BARN FIND (Sortie de grange) : 1967 Cobra 428 et 1966 Ferrari 275…


Il y a quelques années d’ici (il est actuellement, lorsque j’écris ceci, 12h53, le lundi 6 août 2018), soit environ quatre années, peut-être un peu plus, peut-être un peu moins…, survivant de divers soucis que j’ai résolu définitivement de manière radicale : fisc, épouse, maîtresse et divers…, après un séjour en hôpital ou je ne me suis pas entendu avec la mort (que j’ai également envoyé au diable)…, revenant bien vivant dans mon loft, j’ai tout rangé, bien ordonné mes voitures, puis j’ai adopté Blacky (mon toutou Cocker) et je suis parti plein sud vivre libre, sans plus trop de contrainte, poussé, entres autres, par un ras-le-bol général…, un écœurement de la société…, un rejet des familles…, très insupporté par les amis profiteurs et vomissant les femmes vénales…

J’ai cru qu’un p’tit Hot-Rod m’apporterait joies et bonheurs complémentaires à ma nouvelle vie…, que nenni, pas pratique…, chiant par moment…, inconfortable…, sans utilité et… de plus, on m’y a volé des objets et un peu vandalisé…, de ces faits et désagréments, je l’ai vendu à Jimmy Merzlic qui a tenté de le vendre lui aussi, sans succès et s’est résolu à le liquider à une multinationale automobile qui cherchait à ridiculiser le monde du Hot-Rodding pour promouvoir un mini SUV assez laid via un clip vidéo-publicitaire…, un désastre…, mais pour moins de sa moitié d’euros j’ai pu acheter une Jeep Wrangler qui ne m’apporte que des satisfactions.

Voilà écrit le préambule, l’introduction à l’histoire qui va suivre…, croyez-le ou non, mais peu avant ce que je viens de brièvement vous narrer, un même que moi, mais vivant dans le sud de la Caroline du Nord (USA) a fait pareil…  (lui c’est en 1991, moi c’est en 2014)…, survivant de divers soucis, en ce compris la construction d’une maison disposant d’un très grand garage, il les a résolu (ses soucis) également de manière radicale, mais sans rien ranger ni ordonner…

Il a tout laissé tel quel…, le lit pas fait…, la vaisselle dans l’évier…, la table à moitié remplie… et plusieurs bagnoles quasi en vrac dans le garage, parfois capots ouverts…, dont cinq très « potables » dont une 1967 Shelby 427 Cobra de 19.000 miles et une 1966 Ferrari 275 GTB long Nose carrosserie alu affichant 13.000 miles, ainsi qu’une Morgan, une Triumph et quelques autres bricoles…

Il est parti on ne sait ou, laissant sa maison, son garage, sa propriété, sans surveillance… et sans aucune directive à quiconque, sauf, comme moi j’avais fait, en chargeant un ami mécanicien de veiller sur le tout…, mais , ce « brave » homme mécanicien du propriétaire…, mais aussi coureur moto amateur, célibataire, sans famille…, a été tué dans un accident fin de l’année où la maison, le garage et les voitures ont été laissées à ses soins de surveillance…

Donc, durant les 26 ans qui ont suivi, strictement personne ne s’est plus inquiété de rien…, la Cobra 427, la Ferrari 275 GTB, la Morgan plus 8, la Triumph TR6, et la BMW E30 berline, ainsi que quelques autres bêtises, sont restées en attente du retour de leur propriétaire… et sont forcément mortes de désespoirs mécaniques de ne plus être aimées, bichonnées, entretenues et sans plus pouvoir promener leur Maître à tour de rôle… 

