Gaz-AVTOVAZ-Panthelibur…


La Volga, roi des fleuves européens, déploie ses courbes langoureuses entre prairies et collines boisées, avant de dessiner un méandre spectaculaire…, ce miracle de la nature a valu à Togliatti et ses environs le statut de parc national Russe, malgré le voisinage : 1° d’un barrage monumental…, 2° d’un des plus grands producteurs d’ammoniac de la planète…, 3° d’une gigantesque usine de voitures : Avtovaz, connue dans le monde entier pour ses Lada.
Quand l’avion amorce sa descente vers Togliatti, le paysage s’avère l’exact opposé de l’image que l’on se fait d’une cité industrielle…, on imaginait des blocs gris et une épaisse fumée noire, on atterrit dans un trésor naturel…, Togliatti, serait-ce un trompe-l’œil ?

Le mirage persiste sur la route, massifs de pins, reliefs vallonnés posés sur un miroir d’eau, il s’en dégage un petit air méditerranéen, même si Togliatti n’a de commun avec l’Italie que le nom d’un célèbre dirigeant communiste et quelques partenariats, dont une alliance fameuse avec Fiat en 1966.
Si tout le monde connaît le modèle Jigouli, fleuron de l’usine à l’époque, peu savent qu’il a été baptisé en l’honneur des monts en face de Togliatti, réserve de biosphère de l’Unesco…., mais où est-il, ce mastodonte qui a produit des voitures que chaque citoyen soviétique rêvait de posséder et qui a conçu un tout-terrain capable de conquérir le pôle Nord, de gravir les pentes de l’Everest et de disputer le Paris-Dakar ?

Le chauffeur de taxi, roule sans avoir attaché sa ceinture mais s’arrête devant chaque passage piéton…, la route prend son temps pour contourner l’immense forêt enveloppant les trois districts de la ville…, des panneaux appellent au respect de la nature…, en 2011, on a voulu construire une voie rapide en abattant les arbres mais le projet a été balayé par un référendum…, une cité industrielle avec une conscience écologique, ça intrigue.
A Togliatti, il n’y a pas que des automobiles locales sur la route, on achète aussi des étrangères… et maintenant des nouveaux modèles de l’usine, contrôlée par Renault, qui a donné un coup de jeune au design…., mais avant, c’était moins cher et tous les Russes, même ceux des régions pauvres, pouvaient se le permettre, maintenant, c’est le double du prix… et l’usine n’est plus la même : elle se désintéresse de la ville, alors qu’elle l’a toujours fait exister.

Il y a plus d’un demi-siècle, l’usine Avtovaz et la cité ont surgi ici d’une terre en friche, dans un élan d’enthousiasme industriel d’après-guerre…, les avenues sont larges comme l’A1 dans les deux sens et l’asphalte est un désert, peu de voitures y circulent, les ronds-points à deux pistes sont tellement grands qu’on a dû y installer des feux pour réguler la circulation…
Les dimensions de la cité ont été soufflées par l’architecture monumentale à la mode et par les utopies de Le Corbusier : rectangles ordonnés, lignes droites sans fin et cercles parfaits : une géométrie sans faille à l’horizontale comme à la verticale, avec des blocs d’habitations d’une vingtaine d’étages…, tout est surdimensionné et le piéton se sent lilliputien, même si de temps en temps, une église ou une allée d’arbres ramènent à la taille humaine.

La tour administrative, surnommée La Bougie, est une fusée de 24 étages au-dessus des halles de construction et des circuits de test, qui s’étendent sur 600 hectares : c’est une ville à part entière…
A l’époque, l’empire Avtovaz était encore plus grand et faisait corps avec la cité, l’usine avait son propre réseau de transports, ses jardins d’enfants, ses centres de formation et de santé (qu’elle garde toujours), elle était propriétaire de terrains, bâtiments, espaces sportifs et culturels, parrainait des écoles, offrait des logements, bref, était la raison d’être et la mère nourricière de la cité.

