1933 Pierce-Arrow Club-Sedan 836 & 1236…

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Belles, les voitures anciennes le sont parce qu’elles présentent quelques contre-performances notoires : on admire leur lenteur ou leur consommation, leur système de freinage défaillant ou encore la présence d’un très moderne démarreur sur une guimbarde des années trente qui prouve combien le constructeur a toujours été un grand innovateur dans les nouveautés.
Mais si leurs techniques désuètes sont remarquables, ce n’est pas essentiellement pour elles-mêmes mais parce que des carrossiers-restaurateurs peuvent ainsi intervenir sur elles, parce qu’ils peuvent refaire, en “parfaite” conformité avec l’origine ou gratifiée de quelques “bidouilles”.

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Très vite une évidence s’est imposée à moi : il ne faut pas trop ou pas seulement chercher sous le capot ce que ces machines ont d’esthétique, ce qui est beau en elles, c’est la possibilité d’investir en elles une histoire personnelle.
Les travaux sur mes voitures dites « de collection » m’ont poussé à reconnaître que c’était plutôt une façon de renouer avec un temps de bonheur insouciant…, ceux qui s’y adonnent semblent éprouver une plus grande nostalgie du temps résolu et mettre à la recherche de celui-ci une détermination plus méthodique.

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Cette “nostalgie”, ce “temps du bonheur insouciant” entraînent au cœur même de la question de la transmission des biens…, il faut aussi interroger la place des photographies qui accompagnent sans cesse les voitures, depuis les ronces jusqu’aux murailles des châteaux devant lesquelles on les immortalise.
Elles ne fonctionnent pas seulement comme des images mais aussi comme des objets, qui plus est, des objets-gigognes : la voiture, la photo de la voiture, mais aussi le journal où se trouve la photo de la voiture.

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La question de l’argent, dans ce monde de collectionneurs, n’est pas purement anecdotique.
Acheter des pièces, vendre ou pas la voiture… et à quel prix surtout, comment évaluer le “prix” du travail de restauration, autant de questions que je n’ai pu qu’effleurer…, mais manifestement elles sont absolument centrales dans la construction de la valeur, économique et symbolique car les deux sont indissociablement liées, de ces engins…, or les travaux anthropologiques prenant pour objet l’argent, l’échange financier ne sont pas légion…, on a beaucoup plus analysé les verbes “donner” ou “échanger” que le verbe “vendre”.… et, cette recherche ne peut en faire l’économie.

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Le terme de “sémiophores” qualifie ces engins…, des objets sans utilité, qui représentent l’invisible, dotés d’une signification particulière…, la conversion esthétique de ces objets tient évidemment à ce qu’ils sont des “sémiophores” autour desquels se cristallise un intense discours sur soi, sur son savoir, sur sa sociabilité, sur la constitution d’un patrimoine pour le moins singulier à la fois éminemment personnel mais aussi collectif.
Avec mes voitures anciennes et aussi grâce à www.GatsbyOnline.com, j’ai été amené à parcourir de nombreux champs de l’ethnologie…, vaste monde que celui de celui des automobiles de collection…que je me propose de continuer à interroger car le sujet dépasse largement le cadre de son intitulé qui pourrait paraître anecdotique…

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La vie en bleu…
Je sais pourquoi mais n’en écrirai rien, j’en suis venu à me rappeler que les autos bleues m’ont permis de vivre « la vie en bleu »…
« Un conte bleu », c’est un récit merveilleux ayant un dénouement heureux, comme le sont en général les contes de fées, avec le renfort d’une princesse, d’une grenouille, d’un crapaud, d’une citrouille, d’un prince charmeur…, « un conte bleu » c’est donc une histoire à dormir debout pour laquelle on se fait avoir comme un bleu : comme un débutant.

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À l’armée et dans certains milieux professionnels, « un bleu » est une jeune recrue sans expérience (on dit aussi bleu-bite ou bleusaille, argotiquement) ; se faire avoir comme un bleu, c’est être trop naïf.

