1984/1988 Zimmer QuickSilver…

A cette époque, elle était présentée comme une deux places sportive de grand luxe que tous les Dealers Cadillac auraient voulu avoir dans leur show-room pour redorer leur blason depuis que les Séville et Eldorado étaient devenues si communes…, un slogan sans retenue, sans aucune mesure, sans aucun rapport avec la réalité…, elle était perçue comme différente, flamboyante et élégante…, et son style la mettait vraiment à part des autres voi­tures américaines.

Les Cadillac perdaient peu à peu leur prestige…, l’introduction des « J-Cars » de General Motors, était ressentie comme un abandon des valeurs traditionnelles Américaines… et la clientèle pour­tant fidèle se rabattait vers les voitu­res européennes, la porte étant ainsi grande ouverte aux BMW et Mercedes qui ne se sont pas privées de s’inviter au banquet…, mais, à la vue de la Zimmer QuickSilver, en 1986, les américains eurent soudain l’illusion que ça pouvait changer.
Elle semblait renouer avec la grande tradition du luxe à l’américaine, avec profusion de chromes, capot immense, et conti­nental-kit.

Bob Zimmer qui prospérait dans le créneau très rentable du Bling-Bling des Excalibur et Clénet avec la Golden Spirit, avait bien compris que les voitures américaines contemporaines des années ’80, étaient toutes devenues fades, que les chromes avaient été remplacés par du noir mat ou des peintures sati­nées… et que l’Américain épris de luxe n’y trouvait pas son compte, lui qui rêvait de chromes partout, de surcharges ornementales et de carpettes façon tapis des mille et une nuit !
Cadillac avait compris « autre chose », visant la niche des Mercedes SL, le style « sobriété alcoolisée »…, un peu tard cependant, car la nouvel­le Allante (presque fade) n’était pas encore disponible…, et elle ne va pas devenir le best-seller attendu…, du coup Zimmer était convaincu qu’il allait vendre plus de 1.000 QuickSilver d’ici là !

En ces années ou les « Bee-Geek » et « Abba-la-Suède » déguisés en sapins de Noël, ânonnaient des conneries « tubesques », et ou le sublime le disputait au crétinisme de masse…, des kyrielles de firmes à l’existen­ce météorique dont les dirigeants avaient le défaut de vouloir inno­ver en brisant le moule du politiquement correct, tentaient de créer des voitures différentes…, mais qui intrinsèquement étaient construites sur des bases éculées : beaucoup s’y sont finalement cassé les dents…
Zimmer Motor Cars Corporation ne fut qu’une firme typiquement météorique dans l’histoire de l’industrie automobile américaine, une histoire simple et exclusivement mue par la recherche de profits faciles…

Mais Zimmer avait réussi à survivre contre vents et marées… et même si sa division automobile ne fut inau­gurée qu’en 1978, alors qu’Excalibur semblait indétrônable depuis 1964, la firme existait depuis un quart de siècle, soit bien avant Excalibur… en produisant des caravanes, des motorhomes, des vans et des yachts de semi-luxe (entre autres choses)…, le succès des voitures Zimmer n’était donc pas dû au hasard.
Il se basait sur une gamme de véhicules de loisirs « kitchissimes », dont la qualité de fabrication était recon­nue… et la fiabilité prouvée.

Zimmer s’appuyait également sur un réseau de 50 concessionnaires qui couvraient tous les États-Unis…, un aspect du marketing et du service après-ven­te que beaucoup de petits constructeurs avaient négligé !
« C’était une des raisons », m’avait dit dit Bob Zimmer « qui incitaient les gens à nous ache­ter des voitures : ils n’étaient pas or­phelins lorsqu’ils roulaient en Zimmer, nous avions une agence dans tous les points névralgiques du pays. Le concessionnaire qui vendait une Zimmer en assurait l’entretien, comme c’était le cas si les gens avaient acheté une voiture de grande marque »….