Peu d’habitants de Togliatti n’y étaient pas employés…, y travailler revenait à être quasi-fonctionnaire, à en croire une anecdote, les employés portaient le toast le plus important à la santé de la cheminée : « Si la fumée s’arrête, le cœur de la ville s’arrêtera de battre »…, mais ces dernières années le titan s’est rétracté et a vendu beaucoup de ses biens immobiliers, comme l’impressionnant musée technique ou le stade Torpedo…, quant à l’hôtel Lada Resort sur la Volga, c’était auparavant l’une des meilleures bases touristiques pour les employés…, quelle serait devenue l’industrie automobile russe si ses rêves les plus fous avaient été réalisés ?
L’industrie automobile russe souffre de problèmes au sujet desquels s’accordent tant les consommateurs que les experts, mais cela n’est clairement pas dû à un manque d’imagination, le souci réside dans le fait que la plupart du temps il semble impossible de trouver le chemin séparant la conception de la production…, on dit que c’est une question d’âme…, de fait, la religion orthodoxe dit beaucoup de l’âme russe, de son pragmatisme, mais aussi de son irrationalité, héritage de son passé païen, il y a peu de peuples plus superstitieux que le russe…, on dit que les Russes souffrent pour le reste du monde…

L’orthodoxie induit un rapport au péché différent : Dieu n’est pas là pour punir l’homme de ses méfaits, l’environnement y suffit déjà…, mais pour le câliner et le réconforter…, c’est très présent dans l’inconscient russe, cette idée de vivre sur une terre bénie en termes de ressources, mais offrant une existence extrêmement dure, c’est pourquoi la souffrance fait partie intégrante de l’âme russe… et qu’est-ce que « l’âme russe » ?
En voilà une question épineuse…, les stéréotypes nationaux soulignent, dans le caractère de différentes populations, un ou deux traits généraux, par exemple, on considère les Anglais comme réservés, les Allemands comme ponctuels, les Japonais comme travailleurs, les Écossais comme avares, etc…, mais comment pourrait-on dépeindre les Russes en quelques mots ?

Beaucoup s’étonnent de la générosité et du sentimentalisme des Russes, mais aussi de leur manque de sens des responsabilités et d’esprit pratique, de plus, en Russie, on porte un intérêt manifeste à la littérature, ainsi, le poète russe Andreï Voznessenki a écrit : « Les États-Unis puisent leur force dans les ordinateurs. La Russie, elle, la tient de ses lecteurs »…
Il est triste et joyeux, par une nuit d’été tranquille, parmi une forêt silencieuse, d’écouter une vive chanson russe…, ici la tristesse est sans fin, sans espoir, la force est invincible, le sceau du destin est fatal, la prédestination est de fer, l’un des principes fondamentaux de cette nation, qui peut expliquer que la vie russe semble incompréhensible…, que ne peut-on pas entendre dans la longue chanson de la nuit d’été et de la forêt silencieuse !

S’il est un sentiment dont le Russe adore se griser, c’est celui de la nostalgie, il fuit l’objet de son amour pour le bonheur de le regretter, il aime mieux de loin que de près…, nombre de ceux qui ont aujourd’hui rompu avec leur patrie, dans le dessein d’échapper à leurs nouveaux maîtres, avaient l’habitude, autrefois, de venir à l’étranger, quelques-uns même y séjournaient, non seulement pour jouir d’un climat plus doux et des agréments de la vie occidentale, mais pour combiner avec ces avantages celui, plus profond, plus artiste, plus pervers, si l’on veut, de bénir la Russie à distance.
Ce n’est pas un paradoxe, non…, par exemple tout l’art d’un génie de l’écriture tel que Tourgueniev n’est que la culture, en serre chaude, de cette mélancolie… et combien étaient-ils, dès avant la guerre, qui, se promenant en landau le long des corniches de la côte d’Azur, si l’un d’eux entonnait quelque chanson du Volga, laissaient couler leurs larmes ?

