MINARI ROAD-SPORT…

Beaucoup d’entre-nous en ont rêvé aux temps téméraires des caisses à savon lâchées dans les descentes propices, mais bien peu ont suffisamment poursuivi l’idée…
Créer une automobile, sa propre automobile, en imaginer l’architecture, en dessiner les formes…
Et nous roulons tous et toutes en prêt-à-rouler, tout comme nous nous habillons en prêt-à-porter…

Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi, tous les nouveaux petits constructeurs se croient obligés de raconter des sornettes aux journalistes invités à « publier » leur génie…Les « grands »…, passe encore…, il faut bien que leurs patrons à 500.000 euros par mois plus le reste…, puissent s’occuper, en snobant tout le monde et en jouant les bateleurs de la « retape » commerciale !

N’empêche…, descendre si bas dans le pathétique des clowns en quête de piécettes, révèle par trop l’image du cirque automobile qui continue d’offrir des parapluies publicitaires en cadeaux de dix sous aux journaleux qui sans chiens écrasés à raconter vivraient la misère !

Il est vrai que quand on connait le dessous des cartes, truquées, ce qui est publié (et ce n’est pas qu’en automobile) n’est qu’un fourre-tout misérable de lèche-culs et bottes, destiné à perdurer un système qui a trompé tout le monde, ruiné les espoirs et saccagé le monde sous l’étendard des vanités…

Même les grands noms ont du se faire aider, refinancer ou se sont fait absorber (Ferrari, Lamborghini, Maserati, Jaguar, Rolls-Royce, Bentley)…, tandis que la totalité des petits constructeurs tous plus arrogants les uns que les autres (Excalibur, Clénet, DeLaChapelle, Vector, sans oublier les kit-cars), se sont ramassés la gueule plus bas que terre…

L’histoire de l’automobile, n’est qu’une suite de souffrances ayant toutes abouti à des redressements judiciaires, des escroqueries et des faillites (comme Tucker, Bricklin, DeLorean), voire à des disparitions complètes (la liste est longue comme un jour sans pain : Duesenberg, Pierce-Arrow, Bugatti, Hispano-Suiza et des centaines d’autres marques de prestige)…

Il n’y a que Morgan qui est resté en place, toujours propriété de la même famille.Tout le reste, c’est catastrophe au milieu du strass et des paillettes éphémères.

Même mon ex-concurrent d’édition dans la lutte Chomes&Flammes versus Nitro, Michel Hommel, avec sa Berlinette, a fini par faire comme moi avec mes Minari : arrêter les frais… pour ne pas couler !

J’en parle, j’en écris et n’en pense pas moins, parce qu’en 45 ans d’automobiles, j’ai tout vécu, tout connu… et j’en apprends encore.Des grands coureurs (dont j’en ai employé quelques-uns, y compris Jacky Ickx), aux chefs d’industries en passant par toute la clique de ceux et celles qui suivent en bêlant…, j’en ai trop vu, trop vécu, trop connu…, mais c’est ce qui m’a fait ainsi !

Comme les tableaux des peintres maudits morts dans la famine et l’abandon…, ce n’est que longtemps après la disparition des prétendus génies de l’automobile…, que leurs œuvres commencent à valoir des fortunes…, mais dans tous les cas, il n’y a pas de vraie passion…, ce sont en réalité des affaires sordides de blanchiment d’argent, de spéculation, voire de faux expertisés comme vrais par la ligue planétaire des escrocs du genre : les experts en automobiles de collection…, qui je vous le souligne est une soi-disant profession qui ne requiert aucun diplôme…

Sans oublier le plaisir masochiste de consommations apocalyptiques, d’usage quotidien impossible… et de problèmes incessants suite aux pannes et défauts structurels…

Ou est le génie : dans un moteur borgne ; dans un V12 qui explose tous les 10.000 kilomètres ; dans une carrosserie qui rouille ; et dans un habitacle ou quiconque finit par hurler de douleur à cause du bruit, des crampes et des brûlures aux pieds et aux jambes ?

