Russo-Baltique « Impression »…

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Moscou…
Un soleil radieux illumine l’Avenue Igor Stopinovitch et la journée s’annonce idéale pour l’essai exclusif de la fameuse Russo-Baltique auquel j’ai été convié…
En ajustant mes Wayfarers de circonstance, j’esquisse un sourire satisfait à la pensée que je suis le seul d’entre tous à avoir été invité à un essai « longue durée« …
J’ai pris tous le week-end, je ferais un superbe voyage jusqu’à la Baltique, pour immortaliser en photos cette somptueuse automobile…., du moins est-ce mon plan…
Depuis que j’ai découvert les effets de la pilule bleue, je me sens devenir un autre homme, ma cure de DHEA et la refonte totale de ma garde-robe ayant bien arrangé les choses.
Alors que je contemple la Place Rouge, je me sens particulièrement fier de l’harmonie formée par mon chinos Ralf Lauren « flat front » blanc a rayures bleues, mon polo jaune John Varvatos, et mes élégants mocassins Tod’s.
Je suis d’ores et déjà impatient de rouler en Russo-Baltique sous les regards libidineux de mes faux-amis…

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– « Hi, honey ! Where do you come from ? Do you want a dance ?« .
On ne me laisse pas entrer dans l’usine, mais on m’invite à attendre l’arrivée du Boss dans le bar d’à coté… et c’est exactement comme dans les mauvais films : des strip-teaseuses qui se frottent contre une barre métallique sur la scène, une pénombre à couper au couteau, et des filles en bikini qui errent en salle à la recherche du gogo enthousiaste, il y en a ainsi plus d’une douzaine qui viennent me débiter leur petit speech de circonstance, d’abord en russe, puis, devant mon air déconfit, en anglais…
« A dance« , ici, comme partout ailleurs, c’est une discipline qui n’a rien à voir avec le sens du rythme.
C’est juste une simulation d’accouplement : la fille s’assoit sur les genoux du client, enlève son minuscule soutien-gorge, et s’y frotte en prenant des poses qui se veulent suggestives.
Au bout de quelques minutes, le client congestionné (moi, grrrrrrrr !) donne un max de roubles, d’euros et/ou de dollars à la danseuse… et tout le monde est content.
Evidemment, il y a la sécurité à moins de deux mètres, 130 kilos de dissuasion pour m’empêcher d’effleurer les seins parfaits de la demoiselle avec mes doigts tremblants.
Je m’accroche désespérément à ma chaise pour m’occuper les mains… et je pense très fort à la Russo-Baltique qui m’attend dehors, pour que la délicieuse jeune femme qui m’écrase les organes génitaux avec ses fesses ne soit pas choquée par mon émotion grandissante.
C’est très drôle à regarder quand on a le vice dans la peau et qu’on aime se moquer des frustrations de ses contemporains, c’est encore plus « fun » à vivre, surtout dans un bar à Moscou….

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Une paire de seins vient échouer de chaque côté de mon nez, tandis qu’une voix roucoule à mon oreille :
– « Hi, sweety… Where do you come from ?« .
En lui retournant l’amabilité, j’apprends qu’elle s’appelle Teresa et qu’elle vient du Brésil….
Je n’en saurai pas plus : le temps passe, je suis venu rouler en Russo-Baltique….
Il me faut encore glisser des roubles, des euros et des dollars dans les bottines de la « danseuse », puis, elle rajuste son string et file à la rencontre des nouveaux venus dans la boîte.
Au bout de quelques minutes, une jolie brune s’installe à ma table.
Elle a flairé le gros pourboire en reluquant le futur importateur Européen de Russo-Baltique semi-bourré (moi, grrrrrrrrrrrrrrrrr !), elle tente le même coup que sa collègue.
Comme partout ailleurs, elle va faire semblant de commander une bouteille de Vodka hors de prix… et sirotera en fait un thé glacé.
On est à Moscou : l’arnaque est de mise.
Il faut encore et encore et encore laisser un maximum de Roubles, d’Euros ET de Dollars avant de repartir.
Au début, le verre de Vodka me donne une contenance, mais mon sourire se fige assez vite : je tangue sur ma chaise.
La Vodka a raison de mon alcoolémie chargée…, c’est l’instant ou un Cosaque de 130 kg en tenue (en réalité le type de la sécurité), jaillit en hurlant : « Your car is ready Tovarich… » !.

