.hmmessage P { PADDING-BOTTOM: 0px; MARGIN: 0px; PADDING-LEFT: 0px; PADDING-RIGHT: 0px; PADDING-TOP: 0px}BODY.hmmessage { FONT-FAMILY: Calibri; FONT-SIZE: 12pt}Glup !
Avant d’être un Hot-Rod au style plus qu’approximatif, cet engin est une boutade, c’est un prétexte pour une bande d’amis quadragénaires de s’amuser et d’écumer les festivals, kermesses et autres fêtes populaires qui pullulent dans leur bled. Construit sur une alternance de photos réalisées par ce groupe perpétuellement en vadrouille et d’interviews réalisées a posteriori…, cet article voulait s’apparenter à un documentaire lambda, auquel seul son sujet saugrenu confèrerait une touche d’originalité…
Pourtant, très rapidement, des détails sont venus perturber cette interprétation : c’est qu’une bonne partie de ce qu’ils m’ont raconté était faux, ou en tout cas réarrangé. Cela n’en fait pas pour autant un « docu-menteur », ce genre très à la mode qui permet de s’offrir un effet de réel à moindre frais et sans se forcer.
Il s’agit plutôt d’un alliage inédit, où documentaire et fiction se retrouvent inextricablement entremêlés jusqu’à ce que vous n’êtes plus en mesure de les distinguer l’un de l’autre.
La frontière entre le vrai et le faux est brouillée, incertaine… et cette ambiguïté produit des effets d’une grande richesse. Tout cela resterait cependant assez gratuit si le reportage ne prenait peu à peu une réelle envergure…
Au départ centré sur le fantasme régressif de mâles en pleine crise de la quarantaine, fuyant leurs responsabilités (notamment familiales) et carburant à la bière (mais aussi aux ecstas et à la cocaïne), j’ai du délaisser progressivement l’apologie des beuveries et du relâchement masculin pour prendre une dimension quasi-métaphysique. C’est que certains, semblaient bien décidés à ne plus jamais rentrer, à se perdre une bonne fois pour toutes jusqu’à l’épuisement de leurs finances…, improbables portes-drapeau d’un retour à la nature et d’un rejet des contraintes sociales aussi utopiques que sympathiques, alors que les membres du groupe désertent peu à peu, minés par une longue cohabitation testostéronée, mais surtout effrayés par la radicalisation des gens…
Leur histoire s’est teintée d’une vraie amertume, d’autant qu’une très forte complicité avait fini par unir ces hommes, une amitié quasi-fusionnelle teintée d’une dose d’homo-érotisme.
Commencé comme une blague entre amis, teintée de bromance à l’américaine, l’affaire s’est achèvée sur un constat désenchanté : l’époque n’est plus propice aux rêveurs ni aux aventures collectives en Hot-Rods…Partant du déchirement, la lente décrépitude du groupe m’est apparue comme une mise au défi de sa fatale destinée.
Dans cet écart posé d’emblée entre le contingent et le potentiel, le furtif et l’itératif, je n’ai pu que décrire un vertige existentiel véritablement lourd d’angoisse, donnant un sens de l’éclat et de l’intempestif plutôt que la traditionnelle fadeur du doux-amer des articles publiés habituellement dans les merdias spécialisés…
Un comique textuel où les gestes de l’enfance reviennent s’emparer des corps adultes : autant de débauches d’énergie, gratuites et sentimentales : l’altérité, avec ses freins et ses possibles…, un détour gratuit de plus, dont l’échec pour le coup cuisant, enfonce n’importe qui vers l’assurance d’attraper la mélancolie, fluctuant entre solitude terrassante et foi inoxydable en son élan, éclats et négociations de chutes, et lui fait parcourir tout le champ des possibles.Cette masse trop grande, vouée à l’inertie, incasable, trouve son espace dans un compromis indéfectiblement burlesque, loin de tout confort bourgeois. Dans cet horizon heureux, le rapport fertile et aventureux à l’altérité a triomphé par la puissance d’un emballement : il y a de la magie, quelque chose d’ébouriffant dans ce Hot-Rod…Lucien D. m’a interpellé en finale de mon reportage, inversant le sens et la norme d’un interview…– J’ai l’impression que vous faîtes partie de ces rares journalistes qui s’intéressent de très près à l’histoire du Hot-Rodding depuis un bout de temps.

