HotRod RoAcH CoAcH...

Le « RoAcH-CoAch » est sans doute l’un des Hot-Rods les plus marquants du genre post-apocalyptique qui fit fureur dans des années 1970, encore perturbées par la peur de la guerre nucléaire.
Réalisé au départ d’une idée originale de la société « RoAcH Inc » qui existe depuis 1962 : « Faire parler les médias de notre firme de création de T’shirt’s personnalisés par le biais d’un Hot-Rod démentiel »…, l’engin a été conçu par Ed Newton et construit par Dan Woods, Don Boeke et une bande de joyeux lurons…

L’engin (démentiel) n’était qu’un Hot-Rod-Show-Car non-fonctionnel destiné à figurer statiquement dans l’ISC-Tours, une exposition itinérante de Hot-Rods et Kustom-Cars dans tous les USA des années Rock’N’Roll…
Toutefois, pour faire « bonne figure » auprès du public (on dit aussi : « Pour impressionner les foules »)…, il fut rendu « roulable »…, le moteur utilisé étant un Ford V8 DOHC Indianapolis, basé à l’origine sur un bloc SBF qui deviendra plus tard le fameux moteur Indy Foyt-Coyote des années ’70…, le châssis était un Granatelli-Indy-Car modifié… et l’essieu arrière était quant-à-lui un Hewland provenant d’un dragster accidenté.

Après une année de folie et avoir remporté une multitude de trophées, le « RoAcH-CoAcH » est resté plus de 40 ans dans un box de la fabrique de T-Shirt’s.
En 2010, RoAcH Inc qui continuait vaille que vaille à créer et commercialiser des T’Shirt’s, a confié le « RoAcH-CoAcH » à la carrosserie « Egyptianbody », elle même créée par les mêmes fous et joyeux lurons qui avaient conçu et fabriqué ce Hot-Rod…, l’équipe s’était toujours distinguée par une imagination délirante, réussissant l’exploit de créer un univers vraiment original, en s’inspirant des véhicules de « Mad Max » (bien évidemment), mais aussi de « New York 1997 » et même, un petit peu de « La Guerre des Etoiles »…, tout ça en aboutissant malheureusement à un débordement de mauvais goût absolument fascinant, mais en réussissant à amuser vraiment le public…, de quoi mériter d’entrer dans la légende.

Toujours intrépide, je me suis rendu chez « RoAch Inc » qui co-appartenait à Don Boeke et Irma, son épouse lubrique, le genre de « MaDam » sur le retour qui s’habille chic et choc pour essayer de cacher les méfaits de l’âge…, elle avait trois tours de perlouzes sur le goitre, dont un qui représentait une calandre de Ford B’32 tout en diamants…, deux suspensions avec éclairage indirect aux étiquettes… des bracelets importés directement de Thaïlande… et une dizaine de bagues qui n’étaient pas en ciment armé véritable, qui la faisaient scintiller comme un arbre de Noël.
Son dentier était en or, ses boutons de jarretelles idem, de même que la fermeture « Éclair » de sa gaine…, bref, elle devait s’habiller dans une chambre forte de Banque… et ne se déplacait qu’en camionnette blindée customisée.

Elle avait un visage large et plat dont les fards se fendillaient comme une terre trop cuite…, ses cheveux initialement blancs étaient dorés comme un soleil couchant dans un tableau de Van Gogh… et devant ce tableau, je me suis amusé à lui faire un baise-main…, respectueux comme on l’est plus ou moins devant cinquante kilos d’or pur.
Si votre foi dans le Kustom est inaltérable, allez donc au garage « Egyptianbody », vous verrez…, moi, je me suis gavé du spectacle affligeant des ignobles déambulant un pneu partouze alentours, doctes, graves, contents d’eux, blasés de la magnificence de leur Hot-Rod, ivres de l’esprit du Kustomizing…, se faisant voir…, étudiant les engins des zôtres…, s’observant avec de l’apothéose dans le calcif et une lumière de vitrail sur la frime.., des conquérants du Cruising, subjugués par leur originalité, ennoblis par leurs pédantisme !

