BMW, Borgward, GM, Cadillac, Volvo, Polestar, Lynk & Co…
Objectif : Vendre des voitures « Made in China » en Europe et aux Etats-Unis…

Par Marcel PIROTTE


A l’occasion du salon automobile de Pékin qui vient de fermer ses portes, les Européens viennent de se rendre compte, mais sans doute un peu tard, que « les Chinois » vont avec l’aide de constructeurs automobiles occidentaux véritablement révolutionner le monde automobile dans les années à venir.
Avec la technologie 5G autorisant l’internet mobile, ils vont enfin pouvoir développer les voitures autonomes et connectées sans oublier les modèles électriques qui représentent déjà là-bas plus de 600.000 ventes annuelles.

Et ça ne fait que commencer.
En 2001, le marché automobile chinois représentait à peine 1 % des ventes de véhicules dans le monde, l’an dernier avec près de 29 millions de véhicules vendus dans l’Empire du Milieu, ces 1,4 milliards de petits chinois détiennent 29 % des ventes mondiales.

En 2025, le marché chinois devrait peser aussi lourd que les marchés automobiles américains et européens réunis…., c’est « à faire peur » car « le jour où la Chine s’éveillera », c’est déjà de l’histoire ancienne, demain, ils vont dominer économiquement le monde !

Après-demain avec une population qui va dépasser celle de la Chine, ce sera au tour de l’Inde de ruer dans les brancards alors que l’année dernière, on n’a vendu aux pays des vaches sacrées qu’un peu plus de trois millions de véhicules : Peanuts…

Mais avec un potentiel démesuré, hors normes, ainsi qu’une jeunesse aspirant à une condition sociale nettement supérieure, des jeunes qui ne rêvent que d’études universitaires tout en devenant des ingénieurs à la pointe du progrès, l’Inde sera véritablement l’eldorado automobile du futur…
De nombreux constructeurs et non des moindres, Tata, Renault-Nissan, Suzuki-Maruti, Hyundai, le Groupe VW…, ont déjà posé leurs pions.

Et si l’on parlait des voitures chinoises vendues sur ce vaste territoire de 9.600.000 km2 qu’est l’empire du Milieu, soit plus de 17 fois la superficie de la France !
Elles représentent seulement 45 % des ventes locales, les étrangers détiennent à eux seuls 55 % du marché aux mains des deux grands groupes que sont GM USA, avec plus de 4 millions d’unités… et VW avec un peu plus de 3,2 millions de voitures.

Les Chinois qui peuvent se le permettre adorent les grandes et belles voitures Premium, ainsi que les berlines trois volumes, mais ont découvert assez récemment que les SUV correspondaient beaucoup mieux à leurs aspirations et que les voitures électriques permettaient de réduire sérieusement une pollution insupportable, du moins pour les populations des grandes villes qui n’arrêtent pas de respirer à longueur de journée un air totalement vicié non pas uniquement dû à la pollution automobile, mais en cause des centrales à charbon d’un autre âge et des industries dont le mot dépollution ne semble pas encore faire partie de leur vocabulaire.

Du coup, les nombreux constructeurs automobiles chinois qui pendant de très nombreuses années ont littéralement mal copié des réalisations européennes, américaines et japonaises (ça va un peu mieux mais ce n’est pas encore le nirvana automobile) ont bien du mal à satisfaire la demande locale et n’envisagent pas du moins à brève échéance d’exporter massivement.
Mais ils y viendront bien un jour !

Cela a démarré assez timidement l’année dernière, de l’ordre de 800.000 véhicules exportés principalement vers certains pays émergents (Asie du Sud-est, Afrique, Moyen-Orient, Amérique du sud…) qui ont des exigences nettement moindres que les clients européens ou d’Amérique du nord !
Mais afin de ne pas froisser ces mêmes clients qui ont horreur de certaines mauvaises copies, pas question de trop divulguer d’informations à ce propos.

