1967 Shelby GT500 CR Clone…

On ne sait trop comment, ce genre a brutalement ressuscité pour nous inonder de voitures totalement déphasées avec notre époque ou les gens commencent enfin à se rendre compte que les voitures électriques sont l’avenir…

Les années 2000 auront vu le triomphe du retour des « Muscle Cars », mais pas leur résurrection du genre bâtard entre rock et new wave qui faisait le bonheur des ados dans les années ’60 et ’70 !

On admet le plus souvent qu’elle regroupe les versions les plus sportives proposées dans les gammes américaines des années ’60 et ’70, la « famille » la plus emblématique du genre étant celle des coupés et cabriolets « intermédiaires » (séries de taille moyenne intercalées entre les « compacts » populaires et les séries « standard size » de gabarit supérieur) dotés d’un moteur de forte cylindrée prélevé dans la gamme la plus haute, d’équipements spécifiques (suspensions renforcées, boite manuelle proposée en montage standard, entre autres…) et identifiés par une dénomination ou une désignation signifiante.
L’ expression « Muscle car » ne fait l’objet d’aucune définition officielle.
C’est justement l’installation empirique d’un « Big block » (moteur d’une cylindrée supérieure à 6 litres) dans une caisse relativement légère qui fait toute la singularité des « Muscle cars », l’objectif premier étant d’obtenir un rapport poids/puissance des plus favorable (de l’ordre de 5 kg/ch en moyenne) et donc, de garantir à l’acheteur des performances hors du commun (les capacités d’accélération prenant ici le pas sur la vitesse pure).
Autre particularité : hormis quelques options mécaniques conçues spécifiquement pour ces modèles, la plupart des « Muscle cars » de la grande époque utilisaient un maximum de composants provenant de la grande série, ce qui réduisait d’autant leur prix de revient et permettait donc de les commercialiser à un tarif suffisamment attractif pour attirer une clientèle majoritairement jeune.
Les « Muscle cars » se sont épanouis à une époque où la première génération issûe du « Baby-boom » parvenait tout juste à l’âge adulte…, une génération « en rupture » appelée à contester de nombreux aspects de « l’american way of life », jusque dans ses symboles les plus représentatifs : l’automobile, la famille, le statut social, etc…, l’apogée des « Muscle-cars » se situe entre 1966 et 1971, une courte période marquée par l’émergence de « monstres » emblématiques dotés de moteurs surpuissants.

C’est Ford qui était le grand manipulateur de cette histoire dans les années soixante et c’est encore Ford qui a remis le couvert de ce plat réchauffé… présenté comme le top du top d’une « nouvelle » mode…, à grands renforts de diffusions de souvenirs : Steve Mc Queen dans « Bullit » et je ne sais plus qui dans « Gone in 60 seconds » première version avec une Mustang Mach One jaune… et seconde version avec une fausse Shelby GT500 pilotée naïvement par Nicolas Cage…, les deux étant surnommées « Eléanor »
Dans cette foulée « héroïque » d’immondes récupérations, divers préparateurs-affairistes-opportunistes, de qualité variable, aux existences parfois assez brèves mais généralement inspirées par l’espoir de réaliser rapidement des montagnes d’argent facile…, ce sont ingéniés à créer des clones de la dernière Eléonor, proposés à des tarifs stratosphériques (entre 120 et 200.000 $), puis se sont reconvertis dans diverses modifications de carrosserie des Mustang actuelles (plus personne ne s’y retrouve), avec en prime des offres de préparations mécaniques délirantes (et hors de prix)… et en finale, ils re-fabriquent maintenant des répliques de Shelby Mustang GT500 1967…
C’est une de ces voitures qui illustre cet article.
Je vous avoue avoir pensé à l’acquérir, tant que je rêvais qu’elle pouvait coûter 50.000 $…, ce qui est déjà considérable…
Mais, lorsque je me suis aperçu qu’en réalité les prix s’échelonnaient entre 120 et 200.000 $, j’ai déchanté…
On pourrait croire qu’à force de vivre des bêtises grotesques, on commence à ressentir un essoufflement de cette histoire totalement calquée sur une scène vieille de presque un demi-siècle (la GT500 ’67 a 43 ans !).
Et bien non !
Continuent à apparaître, régulièrement, de nouveaux préparateurs-transformateurs, jaillis de nulle part… et qui accouchent en quelques mois d’une n’ième Mustang Fastback style Shelby GT500.
Ca en devient même incroyable.