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« Un bas-bleu », c’est comme cela qu’on appelle une femme intellectuelle, une écrivaine pontifiante… et bien sûr d’une pédanterie ridicule ; c’est une expression péjorative.
Le terme est utilisé dans les mémoires de Simone de Beauvoir, elle était très autocritique à ses heures, elle se référait à elle même jeune adulte se décrivant comme « un bas-bleu »…
C’est une habitude de se moquer des « Femmes (trop) savantes »…

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« Nom de bleu » : est une expression utilisée pour dire « nom de dieu » sans blasphème…, de même que la série ci-après : ventrebleu, foutrebleu, corbleu, maugrebleu, parcorbleu, morbleu, parbleu, sacrebleu, tubleu, vertubleu, tête-bleu et autres jurons formés d’une altération volontaire de « nom de dieu », afin d’éviter un sacrilège (on le pense mais on ne le dit pas, si ce n’est pas de l’hypocrisie, pfffffff !).
Maintenant c’est « Bordel » et « Putain », c’est moins fleuri…

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Un « Cordon bleu » était, sous l’ancien Régime le surnom donné à un chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit…, il désigne aujourd’hui un grand chef cuisinier ou simplement un cuisinier ( qui peut être une cuisinière) très habile, là aussi actuellement on simplifie, c’est « un cuisto », un préparateur « de bouffe »., un « touille merde »…
« Le Cordon bleu », c’est aussi une préparation culinaire à servir « chaudasse »…, c’est un machin pané contenant (théoriquement) une tranche de jambon et une tranche de fromage.

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« Le sang bleu » est le signe de la noblesse…, c’est être d’origine noble…, l’expression « avoir le sang bleu » proviendrait en fait de l’Espagne médiévale, où les rois, passant tout leur temps assis sur leur trône, avaient une mauvaise circulation sanguine, d’où la couleur bleue de leur sang.
Une autre explication (toujours en Espagne) : la noblesse espagnole se targuait de ne compter aucun ascendant maure ou juif à peau mate ; résultat : une peau bien claire laissant apparaître les veines bleutées : « el sangre azul »…., oui, pfffffffff !

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Moi, c’est sûr, j’ai du sang bleu dans les veines, ma grand-mère maternelle se prénommait Héléna, elle était Andalouse très typée méditerranéenne, si vous voyez ce que je veux dire ; l’autre mémée coté paternel était plutôt blonde.
Bref…, mes histoires de famille sont les miennes, de toutes façons, y a plus que la sœur de ma défunte chère maman qui me précède dans ce qui reste de temps à vivre, c’est une foutue aventure la vie car dans cette histoire de cons (et connes) tout le monde finit par mourir à la fin…

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Bref bis donc…, « un col bleu » (de travail) est un ouvrier alors qu’un col blanc est un employé de bureau.
Mais savez- vous ce qu’est « un officier bleu » ?
C’est un officier que le capitaine de vaisseau créait sur son bord, faute d’officier majeur…, la belle affaire !

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Moi, plus jeune (de corps et d’esprit) j’ai été imprégné de westerns, de guerre de Sécession, je pensais aux tuniques bleues, les soldats Nordistes, John Wayne et autres fumisteries…
L’honneur et la fidélité à soi-même (sic !), l’Amérique est un monde du rétablissement de l’ordre qui doit donner aux gens, envie de montrer leurs papiers et de baisser les yeux…, un « monde » qui a des valeurs débiles et qui prend le reste du monde pour de la merde.
Nombreux sont les candidats prêts à investir et miser sur la connerie…, il y a toujours des laquais dont l’échine est assez courbée pour leur permettre de tartiner à genoux leurs biscottes…
Vive l’Amérique !

