De Tomaso-Qvale-Mangusta : La bombe funèbre…

Un peu d’histoire « officielle » avec mon piment perso, avant de pêter totalement les plombs…

Qvale, l’importateur américain de DeTomaso et autres marques similaires, voyant Alejandro DeTomaso malade et quasi mort, a eu l’idée de lui racheter ses affaires pour bien moins qu’elles valaient…, la DeTomaso Biguà qui devait relancer les affaires d’Alejandro De Tomaso, est donc devenue la Qvale Mangusta, destinée à relancer les affaires de la famille Qvale…, un prêté pour un rendu, mais en réalité une affaire de dupes, de putes et d’escrocs…, tous pourris… et pas que la voiture…

Un design soit disant de Marcello Gandini, mais en réalité de Carlo Gaino de Synthesis Design, un châssis dessiné par un ingénieur-bricoleur de F1 (Enrique Scalabroni de Vaccari & Bosi), un moteur de Cobra nouvelle génération (soi-disant le même bloc que la nouvelle GT-40 mais c’est faux)… et le résultat était censé détrôner les plus grandes marques…

La chanson est connue, elle change de refrain à chaque fois, la fin est souvent la même…, alors que les communiqués de presse claironnaient une production annuelle de 600 voitures pour les 10 ans à venir, seulement 271 ont été construites.

Avant d’essuier une dégelée monumentale, Mister Qvale a approché les gens de MG pour leur proposer de racheter cette affaire… et ils ont marché (disons qu’ils sont tombés dans le panneau)…, ils ont payé et ont reçu les machines, l’outillage, les plans, et tout le toutim necessaire pour se suicider…

Les gens de MG ont changé la carrosserie, ont fait de cette Mangusta un « bazar-tuning » sous forme de coupé sportif qu’ils ont positionné à plus de 100.000 euros pour que les gnous automobiles puissent faire : « AHHHHH ! » selon le même procédé que Ferrari avec sa F-40 qui ne coutait même pas le quart à fabriquer de son prix de vente ( tout ça date de la même époque)…

Prendre les gens pour des cons est un art subtil, surtout lorsqu’on leur prend en même temps un max de pognon et qu’ils affichent un sourire béat (en automobile, le crime paye)…, la Qvale Mangusta est donc devenue une véritable rareté, une voiture de collection moderne, un engin totalement déjanté au design unique, in-copié et in-copiable…, l’engin idéal pour quelques nababs Fitzgéraldiens déjantés et fortunés qui se moquent de l’opinion des autres… et c’est dans ce contexte qu’à l’insu de mon plein gré, je me suis retrouvé (par hasard) propriétaire d’une Qvale-Mangusta dans « une affaire » comprenant un échange partiel !

Je l’écris tout de go, elle m’a possédé un peu plus de deux années et je peux écrire de mes expériences vécues que la Qvale est une véritable « Shit-car »…

La finition générale est abominable, les plastiques intérieurs (et il y en a beaucoup) fondent au soleil, les cuirs déteignent, les tapis se décollent et s’avèrent mal assemblés, les poutrelles en fer de l’intérieur des portes rouillent empêchant le fonctionnement des fenêtres électriques (qui ne descendent jamais jusqu’en bas)…

Aucun panneau de carrosserie n’est aligné (certains ajustements font plus de 2cms, certains décrochements ont près de 3 cm !!!), le fameux « Roto-top » digne d’un Robocop saoul ne marche pas, sauf si on déconnecte une des deux vis sans fin électriques (non synchronisables) qui actionnent « le bazar »…

Le « Roto Top » reste alors coincé de guingois car chaque vérin est autonome (si l’un est « en panne », l’autre n’en sait rien et force le jeu, bloquant tout de travers)… et il se coince souvent à mi-course, empêchant de replacer le toit….

Comme cette ingénierie de « premier plan » se trouve dans une sorte de bac plastique que l’eau qui s’écoule vient remplir en attente de se déverser sur les tapis de sol (l’ingénieur ingénieux n’a pas prévu de percer un trou pour que l’eau s’écoule autre part que sur le plancher)…, les moteurs électriques des vérins, noyés, finissent par court-circuiter…

L’accès aux vérins nécessite de casser le panneau arrière après avoir déchiré les garnitures intérieures et la banquette pour forer un trou destiné à accéder aux vérins (les ingénieurs n’ont pas imaginé qu’ils pouvaient tomber en panne et n’ont rien prévu pour y accéder puisqu’à la construction, la carrosserie « descend » sur le châssis ou est positionné le faux châssis et le fameux bac à eau de pluie…

Tout ce toutim est franchement énervant et complexe mais il reste « possible » d’accéder aux vérins lorsque le « Roto top » est en panne en position « décapoté »…, quoiqu’il faut quand même tout dégarnir et forer un « passage »…