L’année 2009 marquera probablement la non-histoire…, accessoirement en cause de la résurrection de la Mustang et de ses dérivés Shelby…, mais principalement en cause du décès grandguignolesque et médiatisé de Michael Jackson.
Rarement deux non-évènements simultanés auront autant secoué la planète… et pourtant, ils sont des millions à s’extasier devant les clones de Shelby, tout comme ils étaient des millions d’imbéciles à pleurer le chanteur blanchi… comme s’il était un frère disparu, avec ce sens répugnant des sur-jeux des petites gens qui recherchent dans la théâtralisation du drame, quelques manières de pimenter une existence vide ou insipide.
Pourtant, le monde de l’automobile a plutôt bien survécu à l’arrêt de production d’une Mustang abâtardie dans les années ’70 et ’80… et le monde de la musique a plutôt bien survécu à la perte d’un chanteur dont on n’entendait plus guère parler, et ce pour le plus grand bonheur de nos oreilles.
Plus touchantes ont été, à mon sens, les disparitions tristement successives de quelques humbles artisans du rock dont les œuvres perdureront certainement bien plus longtemps : Willy Deville, Lux Interior, Ron Asheton, Sky Saxon, Hugh Hopper, Jacno, Alain Bashung et dernièrement, Eric Woolfson et Vic Chesnutt.
Mais l’année qui vient de s’écouler n’a évidemment pas été que l’éloge funèbre d’artistes, talentueux ou non, l’année 2009 fut aussi celle d’un éveil mondial à l’écologie, vraie fausse bonne nouvelle, dans le sens où ce qui aurait dû être une prise de conscience tourne à la mode gentiment bobo, ce qui occupe les gens mais ne change pas grand-chose…
Contrairement à beaucoup de gens, je n’ai jamais été très emballé par les Mustang, d’autant que j’en ai possédé un assez grand nombre et que je sais donc de quoi il s’agit !
Je les ai même trouvé très douteuses, parce que j’ai toujours eu l’impression que ce n’était que le design de cette auto qui seul justifiait son mythe… et parce qu’elle apparaît comme une sorte de rêve lointain et idyllique d’une époque ou l’essence était bon-marché, les vitesses illimitées et la puissance des moteurs, sans limite.
La Mustang a séduit tout le monde par ce côté, mais n’était finalement rien de très pertinent.

Malheureusement, culpabiliser les gens sur leur propre bêtise d’avoir raté quelque chose…, c’est la tendance actuelle pour les inciter à des nouveaux achats, notamment de produits estampillés « Fun »… dont je reste dubitatif quant au caractère soi-disant artisanal.
Je suis partagé entre l’envie d’en rire et d’en pleurer, mais il m’est difficile de prendre très au sérieux cette voiture perpétuellement en fin de carrière, qui démontre par l’absurde le grand gâchis industriel du XXIème siècle tout en y participant ! 
Ca m’a plutôt l’air d’un excellent système pour fourguer à des gens la même chose que ce qu’ils n’achèteraient ordinairement pas, mais en plus cher !
Ma position sur ce sujet fera partie d’un manifeste que je vais publier cette année, visant à poser les bases d’une sorte de renouveau, dans l’optique d’une marginalisation individualiste automobile face à la dictature consumériste de la société actuelle.
Ca semble très ardu et très utopiste comme cela, mais j’y travaille déjà depuis de nombreux mois… et une fois que j’aurais mieux développé ce concept, je pense que cela tiendra au moins autant la route que tout ce qui existe actuellement.
Ce sera déjà un début vers la fin…
Bon !
Il est temps maintenant de vous présenter la Shelby GT500 clone d’elle-même…

