Le problème du génie, c’est de faire en sorte qu’il soit reconnu…

Par exemple, imaginons que vous soyez un Hot-Rodder Franchouille présentant en 2011 une vieille caisse de Ford A Roadster dans un Mag’papier nommé Power Glide…
Imposer l’idée au public via l’article débilitant de clichés éculés décrivant que vous avez placé une calandre de B’32, enlevé les garde-boues… et que ces actions sont comme un miracle qui font de vous un génie universel du Hot-Rodding parce que ces actes héroïques à la puissance érotique surhumaine vous placent illico au Panthéon des idées toutes faites et formatées

A la lecture de ces types de magazines dont la précarité est légendaire, on se rend compte que ce genre « d’exploit » nullissime est encore relativement facilement publié, histoire d’alimenter les rêves des lecteurs survivants…
En rachetant les magazines invendus, les intrépides possesseurs d’engins improbables pourront les distribuer à leurs amis, amies, proches (et moins), voisins et potes de beuveries… et s’ils sont doués en Rock’Roll, transmettre tout cela dans les paroles d’une chanson « en hommage à Johnny », ou à travers des regards langoureux pleins de promesses torrides lancés sur la piste de danse de bouges incertains… certains que ces actions leur assureront une certaine notoriété.

Mais comment faire comprendre au monde qu’en plus de cela, ces « créatifs » sont des designers en Hot-Rods convaincants et charismatiques…, qu’ils sont des pilotes-artistes martiaux aux muscles d’airain (c’est nécessaire pour tenir le volant), détenteurs des secrets et de la sagesse plurimillénaires des Maîtres Américains tels Boyd Coddington ou Georges Barris, voire Smity Apache (sic) ?
Oui, comment…, car c’est le puzzle qui doit aboutir sans forcer les pièces ?

Cette année-là (2011), le proprio de l’engin dont on cause… est déjà un Hot-Rodder accompli qui fait vibrer le cœur des foules lors des meeting Kustom, dans le style exigeant et prestigieux d’une sorte de “Kustomizeur” obnubilé, prenant sa place aux côtés d’autres maîtres du genre, éblouissant le monde car se mettant automatiquement en scène de façon très transparente comme justicier vengeur redressant les torts à travers le monde à la force de ses poings.
Comme écrit dans Power Glide : “Ce Hot-Rod est une oeuvre à l’ambition autant physique que transcendantale et mystique. On adhère, forcément”…, il y aura d’autres jeux d’écritures échangés entres d’autres magazines, selon les exemples ci-après : http://www.gatsbyonline.com/automobile/kustom-magazine-mieux-vaut-en-rire-354575/

En anecdote, il faut signaler qu’un des Rédacs-Chef reviendra à l’écriture basique quelques temps plus tard pour une série d’ouvrages spirituels et mystiques dans lesquels il partageait sa sagesse transcendantale et révélait aussi, par exemple, que le sida faisait partie d’un complot pour exterminer les homosexuels, que le virus Ebola était une invention d’on ne sait trop qui et que le crash du vol Germanwings en 2015 était le fruit d’une machination à base de trafic d’organes !
Ceci étant précisé au cas où vous auriez le moindre scrupule dans la suite de cette chronique à vous laisser à rire devant leurs (é)ré(a)ctions…, mêmes pas dignes des bacs à solde de la Foir’Fouille de Sarreguemines.

Entre ces deux moments se situe la période qui nous intéresse, où le « créateur » de ce Hot-Rod décide d’explorer la voie de l’ancien renouveau pour faire savoir aux peuples du monde, (d’incrédules choses), que leur sauveur se trouve parmi eux, que l’homme de demain est déjà là.
Intéressons-nous dès-lors à l’egosploitation dans le Kustom et le Hot-Rodding, une sorte de “Force Noire” ou les vedettes passent le balai… et enlèvent leur chemise au moindre prétexte.

Seul l’orgueil au-delà de toute raison peut produire de telles choses, lorsque tout sens de la mesure et du ridicule a complètement échappé à son créateur.
Il ne fait aucun doute qu’il était sincèrement persuadé que cet écrin en toc allait faire éclore le demi-dieu en lui et améliorer encore sa cote auprès du public, mais l’effet sur les Hot-Roddeurs d’hier comme d’aujourd’hui est exactement inverse.

