L’amour des Belles Américaines : la Cadillac Allanté…

L’amour des « Belles Américaines » fait partie d’une tradition « Western-Union » fantasmée, relativement psychédélique, que doivent supporter les lobotomisés de la country-music…, un style qu’il est de bon ton d’afficher en vestes à franges ridicules, jean’s pré-arqués étranglant les coucougnettes, santiag’s inconfortables tyrannisant les doigts de pieds et faux chapeau de cow-boy con-boy en carton mâché…, un ensemble grotesque de clichés chewing-gum-cum (c’est dégueu, je sais) qui fait pénétrer les abrutis dans un rodéo surplombant un abime béant, dans un point de non-retour.
La country consiste en une répétition nauséeuse de vibrations de sons gratouillés à la guitare et au banjo avec des cordes incroyablement grosses et grasses, aussi graves que possible… qui ouvre sur rien dans le seuil de légendes mystico-religieuses à la gloire de l’homme blanc, où la lumière et les ténèbres ne font qu’un, pour transcender les âmes…

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J’ai moi-même succombé un temps assez long et suis conscient d’avoir entrainé à ma suite une grande partie de la jeunesse Franchouille (vous qui me lisez encore)…, au bout de cette route 66 de la déviance, du vice et du mélange des expériences les plus folles, hautes en couleurs…, les sentiments, les perditions, rejettent toutes structures et mélangent les ambiances sombres et les divagations léthargiques, donnant en finale le goût du néant et de l’éternel…, de l’infini et du nihilisme…, alors qu’on se retrouve dans des contrées nues, sombres, infernales et mélancoliques.
Afin de mieux souligner cette noirceur et son infinité : le néant, comme un écho chaotique, je vais ici m’enfoncer dans une répétition…, qui va s’estomper naturellement et logiquement au fil du temps, et deviendra infernale comme une porte vers un abime.

Chers tousses, deux « Belles Américaines » sont particulièrement caricaturales, quoiqu’elles le sont quasi-toutes…, oubliant les trop anciennes d’avant les deux guerres mondiales (faut se dépêcher car une troisième arrive), mettant de coté l’Edsel, la Corvair, la Matador et diverses pitreries innommables…, si la très emblématique « Belle Américaine » qu’est la Chevrolet Corvette C3 est nihiliste, psychédélique, mais surtout une oeuvre personnelle de la vacuité, une œuvre émouvante aux dimensions dantesques, prenante et mystique sous l’apparence d’une vibration esthétique et impalpable démontrant par l’absurde que l’Amérique était incapable en cette époque d’envoyer des hommes sur la lune…, la Cadillac Allanté, elle, est ataraxique !

Elle est une référence ultime et magnifique du psychédélisme mystique des années ’80, une expérience unique qui peut avoir des conséquences différentes selon son propriétaire-conducteur… et serait presque quelque chose de malsain pour l’âme encore vierge de toute volupté mécanique…, mais, cynique, je vous conseille absolument de vous enivrer de ces automobiles, sans modérations et d’embarquer dans un voyage avec elles, selon vos moyens (qui fondront rapidement comme neige au soleil)…, ne revenez pas…, comme me le dit mon ami karim (excellent mécanicien de l’impossible) : « Il vaut mieux avoir l’air conditionné que l’air stupide »

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L’estomac dans les talons, les pieds dans le plat, un chat dans la gorge, de la confiture pour les cochons, rubis sur l’ongle, sans parler de la curieuse cohabitation des vessies avec les lanternes…, la Corvette C3 dans toutes ses versions, surtout les dernières… ET SURTOUT l’Allanté, c’est un pneu tout ça !
Acheter, posséder et rouler en « Belles Américaines » dans notre drôle de pays, la Franchouille, où, en effet, il ne faut pas confondre : scène, cène, Seine, saine ou chair, chaire, cher, Cher… et où pendule est masculin entre les mains d’un radiesthésiste et féminin entre celles d’un horloger…, alors qu’amour, délice et orgue, sont masculins au singulier et féminins au pluriel… est le reflet d’un certain masochisme…, bref, on devrait tous s’offrir une Autothérapie dans une « Belle Américaine », mais avant de s’en payer une, il faudrait encore être certain d’avoir contracté la bonne maladie…

C’est difficile à dire, Wikipédia ne les décrit pas…, ce qui laisse à penser que ladite maladie serait plutôt du genre honteuse…, d’habitude, on trouve toujours quelques indications sur les symptômes dans les publicités pour les cures ou les médicaments…
Quels sont (docteur) les symptômes de cette Auto-maladie ?
Avec les « Belles américaines », c’est le mutisme complet : pas un mot sur les symptômes, ni sur son mode de propagation…, quel peut bien être le mal dont souffrent ces milliers de personnes, l’insomnie, le mal de tête, ou bien la constipation ?