Celle de Kennedy, du rock’n’roll, celle d’Elvis, de Hollywood, celle qui se libère de ses vieux démons, qui assassine Martin Luther King mais finit par renoncer à la ségrégation.
La Mustang, c’est l’Amérique qui fait rêver…
Le modèle de série est apparu en avril 1964, quelques mois seulement après l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy qui fut lui-même incidemment à l’origine de la Mustang.
En effet, en choisissant Robert McNamara, président du groupe Ford, comme secrétaire d’état à la défense en décembre 1960, il provoqua un jeu de chaises musicales au directoire de la FoMoCo, la Ford Motor Company, dont Lee Iacocca, un des seconds de McNamara, sortit vainqueur en prenant le poste de Directeur Général de Ford avec le titre de Vice-Président.
Lee Iacocca était tout le contraire de McNamara.
Né en 1924 de parents immigrés italiens alors que McNamara, né en 1917, était d’ascendance irlandaise, Iacocca, s’il partageait les points de vue de son aîné sur la rentabilité, avait le tempérament plus latin et plus fantaisiste.
McNamara était à l’origine de la Falcon, une petite Ford (selon les standards américains) populaire et bon marché, mais sans panache.
C’est également lui qui avait dénaturé la jolie Thunderbird dévoilée en 1955 et en avait fait un gros coupé quatre places baroque pour l’Américain moyen.
Les deux modèles avaient connu un succès commercial indéniable qui justifiait leur existence mais ils n’étaient ni l’un ni l’autre du goût de Iacocca.

En véritable visionnaire, il avait pressenti l’arrivée sur le marché de la génération d’après guerre, le fameux « Baby boom »…et s’était dit que les adolescents qui se tenaient encore sagement sur la banquette arrière de la Falcon ne se contenteraient pas d’une voiture aussi fade lorsqu’ils auraient l’âge d’en prendre le volant.
Une fois débarrassé de McNamara, Iacocca s’empressa de proposer sa propre version d’une Ford populaire.
Il leur fallait quelque chose de plus sexy.
Tous ces adolescents sans descendance (pour l’instant) n’auraient pas besoin d’une berline quatre portes quatre places mais d’une voiture de célibataire à deux portes, avec éventuellement deux places d’appoint pour les copains.
Parallèlement, Iacocca proposait de redresser l’image de Ford et suggérait le retour au sport automobile qui paraissait le moyen le plus approprié pour glaner rapidement une image flatteuse auprès du jeune public.
Les deux axes convergents, une voiture sexy pour la nouvelle génération et une image sportive, étaient complémentaires.
Le projet de Iacocca, baptisé Total Performance, fut avalisé par la direction.

Une vraie déclaration de guerre qui allait déboucher sur la GT 40 pour le sport et sur la Mustang pour la série.
Une Falcon fut aussitôt envoyée en Europe participer au rallye de Monte-Carlo, tandis qu’un concept car sportif découvert, à deux places et à moteur central était mis en chantier.
Pour ce qui concerne la remplaçante de la Falcon, la direction avait en revanche fixé quelques contraintes, un budget limité et un délai de 18 mois pour mettre au point le modèle de série.
Le prototype Mustang 1 à moteur central fut réalisé en 100 jours, sous la direction de Gene Bordinat, responsable du style Ford et de Roy Lunn, l’un des directeurs techniques… et dévoilé sur le circuit de Watkins Glen en octobre 1962 avec le pilote Dan Gurney à son volant.
Inutile de dire qu’il n’avait rien à voir avec la Mustang définitive.
Pendant ce temps, la Mustang de série progressait.
Tout fantaisiste que fût Iacocca, il n’envisageait pas un instant de proposer un moteur central et seulement deux places pour la voiture de série.
Un second prototype, la Mustang II, plus proche de la version définitive, fut présenté à l’automne 1963.
Le style de la version définitive était déjà figé.
Ce concept ne devait servir qu’à attiser l’intérêt des teen-agers et à les familiariser avec la voiture de série en leur faisant oublier la Mustang I à moteur central, à cent lieues de leurs préoccupations.
Comme le modèle de série, le prototype Mustang II jouait sur la corde sensible de l’Amérique motorisée, un long capot avec une calandre agressive, des hanches suggestives et un gabarit plus aux normes d’outre-Atlantique.

