1968 N’Guyen Quasar Khanh « Le Cube »…

Conçue à la fin des années ’60 par le désigner français d’origine vietnamienne N’Guyen Manh Khanh, plus connu sous le nom de Quasar Khanh, cette « voiture de ville », souvent prise à tort pour une “Papamobile” , mais qui n’était qu’une curieuse « véranda sur roues » pour les uns, un « aquarium roulant », un « cube de verre » ou une « cage transparente » pour les autres, était pourvue de caractéristiques propres à la rendre pratique :
– maniabilité accrue (diamètre de braquage : 5,49m)
– accès facile (6 portes coulissantes frontales et latérales)
– grande habitabilité (cinq places assises)
– visibilité parfaite de tous les côtés
– encombrement réduit (1,80m x 1,70m environ)

Sa mécanique empruntait de nombreux éléments à la Mini d’Austin-Morris et notamment son moteur de 1100 cm³ monté transversalement à l’arrière sous la banquette.
Elle continue d’éveiller, près de 50 ans après sa sortie : curiosité, haine ou passion…
Pour parfaire son caractère urbain, elle était équipée d’une boîte automatique.
Un petit nombre d’exemplaires seulement sera construits de 1967 à 69 à Perivale, en Grande-Bretagne par Unipower Ltd, filiale d’Universal Power drives Ltd, créateur également de l’Unipower GT.
Communément surnommée « Le Cube » ou « Cubicar », son vrai nom est  la « Quasar-Unipower City-Car »

Nguyen Manh Khanh a étudié de 1955 à 1958 à l’École Nationale des Ponts et Chaussées en France.
De 1958 à 1960, il a travaillé sur le viaduc d’Estrées… et entre 1960 et 1963 au Québec, sur le barrage de Manicouagan.
En 1964, il a conçu un prototype de voiture de ville.
La voiture était un cube de verre sur roulettes avec portes coulissantes en verre (des fenêtres de vérandas).
La société britannique Unipower a fabriqué cet engin de 1967 à 1969.
En 1966, Nguyen Manh Khanh a développé du mobilier en plastique gonflable en couleur et transparent.
En 1969, il a créé Quasar-France, qui fabriquait des sièges en mousse et des objets gonflables connus collectivement sous le nom de « Aérospace Collection »
Dans les années ’70, il a créé une ligne de vêtements pour hommes qui a été produite par Bidermann,

La réalité consumériste est qu’au départ de cette chose roulante cubique en verre, tout a été tenté par le couple N’Guyen Manh Khanh pour sortir de l’anonymat…
Pour profiter de « la chose »…, en 1969, année érotique et cathartique, Emmanuelle, l’épouse de N’Guyen Manh Khanh va créer la griffe Emmanuelle Khanh,  évoquant une époque de prétendu grand foisonnement créatif, dans le sillage des Jean Bousquet (Cacharel), Dorothée Bis et autres Sonia Rykiel…
Ancien mannequin pour Balenciaga et Givenchy, Emmanuelle Khanh a précisément été styliste pour Cacharel et Dorothée Bis avant de créer sa marque de prêt-à-porter.

Avec son mari Quasar Khanh N’Guyen, auto-proclamé « Le » designer contemporain des années ’70…, elle formait un couple très lancé.
On les voyait déambuler dans Paris au volant de la Quasar Mobile, une étrange voiture cubique et transparente.
Mais, la maison Emmanuelle Khanh tout comme le studio de design de son époux bien aimé ont lentement périclité…

En 2007, un ancien de chez LVMH, Didier Marder, va réveiller la belle endormie (sic !) en rééditant tout d’abord des lunettes…, proclamés « modèles cultes inédits »… avec un baratin assez simpliste : « On se souvient tous avoir vu ces fameuses montures claires et surdimensionnées, typiques de l’époque bab’cool. Nombreux sont ceux qui écument les marchés et les brocantes, dans l’espoir de tomber sur une paire vintage. Maintenant elles sont ré-éditées. Venez… » !

L’argumentation, ensuite, s’évaporait dans le rappel d’une « grande époque » qui avait existé dans sa généralité pour le couple N’Guyen Manh Khanh…
« Au début des années 1960, au moment où Mary Quant révolutionnait la mode Anglaise, Emmanuelle Khanh était à l’avant-garde d’un jeune mouvement de prêt-à-porter français.
Issu de la prononciation française du
« Yeah, Yeah, Yeah » des Beatles, cette tendance naissante apparaissait sous le nom de la « mode yéyé ».

Après quelques années de collaboration avec de nombreuses marques telles que Cacharel ou encore Missoni, la créatrice lançait en 1969 sa propre marque Emmanuelle Khanh Paris.
Les modèles se distinguaient de la haute couture et s’imposaient auprès des femmes modernes et actives de l’époque.
C’était la naissance du prêt-à-porter dont la marque est une des pionnières.
De la rencontre de son esprit créatif et le savoir-faire de la société Guillet, naissait en 1972 une collection de lunettes audacieuse et colorée, visant la même clientèle que la mode et l’accessoire.
Emmanuelle Khanh sera l’une des précurseurs dans le travail des matières révolutionnaires et encore inutilisées dans le monde de la mode.
Elle imaginera des vêtements en harmonie avec son style de vie de femme active, mère de famille aimant la création, le style et ayant une passion pour l’architecture des années 30. Après avoir relancé avec succès la collection de lunettes, la Maison Emmanuelle Khanh développe une première collection capsule d’accessoires articulée autour du chapeau, du sac et du gant.
Attachée à son savoir faire unique, la marque fabrique l’intégralité de ses produits dans des ateliers en France »

Depuis Juin 2010 , la Velvet galerie (http://velvet-galerie.com) a entrepris la restauration totale de la voiture de Quasar Khanh, cet exemplaire est l’ancienne propriété de l’importateur des meubles de Quasar Khanh aux Etats Unis.
Cette voiture comptabilise 15.660 km au compteur, elle a servit  de show room roulant pour vendre les créations gonflables, entre 1968 et 1971.
Totalement laissée à l’abandon depuis 1971, date de son retour en France, « Le Cube » a été terminé début 2012…

Des belles rencontres naissent les beaux projets…
Mai 2012…, quelque part sur la planète terre…, Neo Tony Lee (www.neotonylee.com) tombe sur « Le Cube » de Quasar Khanh, exposé à la Velvet Galerie, 11 rue Guenegaud 75006 Paris, 01 43 26 14 90…
Il tombe en extase devant cette création loufoque : « CARREment génial « … dit NEO … et frappé par la grâce, il organise de suite un shooting dont il a le secret…

Encore sous le choc de sa découverte…, Neo découvre le monde de Quasar Khanh…, les structures gonflables colorées de Quasar deviennent instantanément une référence de l’esthétique que Neo recherchait…
« Photographier est une manière de ressentir le réel, de découvrir la beauté, de la faire vivre ! Le fait d’utiliser des artifices c’est totalement oublier la véritable Beauté ».
Voilà; voilou, il n’y aura aucune autre suite que ce reportage…, Nguyen Manh Khanh, plus connu sous le nom de Quasar Khanh, né à Hanoï au Tonkin en 1934… et mort le 30 juin 2016.