Blastolène Deco Liner…

J’ouvre une parenthèse « mode-habillement », avant d’attaquer le sujet de fond qui est un Van-camping-car psychédélique sous-marin façon yacht…
En effet, me rendant dans un bled d’Amérique pour réaliser ce reportage, je transitais entre deux vols à JFK en me les pelant grâââââve…, pour passer mon temps je regardais les gens défiler… et j’ai eu une illumination…

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À l’époque où les voyages aériens étaient encore nouveaux, voler dans le ciel était une occasion spéciale… et les gens faisaient des efforts vestimentaires.
Aujourd’hui, voler, pour beaucoup de gens, c’est simplement le moyen de transport le moins incommode, les mesures de sécurité dans les aéroports n’aident pas beaucoup, il faut dire, en nous forçant à ôter pompes et accessoires et en nous faisant passer à travers des détecteurs de métaux…, ça donne envie aux gens de s’habiller confortablement, ce qui ne fait qu’empirer le problème.

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À un moment de leur histoire, les Américains ont décidé qu’ils préféraient l’aise au glamour.
– Je pense que beaucoup de gens considèrent les voyages en avion comme une occasion de se laisser aller, même si leur vol ne dure qu’une heure ou deux, m’a commenté une jeune femme qui a passé pas mal de temps entre le Moyen-Orient et le Midwest, confirmant le stéréotype voulant que les Américains volants soient de vrais bébés avec un coussin attaché au cou, en Crocs et bermuda, parfaitement insouciants de ce que le reste du monde pense de leur apparence.

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Ça ne m’étonne pas que tout le monde déteste les États-Unis, s’ils veulent continuer à balancer des bombes un peu partout, le moins qu’ils puissent faire, c’est de ne pas se balader en pyjama à l’international !
Donc, comme déjà écrit ci-dessus en introduction de ce reportage, je glandais dans un lounge business class à l’aéroport JFK, à New York, en attendant mon vol, lorsque j’ai vu deux femmes débarquer : une Américaine et une Italienne.

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L’une d’elles était grande et fine, avec un jean slim, une doudoune bien coupée, des Wayfarer et des bottes à talons.., elle avait l’air détendue, chic et pleine de blé, comme si elle s’apprêtait à faire une visite chez son chirurgien esthétique: l’Italienne…
L’autre portait des Uggs et un pantalon de jogging gris avec le mot PINK écrit sur les fesses…, un sweatshirt turquoise complétait l’ensemble, surmonté d’un chignon lâche qui ressemblait plus à un tas de fiente qu’à une vraie coiffure: l’Américaine.

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Ce fut une confirmation plutôt qu’une révélation : Amérique, les autres nationalités se foutent de ta gueule pour l’incapacité de tes ressortissants à s’habiller comme des adultes quand ils prennent l’avion, cela n’est pas un secret : vous ne ressemblez à rien.
– Toutes les femmes américaines que j’ai vues dans des avions avaient l’air de grosses pouilleuses, caleçon long, sweatshirt informe, mocassins Minnetonka…, m’a assuré Naoise, une Irlandaise bien sapée…, c’est un truc qui nous fait marrer avec mes copines, les Américaines en avion s’habillent comme si elles étaient en arrêt maladie longue durée…

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Voilà, la parenthèse « mode-habillement » est refermée, je passe au sujet de fond…

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GatsbyOnline a toujours eu vocation à trouver de l’inédit, à chercher toujours plus loin, dans les endroits les plus louches, les bagnoles les plus excentriques et les gens qui vont avec…
Or non seulement le Blastolène Deco Liner est excentrique, mais il est aussi très rare.
Pas d’article, aucune autre critique à ce que je sache sur le web ni dans les mag’s, cet engin est un fantôme.
Pourtant, des hommes comme moi, des collectionneurs, des fous, le cherchent, le désirent, le fantasment.
Pourquoi ?

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Parce que c’est une pièce unique !
Ce camping-car nommé Déco-Liner, est vraiment un chef-d’œuvre, un « one-of-a-kind » créé de toutes pièces par le célèbre hot-rodder Randy Grubb qui m’a dit :
– J’ai été inspiré par un bateau qui avait un double pont, ce qui signifie qu’on a le choix de le conduire à partir de là-haut… ou de la cabine principale en bas, ça m’a paru fun et j’ai voulu réaliser cela à partir d’un camping-car…

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Randy a donc exercé son légendaire génie automobile structurel dans la réalisation de son projet en modifiant un GMC de 1978 en yacht-camping-car spécial.
Il lui aura fallu 5.000 heures pour construire cette ode à antan… entièrement en aluminium façonné à la main !
Diverses caractéristiques uniques comprennent : un escalier en bois de teck pour atteindre le pont supérieur…, des hublots incroyables en rétro-verre soufflé à la main…, un moteur V8 455ci Oldsmobile positionné juste sous le siège du conducteur…

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Ce camping-car Kustom, a été présenté pour la première fois au monde (abasourdi) dans le garage de Jay Leno, dans une émission Télé qui est visible en fin de cette page.
Malgré cette réussite éclatante, on sait peu de choses de la vie et de l’œuvre de Randy Grubb.
D’après Jay Leno, il a réalisé plusieurs engins étranges depuis 15 ans, le dernier datant de 2012… et si ces réalisations sont étranges, on peut non seulement être curieux, mais aussi compréhensif quant aux raisons de ses accès de folie.
Les quelques renseignements glanés sur Internet m’ont incité à un optimisme béat : ces réalisations sont toutes devenues quasi-mythiques.

