2002 Aixam 400 vs 2002 Plymouth Prowler…

Légèrement tassé par la crise de 2001 à 2009, le marché des voitures sans permis a repris dès 2010 pour atteindre actuellement les 14.000 exemplaires vendus par an (rien qu’en France), un marché toujours dominé par Aixam et Ligier, avec respectivement plus ou moins 6.000 et 3.000 ventes, le reste se répartissant entre les autres constructeurs de voiturettes…

Aussi rapidement que les « vraies » voitures…, les sans permis cèdent aux sirènes de la nouveauté (sic !), mais coûtent beaucoup plus cher que les « petites » automobiles « normales » d’appel de gamme des « grands » constructeurs nécessitant un permis… en effet les moins chères vendues neuves sont proposées à 10.000 euros (glup !) et, avec un look plus sportif (gag !) souvent un plagiat des « vraies »…, certaines sont affichées entre 15.000 et 18.000 euros (pffff) !

C’est une honte qui frise l’escroquerie lorsqu’on examine :
– de quoi elles sont faites (le même plastique que les modèles réduits « à coller »)…
– l’indécente légèreté avec laquelle elles sont construites (les panneaux sont collés sur une structure minimaliste en tubes de fer très fins et non-traités)…
– le total non-sens de la technique et de la sécurité (il n’existe aucun renfort de pare-chocs et de carrosserie, la réglementation qui limite la masse totale de ces autos à 350 kg rend impossible leur montage.)…
– l’utilisation débilitante d’un bi-cylindre Kubota Diesel (utilisé sur les tondeuses à gazon, sa vitesse maxi est de 45 km/h)…

J’ai donc préféré tourner le dos à ces engins de folie lorsque neufs…, pour ne m’intéresser qu’à un modèle Aixam d’occasion d’avril 2002, type E4, 400cc, 4 kw…, annoncé 5.000 euros (sans rire)… et acheté avec le sourire (pour 2.000 euros en l’état), après 5 heures de discussions (épiques)…

Bien que soignée sur le plan esthétique et correctement entretenue, extérieurement difficile de la distinguer d’une automobile standard…, dans les détails les « choses » donnent un certain tournis : le montage des portières, du panneau de coffre et du capot-moteur, manquent de précision : il faut souvent s’y reprendre à plusieurs fois pour les fermer correctement.

Le constat est identique à l’intérieur : les commandes sont rétives ou tournent comme dans du beurre, l’habitacle est « bo-bo-bop »…, la position de conduite (dont le passage de roue est très reculé) interdit le montage d’un repose-pied (on ne sait que faire de sa jambe gauche)…, par contre, le volume de coffre est de 1.100 litres, ce qui est gigantesque pour une voiture de cette taille…, l’Aixam enfonce même le clou à ses concurrentes avec une ouverture au seuil très basse et un plancher plat.

La commande se fait via un levier, comme dans n’importe quelle voiture automatique, mais il se montre rétif quand il s’agit de passer la marche arrière : il est parfois impossible d’enclencher le levier en position « R »…, dans ce cas, il convient de se remettre en « D », de donner un petit coup d’accélérateur, avant de pouvoir enfin passer la marche arrière…, c’est agaçant.

Question motorisation, le Kubota Diesel présente une cylindrée de 400cc et un couple de 14 Nm… et, comme toutes les voitures sans permis, l’Aixam est équipée d’une transmission à variation continue : trois positions sont sélectionnables : D (marche avant), N (point mort) et R (marche arrière)… l’Aixam se trouve dans son élément au sein de la circulation urbaine…, menue et suffisamment vive, elle se fond dans le trafic sans handicap…, le bridage à 45 km/h n’est guère gênant en ville !

Malgré ses aptitudes urbaine, elle n’atteint toutefois pas la perfection : sa transmission manque de progressivité, secouant fortement les occupants à chaque démarrage, quelle que soit la manière d’appuyer sur l’accélérateur…, mais, une fois lancée, elle séduit toutefois par son silence de fonctionnement, sa direction relativement précise, son freinage équilibré… et elle tourne dans un mouchoir de poche…, des qualités qui rendent la conduite en ville agréable…, jusqu’au moment de s’arrêter aux feux rouges, ou vibrations et bruits sont sans commune mesure avec le calme qui règne à l’intérieur d’une Rolls-Royce (gag !)…

Pour 20 fois moins que mon Prowler (http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=1074&cat=auto), l’Aixam (20 fois moins chère), à une bien moindre consommation (le moteur bi-cylindre Kubota Diesel idem tondeuse à gazon consomme un demi litre aux 100 km contre 20 litres d’essence super pour le Prowler)…
Mais, lorsque m’est venue l’idée (saugrenue) de comparer cette Aixam de 2.000 euros (d’occasion) avec mon Prowler de 40.000 euros (d’occasion), aussi incroyable que cela vous semblera…, c’est l’Aixam qui a remporté le match pour un usage urbain quotidien !

L’Aixam ne coûte pas de taxes (son assurance est celle d’un vélomoteur)…, le parking est aisé…, sa maniabilité est exceptionnelle…, elle a un très faible coût d’entretien…, sa revente s’avère facile et profitable (je l’ai revendue 5.000 euros)…, elle génère la sympathie du public…, sa vitesse est identique au Prowller dans les embouteillages (gag !)…, elle ne reçoit jamais de PV (il n’y a pas de plaque d’immatriculation)…, elle a un coffre de beaucoup plus grande contenance pour les courses au super-marché (le Prowler ne sait même pas embarquer une mini valisette !)…

Ce n’est pas tout, la liste comparative est longue, mais je résume : la position de conduite de l’Aixam est moins contorsioniste que dans le Prowler (elle est même très supérieure à celle d’une Lamborghini Miura qui est celle de la grenouille retournée)… et, summum de la plénitude, outre qu’elle a coûté 20 fois moins, elle ne génère que zéro stress lorsqu’on laisse la voiture la nuit devant un restaurant ou une boite de nuit…, de plus le capital drague est à 100% assuré dans la joie et le bonheur de rire de tout… et surtout de savoir rire de soi-même…

Ce test comparatif m’a convaincu moi-même, au point ou j’ai même envisagé de revendre le Prowler pour ne rouler quotidiennement qu’en Aixam…, sauf qu’ayant un permis ET une Smart City Coupé Brabus pour la ville (http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=806&cat=auto), je préfère encore user ses pneus que ceux de l’Aixam (il est courant qu’une Aixam ne doive jamais changer de pneus, car ils ne s’usent jamais)…