’47’48’49 Tucker Torpedo…

L’histoire de Tucker, c’est un peu l’histoire de David contre Goliath, la formidable histoire d’un homme, Preston Thomas Tucker, qui a cru au grand rêve américain…, qui l’a détruit…

Il y a deux thèses concernant cette épopée qui n’est qu’une affaire de dollars… qui s’affrontent…, personne ne s’en serait préoccupé si un cinéaste américain n’avait eu l’idée (lui aussi) de réaliser un film Hollywoodien à la gloire de l’Amérique et de Preston Tucker présenté comme un héros homérique…, qui serait l’élément déclencheur d’un mythe monté de toutes pièces et d’autant plus rentable que le cinéaste avait pris soin d’acheter quasi pour rien toutes les carcasses de Tucker’48 disponibles… et que Preston Tucker était décédé et enterré depuis quelques décennies !

C’est la plus belle thèse qui va entrer dans les têtes (lobotomisation Hollywoodiènne, le genre qui supplante les manuels d’histoire)…, c’est quasi un mythe-mystique-christique… semblable à l’histoire de Moïse créant Israël 3.000 ans (environ) avant que l’idée soit récupérée… semblable aux légendes de l’Ouest et au « poor lonesome Cow-boy » qui conquiert le nouveau monde en flinguant tout ce qui bouge et le dérange (surtout les amérindiens)…, c’est l’épopée fantastique d’un génie qui voulait offrir au monde (éberlué, bien sur)… une voiture révolutionnaire comportant une somme phénoménale d’innovations, une sorte de Nouveau-Testament de l’industrie automobile…, la création d’un Graal présanctifié…, un véhicule quasi céleste, préfigurant l’arrivée des extra-terrestres à Roswell…

La thèse plus réelle, et crédible car en adéquation avec des pièces et documents historiques…, c’est l’histoire d’un arriviste-opportuniste ayant « fait son beurre » durant la dernière (sic !) guerre mondiale en construisant des tourelles pour canons et mitrailleuses équipant les bombardiers B-17 (avec une variante en version véhicule de combat)… et qui a eu l’idée de récupérer une usine déclassée pour quasi rien, avec subsides de l’Etat en prime, pour y assembler des pièces réadaptées formant une automobile pompée sur la Tatra tchécoslovaque, motorisée par un moteur d’hélicoptère des surplus (abondants) déclassés de l’armée…

A ce stade, rien n’est délictueux…, mais l’affaire, véritablement, ne vient pas du tout que ce bric-à-brac devienne une automobile « roulable »…, mais que Preston Tucker va vendre une auto qui n’existe pas et amasser des millions de dollars.
Cela ne pouvait qu’énerver les trois géants de l’industrie de l’automobile américaine qui eux avaient des centaines de milliers d’employés et ouvriers à payer… et qui vont s’employer à obtenir sa perte.

Pour camoufler la réalité, le système de défense va la jouer « mélodrame » en prétendant que c’est cet acharnement contre « ce visionnaire de génie », qui va faire retourner l’industrie dans la standardisation alors que « la face » de l’automobile américaine aurait pu en être changée…
Preston Tucker vendait du rêve d’après-guerre… et n’hésitait pas à fournir des dessins futuristes d’automobiles « de rêve », telle la  Carioca« , une voiture encore plus avant-gardiste (sic !) que la 1948 Tucker Torpédo.

Un concentré d’innovations délirantes et gag, issues de son imagination, avec des affirmations gratuites et des chiffres fantaisistes ne reposant que sur la crédulité des beaufs…
– Moteur en position arrière, refroidissement par air (idem VW cox)…
– Vitesse maximale de 205 km/h (invérifiable)…
– Vitres de sécurité (Sécurit existant depuis de nombreuses années)…
– Pare-brise éjectable (baratin)…
– Habitacle indéformable (baratin)…
– Tableau de bord en mousse…
– Portes avec ouverture « en buffet » (froid, bien sur)…
– Ceintures de sécurité à l’avant et à l’arrière…
– Consommation de 10 litres aux 100 kilomètres (baratin)…
– Phares dans les ailes, lignes pontons (existe depuis les années ’30)…
– Phares tournant avec les roues (existe depuis les années ’20)…

Le rêve américain…
Preston Thomas Tucker, né le 21 septembre 1903 à Capac, Michigan… après s’être marié, part pour Détroit en famille ou il va œuvrer tour à tour pour Ford, Chrysler et Pierce-Arrow… et propose simultanément des créations pour l’armée, dont en 1936, un prototype de véhicule d’assaut muni d’une tourelle électrique…, le véhicule ne sera pas accepté, par contre la tourelle Tucker sera utilisée sur les avions et les chars de l’armée américaine pendant de la seconde guerre.

