Histoire d’une photo volée, car on vole toujours le bonheur quand il ne vous est pas destiné…

L’histoire insolite de la plus belle photo de Sir Stirling Moss…
Un pilote de course de renommée mondiale qui est un nom familier dans le monde…
Une monoplace de course italienne, rouge…
Une superbe blonde, mince, presque nue, en lingerie…
Un ciel bleu et le soleil qui brille…
L’ensemble déclenche toujours le même commentaire : « Est-ce un Photoshop ? »…
Non, ce n’était pas le cas, nous dit-on…, voici l’histoire qui en réalité n’a jamais eu lieu parce que, comme beaucoup de choses dans le sport automobile mondial, il y a beaucoup de fumée et de miroirs.

La « belle » histoire officielle de Neill Watson écrite par lui-même…

Il y a quatre ans, j’ai été invité sur le circuit de Donington Park au Royaume-Uni, pour une journée réservée à la presse pour le lancement d’un événement qui se serait appelé GP-Live.
Mais ce jour-là, l’organisateur avait déployé l’artillerie lourde et le tapis rouge.
Des noms célèbres étaient présents aux côtés de Sir Stirling Moss inclus : Jochen Mass, Paul Stoddart, qui était alors propriétaire de l’équipe de F1 Minardi…, en plus d’une salle pleine de gens importants ou faisant croire qu’ils l’étaient…, du monde du sport automobile, de la presse et des relations publiques.

Après un déjeuner copieux entrecoupé de plusieurs Pimms et de quelques fraises, alors que je partageais une table avec Bob Danse, le mécanicien Lotus de Jimmy Clark, Sir Stirling Moss et Jochen Mass ont pris le devant de la scène et se sont mis à raconter des histoires de sport automobile, du style : à partir de quand les hommes étaient des hommes…, la testostérone est beaucoup plus importante qu’une cellule de sécurité ou qu’un bon casque Arai.
Il régnait une ambiance faite de magie et de bonne humeur générale.
A l’extérieur, se trouvaient les plus célèbres, les plus précieuses et les plus coûteuses voitures de course du monde, des icônes instantanément reconnaissables, comme la Lotus John Player Special noire et or de Senna…, la McLaren Marlboro de James Hunt…, qui nous rappelaient l’époque où il était bon de fumer dans les restaurants !
En tête dans l’allée des stands se trouvait la Maserati 250F d’un rouge flamboyant, propriété du batteur du groupe Pink Floyd : Nick Mason.

Sir Stirling Moss a troqué son impeccable costume à 8.000 £ contre une combinaison de course à 250 £ et s’est installé prestement dans le cockpit.
Deux mécaniciens habillés de blanc ont aidé à la mise en marche du joyau et Sir Stirling Moss est parti comme une fusée pétaradante vers la bretelle de sortie, vers Redgate.
Il a réalisé une douzaine de tours avant de revenir dans l’allée des stands et a coupé le moteur 50 mètres avant son emplacement, par pur plaisir d’entendre la voiture chanter sur ses pneus…
« Pourquoi sur terre ne serais-je pas ce que je veux être dans le soleil ? »… a-t-il dit dans un grand sourire…

Un assistant s’est positionné avec un énorme parapluie destiné à protéger le grand Sir Stirling Moss du soleil brûlant.
Un photographe professionnel est arrivé avec deux assistants et un mannequin d’agence, pour réaliser des photos de cet évènement, chaque prise de vue étant immédiatement envoyée dans un ordinateur portable pour permettre sans délais de créer le matériel destiné au marketing pour hâter le lancement de l’événement.
Une fois tout terminé, le photographe s’est éclipsé avec ses assistants et la horde de curieux voulant passer à autre chose…, mais la splendide jeune femme blonde, mince, envoûtante… est restée comme accrochée autour de Sir Stirling Moss, parlant avec lui… et ces deux-là, de rire, sourire, les yeux luminescents…
Elle posait encore, mais pour elle, pour lui…

