Jannarelly Design-1…


Avec ses projets immobiliers extravagants, ses plages démesurées, ses boîtes huppées, ses restaurants étoilés et ses malls surdimensionnés, Dubaï s’impose comme le nouveau repaire clinquant des « socialites » du monde entier…, une clientèle que les marques de luxe ne négligent pas, tant leur pouvoir d’achat peut être colossal.

Si beaucoup de « socialites-archilooké(e)s » se contentent d’une escapade touristique dans cette Mecque du shopping ultra-luxe, d’autres ont adopté Dubaï à l’année, une vie de déjanté(e)s fortuné(e)s du Moyen-Orient.
La folie des grandeurs, l’extravagance à outrance, la quête effrénée des records, la frénésie de la construction titanesque, la course contre la montre, la concurrence farouche pour l’appât du gain, la démence de la surconsommation, le fanatisme de l’artifice et de la fantaisie, quel délire !

Dubaï est une fausse ville parfaite protégée par un dôme de verre, dans un parc d’attraction issu de l’imagination fertile d’un enfant et réalisé par les cerveaux les plus brillants au monde…, pour regarder et/ou vivre  tout cela, faut-il être comme dans la tête d’un archi milliardaire sous acide ?

Non, nous sommes à Dubaï, le berceau de la consommation ostentatoire, la ville de tous les superlatifs, du plus grand mall, au plus luxueux hôtel sous-marin, à la plus grande piste de ski indoor, à la plus grande vitre d’aquarium, au plus grand magasin de bonbons, à la plus grandes montagne de sacs Gucci, de montres Cartier ou de lingots d’or, le tout aux pieds de la plus grande tour du monde.

Cet hypercapitalisme et cette mégalomanie ont beau épater la galerie, ça nous fait surtout réfléchir sur le pourquoi, à quel prix, avec quelles conséquences ?
Est ce vraiment le prototype d’une ville modèle du 21ème siècle ou une monstrueuse caricature futuriste gonflée aux stéroïdes ?
Est ce une vision ambitieuse de l’avenir ou la matérialisation d’une psychose collective ?
Est ce une démonstration des prouesses technologiques ou une parodie du complexe humain ?
Est ce réellement un rêve ou est ce un cauchemar devenu réalité grâce, ou à cause de la fatale addiction d’une planète désespérément assoiffée de pétrole arabe ?

Dubaï, au delà de toute cette extravagance, c’est d’abord des gens, des rêveurs/rêveuses, des ambitieux/ambitieuses, des personnes simples (sic !) comme vous (quoique ?) et moi (bof !), une communauté d’expatrié(e)s qui constitue l’âme de cette ville plastique et s’émerveille devant les exploits et les réalisations fantasmagoriques de cette jungle urbaine dressée au milieu d’un désert infernal, juste assez pour partager de bons moments avec des ami(e)s qui y ont élus domicile, mais certainement pas assez pour se laisser envoûter par tout ce que la ville et ses habitant(e)s ont à offrir, sans prétention ni artifices.

Les Émirats Arabes Unis sont l’un des pays les plus riches du Moyen Orient, voire du monde…, un statut qu’ils doivent non seulement au pétrole, mais aussi à une politique d’aura à l’échelle régionale… et de diversification par le tourisme et le secteur de luxe…, malgré la récente crise financière et la chute du cours du pétrole, l’économie du pays est revenue au beau fixe.

Toutefois, comme tout pays moderne, les Émirats Arabes Unis ont leur lot de soucis qui vont des problèmes typiques (une « certaine » pauvreté d’une infime partie de la population migrante… et, en montant d’un cran, un coût de la vie trop élevé pour les classes moyennes), à des ennuis beaucoup plus insolites…, l’un des ceux-ci, en particulier à Dubaï, est l’abandon de voitures de luxe…, car pourquoi abandonner une voiture de luxe en parfait état alors que simultanément, Dubaï commence à regrouper divers constructeurs du Moyen-Orient en voitures de luxe… une étrange contradiction ?…

Il y a quelques années, Dubaï était au centre de l’économie pétrolière et constituait un marché immobilier très dynamique, de nombreux expatriés richissimes en ont profité pour s’équiper en Ferrari, en Porsche, en Corvette ou en BMW de luxe…, mais Dubaï aussi a été rattrapée par la crise économique… et l’immobilier qui dopait sa croissance s’est effondré en 2009…

C’est ainsi qu’expatriés et locaux n’ayant pas amassé de fortune, abandonnent chaque année leurs possessions, pris de panique à l’idée de ne plus pouvoir rembourser leurs dettes : car à Dubaï, une dette impayée et même un chèque sans provision constituent des infractions pénales passibles de prison…, ces voitures sont régulièrement abandonnées sur le parking de l’aéroport international de Dubaï, certaines avec leur titre de propriété et une note d’excuses du propriétaire…, parfois les clés sont toujours sur le contact.