On se souviendra que dans un passé assez récent, certains constructeurs 100 % chinois ont bien tenté l’aventure qui ne leur a pas souri outre mesure !
On pense évidemment à ces modèles BS6, des berlines de la taille d’une Audi A6 ou d’une BMW série 5 de la marque Brillance qui en 2006 ont bien tenté de débarquer en Europe.
Avec une technologie vraiment obsolète ainsi que des résultats désastreux lors des différents crashs tests, elles ont tout simplement démontré qu’elles n’arrivaient pas à la cheville des plus mauvaises réalisations européennes.

Tout comme les modèles Qoros de 2014, principalement des SUV ayant été dessinés et conçus par des designers et des ingénieurs de talent.
Ils ont été les premiers modèles chinois à obtenir la note la plus élevée (5 étoiles lors des tests EuroNCAP) tout en étant importés par un groupe hollandais pour le Benelux.
Aucun résultat commercial tangible alors qu’ils devaient ensuite être fabriqués en trois versions différentes en Slovaquie.
Après avoir vendu plus de 7.000 Qoros dans le monde entier mais seulement 51 exemplaires en Europe, il fallait bien évidemment arrêter les frais, d’autant que le groupe Chery contrôlant Qoros veut à tout prix se séparer de cette branche largement déficitaire…

Le cas de la société BYD (Build Your Dreams : construisez vos rêves) est assez particulier et mérite d’être pris en compte.
En 1995, cette toute jeune société débute ses activités comme producteur de batteries pour s’orienter vers la production automobile électrique.
Aujourd’hui, BYD pèse très lourd, un véritable géant, en fait, c’est le leader mondial du véhicule électrique avec 13 % de véhicules vendus dans le monde, de l’ordre de 400.000 en 2017 (Tesla peut aller se rhabiller !) alors qu’en Chine, il détient notamment 30 % de ce marché très juteux.

Plus de 220.000 employés sont sur les fiches de paie, répartis sur 30 sites industriels dans le monde avec un chiffre d’affaires de 17 milliards de dollars.
BYD a commencé en 2008 à produire des voitures électriques bien avant Tesla, BYD ayant aussi un accord avec Daimler en Chine… et l’histoire de BYD ne fait sans doute que commencer à l’international.

Fin 2017 et après avoir déjà implanté une usine de bus électriques en Hongrie pouvant fabriquer 400 bus par an, le Président de BYD Auto Industry, Wang Chuanfu, ainsi que le roi du Maroc Mohammed VI (M6 pour les intimes) ont signé un important accord afin de faire sortir de terre un gigantesque complexe industriel, employant à terme 2500 personnes, spécialisé dans la fabrication de batteries, d’une usine d’assemblage de voitures électriques, une autre consacrée à fabrication de camions et de bus électriques mais également de wagons monorail électriques, ni plus ni moins.

A Beauvais dans le nord de la France durant le second semestre 2018, une nouvelle usine entièrement dévolue à la fabrication des bus électriques à raison de 200 exemplaires par an, fera revivre le site d’Allonne.
Actuellement, des bus électriques BYD circulent déjà à Liverpool, aux Pays-Bas, en Pologne ainsi qu’en Allemagne… et l’aéroport de Bruxelles vient de commander une bonne trentaine des bus de cette marque qui a fourni également 35 taxis 100 % électriques à une entreprise bruxelloise, des modèles e6 équipés de batteries au phosphate de fer capable de procurer une autonomie pratique de quelque 200 km…

Au dernier salon de Pékin, BYD qui s’est associé avec BMW pour la production de véhicules électriques (on vous en parle un peu plus loin) a dévoilé trois nouveaux modèles pas tellement révolutionnaires au niveau du design, mais qui constituent en fait une sorte de transition vers de nouvelles versions électrifiées.
Avec tout d’abord une berline Plug-in hybride rechargeable, baptisée Qin Pro, 5 portes du segment D, longueur de 4,76 m avec hayon équipé de deux moteurs, thermique 1,5 l de 143 chevaux ainsi qu’un bloc électrique autorisant une autonomie d’une bonne centaine de kilomètres.

