1999 Packard Twelve…

Tout se résume en une transformation consumériste : créer et proposer n’importe quoi le moins cher possible…, n’importe comment…, pour que n’importe qui l’achète le plus cher possible, afin de créer/générer du profit… pour ensuite recommencer !

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Le grand bordel planétaire a commencé ainsi…, de manière simple… et tout est devenu compliqué dans l’instant suivant…, le : Donne-moi un pourcentage sur ce que tu touches comme rétribution et je te présenterai des clients…, s’est doublé de : Travaille à mon service et je te rétribuerai sans que tu ne doives plus chercher de clients…

les créatifs sont ainsi devenus des entremetteurs, des souteneurs, des maquereaux, des gens d’affaires, des industriels, des banquiers… et les exécutants sont devenus des esclaves rétribués à la limite psychologique de la rébellion…

Le plus basique remonte aux débuts de l’humanité (de l’inhumanité ?) : se vendre…, soit sexuellement (c’est le plus simple et ne nécessite strictement aucune formation) soit par l’exécution de travaux…

Les chefs vivent de même, en contrepartie d’un autre pourcentage (l’impôt), ils dirigent…, en se payant une autre couche d’esclaves (soldats, policiers, percepteurs d’impôts), ils s’assurent en les rétribuant…, ils garantissent aux créatifs le pouvoir d’être esclavagistes et de les protéger contre un nouveau pourcentage, ceux-ci en profitent pour créer de la propriété sur les bases de la vie : boire, manger, respirer, vivre… et tout ce micmac devient un ensemble d’obligations, y compris celle de mourir pour défendre ces « valeurs-sociétales » qui ne sont qu’un système de folie…

Pour alimenter ce système les créatifs ont créé des besoins que n’avaient pas nécessairement les exécutants…, tout l’art consistant à récupérer quasi-tout ce que ceux-ci gagnaient dans leur esclavage, dopés par n’importe quelle croyance (religiosité) pour continuer jusqu’à la mort (que certains ont également monétisée)…

Chez certains esclaves créatifs, le genre qui se mèle de tout et rien et s’emmèle dans tout…, une révélation se fait jour au fur et à mesure que tout s’obscurcit…, un décalage qui provoque de plus en plus un ras-le-bol et une forme de rejet de la société de consommation, c’est l’illumination qu’ont les gens, de ne servir qu’à acheter des objets dont l’utilité est devenue futilité, programmés pour s’user et se démoder jusqu’à devenir ringards…

Depuis l’industrialisation, tout est devenu encore plus fou, les saltimbanques qui chantaient ou jouaient leur théatre pour recevoir les restes des Saigneurs et Maîtres, sont devenus les princes et rois du n’importe quoi jusqu’à donner leur opinion d’abrutis sociopathes comme paroles de nouveaux évangiles… et les esclaves exultent de les voir plus riches encore que les anciens Princes et Rois rien qu’en jouant des rôles de composition d’argent fou…

Donc, maintenant que je suis vieux… (en fait, à peine nés on commence toutes et tous à mourir et j’en ai enterré plus d’un et d’une)…, j’écris dans le vide sidéral de l’incompréhension, devant le puits sans fond de la bétise humaine (inhumaine ?), des expériences de vie d’esclave créatif qui cherche en vain une alternative de vie générale et revient (vite) à se satisfaire que ce ne soit pas pire…

Généralement, sauf chez les beaufs crétins, cette illumination ne survient qu’au dernier quart de vie, une période ou il est généralement trop tard pour changer quoi que ce soit si ce n’est de radoter et d’écrire ce que peu d’esclaves liront par faute de moyens et de temps… au grand rire des créatifs et des Maîtres…

Tout s’y résume (c’est la première phrase de mon texte) en une transformation consumériste : créer et proposer n’importe quoi le moins cher possible, n’importe comment, pour que n’importe qui l’achète le plus cher possible, afin de créer/générer du profit… pour survivre un peu plus longtemps !

