De Tomaso-Qvale-Mangusta : Balade en PACA…

Le nombrilisme est la gloire de l’inhumanité humaine…, depuis Montaigne, on sait enfin décrire l’humain, particulièrement la connerie humaine…, elle fait la fortune des uns, elle est le génie des autres, elle est aussi un puits sans fond de bêtises…, pourtant le monde est pessimiste, l’atmosphère des jours est noire et les nuits blanches de cauchemars, l’angoisse se vend bien, l’optimisme non…, les médias ne parlent que des vainqueurs, mais c’est souvent miracle de gagner…, en fait tout le monde perd et meurt, c’est la finalité de l’activité humaine.

Fidèle à moi-même, j’ai résolu, après quelques verres de Mojito, hips !!!, de vous écrire quelques conneries complémentaires, rien de moins que la narration d’un épisode de ma vie, sous un angle syncrétique, qui vous déroutera si ceci est votre première lecture de mes texticules :
– A quoi reconnaître une véritable connerie ?
– Qu’est-ce qu’un non-évènement bidon ?
– Comment sort-on du crétinisme ambiant quotidien pour peser aussitôt lourdement sur celui-ci ?
– Y a-t-il quelque chose de commun entre l’émergence d’une imbécilité et l’apparition d’œufs de Pâques à Noël ?
– Pourquoi les vrais cons ont-ils le charisme de beignets réchauffés ?
– Comment l’histoire humaine bifurque-t’elle de l’état de salades vers celui de loukoums ?

Autant de questions noires qui vont maintenant hanter vos nuits blanches…, car, de plus, je vais m’évertuer à éclairer l’intérieur de vos boîtes crâniennes, avec humanisme et érudition, mais surtout avec passion, avec la faconde et l’inventivité dans la narration qui me rapprochent parfois du poète ou de l’oracle…, mon décodage de la connerie des beaufs se veut un soutien à la compréhension de notre époque bouleversée et bouleversante, dont la richesse m’émeut jusqu’à l’érection, tout comme le rameau s’élance de la tige…, faisant surgir l’imprévisible ou la nouveauté apparaît.

C’est que l’hypermédiatisation de la non-actualité-spectacle me pose des problèmes de con-science…, j’ai souvent plus que l’impression de vivre une situation parce « qu’on l’a dit dans le poste » et écrit dans les feuilles de choux ou ne naissent pas les vraies réalités…., un évènement qui n’est pas spectacle, est-il un évènement ?…, Aristote a répondu à cette question angoissante au IV ième siècle avant Jésus Christ qui n’a jamais existé…, pour Aristote, l’essence (qui n’existait pas à cette époque) du spectacle, c’est la terreur et la pitié…, rien d’autre à dire…

L’addiction aux grosses cylindrées assoiffées n’empêche pas de soutenir les véhicules hybrides…, mais pas ceux qu’affichent ostensiblement bobos et écologistes de salon…, non, l’hybride pour un authentique « petrolhead », cela évoque plutôt des croisements transatlantiques genre spaghetti-muscle cars ou GT anglo-yankee des sixties, voire, plus proche de nous, d’aussi improbables mutations génétiques que les Lancia Thema 8.32, Opel Omega Lotus ou DeTomaso Pantera, Qvale Mangusta et MG X-Power.

Souvenez-vous…, dessinée par un Babouin dégénéré, la Qvale surnommée « Mangusta » est née sous le label DeTomaso…, ce qui est une tare, sachant que la totalité de ces engins étaient à la fois mal pensés, mal dessinés, mal construits…, en bref : mal foutus…

Arrivé en Italie en 1955, l’argentin Alejandro DeTomaso a créé sa propre entreprise automobile près de Modène, quatre ans plus tard et après quelques créations, il a sorti la basse et agressive Mangusta qui ne manquait pas d’allure ni de personnalité, elle est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de Giorgietto Giugiaro, mais elle s’avère d’une ingénierie primaire…

Associée à Ford, la marque a oublié la Mangusta et présenté la Pantera au salon de New York de 1970, la voiture ayant été assignée pour un objectif clair : se lancer à l’assaut du marché américain et concurrencer si possible la Chevrolet Corvette…, à la très exclusive Mangusta de 1966, déjà motorisée par un V8 Ford de 4,7 litres, succèdait donc un modèle dont la vocation était d’offrir à la firme une dimension industrielle.