Combien parmi les lecteurs-internautes de GatsbyOnline seraient capables d’en faire autant ?
S’allonger par terre devant le Hot-Rod et faire quelques pompes sur les poings, comme un vrai bonhomme…. et, toujours allongé, mettre les bras le long du corps et se mettre à faire des pompes… sans les mains…, rien qu’avec la puissance de sa teube…, un ersatz de pitreries en attirail sado-maso qui imite un poisson rouge en train de se noyer… et n’est qu’une sale histoire de rivalité entre Hot-Rodders qui dégénère.

Vous allez (enfin) sortir de cet article revigoré par diverses stupidités satisfaites, distillées jusque dans leur forme la plus pure.
Mon pote Karim m’a averti qu’il venait d’acheter le Hot-Rod dont il est question ci-avant, parce qu’il était 100% pour moi…, mais il me fallait aller chez lui voir « la merveille »…
– Salut Patrice, j’espère que tout va bien pour toi. Je te réserve prioritairement le Hot-Rod que j’ai acheté, mais si tu ne suis pas, peux-tu me faire un petit montage photo ? En fait, j’ai l’occasion de vendre mon Hot-Rod à un fan de Steve McQueen… et j’aimerais une chouette photo de lui dans le Hot-Rod…
– Ahhhhhhhh !
– C’est un Ford’32 en tôle immatriculé en Belgique. Je suis allé, avant de l’acheter, au Contrôle Technique demander s’il y aurait une raison de ne pas pouvoir l’immatriculer…
– Il y a quantités de raisons, la première étant les directives Européennes qui sont supranationales.
– No soucis… C’est pas un kit ! Je vais essayer de le vendre autour de 45.000 euros…
– Arghhhhhhhhhhhhh ! 20% du prix pour mettre Steve McQueen au volant…
– Quel cinéma !

– Le p’tit Rod bleu avec flammes que j’ai acheté en 2015 en Hollande via Catawiki, m’avait couté 18.000 euros, je l’ai vendu seulement 20.000 euros.. et l’acheteur, D’Jimmy Merzlic, fondu de Hot-Rods, l’a vendu début 2018, avec difficulté, pour 17.000…, en fait il essayait de le vendre depuis 2016 sans aucun succès… Il a du se résoudre à le liquider à Renault-Nissan qui cherchait un Hot-Rod pour se moquer des Hot-Rodders en faveur d’une sorte d’abruti-bobo-Parisien dans un clip vidéo…
– Qu’est ce que tu en penses ?
– J’en pense rien grand chose… Ton Hot-Rod est trop cher du double au moins… Il est connu en France ou c’est devenu invendable… Le gars a du aller aux putes pour fêter ça…
– Je compte descendre dans le sud avec…, si j’ai le temps de lui confectionner une capote… Ce sera histoire de te faire baver et te le vendre…
– Je ne paierais jamais plus de 18.000 euros, trop de risques… Et même, c’est casse-gueule…
– Ici en Belgique, ca devrait aller, même sans garde-boues et sans magouiller…, même si c’est plus possible d’immatriculer dans aucun autre pays d’Europe, particulièrement en France, !
– Croise les doigts que la DIV ne revienne pas sur l’avis du CT… Le risque est très grand… et dans quelques temps ça ne sera plus possible…
Tu sais très bien que c’est un véhicule idéal pour toi, mais tu ne veux pas le reconnaître ! C’est exactement ce qu’il te faut et ton chien Blacky serait aux anges !
– Hors de question…
– C’est mon rêve d enfant…
– Nuts… Tu devrais lire ce qui suit et l’apprendre par cœur…

