2013 Epic EV Torq…

Apaisez votre mental…, libérez votre esprit des soucis qui gâchent la vie…, débarrassez-vous du stress qui vous empoisonne…, stimulez la production de vos sources de bonheur naturelles (sérotonine, endorphines)…, évacuez les souffrances inconscientes qui vous empêchent d’avancer…, contactez votre sur-moi authentique et votre source de sagesse intérieure…, progressez le long de votre chemin spirituel…, roulez en Epic EV Torq, la descendante directe version Roadster électrique de l’Aptera, la petite start-up américaine qui envisageait de commercialiser une petite voiture à trois roues (http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=295&cat=auto  et qui a définitivement fermé ses portes…, son PDG affirmant sans rire : « C’est la faute au manque de financement pour finaliser la mise en production des véhicule. L’idée de base de l’Aptera était de proposer sur le marché un véhicule économique en carburant, en misant sur un poids réduit au maximum et une aérodynamique au meilleur niveau. L’Aptera 2e, un projet de véhicule électrique à trois roues, à la carrosserie composite, était sur le point de débuter, quand on a finalement changé nos plans pour concevoir une berline de taille moyenne, dont le marché était jugé plus porteur pour séduire des investisseurs frileux… Ce fut un changement d’orientation tardif qui a malheureusement coûté du temps et de l’argent »

Sans aller vers les sommets de la tromperie (comme Fisker) pour justifier l’injustifiable sous forme d’histoires invoquant de tristes circonstances fâcheuses mêlées de malchance…, l’Aptera Typ-1, œuvre de l’ingénieur Steve Fambro, qui tirait son appellation d’un mot grec signifiant « sans aile » puisqu’en effet l’auto ressemblait plus à un avion sans aile qu’à une voiture traditionnelle…, avait quand même réussi à obtenir un prêt de 150 millions de dollars accordé par le DOE (Department Of Energy), qui n’ont jamais été remboursé… et ont totalement disparu (mais pas pour tout le monde)…

Pour noyer le poisson tout en activant divers rideaux de fumée, la firme a ensuite prétendu chercher des financements supplémentaires pour boucler son budget (plus gag, on meurt de rire !) et rembourser le Department Of Energy (DOE)…, des financements supplémentaires qui n’ont bien évidement pas été trouvés à temps (sic !)…, poussant le boss en chef Paul Wilbur (un ancien de Chrysler, de Saleen, puis d’ASC), à fermer les portes de l’entreprise, alors qu’il tirait encore et toujours sur la (grosse) ficelle en se prétendant en discussion avec des investisseurs (sans doute situés hors de notre galaxie), pour assurer la production de l’Aptera dans l’usine fermée par GM à Moraine, Ohio, avec 1.400 emplois à la clé (rien que ça)…

On ne peut s’empêcher de penser (entres autres escroqueries), à Tucker, Bricklin, DeLorean et Fisker, dont les « Boss » ont tous réussi à amasser des montagnes d’or sur le dos de leurs entreprises invivables, grâce à des détournements de crédits, d’acomptes et de financements publics, avant de laisser leurs sociétés partir en faillite, précipitant des milliers de gens dans la ruine… et Aptera est une disparition de plus qui montre que les investisseurs deviennent plus frileux face à ces nouveaux véhicules et que les temps deviennent plus durs pour les start-ups qui espèrent faire fortune en construisant des bêtises !.

Paul Wilbur étant grillé, carbonisé pour pouvoir démarcher quiconque afin d’obtenir des fonds financiers…, c’est Chris Anthony, un des deux pères fondateurs de l’Aptera, qui s’est mis sous la lumière des projecteurs pour refaire le même coup… qui renait ainsi sous un autre nom : l’Epic EV Torq, une Aptera simplifiée en roadster sous la forme d’une grosse baignoire, toujours d’inspiration O.R.N.I. à trois roues, qui se positionne toujours (bis !) en rivale des pots de yaourt anémiques électriques que d’autres fabricants de pitreries grotesques s’efforcent de proposer !