Son design était dû à un styliste américain, Tom Tjaarda, fils de John Tjaarda, auteur en 1933 des premiers dessins de la Lincoln Zephyr…, une famille qui aurait du s’aventurer dans d’autres domaines…, ce « designer » a œuvré à l’opposé du principe : « La technique crèe la forme » de Raymond Loewy… et a réalisé un engin (la Pantera) qui a obligé la technique des années ’70 à suivre (très mal) la forme (le design) de cette absurdité…, créant des non-sens mécaniques (l’accès au bloc moteur est impossible sans démonter l’habitacle)…, une piètre habitabilité (le « pivot » de porte est au niveau des genoux du conducteur, rendant acrobatique les entrées/sorties)…, et un total inconfort (la conduite doit s’effectuer de biais, jambes en grenouille, bras étendus, tête renversée et de biais…, il n’y a quasi pas de recul, après 20 minutes on attrape des crampes, le bruit et la chaleur du moteur 10cms derrière les sièges sont insoutenables)… et pour sortir de cette galère, il faut ramper !

Les premières Pantera dont les carrosseries étaient fabriquées par Vignale à Turin, étaient équipées d’un moteur V8 5,8 litres Ford Cleveland, d’une puissance de 330 chevaux, ainsi que d’une transmission ZF déjà utilisée sur la Mangusta, la Maserati Bora et la Ford GT40…, il n’y avait pas de coffre à l’avant, ni à l’arrière si ce n’est une sorte de boîte en polyester amovible, sans couvercle, sans réelles fixations, recouverte de feutre, déposée sur la transmission…, ce qu’on pouvait y mettre fondait avec le feutre…, et pour remplir le réservoir d’essence, il fallait ouvrir le capot arrière et chercher (sans visibilité) le bouchon qui surplombait les tuyaux d’échappement et les puits de bougies…

Un total de 1.007 modèles européens de Pantera, furent envoyées aux États-Unis, mais la très mauvaise qualité de conception, de fabrication et de finition posa des problèmes quasi insurmontables…, qui plus est, le moteur était continuellement en surchauffe, ce qui occasionnait des ruptures de joints de culasses en pagaille et aussi des moteurs qui explosaient…, près d’un client sur trois a exigé l’annulation de son achat et son remboursement…, jamais Ford n’avait vécu pareil désastre, même avec l’Edsel…

Plusieurs modifications furent apportées aux modèles suivants à partir de 1972, y compris au moteur qui fut remplacé, mais le mal était fait, durablement…, Ford stoppa l’importation de la voiture vers les États-Unis en 1975, après en avoir écoulé 5.500 souvent en dessous du coutant…, DeTomaso continua de construire d’autres modèles (2.000 sur 10 ans), mais les ventes de Pantera ne décollèrent jamais…

On peut, un soir de cuite, bourré jusqu’au trognon, lui trouver un air vague de Lamborgini Countach croisée avec une Lada…, erreur, fatale…, la Countach est un Ovni, la Lada est une vraie voiture, tandis que la DeTomaso Pantera est un bazar fait de brics et de brocs…, inconfortable au possible, quasi inconduisible pour qui n’est pas masochiste, c’est une sorte de four sur roulettes dans lequel les intrépides grillent à petit feu comme des saucisses…, elle est d’une accessibilité plus douteuse encore que les tentatives de s’en extraire avec un soupçon d’élégance… et je vous fait grâce de l’accessibilité mécanique au niveau du bloc moteur, obligeant à démonter les sièges, à enlever les tapis ET la paroi pare-feu arrière… ne fusse que pour changer les bougies ou une courroie !

En ce qui concerne les maintenances mécaniques, en ce compris changer les bougies ou ajouter de l’huile, ces opérations qui sont naturelles pour 99% des automobiles, obligent avec la Pantera, à des manœuvres complexes, que la morale réprouve…, sans oublier la manie qu’a cet engin apocalyptique à rouiller dans tous les coins et recoins…

Je vous informe toutefois que c’est l’engin idéal des garagistes escrocs qui n’ont pas leur pareil pour transformer une simple Pantera en Pantera S ou GTS et plus encore…, au prix des kits plastiques, il n’y a vraiment pas de gène à se faire plaisir dans les enroules…, bref, les Pantera et les autres DeTomaso également, sont des étrons…, je ne vous conseille pas d’en acheter…, généralement elles sont un pneu vulgaire…, à l’image de la créature ci-dessus

