Corbin Sparrow 200km/h sur routes ouvertes…

La micro car Corbin Sparrow à l’allure d’un sabot hollandais surdimensionné destiné à être exposé sur la pelouse d’un musée d’art moderne…, sa forme provoque le non-sens des beaufs et beauffettes cultivé(e)s… et les enfants éclatent d’un rire immédiat, spontané, bruyant : « Waowww, une voiture de clown ! »
En investissant tout ses avoirs financiers ainsi que ceux d’autres amis, Mike Corbin était certain de ridiculiser Smart…, il a donc œuvré 6 ans (de 1990 à 1996) avant de présenter cette « chose » à quelques pathétiques journaleux et un public clairsemé, à la limite de l’inexistence…, tous sidérés, hébétés et éberlués.

Construite (à grands frais) par le même Mike Corbin, spécialisé auparavant dans la « Kustomisation » de selles de motos (sic !), cette « chose » dénommée « Corbin Sparrow » a été décrite comme étant « le runabout de ville à trois roues du futur », son créateur et sa suite étant comme auto-entraînés par l’optimisme typique des années « mid-90’s« …, affirmant que « ce véhicule révolutionnaire » représentait l’avenir de la mobilité humaine…
En 1996, les visiteurs du salon de l’Auto de San Francisco, la ville la plus « gay » de l’univers connu, ont « bien sûr » cru qu’ils admiraient (sic !) la « maximisation ultime de la quintessence du savoir-faire américain »…, à cette époque, le véhicule électrique aux USA n’était que l’EV1… et la Toyota Prius dernier cri n’étant que « de l’exotisme japonais pré-nostalgique » uniquement destiné à tromper le monde sur les réalités.

La Corbin Sparrow, preuve matérielle du génie américain et de sa confiance en un avenir radieux dans un monde de hautes-valeurs, peuplé de gens aimables et souriants se déplaçant exclusivement en Corbin (sic !), pour se faire avoir (et non pour l’avoir) les ploucs ne devaient que débourser la somme ridicule de 14.000 US$ par voiture.
Dans ce pays d’illusions (perdues), de mensonges (à répétitions) et de fumisteries (incessantes), quelques illuminés, dévots, ont acheté ce qui pour eux était une merveille de design et technologie américaines.

Grace à ces sortes de dons provenant d’hurluberlu(e)s poussé(e)s à cet acte irréversible par la main de Dieu…, après un an, au cours duquel quelques voitures ont été peintes et repeintes de couleurs chaque fois différentes pour faire croire à une production « de masse » (un classique peaufiné par la « Jerry Wiegert School of Automotive Startups » (le mec qui a créé la Vector en copiant la Bertone Carabo et lui a fait un procès en affirmant le contraire), la trésorerie de Corbin ainsi alimentée a permis de commencer en 1998 quelques constructions réelles… et quelques livraisons.
La « chose » s’est avérée assez populaire, car elle répondait parfaitement au goût (discutable) de la « middle-class US », chaque « élu » pouvant commander et choisir la teinte « Kustom », dans les pires teintes flashy supportables, dont une version de couleur néon lugubre avec flammes, typique des années « Hippies » (une Corbin a été vedette du troisième film « Austin Power », une variante « Custom Delivery » à hayon spécifiquement pensé pour servir la cause consumériste de Domino-Pizza)…

Corbin a déposé son bilan en 2003, victime (officiellement) d’une mauvaise gestion et de problèmes avec ses fournisseurs…, mais, miracle, le Boss de Myers Motors a repris le contrôle de l’affaire ainsi que diverses babioles de (mauvaises) conceptions… et il a renommé la Corbin Sparrow en « NmG » c’est l’abréviation de « NO More Gaz », le site-web de Myers Motors dédié à cet engin comprenantles paroles d’une chanson de Michael Jackson qui « causait » non-sans nuances, de la Tesla Model S : les pubs pour cette « NMG » promettant au public Gnou… qu’en achetant cette « merveille de technologie au dessin avant-gardiste », les gens contribuaient « à alimenter un fond financier destiné à améliorer l’avenir de l’humanité »
La micro car électrique était alors vendue moins cher que la Corbin, soit : US$ 13 995… et cela a suffit à dévorer 289 pigeons avant de fermer boutique.

