Ferraillerie 250 GTO : 40 millions d’emmerdes…

Même pas rouge !!!

Les gens de pouvoir, les consuméristes et les merdias… refuseront toujours d’admettre qu’il mentent : préfèrant expliquer qu’il n’y a pas de faits objectifs, il n’y a que des opinions…

La vérité n’est qu’une interprétation…, il n’y a pas de faits, juste des opinions et des interprétations du réel qui dépendent du bord politique de chacun… ou, si on est vendeur ou acheteur…, militaire ou poète…, pervers ou fleur-bleue.

70% des déclarations, affirmations, commentaires, expertises… etc.etc. sont fausses ou partiellement fausses, mais comme le public, les beaufs, les moutons ; les citoyens lambda croient ces mensonges, la distinction entre le vrai et le faux n’a plus vraiment d’importance.

Ce qui est intéressant à constater, ce sont les gens qui disent que les faits sont des faits…, alors que ce ne sont pas vraiment des faits.

Chacun a une façon…, c’est un peu comme des évaluations ou voir le verre à moitié plein ou à moitié vide…, chacun a sa façon d’interpréter et de dire que c’est la vérité ou pas.

Malheureusement, les faits, ça n’existe plus…

Nous sommes dans une ère de post-vérité, une période pendant laquelle les faits objectifs influencent moins l’opinion publique que les appels à l’émotion et les croyances personnelles.

Dans certains endroits, c’est la vérité…, dans d’autres c’est que mensonges… pour s’en sortir, on fait comme s’il s’agissait simplement de différences de points de vue…

L’histoire est toujours écrite par les vainqueurs… et le peuple croit les vainqueurs… et au plus la vérité est déformée, modifiée, tordue, renversée, inventée, au plus les gens y ajoutent de l’intérêt, de la crédulité… en sus d’autres distortions et mensonges…

A voir et constater le dégré zéro des masses lobotomisées, rien ne sert de tenter de rétablir les vérités, on vous assènera que vous mentez, que vous n’avez rien compris, que vous êtes manipulateur…

Et si cela va dans les enracinements émotionnels et religieux, là, c’est la totale…, remettez en cause l’existence des chambres à gaz et vous serez damné, poursuivi, haï, vilipendé, détruit… par des gens qui n’en connaissent rien d’autre que ce qu’on leur a lobotomisé comme étant une « vérité vraie » (preuve qu’il y a des vérités fausses)…, pareil que ce que nos ancêtres vivaient du temps de l’inquisition ou ne pas croire en Jésus et la Vierge Marie, était passible du bûcher après d’épouvantables tortures et mutilations…

Donc, on n’ose plus objecter, on n’ose plus rire…

L’humour de Desproges serait quasi impossible en 2016/2017, voyez Dieudonné poursuivi par les foudres d’un Valls, alors qu’on a obligé officiellement des écoliers à dire qu’ils étaient des « Charlie’s », uniquement parce que Valls est, de ses dires « indéfectiblement Juif », alors que quelques années plus avant, il plantait des arbustes pour la cause Palestinienne…

Nous sommes manoeuvrés, lobotomisés, conditionnés…

Les mensonges de Valls et Hollande, pour une grande partie de la population, c’était la vérité…., quand il disaient qu’ils étaient la planche de salut de la Franchouille, les franchouillards y croyaient, des millions de gens étaient leurs supporters, les gens étaient convaincus qu’il y avait des faits qui confirmaient leurs affirmations. Ceux qui remettaient tout en cause, étaient haïs…, c’étaient des propagandistes, limite « complotistes » mais assurément « conspirationistes »…, qui diffusaient des mensonges et que ce n’était pas confirmé par les faits…

Les faits ?

Qu’est-ce qu’on nous a « bassiné » avec Kadhafi, puis avec Assad et la Syrie, avec les figures angéliques de BHL et Hollande portant « LA » vérité vraie… quitte a entrer presque en conflit nucléaire pour remercier les « Yankee » des « dons » par milliards en comptes secrets leur destiné…

En fait de faits…, c’est pour s’approprier leurs richesses, aucune population ne fait le poids…

Les faits ?