Après la guerre il a l’idée de récupérer une usine déclassée pour quasi rien, avec subsides de l’Etat en prime, pour y assembler des pièces réadaptées formant une automobile pompée sur la Tatra tchécoslovaque, motorisée par un moteur d’hélicoptère des surplus (abondants) déclassés de l’armée…
Il cherche des investisseurs.
En vain…, Preston Tucker a alors une seconde idée (de génie) : vendre sa voiture avant qu’elle n’existe !
Il fait pour cela publier un article imaginé et écrit par lui dans la presse, parlant d’une voiture révolutionnaire…, il fournit des dessins, des photos-montages colorisés, invente des caractéristiques impossibles et assure que les « Big Three » (les 3 grands constructeurs américains d’automobiles, refusent de créer des voitures d’avant-garde, pour gagner un maximum d’argent !
Le succès est foudroyant : en moins d’une semaine, tout le monde (ou presque) veut une Tucker-Torpédo.
Se pose toutefois la question de savoir où l’on peut se procurer cette voiture qui n’existe pour l’instant que sur plans…

Fin 1946, Tucker engage Alexander Sarantos Tremulis, un ancien conseiller ayant travaillé chez Ford, Cord, Auburn, Plymouth et Duesenberg…, son seul et premier unique travail : retoucher l’allure de voitures existantes en changeant quelques éléments de carrosserie pour en faire une sorte de Tatra américaine… en prétendant accentuer et favoriser l’aérodynamisme… et pour marquer l’esprit des masses, le détail « qui tue » sera que les bas des portières ne touchent plus le trottoir lorsqu’elles s’ouvrent de façon antagoniste.
Il reste maintenant à Preston Tucker à rechercher des capitaux en sus des avances clients…

Tucker essaie de vendre son projet auprès des directeurs de l’Administration des biens de la défense en misant tout sur la sécurité.
Pour cela, il passe un diaporama montrant des personnes blessées lors d’accidents de la route…, iI met en avant ses phares tournants suivant la direction des roues qui éclairent mieux les bas côtés, ses vitres de sécurité, ses ceintures de sécurité ainsi que le pare-brise éjectable (que des gags)….
Miracle, le comité est d’autant plus sensible à cet argument que Tucker prétend que « les trois grands de Détroit » (General Motor, Chrysler et Ford) méprisent totalement ces points dans leur production.

Le comité cède à Tucker, pour un montant dérisoire, l’énorme usine (15.000 m2) de Chicago qui avait servi à la fabrication des avions B-29 de la seconde guerre ( les Superforteresses quadrimoteurs).
Tucker est soumis à une condition expresse : réussir à construire 50 véhicules dans un délai imposé de 60 jours.
Il entre ainsi dans le cercle fermé des constructeurs d’automobiles.
Il fallait être fou et inconscient pour tenir ce pari… et il l’a fait.
Rappelons que chez Ford, qui maîtrisait la production en série, à cette époque, il fallait neuf mois entre la conception et la sortie d’un modèle !

Toute la famille Tucker met la main à la pâte…, son fils Junior abandonne les études et sa femme Vera s’occupe de la comptabilité.
Preston Tucker va collecter des pièces dans différentes casses (comme par exemple une Cord complète mais accidentée qui sera le premier véhicule assemblé) !
– Les deux phares extérieurs ne tournent plus avec les roues.
– Seul le phare central suit l’angle de braquage de la direction.
– Le passage en 24 volts est imposé par le fait que le seul moteur disponible est un six-cylindres horizontaux 335cu. « à plat » de 166cv de marque Franklin qui équipe des hélicoptères, moteur auquel Tucker adapte une boîte Cord 4 vitesses électrique avec un pré-sélecteur.

Le choix de l’emplacement du moteur à l’arrière est du en fait la réutilisation de la boïte Cord (traction avant), retournée à 180°…
– Les freins à disques sont supprimés.

