Faillites et escroqueries générales du monde automobile…

Marussia c’est fini…
Wiesmann a tiré sa révérence…
Vencer-Sarthe n’aura été qu’un pseudonyme collectif…
Renovo restera une bizarrerie frankensteinesque unique…
Heijnsdiik fut une bétise mort-née…
Quant s’est révélé n’être que la résultante d’un long prêche mortuaire désincarné…
Bailey Motors n’aura jamais de date officielle de disponibilité annoncée…
Youabian a disparu…, tout comme Impéria…
Corvette vivote, Maserati est sous perfusion, Fisker s’est volatilisé, Artega fut une déconfiture…

Et ce n’est pas terminé !
Les deux seules Mini amusantes, quoiqu’étranges sont rayées du catalogue…
La caricaturale Bewerp Savage Rivale Roadyacht GTS a été enterrée…
La Pagani, on ne sait plus…, la W-Lykan-Hypersport non plus…
L’Oroshi Premium Gold de Mitsuoka restera un Sushi géant…
Spyker, le constructeur néerlandais de voitures de sport, qui avait eu l’ambition de racheter Saab en 2010…, a été officiellement déclaré en faillite…

Dans l’univers impitoyable de l’industrie automobile, les constructeurs exotiques dont la production ne dépasse pas quelques dizaines d’exemplaires par an, disparaissent tous après une vie dure de rêves cauchemardesques, d’illusions perdues avant même de commencer… et d’escroqueries diverses.
La presse automobile a de moins en moins de sujets à mettre en page, les constructeurs ont de moins en moins de beaux projets dans leurs cartons…
On croise de moins en moins d’automobiles de rêves, aussi bien dans les pages que dans les rues si ce ne sont dans quelques rares shows improbables ou des illusions perdues d’avance sortent de nulle part, pour y retourner… ce qui fait gémir la masse de milliers de traumatisés en quète de catalogues gratuits…

Je garde toutefois un bon souvenir désabusé de la Spyker dont le design était un mélange de styles façon Steam-Punk avant-gardiste mélancolique, chaque Spkker était une folie pure, un monolithe magnifique, massif et dangereux qui impressionnait en aspirant toutes les influences, pour recracher une mélasse indescriptible…, mais pas grand-chose d’autre…
« Le tribunal, à la demande de l’administrateur, a converti le moratoire de paiement accordé à Spyker le 2 décembre, en faillite », avait sobrement indiqué le groupe dans un communiqué, soulignant qu’un financement provisoire n’était pas arrivé à temps pour le sauver…, c’était la fin de l’aventure débutée avec l’association en 1999 de l’homme d’affaires Victor Muller et de l’ingénieur Martin De Bruijn, tous deux désireux de gagner un max en réutilisant le nom de la marque Spyker disparue en 1925 !

Après le départ de l’ingénieur De Bruijn en 2005 (il avait pressenti que l’affaire n’était pas vivable), Victor Muller avait tenté de renouer avec un imaginaire passé glorieux… en proposant des voitures dessinées par le carrossier italien Zagato et motorisées par Audi.
L’annonce de la faillite fut ensuite le dernier rebondissement pour une entreprise qui avait brièvement détenu Saab avant de la vendre à une entreprise chinoise NEVS AB en 2012 (qui n’en a rien fait)…, un tribunal américain avait toutefois rejeté la demande d’une indemnisation de 3 milliards de dollars de dommages et intérêts contre General Motors…, Spyker avait accusé GM de faire dérailler son plan de vente de Saab à un autre acheteur chinois de celui qui l’avait acheté par la suite.

Plus récemment, la compagnie s’était concentrée sur des supercars comme la B6 Venator…, mais avait des difficultés à payer le loyer de ses locaux… de plus il n’y avait plus de clients…
« Au fil des ans, nous avons entrepris des projets audacieux qui ont laissé leurs marques sur l’entreprise »… avait déclaré Victor Muller, qui tentait de faire « bonne figure » en vue d’un rebond ailleurs…, il déclarait en ce sens : « Aucune des ambitions que nous avions quand nous avons créé Spyker il y a quinze ans ne disparaît avec la faillite de l’entreprise. Si un miracle se produit je poursuivrai mon but de fusionner avec un producteur d’avions électriques et je développerai des voitures électriques révolutionnaires »
Il n’y a plus beaucoup de clients pour les pitreries qui sont depuis longtemps inutilisables au quotidien, qui  coûtent des fortunes en entretiens complexes, qui servent d’indicateurs aux fiscards en chasse, qui s’avèrent des cauchemars à posséder, qui ne représentent plus rien que la vanité de leurs propriétaires, dont certains se perdent en les collectionnant comme des papillons épinglés dans des garages bunker…

