2012 Bewerp Savage Rivale Roadyacht GTS…
Si vous avez la désagréable impression de l’avoir déjà vue…, c’est que vous êtes un lecteur assidu de GatsbyOnline depuis 2006 et que vous êtes devenu fou à la vue de CECI, un engin « anti-crise« , création d’Emilie Pop et Justin DeBoer, 2 designers hollandais, qui travaillent le sujet sur le papier et sur ordinateur depuis maintenant 10 ans et sont passés à un autre stade en débutant la construction du premier prototype roulant dénommé Savage Rivale Roadyacht GTS.

Bewerp est la marque et Savage Rivale Roadyacht GTS est le modèle supersportif à tendance GT, 4 portes et 4 places…, tandis que Savage Rivale GTR est le modèle hypersport tendance course de boulevard, 2 portes et intérieur basique, c’est à dire vidé de tout confort… 
Les deux Bataves, pas vraiment mécontent de la présentation de leur Yacht roulant à Monaco il y a quelques années, ont remis le couvert en 2012 pour présenter la version GTR…

Que c’est beau de se lancer dans cette belle et grande aventure quest la quète de clients dans la Principauté de plus en plus désertée des milliardaires fous et lubriques à tendances trash et festivalières.
Ils ne se sont manifestement, pas beaucoup creusé leurs têtes pour gribouiller une version 2 portes.
Rien de grave en soi, c’est juste que pour l’effet de surprise et de nouveauté, on repassera par la case départ.
Le style (sec, chirurgical, clinique) de cette version épurée, il faut essayer de ne pas trop y penser, j’ai d’ailleurs essayé de faire fi, mais la filiation revenait trop souvent se rappeler à mon bon souvenir.
Au-delà de cet encombrant héritage, pris de façon vierge et autonome, la Savage Rivale navigue entre défauts prononcés et qualités évidentes, parabole froide (puis absconse) sur la bétise des play-boys et autres en mal de paraître de nos sociétés détraquées, en quête de gloire fantoche et d’inutilités.

Une ambiance étrange et quelques girls ne suffisent pas à me passionner complètement pour cette GTR en fin de course, déclinaison orientée piste et extrême de la « placide » berline quatre portes GTS.
La Savage Rivale GTR, amputée de deux ouvrants, bénéficie d’une petite cure pour culminer à 1.030 kg.
Reposant sur un châssis optimisé, la bête hollandaise s’anime par le biais du V8 6.2 l (vous avez deviné l’origine américaine) poussé à 700 chevaux en base… et même à 800 chevaux et 750 Nm dans son exécution ultime (360 km/h en v-max revendiquée et 2,8 secondes pour abattre le 0 à 100 km/h).

Le monstre planté, apprécions-le désormais en action…
Enfin, pas non plus en action extrême mais davantage dans une séquence détente, drift et donuts.
Rappelons juste en complément que la production de cette supercar sera limitée à quelques dizaines de pièces chacune proposée à 142.000 € hors taxes, frais et divers.
Alors pour apprécier ce super coupé sport qui s’anime, et tangue dans des dérapages quasi incontrolés (elle se lache facilement du cul)…, c’est ci-dessous…

Mon odyssée en Savage Rivage à travers le magma cyber-capitaliste dont les tyrannies financières se craquellent et s’effondrent le temps à peine d’une rotation de la Terre, s’est avérée du temps passé…, pas perdu, mais pas gagné….
Naviguant entre coups de volant, coups de freins et coups d’éclat et ratés, observant la masse des beaufs qui font de même (assis, couchés, debouts, à quatre pattes, rarement en action) avec ironie et un formalisme fouilli, au volant, je me sentais golden boy milliardaire « perméable à la lumière visible », déjà mort peut-être, perdu entre doutes et illusions dans un Monaco très loin de l’ébullition.

Je tentais de m’enflammer, d’échapper moi-aussi à la réalité pétrifiée et aliénante, récitant des incantations, sussurant un monologue avec mon égo (en espérant qu’il me réponde), pour lui révéler l’instabilité d’un présent où tout peut s’écrouler en quelques secondes.
Bien des gens qui aiment flamber ont plus ou moins conservé cet aspect axiomatique des phrases et des mots, ces non-échanges traduisant la vacuité de leurs rapports déréglés, virtuels.
C’est que mes réflexions résonnent sur les rues pavées d’or de Monaco, en un écho inanimé, perdant peu à peu leur pulsations mathématiques, leur hypnotisme désincarné, car proférées trop simplement sur une mise en images qui les banalisent, les discréditent, en épuise la portée stylistique… alors que tout s’écoule et se coule en une sorte de procession funèbre, de mélopée noire faite de conjonctions et de voitures et bateaux de luxe en polystyrène.

Dommage que Monaco ne soit pas comme Ibiza, ou la nuit, des centaines de gens sont allongés nus au milieu de la rue, et se mêlent entre eux pour éprouver leur chair, ressentir leur corps, fusionner leurs membres, avant de faire l’amour…, formule magique qui va tout précipiter, tout révéler d’une société auto-anéantie (voiture sacralisée, désincarnation de la réalité, envies de tout et rien, calculant, absorbant, spéculant, anticipant, réorganisant le monde dans un semblant d’équilibre jusqu’à la rupture…, capharnaüm à l’abandon, usé, hors temps, à l’image de ce que ce sont devenus nos espaces et nos existences. 
Eschatologie intime, viscérale, révélant l’agonie inéluctable de nos systèmes influés et d’un homme atomisé…, tant de choses venues et disparues, voilà…

Alors que le petit constructeur hollandais Savage Rivale prétend dans cette même cité déchue qu’est Monaco, avoir (enfin) obtenu 3 commandes fermes (deux GTS et une GTR de compétition)…
C’est assez pathétique !
Je vais pas m’attarder plus encore sur la version Roadyacht cabriolet 4 portes et 4 places déjà présentée (je le répète pour que vous ne perdiez rien de ce spectacle gratuit) dans GatsbyOnline : ICI ! 
Je vous quitte avec un très snob et amusant petit film de promotion tourné dans les environs de Monaco…


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