2009 Ferrari 458 Italia…

Les automobiles extraordinaires hors de prix, plutôt que hors normes (dans le sens de « hors de proportion »), semblant provenir d’outre espace… ainsi que les super nanas nues qui incitent aux pires excès…, sont décidément les divertissements à la mode de ces dernières années.
Ils augmentent en folies, au fur-et-à-mesure que la crise économique y attire des gnous totalement incapables de s’en offrir d’avantage qu’une maquette à ranger dans une armoire vitrée !

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Dans ces temples où même l’huile de vidange n’est pas soldée, s’entassent les dispendieuses merdes des constructeurs…
Dans la plus parfaite béatitude imbécile, à l’occasion de chaque salon automobile, se déversent des hordes de smicards dont le seul espoir, culturellement nul, est d’espérer gagner à l’Euro-millions…, le rêve de tout zombie atteint par la paupérisation propre aux époques troublées.
L’industrie automobile diffuse ainsi un message subliminal : Elle est en danger !
Un message dramatique qui tourne en boucle et qui s’adresse à la planète mais qui s’échoue lamentablement devant les yeux blasés des amateurs de maïs soufflé et des ménagères égarées du monde entier.
On dirait un peu ces phoques piteux qu’on voit entassés sur ces hostiles plages du Nord, couvertes de galets… et qui observent ahuris ce que l’océan leur rejette, jour après jour.
Les constructeurs de voitures hors de prix…, ne font que s’échiner à faire briller des carrosseries archaïques ou du moins démodées.

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Le système trouve toujours des laquais dont l’échine est assez courbée pour leur permettre de tartiner à genoux leurs biscottes de propagande…, sachant d’expérience que ces gnous sont comme des camés tout glaireux qui replantent inlassablement leur seringue dans leur bras en espérant faire une réalité, du fantasme d’un ancien bonheur fugace passé depuis longtemps !
Certains irréductibles prétendent que c’est bon pour le moral des gnous qui survivent…, les automobiles extraordinaires devant rendre le monde gaga et glamour, une attitude qui repose sur des sentiments nobles, comme le sacrifice (de ne pas pouvoir en acheter), l’héroïsme (de ne pas se suicider en mesurant le fossé financier qui sépare riches et moins riches) et la patrie (qui prend les gens pour de la merde).
Certains spécimens, semblent d’ailleurs passer leur temps à s’auto flageller dans le spectacle sans cesse renouvelé de leur destruction, pour avoir le plaisir pervers de se repaitre de leur obsession, cherchant à revivre la communion des auto-célébrations, ad-nauseam.

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La cause est juste, les enjeux sont simples,  Ferrari réutilisant un langage visuel dramaturgique, cherchant à provoquer un réflexe quasi pavlovien d’empathie.
Avec la Ferrari 458 Italia, c’est comme si un alien débarquait avec un caractère franchement génocidaire, couplé à une réalisation au plus prêt du goût du public !
La Ferrari 458 Italia, finalement, est-elle devenue autre chose que le laboratoire de ses futures représentations ?
La représentation fictive remplace la réalité.
Le business des voitures hors de prix, aujourd’hui se mène également sur les terrains imaginaires.
Mais mélanger ainsi les rêves avec des enjeux économiques plus que discutables en notre époque de crise planétaire, provoque forcément un certain malaise par l’évidence et la balourdise du procédé.
A aucun moment ce choix ne semble suivre autre chose qu’une posture maladroite dans son sérieux et déplacée dans son premier degré.

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Je vais toutefois être « sport » et reconnaitre que la démarche peut paraître audacieuse, du moins sur le papier.
Mission amplement loupée, un n’importe quoi intégral dans lequel s’épanche l’a peu prêt d’un design éculé, mis en scène au petit bonheur la chance…, ce qui ne me pousse pas à l’indulgence.
C’est notre époque et j’admets qu’il n’est pas désagréable d’avoir la sensation d’être subitement défoncé à l’eau écarlate dès que les habituels journaleux écrivent leurs habituelles banalités consternantes dont on doute fortement de la pertinence de leur orientation professionnelle récente et dont je tairais les noms par charité.
Surtout éprouvantes en fait… et elles le sont.
Aucun doute à ce sujet.
Elles me rappellent même les textes illustrés d’images fugaces noyées dans le vacarme assourdissant de ces après midi de mon enfance lorsque je me tortillais sur le canapé, tentant vainement de lire, alors que ma mère passait l’aspirateur dans le salon.

