Donkervoort D8 GT (2008) & D8 GTO 2013)…

Il y a des gens que vous ne connaissez pas et qui pourtant se prétendent extraordinaires et précieux…
Joop Donkervoort est de ceux-là.

Joop Donkervoort est Hollandais, Joop Donkervoort est opportuniste, Joop Donkervoort est un malin…
Mais aussi, Joop Donkervoort est un idéaliste devenu âpre au gain et ivre de pouvoir, qui fait croire de manière gargantuesque qu’il est l’un des plus fervents admirateurs de la géniale Lotus Seven de Colin Chapman.
Je ne sais si, avant de commencer cet article, il est de bon ton de dévoiler que Joop Donkervoort n’a guère de morale…, car dans les affaires, ce mot n’existe que sans le « E » final, ce qui signifie que tout est bon à prendre tant qu’on garde le moral…
Quoiqu’il en soit… et parce que la technique du fait accompli est payante (le plus bel exemple, assez révoltant de surcroit, étant la colonisation de la Palestine par Israêl sans que les Etats-nations ne s’en émeuvent)…, le monde de l’automobile ne s’est jamais trop ému des copies et répliques, sauf les ayants-droit, lorsque leur porte-monnaie était atteint…

Joop Donkervoort n’a jamais été dupe de sa propre fiction…, mais, en même temps, qu’il s’en est bercé et nourri, il s’en est servi pour s’enraciner comme les enfants qui, durant leur vie d’adulte, se consolent de savoir qu’ils sont des Pinocchio parce qu’ils croient sans y croire qu’une fée bleue les protège : maman leur a raconté tant de fois cette histoire avant qu’ils s’endorment qu’elle reste en eux tel un antidépresseur créatif.
Cent récits se greffent sur celui-là, avec la tonitruance d’une charge de cavalerie ou d’une cocotte-minute explosant car on a vissé trop fort son couvercle…
On ne compare pas les pommes avec les poires, les cailloux avec les bombes, la bave avec le sang…, on peut pourtant écrire que Joop Donkervoort se sent, aujourd’hui encore, créateur de la Lotus Seven la plus aboutie de tous les temps…, tel le dernier des Mohicans.
C’est oublier que la sagesse consiste à savoir qu’il ne faut pas rester trop longtemps assis à la table des cannibales car on finit toujours par s’apercevoir dans un des plats…
Une illusion définie par Platon dans sa métaphore sur les ombres de la réalité projetée dans la caverne (le souterrain) de notre cerveau…, qui est l’étoffe dont sont faits les humains.

A l’heure où une bonne part de l’industrie automobile considère les critiques comme des pions publicitaires d’une campagne de marketing, qui doivent obéir sous peine d’être largués de l’échiquier (les salons automobiles, avec ses interviews à la chaîne, ses relations publiques tyranniques et ubuesques et ses attachés de presse qui jouent aux stars sont l’exemple de ce climat débilitant)…, il n’existe quasi plus de gens qui osent dire et écrire les vérités !

A l’heure où les « public-relation » de toutes les marques d’automobiles prestigieuses, cornaquées par le besoin d’argent frais, mènent une politique médiatique de plus en plus débile et, ce qui est un comble, néfaste pour l’humanité (qui pourtant n’en a cure), qui consiste à privilégier les magazines automobiles popotes et souvent popotins, pré pubères ou pépères, dont les lecteurs, ce qui est leur droit le plus strict, ne se déplacent que dans des berlines monospaces insipides de société…, en sorte que les voitures hors de prix comme la VW-Bugatti-Veyron ou la Fiat-Ferrari-California sont « lancées » par des campagnes de couvertures immédiatement visibles chez les libraires…

Après des années de copies améliorées pour les rendre chères et élitistes, c’est à dire pour un tirer de joyeux et juteux profits, Joop Donkervoort a enfin eu une idée : greffer un hardtop au roadster !
L’admiration que Joop Donkervoort revendique, pour justifier son pillage d’une des oeuvres de Colin Chapman, n’est à mes yeux qu’une piètre justification d’avoir voulu en tirer profit avec des versions revisitées de la petite anglaise… et ce depuis plusieurs décennies.
C’est ainsi qu’est née la Donkervoort D8 GT, une bien drôle de machine à sensations…
Le 19 février 2007, Donkervoort présentait au salon de Genève sa première voiture de sport fermée, sous la forme d’un concept car : La Donkervoort D8 GT, équipée du moteur 1.8T Audi (partenaire du petit artisan depuis 1999), dans des versions de puissance à 180, 210 ou même 270 chevaux !
Sur le marché des super cars ultra légères (un concept relativement antinomique…), Donkervoort se retrouvait donc par la force des choses, seul au monde ou presque !
Pourtant, l’idée ne datait pas de la veille..;, puisque dès les premières Lotus Seven S1, un hard-top à portes papillon (gull-wing) était proposé par la société Fibrepair pour lui permettre de courir dans les catégories GT…

