2015 Aston Martin Vulcan..

A sa sortie (de route), ce fut comme si un rêve d’utopies grandioses rencontrait une mise en abîme cauchemardesque qui se plaisait à rêver d’absurdités…, l’Aston Martin Vulcan était donc un rêve dans le cauchemar d’un rêve du rêve d’une automobile, ou l’inverse peut-être…
Elle était destinée à deux douzaine de multimillionnaires qui rêvaient d’eux-mêmes, se miraient, se dédoublaient et s’annihilaient dans le temps qui sans cesse depuis la nuit des temps, se contorsionne, se replie, revient en boucle, revient en arrière, revient en avant.

Avec cette automobile de 2.500.000 euros + taxes, frais divers, assurances et enquêtes fiscales…, la folie était partouze, la vie n’étant qu’un moyen, la réalité un rêve, le rêve étant la vie ou chaque nouvelle possession effectuée dans un mépris global des autres, embraye sur le néant embrayant sur l’irréalité qui embraye sur les rêves… et ainsi de suite, en mode Möbius…
On s’y perd, forcément…, on s’en délecte aussi (ou on s’en désintéresse, à la longue)…, les connexions neuronales s’emmêlent, les points de passage entre réalité et songes s’effacent et se fondent, deviennent impossible à prédire, dur à discerner…

Pourtant, avec cette Vulcan, les financiers-propriétaires d’Aston Martin ne rêvaient pas en 2015, ils réagissaient avec un train de retard sur les paris fous de leurs semblables chez Ferrari…, il n’était donc question que du parfait gémissement orgasmique à susciter auprès des plus riches et vaniteux auto-branleurs de la planète réalité, la nôtre, la vôtre, la leur aussi…
Regardait-on la vraie vie en regardant cette automobile, ou rêvait-on d’elle dans le rêve d’un autre qui serait la réalité d’un cauchemar ?

La seule réalité, était que la Vulcan s’avérait n’être que la mise en abime d’une escroquerie intellectuelle (j’ai ajouté ce dernier mot pour rester dans la critique satirique et la liberté de pensée et de penser) créée en 2005 par Ferrari avec la FXX !
En contrepartie du paiement de plusieurs millions d’euros (d’avance), une pelletée de clients fortunés triés sur le volet en fonction de leur niveau de vanité, eut l’insigne honneur de « pouvoir acquérir » une Ferrari Enzo non utilisable car non homologable (ni sur circuits de courses officielles ni sur routes ouvertes), œuvrant ainsi à la gloire (amusée) de la marque, aux salaires et dividendes des actionnaires et directeurs (les employés et ouvriers sont payés au forfait syndical)… et au développement des futures Ferrari du même style (imaginées pour les mêmes idiots).

Rassurez-vous, Ferrari, pour le même montant chaque année… garantissait aux mâles heureux zélus de piloter six fois par an leur bolide sur le circuit de Maranello-Fiorano… ce qui a assuré des revenus gigantesques à Fiat-Ferrari car à chaque course il y avait de la casse !
Par la suite, le puits de la bêtise humaine des Ferraristes et Tifosi étant sans fond, la marque au Cheval Cabré a récidivé avec la 599 XX, puis avec la FXX K.

Au vu des résultats stupéfiants, les concurrents ont vite décidé de copier, surtout que Fiat ratiboisait les Maseratistes avec la copie-clone « poussée » de l’Enzo FXXS… et si certains pensaient que seul Fiat/Ferrari/Maserati avait l’égo suffisamment dimensionné pour proposer ce genre de programme, il n’en fut (de pétrole) rien…, McLaren a présenté sa P1 GTR, qui est à la P1 ce que la Ferrari FXX K est à LaFerrari : une voiture « de sport » qui n’en est pas une, qui n’est pas homologuée pour la route et qui ne correspond à aucune réglementation sportive, ne pouvant donc être alignée dans aucune compétition automobile.
Ce barnum juteux est devenu un nouveau marché, dans lequel Aston Martin s’est lancé à corps perdu avec la Vulcan dessinée par Marek Reichman…, une « chose » entièrement en carbone et reprenant le V12 de 6,0 litres boosté à 800 chevaux.

