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Tant qu’il y aura des beaufs à arnaquer, l’équipe des dictateurs qui gère Ferrari pourra dormir sur ses deux oreilles, sans se fouler, à l’image de cette stupidité qui continue de remacher l’époque ou les 24 heures du Mans et autres grandes courses automobiles laissaient croire que le monde entier allait rouler pied au plancher sur les routes publiques et que les meilleurs crétins irrespectueux des autres seraient sans cesse congratulés, applaudis et fleuris aux feux-rouges pour avoir réalisé des « temps » chronométrés : les grands-prix quotidiens des feux rouges…, les gigas-sprint hebdomadaires des super-marchés…, le super-track mensuel des familles…, la super-course annuelle vers le sud (et retour), toujours à donf, sans pause pour maintenir la moyenne…

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C’est vrai que les merdias ne sont ainsi pas obligé de dépenser des fortunes indécentes pour créer l’angoisse et l’envie irrépressible d’achat…, de plus ils sont payés en retour, car tout cela est méticuleusement entretenu pour que ce grand cirque continue le plus longtemps possible, avec cynisme…, les merdias n’hésitent d’ailleurs pas, en prime, à verser une larme sur les inconscients qui roulent trop lentement et sont la cause de nombreux accidents (sic !), ainsi que les piétons qui traversent sans réfléchir qu’ils gènent les « vrais » pilotes (re-sic !)…
Mais là, on est carrément dans l’excès inverse, le but étant clairement d’être le plus rentable possible en attirant le plus de cons imaginable…, qui sont par ailleurs les premiers à sur-acheter d’accessoires les pires daubes fabriquées, allant jusqu’à les affubler du logo de la marque fétiche (Ferrari sur le capot et le coffre de leur Fiat, par exemple).

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Tout ca ne parle de rien d’utile, ne raconte rien d’intéressant, n’explique rien de transcendant.
Pour y arriver, on met le minimum sur la table, on shoote et/ou filme en quelques heures un nouveau scénario, en « copier-coller » de ce qui avait déjà marché avant… et on compte sur les beaufs pour se monter la tête tout seul.
Pendant un certain lap de temps imparti entre des pages de publicité (heureusement, ce n’est pas trop long), on suit un héros de pacotille qui réalise des chronos, raconte ce qui est écrit dans la farde de presse et termine par un coup d’éclat en freinant comme un damné, cloturant (provisoirement) un périple ou il a eu l’air d’un zombie se frayant un chemin vers la sortie pour palper son salaire…
Et puis c’est tout, si ce n’est plus ou moins la même chose avec une autre voiture…
Forcément, face à un scénario aussi maigrichon, c’est l’ennui total qui grignote de l’intérieur, le comble est que ça continue à se vendre, alors qu’aucun risque n’est pris, aucune ambition ou volonté de donner un nouveau souffle à cette saga de l’inutile.

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Dans ces conditions, difficile de ne pas avoir les paupières qui pèsent des tonnes.
Pire…, ces histoires déjà vues, lues et entendues sont resservies comme des suites à une mythologie totalement artificielle, qui n’a jamais vraiment existé (ou presque), se contentant de réchauffer les vieilles recettes… tandis que les beaufs attendent qu’il se passe un truc, en sachant pertinemment que rien n’arrivera !
On ne sursaute même plus, tant la tension est maigre, fatigué par avance de devoir subir ces faux-semblant de faire monter la pression en douceur, pour mieux nous offrir du remplissage vite réalisé, avant un final à peine excitant.
Vraiment affreux…, tous sont exagérément maniérés et agacent au plus haut point…, au bout de quelques minutes, on n’a qu’une envie, c’est de baffer tout le monde !
Très irritant…