« Des aristocrates ceux-là », dira-t-on…, « et Tourgueniev, un barine, tous des cosmopolites, des figures du passé qui n’ont plus rien de commun avec la nouvelle Russie »…, oui, les anciens bannis, devenus les maîtres du jour, ont, il est vrai, rallié Moscou, mais combien sont-ils, parmi eux, qui, prisonniers à présent de leur propre monde qu’ils considèrent attaqués de toutes parts, voudraient bien pouvoir s’évader et revenir errer un peu sur les bords du Léman, de la Côte d’Azur ou dans le quartier Montparnasse…, afin d’y regretter la Russie.
L’internationalisme théorique n’y peut rien, le Slave ne dépouille point son âme, les Russes divisés ont beau se haïr, tous, ex-bolcheviks ou ex-anti-bolcheviks, ex-révolutionnaires ou nouveaux bourgeois, ils sont frères, en dépit du sang répandu…, de même que chez le moujik et le seigneur, celui-ci fût-il un des hommes les plus raffinés de l’ancienne cour, on reconnaissait, à plus d’un trait, deux enfants d’une même mère.

Au reste, l’instinct nomade du Russe n’est pas, au fond de lui, une de ces survivances ataviques qu’on ne découvre que difficilement, à force de coups de sonde : pour l’observateur, en Russie, ce caractère est patent…, j’ai vu bien des intérieurs russes, tous avaient, plus ou moins, l’aspect d’un campement… et je ne parle pas seulement des intérieurs pauvres…, chez des gens aisés, voire riches, j’ai trouvé les mêmes signes : c’était, par exemple, à côté d’un salon, quelque pièce démeublée, ou bien, dans le meublé d’un appartement, je ne sais quoi de désordonné, de provisoire, ou encore une salle à manger où l’on couchait sur un divan, à moins que ce ne fût une chambre à coucher où traînait, sur un lit, quelque assiette.
Tout était à l’opposé de l’idée d’installation…, notez que cet arrangement provisoire peut durer toute l’existence, comme il arrive presque toujours, sans que cependant l’esprit en fût changé…, on vit là comme on aurait pu vivre ailleurs, parce qu’il faut bien vivre quelque part.

Il me faut aussi vous causer du « charme slave »… et des raisons de cette séduction : porte ouverte, table ouverte, cela veut dire aussi ouverture de cœur, bon accueil à l’étranger, parce que le seuil de la maison ressemble au seuil de la tente, parce qu’il n’y a rien de tel que le nomade pour observer les lois de l’hospitalité.
Une autre survivance de l’esprit de tribu, particulier au nomade, c’était, avant la révolution, dans les familles aisées, le grand nombre des familiers, des parasites, groupés sous le même toit : parents pauvres, vieilles filles, veuves, amis malchanceux, personnages bouffons, tous réunis comme des chats autour d’une écuelle…, les nouveaux-riches, à leur tour, là-bas, ont déjà leurs « clients ».

L’appel du vaste horizon, le désir continuel de partir…, ne croyez pas qu’ils soient, en Russie, une maladie d’intellectuels, un de ces désordres qui, chez les nerveux, produit quelquefois la culture…, lisez Tolstoï…, sentant venir la mort, il déserte sa famille et son toit, mais, dans cette évasion suprême, il ne se comporte point en créature d’exception…, son tourment, le moujik le connaît bien, il l’éprouve…, que de fois, lui aussi, dans son izba, écartant les rideaux de cotonnade rouge qui pendent devant l’étroite fenêtre, a-t-il regardé au dehors vers le lointain sans borne ?
La Russie est si grande, nul besoin, pour voyager, de s’en aller à l’étranger, à quoi bon, même, prendre le chemin de fer… où la voiture, il suffit, en été, de prendre un bâton, et en route tout autour d’où on est, d’où on vit, d’où on va mourir !