J’en cause en toute connaissance car j’en ai possédé une douzaine, chacune tombant en panne pour toutes sortes de motifs…, pas des Pantera reçues pour des essais comme les journaleux, mais des achats après d’âpres discussions… car acheter une Pantera c’est surtout acheter les problèmes d’un autre… ensuite, comme elles tombent en pannes diverses et rouillent de partout, il faut les réparer, ce qui coute des fortunes… et en finale il faut chercher à les vendre en racontant les pires bobards imaginables faute de quoi elles vous restent sur les bras…, quant aux 12, c’est parce qu’après chacune, je croyais que j’étais tombé sur une mauvaise et que la suivante serait impeccable…, en fait elles sont toutes des merdes…

Après ce délire automobile, pour relancer ses affaires, Alejandro DeTomaso, en 1996, a imaginé deux automobiles étranges…, la DeTomaso Guarà… et la Biguà, qui devait être la descendante de cette abomination qu’était la Pantera…, rassurez-vous, il n’y en pas eu beaucoup, vous ne risquez pas d’être tenté à chaque coin de rue…, aussi mal dessinée que la Pantera, dans un style de bouilloire à ressort futuriste, signée Marcello Gandini (mais réellement dessinée par Carlo Gaino de Synthesis Design), elle disposait d’une meilleure accessibilité mais d’une aussi piètre ergonomie…, de surcroit, elle était encore plus mal construite que la Pantera, avec des panneaux plastiques de carrosserie mal ajustés, strictement aucune préparation de l’armature métallique par ailleurs soudée par des amateurs, un enchevêtrement de barres de fer qui étaient sans nul doute déjà pourries avant même la sortie d’usine (ce qui est un bien grand mot pour l’atelier d’assemblage)…, la Biguà se rongeait de l’intérieur… en attente de ronger son propriétaire ainsi que ses moyens financiers !

Au bord de la banqueroute, DeTomaso à refilé cette connerie « roulable » à un être arroguant et prétentieux, en résumé : puant…, se prenant pour le roi de l’automobile, un dealer DeTomaso aux USA nommé Qvale qui, pour perpétuer la grandeur des DeTomaso, n’a rien trouvé de mieux pour son égo de nommer l’engin Qvale Mangusta…, qui sera fabriqué en un très petit nombre d’exemplaires !

En ayant eu malheureusement une (celle qui illustre cet article), j’ai été maintes fois confronté à des pannes, surtout le blocage des vitres électriques et du toit « Roto-top »…, justement à cause de la structure en ferraille qui supporte la carrosserie plastique, une structure en tube de fer carrés soudés au petit bonheur la chance, qui n’a jamais été traitée à l’antirouille, donc qui rouille…, tandis que les mauvaises soudures lâchent, bloquant tantôt les vitres, parfois le toit « Roto-Top », souvent les deux…

Et ce n’est pas tout…, l’idiot du village qui a dessiné cette chose (Carlo Gaino de Synthesis Design), ainsi que l’ingénieur qui l’a créé (Enrique Scalabroni de Vaccari & Bosi), n’ont pas tenu compte que des infiltrations d’eau un peu partout étaient à prévoir, principalement derrière les sièges (il y a 8 cm seulement d’espace pour le passage du « Rototop »), à l’endroit ou le toit se range dans un bac en plastique capitonné (il n’y a que du plastique dans ce cauchemar), ou ont été positionnés les vérins à vis-sans-fin, mûs chacun par un moteur électrique…, vérins qui, finalement, se retrouvent plongés dans l’eau de pluie qui n’a nulle part d’autre à aller en attente de se déverser sur les tapis de l’habitacle… et donc finissent par court-circuiter les moteurs qui se trouvent en bas des vérins à vis sans fin (alors qu’il aurait été plus simple d’utiliser des vérins hydrauliques)!

Croyez-moi encore, cela m’est arrivé plusieurs fois…, qui plus est (bis)…, car un malheur n’arrive jamais seul, la partie supérieure du toit (le T-top) doit être désolidarisée du « Roll-Bar-Roto-Top » pour être rangé dans le coffre, 2cms plus petit en largeur que le dit panneau de toit…, une erreur de calcul fatale qui oblige à de savantes manœuvres pour forcer le tout au risque de griffer le panneau et d’arracher les tapis du coffre (en feutrine bon-marché)…

Qvale a eu le mérite de sauver DeTomaso de la banqueroute avant la mort de son fondateur, le 21 mai 2003, mais réalisant qu’il s’était fait escroquer par  Alejandro et allait se retrouver en très mauvaise posture, il a rapidement refilé le bébé avec l’eau empoisonnée du bain à MG…, un miracle !