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Ce qui est par contre jouissif, c’est l’usage réel, les regards des gens, leurs réactions, les pannes, les joies des entretiens et leurs coûts… tout ça pour en réalité amener une belle dans un restaurant et tenter à un autre moment (parfois le même) de passer une nuit déjantée avec trois bimbos qui ont eu un peu de mal à passer à l’âge adulte.
De mon coté…, j’essaye de vous présenter les voitures d’une autre manière, dans leur utilisation véritable…, non pas dans d’hypothétiques grands-prix des feux de trafic, ni dans des gigas-sprint vers divers hyper-marchés… et encore moins dans des courses chronométrées vers l’Espagne…, je préfére vous narrer, avec une délectation perverse : la simple sortie d’un garage ou la voiture se retrouve coinçée (de même qu’à un casse-vitesse)…, les soucis de remplissage d’essence, non pas en fonction de la consommation titanesque, mais de l’imbécilité de la conception du tuyau menant au réservoir qui refoule, obligeant à attendre un quart d’heure… et la conduite, sympathique, sans plus…
Là, on s’amuse, on sourit de temps en temps…, mais je tente malgré-tout d’aller encore plus loin, même si à force de vivre ces Very Bad Trip, j’ai tendance à abuser du trash un peu trop facilement, quoique j’évite les filles qui balancent des « fuck » à chaque masturbation, qui prennent trop de coke et qui parlent de cul sans aucun complexe…, car ça ne suffit pas pour faire un bon scénario, mes virées déjantées risquant de s’essouffler.

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L’apothéose étant, pour moi, que mes lecteurs et lectrices…, un an plus tard, cherchent encore à comprendre où j’ai voulu en venir…
Je tente simultanément de livrer une variation hallucinante de quantité d’hallucinations vécues, à des millions d’années lumières de tout ce qui a déjà été déjà fait, sur un ton décalé, dans une atmosphère déjantée et une ambiance volontairement sur-raffinée totalement unique, mélant conversations improbables et scènes bizarroïdes dans des séquences sans queue ni tête, où les personnages sont farfelus car en prise avec la réalité d’aujourd’hui, même s’ils semblent vivre dans un univers alternatif sous Lexomil…
Du coup, j’en viens à me demander si je ne devrais pas opèrer un grand virage pour revenir dans les clous d’une narration romantique assez classique, qui vous causerait finalement simplement de mes copines qui souffrent de ne pas arriver à m’alpaguer…
Rien de très novateur dans tout ça…

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Bien sûr seules les versions longues de mes textes ont un réel intérêt car c’est principalement dans les scènes ou interviennent certaines nudités et diverses pénétrations explicites, que se cache mon véritable talent pornographe et complètement pornophile qui aide à ce que vous m’accompagnez dans mes délires, mes rencontres, ma vision décalée du monde et des automobiles pour n’écrire finalement de que des situations propices aux déviances les plus intimes et donc les plus vraies !

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Donc, la solution est assez floue…, faire du plein avec un vide abyssal, même si les voitures mises en scène ont du mal à tenir la route plus d’une heure…, raison pour laquelle je préfère continuer de manière déjantée…, dans un aura mélancolique, avec chic et brio, vous faisant découvrir les possibilités érotiques d’une automobile dont vous avez déjà pu voir quelques aperçus troublants en dehors de ce genre d’intermède aussi jouissif que vain, revendicatif, quoique déviant, mélant de petites perles d’humour et de plaisir autant sur votre écran d’ordinateur que dans certains caleçons…

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C’est ainsi que j’ai décidé de vous présenter cette Ferrari F12 Berlinetta sur le ton d’une tragi-comédie sur la vie, la mort, l’amour, essayant de vous toucher jusque dans votre anus…, même si la voiture manque cruellement d’intérêt…, souvent drôle à conduire, elle navigue en effet clairement dans le burlesque… et joue en permanence avec l’absurde lors de situations improbables, m’obligeant à m’engager dans une réflexion poétique sur la mort, la vie et les choix que l’on fait.
Mais force m’est de constater qu’au bout du compte, cette voiture ne m’a pas dit grand-chose.
Devais-je en conséquence faire des choix pour ne blesser personne et me complaire dans un statut-quo confortable et un peu chiant…, les phrases à rallonge s’enchaînant sans aucun rythme et finissant même par vous arracher quelques bâillements ?

