Richard BACI Automobiles…

Le vrai journalisme Gonzo exige le talent d’un maître journaliste, l’œil d’un photographe-artiste et les couilles en bronze d’un baroudeur…, plume et regard aiguisés, témérité à toute épreuve…, c’est avec cette exigence et ce sens de l’autocritique que j’aborde tous les grands sujets qui s’offrent à moi (comme autant de jeunes femmes en manque).

Déjà à l’époque de mes anciens magazines Chromes&Flammes, ainsi que Calandres, je ne lâchais rien avant d’entrevoir une vérité que les médias traditionnels préféraient occulter, par fainéantise ou peur de se griller.

Raconter mes doutes, comment je surmonte les obstacles dressés par les attachés de presse qui veulent m’imposer une mise en scène…, font d’ailleurs partie de ma méthode… et tant mieux si parfois je suis contraint et forcé par mon éthique élastique, de m’astreindre à des jeux sexuels pervers avec quelques jeunes dames des relations publiques…

Grillé, moi, personnellement, je l’ai toujours été…, présenté comme un éditeur iconoclaste et reporter-ovni bourré d’acides et d’alcool depuis toujours, partout où j’ai sévi…, en réalité je m’estime profondément lucide quoique halluciné sous certains angles, nul n’est parfait…, surtout quand il s’agit de gratter sous le vernis rose-bonbon dont on recouvre les dindes et dindons d’affaires peu-claires, les politiques de tous bords, hommes, femmes et transsexuels confondus (j’ai les preuves que certains et certaines cherchent à cacher leurs dessous)… et les raouts traditionnels qui constituent le Rêve auquel on nous efforce de croire depuis la dernière grande guerre.

Quand j’arrive quelque-part pour écrire un article, ce n’est pas pour flatter les honorables gentlemen qui se font de l’argent sur tout et n’importe qui et quoi…, je préfère décrire les connivences et les gueules rubicondes de la haute société décadente et dépravée.

Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se cache derrière le discours officiel : souvent, un effondrement des valeurs…, mais, bien sûr, on retrouve dans mes articles, de longues digressions sur mes après-midi alcoolisés, mes soirées épouvantablement et perversement sexuelles, mes embrouilles avec toutes les administrations imaginables (je hais les fonctionnaires, c’est une histoire familiale suite à des évènements incessants depuis trop longtemps), exaspérées par mon refus des contraintes !

Si mes extras donnent un rythme et un ton jouissifs à mes articles, ils participent plus profondément du dispositif même du Gonzo : être clairement subjectif, certes, mais tout dire au lecteur de l’état d’esprit dans lequel j’aborde mes sujets :

– Comment je m’incruste (par exemple) mi des années’80 dans les usines au bord du gouffre de : Clénet, Excalibur, Zimmer, Panther, Stutz, Intermeccanica, DeLaChapelle, DeLorean… et des centaines d’autres, pour parler à leurs patrons, mais aussi aux employés et ouvriers en attente de basculer dans la précarité…

– Comment j’ai compris l’arnaque monumentale des Fédérations d’automobiles anciennes, cul et chemise avec certains hauts fonctionnaires pour mettre au point des contraintes diverses et répétitives via des lois, afin de pomper un maximum aux gnous…, jusqu’à ce que je comprenne que tout ce toutim visait à tuer la totalité des artisans créateurs au seuls profits des multinationales n’hésitant pas pour survivre, de verser des commissions et rétro-commissions à l’infini…

D’un doigté féroce (doigté parce qu’actuellement on dactylographie directement sur les claviers d’ordinateurs, il y a un peu plus de quinze ans on aurait utilisé l’expression : plume féroce), j’ai ainsi revisité le style au gré de reportages écrits à la première personne, d’une façon totalement subjective, me mettant en scène sous les faux effets de l’alcool (et de la drogue dans certaines situations extrêmes)…

La France européanisée n’est pas l’endroit idéal, mais ce n’est pas le pire, pour qui ose briser les conventions…, quiconque grandit aujourd’hui sur le web finit par éprouver un profond besoin de fracasser les conventions comme de certaines fenêtres…

– Mais qui a véritablement lancé une brique à travers une grande baie vitrée parce que ça fait un fichu bruit merveilleux avec plein de gens qui se mettent à courir comme des rats dans un incendie dévastateur?

-Qu’avez-vous réalisé pendant toutes vos années sur le web ?

– Que lisez vous vraiment sinon des résumés en diagonale ?