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Et paf !
J’étais là à rêver du lac de Cuomo…, l’Italie, le soleil, le Chianti, un pays sec et chaud ou il ferait bon vivre et piloter la Russo-Baltique avec une jolie brunette à mes cotés qui me susurrerait des mots doux en Italien…
Pendant une dizaine de secondes, je reprends mes esprits, j’en profite pour jeter un coup d’œil circulaire.
C’est vraiment de l’escroquerie cet endroit…
Pas pour les clients qui viennent s’encanailler à peu de frais, mais pour les danseuses : si je compte bien, elles sont plus nombreuses que les tables.
Il faut bien que les touristes aient leur choix de chair fraîche de première qualité, n’est-ce pas ?
Alors elles se démènent pour attirer l’attention, au milieu d’une concurrence insensée.
Je suppose qu’elles n’ont pas de salaire fixe et qu’elles doivent se contenter d’une partie du prix des « danses » et des pourboires.
Ça m’énerve.

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– « Hey, sir Monsieur ! Is everything okay, tout va bien ?« .
Merde, un Français, ici…
Je lui demande ce qu’il fait là, il me répond qu’il est venu acheter une Russo-Baltique…
Le vocabulaire surgit par à-coups des limbes de ma mémoire trouée, mon accent se dégrippe.
J’ose une plaisanterie en V.O., le type se marre.
Je me détends.
Une autre Vodka…, le Français se laisse abuser par l’ambiance faussement chaleureuse et la lumière tamisée.
Pas de doute, ce type au sourire de tueur sait y faire, il faut aussi que j’anime la conversation pour éviter les silences pesants.
Il dit une première grosse connerie, puis une autre.
Apparemment, il n’encaisse pas très bien les précieux hectolitres qu’on engloutit depuis le début de la soirée.

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Silencieux, le Boss de Russo-Baltique est arrivé…
Il s’est installé au bout de la table et  m’envoie un clin d’œil discret en me désignant les verres qui s’alignent devant moi.
Tout est là, vide, preuve de mon adaptation aux coutumes locales, tout comme le Français, qui n’a pas fait qu’y tremper ses lèvres pour trinquer.
J’enrage intérieurement.
Quel con je fais, mais quel con !
Je la connaissais, pourtant, la stratégie.
Faire semblant de boire avec son interlocuteur, mais garder les idées claires en toutes circonstances.
J’avais la théorie, j’ai foiré la pratique.
Je n’ai pas pu me retenir d’avaler ces Vodka.
Maintenant, il faut que je tienne le coup.
Bizarrement, je garde une aisance et surtout une conscience aiguë de tout ce qui se passe.
Le Français se présente…, il prétend être chanteur, ses paupières tanguent sur ses yeux injectés de sang.
Très vite, le bar est pris d’assaut par de nouveaux arrivants.
Des groupes de filles, surtout, qui sirotent des Vodka.
Elles boivent, dansent, rient, montent sur les tables, dans l’indifférence générale.

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– « Qui êtes-vous ?« , demande-je à ce Français
– « Moi…, je suis riche, donc puissant, la vie n’a aucune valeur pour moi si elle n’est pas comblée de richesses, je veux acquérir une Russo-Baltique, je peux tout me permettre sans penser aux conséquences, aucun homme ne peut entraver ma croissance et mes désirs, je suis une entité plus qu’un homme, une image plus qu’une âme, j’ai déjà tout fait dans ma vie, je suis blasé, il n’y a rien que je ne me suis pas permis, nommez-le ; je l’ai fait…« .

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La Russo-Baltique est là devant nous, le Boss me confie les clés, m’explique le sens des choses, en ce compris la manière de mettre les clignotants, puis me dit que je dois suivre sa grosse Mercedes 600, faute de quoi je risque de me perdre dans les faubourgs de Moscou…
Ok !, tout est OK…
Je m’installe au volant, et soudain le Français éméché, mais digne, ouvre la portière passager et s’installe à coté de moi en continuant à monologuer…
– « J’ai tué des tonnes de gens, j’ai violé des jeunes filles, j’ai mangé des enfants, j’ai détruit des villes, j’ai volé l’argent de pays, j’ai graissé la patte des bonnes personnes et j’ai fait tout cela sans une égratignure à ma réputation« .