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Les journaleux écrivent n’importe quoi, n’importe comment et ce, n’importe quand…
Je veux bien que la suspension d’incrédulité et notre soif de situations héroïques poignantes nous font parfois accepter des commentaires un chouïa plus lyriques que ce qu’ils devraient être, mais là c’est même pas ça.
Pétri d’une incompétence à la banalité fatigante, il sont encore bien loin d’avoir l’art subtil de tricoter avec application des textes débiles à la bêtise exemplaire !
Les intentions pachydermiques de l’auteur de cette Ferrari ont beau être claires, passé le premier quart d’heure à son volant, il devient cependant ridicule de prendre la posture du tifosi type…, devant un tel étalage de conneries.

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Louez ma bravoure, pignolez-vous, excitez votre testostérone et flattez vos bas instincts autant que vous voulez, mon opinion restera la même : les pires âneries trouveront toujours des clients !
Ce n’est évidemment pas étonnant et vous ne me trouverez pas ici à fustiger l’adoration insoutenable et galopant d’une œuvre pensée comme un véhicule publicitaire.
A quoi bon porter au pinacle une palanquée de valeurs morbides si c’est pour les traiter par-dessus la jambe ?
Dans l’art d’accommoder les meilleurs ingrédients, Ferrari s’y entend.
Sa 458 Italia le prouve à la perfection : avec son moteur explosif, son châssis tranchant à souhait et sa docilité inattendue à prendre feu…, ce plat typiquement italien offre des saveurs plus relevées que jamais.

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Non, je ne suis pas en train de faire joujou aux manettes d’une console, mais bien à bord de la 458 Italia.
Cela fait un quart d’heure que mes mains sont à 9h15, comme « soudées » sur ce volant à méplat.
Un peu déconcertant, quand même, surtout en ville, cette touche de clignotant qui se balade en virage, il est difficile de repérer la position du « bon » bouton roues braquées.
Il n’empêche, à l’usage, on se fait vite à cette éruption de touches sur cette couronne : contact moteur, essuie-glaces, appel de phares… tout y est.
Si le 4,5 litres V8 (d’où l’appellation 458) s’ébroue dans un « ouuaaafff » évocateur, il baisse de ton lorsqu’il est peu sollicité.
Difficile d’imaginer que 570 chevaux cabrés sont là, tapis en position centrale arrière, ce V8 est épaulé par une boîte F1 à double embrayage, déjà présente sur le coupé-cabriolet California, mais optimisée pour l‘occasion.

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Hargneux, rageur après l’effacement des valves à l’échappement, le 4,5 litres Ferrari hurle sa joie jusqu’au rupteur.
Le bourrin dispose d’une transmission à 7 rapports, capable de suivre les 9.000 tr/mn que peut lui imposer ce moteur dépourvu d’inertie.
La 458 dispose d‘un système de freinage carbone-céramique (en série) imperturbable.
Quant à la direction, elle offre un pouvoir directionnel plus affûté que sur la 430 Scuderia.
Mais, malgré cette « sportivité » exacerbée, cette 458 arrive à se montrer confortable.
En revanche, les efforts accomplis en termes de présentation, sont gâchés par certains détails.
Outre le côté Alien quelque peu disgracieux des aérateurs, j’ai été interpellé par le vulgaire plastique de leurs ailettes.
Côté tarif, elle n’y va pas avec le dos de la cuillère, elle est plus chère que la Lamborghini Gallardo LP 560-4 (V10-560 ch) et plus onéreuse que l’Aston Martin V12 Vantage (V12 de 517 ch).
Un différentiel conséquent.
Et là, même les comptes en banque copieusement garnis commencent à compter !
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