Tout le monde parle de la Tucker, personne ne sait que c’est une pitrerie…
Et comme Preston Tucker continue de prétendre que les « Trois Grands » trompent leurs clients en dabriquant de voitures périmées, cela  commence à les déranger car si cette voiture serait finalement commercialisée, même en très petite série, les grands constructeurs vont être obligés de suivre cette nouvelle voie tracée par Tucker, ce qui va leur coûter des sommes énormes…
Les trois grands constructeurs automobiles de Détroit, épaulés par les hautes instances du gouvernement, vont dès-lors s’employer à faire capoter le projet, d’autant qu’ils ont les preuves que les Tucker en cours de fabrication, sont des épaves recyclées, recarrossées et remotorisées…, c’est totalement l’opposé que ce que Preston Tucker raconte..

Preston Tucker est donc un menteur et un escroc, génial certes, mais un escroc quand même…
Propulsé tuteur de la Tucker Compagnie, le gouverneur de l’Illinois Robert Bennington est le maillon apparent de la fronde contre Tucker.
Il va l’envoyer faire de la publicité itinérante au travers des Etats-Unis pour avoir les coudées franches dans l’usine.
Le prix de l’acier double…, l’entreprise voit son approvisionnement en acier bloqué, le coût de plus en plus élevé des matières premières risque de faire doubler le prix de la Tucker.

La société Air Cooled Motor, qui fabrique des hélicoptères à Syracuse, vient proposer à Tucker de racheter, en mars 1948, son aciérie en mauvaise situation financière, cela devrait lui permettre de contourner le problème de la hausse de l’acier.
Mais…, comme « par hasard » les moteurs prévus sont temporairement indisponibles, Preston Tucker cherche une autre filière d’approvisionnement… et c’est Howard Hughes, le célèbre multi-milliardaire qui lui propose tout un lot de moteurs d’hélicoptères en aluminium.
Ce moteur six cylindres de 5.5 l (335 ci) annonce 166 chevaux et va permettre de terminer le second prototype qui va être testé en endurance sur un anneau de vitesse et servir de publicité.
La voiture qui est une totale « bricole » de pièces récupérées fera « malheureusement » plusieurs tonneaux…, et Preston Tucker prétend que c’était un test pour valider le pare-brise éjectable.
C’est donc le premier prototype (sur base d’une épave de Cord) qui va assumer la promotion de la Tucker…

La radio nationale, aiguillée par les « trois grands » annonce qu’une commission d’enquête financière s’apprête à révéler une énorme escroquerie (le mot est faible) : la Tucker ne comporte aucune des caractéristiques futuristes annoncées, de plus, elle a été construite à partir d’éléments recueillis chez des ferrailleurs (ce qui est authentiquement vrai).
Elle annonce également que le sénateur du Michigan, Homer Ferguson, qui préside le puissant comité de gestion des stocks de guerre, conduira lui-même l’enquête.
Mis sur écoute, Tucker est suivi 24 heures sur 24 par le FBI.

Le Congrès désire faire la lumière sur l’utilisation des 26 millions de dollars rassemblés par Tucker pour fabriquer les véhicules et qui proviennent des pré-ventes…
Lorsque l’on vient à son domicile pour l’arrêter, Tucker s’enfuit au volant d’une de ses voitures, la police à ses trousses dans la ville.

La fermeture de l’usine est annoncée alors que 47 voitures ont été produites, en ce compris le premier prototype (le second a été détruit dans un accident).
Les comptes de Tucker sont saisis par la Commission de surveillance de la Bourse…
Le contrat de départ stipulait que, pour que l’usine soit conservée, il fallait fabriquer 50 véhicules…, il en manque donc 3, qui doivent être réalisées en 4 semaines alors que l’usine est officiellement fermée.
Preston Tucker risque 155 ans d’emprisonnement et 60.000 dollars d’amende…
Le procès de Tucker a lieu en 1949 dans la salle même où a été jugé Al Capone.
Preston Tucker est accusé d’escroquerie, de détournement de fonds, et de publicité mensongère par correspondance ainsi que de diverses atteintes au règlement de la Commission de surveillance de la Bourse.

Au tribunal, les trois constructeurs de Détroit assurent que la comptabilité est fausse, mais Véra, la femme de Preston, arrive à démontrer, factures à l’appui, que les sommes avancées pour les dépenses relatives à la mise en production sont bien réelles.