Avant de maîtriser le bestiau, moyennant un montant annuel quasi-similaire au prix stratosphérique de l’engin, les très riches pigeons-clients, étaient embarqués dans une sorte de prise en mains nommée : « programme de formation graduel » qui débutait avec quelques tours de piste en V12 Vantage S, avant de passer à la One-77, puis à la Vantage GT4 de compétition, pour toucher enfin le Saint-Graal : la Vulcan.
Seuls 24 exemplaires de cette Vulcan devaient être produits, au tarif de 1,8 millions de livres sterling, soit près de 2,5 millions d’euros (plus taxes, assurances, enquêtes fiscales et diverses autres joies).

On a mis du temps à rentrer dans cette folie douce…, ce sans queue ni tête qui cherchait un peu trop l’absurde par l’absurde : marque déposée tournant en rond, faisant du surplace…, mais, de ces circonvolutions incertaines, cela n’a livré qu’une vision du monde de l’automobile pour multi-millionnaires, décalée, angoissante et tortueuse, un labyrinthe, un rêve sans ombres…
Alors Popu…, tu lisais jusqu’ici, ce texte avec bonheur… tu y allais cœur vaillant, cœur battant et souffle court, empressé, avec la promesse d’un bouleversement automobile aussi concret qu’une boule de feu dans le ciel ou de méduses échouées sur une plage… et en quelques minutes chrono à me lire, tes illusions s’écroulent…

Te voilà qui déchante, tu es en hyperventilation…, je ne te laisse d’ailleurs aucune chance, je te sape, je t’empêche de respirer, la Vulcan est une coquille vide qui n’appelle à aucune dithyrambe, aucune louange trop prononcée : l’Aston Martin Vulcan, n’était que l’effrayante grandeur de l’amertume…, tourbillons esthétiques virevoltants, blablas ininterrompus et vacuité en verve.
Et de ces tourbillons-là, Popu…, brave couillon, pourrait-il y avoir une émotion qui te submerge au moins, quelque chose qui te touche à un moment, un espoir peut-être ?

Non, non et non, c’est une bouillie d’une réalité consumée par la fiction, pense donc par toi-même, Popu…, ce biniou à 2.500.000 euros, n’était qu’une V12 Vantage re-carrossée, un doublon maléfique qui venait pourrir ta vie des rêveurs-glandeurs…, tu vas finir par la trouver ridicule…, une histoire en copié-collé d’une société plusieurs fois en faillite et maintenant sur le retour aux prises avec les affres de son métier, devoir vendre à des mabouls…
Et puis, quand même…, merde quoi, putain…, Popu, réveille-toi, il n’y a pas de rédemption (jusqu’où le réel a-t-il sa place dans ce panier de crabes ?)…

Tout n’est ici qu’émois professionnels pour faire un max de flouze…, s’il y aurait (encore) des réactions à mon point de vue, ce ne seront que des remous paternalistes, des incertitudes sentimentales et tout le bazar…, dès-lors, pourquoi perdre son temps à deviser de ce fatras existentiel aussi excitant qu’une merde de pigeon sur un trottoir ?
Parce que cette Vulcan n’était qu’une esbroufe sans garantie sur laquelle sont venus baver les habituels beaufs qui se pâment dans les salons de l’auto, défaillent sur Twitter, jasent ici et là sur Facebook, mais sans s’émouvoir des arnaques…

Faut-il seulement admirer, mais ne rien vouloir connaître des dessous.., ne pas s’interroger, ne pas vibrer de honte et ne pas remettre en question le fond ?
C’est que, poser le temps qu’il faut pour étoffer, établir un lien, une empathie violente, sentir, endurer, alors que les gens qui créent ces absurdités mêmes plus roulables…, ce ne sont que des marionnettes vociférantes et gesticulantes qui œuvrent dans le petit théâtre automobile, préfabriqué, labyrinthique, qui cherche à discourir sur le destin et la célébrité, sur l’art et l’amour… avec la finesse d’un tractopelle et la prétention d’un arracheur de dents…

En janvier 1947, le ministère de l’Air du Royaume-Uni lança un appel d’offre pour un bombardier capable d’emporter une bombe de 4500 kg à 1 500 km de sa base, d’atteindre une vitesse de 925 km/h et à une altitude de 15240 m…, le constructeur Avro proposa un avion désigné en interne Type 698, qui se présentait sous la forme d’une aile volante, avec les réacteurs superposés l’un au-dessus de l’autre dans chaque racine d’aile.
L’Avro 698 Vulcan dont Aston Martin a « emprunté » le nom…, est un bombardier stratégique qui a été utilisé par la Royal Air Force de 1953 à 1984…, avec le Handley Page Victor et le Vickers Valiant, il faisait partie du trio des V bombers dont le Royaume-Uni lança le développement en 1947 pour le Royal Air Force Bomber Command.