Qu’est-ce qu’on nous bassine avec les oeuvres d’art, des « machins » peints (ou sculptés) par des pôvres hères qui vivaient miséreux et ont « crevé » dans la merde…, des « conneries » dont personne ne voulait de leur vivant… et qui ont pris ensuite des valeurs totalement indécentes dont ils (et elles) n’ont jamais profité…

Les Tournesols de VanGogh, une toile en échange d’une livre de viande…, maintenant plus de 100 millions d’euros…, pourquoi ?C’était la même merde du vivant de VanGogh, quel est le miracle qui fait que la toile passe à un coéficient de 1 à 10.000.000 ?

Et les « ceusses » qui font les files en musées, qui n’y « connassent » rien…, faut voir dans quoi ils vivent, leurs goûts, leurs meubles, leurs photos, ils ne savent pas peindre, qu’est-ce que ça va leur changer d’avoir vu une toile de VanGogh ?

Rien…

C’est comme les T’shirts VonDutch, une escroquerie, le gars n’en a jamais rien su… et concernant Picasso, la masse pense direct à Citroën…

En fait de faits…, « on « dit que l’ART, c’est purement spéculatif…, mensonge pour les gogos…, c’est plus subtil…, c’est l’art de l’arnaque des valeurs, le même style que la valeur du papier monnaie…, ce n’est que du papier imprimé, mais on croit que ça vaut des fortunes parce qu’on nous le bassine…, il n’y a même plus de garantie or, il n’y a d’ailleurs plus d’or, la monnaie n’est plus basée sur l’or, mais sur la confiance…

En fait de fait, c’est basé sur la peur…, la peur de tout perdre si on n’y croit plus…, plus personne n’y croit, mais comme il n’y a rien d’autre, ça continue…

Du coup, on crèe de la valeur sur du papier, comme sur rien…, il faut y croire… et comme tout le monde y croit, c’est évangile…

Les faits ?

Qu’est-ce qu’on nous bassine avec les bagnoles de plus de 30/40 millions d’euros, strictement rien ne justifie de tels montants, si ce n’est une arnaque…, la précédente, c’était « La Bardinon », une merde totale à conduire, ridicule bétise, aucun intérêt, inutilisable en toutes circonstances…, mais 30 millions et plus…

Faut être pitre ou gogo, je sais plus…

10 ans plus tôt, Bardinon l’avait eue pour l’équivalent de 5.000 euros, personne n’en voulait… alors qu’une Bugatti Royale valait 10 millions venant d’un échange après guerre avec des frigos !!!

Le monde est fou…

Pas vraiment, car c’est comme pour le papier monnaie, il faut que les gens croient que ça vaut tant pour que ça les vaille…

Un fou a réussi avec un urinoir, il a dit que c’était une oeuvre d’art… et maintenant l’urinoir de Duchamps vaut plus d’un million d’euros…

Les faits ?

Qu’est-ce qu’on nous emmerde grâve avec la Ferrari 250GTO, c’est une vraie casserole, inconfortable au possible, même pas 300 chevaux, apocalyptique à conduire, un cauchemar… et voilà qu’une même pas rouge, une toute bleue, est annoncée 40 millions d’euros…

Vous croyez que c’est mythique parce qu’on vous a bassiné/lobotomisé que c’était une voiture mythique, alors que c’est une ferraillerie comme les autres…

Venez, on va faire une p’tit balade…

La Ferrari 250 GTO était, dans sa version d’origine, une berlinette de compétition, une voiture qui a marqué son époque, qui a ridiculisé toutes ses concurrentes, une voiture au volant de laquelle un pilote peu talentueux se transformait en volti­geur, une voiture qui aux mains des plus grands était imbattable.

C’est le mythe, 99% d’entre-vous n’en ont jamais vu une… et 99,999999% ne l’ont jamais conduite, même les journaleux…

Malgré tout vous croyez que c’est le St-Graal de l’auto, alors que c’est une ferraillerie !