Ce qui m’a inspiré tout ceci (le vent l’emportera), c’est tout bètement d’être tombé par hasard sur le catalogue d’une vente aux enchères d’automobiles dites « de collection » (encore un attrape-nigauds dont j’ai déjà discouru), ou apparaissait une Packard « Revival » créée par je ne sais qui…, qui n’a aboutit à rien… et qui tente de se sublimer dans rien d’honorable…, une débilité roulable ou l’arnaque se mèle à la stupidité pour la présenter aux beaufs comme un chef-d’œuvre de kitcherie…

Cette chose est une Packard Twelve Prototype, prétendûment le dernier redémarrage du constructeur automobile américain iconique qui porte le même nom… et si c’est quelque chose qui vous plaît, vous avez de la chance, c’est pour la vente…

La marque Packard fondée par les frères James Ward Packard et William Doud Packard ainsi que George L. Weiss sous le nom de Ohio Automobile Company à Warren (Ohio) en 1899, fusionna avec Studebaker en 1954 , pour devenir la Studebaker-Packard Corporation.

Un prototype très inhabituel de voiture fut développé à la fin de vie de la marque : la Studebaker-Packard Astral, conçue en 1957 et dévoilée au South Bend Art Centre en indiana le 12 janvier 1958, ainsi qu’au salon international de l’automobile de Genève en mars 1958.

Elle avait une seule roue gyroscopique et les caractéristiques annoncées suggérait que le véhicule pourrait être à propulsion nucléaire ou avoir ce que les concepteurs ont décrit comme un moteur ionique.

Le prototype a été exposé chez différents concessionnaires Studebaker avant d’être mis au rebut…, redécouverte 30 ans plus tard, la voiture a été restaurée et est aujourd’hui exposée au musée Studebaker…

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Packard a connu des temps difficiles dans les années 1950… et a fini par fermer ses portes en 1958…, mais c’est là que l’histoire commence pour cette voiture.

Les héritiers ayant-droits de la marque Packard ont réclamé (tempété) pendant des années pour qu’un fou fasse revivre leur marque… et, 20 ans après la fermeture, en 1978, le carrossier Budd Bayliff basé à Lima dans l’Ohio, spécialisé dans la construction de corbillards de luxe, a acquit le droit d’apposer le nom « Packard » sur des coupés et des berlines GM-Buick Riviera modifiés par ses soins…, ces replicars affichaient de simples changements cosmétique sans le style des Stutz, sauf une proposée à cette époque tellement chère, que personne ne l’a acquise, au contraire des horreurs suivantes vendues « seulement » au triple de la voiture de base transformée en Kitchmobile…

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En 1992, comme ce style d’engins assez pathétique était passé de mode (Excalibur, Clénet, Tiffany, Zimmer et cie étaient tous tombés en failitte, C. Bud Bayliff a vendu le nom et la marque Packard à un pigeon prétendu millionnaire canadien Roy Gullickson pour un montant estimé à 50.000 dollars, en réalité un ancien ingénieur de chez White Motor Car Company (un fabricant de camion)… qui a ensuite oeuvré chez Massey-Ferguson.

De 1993 à 1996 Gullickson (aidé par cinq ingénieurs et techniciens en plus d’un styliste de la société d’origine, ainsi que de Arunas Oslapus et Don Johnson créateurs chez Zimmer de la Quicksilver sur base Pontiac Fiero), a développé son propre modèle grandeur nature d’une Packard moderne (sic !), inspirée par la Packard Clipper berline 1941.

Ce prototype artisanal tout en aluminium, lui à coûté presque toutes ses économies, soit environ $ 800,000…, il l’avait équipé de la traction intégrale, de freins à disques et d’un moteur V-12 525ci de chez Ryan Falconer industries http://www.falconerengines.com/falconer_v12.php?v12=main qui se vendait aux pros du monde de la compétition contre $ 65.000…, un bazar de 440 chevaux en version de base (560 en version compétition) revendiquant le 0-60 en 4,8 secondes via une transmission automatique GM 4L80E !

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Annoncé au prix faramineux (pour l’époque) de $ 160,000…, exposé durant l’année 1997 dans quelques halls d’hôtels prestigieux et dans la presse automobile américaine, puis dans un show automobile à Tucson (Arizona)…, en cette suite, le prototype aurait suscité, selon Roy Gullickson, 70 commandes fermes avec acompte…, mais pour justifier des reports incessant de mise en production, il a prétendu qu’il devait au préalable chercher des investisseurs pour obtenir une augmentation de 10 millions de dollars absolument nécessaires aux $ 30.000.000,00 de base pour construire son premier lot de 10 à 12 voitures, sur un plan de 2.000 voitures par an (gag !), toujours au prix de $ 160,000 chacune.

