Antas & Evantra @ Faralli & Mazzanti…

Cette étrange auto bleue, sorte de Nautilus du bitume, l’Antas de Faralli & Mazzanti, laisse le monde perplexe depuis la présentation du prototype en 2006…, mais elle continue à faire son petit effet, en réel, autant qu’en photo, chaque fois qu’on la découvre…, mais là où l’image flatte…, ce concept « Etonnifiant » déçoit souvent/toujours/un peu/beaucoup…

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Cette baleine de l’asphalte…, lors de sa première présentation en 2006, était certes mue par un moteur Maserati, mais il s’agissait d’un V8 4L7 de 290 chevaux, de récupération…, les courbes d’aluminium de cette Faralli&Mazzanti recouvraient en fait une antique Maserati Quattroporte « carbus » de 1966, achetée « en l’état » dans une casse… et la simple ouverture du capot moteur laissait échapper des effluves d’huile et d’essence…

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Le chiffre de 300.000 euros que j’avais cru entendre valoir ce prototype, en ces temps lointains, m’avait toutefois laissé dubitatif sur la précision et la qualité de mon audition, en effet, il n’était que de regarder attentivement cet engin, pour constater que les découpes de carrosserie n’épousaientt pas parfaitement, ni la circonférence des feux…, ni celle des roues…, ni pas plus que les jointures des portes et capots…, tandis que la forme du pare-brise dénotait un emprunt grotesque de la lunette arrière d’une antique américaine des sixties (la Kaiser Dragon de 1951) revisitée par Jan Wilsgaard pour la Volvo « Philip »

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Difficile de faire une réalisation néo-rétro plus disgracieuse… même Mitsuoka faisait mieux ! (http://www.gatsbyonline.com/automobile/2012-mitsuoka-oroshi-premium-gold-le-suchi-geant-automobile-358380/)…
Entre les innombrables gimmicks tuning de mauvais goût, les feux lexus style, les jantes 16″ d’une 106 sport et le système de navigation entouré de plastique « Mehari 1er génération »…, ce n’était même plus du mauvais goût mais de la caricature… et ses concepteurs affirmaient sans rire que cette chose était « inspirée des grandes GT italiennes des années 60 »…, Zagato, PininFarina et Touring devaient se retourner dans leur tombe…

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Toujours est-il que strictement personne n’a acheté d’Antas V8…, Messieurs Faralli et Mazzanti, après 4 ans à tourner en rond dans divers shows sans recevoir la moindre commande, ont alors modifé leur prototype dans l’espoir, cette fois, d’attiter une clientèle nombreuse (en réalité des retouches de finition ainsi que divers gimmicks)…, mais leur savoir faire dans le travail de l’aluminium et leur goût des anciennes ne leur a pas donné l’idée de transcender le design originel de l’Antas V8 (Antas signifie « aigle » dans le langage Toscan ancien), qui est resté quasi inchangé !

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Une équipe composée de 6 personnes, plutôt jeunes, avait été engagée pour y oeuvrer à moindres frais et salaires, sous l’enseigne « F&M » désignant Walter Faralli & Lucas Mazzanti…, mais, pour être sincère, on se doit de souligner que, dès le départ en 2006, le dessin manquait d’homogénéité et de simplicité, trahissant une immaturité peu compréhensible pour la carrosserie F&M, jusque-là réputée pour ses restaurations de voitures anciennes…, le travail et la philosophie du projet, auraient toutefois mérité d’être salués… même si je me demandais comment un tel engin pouvait rentabiliser une entreprise…

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Mi-2010, l’Antas était pourtant de retour, avec de nouveaux accessoires et quelques améliorations, ainsi qu’un grand nombre de dégradations esthétiques…, en vrac, je cite : calandre redessinée…, échappements latéraux inutilement différents…, aileron arrière grotesque, jantes OZ inadéquates…, qui plus est…, elle n’était plus dénommée Antas V8 mais simplement Antas… et elle avait toujours le même moteur V8 Maserati qui avait été péché (oui mon fils, tu as péché…) sur une Quattroporte première génération…

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La Maserati Quattroporte (ceci est une généralité), fut la première berline du constructeur au Trident, son code usine était le numéro « 107 »…, dessinée par le carrossier Pietro Frua, elle est apparue en 1963.
En 1966, Maserati a étoffé sa gamme en ajoutant une version équipée d’un moteur de 4,7 litres développant 290 cv.
Equipée dans un premier temps d’un moteur Maserati V8 de 4,2 litres développant 260 cv, qui lui permettait d’atteindre 230 km/h de vitesse maxi, elle était disponible avec une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports ou bien une boîte automatique à trois rapports…
La première série sera fabriquée à 260 exemplaires jusqu’en début 1966, date de lancement de la Quattroporte2… qui sera produite à 516 exemplaires jusqu’en 1970.