On ne diagonale pas mes texticules spermater dans les fleurs :

– On me lit pour co-bousiller des fenêtres sans rien y envoyer parce qu’on me sait iconoclaste, et ce d’autant plus que c’est gratuit…

– On me lit parce que j’ai aussi un art pour faire pleurer à la lecture de mes souvenirs d’enfance, pour avoir des sanglots à lire des vies d’amertumes, des histoires de chiens qu’on abandonne, qu’on martyrise…

– On me lit pour les escroqueries et scandales que je dénonce à l’appui d’imposantes documentations couillues.

Et c’est un art en soi…, d’ailleurs tout le monde voudrait avoir le don d’agir de même, sauf qu’avant on allait au cirque ou en conférence, alors que maintenant c’est gratuit sur le web et en TV :

– Ahhhhhhh ! Quel artiste des mots en phrases! Sans compter…

C’est donc, à mon sens, le moment de vous narrer brièvement « mon basculement »…, comment j’en suis arrivé à ne plus croire en rien ni en qui que ce soit…

Une histoire banale : un de mes meilleurs amis, un brave gars un peu bourru mais au cœur généreux m’a offert un set « tire-bouchon » à 8€99 en promotion dans toutes les bonnes stations-service d’il y a une douzaine d’année, pour mon anniversaire de mai, à Monaco lors d’une vente aux enchères Coys ou je l’avais invité tous frais payés, 8 jours et nuits avec sa Muse…, car je profitais de cela pour lui offrir la finalité d’un livre qu’il avait divagué et que j’avais amicalement passé plusieurs jours (et nuits) à corriger, mettre en page…

J’ai reçu plus tard une tragique missive en émail que j’ai lue en prenant mon petit déjeuner à 9h30 du matin… et j’en suis venu à lui répondre un mail :

« Part en Australie…, un boulot de gardien de moutons quelque part au fin fond de la cambrousse, ça te tiendra occupé avec une provision de whisky et de codéine…., ça te maintiendra suffisamment à la masse pour encaisser le choc quand moi qui t’a aidé je finirai de l’autre coté du miroir sans jamais que tu m’a remercié…, ce qui s’ensuivra sera un cauchemar, mais ne t’inquiète pas, tes amis et amies d’un autre web seront derrière toi…, ne dis rien, n’écrit plus jusqu’à ce que ça t’arrive…, ne revendique même pas de lien d’amitié avec moi »…

Quelques jours plus tard je partais aux USA, entre autre « choses » pour réaliser une interview de Richard Baci un « suffisant-prétentieux » avec qui toute discussion ne s’achève jamais sans qu’il n’ait placé, au moins une fois, qu’il est un « designer », impliquant ainsi, que ses concurrents ne sont que des cons, un reportage exclusif…, ainsi soit-il.

Sachez, chers « tousses » qu’en dépit de vos protestations indignées, je pensais alors et j’en suis convaincu actuellement, que choisir entre deux horreurs, n’est pas une alternative digne de ce nom… en ce cas d’il y a 12 ans, alors que les « Néo-classiques » survivaient encore et qu’on arrivait à les immatriculer sur le fil de faux documents…, qu’acheter une Baci plutôt qu’une autre néo-classique du même mauvais genre, était un choix entre l’obscénité et la vulgarité… et pourtant, les peuples ont le genre de voitures qu’ils méritent, c’était le début de la grande déglingue, l’année où la grande dinde américaine a commencé ouvertement à vous chier sur la gueule…, pour le pire.

C’était donc une certaine curiosité morbide qui m’avait décidé d’aller enquêter sur la Baci…. et pas nécessairement la « nouvelle Baci » d’alors, ou même le dernier futur modèle de la vieille « nouvelle », que les journaleux avaient surnommé « Version IV ».

Mon but était de découvrir l’homme qui se cachait derrière cette abomination, ou peut-être de m’apercevoir qu’il ne portait aucun masque et n’était en fait que ce qu’il semblait être, un homme en plastique qui fabriquait des autos en plastique, environné de malins mercenaires si prudents qu’ils avaient l’air en plastique eux aussi…

Avant que je n’arrive dans la fausse usine Baci qui n’était qu’un entrepôt presque délabré, Mister Baci avait dû sentir que j’étais un danger et il avait téléphoné à plein de gens pour vérifier qui j’étais…, et pour m’accueillir, il était entouré de types qui portaient des costumes sombres informes et avaient des cheveux pleins de brillantine (on aurait dit des mannequins pour un défilé de mode du Club des Gangsters locaux).