Cette « jelly-bean » avait un moteur électrique de de 20 kilowatts produisant l’équivalent de 25 hp…., la plupart de son poids étant du àdes batteries plomb-acide bruts…, une technologie primitive nécessitant 6 heures pour charger les batteries à une prise de 110 volts (normes USA).
La gamme était « shitty » et chaque « chose » était fournie avec un manuel complexe, duquel j’ai repris quelques phrases dont : « Pour entrer, ouvrir la porte de gauche et monter dans la voiture »…, en fait, le pare-brise s’avérait être un protège-postillons (celui des babas débitant des commentaires à l’intrépide conducteur)… et, pratiquement sur les genoux tronait un volant Grant GT (sic !), un choix type « Craigslist spécial Chevy Nova »…

Un des facteurs parmi les plus importants qui séparent les investisseurs des allocateurs actifs, n’est pas les soucis de la distribution des courriers postaux…, mais c’est d’avoir une profonde compréhension qu’un investissement dans une entreprise est un partenariat avec l’équipe de direction de cette société.
Acheter un stock d’actions donne le contrôle direct de l’équipe qui gestionne les capitaux reçus, ce qui devrait être une responsabilité et une leçon d’humilité…., par conséquent, il est important d’examiner avec le plus grand contrôle les équipes de gestion qui doivent être une équipe digne de foi…, car une mauvaise gestion peut transformer une bonne idée en une catastrophe pour les investisseurs, dont ils sont directement responsables de l’argent reçu.

Comme vous l’avez vu et vécu dans les scandales et les effondrements colossaux qui ont riveté les entreprises américaines sur le néant et traumatisé une génération d’investisseurs autour des années 2000, peu importe la taille des entreprises, quand ça chute, c’est la catastrophe… et dans le cas de « la chose » de cet article, la Corbin électrique, si elle était une bonne idée dans l’air du temps, elle n’était pas adaptée pour survivre à quoique ce soit….
Non seulement une voiture électrique à trois roues n’inspire aucune confiance en sa tenue de route (la fumeuse Bond-Bug est restée dans les mémoires des « ceusses » qui ont un poil de Kulture automobile), mais faudrait-il pour dépasser ce ressenti que l’engin soit esthétiquement d’avant-garde et que les solutions techniques s’avèrent quasi extraordinaires…, or rien de tout cela, la Corbin ne répondait à aucune norme de sécurité normale et elle était trop moche, trop basique, trop mensongère, bref, trop de points négatifs, c’était donc une mauvaise idée que de la fabriquer, et pire encore pour le public de l’acheter…, mais Corbin avait été capitalisé…

Oui, mais, c’était une société gérée par un entrepreneur ayant échoué plusieurs fois et qui s’affichait comme politiquement d’extrême-gauche radical… aux USA c’est grave !
Dans un rapport suite à une enquête des autorités américaines la véritable histoire de ElectraMeccanica (société cachée et inconnue servant d’écran à Corbin puis à Meyers), son exploitation et son classement de non compétitivité, détruisait toute confiance…, mais qui parmi les clients et gogos prend le temps de se renseigner ?.

La Corbin Motor Company, Californie (USA) a été créée le 29 mars 1999 comme un spin-off de société à société, de Corbin vers Corbin-Pacifique (fondée en 1996 par Mike Corbin)…, la compagnie Corbin-Pacifique avait par ailleurs travaillé sur un projet de véhicule électrique pour célibataire depuis 1996, alors qu’elle n’était qu’une affaire conceptuelle « Kustomisant » des selles de motos.
Le 12 avril 1999 leur premier 3-roues, surnommé « L’oiseau » a relativement mal passé son test final au ministère des transports et plus tard ce véhicule est quand même allé en pleine production…

« L’oiseau » qui est plus un moineau qu’un aigle…, a été conçu par Mike Corbin (sans expérience en cette matière) et équipé d’un moteur électrique alimenté par 13 batteries de 12 volts permettant une maigre autonomie de 40 à 60 kms sur une charge de batterie…, à des vitesses allant jusqu’à 80 km/h.
Le moineau est une voiturette micro car monocoque construit en matériaux composites, le freinage étant des freins à disque sur les 3-roues…. et comme ce moineau est classifié comme une moto, cela signifie qu’aux États-Unis il peut utiliser les voies de covoiturage et dans certains États peut aussi être exempté de péage sur les autoroutes et ponts.