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Le Français n’arrête pas…
En route.
– « Je suis toujours une sommité dans mon domaine et je suis respecté là où je vais, il n’y a point de limite à mes désirs et c’est exactement pourquoi j’ai un problème, quoi faire de plus, comment m’exalter encore un peu, je ne cours même plus après l’argent tellement j’en ai amassé, tous les jours, il y a trente deux esclaves qui travaillent sur mon domaine, l’ironie, c’est que je ne les paye même pas deux dollars par heure même s’il m’était possible de les faire vivre comme des rois, ils sont tout de même logés et nourrit, alors pourquoi est-ce que je les payerais davantage ?« .
Il n’arrêtera donc pas de blablater ce con…
– « Dites-le-moi, je suis ingrat, lâche, terrible, haïssable, exécrable, horrifiant…, cela ne me dérange pas puisque lorsque je suis là, vous vous agenouillez, personne n’osera jamais me dire en pleine face ce qu’il pense réellement de moi et cela m’amuse et me diverti au plus haut point, je joui de votre impuissance et éjacule sur votre tête« .

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Je suis toute à la conduite de cette voiture extraordinaire, mais mon plaisir est plus qu’entaché par ce crétin qui débite des âneries…, les premiers tours de roues ne se font pas sans une légère appréhension.
– « Misérables qui n’avez pas réussi, pathétiques âmes sans but, je vous méprise, vous n’êtes rien à mes yeux et je continuerai toujours à tout mettre en œuvre pour vous faire souffrir, je créerai les crises économiques à force de spéculer sur des compagnies qui n’ont aucune chance, vous qui me prenez pour Dieu, vous me suivrez, mais je ferai en sorte que vous tombiez, si les plus gros joueurs de la bourse s’écroulent, les plus petits suivront inévitablement, déjà, même que vous ne le sachez pas, il y a dans sept pays différents des commandos armés à ma solde qui tuent et violent tout ce qui bouge, mes ordres ont été clairs et précis : Rasez-moi ces maudites citées inutiles !« .

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Devant, le capot semble aussi bas que large et indéfiniment long, les limites de ce monstre de près de deux tonnes sont impossible à cerner…
Je suis vite rassuré par la douceur des commandes.
La direction sur-assistée me permet de promener la Russo-Baltique dans une quiétude d’esprit relative.
Seul un rayon de braquage ridicule me provoque quelques sueurs froides dans les carrefours les plus étroits.
En utilisation normale la Russo-Baltique se conduit somme toute comme n’importe quel coupé de luxe…
Il ne faut pas hésiter à se montrer irrévérencieux pour évaluer les capacités de la mécanique.
L’échappement laisse enfin échapper un feulement un tantinet plus viril tandis que la Russo-Baltique se cabre et se lance dans une charge héroïque tel le cuirassé Potemkine à plein régime.
L’accélération est vigoureuse et je suis surpris par la disponibilité du moteur qui semble sans limite.
La Russo-Baltique est un formidable dragster en lignes droites.
Mes excès d’enthousiasme sont irrévocablement tempérés par les lois élémentaires de la physique.
Cette Russo-Baltique est l’idéal pour les milliardaires souffrant d’un tardif démon de midi avec un panache réjouissant.
Elle se laisse aller à des instincts répréhensibles que son étiquette lui interdit mais l’intensité de sa personnalité décadente lui confère un pouvoir d’attraction qui, s’il laissera insensibles les adeptes du manichéisme, ravira tous les autres, principalement les pervers hyper-fortunés…

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Devant moi, la Mercedes s’arrête devant une villa cossue, le Boss descend, vient vers moi, ouvre la porte et me dit :
– « Voilà, j’espère que vous avez pleinement profité de l’essai de la Russo-Baltique, mon chauffeur va vous raccompagner à votre hôtel et vous donnera une brochure, merci d’être venu…« .
Piting !
L’essai à duré à peine 20 minutes et c’est terminé…
Je serre la main du Boss, puis celle du Français, chanteur milliardaire que je n’ai jamais vu et que je ne reverrai jamais nulle-part… et je m’installe à l’arrière de la Mercedes 600.
Sur le siège arrière, à coté de moi, une superbe blonde « Made in Russia » me fait un grand sourire…
Elle va me dire 5 phrases qui vont me trotter longuement en tête et dont je n’ai toujours pas compris la signification…
1- « Je suis la même au Mac Do et au lit« ….
2- « Me coucher le soir avec des concombres sur le visage, ça me fatigue« ….
3- « Je suis un peu une brêle en amour« ….
4- « Je ne m’aime pas physiquement, mais à l’intérieur, je suis milliardaire« ….
5- « Aujourd’hui j’ai compris que ce n’est pas une paire de pompes Dolce&Gabbana qui me rend heureuse« .