Mais en position « capoté » (toit en place), cette opération devient quasi impossible puisque les sièges (conducteur/passager) ne basculent pas, ni ne peuvent être avancés suffisamment…, pire encore si les sièges électriques ne fonctionnent plus car noyés…, l’emploi d’un nain contorsionniste est alors indispensable pour se faufiler à l’arrière et tenter d’accéder aux vérins…

Toute cette aventure m’est arrivée…, j’y ai passé une journée complète à réparer…, le « truc » fut le suivant : après avoir découpé un trou de 20 cm de diamètre (afin d’y passer une main suivie de l’avant-bras) dans le panneau arrière… j’ai pu « dégoupiller » la fixation d’un des vérins du « Roto top » pour le faire fonctionner avec un seul des deux, tout en priant Saint-Antoine de Padoue que « le dégoupillé » soit celui qui était hors d’usage…, dans mon malheur, j’ai eu cette chance, sinon j’aurais du y passer une journée de plus !

Le « Roto top » offre d’autres plaisirs…
– Outre qu’il ne fonctionne que si la marche arrière est enclenchée (ce qui signifie que pour arranger les vérins dans un premier stade ou on croit que c’est une simple panne électrique due à des fils débranchés…, qu’il faut laisser le contact « ON » ce qui décharge la batterie qui n’est accessible qu’en démontant l’aile avant coté passager)…
– Comme le panneau supérieur de toit (pas du tout étanche), se désolidarise du T-top du « Roto top » (je pleure de rire) et se range dans le coffre qui est exactement de la même largeur…, c’est à dire « trop petit« , on pète les joints (double sens) à chaque fois… qui de ce fait s’abiment, s’arrachent, se décollent et deviennent inutilisable (ce qui en plus donne un aspect « bidouillé » au coffre, en sus qu’avec ce panneau rangé à grand peine, on ne sait plus y mettre quoi que ce soit…

J’avais imaginé modifier ce système issu du génie créatif de l’équipe De Tomaso…, en reconstruisant une capote souple, ce qui aurait été plus pratique, plus esthétique et plus sécurisant…, mais bof…, cela aurait coûté un pont supplémentaire avec d’autres problèmes à résoudre !

Avant d’aller plus loin (dans ma narration), je signale que les vitres électriques sont du même style, les ferrailles à l’intérieur des portes, réalisées en tubes carrés (en fer non traité), sont livrées-montées déjà rouillées et semi-pourries dans la voiture neuve…, un système qui finit par se bloquer et qui est irréparable « normallement »…, sauf à reconstruire les dites-ferrailles qui ne sont accessibles qu’en « cassant » la porte par l’intérieur…

Là aussi, le génie qui a imaginé cette voiture, n’a pas pensé que le mécanisme intérieur pouvait tomber en panne (et tomber aussi au fond des portes)…, enlever la garniture ne donne pas accès à l’intérieur de la porte, mais sur un panneau sans ouverture ni trappe de regard…, il m’a donc fallu découper un grand trou à la scie sauteuse qui a engendré d’autres soucis concernant la fixation de la poignée de fermeture…

J’ajoute que le coté « bricoleur du dimanche » de cette construction débile s’étend aux tapis, réalisés en plusieurs petits bouts assez mal ajustés les uns aux autres, démontrant un souci de récupération du moindre centimètre carré découpé ailleurs !

Croyez-moi ou non (je m’en f…), cet engin est la pire « merde » que j’ai jamais eu…, par contre, quand on tourne la clé de contact de la Qvale, les oreilles vont direct sur « Def Con 5″… et cela dans un grondement volcanique qui met le feu aux sorties d’échappement…, mais c’est plus qu’un bruit, c’est… un moment…, on a aussitôt le même regard que Michael Caine dans le vieux film « Zoulou » quand tous les guerriers apparaissent à l’horizon (on sait qu’on va bientôt mourir)…

Et tandis que l’esprit se remet de cette avalanche de conneries, le moteur est occupé à créer son propre petit trou noir en aspirant tout ce qui n’est pas solidement attaché dans un rayon de 20 mètres… essence comprise…, oui, bof (bis !)…, trop technique…, je sais, oui, bof (re-re-bis !)…, je rétablis certaines vérités, le tout avec l’humour déjanté qui me caractérise…