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Or, ça n’est pas exactement comme ça (et pour ça) que l’on doit créer des automobiles.
Le problème, c’est justement que le but premier de cette voiture est d’être une claque dans la gueule.
Avoir une Ferrari, c’est comme tabasser des chiens, défigurer des gosses, violer et battre des ménagères, boire plus que de raison, pleurnicher en demandant pardon…
Pour parvenir à assumer toute cette violence physique et psychologique, il faut une thèse à mener.
Or, les créateurs de cette « chose » n’ont pas grand chose à proposer de ce côté-là : au mieux, on peut voir leur voiture comme une énième variation sur le thème de la bagnole du futur qui tire ses racines des 24 heures du Mans…
Elle apparaît comme un simple condensé de glauquerie destiné à montrer aux beaufs à quel point la vie est moche et à quel point nous sommes tous des imbéciles de consommateurs lobotomisés.

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Elle n’est pourtant pas trop mal dessinée ni vraiment mal fagotée, même avec ses effets et inserts relativement horrifiques pour donner une impression de design d’avant-garde : ça peut brièvement secouer, mais ça n’est pas pour autant révolutionnaire, on découvre en effet peu à peu ces ajouts stylistiques comme autant de cicatrices sur ses atours de bête étrange, c’est à la fois beau, ridicule, kitsch, drôle, chiant, et impressionnant…
C’est consternant qu’on ose nous jouer le même numéro, de la noirceur gratuite sans proposition d’avenir ni porte de sortie.
Difficile de dire ce qui déconne vraiment car l’ensemble est cohérent mais semble toujours avoir un pied dans le vide, jamais très loin d’une dégringolade fatale !
Et ses maladresses de conception et ses grossièretés que les tifosi prétendront que s’y cachent de bonnes intentions à fleur de peau, rares et touchantes, cachées dans sa carapace de muscles et de clichés sur la virilité…, ce sont tous ces à-priori qui doivent être remis en cause, l’artisanat et la tradition s’étant depuis longtemps effacés dans un ballet pathétique qui n’est que le décor d’un drame beaucoup plus triste et beaucoup plus dévastateur ayant des allures de farce grotesque !

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Près d’un quart de siècle après qu’Enzo Ferrari a expiré ses dernières instructions à ses esclaves ingénieurs tous émotioné…, le jeu a évolué…, Ferrari se contente de se remettre en scène dans un décor de théâtre alors qu’au dehors se joue une tragédie humaine pleurant la fin de la culture de bistrot qui brillait par son humanité et la beauté intérieure de ses personnages (gag !), les valeurs d’un autre temps, décalé…, ubuesque…, un univers plus ennuyeux qu’attirant, qui étonne aussi par son snobisme et ses effets de style ridicule…, mettant un point d’honneur à en faire des caisses… et à rendre tout ce petit monde, déjà bien antipathique, carrément détestable !

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Alors que la crise frappait riches et pauvres (même de manière inégale) et que les préoccupations environnementales avaient mis un terme aux diktats primaires des plus forts, voulant tous la voiture la plus rapide et la plus puissante pour les faire apparaître comme des braves méchants garçons…, Roberto Fedeli, directeur technique de Ferrari, avait dû satisfaire à toutes les nouvelles règles en matière de pollution et de politiquement-correct, tout en s’assurant qu’il y a encore beaucoup d’emozione à monnayer le plus cher possible…

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Voici comment il a procédé avec son équipe.
Les Ferrari qui ont toujours véhiculé une consonance exotique, sont motorisées depuis 1947 (la création de l’entreprise d’Enzo), par des V12.
Si la 125-S était équipée d’un petit 118 chevaux de 1.500cc conçu par Gioacchino Colombo…, les F12 s’enorgueillissent de leur puissant 6.300cc 48 soupapes V-12 développant 730 chevaux à 8.700 t/m, avec un taux de compression de 13.5:1…, un progrès herculéen de 12% par comparaison aux 651 chevaux du modèle précédent, la 599…
Les ingénieurs Ferrari ont également optimisé la combustion, de sorte que les convertisseurs catalytiques qui résidaient serré dans les échappements ne sont plus nécessaires.
Cela signifie que les magnifiques spaghetti surchauffés sont de retour.