De toute façon, la Baci n’était pas une des voitures que je préférais, pendant des années, j’avais toujours considéré que sa seule existence constituait un monument vivant à tous les gènes pourris et à tous les chromosomes détraqués qui étouffaient les possibilités du vrai rêve automobile américain ; la Baci n’était pour moi qu’une fétide caricature d’elle-même, sans âme, avec l’ingénierie d’un tracteur et le style d’un bazar indéfinissable…

Pour arriver à pas grand chose, Richard Baci avait engagé des techniciens pour l’aider à gagner des parts de marché sur d’autres voitures du même style qui n’existaient plus…, comme équipe, ils étaient redoutables, il y avait des vieux pros d’autres marques qui ne trouvaient plus de travail depuis 15 ans…, des jeunes carrossiers Turcs estropiés… et un vendeur quasi paraplégique chargé d’expliquer aux journaleux agacés que : Mister Richard Baci travaille dur.

Il s’escrimait à couvert, en quelque sorte, avec de subtiles contradictions de l’esprit, confessant qu’il avait un plan, mais sans rien vouloir en dire quoi que ce soit…

Il lui était inutile de nier qu’il comprenait parfaitement les rouages du système, donc, patriotiquement, il m’a dit :

Personne ayant mes responsabilités de vouloir commercialiser la voiture Néo-Classique la plus extraordinaire du monde, ne doit révéler ses positions à l’avance !

J’étais arrivé à Milwaukee/Wisconsin en pensant trouver une sorte d’âne en train de braire… et j’en ai été directement convaincu…, même si Richard Baci était d’une prudence de serpent ; il souriait constamment, s’exprimait en amicales platitudes, et tendait l’autre joue au moindre signe d’hostilité…., comprenez que ses relations avec la presse américaine étaient bonnes, tout simplement… et si quelqu’un faisait allusion à sa Baci comme étant une stupidité…, il se contentait de sourire et changeait de sujet.

Consciemment il s’efforçait de ne pas se mettre les journaleux à dos, mais il s’en méfiait terriblement…, Humphrey Bogart aurait eu une médiocre opinion de Richard Baci, lui qui affirmait : On ne peut pas faire confiance à un homme qui ne boit pas..., sans même rappeler ici que, paraphrasant Raoul Duke concernant Nixon, je pensais : Je n’achèterais jamais une voiture à Richard Baci, à moins qu’il ne soit saoûl.

Les gens qui pensent et parlent ainsi n’étaient pas du genre qu’il aimait avoir autour de lui, surtout quand il était occupé à autre chose et ne pouvait les surveiller du coin de l’œil…, ce qui expliquait pourquoi ses employés étaient tellement énervés que j’assiste à la conférence de presse…, il était prévu qu’il se fasse quelques publicités télévisées chez CBS, aussi Richard Baci devait-il y répondre aux questions de divers journaleux triés sur son volet personnel…, la vraie presse n’avait pas été conviée ; mais je voulais voir Richard Baci dans un cadre détendu et informel…

C’est un enregistrement commercial, m’a expliqué sa secrétaire, Croyez-vous que Procter & Gamble vous accepteraient dans leurs studios ? ou Ford ?…

Elle avait été secrétaire dans une petite usine qui fabriquait des boîtes de vitesse et des pignons à Chicago avant de devenir la secrétaire très particulière faisant fonction d’attachée de presse, je n’ai donc pas été surpris par sa curieuse analogie…, j’ai simplement haussé les épaules et l’après-midi j’ai pris un taxi pour CBS afin d’assister à un cirque…, m’attendant à moitié à me faire jeter dès mon arrivée.

Rien de tel ne s’est produit, peut-être parce qu’une équipe de cameramen ne faisant pas partie de CBS s’était invitée et était déjà là…, protestant sombrement parce que Richard Baci ne voulait pas les recevoir…, ils sont repartis à mon arrivée, mais je suis resté pour voir ce qui allait se passer.

L’atmosphère était totalement sinistre…, Richard Baci était dans une autre pièce, en train de répéter avec sa secrétaire très particulière…, ils devaient veiller à bien formuler les questions… et, pendant ce temps, divers employés me surveillaient tour à tour.

Aucun d’entre eux ne savait quoi, qui et qu’est-ce…, quels qu’ils soient, ils étaient entourés d’un secret absolu…

A un moment, je prenais des notes près de la porte du studio, quand elle s’est soudain rabattue… et deux employés au format d’armoires à glaces se sont approché de moi avec un air très menaçant !

Qu’est-ce que vous écrivez ? m’a lancé l’un d’eux.

Des notes, ai-je répondu.

Eh bien, allez les écrire à l’autre bout de la pièce, a dit l’autre, Ne restez pas près de cette porte !

Devant tant de sympathie, j’ai résolu de rentrer et de vous narrer le plus sobrement possible, ce qui s’était passé…

Bon…, je vous avoue avoir attendu que Baci fasse faillite, c’est actuellement chose faite…, inutile donc de vous ennuyer avec des données techniques…