La réputation de Zimmer s’appuyait exclusivement sur une gamme de véhicules de style néo-classique d’inspiration « Thirties », des sortes d’Excalibur et de Clénet améliorées…
Pourtant, sous cet « avantage » se cachait une sorte d’arnaque extraordinaire…, plutôt que, comme Clénet, d’adapter des châssis Lincoln en modifiant l’emplacement du moteur et en habillant l’ensemble avec des portions de carrosseries d’MG Midget (série I) ou de VW Cox (série II), Zimmer s’était contenté d’utiliser des voitures Mercury Cougar et de greffer sur chacune d’elle, avec un minimum de démontage, une carrosserie « néo-classique »…

Clénet avait été copié par des petits malins…, Zimmer le fut aussi…, c’est précisément pour cette raison que fut mis en chantier l’ultime variation de cette folie de ré-utilisation : la Golden Spirit.
Ces engins y gagnaient en temps de modification et de ré-assemblage… mais surtout, ils gardaient intégralement l’habitacle des Mercury, les mêmes portes, les mêmes fenêtres, le même câblage électrique et les mêmes accessoires…

C’est avec une recette semblable que fut créée la QuickSilver…, personne, en la voyant, apparemment si audacieuse de lignes, si « design », si extraordinaire avec sa calandre chromée et son capot gigantesque, n’aurait imaginé que sa base était tout simplement celle d’une Pontiac Fiero équipée d’un 6 cylindres en V de 2.800cc en position centrale arrière !
Mêmes neuves, les Pontiac Fiero ne coutaient pas grand chose, surtout que les concessionnaires n’arrivaient pas à les écouler en grand nombre… et, sitôt en occasion, c’était pire…

Pourtant, c’étaient d’agréables et sympathiques petites « sportives » situées dans le créneau des garçons-coiffeurs, auparavant fief de Ferrari du temps de ses 208 et 308 GT Bertone et/ou Pininfarina…
La base n’était pas bien chère, toutes les parties de carrosseries étaient facilement démontables sans toucher à l’habitacle et aux structures…, il suffisait de dessiner mieux pour avoir du succès…

Pontiac y a finalement pensé, mais trop tard, en modifiant la Fiero GT en clone de 308GTB…, en rouge, c’était parfait…
Divers « Kiteurs » se sont rués dans ce créneau, proposant des copies de TestaRossa, de Countach, de Porsche, sans limites…, tout y est passé…, mais c’est Zimmer qui va capter l’attention des masses ahuries en positionnant la Fiero dans la tranche des Cadillac pré-Allante…

Il s’agissait bien entendu d’élargir le créneau de clientèle avec un produit différent, mais la tentative de Bob Zimmer visait à combler un vide, un gouf­fre gigantesque dans l’industrie automobile américaine : l’absence totale de Coupés 2 places de luxe.
Aucun constructeur américain n’offrait d’alternative à la Mercedes SL ni à la Jaguar XJS… et Bob Zim­mer sauta à pieds joints dans ce créneau où il n’allait y avoir d’autre concurrente, que la future Cadillac Allante…, qui se vendra beaucoup plus cher que la OuickSilver  !

– « C’était un marché en pleine crois­sance » m’avait dit Zimmer, « les gens achetaient à nouveau des voitures à deux places et même des voitures qu’ils ne partageraient jamais avec leur conjoint, des voitures pour se faire plaisir, en égoïstes. En un mois, ma firme avait vendu 200 QuickSilver, avec une projection de 1.000 dans la première année ! Les gens voulaient du chrome et les grands cons­tructeurs ne leur proposaient que des voitures ternes, avec des dé­corations en zamac noir mat sous prétexte que c’était aérodynami­que. C’était la mode mais ce n’était que cela : une mode et elle allait passe­r comme toutes les modes. Je prétends encore maintenant que l’emploi de chromes ne va pas à l’encontre d’une bonne aérodynamique ; c’est simplement une question de formes mais, là aussi on en vient vite à l’uniformi­té des lignes. C’est pour cela que ma QuickSilver avait tant de garnitu­res chromées, parce que plus per­sonne ne le faisait et que beaucoup de gens le regrettaient »...

La QuickSilver évoquait également les premières Lincoln Continental : elle était basse, élan­cée, et dégageait une impression de luxe et de classe indéniable.
Même pour 1986, la voiture était contemporaine, ne vous y trompez pas, même si ses lignes rappelaient quelque peu cer­tains prototypes que Ghia avait réalisé pour Chrysler dans les an­nées ’50…, mais paradoxalement, son allure était moderne, contemporaine, exoti­que, audacieuse…, et si les stylistes de Detroit avaient eu la même ima­gination débridée…, ils n’auraient pas dû confier le styling de la Ca­dillac Allante à un bureau d’études italien (Pininfarina, en l’occurrence) !

