1928 Rolls Royce Phantom…        

Le mal par le malt…
En Ecosse, ils ont vraiment la belle vie, les anges, chaque année, ils prélèvent 2% d’alcool dans les barriques de whisky pour leur consommation personnelle…, cette « part des anges », cet évanouissement un peu magique d’une partie du fût, n’est d’ailleurs pas spécifique au pays…, les anges jamaïcains, antillais ou vénézuéliens prennent (l’évaporation étant plus forte sous ces latitudes), jusqu’à 5%, voire 7% des tonneaux de rhum.
Mais à côté des anges des distilleries, il y a les anges déchus des bas quartiers, ici des grands gamins de Glasgow, qui ont sombré dans la dope, les spiritueux frelatés, la petite délinquance et même l’extrême violence.
Pas beaucoup de chance de s’en sortir…

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Lors d’une de mes conversations avec Lord Crockett, propriétaire d’une distillerie de whisky écossais, lorsque je l’avais rencontré à Glasgow (ne rigolez pas, on a les fiertés qu’on peut), celui-ci se désolait de constater que les héros d’antan avaient progressivement disparu au profit d’une génération de godelureaux à peine sortis de la puberté, des endives avec beaucoup de gel dans les cheveux et aucun charisme, des demi-portions androgynes, émasculées sur l’autel de la métrosexualité.
Avant d’être des hommes parvenus, des types du même acabit que Lord Crockett avaient d’abord été des hommes : ouvriers, boxeurs, mineurs de fond, champions de lutte, anciens combattant…, bref, des gars qui avaient bourlingué.
Or aujourd’hui, la tendance est de mettre en vedette des minets imberbes venus de nulle-part et des poupées kawai issues de la télé, de la chanson ou du mannequinat…, des poupons aux joues roses comme Zac Efron ou Justin Bieber, plastiquement interchangeables et désespérément fades.

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Coiffé en arrière, le visage qu’on devine à l’épreuve des balles, épais comme un boeuf… et viril comme un taureau reproducteur dans toute sa splendeur trapue, Lord Crockett ne jure que par les Rolls et s’abandonne volontier dans le sturpre à l’arrière de sa phantom 1928, une pièce rare qu’il utilise « à l’ancienne »…, n’hésitant pas à se vêtir dans le même style surrané…, mais « chic »….
Heureusement, divers irréductibles résistent tant bien que mâle…, là où la classe n’est pas encore ringarde, mais la norme, là où les hommes ne sont pas des êtres fragiles à l’écoute de leurs tourments minuscules…, mais de solides gaillards qui flanquent des raclées aux gredins, savent baiser profond dans leur Rolls-Royce…, gagnent (forcément) des milliards à la pelle… et combattent les lascars du fisc à grands coups de tatanne dans les gencives.
C’est un mec bien sous tous rapports, un grand propriétaire terrien, mais qui est généreux avec les membres des castes inférieures, puisqu’il partage volontier ses conquètes féminines avec son chauffeur…

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Mais ce que ces gens perfides ignorent, c’est que Lord Crockett est un cogneur prompt à faire appliquer la loi du talion, un homme d’action, un vrai, un qui sent la sueur qui pique le nez.
Oui mais voilà, tout le monde n’est pas comme Lord Crockett…, à Glasgow comme ailleurs, il y a aussi des salauds, des fourbes, des comploteurs, des flics ripoux, des juges corrompus, des politiciens véreux, et même des danseurs médiocres.
Quand Lord Crockett ouvre la bouche, la béatitude fige le visage de ses interlocutrices.
Il est un amant si exceptionnellement vigoureux qu’il est capable de se taper deux soeurs, leur mère et la grand-mère dans la même soirée…
L’Ecosse est une contrée de gens simples, avec des écossaises belles comme des chèvres, des méchants qui les ligotent dans des granges pour les violer… et des héros comme Lord Crockett qui arrivent juste à temps afin de faire partouzer les genres… avec de l’humour subtil et délicat, du mélodrame larmoyant… et de la romance plus sucrée que de la panse de brebis fourrée…