Pas une seule ne réunifie philosophiquement l’âme de sa Lotus Seven, un chef-d’œuvre que le public de l’époque a grossièrement ignoré…, en y donnant un sens méditatif et quasi rédempteur.
Si la Donkervoort provoque la polémique pour les vrais afficionados de Colin Chapmann, c’est qu’aucune Donkervoort n’est convenable…
Le monde est un zoo, une fanfare où chaque instrument tente de jouer plus fort que la trompette, un mariage où le clown épouse la dompteuse…
Si la Donkervoort est insupportable pour certains, cela tient à la folle énergie avec laquelle cet illusionniste de la démesure et de l’ironie cruelle qu’est Joop Donkervoort…, habille et déforme…
Le tout-blanc n’existe pas, le tout-noir non plus, l’homme est un monstre-ange artificiel…, les exploités-clients de Joop Donkervoort sont manipulés par des exploiteurs et, en même temps, ils aiment ça : leur imaginaire est rassuré d’appartenir à une tribu.

Alors que tous les autres copieurs-pilleurs de la Lotus Seven ferment les uns après les autres, Joop Donkervoort continue de vendre avec panache, ses répliques, ses copies améliorées, alors que le temps de ces bitza’s est dépassé…, les malheureux clients-propriétaires de répliques en plastique préfèrent généralement les cacher dans leur garage de la honte ou les enterrer dans un souterrain de remords, résumé par ceci : nous passons notre temps à nous cogner la tête contre le mur de la société, on finit par le renverser et puis on se demande ce qu’on va pouvoir bien faire dans la cellule voisine où on est arrivé.
Décidément pas convenable, Joop Donkervoort, à travers un filtre baroque, grotesque, picaresque et passionné, démontre qu’il est un homme de réflexions plus que d’émotions et de génial bric-à-brac…
Ou, autrement dit : oui, nous avons été et sommes encore manipulés pour servir des intérêts flous, mais qui sont les manipulateurs des manipulateurs et qui nouent leurs ficelles  ?
Et si c’étaient… nous, lâches résignés, bêtes égoïstes ?

Joop Donkervoort  a d’emblée, sans gène aucune, prétendu aux journaleux de sévices commandés…, que les changements par rapport à la D8 n’étaient pas qu’esthétiques mais résultaient d’une mise au point totalement spécifique et pas d’une simpe greffe de hardtop : « La D8 GT se veut plus rapide, plus sûre et plus réactive encore que la D8. Avec la synergie obtenue grâce à l’expérience démarrée en 2004 et 2005 par notre revendeur allemand, Michael Düchting, auteur d’un record mémorable sur la fameuse Nordschleife avec une D8 carrossée par un hard-top expérimental, la D8 GT a été développée par mon usine en l’espace de 2 ans seulement… Avec la D8 GT, Donkervoort entend renouer avec les origines du grand Tourisme : des voitures capables de rallier le sud de la France ou l’Italie, comme de se montrer compétitives le temps d’un week end de compétition. La D8 GT est donc voiture à la fois plus performante et plus confortable que ne peut l’être le roadster D8, pour le moins spartiate et exigeant… La Donkervoort D8 GT repose donc sur le châssis de la D8 mais celui-ci a été modifié en plusieurs points. Ainsi, le nouveau toit en fibre de carbone avec arceau intégré fait partie à part entière de la structure et du châssis, augmentant la rigidité en torsion de 25% sans pour autant pénaliser le poids. En effet, ce hard-top et ses portes, épais comme un morceau de tissu, pèse à peine plus lourd que la capote et les portes en toile à armature métallique. Les vitrages sont en polycarbonate mais la lunette arrière ne renie pas pour autant le dégivrage électrique…
La nouvelle suspension avant, dont la voie est plus large de 8 cm, profite directement de cette rigidité supplémentaire pour offrir un surcroît de précision dans la direction et le comportement de la voiture. Le résultat est une voiture à la fois plus douce et plus rigoureuse dans sa conduite. La suspension arrière a également été modifiée et élargie de 4 cm pour accueillir les jantes spécifiques de 17″ signées du spécialiste japonais RAYS Engineering, pesant chacune seulement 6.5 kg. Les amortisseurs à réglage hydraulique de la hauteur et de la fermeté autorisent toutes sortes d’adaptation aux goût du conducteur mais aussi de la configuration de la route. Le freinage reçoit des étriers en aluminium à 6 pistons et des disques ventilés et rainurés à l’avant de 300mm de l’italien Tarox. Aérodynamiquement, le coupé peut fort logiquement prétendre à une vitesse de pointe et des consommations encore plus favorables qu’avec le roadster. La longueur totale dépasse de 30 cm celle du roadster, uniquement au niveau des porte-à-faux avant et arrière, respectivement allongés de 8 et 22 cm. Les divers aménagement de sa carrosserie, face avant, phares intégrés, fond plat et ailettes, ont également permis d’augmenter la stabilité à haute vitesse, tout en lui octroyant un look sans pareil et un air menaçant, déconnecté de toute mode ou inspiration connue. La Donkervoort D8 GT est une sportive sans réel élément de comparaison et c’est certainement ce qui attirera vers elle une clientèle à la recherche d’exclusivité et d’originalité. Vous l’aurez bien sûr compris, l’objectif de la naissance de la D8 GT est donc bel et bien la compétition, domaine dans lequel l’usine entend marquer son empreinte officiellement »…

