Banalyse rationnelle d’une irrationalité :
La Pagani Huayra…

La création de Pagani est liée au contexte des années ’80… qui était le début de la fin d’une certaine illusion de vie future qui durait depuis les années ’60…, avec une pesanteur « crétinesque » pure et dure alimentée par les merdias.
Ce sont les voitures qui concouraient entre-autres aux 24h du Mans durant cette période, depuis les fameuses Ford GT40, qui sont ainsi devenues les archétypes « indispensables » de ce qu’était et devait être une « voiture de sport et de rêve »…, le style est depuis, resté « obligé » et « immuable »… 

Tout aurait pu évoluer…, mais que nenni…, alors que ce style de carrosserie obsolète… ou les riches malheureux (pôvres mâles-heureux) occupants y étaient engoncés comme des thons en boîtes de cons-erves…, coincés.., tordus…, cassés…, suffocants si « la clim » tombait en panne…, incapables d’un créneau de parking…, anxieux des casses-vitesse (gendarmes-couchés)… et craignant le ridicule de s’en extirper en ville d’autant plus si en parallèle d’un trottoir trop haut…, fiévreux de l’inconfort, du manque de visibilité chronique…, en permanente dangerosité cardiaque (et respiratoire)…, risquant la surdité définitive (le bruit infernal allié à trop de masturbations frénétiques)…, alors que…

D’un coup, il y eut une sorte de clôture de cette illusion alors que le monde était en plein essor du spectaculaire et de l’explosion merdiatique diffusant des thèses consuméristes à la gloire du style supermarché consumériste…, les « sous-délires » copiant « LA » GT40 se sont peu à peu évanouis, sauf quelques irréductibles y trouvant toujours clientèle…

Je recommence ma phrase…

Tout aurait pu évoluer…, mais que nenni…, alors que ce style de carrosserie était obsolète…, les cons-tructeurs ont pressenti que pour ne pas perdre une once de ce marché juteux, il leur suffisait d’augmenter le prix de leurs « bolides », passant d’une moyenne haute de 300.000 euros en neuf, à 1.500.000 actuellement (parfois 3 millions) pour exactement les mêmes merdicités…, pour créer un effet d’exclusivité hors de prix, donc hors de portée des plébéiens et autres détritus survivants…

Croyez-moi ou non (je m’en f…, je m’en tape et je m’en branle totalement), au plus c’est merdique, au plus c’est hors de prix…

Ces gens les ont bien évidement cartonnées, les survivantes étant « prises en charge » par une équipe Ferrari qui les remettaient en état de recommencer, cela à des prix stratosphériques que même un gagnant de l’Euro millions quand il est à 160 millions… ou un Bernard Tapie venant d’empocher un demi milliard d’euros… ne peuvent payer…, ce fut tellement « juteusement mirobolant » que l’affaire fut dupliquée avec des Maserati clonées et clownesques…

La palme de l’escroquerie revient bien sur à Ferrari pour la fumeuse et fumante Enzo en version FXX sans immatriculation possible (pas d’homologation route ni circuit nulle part au monde) qui ne pouvait servir que dans une « plan » ou les crétins ahuris « pouvaient » se faire la bourre sur des circuits spécialement affrétés par et pour Ferrari…

Faire fortune dans l’innovation pure est casse-gueule, même Tesla avec ses électriques inflammables n’a pas osé créer une carrosserie « autre », l’est resté dans le style « famille » crétin…, et Vector fut un feu follet…, Ferrari se recopiant jusqu’à la nausée du même style « Berlinetta » extrapolé de la Dino246GT… et tout le monde reprenant la formule archi-cuite de la sempiternelle GT40…, il n’y avait pas grand choix… et c’est là-dedans que s’est installé le héros de cette histoire…

Horacio Pagani, un argentin originaire de la région de Buenos Aires, qui durant ces années ’80, dirigeait le département des composites de Lamborghini, a donc eu une illumination en constatant l’incurie des dirigeants de Lamborghini après Ferrucio…

Trois horreurs pouvaient-elles générer de la beauté pure ?