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Une caractéristique de la conception de la transmission est que la boîte de vitesse se situe à l’arrière afin que le différentiel supervisé par de l’électronique ainsi que l’essieu, s’asseoient près de la cloison arrière, ce qui permet également au réservoir de carburant d’être repositionné, améliorant la répartition de poids.
La F12 utilise une transmission à 7 rapports à double embrayage monté dans un trans-essieu, les rapports ont été révisés de façon à ce que le 7ème soit un direct 1:1, plutôt que d’un engrenage déjà saturé de maximiser les performances.
Franco Cimatti, le directeur technique lors d’un coktail assez arrosé, s’était laissé aller à me dire tout ce qui suit sous le ton de la fausse confidence :

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– Je veux que cette chose, enfin, cette Ferrari F12, je veux dire, va reprendre la compétition. Ma Ferrari F12 Berlinetta…
– Votre Ferrari ?
– Non, je veux dire Notre Ferrari, si, si…
– Ah bon ?
– Si, si…, donc, grâce à sa construction tout en aluminium elle est plus mieux, infiniment plus légère et utilise quelques-uns des enseignements tirés du programme de recherche de l’entreprise dans différents alliages. Les 12 recettes différentes que j’ai…, je veux dire que Nous avons mis au point avec l’aluminium…
– Ah ah ah ah ! Vous êtes incorrigible, vous ! Encore un verre de Chianti ?
– Avec joie.., donc, avec l’aluminium nous avons conçu 12 recettes réunies en une seule par soudure, colle, ou rivets, si, si, des rivets…
– Des rivets ?
– Si, si, c’est aéronautique, moderne, mieux, moins cher… et il en résulte un gain de poids meilleur que pour l’ancienne 599. La structure est également plus rigide et plus sûre dans un accident. Car un malheureux accident peut toujours arriver, si, si…
– Mais non, c’est impossible !
– Si, si, ça arrive. mais la structure a été pincée, si, si…
– Pincée ? Qu’est-ce à dire ? pincée ?!?!
– Je veux dire rendue plus fine dans l’étroit… et retiré en long, si, si…
– C’est compliqué !
– Si, si, c’est compliqué mais simple, de sorte que le moteur se trouve plus bas et plus en arrière, ce qui entraîne une répartition des masses avant/arrière améliorée de 46/54. La longueur totale est plus courte que la 599, mais le porte-à-faux avant a augmenté pour permettre de placer de plus grands radiateurs, car ça chauffe, si, si…, ça chauffe…
– Une Ferrari qui chauffe, mais c’est impossible, c’est de l’humour italien ça… Encore un peu de Chianti ?
– Si, si, juste un peu.
– Et la suite ?
– Il y a à l’intérieur une sorte de chambre de bonne, même pour le genre de gens qui peuvent se le permettre, nous sommes des joueurs de la pensée et il y a même aussi même, si, si, un espace de chargement pour des petits bagages de taille décente.
– Un baise en ville, comme on dit…
– Ah ! les français, l’Amour, toujours l’Amour… mais pour ma Ferrari, je veux dire Notre Ferrari, surtout, maintenant le conducteur et sa passagère, si, si…, vont se sentir incroyablement solides, la structure proverbiale taillée-de-roche qui est immensément satisfaisante, l’est encore plus, c’est comme un Titanic de course de route…
– C’est osé, ça comme comparaison…
– Mais non, un Titanic Italien, bien meilleur. Et comme c’est la norme pour les supercars ces jours-ci, les freins en carbone-céramique sont plus légers que les disques en fer conventionnels.
– Des disques en acier…
– Si, si, mais carbonés totalement…Ils s’avéraient trop chers si ils tombaient accidentellement et étaient fendus…
– J’ai entendu que le remplacement des disques de la 599 coutait 5.000 euros par roue…
– Si, si, c’est ainsi, mais maintenant ce sera pire…, les freins avant sont refroidis par des évents actifs situés dans la calandre, qui s’ouvrent et se ferment en fonction de la température des disques. Le capot comporte plusieurs innovations aérodynamiques, y compris une méthode de canalisation à haute pression de l’air à la base du pare-brise qui réduit la traînée, précipitant l’air de la hotte, je veux dire du capot… hipsss !, qui s’écoule dans les canaux qui dirigent l’écoulement sous un pont moulé sur la partie supérieure des ailes avant et ensuite le long de la carrosserie… hipsss !
– Tout ça pour se trainer à 30 km/h en ville, à 90 km/h sur les routes et à 120 km/h sur les autoroutes…, c’est franchement débile. Ca ne sert à rien d’utile ! Bon… vous prendrez bien un dernier verre de Chianti ?
– Si, si…, un dernier pour la route, merci… Et votre remarque est juste, puisqu’il y a des limitations de vitesse partout dans le monde…, sauf qu’il faut justifier les 400.000 euros de la voiture ! Subtil, non !
– Voilà votre dernier verre… Donc, vous disiez quoi encore sur les freins ?
– Hipsss ! les freins créent une couche limite aérodynamique qui réduit la turbulence et la traînée.
– Vous êtes certain ?
– Non, plus vraiment… Mais Ferrari a clairement toujours raison…