La production de la Donkervoort D8 GT a officiellement démarré le 22 mai 2008.
En quelques mois seulement, la GT est passée du stade de prototype en images de synthèse 3D à celui de voiture de série.
La première voiture de route a été livrée fin novembre 2008, à un client allemand.
Dans le même temps, Donkervoort via son département compétition, a réalisé ses débuts remarqués dans le championnat FIA GT4 avec deux D8 GT spécialement préparées, baptisées D8 GT4.
En France, elle est importée à l’unité et réceptionnée à titre isolé avant d’être livrée à son client.
L’usine se charge de toutes les démarches, qui ont malheureusement un prix élevé.
Aux 94.500 € de prix de base, il convient d’ajouter 1.000 € de frais de carte grise et 600 € de frais de livraison.
Clés en main, ce joujou extra dépasse donc facilement les 100.000 € avec les options qui sont bien, peu nombreuses mais pas données.

Proposée en version de base avec le très largement diffusé 1.8T 180 chevaux du groupe VAG (Golf IV GTI, Seat Leon 20VT, Skoda Octavia RS, Polo GTI Cup, etc.), la Donkervoort D8 GT peut recevoir 2 autres puissances moteurs correspondant à des options distinctes.
Pour les plus amoureux, qui ne comptent pas, le catalogue « course » ressemble à la hotte du père Noël : du répartiteur de freinage à molette sur le tableau de bord au tableau de bord « GT4 » tout entier, option facturée plus de 15.000 € en passant par le carter sec à plus de 10.000 €…, tout est envisageable pour transformer sa GT en véritable voiture de course.
Contre 3.165 € (hors taxes) le « engine package 210 » porte la puissance à 210 chevaux à 6.000 tr/min et le couple à 320 Nm à 4000 tr/min (comme sur les premières Audi S3)… et comprend une boîte de vitesse renforcée à 5 vitesses, un refroidisseur d’air et d’huile plus important.
Le 0 à 100 km/h descend de 5 à 4,2 secondes.

Là, on entre dans une autre dimension qui est véritablement celle des super cars !
Le stade supérieur est le engine package 270.
Imaginez un peu le 1.8T Audi gonflé à 270 chevaux à 6500 tr/mn avec une admission, un échappement et une cartographie spécifiques et 362 Nm de couple aux roues arrières pour un poids quasiment inchangé et toujours sous les 700 kg !
Facturée la coquette somme de 19.750 €, hors TVA…, cette option comprend également toute la face avant large et les échangeurs majorés ainsi qu’une boîte de vitesses Borg Warner et un différentiel autobloquant limité.
La vitesse de pointe s’en tient à un presque modeste 245 km/h mais le 0 à 100 km/h est expédié, balayé en l’espace de 3,8 secondes.
Avec cet engin, Donkervoort prétend commercialiser une vision quasi idyllique de la GT du futur.., ce n’est pourtant qu’une voiture ultralégère, vibrante, qui n’incite pas à outrepasser les limites pour prendre du plaisir… et qui est aussi chère qu’une 911 GT3.
C’est dément, bien sûr, sauf à penser que le but recherché par Joop Donkervoort est de gagner un maximum d’argent…
Le 3 août 2008, la Donkervoort D8 GT faisait son entrée en compétition aux 24h de Spa en catégorie GT4 Sports Light Race Series sur invitation de la FIA.
Au terme du week-end, la Donkervoort empochait les 1ère et 3ème places pour sa première course !
En l’honneur du trentième anniversaire de la marque (sic !), une série limitée de 30 exemplaires de D8 GT a été réalisée.
La GT4 Edition se distinguait de la D8 standard par une face avant en carbone élargie de 10 centimètres. Ce nez plus gros offrait plus de place pour des radiateurs d’eau et d’huile plus importants…
Le joujou extra dans toute sa splendeur.
Plus sûrement qu’une Ferrari, la Donkervoort attire à elle tous les regards et, sans la jalousie parfois malsaine que suscitent les super cars au blason prestigieux, elle n’en offre pas moins son lot de sensations « débousolantes ».
A l’heure où l’on commence à envisager un futur sans pétrole, la Donkervoort D8 GT veut encore prouver qu’une super car consommant à peine plus qu’une berline compacte peut aussi exister…