Contrairement à Chevrolet dont la Corvette commençait enfin à connaître un certain succès commercial, Ford proposait une vraie voiture, en bon acier et pas en plastique, utilisable en famille (la Corvette n’avait que deux places) et plus impressionnante dans ses dimensions extérieures.
Son capot laissait suffisamment de place pour imaginer un Big-block même si la grande majorité des Mustang de série eut plus prosaïquement recours au 6 cylindres.
Mais plus important peut-être, la Mustang n’était pas un dérivé d’une berline quelconque, elle n’existait qu’en tant que coupé ou cabriolet Mustang.
Il n’y avait pas de Mustang 4 portes.
Plus fort, dans sa version de base, elle valait 2368 $, à peine plus cher que le coupé Falcon Futura affiché à 2315 $ !
Qu’importait l’ivresse de la vitesse et les performances sur des highways limitées à 60 miles ?
L’important n’était-il pas d’avoir une sportive à l’allure méchante pour un prix défiant toute concurrence, surtout étrangère ?
La Mustang en donnait pour son argent à toute une génération avide de liberté et de bonheur.

Née en 1964, elle s’imposa immédiatement au monde comme l’icône de l’Amérique, à l’égal de la statue de la liberté.
Plus que tout autre, la Mustang est un véritable mythe, le symbole de l’American way of life.
Elle a été diffusée, au cours de sa très longue carrière, à plus de huit millions d’exemplaires, dont un million de cabriolets.
Elle fait l’objet d’un véritable culte au sein de 250 clubs qui lui sont dédiés à travers le monde, dont le plus important ne compte pas moins de 11.000 membres !
Dès sa naissance, en 1964, la Ford Mustang, qui a inventé un nouveau genre, la « Pony car », s’est imposée comme une véritable icône, celle de la liberté et du plaisir automobile.Certes, la vie de la Mustang n’a pas été un long fleuve tranquille.
A la première génération (1964/1973) qui de « Pony car » s’était progressivement muée en « Muscle car », a en effet succédé une longue théorie de modèles abâtardis, oscillants entre la laideur et l’insignifiance, animées (si l’on peut dire) de mécaniques anémiées d’à peine 140 chevaux…
Mais le mythe a la vie dure…

Carroll Shelby qui produisait ses propres Mustang sous sa marque, suivit cette évolution et en profita pour donner à ses Mustang un style plus personnalisé et se détachant nettement désormais des Mustang produites par Ford.
La Mustang Shelby GT500 est née en 1967 lors du re-stylage des Ford Mustang datant de la même année.
De même, il prit la décision de doter sa gamme d’une Mustang haute performance motorisée par le plus puissant moteur qu’une Mustang ai eu sous son capot, un V8 Ford « Police Interceptor » 428ci de 7.0l de cylindrée, d’une puissance « officielle » de 355cv, 400cv au moins officieusement.
Ainsi naquit la Shelby GT500.
La GT500 se démarque des autres mustang par une face avant remaniée lui donnant un air plus agressif et résolument sportif.
Des écopes d’air prennent places sur le capot, à l’avant des ailes arrières, et en lieu et place des prises d’air de custode.
L’arrière n’est pas oublié, ayant subi autant voir plus de modifications que la proue.
Les légendaires feux à trois bâtons sont abandonnés au profit des feux longilignes des Mercury Cougar de 1967.
Pour sa part, la malle arrière intègre désormais un aileron relevé.
L’habitacle reste celui de la Ford Mustang de série.
Pour finir sur la présentation visuelle de cette voiture, les légendaires poneys galopants ont été remplacés par le Cobra propre à Carroll Shelby.

Son V8 la propulse de 0 à 100km/h 6.21 sec, une performance digne des GT actuelles et l’amène à la vitesse de 220km/h, une performance excellente pour l’époque et encore d’actualité aujourd’hui.
Les performances de la Shelby sont à la hauteur de ses prestations.
Il faut ajouter, mais c’est à mettre entre parenthèse, que furent produites environ 50 GT500 de 1967 équipée d’un V8 427ci développant près de 450cv.
En 1968, la GT500 et sa petite sœur, la GT350, connaissent un re-stylage qui les démarquent encore un peu plus des mustangs de série.
La face avant est encore plus personnalisée, les feux arrière de Cougar sont troqués contre ceux de la Ford Thunderbird.
Apparait également une version convertible.
En cours de millésime, le V8 « Police Interceptor » est échangé contre le V8 428ci « Cobra-Jet » de 406cv, qui donne des ailes à la Shelby.
Le 0/100km/h est alors abattu en 4.85 sec, ce qui est encore plus performant que le précédent millésime.
L’arrivée de ce nouveau moteur voit la GT500 s’adjoindre à son patronyme les lettres KR pour « King of the Road ».