Eté 2001, lâché par BMW, dépossédé des pépites Land Rover et Mini…, Rover Group se voyait reléguer au rang de constructeur régional…, placé sous l’égide du consortium Phoenix et rebaptisé MG Rover, le miraculé situait alors le seuil de rentabilité de son unique usine de Longbridge à 200.000 voitures par an…, une misère qui, comme toute prévision, ne sera jamais atteinte.

Un coup de baguette magique laissait plus que sceptique s’il n’eut annoncé le rachat de la Qvale…, on annonça tout-de-go 500 chevaux destinés à appâter les journaleux, il en n’en restera que 385 pour le show-car X Power…, puis 260 en configuration client, car la bête ne se contenta pas de faire son intéressante devant les objectifs…, l’opération semblait tenir du Saint-Esprit…., dans un contexte financier à faire détaler illico la plus téméraire des sociétés de capital risque, les diseurs de bonne aventure agenouillés au chevet du malade implorèrent la fée « tuning » contre les mauvais augures des analystes.

Quand des géants tels PSA ou Renault ne jugeaient plus rentable de porter assistance à leur vaisseaux amiraux en perdition commerciale, le nain MG Rover, le pied dans la tombe et l’épée de Damoclès sur le point de rompre son fil, se lança dans des investissements certes porteurs d’image mais sans commune mesure avec sa réalité financière…., dédier une chaîne de montage spécifique à cet engin mal conçu, tout cela pour un résultat invisible à l’illettré technique moyen, cela ne tenait plus du risque industriel mais de l’héroïsme pur…, pari à quitte ou double… ou naïveté de dirigeants amateurs ?

L’ex-Qvale devenue MG X-Power fut commercialisée à des tarifs surréalistes, mais ne fit fantasmer que les boutonneux tout droit échappé de « Fast and Furious »…, les capitaux dilapidés dans cette attraction de foire n’eurent-ils pas été mieux investis dans le remplacement du cœur de gamme, la Rover 45, que le poids des ans et des liftings successifs usèrent jusqu’à la corde ?

En attendant l’inexorable fin, la MG X Power SV « m’as-tu-vu » possédait le charme émouvant d’un baroud d’honneur et l’extravagance assumée d’une berline « sportivo-folklorique »…, rien que pour cela, on lui aurait beaucoup pardonné, ses défauts rédhibitoires devenant dès lors ses plus touchantes qualités… et comme bien souvent chez les productions britanniques, la présentation extérieure en mit plein la vue…, jantes racoleuses et grilles en nid d’abeille, c’était futile mais brillant.

Revêtues de noir verni, les rondeurs charnues et la poupe callipyge prenaient une connotation licencieuse tandis que les finitions anthracite se substituaient à la panoplie éculée des chromes et boiseries, même si cela ne faisait pas aller nécessairement plus vite…, surtout, le sigle V8 et les quadruples sorties d’échappement, réveillèrent quelques jouissances auditives perdues dans la bande sonore de Bullitt.

Les 260 mustangs revendiqués par l’enclume du 4,6l V8 Cobra, soit une puissance spécifique de 56,5 chevaux par litre, n’avaient certes rien de très angoissants en regard de ce que réalisent les sorciers de Motorsport ou d’AMG…, d’ailleurs, le KV6 Rover aurait pu aisément dépasser ces valeurs moyennant des agents dopants mais sans toutefois distiller la très subjective jouissance d’une paire de cylindres supplémentaires ni offrir la force tranquille d’un couple maxi atteignant 410 Nm dès 4000 tr/mn.

Par rapport au vénérable V8 Buick de feu la Rover 3500 Vitesse EFI, la bonne grosse gamelle de la X-Power avait tout de même sacrifié à la modernité d’arbres à came en tête…, l’ensemble n’en respirait pas pour autant la rigueur aseptisée d’une Audi…, hélas ou tant mieux, le fouillis quelque peu désinvolte d’un compartiment moteur, davantage digne d’une préparation artisanale que d’un propret show-car, exhalait le parfum désuet d’une authentique muscle car ricaine.