Ensuite un grand monospace 6 places, Song, hybride rechargeable avec toujours e bloc 1,5 l turbo essence mais aidé par deux gros moteurs électriques fournissant au total 450 chevaux et 740 Nm, impressionnant !
Avec une exception qui confirme la règle, le Tang disponible jusqu’à présent en SUV 6/7 places hybride, devient entièrement thermique essence avec un bloc 2 l livrant 205 chevaux.

Mais on a évoqué jusqu’à présent des entreprises 100 % chinoises, qu’en est-il des autres, les étrangers, ne seraient-ils pas attirés par une main d’œuvre 40 % moins chère ?
Rassurez-vous, certains constructeurs occidentaux y ont déjà pensé et exportent en catimini depuis pas mal de temps déjà, des modèles qui donnaient l’impression de vouloir incarner leur pays d’origine.

Comme la Honda Jazz dont certaines versions étaient tout simplement fabriquées en Chine tout en étant vendue en Europe.
Cela a changé avec la dernière Jazz de 2015 avec le label « Made in Japan », il était grand temps…, mais cela, personne ne le savait, surtout pas la clientèle européenne.

De même la toute puissante General Motors qui va (et doit) suivre à la lettre tout ce que le Président des Etats-Unis lui ordonne de faire, n’a pourtant pas hésité une seule seconde à importer de Chine un SUV : le Buick Envision, équipé d’un quatre cylindres 2,5 l turbo essence livrant 252 chevaux et vendu aux States quelque 44.000 dollars, (36.000 €) frais de transport compris avec une finition de haut de gamme alors que l’assemblage semble tout à fait correct.

Et ce n’est pas fini puisque Cadillac a introduit l’année dernière sa grande berline de luxe CT6 hybride du type plug-in, rechargeable, 335 chevaux avec bloc électrique et thermique, 50 km d’autonomie en mode électrique, de 0 à 100 km/h en 5 secondes avec un prix de 75.000 dollars, équivalent à 62.000 euros.
Le client US ne comprend pas très bien que Cadillac fait fabriquer la CT6 en Chine…, dans la mesure où les versions thermiques de cette grande CT 6 de plus de 5 m de long sont fabriquées à Detroit dans le Michigan.

A cela, GM répond que la Chine est également un marché très porteur pour cette version hybride… et qu’il fallait dès lors absolument la produire en Asie, à bas prix, ce qui permet de compenser et de ne pas trop augmenter le prix du transport vers les States…
Les syndicats de l’automobile (UAW) ne parviennent toujours pas à digérer leur hamburger…

Mais une nouvelle offensive se prépare et cette fois à très grande échelle.
Le groupe chinois Geely, vous connaissez ?
Et son patron multimilliardaire, Li Shufu ?
Probablement pas, à moins de suivre de très près l’actualité automobile galopante, du moins en Chine.

Cet entrepreneur devenu ingénieur par la suite a débuté ses activités en 1986 dans la fabrication de pièces détachées pour réfrigérateurs, créant de ce fait la société Geely, un secteur où il a accumulé une belle petite fortune.
Il s’est ensuite tourné avec succès vers l’automobile avec notamment une bien vilaine copie de Daihatsu Charade arborant une calandre de Mercedes.
Et comme les chinois adorent le clinquant, ça a marché.