Sir Stirling Moss, heureux de tant d’attention, lui a dit de faire attention aux échappements brûlants, de sorte qu’elle s’est déplacée autour de la voiture, venant de l’autre côté.
Plus personne qu’elle et lui…, moi je ne comptais pas, du moins je n’existais pas…
Ces deux étaient comme amoureux, insouciants, elle devenait irréelle et lui était beau comme un dieu de l’Olympe…
Et elle riait toujours, d’un rire cristallin… et lui… ne savait plus que faire pour retenir ce bonheur…
Vieux briscard, il savait que les plaisirs sont fugaces, les moments heureux, rares… et que la beauté féminine fait parfois penser à ce que peuvent être les déesses et les anges…
Et elle… a soudain mis son bras autour de lui… et a embrassé le haut de son casque.
Click…

stirlingmoss

Machinalement…, j’ai réalisé comme une photo volée…, car on vole toujours le bonheur quand il ne vous est pas destiné…
J’avais capturé un bonheur, c’était magique.
Sir Stirling Moss a enlevé son casque… et elle lui a offert un autre baiser, plus tendrement encore… et je n’ai pas voulu voler ce bonheur second et plus intense…
Sir Stirling Moss avait en effet un regard étonné sur son visage transfiguré…
La raison pour laquelle cette image d’une jolie blonde et d’un célèbre pilote s’est révélée populaire, c’est que j’étais la seule personne avec un appareil photo prêt à l’emploi à cet instant précis…, je n’ai ensuite plus vu d’autre exemple de la même pose.

Toutefois, il faut que vous sachiez tout…
Les êtres sont à multiples facettes…, après qu’elle l’avait fait…, qu’elle avait embrassé le casque de Sir Sterling Moss…, la jolie blonde m’a regardé dans les yeux, a hoché la tête et lancé un clin d’œil…, elle savait….
J’ai cru voir comme un cadeau offert !
Je n’ai jamais plus rencontré Sir Stirling Moss, du moins, aussi… intimement…
A chaque fois durant les trois fois ou je l’ai croisé, il y avait un vrai professionnel de la photo et aussi d’autres jeunes et jolies… et lui, toujours à trouver du temps pour tout le monde, d’une manière étrange.
La jolie blonde…, je ne l’ai revue qu’une seule autre fois, elle traînait à discuter avec je ne sais qui ne savait pas son bonheur…

C’était bôôôôôôôôô, non, cette histoire « officielle » ?
Vous y avez cru
Vous vous êtes fait avoir bien profond.

Voici la « vraie » histoire…

C’est tout simplement une affaire commerciale destinée à vendre un maximum de photos que le Très Grand SIR Stirling Moss dédicace pour engranger de l’argent !
Il y a 10 ans d’ici, le photographe Neill Watson a publié un article sur : « la photo la plus émouvante imaginable du monde et même de l’univers de Stirling Moss », intitulée « Sir Stirling, The Blonde et The Maserati »
La photo représente une beauté blonde en bikini embrassant le casque de Sir Stirling Moss qui est assis dans une ancienne Maserati 250F de Formule-1…, elle est légendée d’un résumé à la « Barbara Cartland » pour faire pleurer la terre entière et au delà (voir ci-avant)…

C’est le genre d’image que tout amateur de vieilles bagnoles de course voudrait qu’elle se trouve imprimée sur une tasse de thé, afin qu’en sirotant ce breuvage chaque matin, il puisse placer son pouce sur le visage de Sir Stirling Moss en imaginant que c’est lui (pour ma part, je déteste la F1 et pire encore les vieilles bagnoles de F1… quant à Sir Stirling Moss, je m’en f…, je préfère de loin mon Cocker Blacky… et le matin je bois un café crème)…

« L’héroïsme » de Sir Stirling Moss au volant de la Maserati 250F sont parait-il assez connus des connaisseurs du genre (sic !), mais ce type d’héroïsme m’est totalement hermétique… et…, pour ce qui est de la « Sainte » photo : « Sir Stirling, The Blonde et The Maserati »…, je me suis demandé depuis l’instant ou je l’ai vue,  quelle était la Top-modèle, ou la Pin-Up, voire la maigreur suave payée une aumône en attente d’une fellation aux toilettes… figurant sur l’image.
L’identité de la dame n’a jamais été mentionnée, sauf d’être qualifiée de « blonde »… elle s’est transformée en : « une mystérieuse femme fatale » dans l’imaginaire planétaire.

Je ne suis pas très familier avec le monde des « Top-Models » et des hôtesses, ou du moins je ne l’étais pas avant d’être invité au salon « Amber Lounge » à Monaco.
Les « supermodels », les « supercars » et les voitures de course marchent d’une certaine manière main dans la main, là ou les mêmes (ou presque) fonctionnent la main sur les pénis (en érection ou en attente de l’être) en tant qu’Escort-Girls…
Alors, c’est là que j’ai pu en savoir plus en discutant avec quelques « ceusses » qui savent tout…

On m’a fait remarquer que le photographe Neill Watson décrit que la photo a été réalisée par ses soins lors d’un « événement » (sic !) nommé « GP Live » qui se tenait à Donington Park quatre ans avant la publication de la « sainte » photo…., il a également noté qu’il se situait dans une série d’événements nommés « Goodwood Light », réunissant des voitures de course anciennes et modernes, principalement des voitures de Formule-1…, pour célébrer la tradition…

Fort bien, mais en dehors du premier évènement, il n’y en a jamais eu lieu d’autres…, ce qui est fâcheux pour la crédibilité de l’histoire.

Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour découvrir que cet unique événement avait eu lieu en mai 2007… et des informations archivées, j’ai réussi à obtenir un lien qui dirigeait (encore) sur le site web officiel.
Dix ans après l’événement (re-sic), il n’y avait plus de pages Web directement visibles…, mais grâce à « Wayback Machine », j’ai pu retracer le site Web en espérant découvrir quelle agence de ‘Top-Models » et d’hôtesses était chargée de soutenir diverses « pauvres » femmes potiches, livrées à la lubricité du milieu glauque de l’automobile ancienne.

Après une brève navigation, il s’est avéré qu’une entreprise appelée « Premier Model Management » était l’institution en question…, j’ai fait un « Googling », avec « Premier Model Management » et « GP Live »… et j’en suis arrivé à une page Wikipedia : Jacqui Ainsley »
https://en.wikipedia.org/wiki/Jacqui_Ainsley
http://www.premiermodelmanagement.com/

Les références croisées « Jacqui Ainsley » et « GP Live » ont confirmé mes soupçons.
Bien que j’ai essayé de contacter l’agence pour obtenir une confirmation supplémentaire, je n’ai pas encore entendu parler d’eux, malgré 10 ans d’attente…., mais une abondance d’images m’est apparue à partir d’un calendrier créé pour « GP Live ».
https://www.google.fr/search?site=&source=hp&q=Jacqui+Ainsley&btnK=Recherche+Google

Jacqui Ainsley y était…, mais elle est maintenant, bien sûr mieux connue sous le nom de Jacqui Ritchie depuis 2015, année ou elle a épousé le célèbre réalisateur britannique Guy Ritchie…, mais ils sont « ensemble » depuis 2010…
Oui, le Guy Ritchie de « The Lock », « Stock » et « Two Smoking Barrels », « Snatch », « Rocknrolla » et les films de Sherlock…, ainsi que « The Man from U.N.C.L.E »… une action-comédie « Cold War Spy Flick » des années ’60.
Retour au thème « Goodwood », et là je suis tombé sur un film comprenant une scène prétendument avoir été filmée sur le circuit de Goodwood pendant ce qui semblait être une course d’anciennes Formule 1…

Cela a fait réagir mes cloches d’alarme, me souvenant d’un autre film d’espionnage de la Guerre froide qui comprenait également une scène de Formule 1 de 1968 filmée au circuit de l’AVUS à Berlin, l’un des lieux de course les plus rapides du monde jusqu’à sa fermeture au milieu des années ’90, au sommet du Championnat allemand de voitures de tourisme.
Pour mémoire, la piste a accueilli le Grand Prix d’Allemagne de Formule-1 une seule fois dans l’histoire, en 1959, la dernière fois qu’une voiture de F1 à moteur avant a remporté une course.
L’année 1968 – lorsque le film a été diffusé – était également l’avant-dernière année où Maserati avait participé à la Formule-1 en tant que fournisseur de moteur pour l’écurie Cooper – mais le  V12 de 3 litres n’avait pas été développé en 1969…

Tout ça pour vous dire (écrire) que tout comme les films cités ci-avant sont totalement faux des endroits définis ou l’histoire se déroule…, la photo de Neill Watson n’est pas un instantané d’un moment de vie « pris » et « volé » en 2007 sur un circuit défini…, mais n’est qu’une création longue et méticuleuse, une mise en scène, assortie d’une histoire sirupeuse à faire pleurer…, le tout destiné à vendre les photos réalisées pour un max de pépètes (300 euros sous cadre en bois d’arbre plastifié), le double avec l’autographe de Sir Stirling Moss…
Déplorable affaire…

La « blonde inconnue », plus tard mère de trois enfants… est un qualificatif émouvant, quoique l’affaire a été longuement mise en scène à destination de tous les amateurs de courses automobiles anciennes, adolescents attardés de part le monde… et Jacqui Ainsley a été rétribuée pour ses prestations photographiques posant aux cotés de Sir Stirling Moss sur commande du photographe Neill Watson, qui a donc écrit et raconté des mensonges pour faire pleurer le populo et lui vendre des photos pré-encadrées, avec option de la signature (un paraphe) de Sir Stirling Moss…
Jacqui Ainsley-Ritchie…, Neill Watson…, Sir Stirling Moss…, merci pour cette création consumériste des rêves de la petite enfance…, allez toutes et tous vous faire f…