Tucker tient à assurer seul sa plaidoirie…, il veut démontrer qu’il a bien honoré son accord et que le jury peut effectivement voir qu’il y a 50 voitures garées devant le palais de justice (les 3 voitures qui manquaient ont été fabriquées en secret par les fidèles de Preston Tucker)…
Mais il est trop tard, les preuves ne sont plus recevables…, son insistance l’expose même à un outrage à magistrats, mais le Jury passe outre aux remarques du Juge et décide d’écouter Preston Tucker…
Tout est… presque bien qui finit… pas si mal…, car Preston Tucker réussit une brillante plaidoirie qui enthousiasme le Jury… qui l’innocente.
L’usine est malgré tout fermée et convertie dès le matin du jugement en usine de maisons préfabriquées pour logements sociaux et Preston Tucker a l’interdiction de poursuivre l’aventure.
Il n’y aura donc pas d’autres Tucker.

46 Tucker roulent encore…, Tucker a effectivement réussi son pari de produire 50 Tucker avant la fermeture de son usine.
Sur les 50 produites, plus une en pré-production (prototype roulant) soit 51 Tucker recensées…, 46 « sillonnent » encore le monde actuellement…, le terme est un peu exagéré, certes, car elles sont bien souvent exposées dans quelques musées ou restent protégées dans le garage de leur propriétaire…

Tucker meurt de maladie six ans après le procès (en 1956, un cancer).

 

2002 Tucker « Lower 48« …

En 1947, Joe Ida, ouvre un point de vente Tucker à New York…, il est loin de s’imaginer ce qui va suivre…, en effet, avant même de commencer, la marque sombre.
Après le procès de 1949 qui a innocenté Preston Tucker, Joe Ida reste en contact avec lui jusqu’à sa mort quelques années plus tard.
Plus d’un demi-siècle passe, nous sommes en 2002, Joe Ida décède, léguant son garage-carrosserie à son petit fils Rob qui, peu après, reçoit un appel téléphonique de condoléance du petit fils de Preston Tucker, John Tucker Jr…. et l’aventure repart de plus belle.
John Tucker Jr lui demande de restaurer une des 46 Tucker restantes au monde.
Rob Ida propose un prix très bas pour autant qu’il puisse « tirer » un moule des pièces de carrosserie pour recréer la fameuse Tucker Torpédo.

La « Lower 48 » est née…
Hormis la carrosserie à quelques exceptions près, l’auto n’a plus rien à voir avec l’originale puisque la « Lower 48 » repose sur un châssis tubulaire maison avec suspension pneumatique indépendante signée Air Zenith, Air Ride Technologies et Fat Man Fab…. avec trains roulants high-tech…

Le freinage est assuré par des disques perforés et ventilés avec étriers Wilwood à 6 pistons à l’avant et à l’arrière.
La voiture est équipée de jantes Billet « Bob » de 22 pouces montées sur des pneumatiques taille basse Hankook Performance Tires.

C’est un V8 Northstar monté en position transversale qui s’y colle, mais revu et corrigé par Perfect Power USA et The Detail Zone, avec greffe de deux turbos…, de ce fait, il reste de la place sous le capot avant pour y loger un système audio et des bagages à l’arrière.

La teinte bicolore Black Jade et Olive Drab signée Outer Limit Paints se retrouve autant à l’extérieur qu’à l’intérieur avec des sièges « Tea’s Design« .
Les portières arrières sont restées à ouverture antagoniste, in english « suicide doors« …
D’un point de vue équipements, cette « Lower 48 » fait dans le high-tech avec une climatisation bi-zone, un écran couleur avec module de navigation GPS sur la console centrale, des moniteurs TV Pioneer côté passager et à l’arrière, une caméra de recul, une grosse sono Rockford Fosgate avec 6 hp et 2 subwoofers, etc… du lourd nécessitant la pose d’une batterie haute densité Optima.
Avec tout ça, vous comprendrez aisément pourquoi la Preston Tucker Torpedo « Lower 48 » Twin Turbo by Rob Ida Concepts, a reçu le « Design Excellence Award » lors du SEMA Show 2005 !