La plaine s’étend à l’infini, le ciel bleuâtre a, dans le tableau de la Russie, une importance extraordinaire, le sol n’étant plus qu’un immense plat sous une cloche de cristal démesurée…, rien qui puisse arrêter l’imagination dans les hasards de son flottement : tout se ressemble, tout se brouille, le brin d’herbe suit le brin d’herbe et la forêt dans l’espace n’est qu’une touffe à peine plus haute…, ainsi le moujik, autrefois, seul ou par bandes, chaussé d’écorce ou pieds nus, s’en allait vers les lieux saints.
Enfin, non moins formidable que l’hiver russe est cette autre réalité : l’ennui russe…, il n’y a que le Russe qui sache bâiller (comme il n’y a que lui qui sache boire)…, alors, venu du fond de l’être, sort de sa poitrine un soupir émouvant, inquiétant… et on se dit : « Cet homme s’ennuie trop, il est comme un ours, il va sûrement commettre quelque excès »…

Mais c’est dans les petites villes russes surtout que l’ennui est si absolu, si total, qu’il acquiert positivement le poids d’une fatalité monstrueuse…, d’où vient ce poison subtil qui, à la saison des grands froids, rend les soirées si accablantes ? De la lourde atmosphère des poêles ? Ou bien, malgré le mastic qui bouche les interstices des doubles fenêtres, de la rue déserte et glacée ?
On ne sait…, mais quand une fois on a respiré cette vapeur asphyxiante, on comprend, on excuse la paresse noire, l’ivrognerie, tous les vices cachés… et comme, alors, elle devient explicable, cette impulsion que tous les Russes ont éprouvée, ou réfrénée… et qui les porte brusquement à sortir de chez eux, à rompre avec leurs habitudes, à franchir les frontières de leur pays, ou celles mêmes de la vie !

Pis encore dans les contrées reculées, en Sibérie, où le paysan russe qui marche à côté de son traîneau, pousse, après avoir fait claquer son fouet, un gémissement lugubre, tel que je n’en ai jamais ouï de pareil en France…, il me souvient d’une rue en pente qui passait devant mes fenêtres, dans un faubourg de bourg lointain…, là où par-là montaient, en hiver, d’interminables files de traîneaux chargés de bois ; leur glissement dans la neige ne faisait aucun bruit, non plus que les pas des petits chevaux bourrus ; mais les rouliers qui menaient le convoi s’annonçaient de loin à mes oreilles par un concert d’imprécations funèbres.
Je n’ai jamais pu entendre sans serrement de cœur, au crépuscule, cette longue plainte déchirante…, on eût dit d’une procession de forçats grimpant la côte, ou plutôt d’un cortège de damnés, qu’auraient fouaillés, dans le vent, des démons invisibles.

La mélancolie est à la racine de la métaphysique de l’ennui, qui lui-même ne doit pas être compris, comme le veut Descartes, comme la manifestation d’une conscience vide, mais tout au contraire comme une conscience pleine, satisfaite, n’en pouvant plus de bonheur et « inagissante » de ce fait, pétrie dans la célèbre nonchalance russe, qui s’étend comme une pieuvre glorieuse à toutes les âmes au lieu de se répandre seulement en quelques têtes distinguées comme le spleen baudelairien.
Trouvant sa source en la mélancolie, la nonchalance est la marque de fabrique de tous les slaves… et comment ne serait-on pas nonchalant, mineur inconscient de la vie, tandis que la mélancolie, ce mauvais médecin, visite les âmes ?