Cette sorte de Morgan Three-Wheeler futuriste, est une joyeuse pitrerie sous forme d’ancêtre de soucoupe roulante, conçue en Californie et destinée à la Californie (sic !) ou elle a puisé son inspiration en glandant sur la plage de Venice… (aaarghhhh !)…, c’est que cette poêle à frire qui doit se piloter avec une combinaison Haribo et un casque intersidéral (avec des antennes), qui semble débouler de l’univers de Gene Roddenberry (Star-Trek)…, n’est pas qu’une totale « repompe » éhontée du concept original Aptera, non…, maintenant que sa carrosserie en forme d’œuf spatial a été jetée et remplacée par une coque de baignoire intersidérale…, elle s’inscrit dans l’esprit comique enfantin parfois amusant mais souvent lourd de Star-Trek.

Bref, comme je crois que vous comprenez que le créatif de cette épique chose a voulu donner dans le genre pulp…, je peux vous laissez apprécier la haute technologie mise en œuvre, due au professeur Chris Anthony (une sorte de Géo Trouvetou californien) qui, afin de contenir la masse (qui est ici une tare), de l’Epic EV Torq, l’a habillée de panneaux de carrosserie (inutiles) en carbone et d’un pare-brise microscopique (ridicule) en polycarbonate.

À la voir, on s’imagine qu’à son bord on va se retrouver téléporté malgré soi sur une planète mystérieuse, où on fera la connaissance de l’équipage de l’Enterprise avant que son équipage soit décimé par une étrange maladie (le manque d’argent frais ,)…, alors qu’un être hypnotiseur polymorphe (Paul Wilbur ?)…, rôde alentours avec son pistolet-laser, en chasse d’investisseurs idiots !

« Le tarif est de 85.000 dollars… et EPIC Ev espère en écouler 50 unités cette année »…, lorsque j’ai reçu cette information, j’ai cru que c’était un prix qui me visait personnellement…, soit que c’était à cause de mon élégance toute aristocratique et de ma Rolls Royce Phantom cabrio… soit parce qu’Epic fait partie d’une sorte de congrégation de constructeurs associés pour me voir disparaitre afin de pouvoir œuvrer tranquillement avec Ferrari comme membre fondateur…, mais en fait, non…, ce prix était réellement le prix public départ Californie !

Le châssis de l’O.R.N.I. est tout aussi spécifique que celui de l’Aptera puisque c’est le même bastringue…, dont la suspension Palatev Motorsport (kekcékça ?), lui permet, en version Track Trek Edition (gag !), d’enregistrer une accélération latérale de 1,3 G en virage, une valeur qui (c’est pour le plaisir d’en papoter) me parait optimiste pour un O.R.N.I. trois pattes…, mais je vous laisse le bénéfice du doute…, le moteur électrique envoie 300 chevaux et 812 Nm de couple sur la seule roue arrière… permettant, d’après le constructeur, d’expédier le 0-100 km/h en seulement 4 secondes… et de rouler pépère durant 160 km (mon œil, après 60 km la batterie est plate, ce qui signifie que l’engin ne peut que graviter réellement dans un rayon de 30 km !)…, grâce à une batterie lithium phosphate…

Quoiqu’on devine que cette saga va se terminer de même façon que l’Aptera, si on ne sait évidemment pas encore quel sera à terme l’importance des dégâts occasionnés par l’Epic EV Torq Roadster…, le premier exemplaire vient déjà d’être livré… et c’est curieusement un ancien pensionnaire (ça fait maison de retraite, ça, là, non ?) de la maison Tesla Motors : David Vespremi, qui a reçu son étrange trois roues électrique…, ce commentaire à chaud m’est inspiré par cette expérience ultime que je viens de vivre, un premier avis contrefait que je ne peux que murmurer du bout des lèvres avec ce qu’il me reste de souffle tant j’en suis encore à douter de ce que je viens de vivre : « Ouahououahououahou ! »…