Tucker #57 Cabriolet « Vera » 1949…

Les propriétaires actuels crient haut et fort qu’ils détiennent toute la documentation nécessaire afin de prouver que cet exemplaire unique fut bel et bien créé avec la ferme intention d’en faire une Tucker décapotable.
D’autres prétendent plutôt que d’après chaque document Tucker étudiés (des milliers de fichiers !), aucune mention d’un tel projet à l’usine de Chicago ne fut entreprit originalement, que cette voiture devrait plutôt être catégorisée comme étant un hommage à la berline originale de 1948, une interprétation de ce à quoi aurait pu ressembler une Tucker décapotable si l’usine n’avait pas fermé ses portes il y a plus de six décennies !

Celle Tucker décapotable a été mise en vente au plus offrant le 20 janvier 2010 à Scottsdale, en Arizona. http://www.russoandsteele.com/collector_car/1948_tucker_48_convertible__/42-6409.html
Concernant le prix que pouvait atteindre cette Tucker à toit souple, elle pouvait se chiffrer entre 600.000 et 1.000.000 US$…

Selon toute vraisemblance, cette prédiction pouvait être bien en deçà de ce que risquaient d’attendre les propriétaires actuels de la voiture.
En effet, la rumeur voulait qu’un prix de 5.000.000$ serait plus réaliste (!) pour cette voiture dont on ne savait et dont on ne sait pour ainsi dire toujours rien !
Une berline Tucker normale récolte, selon mes recherches, entre 250.000 et 1.000.000 US$, valeur grandement influencée par le cheminement qu’a connu chaque voiture individuellement.
Il est donc certain que le vendeur s’attendait d’obtenir un prix bien au-delà de celui d’une commune berline.
Et comme les acheteurs aux encans américains tendent à payer des valeurs bien supérieures que l’évaluation de nombreuses voitures passant sous le maillet, il en revenait à l’acheteur de déterminer jusqu’à quel point la valeur de cette Tucker décapotable s’élevait.
L’offre et la demande !
Plus l’acheteur a les poches profondes, plus le prix grimpe !

Gros souci, la tente de Russo and Steele ou se déroulait la vente a été détruite dans un ouragan qui a dévasté la région… et de nombreuses voitures ont été abimées, dont la Tucker Cabriolet…
Quoiqu’il en soit, il y eut des enchères jusque 1.400.000 US$, mais Benchmark n’a pas accepté de vendre à ce prix !
La voiture aurait toutefois été vendue après la vacation pour un peu plus, ce qui reste une très bonne affaire pour Benchmark !
http://www.sportscardigest.com/russo-and-steele-resumes/

Le vendeur a dédié un site entier afin de prouver que sa Tucker décapotable est légitimement un authentique projet entreprit il y a plus de 60 ans.
Selon ce qu’on pouvait lire sur le site, car il a tout effacé sitôt que la voiture a été vendue…, 58 châssis Tucker furent fabriqués à l’usine, dont seulement 36 furent habillés d’une carrosserie.
14 autres voitures furent assemblées après la fermeture de l’entreprise.
De plus, les travaux du prototype Vera (supposé nom de code interne désignant la Tucker décapotable) furent entamés mais jamais complétés avant 2009.
Le site expliquait aussi, pour sa défense, qu’hier comme aujourd’hui, les compagnies automobile sont très secrètes face aux divers projets en cours d’exécution dans les studios de recherche et développement.
On ajoute que peu de documentation existe de ces projets embryonnaires et que ceux qui subsistent sont classifiés top secret ou disparaissent assez vite, pour ne pas laisser de trace.