L’enveloppe allouée au projet n’avait semble-t-il pas permis aux designers de s’attarder plus longtemps sous le capot ni d’effacer le petit Shelby Cobra du collecteur d’admission…, un détail charmant soit dit en passant… et puis qu’importe, tant que le bourdonnement sourd d’un bon gros V8 non bridé suffisait à procurer l’un des meilleurs rapports prix/plaisir de cette époque-là…, mais pour MG Rover, la récréation ne dura guère…., par le truchement des changements de badge, le constructeur bicéphale eut le temps de présenter quelques concessions malheureuses à l’air du temps, comme ce plagiat de calandre « single frame » façon Audi, au demeurant pas plus ridicule que celle d’une A6, mais assurément moins grotesque que les énormes boudins pneumatiques à la taille ultra basse…, un bien triste hallali juste avant le tomber de rideau.

L’aventure s’arrêta en avril 2005…, si dans les mois suivants, propriétés intellectuelles et outillages industriels échurent aux Chinois de Nanjing et SAIC, nous ne verrons jamais de V8 sous leur capot…., à l’issue d’une éphémère carrière d’à peine dix-huit mois qui légitime d’ores et déjà son statut de collector, il ne fait pas mystère que tant la Qvale que la MG X-Power n’auront inquiété aucun état-major de quelque concurrent que ce soit pas plus qu’elles ne compteront parmi les sportives du siècle, tout au plus ont-elles assuré l’animation des stands l’espace de quelques salons en attendant de dénouement fatal…, il y a pourtant une chose que les dernières « bombes funèbres » à la mode pourront longtemps lui envier : un élément majeur qui peut à lui seul motiver un acte d’achat en dépit des sentences d’essayeurs trop rationnels : leur panache.

Balade en Qvale Mangusta entre Monaco et Saint-Tropez, ainsi que le retour vers le grand-nord….

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On débute par un ravitaillement en essence à Cap d’Ail…, au départ, cette Qvale était laide et simplement bleue…, j’ai commencé à y ajouter des bandes blanches dans l’esprit des Coupés Shelby Cobra Daytona, ainsi qu’un décor « racing » sur les bas de caisse…, ce qui a donné immédiatement une allure plus « virile » à cet engin trop « rond »…, par la suite, les mauvais (abominables) ajustements des panneaux-plastiques et l’absence d’étanchéité des caches-phares m’ont incité (obligé est plus correct) à faire modifier la face avant (les 3 projecteurs des récentes Alfa-Roméo) et à décorer la voiture dans une allure plus « Racing »

Le travail suivant aurait dû consister à modifier le « Roto-Top », mais ayant reçu une offre d’échange avec une Corvette Roadster 1963…, j’ai préféré stopper les frais de carrosserie et passer à autre chose…, sauf que, alors que je me prélassais au Golf Juan près du Palm Beach de Cannes…, l’intéressé à changé d’avis…, j’ai préféré en arrêter là et remonter vers Bruxelles après un périple dans la région Paca…, il m’a toutefois téléphoné toutes les heures pendant toute mon équipée, à chaque fois tentant d’excuser son indécision…, l’affaire finira par se faire, mais bien plus tard…, me reposant sur le parking de l’héliport du Palm Beach, avec en fond l’ile Sainte-Marguerite…, avant de me lancer dans cette aventure touristique, j’ai repensé à ce qui m’avait amené à acheter cette Qvale !

J’étais heureux, je n’avais aucun soucis… mais un jour, un de mes (rares) amis d’alors (devenu un ennemi en cette suite) m’a téléphoné pour me proposer une voiture extraordinaire qui était : « exactement pilepoil le genre d’engin que j’aimais »…, je suis allé voir, c’était effectivement hors du commun…, nous avons négocié…, des calculs complexes pour aboutir à un échange d’une de mes vieilles voitures pourtant sans problèmes et ne m’en causant nullement (une Mercedes 600 Coupé V12 « Panzer »)…, en finale, nous sommes tombé en accord… et cette Qvale qui aurait du faire mon bonheur sur roues… s’est avérée un cauchemar…, que soit, cela fait partie de la vie…, quoiqu’il en soit elle m’aura permis de réaliser cet article, plus un autre à venir, et un troisième déjà réalisé et publié…, ainsi que vivre quelques moments d’aventures épiques et grandioses…, je m’en serais toutefois bien passé…

