Cobra Dax type 427 Comprex…

Un « zami » vient de m’écrire sur ma page Facebook : https://www.facebook.com/DeBruynePatrice
– « A voir quelques photos de votre collection d’automobiles extraordinaires, comment peut-on abandonner de telles automobiles et préférer ne rien en avoir à faire en circulant en Smart au sud alors qu’au nord sont abandonnées tant et tant »…

Je m’en f…, effectivement !

Facebook, c’est un peu n’importe quoi, une espèce de mélange de pas grand-chose, de tout et de rien régurgité des lectures, des spectacles, des idées vite saisies et des pensées fugaces, de l’énergie en vrac distillée à propos d’on ne sait quoi, la forme et le fond définitivement pas si souvent super, rarement l’essentiel.

Parfois je retourne aux archives stockées dans ma tête et m’étonne d’y déceler une ligne ou deux qui vaille, c’est toujours au passé, à froid, ce que j’écris à l’instant est trop tiède pour que je puisse évaluer teneur et sens, rien ne compte que la discipline avec laquelle, d’ailleurs, je prends mes aises depuis quelques mois.

Aussi la réflexion de mon ami, ou pas, l’est-il ou non ?…, se pose à mes sens quasi quotidiennement.

Axiomes rase-mottes, postulats paltoquets, chansons de restes, chansons de gestes, je pense : pas mieux…, il faudrait rendre compte, de l’ailleurs, de l’amour, du vibrant et de l’instantané…, le tout bien plus léger…, il y a trop de poids des mots, les mots des tonnes et des métaux tordus…, les mots en carcasses embouties des zotos, des garages et des façons d’être et paraître de bruits sales grasseyants de manœuvres.

En titre voilà longtemps que j’ai opté pour bla-bla…, c’est l’abattoir oui, mieux vaut numéroter ses abattis !

https://vimeo.com/3358694 (elle arrive à la 4 ième minute)

Souvenirs…
En seconde et complet sous régime, en Cobra Comprex, j’escargotais cette trois-voies joliment étale déroulée dans la transparence d’un printemps irréprochable, ma vue des kilomètres et pas un obstacle même éventuel à la ronde, je me consolais d’arguments écologiques car il est avéré qu’à cette allure moins je consomme ou bien pollue, ma Cobra ne demande qu’à s’ébrouer mais la loi c’est la loi, tout de même…

Il me revient cette scène tirée d’Amadeus ou Wolfgang fait donner aux devants de l’empereur une répétition de ballet sans musique, car l’empereur Ne.Le.Veut.Pas… « Mais, mais… qu’est ceci ? »… demande t’il après s’être lassé des entrechats donnés en un silence présentement assourdissant et Mozart de répondre que : « depuis une certaine révolution chez un monarque ami la juridiction proscrit vertement la danse »… « Ridicule »… s’insurge alors l’Eclairé en faisant rétablir les violons et hautbois…, ridicule, oui…, et j’enfonce la pédale de gaz comme l’on attaque les cordes d’un Stradivarius…

C’est la course vers la fin du monde que ragent 8 cylindres subitement rendus à leur nature première…, la vie, un théâtre, un manège, un carrousel, une course d’autos tamponneuses qui se tamponnent tandis que nous…

Notez que je m’en tamponne !

Ainsi ce fil se déroule, imprévisible, erratique, cette mince ligne pseudo-tendue entre les événements et dont on se demande s’ils sont bien parties de la même pelote…, l’existence, la vie persistant dans sa posture de machine à produire du fait et de l’arrivé, du tout et du n’importe quoi, le meilleur comme le pire en un ordre chaotique ou cahotant à chaque et tous, du rire aux larmes, du demain de soleil flingué à bout portant, cette main donneuse et puis gifleuse qui, elle, joue aux dés tandis que non…, si tant est que lui soit, et même si la monnaie n’est pas toujours celle de sa propre pièce, elle va de pile à face en dehors de toute prédiction, sans logique, sans égards.

C’est pourquoi je l’ai laissée là haut, dans le froid…, ici il fait soleil et elle est trop bruyante pour se balader au calme…

Mais… qui sait si…

Mais non…, je rêvasse, elle est vendue depuis longtemps…

Bienvenue dans cet espèce de vertige mécanique qui noue les cœurs et broie les paroles, bienvenue dans cet appendice vital de la folie humaine.