La D8 GTO était dans les cartons du constructeur hollandais depuis plus de deux ans…, entièrement revu, ce nouveau roadster présenté en 2013, ne partage que 30% de pièces avec sa petite sœur D8 GT.
Selon Amber Donkervoort (25 ans) la fille ainée issue de l’union de Joop Donkervoort et Marianne (ils ont également un fils, Denis de 22 ans) : « Cette D8 GTO bénéficie de technologies issues de l’industrie aéronautique. Comme le veut notre tradition, ce modèle adopte une architecture particulière. Il opte pour des roues excentrées par rapport à la carrosserie, un design agressif, un long capot et un intérieur cantonné au strict minimum. Cette version grandit de 35 centimètres et s’élargit de 15 pour afficher une longueur de 3,74 mètres, une largeur d’1,85 mètre et une hauteur d’1,14 mètre. Cet espace supplémentaire permet de loger le moteur Audi 2,5 TFSI de 340 chevaux de la TT-RS et de la RS3. Cette mécanique a été allégée de 30 kilos grâce à un nouveau collecteur d’admission. Entre autres, l’amélioration de la course de cette nouvelle admission à permis de pousser la puissance du moteur à 400 chevaux. Un bouton dans l’habitacle permet de sélectionner ce surplus de puissance à la demande. Cette cavalerie est transmise aux roues arrière via une boite manuelle à 5 rapports. Cette D8 GT0 est également dotée d’un antipatinage « juste pour la pluie »… Par souci de poids et de radicalité, la D8 GT0 n’embarque aucun accessoire technologique. Avec 700 kilos sur la balance, la D8 GTO devient une des sportives les plus légères du marché. Ce résultat a été possible grâce à l’utilisation massive du carbone. Nous avons opté pour un châssis tubulaire acier recouvert de carbone lui conférant une rigidité accrue. La carrosserie est elle aussi entièrement en carbone. Les portes sont issues de l’aéronautique avec des charnières intégrées tandis que les attaches du capot sont en aluminium. Une nouvelle barre stabilisatrice et un nouveau pont viennent compléter l’ensemble. Bien entendu les performances sont dignes des plus grandes sportives. Le 0 à 100 km/h est atteint en 3,0 secondes et 255 km/h. La consommation se situe en 10 et 12 litres aux 100 kilomètres »..
Il faut tout de même débourser 200.000 euros hors taxes pour acquérir cette version faisant l’impasse sur le toit, l’autoradio ou encore le chauffage !

Ahhh !
La famille Donkervoort… Joop, Marianne, Amber, Denis…
Ahhh !
Amber Donkervoort…
De la supériorité absolue du deuxième sexe sur les mâles beuveries de troisième mi-temps, Amber m’en a amplement convaincu avec sa démarche féline et ses langueurs affolantes…, lors de cet été torride où son impudeur m’a laissé entrevoir l’antre du buisson ardent.
Amber n’a certes pas inventé la culotte remonte-fesse ni le préservatif rhum-coco.., mais son débardeur à l’opacité douteuse m’a davantage posé de problèmes métaphysiques que son commentaire sur la D8 GTO…
Mais à mes yeux aveuglés de désir, tel un crétin velu la queue en l’air sur le parking de l’usine Donkervoort, l’un des temples de la consumation (sic) de masse…, elle aurait pu mieux défendre l’indéfendable et se démener au volant, dans ses bourrelets naissants, sous son maquillage et derrière ses lunettes d’enterrement cachant son regard éteint, ruiné par l’assommoir quotidien d’un bonheur artificiel automobile…

Je suis revenu à la réalité…
Horreur, la jolie Lotus de mes lointains étés révolus a laissé la place à une monstruosité à la mode dont le nom aussi poétique que : « D8 GTO »…, m’afflige encore.
Elle l’avait garée juste devant l’entrée de l’usine, sur l’emplacement dévolu aux handicapés.
Tout ça pour m’épargner l’outrage inadmissible de cinquante mètres de marche à pied…
Puis elle est partie dans les effluves fumigènes de sa Donkervoort D8 GTO Turbo-Tracto-Sport…
J’ai tout compris…
J’en ai pleuré…

Une Donkervoort D8 GTO, c’est 195.000 €… Une Caterham Super Seven, c’est 25.000 €
Mêmes performances, même inconfort, mêmes folies… mais 170.000 € de différence !
C’est pas rien…

La présentation et l’essai de la 2012 Donkervoort GTO RS se trouve ICI :
http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=1349&cat=auto