La Qvale va s’immortaliser en posant devant l’entrée de la fameuse maison de Pierre Cardin à Théoule, sur la corniche de l’Estérel…, ce « Palais-bulle » est l’œuvre de l’architecte Antti Lovag…, commencée en 1975, sans permis de construire, sur le site de l’Esquillon, à Théoule, cette étrange maison attire l’œil de tous les automobilistes empruntant la route du bord de mer, ce qui fut mon cas…, j‘ai eu le plaisir de la visiter grâce à ma Qvale Mangusta qui m’a servit de « Sésame » et grâce également à la gentillesse du gardien/concierge, bienheureux « locataire » de cette étrange « maison », également grand admirateur de son concepteur et ancien lecteur de mes magazines Chromes & Flammes, ainsi que grand amateur de voitures hors du commun…, ici, tout est Art… et Antti Lovag, l’architecte est un génie…, il y a la mer, à vos pieds et un paysage intact, mêlant le rocher rouge de l’Estérel à une végétation méditerranéenne.

De l’extérieur, les formes rondes évoquent les rondeurs féminines, seins, ventres, fesses, mais aussi des visages aux yeux globuleux…, à l’intérieur, tout est rond, à commencer par la porte d’entrée les couloirs cylindriques, les fenêtres-hublots, et le mobilier conçu sur mesure…, sol mouvant, plafond ondulant, murs courbes, fenêtres sphériques ou ovoïdes, lit rond, placard rond, canapé rond, baignoire ronde…, construite sans permis de construire (on imagine la tête du fonctionnaire devant le plan des multiples maisons rondes !), elle est aujourd’hui classée monument historique …

Mise en vente par Sothebys en 1989 pour 50 millions de francs Français (nouveaux) de l’époque, elle a été achetée par Pierre Cardin…, qualifiée de : « Maison de rêve », par Sotheby’s, elle offre à son propriétaire 1.200 mètres carrés habitables comprenant deux salons, huit chambres, bureau, bibliothèque, salle de conférence, cinéma et jeu, salles de services …, le tout sur un terrain de 8.500 mètres comprenant piscine, étang, terrasses, palmeraie, amphithéâtre, court de tennis, parking et pavillon de service…, elle est à vendre depuis 2016 pour 350 millions d’euros…!!!!!

Saint-Raphaël, puis Fréjus, les petits ports invitent à une certaine rêverie…, celui de Cagnes-sur-Mer a déjà des retombées sur le marché immobilier…, auparavant, Cagnes était un peu le refuge des retraites, aujourd’hui, avec l’extension du port et l’esprit vacances qu’il diffuse, la ville est de nouveau dopée.

Près du port et avec vue sur la mer, les valeurs oscillent entre 4.500 et 5.000 euros le mètre carré, les anneaux de port sont structurellement en nombre insuffisant, parfois d’ailleurs à cause du comportement des plaisanciers eux-mêmes…, un bateau coûte cher, tant à l’achat qu’à l’entretien et beaucoup de propriétaires s’en servent finalement assez peu, ils le laissent au port, ce qui occupe des places que d’autres, peut-être plus sportifs, lorgnent depuis des années, certains même en font carrément leur résidence secondaire…, décrocher un anneau de port, à la location ou à l’achat, s’apparente à une vraie joute nautique, même sur les nouveaux projets…, pas facile de trouver un logement près du port et sur la côte, sauf à condition d’y mettre le prix (dans une enveloppe à destination des « ceusses » qui ont le pouvoir de décision), car un port de plaisance met de l’animation, valorise la ville et a inévitablement une incidence sur le marché immobilier.

Saint-Tropez a toujours suscité la convoitise…, déjà au XVI ième siècle, alors que le petit village de pêcheurs vivait de la mer, à ses pieds, des vignes à ses proches alentours, les habitants devaient régulièrement décourager les assauts de hordes barbares convoitant son exceptionnelle position géographique…, dès lors, en 1558, une milice locale fut créée et nommée par le conseil municipal de l’époque sous la responsabilité d’un Capitaine, ce dernier, en toute occasion, pouvait réquisitionner les hommes nécessaires à la défense de la ville, gérant l’artillerie et la poudre noire des mousquets…, on devrait recréer cette milice pour faire fuir les touristes !

C’est à cette époque, en 1583, que la première pierre de la citadelle fut déposée par le Maréchal Villars, enceinte militaire rajoutant à la sécurité du village…, successivement, Charles IX, Henry III, Henri IV et Louis XIII, rois de France, ratifièrent la délibération du conseil municipal installant pour toujours les Tropéziens dans la légende d’intrépides corsaires, destinés à protéger leur village, à ferrailler contre l’envahisseur, ennemis du Roi, du pays et de leur ville.