– Très peu de journalistes ont essayé de s’investir dans le Hot-Rodding pour en savoir davantage, ils n’ont pas envie de connaître la réalité derrière tout ça. C’est un peu comme dans le journalisme politique : si vous dévoilez des secrets, vous ne serez plus jamais invité. Du coup, ça devient plus difficile de trouver des informations. En plus, on vit une crise économique très complexe et difficile à comprendre. Par conséquent, les producteurs et les rédacteurs sont plutôt réticents à l’idée de faire un article sur les Hot-Rods. Je ne connais pas beaucoup de magazines qui écriraient 10 pages sur un Hot-Rod sorti de nulle-part. J’en ai vécu l’expérience avec le Wanderer… Beaucoup de sociétés de presse ont peur des retombées financières que ces articles inutiles pourraient générer. C’est moins risqué de parler de choses plus consensuelles.
– Vous pensez que le milieu du journalisme est devenu très superficiel ?
– Absolument, le journaliste moderne ne veut avant tout qu’écrire des gros titres, brefs et tape-à-l’œil.

– Il s’agit juste de faire du sensationnel.
– Exactement. Pour un journaleux, il lui suffit juste de piocher dans ce qui a déjà été fait par quelqu’un d’autre. Ce n’est pas la peine de se creuser la tête puisque le plus important c’est de se faire le plus de fric possible avec la pub camouflée faites aux amis. Mon travail consiste à faire tout le contraire. Je travaille sur le même reportage pendant deux mois et je ponds un article dans GatsbyOnline qui fait la même taille que 10 pages d’un magazine « papier »… D’après moi, il existe une barrière immense qui sépare les gens ordinaires des personnes influentes. Un journaliste doit franchir cette barrière. Mais il faut de l’espace et du temps… et malheureusement aujourd’hui c’est difficile d’en trouver.
– Vous êtes probablement le journaliste le plus en vue dans les automobiles dites de collection, les Hot-Rods et les automobiles extraordinaires. Ça vous a permis de faire de meilleurs reportages, ou ça vous a desservi ?
– Je dois ce succès à ma façon de raconter les choses, très inspiré du style « Gonzo »… Marquer les esprits, attirer l’attention du public.

– Quand vous avez commencé en 1979 avec Chromes&Flammes, vous étiez calé dans ce domaine ?
– En fait, je n’y connaissais absolument rien. Je n’avais aucune connaissance. Le seul truc, c’est que j’aimais ça depuis que j’étais ado. Lorsque les clubs franchouille de Kustom sous les idées débilitantes du félé de Cox qui œuvrait alors comme rédac’chef de Nitro, ont compliqué ce qui n’était qu’une passion basique, en inventant des myriades de catégories et sous-catégories, je n’ai rien compris, plein de gens n’ont rien compris… Pour être franc, ce n’était pas un mag’ très fun. Mais les clubbeurs qui soutenaient ses directives étaient en adéquation totale avec le monde de l’absurde… La presse française spécialisée ne s’est jamais excusée de générer des beaufs ahuris.
– Quand on lit vos articles, on a l’impression que vous méprisez tous ces gens.
– Effectivement. Certains journaleux pensent qu’il faut rester neutre. Je comprends tout à fait ce point de vue, car ils doivent remplir leur assiette pour survivre…, mais cela n’a jamais été ce que j’avais envie de faire. Lorsque j’affirme mon point de vue basé sur mes expériences, j’aide le lecteur à mieux comprendre ce qui se passe autour de lui. Quand j’écris qu’un mec me fait vraiment chier, ça permet au lecteur de savoir ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Je pense que les gens vont réaliser que les valeurs (soi-disant) de la fausse démocratie américaine du XXème siècle n’étaient qu’un feu de paille cachant la création d’un nouveau type de dictature : les riches prendront toujours les décisions et tout le monde doit les respecter. Ça sera de plus en plus comme ça. Plus il y aura de corruption, plus les choses iront mal. Voyez le dernier scandale de l’espionnage généralisé de tous les citoyens du monde par les USA sous prétexte de combattre un terrorisme inventé pour remplacer la guerre froide… Et bien l’Europe n’agit pas. Les politiciens acceptent… Et tout continue !