Quelques grands noms qui l’ont rendue célè­bre… : Lucien Blanchi, Olivier Gendebien, Paul Frère, Bernard Consten, Jean Guichet, Jo Schiesser, René Trautman et Maurice Trintignant, mais aussi Bandini, Scarfiotti, Graham et Stirling Moss, David Piper, John Surtees, Hill Masten Gregory, Phil Hill, Roger Penske et Richie Ginther… et tant d’autres partout dans le monde.

Rien que d’écrire ça, c’est évangile, critiquer la bête c’est pire que blasphémer…

C’était une voiture éclectique, puisqu’elle gagna aussi bien le Tour de France que les 12 Heures de Reims, les 24 Heures du Mans, les 12 Heures de Sebring, la Targa Florio, le Tourist Trophy et le Grand Prix de Spa-Francorchamps…, bref une histoire…

Sauf que la 250GTO était une arnaque, pas vraiment homologuée malgré le « O » de « Omologato »… et que beaucoup d’autres voitures ont battu…

Trente neuf Ferrari 250 GTO ont été construites entre 1962 et 1964, elles sont toutes répertoriées par leur numéro de châssis et l’on sait exactement où chacune d’entre elles se trouve aujourd’hui grâce à la « bible » de Jess Pourret…, mythe encore puisqu’aucune n’est 100% authentique, entre les totalement bidouillées, les reconstruites et les fausses déclarées authentiques par l’usine en contre-partie de valisettes de dollars…

La voiture est BELLE, belle comme c’est pas possible, plus beau que ça… on meurt, ou alors c’est une ancienne Aston-Martin Zagato, une Lamborghini Miura ou une Ac cobra 427 !

A force de l’écrire elle est encore plus belle…, c’est comme Marylin, fallait vivre avec elle pour partir ailleurs…

Elle avait été dessinée par PininFarina et réalisée par Scaglietti.

Juste au-dessus de la bouche d’air de refroidis­sement du radiateur, se trouve la caractéristique qui identifie la GTO des autres modèles GT : les trois ouvertures à volet.

Elles servaient à procurer une ventilation supplémentaire selon les circuits et les conditions de température.

Vous y croyez ?

Les phares sont carénés en plexi, les deux ouïes d’extraction d’air chaud servent respectivement pour les freins et le compartiment-moteur… et la li­gne générale est toute en galbes, gracieuse et sensuelle mais terriblement efficace et aérodyna­mique.

Vous y croyez aussi ?

C’est, par exemple, le premier coupé/com­pétition à avoir été équipé d’un becquet arrière… et la légende dit qu’il fut imaginé par Richie Ginther, à ce moment-là pilote d’essai chez Ferrari, alors qu’il testait la voiture.

Des problèmes de stabilité à haute vitesse créaient un flottement du train arrière, et, se sou­venant de son expérience d’aviateur, il demanda aux mécanos de découper une feuille d’alumi­nium et de la fixer à l’aide de rivets… et le problè­me fut solutionné !

Plus gag on meurt…, mais c’est la légende…

Lorsque les premières Ferrari à becquet apparu­rent sur les circuits, les concurrents qui posaient des questions quand à l’utilité de la chose se voyaient répondre : « Oh, c’est pour empêcher les fumées d’échappement de rentrer dansl’habita­cle, ça se produisait parfois dans des freinages serrés ! »…

Toutes les vitres sont en plexi, sauf le pare-brise qui est en Triplex (eh oui,déjà)… et la carrosserie est en aluminium.

Un essai…

Un petit village de montagne, entre Nice et Can­nes, un beau matin, frais mais ensoleil­lé, il est neuf heures du matin, je suis ponctuel au rendez-vous fixé par « JJ », un de mes fer­vents lecteurs, grand amateur de Ferrari devant l’Eternel.

Il m’attend devant la porte du garage, pas trop frais d’avoir passé la moitié de la nuit à véri­fier les comptes du petit établissement qu’il gère… et me met tout de suite à l’aise par quelques mots gentils.

