Essai de la Ford « Fuck You » ST 2012…
C’est quand le mec des relations presse m’a proposé, me fixant mollement dans les yeux avec un sourire niais : « Do you want a New ST Ford Fuck You’s » ( traduction de Focus…), qu’il a ainsi en deux secondes réveillé une certaine aversion sanguine.
Celle ci est née suite aux mensonges éhontés du gouvernement Buch suite aux évènements du 11 septembre 2001, mais également de mes dernier rapports professionnels avec certains américains à l’époque ou j’éditais divers magazines aux USA, dont : 
« Top-Wheels ».
Ils m’ont laissé un arrière-goût d’inhumain étrange et inconnu dans mon éducation européenne.

Ce gentleman néanmoins élégant a déclenché, dès mon premier échange avec lui, presque au premier mot, mon dégoût ancien pour les gens trop polis.
Pour avoir sondé le regard flegmatique neutre et plat de cet homme dont les deux derniers mots, avec l’accent indistinct qu’il prit, sonnèrent comme la pire des injures internationalement connues et reconnues.
Devant l’insistance avec laquelle il persistait à faire mur devant mon doute, sa Ford « Fuck You » ST m’est restée en travers.
Pourtant, j’ai souvent mis les pieds dans des Ford dont j’ai gardé divers souvenirs quant à la personnalité de cette marque (hormis le V4 d’une Escort).
J’eus très rapidement la confirmation de mes intuitions, cette Focus « Fuck You » ST au sourire plat et niais, fer de lance de la marque, n’avait aucune personnalité.
Sans l’insigne au volant, elle ressemblait à mille autres y compris dans son comportement raide, neutre et commun.
Le seul argument favorable de cette auto est qu’elle était moins chère que toutes ses concurrentes et malheureusement, elle n’en valait pas plus.
Quel autre argument peut bien servir à convaincre quiconque de s’endetter pour sortir avec elle, flanqué d’une telle dénomination dans le dos ?
Il n’est pas rare qu’un modèle « mondial » fasse l’objet de quelques adaptations au niveau local en fonction de la demande des consommateurs et / ou des réglementations en vigueur.
Le loustic des relations presse de Ford m’a annoncé qu’il n’en sera rien pour la Focus ST 2012 qui sera exactement la même voiture en Asie, en Europe et en Amérique.
Je rappelle que ce modèle est équipé d’un 2 litres Ecoboost de 247 chevaux.
Franchement, malgré ses 247 canassons…, c’est juste une voiture de pauvre entièrement dépourvue d’aucun cachet.