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Chers tousses, des décennies durant, Ferrari a fait les choux gras des revues d’anticipation et fait fantasmer vos pères en culotte courte, mais l’Histoire est facétieuse et se joue à l’envi de nos pronostics.
Mon ton littéraire utilisé sciemment pour cette retranscription embuée par trop de Chianti, je l’avoue, se veut donner un certain charme exotico-italien devant m’épargner bien des poncifs moralisateurs…
La preuve par la F12 Berlinetta.
En la découvrant, les souvenirs du futur m’ont assailli !
J’ai pensé à la Ferrari Modulo de Pininfarina et autres prototypes science-fictionnels de la fin des années 1960.
J’ai pensé surtout aux petits garçons qui ont fait du lèche-vitrine chez le marchand de jouets devant les modèles réduits de ces engins saisissants.

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En ces temps de sciences sans fiction, Concorde, aérotrains et autres SM annonçaient avec optimisme un futur toujours plus rapide.
Combien ont un jour rêvé de croiser à des allures prodigieuses à bord de ces engins ?
Le présent a désormais rattrapé le futur et l’an 2000 est déjà loin derrière nous.
Nos voitures ne volent pas le long de couloirs aériens et n’ont point de moteur à réaction.
L’âge spatial a vécu, Concorde a rejoint le musée et la voiture du XXIème siècle a les pneus bien sur terre.
L’économie d’énergie a depuis longtemps supplanté le culte de la vitesse et les rejets de CO2 ont infiniment plus d’importance que les kilomètres par heure, ne serait-ce que pour des raisons fiscales.
Enfin l’avenir, toujours plus éloigné de nos mythologies anciennes, est aujourd’hui symbolisé par un quadricycle électrique au design émasculé et au nom infantilisant : Twizy… et pas symbolisé par la Ferrari F12 qui n’est qu’une oeuvre consumériste… qui a déjà trouvé quelques clients mais qui va finalement sombrer dans l’oubli avant de revenir jouer les aguicheuses de seconde zone dans des ventes aux enchères…
L’effet nouveauté passé, tout le monde s’en f…

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Le design a ceci dit, le mérite de l’originalité.
F12…, voilà un nom que je ne donnerais même pas à mon chien, à croire que Fiat-Ferrari destine ce truc à un public d’adolescents attardés élevés au manga !
S’agit-il d’un jouet ou d’une voiture ?
Ni l’un, ni l’autre !
Les beaufs après tout, la réclament.
Pourtant, à défaut de remodeler à son image nos vieux centres historiques comme le rêvait Le Corbusier en 1925, l’automobile devrait s’y adapter.

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Pour faciliter l’accès à bord en cas de stationnement millimétré, les portes se relèveraient vers l’avant, comme sur une Lamborghini, mais sans en avoir les vitres latérales ni le coffre.
Il faudrait pour cela du petit, du maniable, du pratique, un engin réellement pratique et utilisable, à peine plus large qu’un scooter, pouvant se faufiler à peu près partout, pouvant facilement se garer perpendiculairement aux trottoirs ou faire littéralement des courses dans les galeries marchandes sans tuer les lécheuses de vitrine.
De là, à considérer l’Aventador ennemie comme le véhicule urbain par excellence, il y a un raccourci que nombres d’évadés fiscaux vont franchir !