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Pour des milliers de fanatiques, l’espoir de découvrir le Blastolène Déco-Liner exposé au Motor-Show d’Essen fut ravivé quand un des organisateurs l’a invité à participer…, las, las, las, les autres organisateurs ont refusé…, ils n’étaient pas capable de supporter tant de grandeur épique… et les Kustomeux les plus impatients sont restés gros jean comme devant.
Et puis vient cet article…, clair, magnifique, un des plus beaux travail bibliographique depuis le Tractatus theologico-philosophicus de Spinoza…, ce qui va rendre pratiquement toute l’œuvre américaine de Randy Grubb accessible aux plus démunis intellectuellement…

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De par son simple statut d’engin Kustom quasi-introuvable, il mérite d’être sauvé de l’oubli via ce site.
Pourtant, au moment de regarder l’œuvre, le doute s’insinue, tel un ninja trafiquant de baguettes de pain frelatées : Et si cet article tant espéré sur cet engin mythique était le plus amer des : On s’est fait avoir ?

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Et bien je vous rassure, il n’en est rien : il est même la preuve que Randy Grubb est un esthète, un chercheur, un savant fou.
Pour commencer, mettons en place les jalons de l’histoire : le Randy Grubb dont je cause ici ne l’est pas sans cause, il est là pour…, non, je ne vais pas vous le dévoiler !

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Ne croyez pas que ma narration va suivre un déroulement aussi simple, rendre l’histoire complexe est l’occasion de revisiter quelques thématiques débiles :
– Une fausse compétition de « louse » entre héros et méchants cachés dans les bois…
– Des photos minables dans les lieux les plus tristes que j’ai pu découvrir au hasard…
– Une ambiance érotique délicate et raffinée sans string léopard à pompon.
Aucune divinité obscure ne me sera mauvaise conseillère, faisant basculer ma vie de tous les jours dans ses rets, en m’empêchant de trouver mon compte dans un deal pourtant équilibré !

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Ce récit détaillé ne correspond qu’au début d’un échec critique qui fut une révélation : gentils comme méchants, personne n’est à l’abri de l’absurde mort !
Faut-il se sacrifier sans remords pour les autres ?
Et tant pis si on doit se faire couper les roubignoles à la tronçonneuse.
Ironie du sort, cet acte de bravoure est doublement inutile : mes adversaires n’en seront qu’à peine ralentis, tandis que mes proches ne me pleureront même pas.
Frère ou fils, la mort n’émeut personne, on n’en parle même pas, ce n’est plus du dépassement de la douleur, c’est ne même pas se rendre compte que l’on souffre !

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– Tout cela ne serait pas si important…, m’a dit un lecteur décryogénisé…, si l’on avait en contrepartie des scènes d’action qui assurent le steak….
– Ami autophage, ai-je répondu…, tu risques d’être déçu, dans tous les sens du terme, es-tu conscient de l’inefficacité à tabasser un sexagénaire qui assure encore pas mal ?
Comme souvent, la vérité est ailleurs.
Toujours aussi fort, je vous propose des décors saisissants…, anti-cartes postales : Los Angeles n’est plus la ville qui se rêve gigantesque, ensoleillée, grouillante de vie, elle n’est que la somme de parkings de strips clubs décatis, de pavillons de banlieue au papier peint moisi dont la verte pelouse n’est là que pour accueillir les corps meurtris de balles.

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Dernier élément : l’érotisme sous-jacent de ce reportage…, quel érotisme en effet…, le top de la classe…, le sommet de la fine séduction.
Aux muscles d’un véritable athlète répondent la grosse poitrine d’une jeune-femme « canon » capable d’un strip-tease interminable.
Ce camping-car est l’endroit idéal pour leur amour fugace et peu habillé !
Ces scènes sont particulièrement incroyables, non pour leur vulgarité, mais pour leur incapacité à aller à leur conclusion…

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Dans cet Hollywood Night, ces photos de scènes de sexe cachées, servent de pause bienvenue entre deux scènes de Kustom explicatif…, un repos du guerrier en quelque sorte.
Normal, j’ai fait en sorte que les personnages soient interrompus au moment de passer à l’acte, ce qui est d’autant plus troublant.
La répétition de ces scènes est particulièrement marquante : la première fois, ça passe, la deuxième c’est bizarre, la troisième c’est drôle, la quatrième on se dit qu’en fait on assiste à un remake déguisé de « Cet obscur objet du désir » de Luis Buñuel.

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Voilà, la fin est proche…, je vous ai proposé un reportage de qualité pour tout esthète du web : par sa « louse » érigée en Art, tant au niveau du sujet mal traité que du sexe, par sa pauvreté ostentatoire, il se pose comme une alternative discount crédible aux reportages peu coûteux que je me laisse aller à publier de temps à autre….
Cette quart-mondialisation est peut-être le legs le plus précieux que je vous laisse : le regard d’un exilé fiscal désabusé sur le pays des grosses voitures et des gros nichons.
Et voilà, encore un chapitre qui se termine…