Adepte de la mélancolie comme du bonheur brutal, encordé à mes folies, j’ai commencé à écrire ma poésie urbaine en rythmant ma vie par les battements de cœur/piston des V8 Cobra’s 427 qui se sont succédé dans mon garage…

Certaines m’ont rendu dépressif et d’autres m’ont transporté de joies diverses…, mais pourtant c’est une seule d’entre elle, un soupçon inventive, quelque peu ingénieuse dans son agencement mécanique, qui m’a poussé à assembler mes mots, en fait des phrases, pour la déïfier au delà du raisonnable…

De loin, avec son compresseur qui dépasse de son capot, elle peut paraître étrange, beaucoup l’imaginent, à tort, instable et fragile… alors que la seule chose à laquelle elle tend, c’est d’être exempte de toute obligation de limitation de vitesse et de bruit.

Peut-être suis-je trop rêveur en repensant à elle, mais aussi terre à terre, bien conscient du monde mécanique qui m’entoure et qui s’étiole de plus en plus…, alors je suis quoi moi dans tout ça ?

Ma foi, entre deux eaux, il faut juste que j’allume le monde.

Ma première Cobra ?

Bien sur qu’elle était belle, c’était mon premier amour mécanique après tout…, une Dax type 427 équipée d’un V8 avec compresseur volumétrique…, 650cv… un bruit d’avion de chasse Spitfire MK IV de 1945 en échappement libre…

Il y avait quelque chose d’immuable et d’intemporel dans cette voiture, c’est elle qui m’a un jour amené loin, vers des horizons insoupçonnés…, j’en suis tombé amoureux le jour ou cet essai comparatif a été tourné en vidéo VHS…, 1998, une autre époque.

Mon premier souci fut de lui ajouter des bandes blanches (stripes) et de la convertir en LHD (volant du coté gauche)…
Mon second souci fut de la maîtriser et de composer avec une véritable check-list de démarage…
Cela mis-à-part, outre sa sensibilité chronique aux variations barométriques obligeant en de savants et laborieux réglages des deux carburateurs quadruple-corps coiffant un compresseur volumétrique…, c’était une sacrée maîtresse mécanique…

J’avoue…, elle m’a fait jouir bien des fois… et m’a coûté la peau des fesses…, la garce !

Pffffff, qu’à celà ne tienne, le suspense est une aide heureuse lorsque l’on veut cacher ses maux.
Et si pour beaucoup elle semble toujours aussi agressive, moi je l’ai compris dès les premiers abords, elle m’a berçé les oreilles.
Son nom était changeant selon les bouches, les différences ne sont pas bien lourdes.

Quand est-ce qu’on s’est séparés ?

Je ne sais pas vraiment, peut-être sommes nous encore ensemble, j’ai l’impression qu’elle me boude…, peut-être aurais-je du croire encore un peu plus en elle, mais lorsqu’on j’ai finalement passé 4 ans de mon temps à écouter son tumulte, me disant que ses nouvelles lubbies mécaniques étaient de plus en plus débiles, au jour le jour, sauf quelques-uns où elle me saoulait de fureur et me plongeait dans une transe me ramenant au gouffre des vanités…, je me dis que tout ceci n’a pas grande importance.

Elle était brutale, elle était belle, elle m’a fait croire que la vie pouvait se résumer en un gros V8.

Le cerveau en compote, j’ai avalé des kilomètres à la recherche de sensations qu’elle remettait sans cesse au goût du jour, le temps d’une période répétée à l’infini.

L’infini c’est ce qu’elle me paraissait, mais, elle s’est arrêtée et mon cœur à arrêté de battre…, j’ai tenté, en vain, d’appuyer sur « repeat », mais la belle avait perdu de sa saveur…, l’odeur des échappements libres n’était plus le même.

Mais parfois, nostalgique ou plus attentif, j’arrive à reconnaître la part d’elle que j’ai aimé, même aujourd’hui encore, j’ai de quoi sourire, et rire.

Elle a claqué la porte du garage, en laissant quelques affaires en souvenir du bon vieux temps…, comme font toutes les ex.

Quelques photos enamourées dans d’autres magazines, cadeaux sans intérêt, babioles, une armée de chef d’œuvres et de perles rares.

Pour abuser sur les mots, je ne pense pas qu’elle est morte…, non, pas encore.

Je dirais juste que j’aimerais revoir le premier printemps ou nous nous sommes aimés !

Mon identité en crescendo, que revivre la tragédie des trajectoires…, mais sache juste, que toi, oh Cobra infidèle…, tu auras toujours des gens pour t’aimer, des ombres à ta mesure, aux espoirs démesurés…

Je coupe l’ordi, la bouteille est vide…
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