La qualité en est bénéficiaire, mais exit le côté exotique de la fabrication à l’ancienne.
En 1969, les usines Shelby se rapprochent de Ford qui prend en main leur production, les GT350 et GT500 sont alors produites à la chaine et non plus à la main comme les deux précédentes années.
Les GT adoptent alors un style radicalement différent des précédents millésimes.
La face avant est précurseur des prochains millésimes de sa cousine de chez Ford.
Les feux sont profondément incrustés dans les ailes avants, les longues portées disparaissent, le capot échange ses deux écopes contre 5 entrées d’air, les écopes de custodes disparaissent pour laisser place à des glaces, et celles des arches de roues arrières émigrent derrière les poignées de portières.
Les bandes de bas de caisses émigrent vers le milieu des flancs.
La malle arrière gagne un bandeau noir orné des lettres S H E L B Y chromées, les feux arrières restants eux les mêmes que le précédent millésime.
La production des GT500 et GT350 s’arrêta à la fin de l’année.
Les Shelby invendues furent proposées à la vente l’année suivante, avec quelques légères retouches.
Ainsi mourut l’un des monstres sacrés des années soixante et qui sonna avant l’heure le glas des « Muscle-Cars ».

Les producteurs ont, pour ce film, construits 12 Shelby GT500 à partir de Ford Mustang 1967-68 usagées.
La GT 500 fit son grand retour au cinéma dans le film 60 secondes Chrono, ou apparait « Eléanor« , une GT500 millésime ’67, largement modifiée…
Transformées en sosie de la GT500, elles furent motorisés essentiellement de V8 4.6L de 271cv, la dernière étant équipée d’un Big-block 390ci 6.4L de 325cv…, toutes équipées de boites automatiques, contrairement à ce que l’on peut voir dans le film à cause des cascades.
La seule « vraie » Shelby GT500 1967 qui roula sur le plateau fut celle qui fut offerte, modifiée comme dans le film, au réalisateur.
Cette Mustang, était équipée comme toute les « vraies » Shelby, du V8 « Police Interceptor » 428ci, adjoint à une boite manuelle à 4 rapports.
Comme ses cousines utilisées pour le tournage, elle reçut une nouvelle face avant, ou s’ajoutait deux passages pour des mini-clignotants encadrant la calandre.
Le pare-choc d’époque fut remplacé par un spoiler en composite où venaient se loger les longues portées de la belle.
Les deux entrées d’air du capot furent remplacées par un bossage et les jantes Shelby de 15 pouces, remplacées par des répliques de jantes de GT-40 de 17 pouces.
La trappe à essence émigra d’entre les feux jusque sur l’aile arrière gauche.
Le châssis subit de nombreuses modifications, tels le remplacement des amortisseurs avant et arrière, l’ajout d’un arceau de sécurité et de barres de torsions…
Les sorties d’échappements furent positionnées devant les roues arrières, sous l’habitacle, conférant au 428ci, un bruit rageur.
Pour finir, le moteur fut « soutenu » par l’ajout d’un kit NOS qui lui octroyait un gain de puissance supplémentaire.

Ceci n’est pas tout à fait vrai !
Dans le film « 60 secondes chrono« , il est dit que la Mustang « Eleanor » est une Shelby GT500 de 1967.
La Mustang Shelby de ’67 ne ressemblait pas vraiment à l’Eleanor du film 60 Secondes Chrono !
En fait cette voiture surnommée « Eleanor » et badgée Shelby GT500, a été imaginée pour ce film.
Elle a été élaborée sur la base d’une Mustang Fastback de 1967,équipée d’un kit carrosserie créé pour l’occasion.
Une peinture spécifique (un gris tungstène), ornée de deux bandes racing noires de type Shelby, a été choisie pour lui donner un look ravageur et unique et pour faire de cette voiture, la digne égérie de cette super production Hollywoodienne.
En effet, pour les producteurs du film « 60 Secondes Chrono« , plusieurs choses devaient être prises en considération : dans un premier temps, il fallait donner une grande égérie au film, forcément une muscle car. Il fallait aussi un modèle que tout le monde connait et qui fait rêver, tout en étant dans la même continuation que le film original dont s’inspire « 60 secondes chrono« …, en l’occurrence une Mustang mach One jaune orangée…
Donc, il fallait une Muscle Car Mustang… et quoi de plus approprié que la première génération de la Shelby GT500 ?
C’était donc la candidate idéale et rêvée !