Zimmer a donc eu un coup de fusain assez génial…, les lignes de sa QuickSilver correspondaient exactement à ce que les acheteurs américains attendaient d’un Coupé de luxe : un capot interminable, un habitacle intime… et un coffre qui évoquait les formes d’une roue de secours.
Les chromes scintillants venaient en prime… et étaient drôle­ment bienvenus après la lon­gue période de disette d’avant ’86.

Les jantes à rayons étaient des Dayton chromées à rayons, de 6 x 14″, chaussées de Goodyear Eagle GT en 205/70-VR.
L’équipement et le look de la Zimmer QuickSilver donnaient l’illusion que son prix d’achat de ± 48.000 $ était justifié…, non seulement par des spécifications techniques soi-disant très sophistiquées, mais surtout par ce qu’elle « offrait » en équipement­ standard.

Les phares étaient escamotables et l’habillage intérieur semblait d’un raffinement peu commun aux USA : garnissage complet en cuir italien, planche de bord en ronce de noyer polie im­portée d’Angleterre, sièges-ba­quets et tapis de haute qualité, volant en cuir à trois branches.
La transmission était automatique, la direction et les freins assis­tées… et bien sûr la QuickSilver était équipée de l’air conditionné, d’un cruise-control et de tous les gad­gets high-tech de l’industrie améri­caine !

Personne, absolument personne, n’a décelé qu’en fait, toute cette soi-disant technologie sophistiquée… était le commun des Fiero 2L8 de base qui étaient affichées au tiers du prix de la QuickSilver…, aucune option n’était prévue au ca­talogue OuickSilver… et franche­ment, on voit mal ce qu’on aurait pu ajouter à l’équipement-stan­dard de la Pontiac Fiero…
Même les journaleux n’y ont vu que du feu (Fiero), certains osant même écrire que le caractère exclusif de la Quick­Silver avait été le guide qui avait mis Cadillac en branle pour construire 6.000 Allante par an, et qui avait réveillé Chrysler qui de ce fait avait lançé la Chrysler/Maserati, produite à la cadence de 25.000 unités annuelles…

Les seuls choix concernaient les couleurs, avec quatre teintes de carrosserie: blanc, noir, rouge et ivoire, et trois coloris intérieurs : rouge, cameo et brun clair.
Si la QuickSilver était techniquement intéressante, c’est qu’elle utilisait en effet le tout dernier châssis de la General Motors : ce­lui de la Pontiac Fiero à moteur central…, qui aurait pu se douter, je vous le demande, à moins de sou­lever l’immense capot…, que la OuickSilver avait un moteur en po­sition centrale-arrière ?

Pour mémoire, la monocoque de la Pontiac Fiero n’était pas une mono­coque ordinaire…, elle était construite en acier comme une sorte de char­pente structurelle qui supportait des panneaux de carrosserie en matériaux synthétiques.
Ces élé­ments d’habillage du châssis étaient facilement démontables en cas d’accident… et Bob Zimmer a tiré par­ti de cette construction un peu par­ticulière puisqu’elle lui évitait un fas­tidieux travail de découpage avant de la re-carrosser en QuickSilver.

Le châssis de la Pontiac était donc complètement mis à nu, mais ce n’était pas tout : il était découpé en deux, juste après la suspension avant, en un endroit totalement dépourvu d’éléments techniques, sauf divers fils électriques et canalisations à allonger… ainsi que le colonne de direction.
Zimmer y ajoutait 33 cm d’extensions métalli­ques… et sur la nouvelle plate-forme ainsi obtenue venait se fixer la carrosse­rie QuickSilver en polyester…, l’empattement passait ainsi de 2.372 à 2.702 mm exclusivement pour le « look »… et des ren­forts étaient soudés sur toute la sec­tion avant du châssis pour obtenir un porte-à-faux « esthétique » de 40 cm supplémentaires…, les seules modifications mécaniques nécessaires concernaient la direc­tion dont la colonne devait être allon­gée.