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Parlons-en de l’Amérique…
J’étais tout petiot quand on m’a parlé d’un futur monde de merveilles, sans inégalité, sans pauvreté…, ou il suffirait d’être sage et obéissant, d’étudier vaillamment, puis de travailler assidûment sans revendication… pour être assuré d’un certain bien-être et d’une fin de vie heureuse.
J’y ai cru.
L’Amérique était l’exemple à suivre, les Américains étaient des héros, ils avaient su tuer tous les méchants indiens grâce à John Wayne et Rintintin, puis avec le vrai Eddy Murphy ils avaient su tuer tous les méchants boches et grâce à Elona Gay (sûrement un transsexuel pilote de l’USAF, copain de Buck Danny, Tumbler et Sonny), ils avaient pu trucider des millions de méchants enfants et très méchantes femmes avec de merveilleuses bombes atomiques qui symbolisaient la paix dans le monde !
Puis les héros Américains ont du encore défendre le monde contre les méchants barbares communistes qui en voulaient à nos valeurs occidentales, en bombardant la Corée, puis le Viet-Nam, que même John Wayne (mais sans Rintintin tué sans doute par de très méchants noirs ennemis de Charlton Heston) était revenu avec ses bérets verts pour tuer tous les méchants jaunes !
C’était une époque fantastique !

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« Être fleur bleue » : c’est être naïf, candide, rêveur ou romantique : « Parbleu », je le suis encore de temps en temps.
Dicton : « Les yeux bleus vont aux cieux, les yeux gris au paradis, les yeux verts en enfer, les yeux noirs au purgatoire » ou la variante plus courte : « Yeux bleus : yeux d’amoureux »…
« Avoir une peur bleue » : c’est avoir énormément peur (Les dents de la mer).
« Le grand bleu » désigne l’océan, « la grande bleue » la mer Méditerranée…, « le grand bleu », c’est aussi tout simplement l’eau profonde…, tout ça, c’est sur « la planète bleue » : la Terre !
« Colère bleue » : violente colère…, pas joli et pas bon pour le rythme cardiaque, il faut apprendre à se calmer.
Pire « la colère noire » ; on peut être « rouge de colère » aussi et « vert de rage »…, que de couleurs pour une mauvaise émotion.

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« Gros bleu » : c’est pareil que « gros rouge », c’est un vin de mauvaise qualité, à ne pas rapprocher d’un « petit bleu » : un télégramme ou un pneumatique, des moyens de communication aujourd’hui disparus.
Il y avait aussi d’autres « papiers bleus » qui pouvaient arriver : les exploits d’huissiers…, les temps changent, les papiers officiels ont perdu leur couleur…, même les contraventions ne sont plus des « papillons bleus ».

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« Or bleu » : richesse représentée par la mer et le tourisme qui y est lié…, venez, venez, gentils touristes, venez…
Au billard, « le bleu » est une craie qui permet à la queue d’adhérer sur la boule pour lui donner des effets.
« Battre le bleu », en maçonnerie, dans le bâtiment, c’est utiliser une corde qui permet de tracer un niveau régulier (trait bleu de craie).
« Un bleu », c’est aussi est une ecchymose, un épanchement de sang situé sous la peau, souvent dû à un traumatisme (choc, coup) qui a l’originalité d’évoluer du bleu au violet, puis au vert, au marron et au jaune avant de disparaître.

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En imprimerie, « un bleu » est une épreuve monochrome ou les valeurs de gris deviennent des valeurs de bleus servant au calage des maquettes entre autres, car les émulsions utilisées par les photograveurs ne sont pas sensibles à la couleur bleue.
« Les bleus » ont longtemps été utilisés pour la mise en couleurs des bandes dessinées…, l’utilisation des « bleus » a perdu de son importance avec les pratiques numériques.
Les plans d’architecte étaient tirés en bleu aussi.

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« Les Bleus » désigne l’équipe de France de football, plus généralement ce sont toutes les équipes sportives françaises.
« Le bleu de chauffe » (le bleu de travail), est un vêtement de couleur bleue utilisé pour les travaux salissants.
« Se mettre bleu » est l’expression qui désigne le fait d’être ivre…, ensuite, on est gris ou noir, selon le degré de l’ivresse.
Pourtant sans rien faire, on peut « être bleu », « en rester bleu », « en être tout bleu » : c’est-à-dire être figé d’étonnement…, nous sommes vraiment des gens de couleurs.