Horacio a donc fondé une micro société de recherche de composites nommée Pagani en 1988… et directement œuvré pour plusieurs projets de Lamborghini, dont l’abominable et horrible réédition de la Countach pour son 25e anniversaire, le concept du design de la P140 et de la Diablo…

Le but « hyper-consumériste » étant d’attirer Mercedes dans un renouveau du créneau « haut de gamme » avec l’image des 300SLR et Fangio…

Tirant parti des difficultés structurelles de Lamborghini, à cette époque sous la coupe des frères Mimran qui venaient en 1987 de vendre la firme à Chrysler, Horacio Pagani a imaginé pouvoir construire une « Super Lamborghini » motorisée par Mercedes…, qu’il pensait pouvoir nommer « Fangio F1 » à sa sortie, pour soi-disant « honorer » le quintuple champion du monde de Formule 1 : Juan Manuel Fangio…

Mercedes ne répondant pas négativement…, en 1991, Horacio Pagani a créé la société Modena Design…, commencé la construction du prototype Fangio F1… et en 1993, la voiture était une unique réalité.
En 1994, Mercedes-Benz n’a pas confirmé vouloir s’imbriquer dans une « joint-venture » avec Horacio Pagani, mais a accepté de fournir à son entreprise des moteurs V12…, un deal assez simple : il suffit de les payer avant de les recevoir…

5 ans plus tard (calculez qu’Horracio devait trouver des montagnes d’argent via tout autant de promesses et crédits), la première voiture est présentée au Salon de Genève-1999…, mais elle ne s’appelle pas « Fangio F1 » mais « Zonda C12″…, le nom de « Fangio F1 » ayant été officiellement « abandonné par respect pour le pilote, décédé en 1995 » (sic !)…

Le Petit Poucet qu’est Pagani, joue une carte assez simpliste : faire plus ou moins comme les autres, avec du matériel existant…, mais avec une finition calquée sur les standards Rolls-Royce et Bentley… en plus Kitch… et en beaucoup plus cher…, rien d’innovant, tout dans la finition… jusqu’au kitch chromé Jukebox en retour du « meuble » de bord…
Il réussit ainsi à s’imposer comme une alternative encore plus exclusive aux constructeurs bien établis, tout en offrant un niveau de performances compétitif… et en 2005, Pagani annonce qu’il prévoit de tripler sa production (qui était à zéro) dans les trois prochaines années et va « infiltrer » le marché américain vers 2007.

Ca ne coûte rien de le dire… et comme sa production est à zéro, prétendre qu’il va tripler zéro, c’est jouissivement pervers…, quant au marché américain, aucune Zonda n’y sera jamais vendue…, du bluff, colporté par les habituels journaleux de sévices tout heureux d’écrire n’importe quoi leur dit… en échange d’une p’tit balade en tuture…

La Pagani Huayra est présentée lors du Salon international de l’automobile de Genève 2011…, elle pèse 1350 kg et est motorisée par un 5980 cc V12 Mercedes AMG doté de deux turbocompresseurs, développant 730 chevaux et affichant 1.000 Nm de couple.

Affirmant sans rire qu’il bride sa production à seulement 100 exemplaires (gag !), Pagani crée une illusion mensongère… et fait de la Huayra une voiture encore plus rare que la Porsche 918 Spyder, que LaFerrari et que la McLaren P1, dont les séries sont respectivement limitées à 918, 499 et 375 pièces…

La raison est à trouver dans la décote des kit-cars et autres fantaisies, car quoi qu’en puisse en penser, la Huyara, tout comme la Zonda avant elle, sont des kit-cars « d’usine » de luxe…

Malgré cette exclusivité mensongère, la Pagani « décote » en « occasion » par rapport à ses concurrentes…, cela s’est vérifié lorsqu’une Huayra a été vendue difficilement 1,7 million de dollars à Dubaï, tandis qu’un exemplaire de LaFerrari, également d’occasion, trouvait facilement preneur pour 3,2 millions de dollars.