Le personnage est d’une politesse exquise et d’une grande courtoisie, très « vieille France » dans son langage mais résolument mo­derne dans ses goûts vestimentaires.

– « Viens Patrice,suis-moi, la GTO est tout au fond du garage. Et dit à tes deux potes, le photographe et son glandeur qui porte ses sacs, de nous suivre pour les photos, OK ? Mais qu’ils viennent avec toi pour m’aider à démarrer cette pouffiasse de merde »….

Et nous voilà partis à ses trousses dans la des­cente qui mène à un grand parking souterrain, plongé dans la pénombre.

D’un coup de pouce énergique, il allume la minu­terie… et nous attendons une minute, immobiles, pour voir s’allumer quelques néons blafards.

Nous reprenons notre progression vers le fond du garage… et là, tout au bout, à gauche contre le mur du fond, une forme élancée sous un drap blanc.

– « Voilà, c’est elle. Vous me donnez un coup de main pour la pousser hors de là qu’on la mette en marche sous les néons ? »…

Et nous voilà tous les trois à pousser l’auto, la gorge nouée par l’impatience, le coeur au bord des lèvres à l’idée du moment grandiose où il va dévoiler la belle.

Un peu essoufflés de cet effort un peu trop mati­nal, nous nous écartons respectueusement de la voiture, il soulève un coin du drap… et d’un geste Césarien, le soulève soudainement d’un air théâtral.

– « La voilà, elle est belle, hein ? »…

A nous de dévisager la bête, de la détailler sous toutes ses coutures, de s’exclamer béatement tous les adjectifs laudatifs dont on use dans ces cas-là.

Et c’est vrai que, même sous la lueur bla­farde d’un néon de 40 watts, elle est superbe, le toit vous arrive au coude tellement la voiture est basse, les Borrani sont merveilleuses et les…

Clac, la lumière s’éteint.

Le plus audacieux d’entre nous s’avance au péril de sa vie dans un noir d’encre vers l’interrupteur le plus proche… et deux minutes plus tard les néons se rallument.

On ouvre le capot… et on frise la syncope à la vue du fabuleux moteur TestaRossa, V-12, double-arbres, 3-litres pour 300 chevaux, carter sec et six doubles Weber dont les trompettes vous re­gardent droit dans les yeux, double-allumeur Marelli et collecteurs spaghetti…, même si on en a vu d’autres, on flippe.

Mais voilà notre hôte qui se glisse au volant…, et notre rythme cardiaque de monter en flèche à l’i­dée que dans quelques brèves secondes, nous allons ENTENDRE la symphonie du V-12, ampli­fiée par la résonnance du grand garage.

Con­tact… et bizzz, les doubles pompes à essence se mettent à fonctionner.

Quelques secondes se passent, puis la clef de contact s’enfonce dans le tableau de bord et le démarreur se met à chuinter…

Briieuileuiieuiieu…, et puis…plus rien…!

– « C’est rien », dit-il « faut amorcer les pom­pes »…

Bon, et re-coup de démarreur, et toujours rien.

Puis la lumière s’éteint.

Puis elle se rallume pour s’éteindre à nouveau… et « JJ » sort de la GTO comme un diable hors d’une boite… et s’en va actionner l’interrupteur d’éclairage en s’é­criant :

– « Merde de putain de charrette, c’est cha­que fois la même chose avec cette poubelle, j’en ai marre ! »…

Atterrés, nous nous demandons avec frayeur s’il va se mettre à lui donner des coups de pied dans les pneus, ou pire encore, s’il va lui remet­tre son drap blanc la et ranger à sa place… et fini le reportage sur la GTO !

Mais non, « JJ » reprend ses esprits… et dit d’une voix tremblante de colère conte­nue :

– « Il n’y a probablement pas assez d’essence dans le réservoir et donc les pompes n’amorcent pas…, mais cela mis à part, toutes ces Ferrari sont des saloperies, toujours en panne, toujours des merdes et des conneries… Je ne comprend pas pourquoi tant d’idiots payent des millions et des millions pour acquérir autant de merde ! »…

Qu’à cela ne tienne, il y a un bidon de réserve dans le coffre de ma Rolls Royce Silver Spur… et je m’é­lance vers la sortie quand…

Clac la lumière s’éteint….