Sachez quand même que j’ai dû faire un max de frais et de modifications pour tenter (plus ou moins bien ou mal) de corriger les défauts inhérents à cette voiture…, j’ai dû faire reprendre la totalité de la carrosserie, remettre les panneaux en ligne, corriger les différences de niveaux et les jointures, arranger le système « Roto top » (digne d’un Robocop de pacotille) en le faisant fonctionner avec une seule des 2 vis sans fin électriques, rendre étanche les compartiments (l’eau du toit « Roto top » coulait à flot derrière les sièges dans un compartiment non étanche, ce qui noyait les moteurs électriques et les relais, non seulement du « Roto top » mais aussi des sièges), dérouiller ou refabriquer toutes les traverses internes, reprendre une grande partie du circuit électrique et repeindre totalement la voiture (mauvaise qualité de peinture)…

Cela a permis d’ajouter des « stripes » façon Shelby destinés à affiner le look général tout en lui donnant un cachet sportif (gag !), et dans la foulée on a souligné le bas de caisse en « zigzag » avec un décor destiné à attirer les yeux vers des gimmicks pour les détourner de certaines abérrations du design…., mais un an après toute cette « re-fabrication »…, il a fallu refaçonner tout l’avant, les phares intégrés étant rouillés, pas étanches…, les cache-plexis devenus « matés », indémontables (ne fusse que pour être nettoyés)… et donc il a fallu de nouveau repeindre la totalité de la voiture après avoir « inventé » une autre face avant intégrant des phares d’Alfa Roméo…

Le coût final même réalisé « à prix d’ami », fut grandiose…, mais bon, il faut avouer que le look final n’était pas mal du tout…, le résultat m’a toutefois rendu totalement dubitatif quant à la réelle utilité de dépenser tant et tant pour une « bagnole », malgré son moteur V-8 32 soupapes badgé Shelby Cobra…, bémol là encore…, car ce moteur Ford 4.601cc Ford GT Cobra Hi-Po de 320 cv à 6000T/m n’a aucune puissance en dessous de 3.000 t/m…

Avec un tel niveau « d’ingénierie », son rapport poids/puissance aurait du être équivalent à la majorité de ses congénères automobiles, Ferrari, Porsche et Lamborghini, ce qui lui aurait permis des performances ébouriffantes : les gens de Qvale annonçant sans rire des performances époustouflantes : « un peu plus de 5 secondes au 0 à 100km/h et 285km/h en vitesse de pointe »…, jamais quiconque n’y est arrivé…, moi non plus…

La transmission se fait aux roues arrière via une boîte 5 rapports et des jantes de 18’’ entourées de Pirelli P-Zero en 235/45 à l’avant et 265/35 à l’arrière, le tout sur des jantes Antera, dont le système de valve de gonflage unique au monde (gag !) oblige à avoir un diplôme en aéronautique et les embouts adéquats sous peine de rester en rade, pneus et moral à plat…, en effet, si on perd l’embout adaptateur, plus moyen de gonfler les pneus…, et il n’y a AUCUN rangement pour le placer « en sécurité »…, de surcroit, les jantes Antera sont plus larges que les pneus, de sorte que si on calcule mal la distance jantes/trottoir, celles-ci sont griffées, voire plus… car c’est de la mauvaise qualité !

Cette voiture s’est donc avéré un gouffre financier, pire qu’une maîtresse Ukrainienne… et pour sortir de l’impasse, car personne n’en veut, il n’y avait qu’une seule solution, en faire une « Super-Pute-de luxe » qui sortirait d’une Nième resucée de « Fast and Furious » épisode 47…, et, j’y « suisse » arrivé grâce à un aileron arrière ridicule… et d’autres artifices grotesques, en ce compris des décorations façon « Gimmicks » de bas de caisse… ainsi que des « Shelby-Racing-Stripes » (qui ont fait leur apparition sur les mythiques Cobra 427s/c)…, ainsi maquillée comme une sorte d’autovni tunné par des Pakistanais (ou comme une pute se rendant au Bal de la Croix-Rouge à Monaco)…, la Qvale Mangusta est devenue une « GTR »…, un maquillage dont je reconnais volontiers le mauvais-goût, mais pour tirer le pigeon, il faut mâle heureusement parfois s’inspirer des techniques féminines de maquillage…

La Qvale « GTR » fut dès-lors présentée comme un bijou unique, un véhicule « de collection », unique au monde, rarrissime, hyper cher…, mais ce n’était qu’un « Solitaire de pacotille »…, un terme qui sied comme un gant à cette stupide et grotesque « chose »…

Comme un faux diamant monté sur une bague en métal brillant, si la Qvale ne brillait pas de sa discrétion, elle n’en restait pas moins très désirable (sic !).