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Mais avoir « le blues », c’est avoir du bleu au cœur et des bleus à l’âme : c’est être mélancolique, triste.
Il y a le « baby blues » et d’autres formes de blues…, celui des esclaves noirs des états du Sud des USA a été créatif : « Ol’ Man River »… John Lee Hoocker…
Il y a, enfin, les expressions de « bleu dans la nourriture », le manzé, dirait un créole.
Parmi les fromages, « les bleus » sont des fromages au lait de vache dont la pâte contient des champignons formant des veines bleues, comme le Bleu de Bresse, le Bleu d’Auvergne ou de brebis, comme mon préféré, le Roquefort.
Pour déguster « une viande bleue », il faut que la cuisson soit brève, elle doit être grillée à l’extérieur et crue au cœur…, la viande bleue ne connaît pas le rouge de la flamme ou de la braise !
Une truite est cuite « au bleu » lorsqu’elle est pochée dans du vinaigre, ce qui fait virer sa couleur au bleu (La méthode de la cuisson « au bleu » exige que la truite vienne d’être pêchée juste avant sa cuisson, la fermeté et la saveur de la truite sont ainsi conservées… (ajoutez quelques noix écrasées et un soupçon de Chartreuse verte…, la Grenobloise est là).

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Un « ballet bleu » est le nom donné à une orgie réunissant hommes mûrs et jeunes garçons…, c’est le pendant du ballet rose pour les filles.
Le « Ruban bleu » créé en 1860 est une compétition entre compagnies maritimes transatlantiques devenue par la suite une course de catamarans.
« Les petites pilules bleues » sont des pilules de Viagra, du fait qu’elles sont effectivement de couleur bleue.
Un « casque bleu » : est un soldat de l’ONU supposé être chargé de maintenir la paix et l’ordre..
Un « enfant bleu » est un enfant atteint de la maladie bleue, malformation cardio-vasculaire donnant à la peau une teinte bleuâtre.
« L’heure bleue » est le petit moment qui précède l’aube (trop beau), mais c’est aussi un très ancien parfum de Guerlain (créé en 1912).
La « lune bleue »…, une pleine lune supplémentaire qui se produit lorsqu’une année comporte treize pleines lunes, au lieu de douze lors d’une année habituelle.

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Avant que de n’y voir que du bleu (ne plus rien voir du tout), j’indique qu’il n’y a pas de « zone bleue » sur les blogs, heureusement, parce que si vous avez tout lu, vous avez sans doute dépassé la durée de stationnement moyenne
Ce n’est pas tout…, quitte à me répéter…
« Le grand bleu » c´est un film, mais surtout le sujet de ce film, soit l´océan, cette infinie étendue de mer bleue reflet de ciels cléments où se perd l´horizon inspire en général la paix et la sérénité mais pourtant le bleu désigne aussi plusieurs formes de mélancolies ou de blessures : « se faire un bleu » d´abord qui est l´expression courante quand on s´est fait un hématome… et puis, par extension, il y a « les bleus à l´âme » (les bobos de l´âme) ou, en anglais, « le blues » : « Il a le blues » (il broie du noir)…
Par contre, « être fleur bleue », ne veut pas dire être mélancolique mais avoir une tendance au romantisme naïf, un peu rêveur et candide…, se raconter des contes bleus en somme où l´histoire merveilleuse se termine toujours bien…, dans la lignée des pauvres naïfs dont on se moque ou abuse « se faire avoir comme un bleu », comme un débutant.
Pour terminer en chanson : « les mots bleus » de Christophe…

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Voilà…, il est temps de « causer » de l’histoire de Pierce Arrow…
Les Pierce-Arrow ont été exclusivement des voitures réservées aux plus grandes stars d’Hollywood, aux plus puissants tycoons d’affaires, et cela dans le monde entier, ainsi que la voiture préférée de bien des têtes couronnées, là ou Bugatti n’a pas réussi à s’imposer à cette époque…
Les Pierce-Arrow étaient un symbole de l’élégance, de la puissance et du luxe, rivalisant avec Duesenberg et Bugatti, voire surpassant Peerles, Cadillac, Lincoln, Packard et Rolls-Royce.