A ce moment-là, je prend la collégiale décision qu’un d’entre nous se postera en per­manence à côté de l’interrupteur pour que les entractes soient moins longs et que la mise en marche puisse se dérouler sans plus d’interrup­tions lumineuses.

Je reviens, essouflé de ma course, avec le bidon que je vide dans le réservoir de la GTO.

Manque de chance, je n’avais pas emmené le bec-verseur, ce qui fait qu’un bon tiers des cinq litres coule sur la belle carrosserie!

– « Et mer­de Nom de Dieu, c’est pas Dieu possible des conneries pareilles, j’aurais pas dû me lever au­jourd’hui ! »…

Vraiment fâché, « JJ », qui s’engouffre énergiquement dans l’auto et action­ne à nouveau le démarreur…

Brieuieuieuieuieuieuieuieu euh… euh… euh… glup…

– « Merde de merde, saloperie de chignole, putain de bagnole, quel piège à con… ! »…

Rien, ça n’amorce pas… et en plus la batterie est morte !

Là, il bondit hors de la voiture, se fait mal au ge­nou en accrochant le volant, hurle, jure et bla­sphème comme seuls les méridionaux de grand teint savent le faire… et il donne un grand coup de pied dans un pneu !

La lumière s’éteint, puis se rallume… et nous déci­dons de ponter la batterie sur celle d’une autre voiture garée un peu plus loin.

Et re-poussette qui nous essouffle les poumons.

Entre-temps, mon photographe est allé remplir le bidon à la station-service au bout de la rue.

La batterie est pontée, « JJ » est au vo­lant… et le démarreur à retrouvésa vitalité.

Puis soudain, il ressort de la voiture, ouvre le capot-moteur, s’empare, d’un geste excédé, du bidon, se met à verser un filet d’essence dans chaque trompette de carbu, puis le jette violemment au fond du garage en hurlant :

– « Merde à Enzo et ses cochonneries ! »…

De retour derrière le volant, coup de démarreur, et….

Brieuieuieu…

Paf… brieurieuieuieu…

Pof, paf…

Vraoum…, ça démarre !!!

Miracle, soulagement, sourires et exclamations.

– « C’est pas trop tôt ma salope, faut te chatouiller et te faire des papouilles, hein poubelle ! »…

Puis tout se passe très vite, incroyablement vite, comme si « JJ » avait peur que le moteur se coupe ou se noie.

Il hurle « monte », mon photographe et son assistant se dispersent, ou s’encourent, je ne sais pas, en tous cas dans les dix secondes qui suivent je suis assis dans le baquet du passager, il a enclenché la première… et on roule !

Il attaque la pente du garage très lentement et, arrivés au-dessus…

Craaaccccccccccc…, on accroche l’échappe­ment… !

« JJ » jure : « Cochonnerie, saloperie »…, ne s’arrête même pas, il a sans doute l’habitude, il est surtout très énervé !

Et voilà que nous nous retrouvons en plein cen­tre-ville.

Les échappements (des tromblons de com­pétition) ne sont pas très discrets, je vois les piétons se retourner (quand je dis que je les vois…, je vois des chaussures, des jambes et parfois le bas d’une jupe, j’ai l’impression que les bordures sont l’horizon tellement on est bas).

On tourne à gauche, à droite, les rues s’enfilent sans que je n’ai pas encore bien réalisé que je suis sorti de ce foutu garage et que j’ai le derrière, dans un banquet de GTO qui roule vers je ne sais où…, je pense à mes amis… me retrouveront-ils ?

Il est 11h30 quand nous sortons de la ville.

Ma voiture suit avec les appareils-photo, et nous nous rangeons tous sur un bas-côté de la route pour un briefing.