Les Russes ont un mot célèbre pour désigner cet état d’âme spécifique et qui est l’absence de sol, la « Bodenlosigkeit », en un sens: « le perdre-pied »… et pourtant ce sentiment, si difficilement imaginable, rend possible la fraternité russe.
Dans la mélancolie, un Russe rencontre infailliblement l’autre Russe, c’est pourquoi tout Russe est accessible à un autre Russe dans la nonchalance sans étude particulière préalable, quand bien même l’interlocuteur serait le « petit père des peuples » ressuscité !…

On en termine, camarades, avec des bouteilles de Vodka, en grandes lampées… et c’est ainsi l’excellente occasion de vous tapoter un minimum de mots et phrases concernant une automobile exclusive, quasi-lumineuse et plus-où-moins luxueuse « à-la-russe » pour les vacances en famille, ainsi que pour les processions de mariage et autres événements spéciaux, enterrements y compris.
C’est une sorte de ré-apparition issue d’une copulation désespérée entre un moujik et les prétendus créatifs ayant torchés les Panther deVille et Excalibur Sedan 4 portes, avec la participation sodomisée de la Zimmer 4 portes et autres engins néo-classiques…, tout ça pour le plaisir de la maîtrise, la voiture contenant les « choses savoureuses » habituelles, telles que la direction assistée, les freins à dépression, la climatisation, la transmission automatique mais, ici, un moteur fiable et économique.

Dans cette variante « à-la-Russe », c’est une Gaz 21 qui a servi de voiture « donneuse » (elle est au plus près de la carrosserie arrondie d’une Mercedes 540K fantasmée)…, le moteur, la boîte automatique, tout les « machins » électriques, sièges et divers ayant été subtilisés d’une Toyota Mark 2, 2.0 essence, 125 chevaux de 2013…, c’est l’œuvre d’Alexandre Grigorievna qui a travaillé à l’usine Avtovaz toute sa vie… et qui, comme beaucoup, a refusé de partir à la retraite à 55 ans pour rester huit ans de plus:
-« Le travail maintient jeune au niveau du corps et de l’esprit. Avec l’arrivée des Français, même un peu avant, l’usine a commencé à décliner, l’ambiance aussi, même si la nouvelle génération semblait contente, comme ma fille. Mais on a dispersé la production, on sous-traité et mis en péril le savoir-faire local. J’ai dix frères et sœurs, et beaucoup de mes proches ont travaillé ou travaillent chez Avtovaz. L’usine fait partie de ma famille et nous nous faisons du souci pour son avenir ».

Beaucoup d’habitants partagent le même sentiment, dispersés entre les trois districts sans véritable centre…, au point que le jour de la fête municipale il y a trois feux d’artifice : personne ne veut se déplacer…, cet étalement est le grand casse-tête de l’administration, qui promet d’améliorer la situation d’ici à 2020 en aménageant un beau quai et un grand parc, en plus d’un nouveau centre sportif au bord de la Volga.
Le soutien aux sports, à la culture, à la formation et une diversification de l’économie sont d’autres recettes de la ville pour freiner l’exode de sa jeunesse, séduite par le miroitement de Moscou, de Saint-Pétersbourg ou de la capitale régionale Samara.., mais il manque encore des débouchés pour certains métiers, toutefois, la nature à portée de main compense tous les désavantages… et la cité se développe…, de plus, aujourd’hui, de plus en plus d’églises se font de la place entre des immeubles géants de la cité.

-« Pour ceux qui ont envie d’évoluer, Togliatti offre assez de possibilités, notamment en matière d’activités culturelles, sportives ou en pleine nature. Cela devient compliqué du moment où tes ambitions dépassent la taille de la ville. Comme pour moi qui a eu l’idée de créer une sorte de GAZ-AVTOVAZ Panthelibur…, mais c’est comme partout : il faut savoir se trouver un endroit qui convient à ton propre rythme »…
Cet engin grégaire n’est pas du tout révolutionnaire, même si le vieux Alexandre Grigorievna se prétend être le pilier de la nouvelle génération, avec ses pieds en baskets, et à son bras une beauté locale « Vintage » qui ose une « obligatoire » tranche de peau dénudée au-dessus d’un jean slim…