Celui qui n’a pas eu de parents ou grands-parents, résistants ou pas, mais susceptibles de lui raconter comment il y a soixante dix ans, les envahisseurs allemands n’avaient réussi leur avancée sur le terrain, uniquement qu’après avoir réquisitionné tout le parc de nos célèbres Traction Avant Citroën.
Ce sont celles-ci, bien plus véloces que toute la gamme de leurs tanks civils patauds et lourdauds, qui leur ont assuré la victoire au sol.
Leur légèreté et tenue de routes, vivacité et nervosité sont dues à la motricité directement transmise au train directeur supportant l’organe le plus lourd de l’ensemble, le moteur…, elles paraient par leurs facultés actives à la mauvaise qualité des réseaux routiers de nos deux pays confondus.
Quand à la gamme proposée, 7cv, 11cv, 15cv, 22cv, légère, normale, commerciale, familiale, limousine, cabriolet, faux cabriolet, 15 hydro, qui dit mieux ?
Ces voitures ont d’ailleurs finalement petit à petit, sans qu’aucun ne s’en vante, donné le « LA » à toute la concurrence, malgré quelques voitures allemandes qui sont encore aujourd’hui récalcitrantes à la générale unanimité et juste récemment passées de la propulsion aux quatre roues motrices en haut de gamme, certains modèles persistent.
N’ayons pas peur des mots, les deux seuls arguments valables de nos anciens ennemis ont été l’attaque, qui a souvent été la meilleure défense… et la réquisition de nos outils nettement plus efficaces.
Cela datait déjà de la guerre précédente où se sont honorés les fameux taxis de la marne, des Renault pour l’occasion.
Il n’y avait plus que les colonels, les généraux et Hitler lui même pour rouler encore en voitures allemandes sur le territoire français.
Toutes les autres factions en charge de l’avancée sur le terrain ne se sont pas cachées de s’être vraiment régalées au volant de nos fleurons nationaux, sur nos tentaculaires réseaux routiers, très inégaux et imprévisibles, mais dont les défauts étaient effacés par les Citroën légères.
Jusqu’aux années soixante dix, les voitures allemandes n’avaient aucun mérite ni aucune renommée.
Aucune d’elles n’est vraiment devenue mythique dans l’inconscient collectif, si ce n’est les quinze millions de ventes de la coccinelle et son frère combi à fleurs des Hippies.
Toutes les autres marques allemandes n’avaient aucun charme et n’inspiraient confiance que parce qu’elles étaient beaucoup plus lourdes et imposantes, ce qui est un argument en cas de choc.
Mais c’est aussi ce poids qui constituait, et aujourd’hui encore, la principale cause des sorties de routes aux cours desquelles ne sont souvent tuées que les parties adverses.
Leur suprématie actuelle est banalement due au réflexe primaire de faire le choix de donner la priorité aux plus lourd et tâcher à tout prix de devenir propriétaire de l’un de ces obus roulants, de ces descendants de tanks civilisés et au volant de cette Ford, je me suis juste un peu senti comme un traitre de collabo.
Je ne saurai jamais si le crétin des relations presse de Ford a voulu dire : « Fuck US », ce qui fait de moi un infâme anti-atlantiste anti-sionniste et donc anti-sémite, ou même « Fuck us », ce qui voudrait dire qu’ils « nous » baisent par dessus le marché, mais dans tous les cas, cela m’a gêné de me trimballer avec cette injure résonnant dans mes oreilles et inscrite aux yeux de tous dans mon dos et encore, j’ai bien pris soin de ne pas traduire par « Faux culs ».
Je me fais donc le plaisir de rappeler que Ford court depuis dix ans derrière Citroën en WRC avec Sébastien Loeb, et que c’est aussi cette marque française qui a autorisé d’autres, à enfin dominer le Dakar depuis sa retraite du Dakar.
Je suis sûr que vous serez d’accord pour reconnaître que, question mythe, les voitures françaises occupent le terrain vers le haut de l’affiche au cinéma.
Malgré l’absence de la série de propagande véhiculée par la VW numérotée 53…, peu de voitures populaires apparaissent dans les films, à part bien sur, la Ford Mustang, voiture populaire outre atlantique…
Essayez, vous verrez ce que ça fait, arpenter les routes au volant d’une Ford « Fuck You » ST mondialisée, en écoutant sur une radio luxembourgeoise un chanteur français d’origine belge habitant en Suisse et qui porte un nom à forte consonance outre atlantique ; Johnny Halliday… et vous aurez le sentiment que vous êtes en Europe alors que vous n’y êtes politiquement pas.
Dès mon retour, il m’est arrivé une autre aventure européenne semblable, un bon ami qui tient un bar m’a confié les clés de sa Citroën DS3 pour un essai…
Je suis aussitôt parti vers l’Espagne par l’autoroute, ai passé la frontière à la Jonquiera, lui ai fait le plein de sa caisse et dans la première Hacienda, me suis sustenté avec une jeune dame locale.
C’est avec un plaisir non dissimulé que je me suis souvenu, au retour, avec un réelle joie au cœur, au volant de cette excellente caisse, qu’André Citroën… était espagnol.
La froide Europe américallemande s’arrête quelque part, là où commence la vraie liberté où les premiers savent tous aller y passer leurs vacances !
Décidément, il y a bien deux Europe’s !
 
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