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Actuellement, les Pierce-Arrow sont les voitures d’exception parmi les plus rares au monde et sont recherchées pour figurer parmi les plus prestigieuses collection.
Aux USA, leurs prix sont déjà depuis longtemps au delà des 100.000 US$, 150.000 pour le modèle type 1236 12 cylindres qui illustre la seconde partie de cet article…
Ce fut le cas il y a 20 ans, fin des années ’80, ce n’est plus du tout le cas actuellement.

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La légende continue de courir, affirmant que les automobiles sont beaucoup moins chères aux Etats-Unis qu’en Europe.
Ceux qui « connaissent » peuvent s’en apercevoir en lisant les résultats des ventes aux enchères dans le magazine « Sports Car Market » et en lisant les dizaines de milliers de petites annonces qui paraissent chaque mois dans le fameux « Hemmings Motor News« .
Ainsi, pour ce qui est des Pierce-Arrow, tout un chacun y constatera que les prix demandés et obtenus aux USA ou il n’y a pas ce coté « amorphe » typiquement Franco-belge, sont quasi double par rapport à l’Europe.

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Parmi les nombreuses voitures de prestige construites aux Etats-Unis, la Pierce-Arrow est probablement celle qui jouit du plus de faveur pendant la durée la plus longue.
Pourtant, cette automobile extraordinaire qui figure actuellement parmi les plus exclusives voitures de haut de gamme d’avant guerre, commença sa carrière assez modestement.
Le premier modèle, la Motorette Pierce, fit son apparition en 1901…, elle était fabriquée par George N. Pierce, un constructeur de bicyclettes et de cages d’oiseaux et était propulsée par un moteur De Dion de 2,75 CV…, ce premier essai, satisfaisant, fut suivi, en 1902, par une voiture similaire dont la puissance avait été poussée jusqu’à 3,75 CV.

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C’est une telle voiture qui gagna le Glidden-Tour, une course de régularité ; à partir de ce moment, le nom de Great-Arrow fut renommé. La puissance augmenta graduellement, de même que la dimension des voitures et, en 1908, la Pierce Great-Arrow atteignait 60 CV à 1000 tours/minute. Jusqu’en 1909, les modèles utilisaient un changement de vitesse sous le volant.
En 1903, le nom d’Arrow apparut en tant qu’associé de Pierce et la firme introduisit sur le marché une voiture 2 cylindres 15 CV, ainsi qu’une plus populaire 6,5 CV.En 1904, le nom de la marque devint « Great-Arrow » et les voitures furent dotées de moteurs susceptibles d’atteindre 28 CV.
Ce fut la dernière année où le mot « Great » apparut.
Le nom Pierce revint dans l’appelation de la marque.La « Pierce-Arrow » fut présentée en 1909 et la réputation de la firme était alors telle, que la production ne parvint pas à suivre la demande.

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La majorité des Pierce-Arrow devait présenter ce type de phares qui allait devenir un des éléments caractéristiques des Pierce-Arrow, mais la disposition précédente, plus classique, fut toujours possible jusqu’au début des années 30…, en 1914, la Pierce-Arrow 66 (réputée comme la plus grande voiture de série jamais construite aux Etats-Unis) était dotée d’un moteur 6 cylindres avec alésage et course de 122 mm x 175 mm, assurant une capacité de 12,7 litres.
Une variante amusante fut proposée en option sur la limousine à conduite intérieure pour les années 1911 et suivantes : un renflement dans le toit, pour permettre aux dames de pénétrer par les portes arrière sans écraser, contre le toit de la voiture, les chapeaux compliqués à la mode de l’époque !En 1913, pour la première fois, la Pierce-Arrow fut équipée, en option, de phares avant fixés/intégrés à la partie supérieure des garde-boue avant.

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Son empattement était de 3,72 m, et les pneus avaient 37 pouces de diamètre. Toute une série de carrosseries était proposée.
La type 48, de 8,5 litres, était construite avec un empattement de 3,40 m ou 3,35 m.
Enfin la type 38, avec un empattement de 3,18m, représentait le plus petit modèle.
La transmission était à 4 vitesses, avec prise directe en quatrième.En 1915, de 12 à 13.000 voitures avaient été construites depuis la création de la marque, dont un bon pourcentage était encore en service, preuve de la robustesse des véhicules…, la Pierce-Arrow était considérée comme une automobile de très haut prestige, incomparable avec celles de sa catégorie dont les prix étaient équivalents ou même supérieurs.