On poursuivait en disant que le châssis 57 débuta sa vie en tant que berline et que l’ordre de la convertir en décapotable vint de Preston Tucker lui-même.
Les travaux furent exécutés par la firme Lenki Engineering, ceux-là même qui avaient assemblés le prototype numéro un surnommé Tin Goose.
Une fois le toit retiré de la voiture 57, Lenki se rendit à l’évidence que le châssis ne supportait pas le poids et elle fut démontée afin de renforcir les composantes structurelles.
Par la suite, les portières furent allongées, le cadrage du pare-brise fut abaissé et on installa une structure GM modifiée pour supporter le toit souple.
Selon toute vraisemblance, c’est à ce point que l’usine Tucker ferma ses portes.
Robert McLelland, directeur du département des Tucker expérimentales, et Joe Lenki de Lenki Engineering, affirmèrent apparemment que Vera fut entreposée sous une toile chez Lenki après que la menace de banqueroute fit surface.
Juste avant sa retraite, un employé de Lenki obtint le droit de racheter la Tucker avec l’intention de finaliser le projet.
Il revendit à son tour la voiture à un autre individu qui avait le même rêve de restaurer la Tucker décapotable mais n’eu pas suffisamment de moyens financiers.
Vera se retrouva ensuite entre les mains d’Allan Reinert, sommité dans l’histoire Tucker.
Il se départi de la précieuse voiture vers la fin 2008, le nouveau propriétaire étant Benchmark, la firme qui l’a totalement restaurée et l’a vendue, à peine un an plus tard..
Benchmark, entièrement dédié/dévoué à la défense de la légitimité de la Tucker décapotable, y allait ensuite d’un long plaidoyer concernant de nombreux articles publiés dans de nombreuses parutions en expliquant que la controverse fait augmenter le tirage.
On affirme également que des témoignages furent enregistrés et que des papiers notariés furent signés authentifiant que le projet Tucker décapotable fut réellement initialisé à l’usine de Chicago avant que celle-ci ne soit forcée de fermer ses portes.
On réitère aussi que les véhicules ayant le plus de valeur sont les premiers et les derniers d’une série, en l’occurrence Tin Goose et… Vera.
Comme l’usine Tucker possédait un inventaire de pièces restante non assemblées lors de la fermeture, c’est ce qui explique pourquoi des exemplaires furent complétés après que la clé fut mise sous la porte.
On souligne aussi que cette Tucker décapotable, la 52ème Tucker, sera sans aucun doute la toute dernière Tucker jamais produite à partir de pièces d’origine amassées pour compléter Vera.
Benchmark mentionne le nom de Al Prueitt, apparemment l’une des seules personnes ayant affirmée sous acte notarié, avoir vu le châssis estampillé du numéro 57, renforcé, en 1966.
Il avait alors inspecté la voiture et avait conclu à son authenticité.
Bien sûr, là où il y a le potentiel de faire des sous, il y a quelqu’un qui peut venir brouiller les cartes, dans ce cas-ci, je tiens à souligner la réponse du Tucker Automobile Club of America (TACA) affichée sur le site Autochannel le 4 janvier 2010.
Selon l’article, TACA s’est souvent fait demander d’authentifier Vera et ce, depuis plus de 20 ans !
Après sa mise aux enchères, le club a réitéré le discours qu’il a toujours tenu, c’est-à-dire qu’il n’a jamais reçu ni n’a trouvé aucune documentation que Vera (ou tout autre Tucker) ait été intentionnellement créée afin de devenir une Tucker décapotable.
Alors, on ne peut pas certifier que Vera est… authentique.
TACA poursuit en spécifiant qu’il ne balaie pas la possibilité qu’un tel projet fut entreprit chez Tucker mais que la preuve irréfutable n’a pas encore été présentée et aucun indice porte à croire que Vera n’ait jamais existée.
L’article mentionne que TACA tient les archives Tucker au Tucker Historical Collection and Library, collection comprenant plusieurs milliers originaux de l’entreprise.
Ces nombreux documents comprennent les détails de production du prototype Tin Goose, les 50 voitures de pré production qui en découlèrent ainsi que des documents d’inventaire identifiant les panneaux de carrosserie supplémentaires, les moteurs Franklin et autres pièces.
Les Archives Nationales possèdent les documents relatifs à l’enquête sur Preston Tucker et son entreprise, les retranscriptions des démarches judiciaires, les papiers de mise en banqueroute et autres documents légaux.
Il y aurait également deux collections privées possédant pas moins de 60.000 plans originaux de la berline Tucker mais, même en prenant connaissance de tout ce matériel, aucune mention ni preuve tangible n’est trouvée par TACA et autres historiens de la marque afin de démontrer, hors de tout doute, que le projet Vera fut entreprit à l’usine Tucker.
TACA reconnaît que la Tucker décapotable utilise beaucoup de pièces originales (certains panneaux de carrosserie et le moteur notamment), il catégorise plutôt Vera comme étant une voiture rendant hommage à l’originale.
De surcroît, Benchmark n’aurait pas accepté de présenter la voiture aux dirigeants du club pour analyser les faits de près, pas plus qu’il ne se soit porté volontaire pour divulguer certaines informations, comme le numéro du moteur par exemple.
Le club Tucker souligne qu’il n’a rien à perdre ou à gagner dans cette affaire mais que sans preuve irréfutable, il ne peut pas récrire l’histoire.
Ceux qui ont tout à perdre, par contre, ce sont les dirigeants de Benchmark…
Mais avec l’engouement de cette controverse, une chose est certaine; tous profitent de publicité gratuite !
Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, l’important est d’en parler !
Le Tucker Automobile Club of America termine son intervention sur Autochannel en ouvrant tout grand les portes de son organisation au futur propriétaire de la seule et unique Tucker décapotable afin de peut-être enfin avoir la preuve irréfutable que Vera est réellement un projet entamé à l’usine Tucker de Chicago.
Mais pour l’instant, le débat reste ouvert à savoir si elle est réelle ou simplement une réplique rendant honneur à Preston Tucker… et chaque homme et femme ayant œuvré de près ou de loin à l’élaboration de la légende Tucker.