La tradition des Bravades était née, qui s’ancra par la fête patronale, chaque année, quand symboliquement les Tropéziens se rendaient en procession hors de la chapelle, tirant les premiers coups de mousquet pour prévenir l’arrivée supposée de l’ennemi…, depuis, chaque 16 mai (date de mon anniversaire), les rues du village résonnent encore de ces salves…, voilà donc la raison de ces folies Tropéziennes que j’ai photographiées !

La plage de Pampelonne, située sur la commune de Ramatuelle et en contrebas du col de Colebasse ou j’ai pris ces quelques photos de la Qvale Mangusta, est à l’origine du « mythe tropézien »…, modeste plage de sable qui servait de carrière aux marins pour lester leur bateau jusqu’au début de ce siècle, elle a été le théâtre du débarquement en Provence an août 1944.

La plage de Pampelonne, fréquentée par la jet-set est devenue une des plus célèbres au monde…, deux établissements sont à l’origine du mythe tropézien : « Tahiti Plage » installé en 1946, utilisant le décor en bambou abandonné par les studios de « La Victorine » lors du tournage en 1935, du film « Chant des îles » de Georges Manae, et le « Club 55 » (créé en 1955), qui de simple cantine pour l’équipe du tournage du film mythique avec Brigitte Bardot « Et Dieu créa la femme », est devenu un restaurant réputé…, question : pourquoi les riches côtoient-ils les ploucs à Saint-Tropez, à Monaco et dans tous les endroits snobs ?

Dépenser, les riches ne font que ça…, plus « un riche » est riche, plus il se doit de dépenser…, il y va de son standing…, pour maintenir une stature, le riche doit agir comme tel et assumer la volupté de paraître… et, pour les ploucs béats quoique jaloux : plus « les riches » dépensent, plus ils sont riches…

Dans cet état d’esprit, s’apercevoir que la terrasse de Sénéquier sur le port de Saint-Tropez est vide, peut être un choc insoutenable, parce qu’il ne correspond à aucun cliché connu des ploucs…, pour tout plouc « lambda », la terrasse de Sénéquier est perpétuellement remplie de gens riches qui boivent des trucs très chers en regardant d’autres riches se faire des signes depuis leurs yachts horriblement chers…, à moins qu’ils ne se laissent aller à quelques turluttes publiques orchestrées par un magazine « People »…, à ce sujet, cliquez sur le lien ci-après : http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=926&cat=ataraxie

Le budget « Terrasse Sénéquier » des riches est pourtant plus limité qu’on le pense…, d’abord, parce que beaucoup de riches ne sont pas riches, ce sont des ploucs qui se sont assis en terrasse croyant côtoyer des riches qui eux mêmes sont convaincus d’être entre riches…, on reconnaît les vrais riches des faux en examinant leur compte en banque, ce qui n’est pas facile parce que ni les riches ni les ploucs ne se promènent avec leurs extraits de compte…

Les soirées Tropéziennes des vrais riches (les ploucs vont à la Pizzeria ou à la crêperie Bretonne) se déroulent souvent en soirées et sont sponsorisées par des champagnes ou des marques de luxe, donc ne coûtent rien aux riches, l’argent va à l’argent, et il pleut là où c’est mouillé (excédé par certaines bêtises, j’ai d’ailleurs vécu l’irrépressible besoin de verser un fond de verre d’eau sur la tête d’une furie pour lui éviter une surchauffe)…, ce sont les ploucs qui financent les riches en achetant « Voici » et « Ola » ainsi que « Gala » voire « Paris Match » car ils essayent de singer les vrais riches en achetant les mêmes champagnes et autres bazars…

Ne fut-ce que pour venir en voiture berline 4 portes avec la famille, les ploucs aident à l’enrichissement économique des riches : crédit, essence ou diesel, gadgets inutiles et j’en passe que vous n’avez qu’à imaginer…, mais, parfois, les dépenses m’as-tu-vu de certains riches, dépenses destinées à épater les autres amis riches et accessoirement à faire baver les ploucs, ce qui aidera à faire fonctionner l’économie…, ont parfois pour conséquence d’alerter les services fiscaux…, ce genre d’écart (une Rolls Royce Phantom Cabrio par exemple) ne pardonne généralement pas…, le milliardaire Brésilien Gilberto Scarpa avait ainsi convoyé le gratin de Saint-Tropez en première classe pour une fête à Punta del Este en Uruguay…