Si cette interjection vous paraît excessivement sobre, c’est que les mots me manquent, car j’ai le sentiment que personne n’arrivera jamais à rendre justice à ce chef-d’œuvre, à ce Saint-Graal absolu, du post-apocalyptique électrique…, la galaxie est peut-être immense, mais on doute parfois qu’elle puisse réussir à contenir toutes les imbécilités destinées aux crétins qui ont germé à la suite de Star Wars…, venant d’horizons divers, invariablement, ces produits saturent le marché (inexistant), pour ensuite sombrer dans les trous noirs de l’oubli.

L’Epic EV Torq, fait évidemment partie de ces engins qui, à vouloir trop briller au firmament de la rentabilité mercatique, se retrouvent en orbite dans une galaxie de médiocrité… et comme c’est parfois le cas, ils tentent de s’accorder un semblant de légitimité…, mais, l’histoire choisie a été manifestement vidée de son contenu pour nous livrer un véhicule dans le fond assez commun et même grotesque.

Regardez-le surtout dans sa version orange mécanique, infiniment trop large, ridiculement trop large, maladivement trop large, stupidement trop large…, avec quantité de zones inutiles et perdues sur un plan technique… et surréalistes au niveau design…, c’est aussi stupide qu’un engin de cinéma destiné à transporter un groupe de colons lunaires après que ces derniers aient quitté la Terre, suite à une énième guerre contre des robots…, lorsque la créativité est aux mains d’un cinglé, rien ne sert de prendre des mesures d’urgence, autant le laisser sombrer sans réagir !

C’est aussi du côté des moyens mis en œuvre qu’on détecte une autre faille dans la réussite du projet…., il est en effet toujours aussi surprenant de se rendre compte, qu’après avoir enfin réussi à voyager dans l’espace, on en soit retourné à l’âge de pierre en ce qui concerne ce type d’engin, car, ici, pour ce qui en est de cet épique Epic EV Torq, si le poste de pilotage est un vrai festival de diodes clignotantes et de boutons qui font « sbuiiiigggg » quand on appuie dessus…, c’est en fait d’une misère d’autant plus frappante lorsqu’on examine les pièces dont la mauvaise tenue accentue douloureusement le bricolage de l’intérieur.

Si le fait de me lire devenir complètement blasé vous apparaît parfois comme une perspective angoissante, il existe heureusement de par le monde d’innombrables gemmes prêtes à offrir aux beaufs ahuris en proie au doute, leurs merveilles et leurs splendeurs, agissant un peu sur eux comme le rappel d’un vaccin (après, c’est reparti pour plusieurs années !), j’ai pourtant pour habitude de placer une confiance quasi aveugle aux pires imbécilités, sauf que cette fois-ci, je me demande sérieusement si cet engin ridicule n’a pas franchi un point de non retour vers une sorte de douce folie.

Je m’imagine à son bord, assis sur un tabouret et coiffé d’un casque de mobylette sans visière orné d’écouteurs de walkman modèle Philips 1983, croyant qu’en Epic EV Torq, je suis dans une navette spatiale…, c’est bien simple…, à la fin de cet article, j’en suis à me demander si l’ex-directeur Ferrari en quête d’un emploi, Luca di Montézulolo, ne s’est pas introduit chez moi pour mettre de la drogue dans la pâte à crêpe, tant j’avais l’impression d’halluciner…, vu que j’ai mangé deux crêpes au sucre en l’écrivant !

Néanmoins, et bien que plombé, l’Epic EV Torq n’en reste pas moins plaisant à voir évoluer dans le trafic routier avec son look ultra cheap, son design sans queue ni tête et son style lunaire, le tout orchestré par un Chris Anthony totalement à côté de son scaphandre…, pas de quoi crier au Saint Graal, mais tout de même suffisamment rigolo pour mériter cet article qui vous donnera sûrement l’envie de revenir lire GatsbyOnline.