Quelle est la valeur d’une Tucker ?

Vous vous demandez combien vaut une Tucker.
Comme elles sont rares, il est évident que vous devriez prendre une hypothèque prolongée pour en stationner une à l’intérieur de votre garage.
En 2000, la Tucker numéro 1043 fut vendue à un prix « record » de 700,000 $US.
En 2005, deux autres exemplaires changèrent de mains, la première (numéro 1029) fut achetée pour la somme de 461,500 $US… et la 1003 (ex George Lucas) passa à un nouveau propriétaire pour 385,000 $US.
Sachez qu’une Tucker au prix de détail suggéré en 1949 était annoncée à 2,450 $US.
La société canadienne RM Auctions a établi un nouveau record, le vendredi 13 août, en vendant une Tucker 48 1948 pour la somme de 1.127.500 $ US lors de sa vente aux enchères Sports & Classics, qui était présentée à Monterey, en Californie.
C’est la somme est la plus importante jamais versée pour une Tucker, si on excepte le 1.400.000 $ US pour la vente de la Tucker Cabriolet par Russo and Steele en janvier 2010 à Monterey-Californie.

Les experts de RM Auctions avaient estimé sa valeur entre 550 000 et 750 000 $ US.
Cette berline, qui porte le numéro de série 1045, est l’une des 51 Tucker originales fabriquées en 1948.
Elle faisait partie de la collection du Texan John M. O’Quinn, un riche avocat philanthrope et avide collectionneur, décédé en 2009 des suites d’un accident de la circulation.
Sa collection comptait plus de 600 voitures (certains disent 900), dont plusieurs Duesenberg, et elle était évaluée à plus de 100 millions de dollars US.
Achetée en 2006 par l’Américain Robert Pass, fondateur de Passport Transport, cette Tucker 48 est bien connue au sein de la petite communauté de propriétaires et de collectionneurs de la marque.
Dans les années 50, elle était la propriété de Nick Jenin, un entrepreneur floridien qui avait rassemblé une dizaine de Tucker et de nombreux artefacts de la marque.
M. Jenin avait ensuite créé une exposition itinérante consacrée à la marque, que l’on pouvait visiter dans les foires et les expositions d’automobiles.
Au bout d’une dizaine d’années, M. Jenin s’est départi de sa collection.
La Tucker #1045 a alors été vendue à Walter Bellm, qui l’a incorporée à la collection de son musée : le Bellm’s Cars and Music of Yesteryear à Sarasota, en Floride.
Par la suite, la voiture a eu quelques autres propriétaires avant de se retrouver en Ohio, il y a environ 10 ans, où M. O’Quinn en a fait l’acquisition.
Jusqu’ici, aucune information n’a filtré sur l’identité du nouveau propriétaire.
Aux enchères du vendredi 13 août 2010 à Monterey, cette Tucker faisait partie des cinq voitures ayant obtenu les plus hauts prix de vente.
Les quatre autres voitures étaient une Shelby Cobra USRRC Roadster 1964 (lot 255, 1.595.000 $ US), une berlinette de compétition Ferrari 512 BB/LM 1979 (lot 260, 880.000 $ US), une Ferrari Enzo 2003 (lot 238, 830.500 $ US) et une Shelby 427 Cobra 1967 (Lot 241, 715.000 $ US)