Le succès étant au rendez-vous, Geely est devenue la société la plus importante de Chine à capitaux privés.
L’an dernier ce constructeur basé dans l’est de la Chine a Hangzhou s’est classé à la 7e place avec 1.300.000 véhicules vendus.
Mais son patron est avant tout un visionnaire, un mondialiste…, en 2010, il rachète Volvo cars à Ford pour 1,8 milliards de dollars…, il va faire de Volvo, qui était une entreprise assez moribonde, un acteur de tout premier plan : trois usines dont une de moteurs assurent l’assemblage de Volvo en Chine sans oublier les deux européennes, celle de Göteborg en Suède mais également à Gand en Belgique, qui tournent à plein rendement.
Ce patron réorganise de main de maître la production dont celle des modèles premiums des séries 90, très appréciées des clients Chinois…, dès lors les grandes Volvo S et V90 sont uniquement fabriquées en Chine pour le monde entier.

Pour les clients européens, pas question d’être transportées via un cargo, elles prennent le train, le fameux transsibérien où à bord de containers spécialement aménagés, elles font un voyage d’une bonne dizaine de jours afin d’être dispatchées au port de Zeebrugge vers tous les clients européens.
Et je peux vous dire que ces modèles Volvo « Made in China » n‘ont rien à envier au niveau de la qualité, de la finition et de l’assemblage à leurs cousins fabriqués en Europe, c’est assurément du haut de gamme !
Il suffisait de transposer la qualité européenne en Chine, Volvo a fait le reste, d’où une production totale en 2017 dépassant les 570.000 unités pour l’ensemble des sites de production.

Li Shufu ne s’arrête cependant pas en aussi bon chemin.
En 2013, Geely rachète les taxis londoniens…, quatre ans plus tard, il accapare près de 50 % du constructeur malais Proton tout en devenant propriétaire de la firme anglaise Lotus fabriquant des voitures de sport emblématiques.
Cette même année, il jette son dévolu sur la start-up américaine Terragugia spécialisée dans les voitures volantes.
Au milieu de l’année dernière, Geely, déjà propriétaire de Volvo Cars rachète la division sportive du constructeur suédois, Polestar.

Et d’annoncer dans la foulée, la fabrication dès la fin de cette année 2018 de ce superbe coupé hybride rechargeable de 600 chevaux, la Polestar1 affichée 155.000 euros mais uniquement fabriquée à raison de 500 exemplaires la première année en Chine.
Et ce n’est pas fini car Geely a toujours de l’appétit.
Fin de l’année dernière, il prend une participation de 8,2 % lui donnant plus de 15 % des droits de vote, dans le numéro deux du poids lourd mondial : Volvo AB.

Et de nos surprendre une nouvelle fois avec le rachat au début de cette année de près de 10 % des actions du groupe allemand Daimler (Mercedes, Smart), devenant de fait l’actionnaire majoritaire du groupe basé à Stuttgart…
Ces deux dernières prises de participation lui auront couté la bagatelle de 10,5 milliard d’euros, pas étonnant dès lors que ce Li Shufu fasse peur.
Mais vous en voulez encore plus, aucun problème…, non content d’avoir dans son portefeuille des marques de voitures aussi emblématiques mais également d’autres locales nettement moins connues (comme Gleagle, Englon et Emgrand), le groupe Geely va en créer une nouvelle.

Son nom Lynk & Co avec comme mission de vendre des voitures jeunes et connectées non pas par le canal traditionnel de concessionnaires mais à travers Internet et des show rooms dans de grands centres commerciaux.
La production d’un nouveau SUV basé sur le Volvo XC40 a déjà débuté en Chine avec des moteurs thermiques essence mais également à terme avec des versions hybrides.

Le choix du XC40 n’est pas anodin, un excellent choix avec notamment une nouvelle plate-forme CMA, un SUV familial plutôt compact de 4,42 m de long, 4/5 places ainsi qu’un choix de motorisations essence et diesel trois et quatre cylindres de 150 à 247 chevaux, traction ou 4X4, boîte mécanique 6 vitesses ou automatique 8 rapports.
Je viens juste d’essayer ce modèle sacré « voiture européenne de l’année 2018 », un bon choix, avec un design plutôt flatteur, d’excellentes prestions routières surtout en version diesel AWD de 190 chevaux et 400 Nm de couple avec une consommation moyenne de moins de 8 l/100 km.
Un SUV très confortable avant tout très homogène, le diesel de 150 chevaux suffit déjà à faire le bonheur des grands rouleurs alors que la version trois cylindres essence 1,5 l de 150 chevaux est uniquement livrable en deux roues motrices.