Ah ! les nombrils ! Que dis-je : les trous ! Car ce sont des cavités en marche ! Des lambeaux de rien ! Les pets du néant ! Je me suis senti organique, merveilleusement précaire et putrescible…, ça m’a réconforté de me sentir à leur image…, mais m’a direct consolé de disparaître un jour !
Je me suisse regretté moins d’avance en mesurant combien j’étais pneu de chose, décidant de grand cœur, léguant mon azote, mon glucose, mon calcium à mon H2O…, le reste à l’univers superbe et triomphant, espérant qu’il les transformerait « pluche tard » en monuments…

Irma m’a expliqué que dans les années 1950 et 1960 le « tee-shirt-art » était à son apogée…, qu’il était rapidement devenu populaire et hyper lucratif de par le « génie-affairiste » d’un petit groupe d’individus se regroupant en mini-entreprises qui se sont développées sur la décoration des tee-shirt’s destinés à une génération qui grandissait sur et par les Kustom-Cars, Hot-Rod’s, Street-Machines, mais aussi avec le surf, les motos et les sports extrêmes, établissant une tendance érigée en mode, générant des milliards de dollars de ventes au détail chaque année.
Les premiers pionniers dont les noms sont devenus légendaires étaient : « Hang Ten™ »…, « Kenneth Von Dutch™ »…, « Howard et Ed Big Daddy Roth™ »… et « Roach Studios™ » qui a conçu et produit les conceptions les plus acclamées jamais placées sur des tee-shirt’s… et a été à l’avant-garde de cette révolution…

J’ai considèré ses cuisses plissées autant qu’une serpillière en service, ses têtes de fémur en porte-manteaux…, surprenant la vie, comme ça s’accroche à tout et à rien…, la momie de Néfertiti était beaucoup plus sexy que cet échassier éthique… et pourtant elle restait farouchement femelle.
Elle accomplit alors quelques mouvements gymniques qui l’entraînèrent jusqu’aux rives de l’épuisement, s’est arrêtée, haletante…, me convoitant d’un regard tapi au fond de ses prunelles gélatineuses.
— « Je dois vous avouer une chose : si d’aventure mon corps vous inspirait quelque appétit, ce serait un grand bonheur pour moi de vous accueillir. Votre prodigieuse vitalité textuelle dans www.GatsbyOnline.com et surtout dans Chromes&Flammes magazine, m’a toujours fascinée et m’aura déclenché bien des rêves lubriques »…

Ses yeux se sont faits infiniment soumis, presque humbles…, dominant ma répulsion, je me suis saisis de son sein gauche, aussi flasque que la couille la plus anémiée de son époux…, une impression débectante d’empoigner un morceau de fraise de veau…, plus elles sont vieilles, plus elles ont d’appétit !
— « Ne dites plus rien, vous me feriez perdre la tête, ce que je ne me pardonnerais jamais ! »…

Notre conversation a rapidement évolué, je l’ai entrepris de si belle façon qu’elle en perdit tour à tour : ses chaussures, son string, sa jupe, son chemisier, son soutien-loloches en dentelle noire et son sens des convenances.
Ce fut une séance assez hard dans le genre, avec sécrétions à discrétion, pâmeries répétitives, initiatives outrancières, gamahuchages forcenés, arrêts sur image, branleries…, pour la première fois de ma tumultueuse existence dépravée de bonnes intentions, ce fut là un très fort moment de ma vie plus sexuelle que textuelle, laquelle serait presque aussi intense que mon activité cérébrale si je lui consacrais davantage de temps…, mais chez moi, l’âme prime la chair et j’ai connu des orgasmes spirituels, en priant, comme quoi les desseins du Saigneur sont impénétrables…, ces efforts conjugués eurent raison de ma réticence opposée par pure coquetterie et l’intense jouissance en résultant fut de brève durée…

Aujourd’hui, tout comme Chromes&Flammes magazine qui reparait encore plus déjanté que dans ses années ’70 et ’80…, Brian Peterson, fils de l’un des fondateurs, ressuscite l’étiquette « Roach Inc », s’appuyant sur le passé d’une mode rétro, y incorporant le look, les tissus et le style des ’50, ’60 et ’70 avec des T’Shirt’s, bien sur…, mais aussi une ligne de vêtements et accessoires qui transcendent ces produits consuméristes en racontant une histoire…
Celle du « RoAcH-CoAcH » est 100% basique…, à tel point que l’histoire est inexistante : le RoAch-CoAch part en mission dans divers shows et se lance à la recherche du dernier espoir potentiel de la famille Peterson : relancer la fabrication de T’Shirts…