En réalité, tout était faux, tout ce qu’il avait réussi dans cette aventure, c’est à presque réinventer le style financier de Tucker, Bricklin et DeLorean…, tout en s’aliénant façon Jerry Wiegert (Vector), une grande partie de ses clients réels et potentiels en leur envoyant des lettres leur intimant de cesser de publier des textes annonçant « au monde entier » qu’ils avaient acheté une Packard « Revival » en utilisant le logo Packard, sur leur site internet ou dans des leafleats personnels.

J’ai écrit « presque réinventer » parce que Gullickson n’ayant  jamais vendu de Packard Twelve, il a su s’arrêter à temps sans léser personne…, ce prototype est dans son box-garage depuis son achèvement en 1996, mais, après 18 ans passés en vain à rechercher un acquéreur pour la marque Packard ET son prototype…, exangue financièrement, lui et son épouse ont décidé de trouver une nouvelle maison pour abriter leur chef-d’œuvre (sic !) via la vente RMAuctions qui s’est déroulée à Plymouth, Michigan en juillet 2014, et ce : sans prix de réserve !

Chaque fois que nous entendons parler de l’emblématique constructeur automobile Packard américain , nous avons tendance à penser à des voitures de la première moitié du siècle dernier, magnifiquement ciselées et technologiquement avancées…, mais cette 1999 Packard Twelve Prototype qui est allée misérablement à l’encan, ne correspondait pas exactement à ce que « les gens » attendaient d’une voiture portant le nom emblématique de Packard…

Celle qui ressemble à l’enfant illégitime d’une bonne vieille Buick Sedan ayant copulé avec un tank Sherman sur le lit/châssis d’une Packard Sedan 1941, n’est que le fruit des basse-œuvres de Roy Gullickson qui déclarait en 2000, dans une interview avec Forbes Magazine : « Il n’y a aucune raison pour que l’Amérique ne puisse pas construire quelque chose de tout aussi bon que Mercedes et BMW. J’ai essayé… Alors que j’avais dit avoir 70 commandes pour en attirer au moins une dizaine de vraies, je dois maintenant avouer que c’étaient soit des commandes inventées, soit des commandes sans dépôt d’acompte, je ne voulais pas prendre de risque, pressentant que les investisseurs sur qui je comptais, n’allaient finalement, pas voir le moindre avenir pour mon entreprise « Revival-Packard »… Je n’avais pas le capital pour à entrer la moindre voiture en production. J’étais toutefois toujours prêt à envisager d’autres options, comme la vente de l’entreprise purement et simplement. J’ai perdu 1 million de dollars dans cette aventure, tout ce que j’ai gagné ainsi que quelques héritages. J’ai eu le temps de beaucoup lire et ainsi apprendre qu’aucune entreprise automobile n’est rentable sauf à escroquer les investisseurs, tromper les banques et les Etats pour une fuite perpétuelle en avant qui ne fait qu’assécher les ressources énergétiques du monde et le polluer sans grands espoirs de faire marche-arrière »…

Gullickson a essayé de vendre sa Packard Twelve Prototype séparément des droits sur le nom Packard, qu’il garde « au cas ou un investisseur sortirait de tombe », lors de la vente aux enchères de RM Motor qui se déroulait à Plymouth, Michigan, le 26 Juillet, 2014 : « Nous avons apprécié la voiture, et elle a accompli beaucoup de choses pour nous, mais pour ma femme et moi il est maintenant vraiment temps de la vendre, la voiture sera offerte sans réserve… Pensez-vous que cela vaille la peine ? »…

Jusqu’en 2007, avec son projet mort depuis longtemps, il avait tenté en vain de vendre le nom de l’entreprise avec le prototype Packard Twelve, pour 1,5 million de dollars, espérant récupérer sa perte et faire « un petit profit »…