Sans compter la valeur astronomique du modèle 1967 de la Shelby GT500 !
Seulement, même pour une superproduction Hollywoodienne, il s’est avéré impossible de se procurer une douzaine de Mustang Shelby de première génération, d’une part à cause de la rareté de cette voiture… et d’autre part, parce que ces voitures sont « protégées » par divers clubs de passionnés qui ne voulaient pas que la production du film détruise de telles Icones de la production Américaine !
La seule solution, qui s’est alors présentée d’elle même, a donc été de re-créer cette voiture, ce qui permettait, en plus, de moderniser une voiture mythique qui, certes faisait rêver, mais n’avait pas loin de 40 ans à l’époque du tournage !
Donc une douzaine de Mustang clones de cette « Eléanor » ont donc été commandée au préparateur Américain « Chip Foose« , qui s’illustrait depuis très longtemps par ses réalisations de « restmod » sur base de diverses « Muscle Cars », via son entreprise « Unique Performance« .
Une douzaine d’épaves de Ford Mustang Fastback de 1967 ont donc été récupérées, puis entièrement re carrossées avec le body-kit conçu par « Chip Foose« …

Le Film a eu le succès international que vous lui connaissez… et un immense engouement est apparu autour de la Mustang « Eleanor » !
Finalement c’est Caroll Shelby lui même qui a apporté la touche finale et offert contre une très grosse somme d’argent, la légitimité à cette Mustang « Eleanor« , en signant cette Mustang et en autorisant que les Fastback du film « 60 Secondes Chrono » portent le nom de « Shelby GT500 » !
A tel point que Chip Foose à lancé une micro production artisanale de la Mustang « Eleanor« … et que ces voitures ont été commercialisées avec plusieurs motorisations et même plusieurs coloris !
Les points communs : le kit carrosserie « Eleanor » monté sur une Mustang Fastback 67…, avec la bénédiction (financière) de Carroll Shelby, qui signait et numérotait chacune des réincarnations de Unique Performance !
Baptisée GT-500E, elle était produite en 3 versions : le modèle de base pour US$ 80,000.00 un modèle « performance package » auquel était rajoutée une liste d’options « Hautes Performances » pour US$120,000.00 et la version « Super Snake » pour US$ 150,000.00 !
Le modèle de base possèdait un V8 302ci. de 325cv avec transmission manuelle à 4 vitesses ou automatique, un intérieur en vinyle noir de luxe fait sur mesure, une cage protectrice intérieure, d’un système stéréo CD… et de la climatisation.
A l’extérieur, la GT-500e était ornée de spoilers et prises d’air en fibre de verre, d’un bouchon d’essence de style racing à remplissage rapide… et d’échappements latéraux…
Les jantes en alliage Edelbrock de 17 pouces remplacaient les jantes Schmidt utilisées sur l’Eléanor originale.