Il est toutefois vrai que le design intérieur des premières Spyker étaient des putains de chef-d’œuvre, la richesse esthétique filait le vertige…, mais tout le reste donnait la frousse à en chialer de bonheur, seul, perdu à dériver dans une transe épileptique !
Depuis que l’aventure est finie depuis quelques années, certains continuent à planer, car ils croient que les fantômes d’un passé révolu chantent à l’horizon alors que les étoiles leurs foncent dans la gueule pendant que les anges les bercent d’illusions… et c’est putain de magnifique, c’est de la folie pure…, mais le passage à tabac ne dure qu’un temps… et le silence se fait vide, ambiant, mortuaire, sublime…, sérieusement, ce bazar ahurissant, qui file les larmes aux yeux à n’importe quel cœur de pierre, c’est l’euthanasie infinie des masses après de longs années d’espoirs…, entre prières mystiques et chutes dans le gouffre.

Spyker n’était pas grand chose, mais annonçait la couleur du ciel…, car sous couvert d’anonymat et avec la promesse d’un retour d’ascenseur, le Grand-Patron d’un constructeur français m’a dit personnellement dans une des allées du Salon de l’Auto de Genève qu’il allait y avoir quantités d’autres morts :
– Mr De Bruyne, permettez que je vous appelle Patrice ?
– Mr Carlos Tavares, c’est tout plaisir…
– C’est anonyme n’est ce pas ?
– Tout ce qu’il y a de plus anonymes…
– Contraints par les nouvelles normes européennes de réduire de manière drastique les émissions de CO² de tous les véhicules avant 2020, l’industrie automobile est contrainte de se lancer dans une course folle à l’électrique fortement encouragée par les Gouvernements. En un temps record nous devons développer des technologies qui n’existent pas encore réellement, lancer des modèles non-aboutis et contraindre par tous les moyens imaginables, le public souvent septique, à ce qu’il se tourne vers des automobiles électriques onéreuses ne correspondant en rien à leur usage et très difficile à recharger faute d’infrastructures suffisantes.
– Je compatis Carlos…
– Merci.
– Je suppose que si les groupes automobiles ne vont pas assez vite, les sanctions seront impitoyablement dantesques ?
– Des centaines de millions d’euros, voire des milliards d’amendes. C’est un scénario intenable. L’Europe met en péril les treize millions de personnes qui travaillent dans l’industrie automobile.
– Carlos, n’est-ce pas exagéré ?
– Non, Patrice, en quelques semaines a supprimé plus de 20.000 postes. Après Jaguar, Land Rover et Ford, Volkswagen a confirmé hier la disparition de 7.000 emplois d’ici à 2023 en raison du basculement vers le tout électrique dont le groupe est responsable en grande partie. Sans le DieselGate et divers tripatouillages impardonnables, le scénario aurait été différent. Le fait que les moteurs diesels modernes rejettent moins de CO² que les moteurs à essence ne change rien, le sort de cette technologie est scellé. Celui des sous-traitants aussi.
– Votre confrère vient de me dire que 15.000 emplois vont être supprimés en France où la part du diésel a été divisée par deux depuis 2012…
– Bercy réunit ce lundi les pros du secteur pour envisager un plan d’action alors que c’est trop tard, toutes les entreprises sont en difficulté majeure, une sorte de grand-crash…
– Le virage vers le tout électrique fera du bien à la planète…
– Pas du tout, c’est une illusion. De l’extraction des matières premières au recyclage des batteries, le bilan carbone des véhicules prétendument Zéro-émission n’est pas meilleur que celui des modèles thermiques. De plus l’électricité que consomment les voitures électriques provient comme en Allemagne, de centrales à charbon très polluantes !
– Et l’Europe ne disposant pas de filières capables de produire des batteries, place tranquillement la Chine en situation de monopole pour l’avenir ! Mais on nous assure que c’est pour notre bien !!!!
– Ahahahahahahahahah !