Si, contre toute logique, cet engin déjanté dans sa version « originale » a été dévoilé pour la première fois à Venise, c’est tout simplement parce qu’il fallait marquer les esprits…, une idée de génie (sic !) récompensée par l’Award Italien de la publicité automobile (gag !)…

Les prospectus Qvale furent laudatifs…; « La fièvre monte, l’envie de pousser sur le bouton du démarreur vous tenaille de plus en plus fort. Stop. Prenez encore le temps d’apprécier la qualité des cuirs ( 6 peaux ont été nécessaires pour habiller entièrement le cocon, ciel de toit compris). Les sièges avant à multi réglages électriques sont très confortables. Votre passagère a les jambes d’Adriana Karembeu ? Aucun souci. Vous-même jouez dans une équipe de basket ? Aucun problème : la Qvale Mangusta GTR a été taillée pour vos gabarits ».

La réalité était toute autre que les arguments kilométriques débités en grosses tranches de gras dans les catalogues Qvale : « C’est à ce moment précis que vous n’aurez de cesse de vous émerveiller devant la force de la mécanique (elle lui fait atteindre 100 km/h en 5,2 s à peine), de s’ébaudir de la douceur de la transmission et de vanter la puissance du freinage via des quadruple pistons Brembo. Jusqu’au moment où, perdu dans vos rêves, vous vous écarterez du bon chemin en pensant au prix ridicule de l’engin »

Seulement 271 voitures ont été fabriquées, dont une seule modifié façon version GTR… qui fait le « bonheur » actuel de quelqu’un d’autre que moi… !

Ce fut un mauvais achat que cette Qvale…, quoiqu’elle paraissait être une excellente affaire, l’un allant généralement de paire dans le monde des automobiles hors normes…, elle m’a coûté trop cher pour ce qu’elle était vraiment, c’est-à-dire 20.000 € que j’avais payé pour l’avoir sur un échange avec une Mercedes 600 Coupé V12 « Panzer » ’96 (la dite Mercedes ne m’ayant coûté que 6.500 euros cash à un marchand qui, un an plus tard, et sans rapport avec cette affaire, est décédé dans des circonstances affreuses… http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=319&cat=auto )

La multitude de soucis causés, m’a amené toutefois à y dépenser une véritable fortune en frais de réparation, en modifications diverses y compris une re-peinture complète incluant un nouveau design de la face avant…, malgré tous mes efforts, strictement personne n’en a voulu durant des années et des années… et si elle a finalement été vendue, ce fut sur le fil du rasoir, si pas sur le fil de l’épée… et au terme de presque une année de discussions à n’en plus finir !…

Durant ces deux années, elle a été annoncée dans des dizaines de magazines, dont Sport Car Market (USA) et Sport Auto (France)… sans AUCUN appel téléphonique en retour…
Pas un seul !
Rien !!
Nada !!!

Ce n’est que peu avant la programmation de mon suicide, que Dieu a entendu mes prières et qu’un seul acquéreur s’est manifesté…, et encore… il a fallu l’année suivante, complète…, en palabres interminables, pour ébaucher une finalité constituant en l’échange de la Qvale contre une Corvette Roadster 1963 plus 10.000 € de soulte que l’acquéreur (un ponte de la FIFA surnommé « Rocky ») m’a quasi jeté à la figure pour me montrer qu’il était très riche (n’en faites pas grand cas, ce n’étaient que 20 billets de 500 euros)…Les ennuis suscités par cette abomination ne se sont pas arrêtés là (je ne pense pas à l’humiliation de devoir ramasser les 20 billets éparpillés au sol) !

Démonstration qu’il existe une sorte de justice immanente…, l’acquéreur n’a pas pu l’immatriculer à Monaco parce qu’il lui manquait la séquence des factures depuis l’usine via l’importateur allemand vers mon vendeur… qui n’existaient plus ni les uns ni les autres (mon achat remontait à plus de deux ans)…, il a été ensuite interdit de séjour à Monaco pour avoir présenté de faux documents d’immatriculation qu’il avait confectionné pour compléter la séquence d’achat (entre l’usine et le concessionnaire allemand)…, il est alors remonté vivre à Londres ou il a tenté de re-re-vendre la Qvale via Coys, sans succès…, il a finalement expédié la voiture en Yougoslavie (son pays d’origine) pour l’y immatriculer, mais la mafia locale s’en est emparée pour de sombres motifs…

La dernière fois qu’on l’a vue, c’était en Bosnie Herzégovine, elle avait été remise à grands frais dans sa configuration originale avec les phares sous plexi et repeinte en jaune…, elle était pilotée par un amiral de boîte de nuit abondamment décoré de l’ordre des portiers, accompagné par une beauté slave quasi nue…, elle a été gravement accidentée quelques jours plus tard, l’amiral n’a sexuellement pas pu éviter un nid de poules de luxe et a dérapé sur une flaque de Vodka…, il est mort d’une hémorragie, on n’a retrouvé la machoire de la beauté slave qu’au printemps suivant avec le pénis de l’amiral, en décomposition entre ses molaires…