mais je m’emballe. Ce que je fais est plus modeste et n’a rien à voir avec les cathédrales. C’est tout à l’ordinateur, au laser, en inox. Ce ne sont pas ou pas encore des bâtiments. Ce sont des sculptures, des maquettes. Il est difficile de dire ce que j’en pense moi-même. Si vous revenez demain, je vous l’expliquerais autrement avec la même vérité dans la voix. Je ne sais pas prendre position sur le caractère moderne ou non du gothique aujourd’hui. En voyant ce que je fais, les gens me disent quelle créativité ! Mais je dois détruire leur enthousiasme en répondant que je doute de tout.Vous avez une ferme à tatouer les cochons à Shun Yiin et vous vous êtes lié d’amité avec Ai Weiwei, designer du stade olympique du Nid d’oiseau des Jeux Olympiques de Pékin et pape de la contestation artistique en Chine. En tant qu’artiste belge, comment êtes-vous perçu en Chine ?
J’ai un grand respect pour Ai Weiwei. Il a tellement bien réussi dans l’architecture que j’en suis sincèrement admiratif. Quand il m’a expliqué un jour qu’il est devenu architecte parce que personne n’achetait ses travaux d’artiste, je lui ai répondu : Tais-toi ! Tu es ridicule ! Tu veux vendre des pièces à des Madame avec un sac Louis Vuitton ? C’est ça ton rêve ? Moi je veux aller dans l’autre sens ! Les Chinois font tout pour échapper à la campagne. Alors je pense qu’ils ont des difficultés à comprendre la démarche d’un Belge… qui fait des pieds et des mains pour installer une ferme à cochons dans la campagne chinoise ! Je fais tout à l’envers ! Ce doit être ça qui les amuse et les étonne.Vos cochons, c’est de la cochonnerie, ce n’est pas de l’art… Quand à votre remarque sur les Madames avec un sac Louis Vuitton, c’est un pied de cochon à votre créateur et mécène qui vous a enrichi… Comment se peut-il que vous en veniez à croire que vous seriez un artiste à l’égal de Rubens ou de Léonard de Vinci, alors que vous n’êtes qu’un industriel de la merde… Comment voyez-vous notre futur dès l’instant ou les gens et surtout le petit « paquet » de milliardaire qui ont acheté vos cochonneries, vont partir vers d’autres cieux ?
Vous avez des enfants ? Soyez prudents.
C’est une menace ?
Faites en sorte qu’ils apprennent le chinois. Dans dix ans, l’Europe ressemblera à Égypte, celle d’après Cléopâtre. Il nous faudra peut-être bien mille ou deux mille ans pour nous en remettre. Une crise de 2.000 ans, ce n’est pas impensable ! Entre-temps, les Chinois viendront baiser ici. Je ne vois pas autre chose comme perspective ! Mais je m’éloigne de l’art…
Est-ce à dire que vous vous en moquez puisque vous avez engrangé de quoi voir venir pour 2000 ans ?
No comment !

Wim Delvoye au Musée Rodin
 
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