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En guise de temps forts, je témoigne avoir assisté dans une boîte de nuit de Glasgow, à un spectacle délirant sur une reprise du « We Will Rock You » de Queen, dispensée avec la légèreté d’un orchestre de cornemuses un jour de fête des highlanders…, c’était absolument terrifiant.
C’est précisément dans ce dernier domaine que certains pans de la société écossaise atteignent de kitschissimes sommets, dans des lieux improbables où les strass se mêlent au safran…, offrant un incessant défilé ahurissant de tenues à la mode dont on ne sait trop de quelle année…, où le cuir côtoie le pull jacquard…, les casquettes multicolores se marient avec les débardeurs résille… et les survêtements de sport avec des kilts à damiers et/ou à carreaux.
Mais ne nous y trompons pas : le genre de prédilection des écossais bon teints, ça reste avant tout l’action testostéronée…

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Large d’épaules et fort en gueule, célébrant dans un beau vacarme sa virilité triomphante de dinosaure en voie d’extinction, perpétuellement en retard d’une mode…, la bassesse au premier degré est pour Lord Crockett une nécessité implacable qui saisit ses conquètes comme un pénis pain dans la bouche tronche.
Plus qu’un petit plaisir coupable, une balade dans les rues de Glasgow, est pour Lord Crockett, un divertissement qui désarçonne les spectateurs éventuels : dans l’excès et la surenchère systématique.
C’est un grand moment de nostalgie que de le voir en action !
Hélas, comme pour tous les psychotropes, un phénomène d’accoutumance ne tarde pas à pointer le bout de son gland nez, d’autant plus qu’il ne se donne pas toujours beaucoup de mal pour diversifier sa façon d’agir.
« Mais de quoi en retourne-t-il au juste ? » me demanderez-vous avec impatience.
Eh bien accrochez-vous, parce que le fonds de commerce de Lord Crockett est tout simplement un trafic d’orgasmes…, mais j’y reviendrai plus tard.
Mais foin de digression foireuse, je vais maintenant m’attaquer au cœur de ma narration.

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Non pas qu’il cherche à surpasser quiconque dans un concours de cabotinage, arborant invariablement la même expression bovine, mais le moins que je puisse dire, c’est qu’il  pourfend brillamment tout préjugé, semblant même hurler intérieurement : « Oui, je peux le faire ! »…, ne se gênant pas pour en rajouter une couche (de sperme), via son chauffeur.
Lord Crockett est un homme au charisme éblouissant, à chacune de ses apparitions, il vampirise les femmes.
Je vous invite à juger du résultat sur pièce sur les photos, cela vaudra mieux que tous les discours du monde.
S’arrêter aux seules performances de Lord Crockett et de son estimé chauffeur…, serait cependant une erreur puisque, encore une fois, son registre est double, il tente de profiter d’une ressemblance aussi vague qu’approximative entre son chauffeur et Sylvester Stallone…, pour aller encore plus loin…, pour un résultat à peine imaginable.
La plus grande prestation de ces deux pervers, restera la scène érotique aussi torride que j’ai pu photographier…, les images parlent d’elles mêmes…,ils cabotinent l’un et l’autre à tout va, exhibants chacun un sourire maléfique à la Colgate… et le pire, c’est qu’ils semblent s’amuser, les bougres…, au point d’ailleurs que leurs mimiques, qui se veulent inquiétantes, leurs donnent un air tout bonnement sympathique.

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Il est à présent temps d’aborder une épineuse question concernant le mélange des genres…, là, il me peine de l’avouer, mais c’est la grosse déception, l’arnaque dans l’arnaque en somme.., car l’un n’est pas l’autre et inversement !…
Je n’en dis pas davantage car il serait criminel, à mon sens, de gâcher encore plus de temps que vous avez déjà passé à lire tout ceci avec la furieuse envie de vous masturber…
Sachez néanmoins que cet article richement illustré justifie à lui seul le temps que vous avez perdu, dans la mesure où vous avez certainement vécu un moment hallucinant, via ce panneau publié sur GatsbyOnline.
Bien que dépourvu de tout remord, j’ai été fier (et le suis encore) d’avoir pu repousser au loin les limites de ce que l’esprit humain peut concevoir et percevoir en matière de sexualité automobile…