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Les dernières Pierce-Arrow qui possédaient la direction à droite furent construites tard dans l’année ; la Pierce-Arrow étant l’une des dernières voitures américaines à adopter la direction à gauche (LHD). Une nouvelle série sortit en 1921, dont la dimension était intermédiaire entre la «38» et la «48», celles-ci conservaient le moteur 6 cylindres sous un capot ajouré. En 1925 la compagnie produisit une voiture plus petite, le modèle «80», première Pierce-Arrow à être équipée de freins sur les quatre roues.
En 1920, les deux ouïes d’aération, situées au-dessus du capot, furent supprimées, ainsi que les feux de stationnement : tout le système d’éclairage étant incorporé dans les phares.
Son moteur 6 cylindres en ligne développait environ 70 CV.
Elle se vendit assez bien en comparaison des plus grands modèles.

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La marque Pierce-Arrow qui n’avait jamais figuré sur le radiateur, comme s’il apparaissait que cette voiture se faisait reconnaître d’elle-même, fit alors son apparition sur le haut de la calandre.
Souvent, les Pierce-Arrow de cette époque se vendaient avec un seul châssis et deux carrosseries, l’une découverte, et l’autre fermée, pouvant ainsi s’adapter aux saisons.

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Un nouveau modèle fut présenté en 1929 ; la compagnie avait remplacé le moteur 6 cylindres par un 8 cylindres de plus de 6 litres.
En 1928 Studebaker Corporation qui jouissait d’un grand prestige commercial devint actionnaire de Pierce-Arrow…, ce fut l’année la plus « fructueuse » de Pierce-Arrow qui produisit et vendit 9.700 véhicules.

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En raison des rapports entre Pierce-Arrow et Studebaker, un certain nombre des modèles de la première marque ressemblaient d’une façon frappante à la Studebaker Président Eight, le plus grand modèle des Studebaker.
En 1932, la compagnie prit la décision de ne viser que le très haut de gamme et produisit deux modèles 12 cylindres qui s’ajoutaient aux 8 cylindres.
En 1930, 3 types de moteurs 8 cylindres étaient à la disposition de la clientèle.
Cette orientation élitiste ramena la production à seulement 2.692 véhicules construits et vendus au cours de l’année. Les 12 cylindres atteignaient une puissance de 140 CV en version 5,5 litres, et 150 CV en version 7 litres.

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En 1933, Pierce-Arrow sortit un modèle d’exposition, la Silver-Arrow, dont cinq voitures seulement furent construites, mais qui suggéraient le profil des futures voitures.
La Silver-Arrow possédait un moteur 12 cylindres d’une puissance de 175 CV ; elle ne possédait pas de marchepieds.
Cette Pierce-Silver-Arrow exceptionnelle fut exposée pour la première fois à la foire de Chicago en 1933…, la lunette arrière surélevée comme la tourelle d’un sous-marin, était divisée en deux et les roues de secours étaient dissimulées dans deux compartiments derrière les roues avant, ces nouvelles touches esthétiques faisaient de ce modèle un des plus en vogue de l’année.

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Actuellement (2007), une des cinq voitures construites, après avoir été la vedette du célèbre concours automobile de Peeble-Beach en Californie, a été adjugée 1.000.000 de US$ !!!!
Cette barrière psychologique de prix a fait bondir les valeurs de toutes les Pierce-Arrow considérées comme égale des Duesenberg, Packard, Lincoln et Cadillac des années « folles« …, ce fut l’apogée des Pierce-Arrow dont de très rares exemplaires restent au monde.

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Toujours en 1933 (l’année la plus faste de la marque en terme de notoriété et d’image de haut de gamme, Ab. Jenkins battit divers records en course avec la Pierce-Arrow, ce qui rejaillit sur la notoriété de tous les modèles de la marque.
Après 1934 la compagnie poursuivit la production des 8 et 12 cylindres, mais en 1935, affichant une fabrication inférieure à mille voitures, la rentabilité inexistante ne permettait plus de continuer cette extraordinaire aventure…

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Conservant ses traditionnelles Calandres /radiateurs de refroidissement, la Pierce-Arrow traversa les années 1936-1937 en tant que voiture rare et de très petite série, avec, en 1938, une production si minime, que la compagnie finit par se retirer des affaires.
Pierce-Arrow devint du jour au lendemain une marque mythique.