Faute de données scientifiques, j’en suis réduit à émettre mes propres hypothèses, à formuler mes propres propositions…, en l’occurrence, que l’achat d’une « Belle Américaine », belle ou non (je pense à la laideur de l’AMC Matador), ne peut servir qu’à une chose : à tenter d’oublier qu’on a une vie de con… et encore, même pour ça, l’efficacité du médicament reste toujours à prouver.
Ça n’est pas pour me vanter, mais pour vérifier les dires, j’ai personnellement testé cette thérapie (enfin, pour l’oubli de la vie de con, pas pour la constipation)…, un vendredi soir, comme ça, après une journée de travail particulièrement sordide, je me suis dit que j’allais m’offrir une balade de con dans une de mes « Belles Américaines », pour oublier… et hop…, délaissant toutes les autres, je me suis lancé dans un trip dantesque : 200 bornes de quatre voies pour le plaisir, dans une Cad’Allanté à vous faire pâlir d’envie, avec direction assistée et tout électrique (même si le capotage ne l’a jamais été que dans l’imaginaire)…

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Au départ, je dois avouer, j’étais plutôt content ; ça roulait à peu près bien, et la cassette de Mireille Matthieu arrivait tant bien que mal à couvrir les ronflements du moteur…, c’est vingt kilomètres plus tard que l’efficacité de la thérapie a commencé à décliner…, dans un bouchon, que j’étais… et un bon…, dix kilomètres en accordéon, comme ils disaient à la radio…, j’avais beau avoir une Allanté, coincé au milieu de la voie express, j’avais toujours ma vie de con.
Oh et puis pas la peine d’avoir un carrosse…, le gros rougeaud avec la BMW, il avait pas l’air plus malin que l’heureux possesseur de la 104 couleur crème., ni que moi en décapotable grise…, la même vie de con, je vous dis, les même kilomètres en accordéon… et puis quelques Parisiens qui trouvaient spirituel de doubler tous ces ploucs en empruntant joyeusement la voie d’arrêt d’urgence…, mais moi, tout de même, j’étais plus con que la moyenne…, car en plus, je ne pouvais même pas téléphoner !

Je lisais la semaine dernière que 50 à 70% des coups de fil passés depuis un portable l’étaient depuis un véhicule, même si c’est interdit et sévèrement réprimé…, mais ça ne m’étonne pas…, mes compagnons d’infortune pouvaient raconter en temps réel leur immobilité à leur mère, leur frère et leur belle-sœur…, moi, j’étais tout seul avec mon malheur…, on aura beau dire, pour supporter une existence misérable, il vaut mieux avoir tous les accessoires.., un forfait téléphonique à consommer et une radio débile à écouter… et moi, dans mon bouchon, puisque j’avais oublié mon téléphone portable dans ma Smart (un Samsung Galaxy III), je songeais aux puissantes réflexions contenues dans le manifeste « Relevé provisoire de nos griefs contre le despotisme de la vitesse » :
« La fonction créant le besoin et non l’inverse, ce que les moyens de transport permettaient est devenu obligatoire ; si nos ancêtres ne pouvaient, faute de moyens, parcourir de grandes distances, nous, nous devons les parcourir. Les transports ont permis d’aller plus loin et plus vite, d’accéder à davantage de lieux, qui ont dû être aménagés, principalement à cause de leur fréquentation, et se sont ainsi banalisés. Il a résulté de cet aménagement une spécialisation de l’espace et une redistribution des activités concentrées en différents points du territoire (technopoles, parcs de loisirs, sites prestigieux, centres industriels, commerciaux et administratifs, supermarchés, cités-dortoir, banlieues, etc.), ce qui nécessite évidemment des transports plus rapides encore pour supprimer les nouvelles distances ainsi créées. Si nous parcourons en un an plus de distance que nos ancêtres pendant toute une vie, ce n’est pas pour aller ailleurs, mais pour nous rendre toujours aux mêmes endroits »