Il fut une époque où, quand l’un d’entre les abrutis-profiteurs de ce système voué au paraître flanchait, un autre prenait sa place et trouvait la phrase juste, le trait d’esprit piquant et salutaire pour remonter un moral général parfois au plus bas, de l’ensemble des beaufs ahuris au bord de la crise de nerfs, mais tenant bon dans l’espoir d’une reprise…

Voir cette voiture était toutefois encore plus pénible que s’entendre conter son histoire…, c’était plus que pénible, très très pénible à supporter, aussi bien à cause de son look désuet (je reste convaincu que ce prototype a été réalisé au départ d’une vraie carrosserie de Packard 1941, totalement customisée par la fine fleur des « réplicateurs fous » qui sévissaient aux USA), que pour ce qu’elle représente (relisez mon texte « chapeau » en début d’article)… mais, il n’y avait plus personne pour soutenir mutuellement ce type de concept…, Gullickson à donc joué et perdu le droit de rejouer, ne gagnant qu’un objet aussi ridicule qu’un hochet en plastique gagné dans un stand de tir aux pigeons…, s’il avait réussi son coup, il aurait été un salaud comme les autres, aurait ruiné quantité de beaufs ahuris et siphoné une banque en ne remboursant pas ses crédits d’investissement : la routine !…

Les habituels baratins…, l’esthétique cyber punk…, les commentaires laudatifs pesants…, de vagues prétentions « auteurisantes » et un manque d’idées aussi flagrant que létal de l’auteur irresponsable de ce massacre à la tronçonneuse (mais c’est pareil pour les gens lambda)…, on se croirait au théâtre pour entendre déclamer des textes ineptes dans des décors pseudo futuristes d’une rare laideur…, heureusement pour l’harmonie, ce bazar finira dans une carrière abandonnée…, voilà, le contexte planté…, venons-en maintenant à l’essentiel : Pourquoi présenter une telle merditude, puisque, non seulement à première vue, mais sous tous les angles…, c’est tout pourri ?

Je ne vais donc plus (pas) résumer précisément cette histoire de dupes, pour la bonne et simple raison que vous n’y avez pas compris grand chose…, le pitch est pourtant des plus simplistes : un mec veut gagner un max en profitant de la bétise humaine, il est au bord du puits sans fond de la bétise humaine… et fait un pas en avant, juste pour aller plus loin…, ce qui est bien sûr lourd de sens…, c’est exactement ce que les politiciens (et politiciennes) disent dans leurs discours pour noyer le poisson déjà crevé afin que les chomeurs/chomeuses, diplomé(e)s à la recherche vaine d’emplois vains, retraités petits commerçants avec une misérable pension ainsi que tous les sans-espoirs…, se lancent à corps perdu dans un petit commerce !

Pour conclure, je dirais que ce concept pour le moins singulier est assez élitiste car il demande beaucoup de force de caractère…, cependant, puisque cet article tire à sa fin, je peux me laisser aller…, l’été, quand on se prélasse les doigts de pied en éventail, un cocktail à la main, il faut être cool, ne pas se prendre la tête…, la crise contrarie les âmes et les porte-monnaie… et chacun a ses raisons, chacun a ses excuses pour accepter n’importe quoi… et puis il y a la vie…, c’est un combat. pour sa dignité, une révolte intime, physique, aux échos plus universels : cette Packard Twelve est au social ce que le Saint Môret est au fromage à tartiner…, sauf que le Saint Môret, c’est dégueulasse…

D’abord parce que c’est ahurissant…, voyez vous-mêmes : non mais sans rire…, vous en avez vu souvent des trucs de ce calibre, comme une nanana tarte affublée d’une brosse et d’une coupe au bol en même temps, un peu comme si Mireille Mathieu avait fusionné avec Desireless dans un lot d’aberrations non-sensiques…

Aujourd’hui encore, je pleure parfois la nuit sur les cendres d’histoire similaires que j’ai brûlées, mais qui restent là, prises dans les méandres de mon cœur blessé et rabougri, je suis triste…. et rien n’y changera rien…, non, et j’en pleurerai encore la nuit…

La voiture, sans prix de réserve, a été adjugée 60.000 US$ à vente de juillet 2014…, le gagnant gagnant (sic !) toute l’estime des participant(e)s et un commentaire approprié dans la presse locale…