Ayant obtenu un contrat de développement, Avro commença par construire un démonstrateur monoréacteur à l’échelle 1/3, désigné Avro 707, celui-ci fit son premier vol le 4 septembre 1949 mais s’écrasa moins d’un mois plus tard à cause d’un problème d’aérofreins…, un nouvel exemplaire fut alors assemblé, désigné Avro 707B incluant quelques modifications dont l’adjonction d’un siège éjectable…, il fit son premier vol un an après le premier appareil démonstrateur, à savoir le 6 septembre 1950…, ces deux démonstrateurs furent suivis par d’autres, destinés à explorer le domaine de vol à des vitesses plus élevées.
Pendant ce temps, les travaux sur le Type 698 avançaient en parallèle, le design avait été largement modifié puisque l’avion ressemblait moins à une aile volante, ayant un véritable fuselage et une dérive, tandis que les réacteurs étaient placés côte à côté et non plus superposés…

Le premier prototype fit son vol inaugural le 30 août 1952, propulsé par quatre moteurs Rolls-Royce Avon RA.3 car les moteurs définitifs n’étaient pas prêts…, un second prototype décolla le 6 septembre 1953 mais avec des réacteurs Olympus 100.
Le premier Vulcan B.1 de série décolla le 4 février 1955 et l’avion fut mis en service début 1957…, initialement livrés avec des réacteurs Olympus 101, les B.1 reçurent progressivement des Olympus 102 puis des 104, ceux-ci fournissant 18 % de puissance supplémentaires par rapport aux Olympus 101 d’origine…, la forme de l’aile fut modifiée dès le sixième exemplaire de série : au lieu d’un bord d’attaque à flèche constante de 52 °, l’angle de la flèche était réduit à 42 ° sur le tiers du milieu.

Entre 1959 et 1963, 28 Vulcan B.1 reçurent de nouveaux systèmes de défense électroniques (brouilleurs, détecteurs d’alerte radar, etc.)…, une version B.2 fut développé à partir de 1955…, elle disposait de réacteurs Olympus encore plus performants, d’abord des Olympus 201 (30 % plus puissants) sur la première moitié de la série, puis des Olympus 301 (70 % plus puissants) sur les exemplaires suivants.
L’envergure était augmentée de plus de 3 mètres ce qui, avec la puissance moteur supplémentaire, permettait d’atteindre des altitudes plus élevées…, d’autres modifications furent effectuées, parmi lesquelles l’ajout d’un pilote automatique, la possibilité d’emporter le missile nucléaire Blue Steel et l’adjonction d’une perche de ravitaillement en vol…, les livraisons commencèrent en 1961.

En 1964, il devint évident que les missions de bombardement stratégique à haute altitude étaient devenues trop dangereuses…, les Vulcan B.2 furent alors modifiés pour la pénétration à basse altitude, recevant de nouveaux systèmes de défense électroniques et un nouveau système de navigation optimisé pour le suivi de terrain…, quelques avions furent transformés pour la reconnaissance maritime.
À la fin des années 1970, les Vulcan commençaient à montrer des signes de fatigue, et leur retrait fut programmé pour juillet 1982…, cependant, comme la Royal Air Force manquait cruellement d’avions ravitailleurs, six exemplaires furent équipés d’un système de ravitaillement à l’arrière, tandis que leur soute à bombe recevait trois réservoirs de carburant…, ces Vulcan K.2 restèrent en service jusqu’en 1984…, en 2011, il ne reste qu’un seul Vulcan encore en état de voler, le XH558 appartenant à l’association Vulcan to the Sky Trust…, il a été remis en état de vol en 2007 et a effectué son premier vol depuis sa restauration lors de l’édition 2008 du Salon aéronautique de Farnborough.