En chemin, la famille a évidemment été victime de nombreuses chausse-trapes de la part de méchants égarés et plus ou moins dégénérés…, les horreurs de la guerre, la folie des hommes, tout ça…, bref la ringardise incroyable du « RoAcH-CoAcH » et son aspect de diffuseur de produits chimiques anti-moustiques de l’espace qui prétend impressionner les foules (ahuries) avec la remise à jour de figurantes sexy’s à l’agitation grotesque…, me parait adéquat !
L’atelier de carrosserie « Egyptianbody » qui l’a réalisé, est un des top de la personnalisation automobile de l’Amérique profonde depuis 1957, grâce au savoir-faire de Don Boeke surnommé « L’Egyptien » parce qu’il est né non pas en Egypte, mais à  Egypte, Ohio, USA en 1940…, l’homme et sa femme Irma (à l’aspect surchargé) ont l’un/l’autre, un look cool vieux temps de la vieille époque…, le style Hot-Rodder désabusé…, leur garage-usine est en fait mêlé à une boutique reconstruite dans un hangar ou étaient fabriqués des luminaires.

Don a toujours été un leader dans le monde de la personnalisation automobile, il a débuté comme pinstriper, peintre et customizeur…, principalement autodidacte depuis son plus jeune âge…, plus tard, post-ado, il s’est rendu en Californie et a eu la chance de pouvoir travailler avec certains des plus grands Customizeurs.
Il revint ensuite à Dayton, Ohio, USA en 1966 (c’est à Dayton qu’on fabriquait les fameuses jantes à rayons Dayton) pour se mettre en ménage avec Irma, son ex-voisine, la première qui l’a branlé un soir dans la grange de la ferme familiale… et pour ouvrir une boutique-garage où il s’est mis en affaires (et ce depuis plus de 40 ans)…, il n’a toutefois pas fait que des Hot-Rod’s et des Kustom-Cars…, il a également  « réincarné » (modifié) des Porsche, des Corvette, des Packard et des Bentley…

Il a aussi personnalisé des clubs de golf, des mallettes et des réfrigérateurs… et s’est essayé à la décoration d’intérieurs ainsi qu’au design-industriel pour Hobart food Inc… (un mélangeur pour pommes d’amour)…
Il a également barbouillé les parois de la piscine d’un milliardaire excentrique avec des figurations en 3D de dauphins…, peint un crâne avec le mot « Fossoyeur » sur le nez d’un F-16…, utilisé la carrosserie d’une authentique 356 Speedster Porsche pour en faire un lit-canapé… et utilisé son moteur pour en faire une table de salon…, voilà quelles sont les œuvres les plus marquantes de ce Barbu de 68 ans qui vit avec Irma dans un appartement-loft situé au dessus de sa boutique-garage…

Ceux qui le connaissent disent qu’il a développé dernièrement un intérêt accru pour le pinstriping auprès du public, grâce à quelques émissions de télévision ou il a touché une nouvelle génération.
Bob Bond, éditeur/rédacteur en chef du Magazine AutoArt, basé à Kansas City, Missouri, m’a dit que ce fou de Don avait réussi à passionner le public (américain) non seulement pour les Hot-Rods déjantés, mais aussi pour la décoration des WC…, dont certains sont actuellement exposés dans des foires d’art et se vendent dans des ventes aux enchères !

Darrell Mayabb, un designer automobile et illustrateur, m’a confirmé que Don était maintenant bien connu dans l’industrie de la personnalisation et qu’il aurait pu se faire un encore plus grand nom pour lui-même s’il n’avait pas juste mis l’accent sur sa vie sexuelle avec Irma :
– « Il ne fait pas que créer des objets et transformer des voitures improbables, Don les met en scène, privilégiant les décors d’usines plus ou moins désaffectées, les sous-sols de centrales électriques et les décharges d’ordure, réussissant l’exploit de créer l’illusion d’un univers futuriste à peu près cohérent »…
– « Oui, mais à mon sens, sans pour autant effacer une tenace impression de bricolage, entre le spectacle avant-gardiste et le défilé de Mardi-Gras, ses créations sont en outre désopilantes par la succession de modifications grand-guignolesques… Don, se paie en outre le luxe de se composer un personnage de flibustier immoral, essentiellement pour son propre intérêt ; en somme une sorte de Barbe-Noire, pirate du futur ! »…