Dans cet étrange contexte, il est tout aussi étrange que les automobiles sportivo-classieuses italiennes se font peu à peu gratouiller par des automobiles Arabes, annoncées en grandes pompes, telles :
– la Marocaine Laraki Epitome…
– la Libanaise W-Lykan-Hypersport…
– la Dubaïote Devel Sixteen V16 !


Fabriquer l’introuvable, inventer de nouvelles fonctions (sic !), c’est « officiellement » le défi (re-sic !) que se seraient lancés Anthony Jannarelly et Frédéric Juillot en imaginant la Jannarelly Design-1, une supercar sur-mesure, associant techniques modernes et ligne rétro, avec pour objectif le retour de l’émotion au volant..

Cela, dans la réalité du marché et le nombre (presque) incalculable de pitreries et d’engins « roulables » mêlés à des créations consuméristes, parait être un f… de g… plutôt qu’un plan marketing minutieusement concocté.

Le rendez-vous est fixé, dans les faubourgs chics de la ville…, oubliez tous les stéréotypes des banlieues occidentales : ici, pas d’allées bordées de coquets petits pavillons, mais un dédale de rues poussiéreuses… et désertes…., il règne une atmosphère de ville fantôme du Far West…, les villas XXL sont protégées par d’imposants portails et cachées derrière des murs hauts de trois mètres…, de l’autre côté : l’opulence… et chez Anthony Jannarelly , deux rutilantes automobiles portant son nom sont fièrement exhibées devant sa maison…, il les a soigneusement sorties pour l’occasion de ma visite.

Dans cette cité du golfe Persique, les piscines et les jardins qui entourent les maisons font simplement partie du décorum…, les températures grimpant jusqu’à 45-48 degrés, les riches déjantés cherchent plutôt refuge dans des endroits climatisés… et… font du shopping au Dubaï Mall, qui, avec ses quelques 1.000 000 de mètres carrés et 1.500 boutiques dispatchées sur quatre étages, est le plus grand au monde…., s’y trouve la « Fashion Avenue », l’équivalent du Triangle d’or à Paris, entièrement consacré aux boutiques de luxe : Dior, Chanel, Louis Vuitton, Cartier, Hermès…, aucune ne manque à l’appel.

Direction le Dubaï Mall au volant d’une Jannarelly…, sur une highway bondée, où les grosses cylindrées croisent les petits bolides de luxe.

Dans les allées du mall recouvertes d’un red carpet toujours flambant neuf, des femmes en abaya traditionnelle croisent d’autres femmes plutôt adeptes du denim court…, la Dubaïote se révèle différente de la Parisienne…, son pouvoir d’achat étant colossal, elle regarde très rarement les prix…, elle peut s’offrir de belles choses et ose le montrer, contrairement à la Parisienne qui sera plus frileuse à l’idée d’exhiber ses pièces d’exception…

Ici, avec les belles Dubaïotes, les bijoux ne dorment pas dans des coffres et les automobiles de luxe ne restent pas dans des garages sécurisés…, du moins pour les vrais fortunées…, les voitures abandonnées sont la cause des affairistes douteux qui n’ont aucune réserve financière et vivent à crédit, jusqu’au jour ou ils ne savent plus rembourser et disparaissent, les Dubaïotes n’ont que mépris pour eux…

Ingénieur de formation, Anthony Jannarelly, alors qu’il était designer chez W-Motors, a rencontré aux Emirats Frédéric Juillot, spécialisé dans la fabrication de pièces pour l’industrie nautique…, partageant la même passion pour l’automobile et sans trop s’en faire avec de sordides calculs, ils se sont lancés ensemble dans la création d’une voiture de rêve…, prétendant que leur Design-1 était avant tout une expérience : celle du plaisir pur de la conduite !