Des limousines qui attendaient pour emmener dare-dare Catherine Deneuve (payée pour la soirée), Gina Lollobrigida (gratuitement car trop heureuse qu’on s’intéresse encore à elle), Laetitia Scherrer (payée en nature) et toute la crème du gotha Tropézien, s’en fut donc vers la nuit la plus chère de dessous les tropiques (c’était sexuel)…, dans les mois qui ont suivi, le fisc a mis le bonhomme sur la paille…, jeter ainsi l’argent par les fenêtres en Uruguay n’avait aucun intérêt pour l’économie Française…, le must pour cet ex-riche, ce qui lui aurait permis de le rester, aurait été de dépenser son argent en France, si possible à Saint-Tropez.

Les dépenses intelligentes font donc fructifier l’argent des riches…, Malcolm Forbes affalé dans un fauteuil à l’arrière de son yacht amarré face à la terrasse Sénéquier, m’a avoué qu’il s’était pris de passion pour les oeufs de Fabergé, il en a acheté de manière quasi compulsive, si bien que la cote des oeufs est montée et qu’il se trouvait détenteur d’un capital encore plus phénoménal que celui investi…, fatiguant, non…, l‘écurie de courses de Jean-Luc Lagardère, les voitures anciennes de Lindsay Owen Jones (L’Oréal), celles de l’ineffable Rocky (qui persévérait à continuer de me téléphoner chaque jour pour acheter ma Qvale Mangusta, à l’époque ou je réalisais ce reportage), le Château Yquem de Bernard Arnault (LVMH), sont des plaisirs en même temps que des placements…, le PDG de Reflex s’est même offert une moto Bugatti sur mesure ; elle gardera toujours sa valeur…, tout comme le catamaran de Benjamin de Rothschild…, bref…, cet arrêt Tropézien a assez duré, je continue vers Grimaud et Cogolin…

Niché au cœur des Maures et au bord du golfe de St-Tropez, Grimaud a su préserver son caractère médiéval…, le village est charmant, ses rues pavées et fleuries serpentent avec fantaisie de l’église romane aux ruines du château féodal…, on peut y découvrir de magnifiques demeures anciennes superbement rénovées ainsi que des nouvelles habitations construites dans le style typiquement local…, Grimaud est divisé en deux, le vieux Village et le Port Grimaud ;
– Le village témoigne de son passé médiéval avec ses rues pavées et ses ruines du château féodal, il est entouré de chêne-liège et de collines verdoyantes.
– Le Port est un véritable deuxième village à part, mais les pieds dans l’eau, restaurants, église, hôtels et plages, rien ne manque !!!

Voilà…, après cette balade en PACA qui va me donner l’envie de m’installer au sud…, je suisse reviendou vers la belgitude…, retour vers le grand-nord…., vitesse imposée par le code de la route, 130 km/h et 110km/h par temps de pluie…, actuellement 80 km/h sur les départementales…

Grosse surprise aux environs de Montélimar, une Lamborghini Gallardo V-10 me double à 200 km/h…, au hasard du trafic, elle vient titiller également une Porsche…, la chasse est ouverte, mais après de longs moments de pur plaisir, la Gallardo va disparaitre dans le flot de véhicules lors du péage de Lyon…., dommage, c’était ludique, même si la Gallardo avec son V-10 de 500 cv et ses 310 km/h en vitesse maxi ne faisait pas jeu égal avec ma Qvale Mangusta…

Peu après Lyon, c’est une antique Ferrari 328GTS qui me double en klaxonnant…, à son bord un vieux papy et sa jeune amie qui lui fait une turlutte…, après une demi-heure de mini-courses, la Ferrari va rester derrière et ne réaparaitra plus…, ayant eu le même engin il y a quelques années, j’ai supposé que la température montait dangereusement, obligeant l’intrépide conducteur à lever le pied, à moins que ce ne soit en rapport avec la turlutte…, ensuite, j’ai assisté à un duel de papys au volant, l’un d’une Austin Healey 3000, l’autre d’une Jaguar Type-E 6 cylindres…, le reste du voyage ne me fit plus voir de voitures hors normes…, voilà…, c’est fini, c’était long, mais bon…