Du coup, la version Lynk 01 a débuté sa carrière en Chine via un lancement sans précédent, le patron de Geely propose en effet une garantie à vie ainsi que des mises à jour durant toute la vie de ces modèles des systèmes embarqués, GPS…
En plus d’être fabriquée en Chine, cette Lynk & Co 01 donnera naissance à une cousine bâtie également sur la plate-forme CMA, très proche de la Volvo XC 40 mais assemblée dès 2019 dans l’usine Volvo de Gand en Belgique pour d’autres marchés dont celui de l’Europe avant de viser l’Amérique du Nord.
Et ce n’est pas fini, car dans la foulée, cette jeune société annonce déjà la venue d’un nouvel SUV, Lynk 02, un rien plus petit, plus trapu également que son frère Lynk 01 mais qui sera uniquement livrable en version hybride avec le moteur trois cylindres thermique ainsi qu’un bloc électrique.

Volvo cars détient 30 % des actions de cette nouvelle société, le reste est aux mains de Geely et d’autres capitaux chinois.
A terme, ce sont plus de 150.000 Lynk qui devraient être fabriquées à Gand/Belgique chaque année, Geely voulant avant tout devenir le premier constructeur chinois à vouloir réussir en Europe, là où d’autres se sont littéralement plantés par le passé.
Il devrait pouvoir réussir ce coup de maître…, Geely étant déjà actuellement le constructeur le plus européen parmi les marques chinoises.
Et ça ne fait que commencer !

BMW, c’est avant tout le champion des SUV de la catégorie premium, ses X1, X3, X4, X5 et X6 se vendent comme des petits pains, cartonnent en tête depuis belle lurette au sein de ce segment, le dernier en date le X2 ne devrait pas démériter.
Cet incroyable succès, BMW le doit avant tout à Land Rover qui lui appartenait jusqu’en 2000, année du lancement du BMW X5.
N’ayons pas peur de le dire, le constructeur bavarois s’est largement inspiré du Range Rover L322 lancé comme par hasard en 2002 alors que BMW venait de revendre Rover et Land Rover à Ford tout en gardant une petite perle à savoir le nom de Mini.
BMW n’a donc pas dépensé beaucoup d’argent en frais de développement de son X5, merci messieurs les ingénieurs de Land Rover !

Mais ce qu’il y a de remarquable dans toute cette saga des modèles X, c’est que BMW a largement développé avec le succès que l’on connaît cette incroyable gamme… et en particulier le modèle intermédiaire X3 qui depuis la fin de l’année dernière en est à sa troisième génération tout en étant cette fois fabriqué sur la nouvelle plate-forme de la série 5 alors que ses dimensions actuelles, longueur de 4,7 m et largeur de 1,89 m pour un empattement 2,86 m, sont largement supérieures à celles du premier X5 qui culminait à 4,67 m.
Ce modèle X3 a depuis 2003 été fabriqué à plus de 1,5 millions d’exemplaires, un succès sur toute la ligne pour ce SUV avant tout sportif, plutôt « tous chemins » que crapahuteur et qui restitue encore plus de la part d’un tel véhicule haut sur pattes un certain plaisir de conduite.