Il existe des fous illuminés qui se payent une Cobra-polyester pour 70.000 euros, mais intrinsèquement ce n’est qu’un kit-car sans passé, basé sur l’histoire d’une marque « autre »…, pareil qu’un faux sac Vuitton…, ca ne vaut rien d’autre qu’être un sac plastique…

Pourtant, hormis l’hybridation, on ne peut pas dire que la Pagani accuse un net déficit technologique par rapport aux autres hypercars italiennes, ce qui aurait pu éventuellement expliquer une telle différence de prix, en effet, avec son châssis en carbone-titane et son V12 6.0 d’origine AMG, la belle affiche un 0 à 100 km/h en 3,3 secondes, et dépasse allègrement les 350 km/h…, en outre, l’habitacle bénéficie d’un traitement incroyablement kitchissime : cuir, aluminium et carbone…, l’auto parfaite pour rouler différent dans les artères et parkings souterrains de Londres, Monaco, Dubaï ou Moscou…

De là à valoir la carrière de génial escroc d’Enzo, il reste à Horacio du chemin à faire, des courses automobiles aussi…, de la sueur, des larmes et tutti quanti…, pour ma part, j’ai résolu l’affaire psychologiquement…, ça ne m’intéresse absolument plus…

D’autant plus que ces derniers temps, sans raison certains donnent des valeurs invraisemblables pour des autos sans histoires derrière elles, que ce soit la Ferraillerie Bardinon à 30 millions… ou une Porschette 911L basique annoncée sans rire à 180.000 euros, ou une archi-fausse Cobra-plasticominium à 300.000 avec numéro de châssis d’une camionnette Ford Transit…, il y a de quoi rire…

J’ai eu l’occasion (qui fait le larron) de discuter avec un Prince Italien totalement déjanté, mâle-heureux possesseur d’une Pagani Huayra…

– Les temps sont durs, non ?

– L’effet de mode des « Super-cars » est en décrue, simultanément à l’arrêt de production de la VW-Bugatti Veyron, moins d’invitations  à des présentations ubuesques sont envoyées, trop de Faux-culs-Faux-Riches venaient pour passer une sorte de week-end mondain…, les dernières années, avec leur côté répétitif, ont été longues…, l’immense majorité des client(e)s et interlocuteurs/interlocutrices prenant les présentations comme des propositions poético-surréalistes…, le seul écho vaguement entendu venant d’écoles de design, un public assez jeune et souvent issu des écoles d’art.

– La question du banal n’est pas fermée…, il y a là une zone grise à explorer…

– Le banal n’est qu’un envers symbolique et non réel, du monde spectaculaire…, en clair et simple, les entreprises dotées d’un pouvoir financier illimité… et pour cause les marchés financiers et les banques centrales soutiennent leurs coûteux investissements… veulent maintenant intégrer technologie, intelligence artificielle, génie génétique et sciences humaines pour fabriquer des automobiles complexes à destination de surhommes immortels…

Le transhumanisme, frange extrême de la cyberculture californienne, professe que l’humanité se trouverait au seuil de la plus grande transformation de son histoire..

– Oui… Grâce à l’union des biotechnologies et des nanotechnologies, des sciences de l’information, robotique et informatique… et des sciences cognitives, l’homme pourra enfin s’affranchir des limites assignées au corps, ce tombeau de l’âme décrit par Platon. Ses capacités physiques et mentales vont être sublimées. Et le dispenseront bientôt de naître, de souffrir, de vieillir, et même de mourir »…

– Quid de la Pagani Huayra  ?

– Un coup de tête réfléchi…

– 2 millions cinq cent mille euros quand même !

– Quand on aime, on ne compte pas…

– Donc on compte quand l’amour s’en va…

– Un divorce coûte toujours assez cher, il est préférable de copuler avec des péripatéticiennes…

– Les méthodes marketing des grandes marques automobiles me font penser à ce milieu… appâter les idiots qui soudainement veulent jouir à tout prix… Les méthodes sont si radicales qu’elles feraient passer une Mercedes SL Cabrio AMG pour une voiture de hippie en sandalettes avec une pâquerette à la main.

– C’est un lieu-commun martial la réalité est quelque chose de beaucoup plus exotique.

– C’est un peu toxique mais j’adore !

– S’il est vrai que la plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri…, alors la moins perdue de toutes est peut-être celle où je peux dialoguer avec vous qui avez un tel niveau de folie furieuse, un tel excès dans la surenchère dans vos chroniques, que vous parvenez à déstabiliser le lecteur le plus maître de lui-même.