Que celui qui possède une GT-40, une Ferrari 250GTO et surtout une Bugatti Atalante me jette le premier boulon !Qu’il sorte ses factures, ses notes, montre ses plaies, ses cicatrices, ses illusions perdues…, elles finissent toutes en ferrailles ou en potiches de « collection » dans un hangar, avec des coupes en fer-blanc en prix de remerciement pour leurs propriétaires, d’avoir tant et tant dépensé en conneries inutiles, en parades d’alligators préhistoriques, à faire des courbettes et recevoir des niaiseries calculées pour flatter les égos démesurés…, accessoirement pour se faire draguer par quelques jolies qui, devenues maîtresses de formes (sic !) coûteront tout autant…, sans pouvoir spéculer autrement que divorcer pour bien plus encore que la valeur vénale de la belle carrosserie…

Croyez-moi, chers amis, comme dit Maître Hervé Poulain quant il est en verve à la chasse aux requins dans ses vacations…, c’est de la folie…!J’ajoute personnellement : fuyez loin, là bas, ou alors faites comme moi, apprenez à rire de tout ce monde d’abrutis qui se la pètent, qui nous emmerdent et qu’on se doit d’emmerder tout autant., j’en fait des articles, des texticules ou je me branle de contentement de les voir si pathétiques…

Bref…, pourquoi se lancer dans un tel fourbi, vivre dans un tel panier de crabes ?Regardez-moi, comme je suis devenu : j’ai pris trente ans depuis mes joies automobiles des années ’80, alors que je devais rajeunir de bonheur…, pire, comment est-il encore possible que des gens puissent s’émouvoir de telles bricoles qui n’apportent que des emmerdements (techniques et fiscaux), particulièrement maintenant au début d’une crise apocalyptique ?

C’est pour moi, devenu un sujet majeur qui m’amuse : décrypter les conneries, regarder la bêtise humaine en action !Mais il n’y a aucune énigme, c’est purement financier, le rêve de paraître tout en faisant les poches des andouilles qui ne sont que des cibles.

Au hasard de mes prospections en Angleterre, j’ai rencontré des personnes capables de construire des voitures en petites quantités pour des prix plus que bas qui m’ont présenté une maquette qui s’articulait sur une ancienne idée de Colin Chapmann, le père des Lotus, une voiture monocoque en polyester, sans châssis, comme les premières Lotus Elan.La maquette va servir de base à une création plus que spéciale dans l’esprit des Zagato.

Pour limiter les coûts, la motorisation était reprise des Alfa Roméo Alfasud et Alfa 33 ; un Flat-four de haut rendement.Le résultat fut spectaculaire…, de plus, la voiture, sans châssis (structure auto-portante en polyester), ne pèsait qu’environ 700 kg alors qu’elle était motorisée par un 16 soupapes 4cyl 1750cc injection de 150 cv …, détonnant !

En fait, cette voiture a été pensée en fonction de la législation belge de 1995, à cette époque, les voitures de plus de 25 ans étaient considérées comme voitures ancêtres ne devant pas être présentées dans des contrôles techniques., de plus il n’y avait plus l’obligation depuis 1995 de présenter la voiture aux services administratifs pour être dédouanée et recevoir une vignette « 705 » permettant une immatriculation…, donc, pas de présentation de la voiture, et pas de contrôle technique…, à cette époque on immatriculait des papiers…

Le concept Minari, consistait à utiliser une Alfa Roméo Alfasud ou 33 de plus de 25 ans et de la re-carrosser, même si en réalité la Minari ne faisait que reprendre les trains roulants, la mécanique et son berceau de fixation…, mais comme les lois en Belgique précisaient que les véhicules de plus de 25 ans étaient exemptés de contrôle technique, que de ce fait les véhicules ne devaient pas satisfaire aux normes édictées pour les C.T., qu’en plus les formalités de douane étaient légalement réduites à la présentation des papiers, sans le véhicule…, la Minari était légalement immatriculable en tant qu’ancêtre de plus de 25 ans…

C’était génial…, légalement pas de taxes, ou vraiment très peu… et une assurance ancêtre d’un coût ridicule. J’ai donc expliqué tout cela dans un prospectus… et je me suis inscrit au salon de l’automobile de Bruxelles de janvier 1996 pour y exposer 4 voitures, toutes plus flashy les unes que les autres, des voitures neuves, reconditionnées mécaniquement, immatriculées légalement comme ancêtres… et…, cela m’a valu un succès important !