« JJ » sort de la GTO en laissant tourner le moteur et dit :

-« On va se monter le col d’Eze… et tout en haut sur la corniche vous pourrez prendre des photos, OK ? Patrice monte avec moi »…

Et me voilà de nouveau coincé dans ce baquet bleu, les jambes allongées àl’horizontale, les pieds bien en appui sur le plancher en alu… et je profite de ces quelques instants avant le départ pour détailler l’intérieur. Tout est noir mat, il n’y a pas de tableau de bord, rien qu’un assemblage de tubes qui rappelle que ce châssis est un assemblage de tubes…, les instruments sont re­groupés dans une nacelle juste devant l’énorme volant en bois, au-dessus du tunnel, une rangée d’interrupteurs et au-dessus de mes genoux di­vers boîtiers de relais et fusibles.

C’est vraiment un cockpit de voiture de course, tout est nu, pas même de garnissage de pavillon ou un bout de tapis, rien que de l’alu noir mat et un million de rivets.

On a l’impression que l’auto tient ensem­ble par des rivets… et que si le rivet Pop n’avait pas été inventé il n’y aurait jamais eu de Ferrari 250 GTO !

– « Il y en a qui donnent maintenant plus de 10 millions pour une fausse qui est encore plus cochonnée que celle-ci ! Et il y a 5 ans, ça valait que dalle ces merdes, personne n’en voulait ! Putain de chiotte, toujours en rideau, et ça chauffe l’enfer »… hurle « JJ » devenu hystérique…

Le levier de vitesses, avec sa grille chromée typi­que, est incroyablement haut, il vient jusqu’à hauteur de volant qui lui-même est pratiquement vertical.

Les pédales sont perforées de grands trous ronds, très pratiques pour se racler des se­melles boueuses, et allégeant la voiture d’au moins 20 grammes.

Notre ami se cale dans son baquet, donne quel­ques coups d’accélérateur rageurs en regardant le gros compte-tours qui est face à lui (gradué jusqu’à 10.000 tours), pose sa main droite sur le gros pommeau métallique du levier de vitesse, embraye passe la première, ferme sa portière…

Accélérateur à la planche jusqu’à 5000 tours avant de passer la seconde… et j’ai déjà envie de hurler de trouille…

Le bruit de ce V-12 qui monte en régime comme s’il était au banc est assourdissant, tout vibre au rythme des bielles comme si vous étiez assis à califour­chon sur la cloche d’embrayage.

Seconde à 5500, je vois avec horreur approcher une épingle à droite à 300 mètres, et ma gorge se noue, l’accélérateur doit être bloqué !

Il fonce comme un malade, le virage s’approche à toute allure et je ferme les yeux.

Puis VLAN, il tape sur les freins, ma tête est projetée en avant, il fait un double débrayage, enclenche la première… et d’un coup de volant balance la voiture à droite.

J’ouvre les yeux… et il accélère déjà plein pot en ligne droite, je suis malade de peur, j’ai envie de descen­dre, mes genoux tremblent mais je me dis qu’à juger cette première épingle, « JJ » à l’air de connaître son affaire et que je vais vivre de grands moments avant d’atteindre le sommet !

La route est fort étroite, deux voitures peuvent à peine se croiser, heureusement qu’il n’y a pas de trafic et que les lacets sont bien visibles, on peut voir si une voiture descend en face bien avant d’attaquer une épingle.

Il attaque comme une bête, le moteur ronfle toute sa puissance et j’imagine qu’on doit nous entendre dans toute la vallée.

Première-seconde à fond jusqu’à 6000, de temps en temps il soulage quelques secondes avant de ré-accélérer, je le regarde à la dérobée et il a le visage curieusement transformé, une sorte de rictus effrayant qui est en fait un sourire crispé !

« JJ » se défonce et prend son pied, c’est certain !

Nous sommes à peu près à mi-parcours, il s’arrê­te sur une petite corniche et on sort de l’auto qui fume de partouze….

Il a coupé le moteur cette fois… et c’est le grand silence, ce silence qu’on ne peut entendre qu’en altitude, plein et profond… si ce n’est le bruit d’eau qui bout et quelques sifflements avec jets de vapeur…

J’ai les oreilles qui bourdonnent, une légère crampe à la mâchoire tellement j’ai serré les dents pendant cette montée.