Fin de partie pour les Hot-Rods en Europe…
Vous pouvez copieusement haïr…, insulter…. critiquer…, les journaleux de Nitro et autres merdias qui vous ont tous… sans exceptions aucunes… avec des idiots chroniques comme Zeb… et Morel… envoyės dans la merdasse en refusant dès avoir copié Chromes&Flammes, de créer une association nationale pour aider et pérenniser le Kustom et le Hot-Rodding… capable de dialoguer avec d’autres associations du même style au niveau européen et avec les instances européennes…
Ils vous ont raconté des bobards pour vendre leur camelote sans voir qu’à brève échéance il y aurait des interdictions drastiques poussant à la fin de ces styles de vie automobile…
Voyez le nombre incalculable de Kustoms et Hot-Rods abandonnés…, illégaux… dangereux… après une « une » caricaturale en couverture ou au hasard d’un article débilitant…
La « guerre des mags kustom » des années ’80 c’était cela… rien d’autre…
Voyant le carnage j’ai préféré modifier C&F en AutoChromes mi des années ’80 et voguer seul vers 500.000 exemplaires mensuels en 5 langues/éditions mensuellement en Europe…
A partir de là le Kustomizing « de masse » a périclité en Franchouille… sauf quelques rares engins hyper chers fabriqués par des gens comme D’Jimmy Merzlic ou achetés très chers aux USA…
Maintenant c’est trop tard… l’aventure se termine… les magazines papier se cassent la gueule parce qu’ils sont restés figés… et leurs fausses légendes bidons sont parties au loin en se f… totalement de vous…
Les maisons d’éditions qui les éditaient continuent de lustrer le cul des grands constructeurs… . certaines se cassent toutefois la gueule comme AutoLoisirs et autres divers y compris des pompeux…. et certains les achètent comme Renault pour y raconter qu’ils sont les meilleurs…
Dans ce nouveau monde vous n’êtes que des cons-sommateurs qui doivent tout accepter sans broncher…
Et c’est VOTRE faute…
Avec les nouvelles normes Européennes et leurs Prescrits et lois supranationales…, les pays membres de la Communauté dont la France ne voulait pas suite ā un vote général du peuple mais que Sarkozy a fait revoter en interne…, les normes en matière de mise en circulation et contrôle technique sont devenues drastiques et il est maintenant quasi impossible, sauf fraudes gravement (pénalement) poursuivies, d’immatriculer des voitures modifiées tels les Customs…, Tunings…, Kit-cars…, et Hot-Rods…
Les motos suivent… sauf que c’est moins rapide car les Bikers sont fédérés et ont su être interpays pour défendre leurs libertés…
Ceux qui commercialisent des Hot-Rods et des Kit-Cars les bradent au plus vite…. car ils savent que ces engins ne se vendront plus et leur créeront des pertes financières et des soucis en cascades surtout en cas d’accident grave avec des papiers de rėcup’…, de complaisance…, ainsi que des doublettes et autres…
On liquide… « que les acheteurs crédules se démerdent »

En ayant ras-le-bol des emmerdes et conneries, j’avais donc vendu le P’tit Rod bleu flammė a D’Jimmy Merzlic (rėgion Niçoise) en 2016…, préférant acquérir une Jeep Wrangler… et D’Jimmy l’a amélioré et tenté de le vendre durant deux ans aux environs de 25.000 euros… SANS LE MOINDRE SUCCES…
Personne ne lui a fait d’offre !
Ecœuré mais stoïque et pragmatique… lorsque par un hasard miraculeux Renault-Nissan l’a contacté pour obtenir un Hot-Rod qui devait ridiculiser ce style d’auto au profit du Nissan Juke…, il a largué le P’tit Hot-Rod sans émotion… pour à peine 17.000 euros…

Renault-Nissan a « ravagé » le Hot-Rod en le rendant ridicule… tant dans son look que sa fonction… en une sorte de machin-bazar inesthétique… avec deux hirsutes ā bord…
Cette action de Renault-Nissan démontre que leurs dirigeants (et c’est pareil pour toutes les marques) prennent le milieu du Hot-Rodding comme peuplés de ploucs qu’on ridiculise…
Voilà… la fin d’une belle histoire…

– Intéressant à savoir. Je savais que j’étais ton ami !
– A pluche… espèce d’escroc !