La version « Super Snake » de la GT-500e, comportait un moteur V8 suralimenté de 427ci. avec un block en aluminium développant 750 hp ! 
Pour le « Performance Package« , c’était le modèle de base mais avec un V8 351ci. de 430cv,  une injection de dioxyde d’azote, une transmission manuelle 6 vitesses… et une liste de pièces spéciales qui semblaient plus à leur place sur une voiture de course NASCAR qu’une voiture « de rue« .
Toutes les reproductions d’Eleanor, incluant les « Performance Package » + 75 modèles « Super Snake« , ont tous été construits à partir de Mustang Fastback 1967 restaurées dont les numéros de châssis ont été changés selon les directives de Caroll Shelby !
Dans le même temps, certain qu’une résurrection de la Mustang serait bienvenue dans le public, Ford a présenté la « nouvelle » Mustang au salon de New York 2005, équipée d’un moteur V8 développé par Ford SVT sous l’œil bienveillant et les conseils de Carroll Shelby…
Dans la foulée, Shelby, désireux de rattraper son temps perdu, à sorti ses « nouvelles » Shelby GT350, constituées d’un kit en pièces polyester…
L’affaire s’avérant rentable, Carroll Shelby a ensuite mis en production une Shelby GT500, désignée d’emblée par communiqué de presse, comme étant la digne descendante de la GT500 de 1967 dont elle était inspirée (sic !)…
Basée sur la « nouvelle » Ford Mustang, elle en reprenait l’essentiel, avec plusieurs modifications en prime.
Face avant plus agressive, spoiler avant, capot entrecoupé de prises d’air, ailes élargies, jantes de 18 pouces, aileron intégré à la malle arrière, diffuseur arrière… et des bandes décoratives « Shelby Racing »…
Une mustang agressive, où fleurissaient ça et là les insignes Cobra.
Le moteur était un V8 5.4l suralimenté de 500cv préparé par SVT.

La Classic Recreations 1967 G.T.500CR a sauté sur l’occasion…, l’occasion faisant bien entendu le larron…
Avec la faillite de « Unique Performance », le constructeur des Mustang GT500 « Eleanor »…, une déconfiture noyée dans un climat malsain d’escroqueries…, , une place était à nouveau vacante…
Cet engin qui se veut « un retour aux sources », a été présentée dernièrement à Las Vegas le même week-end ou se déroulait la « NASCAR Shelby American Race » !
Toujours préoccupé de saisir toutes les (importantes) sommes d’argent qui passent à sa portée, Carroll Shelby a cautionné ce nouveau clone de ses Shelby GT500… nommé « G.T.500CR »… et lui a délivré le badge « 1967 Shelby Mustang continuation » !
Chaque « G.T.500CR » sera munie d’un « official Shelby serial number », de divers badges et inclue dans le « Shelby World Registry ».
Dans quelques années, plus personne ne s’y retrouvera…
 
Base model
Investment starting at $119,000
Color availability : Grey/Black ,Red/White, Blue/White, Black/Grey, Yellow/White
Drivetrain : 427 C.I Crate Engine (545 H.P.) Mass Flo Fuel Injection. Tremec Manual Transmission and 150HP NOS Nitrous system (disarmed)
Steering : TCP Rack and Pinion conversion (Power). Flaming River Tilt column (polished)
Interior : Carroll Shelby signature seats. Simpson 5 point camlock seatbelts. Carroll Shelby Signature gauges. 160mph Speedometer. Woodgrain Aluminum steering wheel. Old air products A/C system. Deluxe 1967 door panels. Deluxe 1967 dash and trim. Carroll Shelby G.T.500CR Console. Carroll Shelby G.T.500CR Floormats
Stereo system : Pioneer CD player w/ removable face. Classic Recreations LLC. custom trap door. Polk Audio coaxial speakers
Wheels and tires : Shelby 427 Wheels 17X8 front. Shelby 427 Wheels 17×8 Rear. High performance z rated tires (Goodyear) 245/40/17 Front. High performance z rated tires (Goodyear) 245/40/17 Rear
Exterior : Shelby sequential tail lights. Shelby G.T.500CR Emblems. Exterior Fiberglass Enhancements
Fuel : Electric Fuel pump. Stealth 18 gal Fuel cell
Brakes : Front: Shelby/Baer 13″X1.1″ track system. Rear: Shelby/Baer 12″X.81″ touring system. Slotted, Crossdrilled and zinc washed. Adjustable rear proportioning valve
Electrical : Trunk mounted battery. MSD Ignition
Exhaust : JBA Ceramic coated headers. Dual 2.5″ Exhaust. Spintek Mufflers
Cooling : Becool Aluminum Crossflow Radiator. 2-13″ electric cooling fans
Chassis : Tubular Sub frame connectors. Shock tower bracing. Cosmetic Rollbar
Suspension : Performance tuned front suspension. Performance tuned rear suspension. Sway bars front and rear
Performance Model
Investment starting at $149,000
Interior :Carroll Shelby Scat Rally series 1000 seats
Wheels and tires : Shelby 427 Wheels 17×9.5 Rear
Suspension : Custom Front Crossmember w/ tubular A-arms. High Performance Front Coilover shocks. High Performance Rear. Coilover system. Tubular Sport Sway bars front and rear
Venom Model
Investment starting at $199,000
Drivetrain : 427 C.I Crate Engine (780 H.P.) F1-R Procharger Intercooled w/17PSI of boost
Interior : Carroll Shelby Scat Rally series 1000 seats. 200mph Speedometer
Wheels and tires : Shelby 427 Wheels 17×11 Rear. High performance z rated tires (Goodyear) 315/35/17 Rear
Suspension : Custom Front Crossmember w/ tubular A-arms. High Performance Front Coilover shocks. High Performance Rear Coilover system. Tubular Sport Sway bars front and rear