Lui s’assied calme­ment sur le parapet et croise les doigts :

– « On va attendre ton photographe et son assistant, et décompresser un moment en attendant que ça refroidisse. Alors, qu’est-ce que tu penses de cette vieille pute ? »…

Je lui dis que si j’avais su qu’il allait attaquer comme ça, je ne serais pas monté avec lui.

– Je déteste déjà de me faire conduire dans une voi­ture normale sur un parcours que je connais, mais alors là, le col d’Eze en GTO avec un mala­de au volant, je m’en souviendrai toute ma vie !

– « Quand j’étais plus jeune, j’ai fait pas mal de ral­lye, un peu de circuit aussi, j’ai même eu une Lancia Stratos à un moment. Tiens, pour te dire, la nuit du dernier réveillon de nouvel-an, je m’emmerdait tellement à la maison que j’ai filé un coup de bigophone à un pote qui a une Stratos là plus loin (et il tend le bras en m’indiquant la mer, je sais pas si le type habite Cannes ou Nice, ou s’il est Corse)… et on s’est retrouvé tous les deux en bas du col ici, lui avec sa Stratos et moi avec cette cochonnerie de GTO. On s’est fait ce col au moins vingt fois dans la nuit, juste pour le plaisir. Ces réveillons, ça me fait chier, pas toi ? »…

Euh, oui, oui.

Nous échangeons encore quelques mots, et voi­là ma voiture qui nous rejoint.

Nous voilà à échanger nos impressions !

– C’est normal qu’elle chauffe comme une vieille bouilloire ?

– « Bof, c’est une merde, mais c’est une GTO »…

La voiture est vieille, on le sent, vieille dans sa conception technique au niveau du train roulant…, le niveau sonore est insup­portable, ça siffle de partout, il y a des trous dans le plancher, des jours d’un doigt dans les tranches de portières, les vitres latérales en plexi vibrent comme si elles allaient me casser dans la figure…

De tous les cadrans en face de vous, il n’y a que le compte-tours qui soit important et l’aiguille donne de fausses indications en tremblotant…

– Quelle merveilleuse expérience, quel souvenir inoubliable je viens de vivre là, ce col d’Eze est gravé dans ma mémoire déficiente, en lettres de feu, je pourrais le refaire les yeux fermés en plei­ne nuit…, en marche arrière… que je dis, sarcastique !

Nous sommes redescendus comme des pères tranquilles, en roue libre, notre homme désirant économiser le peu d’essence qui nous restait dans le réservoir, mais aussi parce qu’on n’avait pas d’eau pour re-remplir le radiateur… !

En admirant le paysage que je n’avais pas eu le temps de détailler dans la montée échevelée, en ouvrant les vitres pour sentir l’air pur de la montagne, je me suis dit qu’il y en avait qui avaient de la chance d’habiter une région aussi magnifique et qui se compliquaient la vie en collectionant des Ferrailleries…

Le retour au garage s’est fait sans problèmes, à part que « JJ » a de nouveau accroché les échappements dans la pente du garage à l’éclairage intermittent !

Nous avons remis son drap blanc à la belle, et l’avons repoussée dans son coin de parking sombre…

Voilà, c’est fini…, si vous en voulez, c’est 40 millions d’Euros…

Pour en faire quoi ?

Rien, la montrer…

La compiler avec d’autres… 10, 50, 100 et plus, pour qui, pour quoi ?

Tout le monde s’en f…

Un musée de vanité…, ouaissss…, cool, y aura personne, déficit… et comme à la fin, tout le monde meurt, c’est pour le fisc et les héritiers, tout bonheur pour les commissaires-priseurs, et les taxes…

Et ça repart pour un tour, re-conneries, re-collection et re-musée…

Avec un pneu de chance, elle crame en sortant de restauration, mais il y aura toujours un plus con pour la « sauver », et ça repart, ça ne finit jamais…, un cauchemar !

Pffffffffffffffff !