Selon des informations du Gouvernement américain, confirmées par le site Pinnacle (Internet Edition), beaucoup d’acheteurs ont payé leur Corbin Sparrow et n’ont jamais reçu leurs véhicules…. et, de ceux qui ont été vendus et livrés, presque tous sont retournés à l’usine pour d’importantes réparations qui n’ont jamais été faites, les véhicules disparaissant mystérieusement dans la faillite de Corbin Motors.
Un grand nombre de ces clients a versé un dépôt financier pour être les premiers à recevoir une Corbin Roadster qui n’existait que virtuellement… et finalement, la compagnie a déposé son bilan selon le chapitre 7 de la loi concernant les faillites, le 31 mars 2003.

En août 2003, la clé du vieux bâtiment de Corbin Motors a été remise à Ron Huch qui était l’ancien président de la compagnie Corbin Motors attaquée en justice par plus de mille créanciers, la raison que la justice à « offert » le bâtiment à Ron Huch étant qu’il prouvait avoir déposé un garantie privilège UCC de US$ 500 000 contre Corbin Motors juste avant que la compagnie fasse faillite.
En 2004, le stock de Corbin Sparrow comprenant toutes les voitures disparues mais miraculeusement réapparues sans que leurs propriétaires puissent les revendiquer, a été acquise par Myers Motors, le bénéficiaire étant Ron Huch…, une escroquerie « à l’américaine » qui devrait vous ouvrir les yeux sur les réelles pratiques des crabes jouant dans le panier éponyme et qui proposent des kit-cars et autres « jouets » qui souvent n’arrivent jamais….

J’ai découvert une version améliorée de « la chose », des batteries plus actuelles et un moteur nettement plus puissant, calculé à près de 250CV, pour à peine 280 kgs : « Pour avancer on appuie sur l’accélérateur, pour freiner on pousse sur la pédale de freins…, c’est tout »…

J’ai donc appuyé sur l’accélérateur… et whoosh…, pour une raison inconnue, « le moineau » s’est penché vers la gauche, beaucoup plus que cela même, puis…, vers la droite…, j’ai tenté de redresser et suis partie en toupie…, pour me dégager j’ai constaté que le rayon de braquage était nul…., par contre l’accélération était silencieusement là, mais seulement dans un sens métaphysique.
Dans les années 1990, époque de la construction de cette « chose », le système de freinage par disques était, aux USA, une technologie « whizbang » du futur…, par conséquent, les freins à disque aident le cypripède à faire sentir que l’intrépide conducteur n’est qu’un idiot qui se lance dans un tour de Disneyland Autopia…, une analogie qui, malgré l’ironie de l’essence des sens en électrique…, couvre une grande partie de l’expérience de conduite du dit cypripède.

A basse vitesse il y a une sorte de plaisir masochiste de se mouvoir dans tant de fragilité fragile…, ensuite, lorsqu’on pousse à Donf… c’est le panard intégral…, on pleure…, c’est l’évanescence de l’automobile électrique, un silence empli d’un ronflement…, l’instantanéité du couple…, la vitesse limite est de 85km/h, mais à 50Km/h on a déjà peur…. À 100 km/h, le cypripède hurle silencieusement et sonne comme une bouilloire qui bout dans dans un bombardier Stuka en piqué…
Et je continue…, à 150 Km/h c’est comme si on avait dépassé le mur du son…, je fonce toujours vers la mort… et j’arrive à 200km/H… super « à Donf »… « Mon Dieu Pourquoi moi ? »… « Maman, si tu voyais ton fils !….

Je ne veux pas mourir, je lève le pied….
Avec la technologie moderne (batteries lithium-ion, système de freinage de Porsche Carrera 4), une nouvelle peinture qui imite le rouge Arena de la Porsche Carrera, la Corbin ainsi métamorphosée m’est proposée à US$ 15.000 « They’re collectibles »…, son proprio me jure que les gens achètent ces choses sans trop regarder, certains même sans crainte de honte ou de ridicule.