CHRONOLOGIE
1962 : Présentation du prototype Mustang I à moteur central. Le projet Cougar est lancé, pour un budget de 40 millions de dollars et un délai de 18 mois.
Le 3 octobre Ford dévoile le prototype Mustang II, à moteur avant. Le nom de Mustang est retenu pour le futur modèle de série.
1964 : Le 17 avril, la Ford Mustang est lancée avec retentissement. Deux carrosseries sont au catalogue : cabriolet et coupé. Baptisée Mustang « 64 1/2 » car lancée en milieu de millésime. Véritable succès d’emblée avec 121 538 exemplaires produits !
Trois Fastback de présérie sont modifiés par Caroll Shelby.
1965 : Nouvelle carrosserie Fastback. Option « Hi-Perf » vendue au catalogue. Commercialisation de la Shelby GT350 (V8 289 ci de 360 ch).
1966 : Commercialisation du Pack GT (accessoires et cosmétique sport). La millionième Mustang sort des chaînes de production le 2 mars et est offerte au premier client Mustang.
1967 : Premier facelift sur la Ford Mustang. La silhouette générale est conservée, mais la face avant est légèrement plus proéminente et agressive et la poupe est désormais concave. Tout le châssis, la structure et les trains roulants sont identiques à la précédente).
Commercialisation de la Shelby Mustang GT500 (V8 428 ci de 355 ch).
1968 : Commercialisation de la Mustang 428 ci Cobra Jet. Une version réservée à la Californie (la California Special) est dotée d’une nouvelle face arrière.
1969 : Léger remaniement dans la gamme avec facelift de la partie arrière, finition plus typée confort et luxe et apparition d’une version « Grandé ».
1970 : La Mustang I est profondément revue et devient la Mustang I MkII.
PRODUCTION :
1964 : 121 538 ex. (92 705 ex. coupés et 28 833 ex. convertibles).
1965 : 559 451 ex. (77 079 ex. fastbacks, 409 260 ex. coupés et 73 112 ex. convertibles).
1966 : 607 298 ex. (35 698 ex. fastbacks, 499 751 ex. coupés et 71 849 ex. convertibles).
1967 : 472 121 ex. (71 042 ex. fastbacks, 356 271 ex. coupés et 44 808 convertibles).
1968 : 306 774 ex. (42 581 ex. fastbacks, 249 447 ex. coupés et 14 746 ex. convertibles).
1969 : 199 824 ex. (61 980 ex. Sportsroof, 72 458 ex. Sportsroof Mach 1, 28 458 ex. coupés, 22 182 ex. Coupés Grandé et 14 746 ex. convertibles).
Total : 2 267 006 ex.
PRODUCTION SHELBY GT350/500 :
1964 : 3 ex. fastback présérie modifiés
1965 : 562 ex. GT350
1966 : 1 370 ex. GT350
1967 : 1 175 ex. GT350 et 2 048 ex. GT500
1968 : 1 253 ex. GT350, 404 ex. GT350 cabrio, 1 140 ex. GT500, 402 ex. GT500 cabrio, 933 ex. GT500 KR, 318 ex. GT500 KR cabrio.
1969-70 : 3 153 ex. GT350 et GT500 Cobra Jet.
Total estimé Mustang I MkI Shelby GT : 12 761 ex.

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