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Aux USA, leurs prix sont déjà depuis longtemps au delà des 100.000 US$, 150.000 pour le modèle type 1236 12 cylindres qui illustre la seconde partie de cet article…
Actuellement, les Pierce-Arrow sont les voitures d’exception parmi les plus rares au monde et sont recherchées pour figurer parmi les plus prestigieuses collection.

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Les Pierce-Arrow étaient un symbole de l’élégance, de la puissance et du luxe, rivalisant avec Duesenberg et Bugatti, voire surpassant Peerles, Cadillac, Lincoln, Packard et Rolls-Royce.
Les Pierce-Arrow ont été exclusivement des voitures réservées aux plus grandes stars d’Hollywood, aux plus puissants tycoons d’affaires, et cela dans le monde entier, ainsi que la voiture préférée de bien des têtes couronnées, là ou Bugatti n’a pas réussi à s’imposer à cette époque…

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Voici quelques personnalités qui roulaient en Pierce-Arrow…

L’Empereur Hirohito du Japon
Le Shah d’Iran (Persia) (une 1930 lui servant de voiture de parade avec l’acastillage en or et des incrustations de diamants dans certains panneaux intérieurs).
Le Roi Ibn Saud d’Arabie-Saoudite
Le Roi Albert 1er de Belgique
Le Président des Etats-Unis Woodrow Wilson
Le Président des Etats-Unis William Howard Taft
M.O. Terry Surgeon, Général en chef de l’Armée des Etats-Unis
J.A. Koster, aide de camp du Président Franklin Roosevelt
Luke Lea, Sénateur du Tennessee
C. Bascom Slemp, Président du Congrès des Etats-Unis
Calvin Coolidge, Sénateur de Virginie
Frances Perkins, Secrétaire du département du travail durant la grande dépression, la femme qui a sauvé l’Amérique
Franklin Roosevelt, Président des Etats-Unis
John D. Rockefeller, banquier, l’homme le plus riche du monde de l’époque
George F. Baker, Businessman
Andrew Carnegie, propriétaire du Carnegie Hall
Sarah Winchester (usines d’armement, fusils et carabines)
Orville Wright, le premier aviateur au monde
Babe Ruth, la plus grande figure du Baseball
John Ringling créateur des cirques Barnum & Bailey Circus et des Ringling Brothers Circus, également inventeur du monopoly
Richard Dix, star hollywoodienne (The Lost Squadron, Cimarron, The Whistler)
Tom Mix, star Hollywoodienne, le « Top-Cow-Boy » des films muets
Ginger Rogers, star Hollywoodienne très connue avec Fred Astaire
Ransom E. Olds, fondateur des marques automobimes Oldsmobile et REO
Kenneth R. Kingsbury, Président de la Standard Oil Company (maintenant Chevron Corp.)
Frank Bunker Gilbreth, ingénieur, auteur du succès planétaire « Cheaper by the Dozen »
Max Adler, Vice-Président des magasins Sears, Roebuck & Co.
M.H. Aylesworth, Président de la National Broadcasting Company
Paul Carus, auteur et philosophe
Hubert T. Parson, Président de F.W. Woolworth Company
Earl C. Sams, Président de J.C. Penney Company
Robert A. Franks, Vice-Chairman & Trésorier de la Carnegie Corporation of N.Y.
A. Lawrence Lowell, Président de Harvard University
Melvin Purvis, co-directeur du FBI
Fatty Arbuckle, acteur de cinéma

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Au delà de leur aspect technique résolument moderne et de leur design d’avant-garde « Art-déco », elles étaient un « Status-Symbol » reconnu.
Les modèles les plus recherchés sont les Club Sedan de 1932, 1933 et 1934, généralement considérés comme étant les plus désirables.

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