Du moins, c’est ce que j’ai retenu après l’essai d’une version diesel 2 l de 190 chevaux et 400 nm de couple accouplée à la transmission intégrale permanente ainsi qu’à la boîte automatique 8 rapports.
Evidemment, BMW fait payer le plaisir de conduite au prix fort, plus de 60.000 € pour la version essayée, bien équipée…, mais avec un accord exceptionnel du bloc diesel, de la transmission intégrale et de la boîte auto, un comportement routier exceptionnel sur route ainsi qu’un très grand confort de marche et beaucoup d’espace à bord tant pour les passagers que pour leurs bagages…, comment ne pas tomber sous le charme de ce SUV bavarois de par sa naissance, performant (201 km/h en pointe, de 0 à 100 km/h en moins de 9 secondes, consommation moyenne de gazole inférieure à 8 l/100 km) mais assemblé depuis peu en Chine chez Brillance…, devenant ainsi le troisième lieu de production de ce X3 à succès…

Le Chine, nouveau terrain de jeu de ce X3 thermique, essence ou diesel de 184 à 360 chevaux, la version diesel 2 l étant à mon avis la plus homogène, du moins pour le marché européen.
Mais à l’occasion du dernier salon de Pékin, BMW a annoncé que ce modèle X3 serait également proposé avec l’aide du fabricant local BYD en une version 100 % électrique, uniquement fabriquée en Chine et qui en 2020 serait vendue à l’exportation.

Très proche du X3 thermique, ce SUV iX3 concept à la carrosserie plutôt épurée et sans le moindre tuyau d’échappement (bien évidemment) est annoncé pour une puissance de 270 chevaux, de quoi procurer une autonomie de 400 km grâce à un pack de batteries de 70 kWh.
Et ce n’est pas tout puisque ce SUV X3 devrait être disponible dès la fin de l’année en version hybride rechargeable de plus de 250 chevaux avec la combinaison 2 l essence thermique ainsi qu’un bloc électrique.

En parlant électricité le nouveau concept BMW i Vision Dynamics donne un avant-goût de ce que pourrait être la future berline I4 100 % électrique du constructeur bavarois.
Avec une autonomie de 600 km ainsi que le passage de 0 à 100 km/h en 4 secondes, cette berline inspirée du coupé 4 portes devrait elle aussi être uniquement fabriquée en Chine mais ce n’est qu’un proto, rendez-vous dans deux ou trois ans pour la version de série.

Borgward, voilà un nom qui revient à la surface.
Après un succès invraisemblable dans les années cinquante et après avoir fait tremblé Mercedes et BMW, Carl Borgward, son génial créateur qui était au four et au moulin, a dû jeter l’éponge au début des années soixante…, après avoir créé un véritable empire industriel caractérisé par les marques Borgward, Hansa, Goliath et Lloyd.

 

Ce nom s’était un peu perdu dans les limbes de l’histoire automobile pour encore mieux ressurgir en 2015 avec Christian Borgward, le fils de Carl qui voulait faire renaître ce nom prestigieux…, mais avec des capitaux chinois détenus à 100 % par la société Beiqi Foton Motor, une filiale d’un géant chinois de l’automobile, BAIC.
But de l’opération, produire en Chine des véhicules conçus en Allemagne par la nouvelle société Borgward, principalement des SUV ressemblant étrangement à des Audi Q5 qui à terme seront également électrifiés via l’hybridation.

Ses activités en Chine ont débuté en 2016 avec la production de modèles BX5 et BX7 (4 roues motrices, 2 l thermique essence et boîte automatique 6 vitesses, 39.000 € en Allemagne) à concurrence de 30.000 unités destinés principalement au marché local, un peu plus de 44.000 véhicules ayant été fabriqués l’année dernière, on est loin des prévisions qui annonçaient pour 2017 une production de 500.000 unités !

L’idée de Borgward est aussi de revenir sur le marché européen afin de séduire dans un premier temps les clients allemands et de songer par la suite à assembler dans son ancienne patrie des versions destinées au marché européen.
Mais on n’en est pas encore là, très loin même de cet objectif.
Dans un premier temps, les clients européens de Borgward devront se contenter de versions fabriquées en Chine à Guangzhou plus précisément.
Dur, dur de faire revivre une ancienne marque, allemande de surcroit, le tout avec des capitaux chinois…

Marcel PIROTTE