– Je suis le héros coulant des jours paisibles, avec son chien Blacky, dans un petit village Provençal… Pour « Chroniquer » votre Pagani Huayra, j’avais imaginé m’inspirer de « Au revoir à jamais » (1996) et de « La Mémoire dans la peau » (2002), avec un personnage amnésique qui se découvre peu à peu des aptitudes de pilote hors du commun spécialiste des Pagani »s… qui va chercher à découvrir son mystérieux passé.

– Tout pour être heureux.

– Oui… Pourtant, certaines choses clochent : il ne connaît ni son nom ni son passé, et quand une Pagani Huayra survient il se découvre subitement des capacités de pilote d’essai hors du commun. Le genre que si on lui tire dessus, il évite les balles en faisant du break dance/capoeira en mode bullet-time et découvre aussi de façon fortuite qu’il parle couramment 25 langues ?

– Absolument… une sorte de caricature ultime qui cabotine avec soin et professionnalisme !

– Principal appât : la Pagani !  Appât visuel ! Le héros par contre DOIT être une héroïne, présentée quasi nue, de manière à être littéralement idolâtrée par le grand public et toutes ses composantes, notamment grâce à sa maîtrise d’une technique énigmatique appelée « love magic »..;, elle est un modèle absolu, symbole de féminité, une citoyenne d’une totale probité, fantastique, un danseuse remarquable, et surtout patriote exemplaire…, bref, la perfection dotée de seins généreux et légèrement pendouillant !

– Une héroïne brossée avec une absence de subtilité toujours aussi stupéfiante.

– Sans grande surprise, la suite du récit va révéler, via un flashback monumental de près d’une heure de lecture ininterrompue, qui est-elle vraiment…

– Bien entendu, on y trouvera inévitablement quelques scènes de romance libidineuses, des séquences hard, et un personnage « comique » plus navrant que drôle, l’ensemble « offrant » un évènement complet  !

– Pour captiver la masse des gnous en pré-érection, il est impératif d’inclure une scénette d’action fracassante !

– Ce que la narration va perdre en crédibilité, elle la gagnera évidemment en potentiel comique et en humour, les lecteurs et lectrices guettant avec avidité chaque nouvelle phrase-choc pour le plaisir.

– En termes de délire mystico-automobile, c’est déjà sacrément trapu de se contenter de copier/coller le contenu des communiqués de presse distillés par des irresponsables des relations publiques au charisme de pruneaux d’Agen déjà mâché qui ont été drillés par des grands manitous via une foultitude de métaphores guerrières et ultra-patriotiques à la gloire de leur marque industrielle sacrée et éternelle.

– Mercedes, sans doute, mais Horacio Pagani en est loin…

– Le chanteur canadien Snow possède une Pagani Huayra, ainsi que Marc Zuckerberg, fondateur du réseau Facebook… Et moi aussi… Saviez-vous que le nom Huayra est dérivé de Wayra Tata, « Dieu des vents » en Quechua… Avant le développement de l’empire inca, le quechua était la langue des Chinchas qui vivaient dans la région côtière autour de l’actuelle ville de Lima et qui comprend notamment le temple de Pachacamac. Le quechua était la lingua franca de la civilisation inca, mais non sa langue officielle, laquelle était l’aymara. L’extension territoriale actuelle du quéchua est due au fait qu’il a été promu au rang de lengua general par le colonisateur espagnol.

– Pagani étant Argentin et l’Argentine se trouvant partiellement dans l’ancien empire Inca, il a voulu faire revivre ses lointains ancêtres…

– Bien… Il est temps de conclure… Cette Huayra, c’est une caricature plus radicale et, au final, infiniment plus ridicule que la Lamborghini Diablo. Je le dis comme je le pense : cette Huayra est complètement folle, indiscutablement kitsch… et foncièrement géniale par son degré de bêtise.

– La « portée idéologique » de votre conclusion, si c’est une conclusion…, est de fait complètement désamorcée par votre jusqu’au-boutisme pour le moins simpliste, vos nombreuses maladresses et votre naïveté désarmante. Ne restent au final que votre générosité à tout crin dans l’excès et votre souci permanent de la surenchère, qui font à mes yeux tout le charme de vos chroniques.

– Une conclusion quasi cartoonesque avec un premier degré implacable…

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