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Croyez-moi, pas facile d’essayer une Russo-Baltique…, de plus elle ne passe pas inaperçue, avec son allure de bolide des années 1930.
Portant fièrement l’aigle à deux têtes de la cour de Russie, la ’Russo-Baltique’, résurrection de la marque officielle du tsar, fait régner la nostalgie.
Cent ans exactement après sa naissance à Riga en 1907, alors que la Lettonie faisait encore partie de l’empire des tsars, la marque présente son prototype de coupé 4 places « fait à la main » par une trentaine de salariés à Moscou.
Fondé en 1907 par la plus grande entreprise industrielle russe de l’époque, le « Département automobile de Russo-Baltique« , obtiendra en 1913 le titre de « Fournisseur de la Cour de sa Majesté impériale tsar de Russie« , le dernier empereur Nicolas II, qui commanda deux exemplaires.
L’année d’avant, Russo-Baltique avait participé au rallye de Monte-Carlo où elle avait remporté le 1er prix touristique endurance et celui de la course à la distance.
Un modèle C24-30 traversera l’Europe, de Saint-Pétersbourg à Naples, avant de faire l’ascension du Vésuve.
La marque survivra à la première guerre mondiale mais pas à la chute de l’empire tsariste, Russo-Baltique fermant ses portes en 1919 deux ans après la révolution bolchevique, alors qu’il n’était plus question de fabriquer des voitures de luxe…

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La Russie pourvoyeuse de clients excentriques commence à faire naître des vocations et un petit groupe de designers aidés d’ingénieurs locaux a entrepris de réaliser leur vision de la résurrection d’une marque du passé avec sa Russo-Baltique « Impression ».
C’est le concept Volga V12 sur base d’une BMW série 8 présenté il y a quelques années par « e:level » qui a mis en appétit les créateurs de ce concept.
Ce groupement d’étudiant, d’ingénieurs et de professionnels russes a donc imaginé sur papier la Russo-Baltique « Impression », puis a construit la maquette avec l’aide de Ernest Tsarukyan, ingénieur chez Audi et Vladimir Pirozhkov, expérimenté concepteur travaillant pour Toyota.

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La renaissance de la marque, après une éclipse de 88 ans, est l’œuvre d’Ivan Chichkine, un jeune homme aux longs cheveux bouclés qui a fait le pari de « ressusciter un nom glorieux« …, âgé de 33 ans, Chichkine, à la tête d’un studio de design industriel, a lancé en 2003 son projet de construction de son coupé baptisé « Impression« .
Un bel animal de 5,50 m de long, très aérodynamique avec son arrière surélevé et une carrosserie grise en fibres de carbone.
Le résultat ?
C’est imposant, rétro, surtout avec les ailes qui recouvrent les roues arrières et ça a une petite calandre en forme V à l’image des Alfa Roméo.
Et finalement c’est très réussi.

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L’intérieur est en zébrano massif, un bois d’Afrique du Sud, et le toit entièrement transparent.
Le capot est orné de l’aigle à deux têtes, le blason de la maison de Russie.
Ce premier exemplaire était soi-disant déjà promis, pour un peu plus d’un million d’euros, à un homme d’affaires russe dont on ne connaîtra jamais le nom (mais qui fait partie de la trilogie référencée un peu plus bas dans cet article)…
L’entrepreneur ayant toutefois besoin de faire croire que deux commandes supplémentaires étaient signées… et ce afin d’attirer d’autres candidats…, avant de pouvoir lancer la production…, il a lancé quelques bruits de couloir sous formes d’indiscrétions, faisant savoir que ce seraient les deux autres de la trilogie…
Comme cela, sans citer de nom, le vulgum-pécus ET les candidats potentiels, étaient désinformés qu’il leur faudrait aussi payer cash 1.500.000 euros pour obtenir cette automobile extraordinaire…

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La marque mythique visait ensuite rien de moins que : « Bâtir un pont entre la Russie et l’Europe, en montrant que nous, les Russes, pouvons mener à bien un projet comme celui-ci avec des Européens« .
Résolument nostalgique, la brochure Russo-Baltique présentait sa création aux cotés d’images de la famille impériale passant en grande tenue devant sa flotte automobile de l’époque, dans laquelle figuraient quelques Russo-Baltique, bien évidemment !
La désinformation est allée ensuite beaucoup plus loin, Ivan Chichkine affirmant que la logique historique était que le président russe Vladimir Poutine range prochainement une Russo-Baltique dans son garage du Kremlin…
– « Mais il y a un problème pour l’instant, il nous faut attendre que nos finances soient au top… car si nous voulons que notre président conduise et possède une Russo-Baltique, il faut la lui offrir…« 