C’est la reprise Moyen-Orientale du « Light is Right » de Colin Chapman, fondateur de la marque automobile Lotus, qui prônait un allègement maximal du poids tout en conservant une certaine puissance, qui aurait en effet animé les deux associés ingénieurs dès la genèse de leur aventure…, un comble lorsqu’on œuvre à Dubaï ou les consommations d’essence et la taille des moteurs et des automobiles n’est pas une préoccupation !

La recette habituellement simpliste a été cuisinée sans rechercher une sauce inédite : un châssis tubulaire accueillant en position centrale arrière un V6 de 3,5L d’origine Nissan, le tout recouvert d’une carrosserie en fibres de verre, simplissimement basique…., la plupart des composants de la Design-1 étant conçus et fabriqués « in house » à Dubaï, ce qui garantirait selon eux, une complète adéquation entre l’ambition technologique et la rigueur de la réalisation…

Avec 310cv pour 810kg et un ratio poids/puissance de 420cv à la tonne, le 0 à 100 est couvert en moins de 4 secondes…, la Design-1 entrant ainsi pleinement dans le monde des performances des supercars (sic !), procurant des sensations brutes et authentiques (re-sic !) mais conservant un minimum de praticité pour pouvoir rouler réellement lors de longs road trip (re-re-sic !)…, au volant, le moindre conducteur même débile, se muant en « vrai pilote de course » (sic !), profitant de sensations non-filtrées et non assistées…

Côté style, des principes fonctionnels (les ailes ponton et l’arrière tronqué) auraient guidé le design, donnant un style à part à l’auto et multipliant les références aux icônes des années 1960…, pour l’instant, la Design-1 se décline en trois états d’esprit : Trackday (barquette avec un simple saute-vent), Lifestyle (roadster avec un petit pare-brise en plexiglass) et Touring (équipée d’un ingénieux hardtop)…, l’auto s’adaptant ainsi aux envies et aux moyens de chacun.

Jannarelly propose par ailleurs de faire évoluer sa Design-1 selon des nouveautés qui s’intégreront au fil des années… et pour jouir pleinement (au volant) il faudra compter autour de 80.000 € départ Dubaï… et patienter entre 4 et 6 mois, hors homologation (à charge des intrépides acquéreurs), pour obtenir leur Design-1 (3 mois pour la fabrication et 1 à 2 mois pour l’expédition et les formalités douanières)…

L’homologation n’est pas prévue en France et en Europe, mais, la Design-1 suivrait les standards anglais de l’IVA (Individual Vehicle Approval), qui s’appliquent aux véhicules vendus au Royaume-Uni, en petite série…., pays en proie au Brexit qui ne fera bientôt plus partie de la Communauté Européenne…, mais, une procédure d’homologation serait en cours en France via Marcassus, spécialiste bien connu des amateurs de Lotus et Caterham.

La Jannarelly s’adresse aux amateurs d’émotions financières et fiscales ainsi qu’administratives… tout en étant en quête d’émotions automobiles rétrofuturistes associant les plaisirs mécaniques purs (gag !), la beauté et l’exclusivité…

Anthony Jannarelly est designer automobile avec pour créations principales les modèles de la marque W Motors, Lykan et Fenyr Supersport…., il est également le créateur du tout-terrain sportif Zarooq Sand Racer, pour lequel il a rejoint Frédéric Juillot, lui-même passionné automobile et expert en matériaux composites.

« À l’heure où les voitures évoluent vers un avenir où la conduite ne sera plus nécessaire, Jannarelly vise à prolonger l’expérience de conduite pure et authentique pour les vrais amateurs »…, c’est le slogan publicitaire de la marque… et j’invite les lecteurs (et lectrices) internautes à m’expliquer ce que cette phrase signifie vraiment….

La production est annoncée pour au maximum 200 unités par an pour un nombre total de 999 unités à réaliser, conférant à la Design-1 une réelle exclusivité.., c’est ce que disent et écrivent les constructeurs d’engins similaires qui n’arrivent jamais à réaliser ces chiffres.

La Jannarelly Design-1 serait bientôt disponible en France à travers Marcassus Sport, distributeur officiel…, les mois (bientôt années) passent et je n’ai toujours rien vu venir…
– Marcassus Sport Toulouse 26 avenue du Louron – ZA En Jacca – 31770 Colomiers
– Equation Composites LLC / Jannarelly Automotive DY 105 – Al Jada DUBAI – UAE