Un accoutrement acheté dans le palais commercial local où New Yorker, Benetton et Cie lui offrent des habits universels pour autant qu’ils soient portés lorsque la famille vient poser avec leur GAZ-AVTOVAZ Panthelibur à l’entrée du parking…, preuve que certains sont contents là où ils sont, même si d’autres n’ont pas encore fait leur choix, dont ceux qui trouvent la ville monumentale déjà trop petite pour leurs rêves, mais nuancent en disant :
-« Où que l’avenir nous entraîne, nos souvenirs et notre automobile appartiendront à jamais à Togliatti, aux immenses avenues et aux forêts de pins au bord de la Volga »…

Plus sérieusement, la Russie a officiellement lancé une marque de voitures de luxe, comprenant parmi ses modèles la nouvelle limousine utilisée par Vladimir Poutine et espérant pousser les consommateurs Russes très fortunés à se détourner des marques occidentales…., le ministre russe du Commerce, Denis Mantourov, a dévoilé à l’occasion du salon automobile de Moscou les premiers modèles proposés par cette marque, baptisée Aurus dont : la limousine Sénat et une berline plus petite, également nommée Sénat qui avait été utilisée par Vladimir Poutine en mai 2018 pour se rendre à la cérémonie d’investiture de son quatrième mandat présidentiel, alors que le chef de l’Etat russe privilégiait jusqu’alors le constructeur allemand Mercedes.
L’usage d’une voiture 100% « made in Russia » fait écho à la tradition soviétique, lorsque les dirigeants utilisaient exclusivement des véhicules construits en URSS.

-« Il y a une demande pour les produits high-tech de qualité dans notre pays, en particulier pour une voiture d’une telle classe. Les consommateurs Russes de telles voitures, vous pouvez écrire qu’ils sont fatigués des Rolls-Royce, Mercedes ou Maybach », m’a déclaré le designer principal d’Aurus, Vadim Pereverzev, en marge de la présentation des deux modèles…, qui arrive peu après celui par le célèbre fabriquant d’armes Kalachnikov d’une voiture électrique, la CV-1, au design inspiré d’une voiture soviétique des années 1970.

Vadim Pereverzev reconnaît s’être inspiré des voitures soviétiques pour dessiner l’Aurus Senat, évoquant la limousine ZIS-110 conçue pour Staline dans les années 1940.
-« Je dirais que c’est plus cette époque qui a inspiré nos designers: une époque de brillants succès pour notre État, quand des voitures comme ZIS, aujourd’hui rebaptisé ZIL, sont apparues »

-« Aurus est développé par une entreprise d’Etat nommée Nami, qui détient une participation de contrôle, en collaboration avec un autre groupe russe: Sollers, propriétaire notamment de la marque de véhicules utilitaires UAZ. Plus de 12 milliards de roubles (150 millions d’euros au taux actuel) ont été investis par l’État russe dans le projet, je vous précise qu’en sus, un groupe émirati, Tawazun, y a investi 110 millions. Nous n’allons pas vendre ces véhicules uniquement en Russie, nous allons les vendre à l’étranger », m’a ensuite déclaré le PSG d’Aurus, l’Allemand Franz Gerhard Hilgert, ajoutant que le prix des modèles sera compris quelque part entre Mercedes et Rolls-Royce.

Il était arrivé
Le fiacre l’emportait
Toujours la même ville
Toujours les mêmes gares
Des églises barbares
Saint-Pétersbourg ma ville

Ivanovitch est là
Ivanovitch est là
Et le ciel est toujours si gris
Et la pluie chaque jour si triste

Tout est fermé
La maison est là solitaire
Une rumeur, un pas traîné
La porte s’ouvre un peu
Et il est entraîné par ceux
Qui l’appellent mon frère
Ivanovitch est là
Ivanovitch est là
Et le ciel est toujours si gris
Et la pluie chaque jour si triste

Dans un coin du logis
Tous se pressent autour de lui
La fille a l’air fanée
Et le garçon gêné
Le père et tous les apprentis
Qui rêvent de Paris
Ivanovitch est là
Ivanovitch est là
Et le ciel est toujours si gris
Et la pluie chaque jour si triste