Avec son nouveau châssis élaboré au départ de celui d’une Pontiac Fiero, la Zimmer QuickSilver conservait donc quatre freins à dis­que avec assistance pneumati­que, une direction à crémaillère assistée, des suspensions indépendantes aux quatre roues et un moteur en position centrale ­arrière.
Il s’agissait du V-6 à arbres à cames en tête des Fiero GT, un 2,8-Litres de ± 105 CV Din avec injection d’essence électronique…, il était monté transversalement, ac­couplé à la boîte de vitesses au­tomatique à trois rapports…

Bob Zimmer, hilare, m’avait dit également : « Les grands constructeurs semblaient des débutants dans le créneau créé par la QuickSilver, ils ne se sont même pas rendus compte qu’ils pouvaient réaliser la même chose, au lieu de dépenser des milliards dans des projets stupides ! Ma firme, Zimmer, construisait et vendait depuis seulement quelques années des « Néo-Classiques », des voitures qui valaient 60-75.000 $, et avait parfaitement cerné les exigences de ce genre de clientèle. Lorsqu’on vend des voitures de ce prix-là, on sait ce que les clients attendent en matière d’équipe­ment, on connaît leurs desiderata, on sait comment les traiter, com­ment les satisfaire. GM ne savait rien de tout cela. Ils croyaient le savoir, mais en fait, ils en ont seulement fait l’ex­périence qu’après que la Zimmer OuickSilver s’est mise à affron­ter ses futures concurrentes avec de sérieux atouts dans ses man­ches. Elle bénéficiait de la longue expérience de Zimmer en matière de voitures luxueuses… et elle ne risquait pas de décevoir. Elle était même remarquablement silencieuse pour une voiture à moteur central : le garnissage de l’habitacle isolait efficacement les passagers des bruits mécaniques car le moteur était juste derrière les sièges. Ses suspensions indépendantes et surtout son empattement géné­reux lui conféraient un confort de grosse américaine sans la mol­lesse qu’on leur attribue générale­ment : le tarage était ferme sans être sportif, les inclinaisons en vi­rages étaient bien contrôlées et, sur­tout, la stabilité directionnelle était bien meilleure que sur les Pontiac Fiero »…
Comme vous le lirez plus loin, ce n’était que du baratin de bateleur de foires d’automobiles d’occasion, tout était faux..

C’est vrai que la direction à crémaillère, modifiée, procurait à la QuickSilver une agilité étonnante dans le trafic, elle louvoyait naturellement… et était toujours prête à partir en toupie…, la Zimmer QuickSilver répondait en fait, très précisément, à ce que les conduc­teurs américains attendaient en rêve d’une voiture exclusive mi des années ’80 : ce n’était pas une voiture de sport, c’était un Coupé de grande classe…, et ses défauts étaient excusés car le comportement routier fantasque était pour les beaufs : « plus pointu que celui d’une berline fami­liale »…

La puissance du V-6 Pontiac n’était pas très spectaculaire, mais elle suffisait malgré tout amplement à procurer des accélérations satisfaisantes… et le bruit des échappements tu­bulaires donnait l’illusion d’avoir 300 CV sous la pédale…
Comme la gamme de « Néo-classi­ques » que Zimmer construisait déjà de­puis une décennie, la « nouvelle » QuickSilver était parfaitement au point…, elle offrait une esthétique percutante, tellement exotique par rapport aux autres voitures améri­caines qu’elle a fait sensation, com­me la Studebaker Avanti l’avait fait à son époque…, malgré, qu’au fond, ce ne fut qu’une énorme escroquerie intellectuelle !

Qui plus est, Bob Zimmer était un p… de menteur…, créée en 1978, sa société n’a tenu que 10 ans (1988) et a fait faillite…, puis a été reprise par un groupe d’investisseurs financiers qui a remis les Golden Spirit en fabrication, les QuickSilver restant abandonnées car Pontiac avait cessé la production des Fiero.
Il n’y a jamais eu de milliers de QuickSilver fabriquées, mais seulement 170 entre 1984 et 1988… et compte tenu de cet assemblage, il est plus sain de les décrire comme des KitCars d’usine…

En examinant la QuickSilver en 2018…, elle fait cruellement valoir au moins une partie de la majoration massive et excessive qui séparait son prix de vente 84/88 de plus de 48000 $… de celui de la Fiero « donneuse » vendue neuve 12000 $….
À l’arrière, le couvercle de coffre monobloc qui recouvrait à la fois le moteur et le petit coffre de la Fiero a été remplacé par des « couvercles » (sic !) séparés pour le moteur et le compartiment à bagages qui est doublé de moquette épaisse…, la Fiero était célèbre pour son manque de place pour les bagages, la Zimmer QuickSilver n’avalait pas avidement deux bagages à main et un ordinateur portable.