Ce fut terrible, le premier jour, celui de l’inauguration, alors qu’en fait le stand Minari était à moitié caché, TOUT les officiels, la direction de la police, deux colonels de la gendarmerie, un ministre et la direction de la D.I.V., (l’administration des transports comme les ex-Mines en France), ainsi que des hauts-responsables des finances, les contributions, le fisc…, tous auscultaient la voiture et le prospectus en hurlant que ça ne se passerait pas comme ça….

Ahahahahahah !Bon, je ris de cela avec le recul du temps, mais l’Etat belge s’est alors mis en branle pour échafauder une loi rien que pour moi… Ils ont mis presque deux ans, bien sur…, mais la loi de décembre 1998 qui modifie les procédures d’immatriculations, a été faite pour contrer mon concept Minari et toutes les voitures du même style.

Notez que j’étais le seul à en avoir fait une voiture…, les autres utilisaient les lois de l’époque (1995) pour immatriculer des Kit-cars, des Customs, des Répliques et des Cobras ainsi que des Seven…, belle époque. Je n’étais pas la régie Renault, mais quelques Minari furent vendues et immatriculées légalement en Belgique suite au salon de 1996.

Ensuite le concept fut légué à un revendeur de motos dans la région Tournaisienne (Michel Massin) qui mit trop de temps pour l’améliorer…, il aurait du foncer…, le public aussi, car disposer d’une voiture très design dans la conception des Lotus Elan de Colin Chapmann, sans payer de taxes et en acquittant un montant ridicule d’assurance, était unique… Mais les gens sont généralement des « beaufs »…, ils achètent comme des moutons…, tous ne sont pas ainsi, heureusement, mais beaucoup, hélas…

Bref, le repreneur fut rattrapé par la loi de décembre 1998 et il dut alors présenter la Minari comme une voiture neuve satisfaisant aux normes en vigueur… Mission impossible. Il a essayé malgré tout, mais il a finalement renoncé et m’a demandé de lui acheter la première des Minari qu’il avait construite après qu’il m’avait acheté le concept.

C’est une véritable voiture de collection, une pièce historique, un monument de l’ingéniosité fiscale (sic !), c’est aussi une splendide pièce de design automobile, tout en étant une voiture rarissime puisque seulement 14 ont été construites.

C’est cette Minari cabriolet jaune, intérieur noir, qui a été vedette de plusieurs salons dont Genève, mais qui avait été conçue en fonction des lois d’avant décembre 1998.

La D.I.V. aurait du me l’acheter pour la placer comme un monument à leur gloire dans le patio de leur building ou dans le bureau du ministre des transports. Je les hais tous, parce qu’ils se sont servis de leur « autorité » pour réaliser une loi, non pas en faveur de la collectivité mais au service de leurs finances…, de plus, ils m’ont cassé les pieds en 1999, pour se venger, en bloquant l’immaticulation de deux voitures, une Lea-Francis Ace of Spade et une Clenet noire première série….

J’ai du galérer plus de quatre ans, période durant laquelle j’ai du faire intervenir la Commission Européenne qui a menacé l’Etat Belge de contraintes financières importantes, utiliser les services du Médiateur Fédéral, et aller discuter plusieurs fois avec la Ministre Durant en présence de son staff et d’un Colonel de gendarmerie, pour obtenir une demi-satisfaction… La Belgique est un pays surréaliste, mais c’est du passé, une partie de mon histoire…

Après avoir réussi à en vendre une douzaine, comme les lois européennes en matière d’immatriculation avaient « évolué » et celles de la « Belgitude » modifiées, il n’était plus possible d’immatriculer cette Minari survivante, ni de la vendre, sauf dans une vente aux enchères « off-shore » britannique en Italie ou quelques fanatiques d’Alfa-Roméo semblaient interessés de posséder une « Alfa-Minari »…Quatre se sont battus à Padova pour l’acquérir… et pour ne pas revenir à vide, j’ai acheté une BMW Z1 (voyez la vidéo : https://vimeo.com/16296081 ). !

5 ans plus tard, un marchand d’occazzzzzs hollandais m’a contacté car il venait d’acheter une Minari turquoise intérieur jaune et éprouvait des difficultés pour la ré-immatriculer… il imaginait dès-lors de me la vendre « en souvenir »…J’ai décliné l’offre, qu’en faire d’autre qu’une décoration (de plus) dans mon garage-loft ?