Maintenant, 26 ans plus tard, le temps s’est enfui… et la municipalité à décidé de faire démolir la propriété qui était devenue un lieu de perdition…, le démolisseur, très au fait des valeurs, se rendant compte qu’il s’agissait d’une propriété sans Maître, abandonnée, pour laquelle le délai de revendication de propriété du contenu (25 ans) était expiré (c’est l’Amérique)…, et ayant « découvert » (sans doute par hasard) les documents d’immatriculation et les « Titles » de propriété, les a rempli à son profit sans que quiconque puisse légalement annuler ce coup d’arnaque… et  s’est ensuite empressé de préparer la vente (à prix d’or), via une société de ventes aux enchères, les deux voitures les plus précieuses (la Cobra et la Ferrari)…, tout en gardant pour lui  la Triumph et la Morgan… ainsi que les autres autos-bricoles de moindres valeurs…

Le vendredi 9 mars 2018, la vente de la Cobra et de la Ferrari a été réalisée dans la plantation d’Amelia Island, Raquette Park,  située dans l’île Omni Amelia, par la société Gooding & Co.…, achetée par un concessionnaire Ford de Waynesboro, en Virginie, la Shelby rouge s’est avérée être une des 105 428 sur 260 Cobra 427 disposant d’un big-bloc 428 Thunderbird Police Interceptor V-8…, quoique badgée 427.

A l’époque, Ford ne pouvait tout simplement pas fournir une quantité suffisante de 427-cu.in V-8 pour répondre à la demande de Shelby, car ce moteur de haute performance a toujours été construit à peu d’exemplaires…, de plus, le 427 coutait $730 et le 428 $320…, soit moins de la moitié…, Carroll Shelby y trouvait un profit supplémentaire, quoique, à l’insistance de Ford, les clients qui se plaignaient de recevoir le « mauvais » moteur 428 pouvaient retourner leurs voitures à l’usine Shelby American, qui était légalement obligée d’échanger le 428 pour un 427…

Sur le papier, le 427 semblait être le meilleur moteur, il affichait 425 chevaux à 6 000 tr/mn et 480 lb-pi de couple à 3 700 tr/mn lorsqu’il était alimenté par une paire de carburateurs de 600CFM 4 corps…., tandis que le 428, alimenté par un seul carburateur à quatre corps, affichait « seulement » 390 chevaux à 5 200 tr/mn et 475 lb-pi à 3 700 tr/mn…, mais l’usage du 428 s’est avéré plus commode et pratique dans les mains de conducteurs non-experts.

Il n’est pas défini combien de propriétaires de Cobra ont retourné leur voiture équipées d’un 428 pour un swap de moteur en faveur d’un 427…, mais actuellement, en collection, les Cobra 428 sont plus rares… donc ont une meilleure valeur… et, concernant la Cobra vedette de ce reportage, qui dispose du châssis CSX3278, la voiture à conservé son 428 original…, l’état intact de la voiture ajoutait grandement à son attrait… en valeur financière « de collection »… 

Sa carrosserie en aluminium était intacte, la peinture et l’intérieur étaient dans un état d’origine à 100%… et la voiture était dépourvue de toute modification après-vente comme le Roll-Bar, les jantes plus larges, ou les échappements latéraux utilisés sur les modèles 427/SC de semi compétition…, le plus gros problème causé par des décennies de stockage semblait être les familles de souris qui avaient niché, pour des générations, dans la boîte à gants et le coffre ! 

Les prochains propriétaires de la Cobra et de la Ferrari seront confrontés à un choix intéressant : préserver ces voitures « Time-Capsule » et leur coté intact-instantané de l’histoire en les laissant dans un garage « préssurisé » à l’abri de l’air et du temps…, ou les laisser telles quelles et les conduire de la façon dont leurs fabricants les destinaient à vivre… ou pire…, les restaurer « à neuf » au risque d’une réelle dépréciation en sus d’être damnés jusqu’à leur mort…, et pour le privilège de ce choix, la Cobra a été vendue : 1 million 450.000 US$ (1.450.000)… et la Ferrari 275 GTB long Nose : 3 millions 250 000 US$ (3.250.000).