La Fiero était une voiture lente (léthargique) en 1984/1988, avec une transmission récalcitrante, c’est encore plus lent maintenant en 2018… et plus récalcitrant encore pour la QuickSilver…, les freins y sont plus suggestifs qu’aux ordres…, en ville, c’est passable…, sur autoroute, c’est terrifiant, la Zimmer est un véritable cauchemar.
La longueur supplémentaire du châssis devant la cabine capte le vent…, la direction est floue, pas facile à attraper/corriger… et le poids du V6 derrière contribue à jouer à la toupie dans les ronds-points…, c’est plus fatigant que n’importe quel moment de « zouaverie » en club-course…

Un aspect « type » de la Pontiac Fiero avait malheureusement été épargné par Zimmer : le réservoir de carburant…, en effet, les Fiero étaient (et sont toujours) connues pour avoir une capacité médiocre de KMs parcourus avec un plein…, c’est à dire que sur autoroute, chaque fois qu’on arrive à une station d’essence, il est impératif de s’y arrêter et de faire le plein à ras-bord, c’est dire qu’on ne passe pas du bon temps sur les autoroutes dans cette voiture, en particulier parce que chacune des très fréquentes visites à une station-service donnera l’occasion de donner l’historique complet de la Zimmer Corporation en général, et de la QuickSilver en en particulier, à, au moins, trois personnes…
Pas une fois sur quatorze arrêts de carburant au total pour faire 1.400 kms, un spectateur a correctement identifié la voiture…, mais je n’ai jamais entendu un commentaire négatif, la Zimmer génère de l’affection à partir de rien.

Un homme âgé l’a appelé « la voiture la plus belle que j’ai jamais vue »…, un jeune blondinet a failli heurter une pompe Shell à l’envers pour essayer de mieux voir la voiture et lancer une conversation sur la QuickSilver en mode « allumé »…, un groupe de jeunes filles de vingt-cinq ans tatouées et lourdement sorties d’une camionnette à l’extérieur d’une aire de repos se sont quasi agenouillée devant la calandre et ont pris des selfies Instagram…. et deux jeunes hommes musclés qui prétendaient être des connaissances intimes d’un légendaire rappeur, ont estimé la valeur actuelle de la voiture à 500.000…
Clairement, ce n’est pas une voiture pour contrer les violettes…, pourtant, la Zimmer est inadaptée…, la hauteur du siège est à peu près ce qu’on attend d’une McLaren moderne, ce qui signifie que sur la route, on regarde les roues des autres, après 14 heures derrière son volant, même une camionette donne l’impression d’être un camion semi-remorque.

Ce qui rend la condition physique fondamentale pour conduire (et survivre) ce coupé de luxe personnel, c’est qu’on y est confiné à l’étroit, pas assez de place pour moi et une jeune et jolie pour s’étirer et s’amuser sur la route…, quoique les sièges sont superbes, mais pas au niveau de ceux d’une Rolls-Royce Wraith… en Zimmer le mal de dos est assuré après une heure, mais, une fois qu’on s’habitue à des normes depuis longtemps oubliées, la QuickSilver vous rappelle que l’on y vit un cauchemar tant le gémissement inculte du V6 à angle étroit produit un sifflement assourdissant qui fait presque oublier le gémissement aérodynamique du vent…

En fait, si la QuickSilver avait été équipée d’un moteur décent, de meilleurs freins, suspensions et direction…, si elle avait été un peu plus spacieuse, elle aurait été brillante, plus qu’une Boxster ou une SLK… mais elle n’aurait jamais existé car Bob Zimmer ne voyait en elle qu’une voiture très facilement démontable question panneaux de carrosserie…
Nous avons peut-être passé le cap de l’histoire où tout le monde ne se sent à l’aise qu’avec cinq sièges, quatre portes, une trappe bulbeuse derrière et quantité d’espace inutile, mais si quelque chose dans cette « chose » pouvait encore tenter les riches boomers, ça ne pourrait plus ressembler à ça, la Zimmer est un peu trop chromée pour attirer l’attention des esthètes…, mais elle devrait avoir un impact visuel similaire, traduit pour l’ère moderne…

Mais il faudrait plus qu’un simple relooking ou un look alternatif conservateur pour faire le bon impact…, elle aurait besoin de flash, de style, d’un look qui se démarque vraiment.
Quelque chose pour que les gens tournent la tête comme le faisait cette humble vieille chose-voiture-KitCar dans les années ’80…, mais certains osent encore en acheter une, en enchères aux USA, comptez entre 20 et 30.000 US$…