Les journalistes spécialisés rencontrent chaque année, au hasard, quelques professeurs Tournesol qui pensent réinventer l’automobile. Ils s’agitent le plus souvent autour d’une maquette destinée à lever des fonds avant d’aller plus loin, ou de faire demi-tour.

Avec la Minari, j’ai été plus loin, j’ai pu produire « ma » voiture et en ai commercialisé 14 ! Je ne suis pourtant pas un professeur Tournesol, ni un mélange de Tintin, de capitaine Haddock et de Rastapopoulos, je suis seulement parfois déjanté, tout en ayant un sens de l’humour à couper le souffle, certes un peu amer, un tantinet désabusé.

La Minari avait tout ce qu’il faut pour surprendre, c’était une sorte de fantôme automobile, non seulement le souffle de son Flat-four Alfa 16 soupapes 1750cc et son incomparable légèreté (700kgs seulement) donnaient à la Minari des performances manifestement exceptionnelles, mais elle était aussi capable de rouler à allure normale avec une facilité de conduite parfaitement convaincante (sic !)…

Il ne s’agissait donc pas d’une Alfa Roméo Alfasud ou 33 déguisée en voiture de sport, c’était un concept fiscal (gag !) qui relèguait bien des voitures au rang de merveilleux bricolages ou d’icones trop sanctifiées assoupies sur leurs autels trop hauts.

C’est réellement dommage que le législateur Belge et l’administration de la D.I.V. a blessé cette voiture et empêché son épanouissement, de même façon qu’ils ont tué d’autres artisans automobiles comme Apal, Van Clee et Ritter, à coups de déraisonnables contraintes. Aujourd’hui, 14 Minari roulent de par le monde, ce qui ne garantit pas d’en rencontrer une au détour de chaque rue.

J’ai réalisé un rêve d’enfant, créer « ma » propre voiture et l’adapter au mieux en fonction des lois pour qu’elle ne coûte pas énormément, tout en ayant un maximum de plaisir à l’utiliser…

1 – Pour en savoir plus, déchiffrez les textes des articles qui sont reproduits en illustration…

2 – Ne me demandez pas si j’ai encore une Minari à vendre ! Non…

3 – Les lois sont devenues tellement contraignantes, que refaire une Minari est une mission impossible en France et en Belgique concernant son immatriculation…

4 – Ne cherchez pas à m’acheter les matrices de fabrication, ni quoi que ce soit, il n’y a plus rien… La dernière Minari a été vendue à Padova, près de Venise… et la marque, les pièces détachées ainsi que les masters ont été cédés à trois britanniques…

Sonnez trompettes, roulez tambours, préparez la monnaie, les billets, l’or, les diamants…, il n’y avait qu’une seule représentation avant le départ du cirque vers l’au-delà…, l’affaire ne s’est pas terminée « dans la soupe »…

Minari a été vendu début de ce siècle (en 2004) à trois jeunes investisseurs britanniques qui voulaient fabriquer un Roadster performant…Leur société se nomme Murtaya (conglomérat des noms de famille des trois administrateurs (MUR de Muir, TA de Taylor, YA de Yates)…

Après deux ans de « chipotages » divers, le 11 Avril 2006, ils ont annoncé au monde (qui s’en f…) mettre en production la Minari modifiée pour l’adaptation d’une motorisation Subaru Impreza.

La Murtaya était essentiellement une refonte complète de la Delfino Féroce, « tunée » par Adrenaline Motorsport…, mais la Delfino avait trop de défauts pour justifier une refonte, la Minari était une meilleure base et Adrenaline Motorsport a donc acheté les droits, l’outillage et les masters de moulage…, le projet d’adaptation de la Minari a été mené par Neil Yates et Tom Taylor, ainsi que Daniel Muir designer de la première génération de Lotus Elise.

Adrénaline Motorsport a fait faillite en 2010…, mais, déterminés à ne pas laisser leur création unique oubliée du monde entier (sic !), les trois compères ont hypothéqué leurs biens pour lancer Murtaya Sports Cars Limited.

Basé près d’Exeter, dans le Devon, Murtaya Sports Cars Ltd produit (fabrique) actuellement au compte-goutte, des kits Murtaya (ex-Minari) et propose une « voiture d’usine » prête à rouler avec une moteur Subaru de 260 chevaux pour 35.000 £…
Cliquez sur chaque vignette pour l’agrandir au format « lecture »…

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