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Avec son allure improbable la Ferrari F12 Berlinetta recèle suffisamment d’étrangeté pour attirer la faune des bobos et autres métro-sexuels jamais en retard d’une tendance…, il suffit que s’y collent quelques ressortissants en vue du microcosme parisien pour que le troupeau suive…., ou pas.
En attendant, les agences immobilières et autres voleurs institutionnalisés pourraient utiliser la Ferrari F12 comme un panneau publicitaire, maintenant que les Smart se fondent dans la masse.
Il faut bien le dire, rouler en F12 est à peu près aussi discret que manifester en tenue d’Eve, un gyrophare sur la tête et un mégaphone à la main dans le métro un jour de grêve.
Les enfants montrent du doigt, les autres automobilistes s’avancent à votre hauteur, on vous dévisage.
Au secours !
Pour convoyer de la came ou fuir une révolution, préférez une morne Peugeot grisâtre.

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Durant ma prise en main, un routier, sans doute frustré dans sa vie personnelle, a essayé de m’impressionner en me collant ostensiblement au cul sur une portion de route ultra-limitée avec radars tous les 500 mètres…
Cependant, les réactions les plus agressives qu’elle suscite ne se résument pas à des sourires, on sent diverses envies très méchantes poindre et des doigts d’honneur qui se perdent…
Une fois surmontée la gêne d’être au centre de tous les regards, j’ai pu enfin commencer à m’amuser.
Au feu, une Béhême qui poireautait à mes côtés voulait même faire la course, pour voir.
Surprise !

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M’éloignant un peu du centre-ville pour goûter aux joies de la campagne, une belle départementale s’est soudain profilée.
En Ferrari F12, les rues deviennent circuits et les giratoires des manèges aux allures débiles où l’automobiliste ordinaire s’ennuie ferme…, sauf que l’auto (?) fait autant de bruit qu’un Peterbilt sans silencieux…
Nouvelle surprise, j’ai légèrement appuyé et atteint assez prestement 120 km/h.
A bord, ça cahotait un peu mais je roulais sur du billard, avalant les courbes avec gourmandise, c’est lourd, c’est dur, certes, mais ça avance plus vite qu’un fourgon rassis d’altermondialiste, le panache de fumée noire en moins.
Au premier village, j’ai maudit l’inventeur du dos d’âne…, au passage du ralentisseur, la violente réaction de l’inflexible suspension m’a dissuadé de franchir la barre des 30 km/h réglementaires comme je le ferais avec une Citroën avaleuse de cass…
Flaques, nids de poule, la F12 n’aime pas s’aventurer chez les bouseux et l’a fait savoir illico à mon fessier.
En revanche, son corps de plastique et d’alumium se prête à merveille aux nettoyages à grande eau.

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Avec la F12, Ferrari ne négocie rien de façon ludique et renoue avec une certaine tradition de la voiture qui interpelle et provoque.
Je ne m’étais jamais autant intéressé à une Ferrari depuis mon ancienne BB512, ce qui commence quand même à dater.
Après une génération de Berlineta aussi tristes que la platitude, c’est déjà une victoire pour le cheval cabré.
Reste à capitaliser l’intérêt soulevé dans l’attente d’une vraie auto cette fois-ci, pour que Ferrari n’en reste pas au stade de la bête de foire ou de l’attrape-bobo.
Quant à l’acheter, bof !
Je me ferais un plaisir de gaspiller gaiement les euros que vous n’avez pas ou plus…

Attention : le spectacle n’est pas terminé, je ne suis pas encore venu à bout et au bout de mes commentaires destinés aux esprits rationnels adeptes d’univers irréels, où je vous demande de vous laisser porter, acceptant de ne pas tout saisir pendant la traversée…, à cette condition, vous passez des moments envoûtants !
Rarement le public peut participer à voyages plus étranges que mes plongées onirique dans les eaux troubles de mon cerveau en ébullition qui tente de vous subjuguer dans les labyrinthes de la langue française, péchant souvenirs et vérité au harpon, brouillant toutes les pistes avec humour et fantaisie.
Ce sont à peu près les seules bribes de réalité auxquelles vous pouvez vous raccrocher, alors que, happé dans les abîmes de ma mémoire pleine d’appel d’air, vous foulez mon texte tel une banquise fantasmagorique, avec mon imagination comme principal brise-glace.
Mes expériences automobiles seraient absolument inracontables par d’autres.., car rien ne semble faire sens, alors qu’à la fin, tout se tient !
Voilà, c’est fini…, à la prochaine…