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Les techniciens de F&M proposaient, dans l’espoir d’attirer un max de clients (gag !), d’aller au delà de la motorisation Maserati et d’oser adapter leur dessin (leur carrosserie), à n’importe quelle voiture donneuse qu’un client voudrait bien leur apporter, par exemple : Ferrari, Aston Martin, Jaguar, Corvette… m’avait-on dit…., de fait, le moteur pourrait ainsi différer selon le modèle à transformer, pour autant que la « voiture donneuse » dispose d’un moteur avant et soit une propulsion…

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Outre le fait d’avoir enfin des chaussures modernes à ses pieds grâce à un partenariat avec la fabrique de jantes OZ et le facturier de pneumatiques Continental, l’Antas version 2010, recevait un package carbone comprenant en vrac : des bas de caisses, une lèvre avant de spoiler, des échappement, des tours de vitres et des rétros noirs…, mais également un aileron qui venait alourdir un peu plus la ligne… et dont la fibre de carbone qui le composait avait la particularité d’être… bleu…, sinon, une ligne d’accessoires avait été créé, comme une valise assortie à l’auto et pouvant être frappée au nom du propriétaire… ou encore une petite malette dans laquelle le propriétaire aurait pu  trouver tout l’album photo de la construction de son auto, en sus d’une farde détaillée en documents divers (factures comprises).

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F&M avait besoin de 10 mois pour construire toute Antas (en aluminium martelé à la main comme les carrosseries des années ’30 mais avec des ajouts en carbone), commandée et pré-payée, la production maximale devant être d’environ 3 voitures par an…, mais, les rêveurs utopiques de F&M n’en ont vendu aucune, malgré 3 promesses (évasives) d’achat…, à 400.000 euros le morceau (prix minimun en 2010…, il était de 300.000 euros en 2006, sans la voiture donneuse), se lancer dans l’achat d’une Antas… était pis que jouer à la roulette russe…, pour certains, ce pouvait être une chance d’en finir, pour d’autres, non…

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Le relifting de 2010 lui avait fait perdre son style désuet des années soixante et son intérieur d’une autre époque…, elle avait ainsi ‘et alors) un certain charme surrané qui oscillait entre deux styles sans opter pour aucun…., avec sa livrée bleu métal, l’Antas Faralli & Mazzanti inspirait à la fois respect et crainte, c’est qu’elle avait de quoi affoler les chronos et les radars Multinova avec son V8 de 4L7…, mais elle s’avérait un gouffre financier, alors que sa valeur en occasion donnait illico l’assurance à son mâle heureux propriétaire, de perdre au moins 80% de son non-investissement !

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J’avais essayé (testé) cet engin…, qui démarrait grâce à un bouton Start dans un vrombissement de grande amplitude…, contrairement au scorpion, il ne crachait pas son venin par la queue…, il dégorgeait via des échappements latéraux qui contribuaient à une surchauffe de l’habitacle… et d’autres soucis attendaient les inconscients…, en effet, une fois sur un terrain plus propice à son caractère, on jouissait alors d’un concert cacophonique où l’on entendait littéralement les explosions sous le capot avant, parfaitement relayées par l’échappement…, tandis qu’en ville, le ronronnement du 8 cylindres (7 3/4)était plutôt assourdissant…, un vrai rugissement de monstre féroce.

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La route libérée (un peu), j’avais osé appuyer à fond sur la pédale de droite pour m’offrir un moment d’extrême allégresse ponctué d’explosions diverses, dont une particulièrement fut fatale au moteur, écourtant mon calvaire…, les sensations vécues avant cet épisode, étaient telles que ma vue s’est troublée par autant de puissance propulsée d’un seul coup (le passage de 0 à 100 km/h s’effectuant en 4,85 secondes)…, bref, elle n’avait pas manqué de motricité mais de longévité…, d’ailleurs, la bizzare Italienne avait vaillament parcouru son dernier kilomètre départ arrêté en 23 secondes nettes sur une nationale sinueuse, j’y avais par ailleurs tremblé d’effroi en cause du châssis construit en tôles molles (sic !) avec toutefois une structure tubulaire arrière intégrée car servant de support aux suspensions et à la boîte, tandis, qu’à l’avant il n’y avait pas de support pour les suspensions et le moteur!