Ancien coureur automobile, John Dixon de Dayton, se rappelle avoir confié sa Corvette roadster à Don pour un pinstriping dans les années 1970 :
– « Il personnalisait les camions d’incendie de la ville de Dayton avec lettrage, pinstriping et feuille d’or. Il a fait de même pour ma voiture, c’était extraordinaire »…

Don Boeke, dont l’uniforme est un sweat-shirt RoAch-CoAcH, un blue jeans et des baskets blancs…, a 88 voitures dans sa boutique-garage…, Dixon a récemment confié à Don sa 2005 Chevrolet SSR pour être peint en orange :
« Don est un artiste, il a inventé une teinte perle orange absolument magnifique, mais il m’a compté 45 $ l’heure pour réparer, restaurer et personnaliser mon Chevy SSR, il lui a fallu un an et la facture est montée à $ 146.000. Don m’a dit que mon Chevy SSR pourrait se vendre $ 160.000 si je le plaçais dans une vente aux enchères… Une personne de de mon âge ne peut se permettre d’attendre de le faire »…

Ses automobiles sont des mutantes, certaines sont décorées d’effets gore période « Blood Feast » : des fantômes, du sexe, des décors hilarants avec des vaisseaux spatiaux, des pistolets lasers…
C’est à croire qu’on entre dans une autre dimension, où le bon goût traditionnel n’a plus cours : car après avoir vu tout cela, particulièrement le RoAch-CoAch, rien ne vient à l’esprit sinon : « Vite, une autre folie »…

Don Boeke vit dans un véritable hangar aux merveilles, accumulant les surprises jusqu’à l’orgie de rigolade…, rien ne fonctionne vraiment au premier degré… et pourtant, on finit par se prendre au jeu et suivre avec un vrai intérêt le coté débile de l’ensemble…
Le standing, c’est le bien le plus précieux des hommes…, plus ils ont une belle vitrine, plus ils sont prêts à toutes les saloperies pour lui conserver sa pompeuse apparence…, la façade bien briquée…, un nom…, des fringues…, des bagnoles… du subjonctif !

Je ne sais pas pourquoi, soudain, dans ce garage, eu j’ai la désagréable impression que la réalité n’était pas réelle ; que tout n’était qu’illusion, mirage et consorts…
Ii est vrai que la vie elle-même est un mirage, une monstrueuse escroquerie à l’illusion, mais la vie a franchement droit à un tour d’honneur dans le domaine du farfelu…, Don Boeke ou sa femme Irma sortiraient un lapin russe de leurs falzars respectifs que je n’en serais pas autrement surpris.
— Ma femme est une nymphomane depuis toujours, mon cher monsieur… Le premier mois de notre mariage, elle a violé un des clients du garage. Lorsque j’ai compris qu’il n’y avait rien à faire contre ses débordements, j’ai fermé les yeux pour éviter le scandale ! C’est ce qu’on appelle la part du feu !

La part du feu au chose, oui…, plutôt la part du lion, car ce digne homme se foutait pas mal qu’elle roussisse la toile des draps pourvu qu’il puisse faire fructifier son flouze…, le fric qui abîme tant de choses en arrange beaucoup d’autres…, il rend compréhensif et même tolérant.
– « Je suppose qu’une balade dans le « RoAcH CoAcH » vous ferait plaisir ? Surtout que vous venez de loin »…

Il a pris place (avec difficulté) dans son véhicule, m’a invité à y entrer (avec encore plus de difficultés) et a démarré…, c’était comme un hasard prodigieux, ensuite ce furent les mille milles, quel téméraire.., il roulait à tombeau ouvert…
Je me suis dit que cette balade infernale était plus ridicule qu’un Bardot (produit, selon le dictionnaire, de l’accouplement d’un cheval et d’une ânesse)…, m’était avis que je ferais mieux d’interviewer ce qui restait de sa femme…

 

 

 

 

Egyptian Body Shop – 1953 East 3rd.St – Dayton Ohio 45403 – USA – Tel: (937) 252-0401 – Fax: (937) 252-8451   Email : DBoeke@bizwoh.rr.com