– Que répondez-vous aux gens qui vous disent qu’ils veulent devenir journaliste d’investigation et faire comme vous de longs reportages ?
– Je leur conseille de faire des études de médecine. Sérieusement, les écoles de journalisme ne servent à rien. Vous pouvez apprendre le métier en 3 jours. C’est juste une question de maturité, de travail et de chance…– A quoi reconnaît-on une bonne revue et un bon site-web ? – Des sujets décalés, un ton caustique, une maquette originale et ce parfum de légèreté qui manque tant à la presse française. Comme le répétait en boucle Céline : qu’ils sont lourds, oui, qu’ils sont lourds ces éditeurs à compiler les mêmes enquêtes sans fond et sans style. De nos jours, les articles ne doivent surtout pas choquer le consommateur. Ils ont vocation à habiller les publicités. Les annonceurs sont déjà bien gentils de concéder à l’écrit, le gris comme disait les anciens journalistes, quelques cases protégées. Les mêmes espaces que l’on réserve aux animaux sauvages ou aux fleurs exotiques. Bientôt, nous regarderons cela comme on visite un parc national. Le gris est aujourd’hui bien triste. Il apparait parfois modestement à la suite de gags publicitaires. Il étouffe le gris. Il se meurt le gris. – Nous ne sommes pas de grands naïfs, ça fait belle lurette qu’un magazine n’a plus pour objectif principal d’informer, divertir ou mieux d’éveiller les consciences. Dormez chers lecteurs et nos affaires continueront à prospérer, c’est ce que l’on entend à la sortie des comités de rédaction des grands groupes de presse. Alors quand on tombe sur GatsbyOnline, les gens se sentent revivre.– C’est vrai qu’on loue cette énergie venue de très loin, cette intelligence du sujet, cette dinguerie en provenance directe du je-m’en-foutisme le plus total…– Ouiiiiiiiiii, il y a parfois dans mes articles, du vintage patiné façon linoleum et de l’émotion imbibée au Dubonnet. – C’est tout simplement jubilatoire. On est presque ému. On en pleurerait tellement c’est bon. – Habitués à tant de médiocrité, de crétinerie et de vulgarité dans les magazines papiers survivants et dans les sites-web qui sont créés pour y racoler, les lecteurs se croyaient définitivement abandonnés. Personne ne pensait plus à eux. Le monde de la presse devenait aussi froid, cosmétique et illusoire qu’un trader shooté aux courbes de la bourse ! GatsbyOnline apporte cette bouffée de nostalgie réjouissante nécessaire à la survie. Après avoir pris une dose de GatsbyOnline, on plane, on voit des Prowler dans la rue, des acteurs qui ne jouent pas les VRP sur les plateaux télé, des écrivains qui savent lire, des chanteuses qui chantent juste et qui ont un beau cul et puis, on se marre. Pas le rire pincé, le jeu de mots entre initiés mais la poilade 100 % assumée, l’esprit anar, la gaudriole celle qui avait du panache, des lettres et de l’irrévérence, je m’arrête là.   