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Avant de vivre ces péripéties, j’étais passé par l’Allemagne et ses portions d’autoroutes sans limitation de vitesse (j’avais conclu un accord pour la déposer quelques jours avant le salon d’Essen de fin novembre 2010), ce fut l’occasion d’approcher la vitesse maximale annoncée de 290 km/h…, quoique les irrégularités de la route se ressentaient trop…, mais, en même temps, cela lui offrait des vitesses d’aéroglisseur fou en courbes extrêmes… (double sens)…, dès lors, le parcours sur Autobahn à des vitesses inavouables s’est déroulé dans le stress, absolument pas rassuré par une tenue de cap louvoyante…, même en virage (gag !).

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Seuls les freins à quatre disques ventilés et ajourés restèrent fidèles lors de ralentissements « vifs » pour entamer une sortie…, mais l’ABS et l’EBD veillaient heureusement au grain…, d’ailleurs, les sièges antérieurs fixes obligeaient à garder la forme via diverses contorsions…, la souffrance vertébrale en résultant étant par la suite amplifiée par la suspension ne camouflant pas les irrégularités des routes…

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Outre une finition luxueuse avec un cuir épais et des surpiqûres de grande classe, cette voiture avait l’énorme avantage d’accueillir deux adultes plus deux nains à l’arrière (toutes les supercars ne peuvent pas en dire autant).., et, quoique, le coffre était un peu juste pour partir en week-end à quatre, mais à deux, ça allait à moitié… (gag !)…, le réservoir de 80 litres d’Eurosuper se vidait aussi rapidement que défilaient les kilomètres, la consommation moyenne mixte étant alors de 18,6 litres… mais en s’amusant un peu on approchait facilement les 30 litres.

3 ans plus tard de la première mondiale (2006) de l’ANTAS (qui sera retouchée en 2010)…, en 2009, le monde entier, éberlué, était soudain confronté à tout autre chose : la Vulca S, une autre bêtise (qui fera par ailleurs l’objet d’un reportage ahurissant dans GatsbyOnline)… et, en 2013 (mais d’où viennent les €uros ?), le manufacturier transalpin F&M lançait une « nouvelle voiture de sport », baptisée : Evantra (patronyme de la déesse étrusque de l’immortalité, rien que ça)…, on n’y peut rien, l’Italie a toujours été un eldorado pour les carrossiers !

Alors que la Vulca S, lancée en 2009 à l’occasion du Salon du Luxe de Venise, jouait la carte du baroque tout comme l’Antas avant elle…, la « nouvelle » Evantra (un temps baptisée Mugello), si elle arborait également un style original, adoptait néanmoins une ligne résolument plus moderne, influencée de Maserati dans le dessin de la calandre ainsi que dans la forme en boomerang des feux de la poupe alors que le profil faisait davantage penser à la Lotus Evora…, les portières en élytre étaient toutefois à ouverture inversée, de quoi conférer encore plus d’exclusivité à ce modèle doté d’une architecture réalisée au choix en aluminium ou en fibres de carbone sur un châssis en acier allégé, l’Evantra étant annoncée avec un 0 à 100 km/h en 3,7 secondes, car motorisée par un flat six 3.5 de 402 chevaux pouvant grimper jusqu’à 603 équidés sur la variante twin-turbo…

En 2016, en apothéose d’une saga rocambolesque, le constructeur italien présentait une hyper-Evantra surpuissante affichée à 1 million d’€uros (plus taxes et emmerdes) ; l’Evantra Millecavalli…, équipée d’un bloc-moteur V8 bi-turbo de 7,2 litres, développant 1000 chevaux…, une mécanique conçue directement par Mazzanti…, 1.000 chevaux pour 1.200 Nm de couple…, waouwww… et, selon Mazzanti, cette « fusée » avalerait le 0 à 100 km/h en 2,7 secondes pour une vitesse de pointe de 400 Km/h…, l’Evantra Millecavalli devenant la voiture de route la plus puissante jamais conçue en Italie, juste devant la Ferrari LaFerrari…, il n’y eut aucune vente…