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Une chose saute au visage lorsqu’on découvre l’engin en réel, c’est son imposante stature.
L’Impression est grande puisqu’elle s’étale sur 5.50 m avec un empattement « camionesque » de 3 m.
Sa largeur de « seulement » 1.88m et sa hauteur de 1.40m sont assez explicites sur le volume difficilement appréciable en photos.
Elle se positionnait ainsi comme la réponse Russe à la très germanique Maybach Exéléro…, sauf que, comme pour la Maybach, c’est Mercedes qui faisait office de banque d’organe… avec entre autres, son V12 Biturbo Mercedes-AMG de 555cv propulsant le paquebot russe de 1900 kg à des vitesses inavouables…, affichant 314 km/h en pointe et 0 à 100 km/h en 4 secondes.
Ca déplace de l’air tout ça….
Pour rester dans le gigantisme, les roues sont en 22 pouces.
Autres signes distinctifs de cet incroyable coupé 4 places : une calandre ornée d’un aigle à deux têtes, l’emblème officiel des anciens Tsars de Russie.

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Une fois les énormes portes (en élytre inversée) ouvertes, l’habitacle surprenait tout autant… et d’abord par sa sobriété : hormis les indispensables commodos, rien ne venait en effet dénaturer la superbe planche de bord généreusement garnie de zebrano, un bois exotique en provenance d’Afrique.
Pas même la moquette épaisse en laine d’agneau ou la présence massive de cuir naturel.
Quant à juger de ce style étonnamment ressemblant (même si la philosophie n’est pas la même pour les 2 autos) au concept BMW Mille Miglia sorti à la même époque, les avis n’étaient pas vraiment unanimes.
Immonde pour certains, rafraichissant pour d’autres, on pouvait objectivement dire qu’il avait le mérite de ne pas singer les stars du Luxe et de proposer une vision ‘Russe » très personnelle.
De quoi attirer immanquablement les regards !

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Sur le long terme cela pouvait marcher.
15 exemplaires devaient être construits, tous numérotés, garantissant l’exclusivité de la voiture d’un million et demi d’euros.
Des locaux commerciaux devaient être basés en Russie, à Monaco et au Moyen Orient… avec un début de production en 2007, sachant (mais c’était mensonger) que « déjà » que trois voitures étaient réservées aux trois plus importants milliardaires russes, fiers de rouler dans une voiture russe de 1.500.000 euros…

Les milliardaires russes, sont de plus en plus nombreux et de plus en plus riches, selon le magazine Forbes, qui recense chaque année les 100 citoyens les plus riches.
Globalement, leur fortune « pesait » en moyenne 3,4 milliards de dollars au moment ou était présentée la Russo-Baltique.
« L’année 2007 a été bonne. Tout ce que vendent les membres de la liste coûte cher : le pétrole, les métaux non ferreux, le gaz, le papier, les actions Gazprom et les mètres carrés à Moscou« , soulignait le magazine Forbes :
140 milliards de dollars d’excédent commercial dégagés l’an dernier par la Russie, sont partis « dans les poches » des membres de la liste, notait Forbes.

10 ans plus tard, en 2017, la Russo Baltique « Impression » n’a impressionné aucun milliardaire, russe ou autre… elle n’a pas dépassé le stade du seul prototype roulant… et, la version russe du magazine Forbes constate que si une baisse du nombre de milliardaires en Russie et du patrimoine cumulé des 200 premières fortunes du pays, dans un contexte de récession provoquée par le plongeon des prix du pétrole et les sanctions imposées par les Occidentaux en raison de la crise ukrainienne, actuellement, il y a 19 milliardaires russes de plus !
Cette année 2017, le nombre de milliardaires en dollars a remonté en flèche, de 77 à 96…, la fortune cumulée des 200 Russes les plus riches s’élève à 460 milliards de dollars soit 100 milliards de plus qu’en 2016 !
A contrario, le nombre de Russes vivant sous le seuil de pauvreté a lui approché 20 millions en 2016…, son plus haut niveau depuis dix ans.

Le classement de Forbes n’est plus dominé par Roman Abramovitch, par Oleg Deripaska, et Mikhail Friedman…, mais par Léonid Mikhelson, 61 ans, principal actionnaire du groupe gazier Novatek et du pétrochimiste Sibur avec une fortune estimée à 18,4 milliards de dollars (+4 milliards).
Il devance Alexeï Mordachov (métallurgie, mines) avec 17,5 milliards de dollars, Vladimir Lissine (métallurgie, 16,1 milliards de dollars), Guennadi Timtchenko (gaz, banque, 16 milliards de dollars) et Alicher Ousmanov (métallurgie, technologies, 15,2 milliards de dollars).

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