 – Stop ! C’est trop bon ! Vous êtes comme un écrivain qui choisit la face la plus abrupte de la littérature, qui ne se contente pas d’aligner des mots pour raconter une histoire…, un homme, un peu fou, animé par un délire de pureté, atrocement sensible et éperdument orgueilleux, qui se bagarre avec eux, les fait chavirer, leur extrait une pulpe sanguine. – L’amertume du monde est ma boisson préférée… Je suis un aventurier de la page blanche, un symphoniste de la grammaire, un incroyant qui monte à l’échafaud, terrifié à l’idée de mourir et déjà impatient de passer de l’autre côté. Je n’écris pas pour endormir les petits enfants ou calmer les angoisses des plus grands. Je ne suis pas un médecin de l’âme mais son impitoyable bourreau. Je n’écoute que mon tempo intérieur. Mon individualisme confine parfois à la folie. Certains matins, je me sens invincible, j’attaque un paragraphe à la manière d’un conquistador, je catapulte mes mots, leur donne cet élan féerique, cette sauvagerie jouissive que mes lecteurs réclament, à la tombée de la nuit, afin de se sentir un peu moins seuls. Je suis un esthète, la médiocrité actuelle de la langue écrite m’arrache des larmes de sang. – Vous avez choisi l’utopie des mots. – Chaque fois que j’échoue dans cette tentative dérisoire et splendide de retranscrire une pensée juste, équilibrée, dosée à la virgule près, explosive à l’oreille, sensuelle en bouche, je m’effondre, je pleure comme un enfant. Je crois en la littérature comme un possédé ou un dieu, un flambeur, un prétentieux, un seigneur de l’écriture. – Vous conspuez les autres, méprisez ceux qui déversent leurs lignes à la pelle, les vendent au poids, en vrac. – Ces commerçants de la plume, romanciers VRP, essayistes camelots, journaleux qui écrivent à la truelle, pérorent dans la médiocrité, charment les masses…– Vous les ignorez superbement. – Ils ne sont pas du même monde. Je vise l’éternité. j’écris comme on prie, comme on fait l’amour, avec dévotion et acharnement. Je suis un homme seul, unique, impudique, impossible, indispensable. Je ne me cache pas derrière une quelconque coterie pour gagner un sou de plus, un puissant protecteur ou une breloque académique. A force de dévoiler des vérités, je suis un pestiféré, un emmerdeur, un oiseau de mauvais augure, un insoumis. Mon écriture parle d’elle-même, elle n’a pas besoin d’interprète. Je suis tout simplement un artiste. Je crée mon monde, enferme mes lecteurs dedans, et miracle, ils deviennent mes prisonniers volontaires, mes esclaves ravis, mes disciples lucides. – Vous êtes un tortionnaire éclairé, un être rare. Quels sont vos 10 commandements ?

– Prenez note…
01/ Tu auras la nostalgie d’un temps que tu n’as pas connu, d’un passé fantasmé, de succès étincelants, d’automnes rougeoyants, d’étés brûlants, de conquêtes faciles, d’une femme inaccessible, de guerres perdues, d’amis flamboyants, de voitures rapides, d’une vie courte et intense…
02/ Tu fustigeras la médiocrité, la veulerie des hommes, leur bien-pensance, leur bêtise, leur croyance absurde, leur indécrottable naïveté, tu souilleras leurs misérables espoirs de ta plume rageuse…
03/ Tu écouteras ta musique intérieure, tes dégoûts, tes foucades d’un soir, ton romantisme exacerbé, toujours tu inventeras sur ta table de travail une manière originale de s’exprimer. Tes mots, ton rythme, tes fulgurances, tu les cultiveras comme le bien le plus sacré…
04/ Tu seras fier comme un duc espagnol, un ouvrier en grève, un miraculé. Ton arrogance te jouera des tours, tu perdras des amis, des éditeurs, des lecteurs mais tu ne baisseras jamais la tête. Tes mots seront ton caractère, ton ADN, ton instinct de survie…
05/ Tu ne te prendras pas pour un guide, un professeur, un bienfaiteur de l’humanité, tu écriras pour toi, pour ne jamais trahir ta pensée profonde, sans espoir de succès ni de gloire…
06/ Tu n’ennuieras pas tes lecteurs, tu chercheras par tous les moyens à rendre ton texte drôle, piquant, passionnant, enlevé, chaotique, provocateur, enivrant, sincère…
07/ Tu ne seras jamais tiède, ton caractère te poussera toujours vers les extrêmes, les rapports de force, les mots qui brûlent, qui touchent en plein cœur…
08/ Tu ne masqueras pas ta sensibilité, tes goûts démodés, ta passion pour les écrivains morts, les rentrées de septembre, les femmes fatales, la pluie battante sur le pavé, la musique d’un douze cylindres, le corps offert d’une femme, les gestes racés, le silence d’une chambre après les soupirs, le fracas des peaux…
09/ Tu fuiras les idées convenues, les tendances éphémères, les gourous du moment, les puissants d’un jour, les faux sentiments et la cohorte des flatteurs…
10/ Tu te tromperas souvent sur les hommes, sur la politique, sur les femmes, tu te méfieras de l’intelligence, elle est un poison, elle empêche les grandes livres de naître, elle filtre l’émotion, elle modère les tempéraments les plus explosifs, elle freine l’invention littéraire…
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