Il y a une multitude de choses dont j’ai horreur : les jeunes filles de plus de quatre-vingt-dix-sept ans, tout d’abord, le poisson mal cuit, aussi…., puis les liaisons mal-t-à-propos…, les ouatères de wagons de seconde classe…, les bitures des fantiques de footebale et les imparfaits du subjonctif…, mais s’il y a une chose qui m’énerve par-dessus tout, qui me file au bord du delirium très mince, c’est quand on me prend pour une buse…, surtout quand c’est un pote qui est l’outrageur…, surtout quand tout ça cache le commencement d’une aventure insensée !
Tout a commencé comme ça…, et, en finale, suivant Karim qui voulait discuter dans un endroit discret, je me suis retrouvé en Belgitude en compagnie d’une somptueuse dame de quarante ans, qui en avouait vingt et en paraissait trente, le genre de désœuvrée richissime et tapageuse pleine de caprices pour lesquels on peut peu et de désirs pour lesquels on peut tout, me causant d’une future vie soyeuse, genre cris et chuchotements, avec beaucoup de lumières, de picole, de bagnoles hors de prix et de soirées s’achevant à l’aube…, tout cela ressemblait à ces films d’avant la dernière guerre où les bellâtres à frime de séducteur s’emplâtrent des filles de milliardaires.

Je me sentais devenir crapulard, sanieux, abject, dépravé, mon sens moral branlait au manche…. et surtout, je me faisais chier comme quinze rats morts derrière une grosse malle d’un grenier, celle qui contient un casque à pointe ramené de la 14-18 par Pépé… et l’ombrelle de grand-mère.
À ce moment-là une souris complètement à poil a fait son apparition par la porte du fond, elle était moche comme le fignedé de votre belle-mère, ses seins pendaient tristement comme deux blagues à tabac vides, ses hanches étaient saillantes et sa gueule n’avait rien d’essentiel…, bref, c’était le genre de chérie qui fait des fantaisies à vingt balles aux crouilles.

M’est avis qu’on l’engageait au mois, mais qu’ici Karim l’avait engagée pour la nuit…, au rabais…, ses tifs étaient sales, son nez volumineux et son regard exprimait toute la lassitude de l’univers…, elle m’a demandé de la suivre devant le bouge et s’est étendue sur la banquette du Hot-Rod exactement comme sur la table d’auscultation d’un gynécologue, les flûtes grandes ouvertes et les mains sous sa tête en guise d’oreiller…
Je me disais que ça devait faire partie de la cérémonie…, à la gloire du Hot-Rod et de son créateur… et de Karim qui rêvait toujours que je lui paye 45.000 euros…, c’était logique, non ?

Mais j’avais mal estimé…, ou alors la vioque à poildé ne faisait que de la figuration…, dans un sens ça se comprenait, elle était pas jojo la pauvre, surtout qu’elle avait froid et que sa peau était hérissée par la chair de poule…., pour consommer une tordue pareille fallait avoir sérieusement faim ou bien s’être farci une vraie dose de cantharide.
J’avais vu bien des trucs pas ordinaires au cours de ma putain de vie, mais cette atmosphère me causait un malaise…, je savais bien qu’il y a toujours dans l’existence des paumés qui s’en prennent à tout le monde, because que leur vie ressemble à une tartine de chiotte et qu’ils en ont classe de s’en repaître !

Des aigris, y en a partout, ils ont des circonstances atténuantes, nous sommes d’accord…., à force de passer sur le trottoir au moment pile où une tuile tombe du toit…, à force de s’asseoir sur des fourmilières…, d’être le sixième devant l’autobus alors qu’il n’y a plus que cinq places…, à force de recevoir des commandements de son adjudant, de son patron, de sa femme et de son percepteur, on en vient même à s’en prendre ceux qui attrapent la vérole…, qui reçoivent des lettres signées « un ami qui vous veut du bien »…, qui glissent sur les peaux de banane…, qui ratent le train pour une minute ou le gros lot de la Loterie nationale pour un numéro…, tous ont des mouvements d’humeur…, c’est la vie…
La vioque de tout à l’heure est elle aussi sortie en achevant de se resaper…, loquée, elle faisait moins minable et on la situait illico sur le plan social : c’était le genre femme de ménage sans emploi qui « fait » les marchés de la Mouf pour ramasser les fruits pourris et les morceaux de cageots…., elle devait également « faire » le clodo à ses heures et se farcir les vieux biques en délire moyennant un coup de rouge ou un timbre-poste mal oblitéré.

Je me suis enfui…