Oh, il a tant de raisons pour expliquer mon geste lourd de conséquences (rouler en « Belle Américaine »), disons que, pour en résumer le pourquoi,  j’ai été en amour avec ces voitures et ce qu’elles représentent, dès le premier jour ou je l’ai ai vues, sans imaginer qu’elles étaient en réalité des maîtresses vénales, capricieuses, frivoles, sadiques, superficielles, lunatiques et ruineuses à entretenir…, des belles salopes qui vous font tourner la tête puis vous laissent en rade lorsque vous ne pouvez plus suivre leur train de vie…
Pour qui en a les moyens c’est comme entretenir des danseuses, les gens vous admirent pour vos moyens financiers et sexuels…, mais par la suite, lorsque votre visage se marque et se creuse, les mêmes faux-culs vous disent : « Mon pauvre ami, dans quel état vous ont-elles mises, ressaisissez-vous, laissez-les à d’autres avant d’avoir une crise cardiaque, ce n’est plus de votre âge, voyons, tssss tsss tss »…

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L’histoire retiendra peut-être que c’est moi que l’anti-virus a frappé, en fait, c’est l’horloge du tableau de bord qui a commencé, elle s’est détraquée, sans prévenir, ses petits cristaux rouges se sont mis à délirer…, ça m’a surpris…, j’ai jeté un oeil au cadran, distraitement, juste pour savoir l’heure qu’il était dans ce monde de cinglés, et paf, je me suisse retrouvé transporté dans la quatrième dimension…, il était 23h72…, c’était sacrément perturbant…, mais surtout, ce qui était angoissant, c’est que je restais serein, me disant qu’il me restait encore une bonne vingtaine de minutes avant minuit alors qu’il faisait jour…, quoi qu’il en soit, je me suis dit que comme ça, j’éviterais d’un seul coup une journée de con…, enfin, c’est ce que je pensais, naïvement, mais ça n’a pas marché.
A 7h85, il était alors précisément 16h20 du matin l’après-midi selon ma montre-poignet…, mais ça, je m’y suis habitué…, le plus étonnant, c’est qu’à 16h20, il était quand même 8h10 lorsque je suis arrivé dans une station-service…, le temps de faire un plein, il était 9h99, l’heure de la fin…, j’ai décidé alors de ne plus croire en l’heure qu’il était dans la Cadillac Allanté…

Je me suis dit pour me rassurer d’avoir osé concrétiser cette « affaire » que (de mémoire) : La Cadillac Allanté est une voiture de collection assez rare, son système de construction restera à tout jamais unique dans l’histoire de l’automobile : Trois Boeing 747 avaient été adaptés pour contenir 56 Allantes chacun…, les 747 quittaient Detroit avec 56 châssis Eldorado et tout ce qu’il fallait pour que Pininfarina assemble la plus grosse partie de chaque Allanté : les instruments, le système de climatisation, la colonne de direction, et la plupart des appareils électroniques. Quand toutes ces pièces arrivaient à l’usine Pininfarina, le châssis Eldorado était découpé à la dimension calculée pour qu’il devienne un châssis Allanté et soudé à deux sous-ensembles sur lesquels la carrosserie réalisée par Pininfarina était soudée, les ouvriers installaient toutes les pièces fournies par Détroit, ainsi que l’intérieur qui lui était réalisé en Italie. Après peinture des carrosseries, ainsi que du hard-top, les Allanté’s étaient fixées sur des supports porteurs spéciaux, chargés dans les avions, et transportés vers l’usine d’assemblage Hamtramck de Detroit ou Cadillac installait les trains-roulant avant et arrière, les suspensions, la transmission, le moteur, les freins, les roues, les pneus et le réservoir de carburant. Des tests étaient ensuite effectués sur le système de freinage ABS Bosch III… et chaque voiture était pilotée pour un essai de 25 miles…, un processus qui était appelé le « Allanté Air Bridge » .

La réalité (jusqu’à l’épisode de l’horloge) fut une suite d’évènements masochistes…, j’ai du y prendre plaisir pour ne pas déprimer et être traumatisé…, en repartant vers l’inconnu, j’ai pensé aux joies du collectionneur d’une « Belle Américaine » qui avec humour, démontre de manière surréaliste que tout n’est que vanité…, seulement 21.430 Allanté’s ont été construites, beaucoup de pièces neuves de rechange ne sont plus disponibles…, pourtant beaucoup de pièces de carrosserie provenaient de toute l’Europe, par exemple les vitrages étaient made in Suisse…, mais en Europe les pièces d’occasion sont presque impossibles à trouver… et quand on en trouve sur eBay-USA, les vendeurs veulent autant que ce qu’on a payé pour la voiture…, les composants internes du moteur sont assez standard GM-Cadillac, mais c’était une machine HP de plus haut niveau que les berlines Cadillac classiques… et même si l’extérieur de la boîte de transmission s’adapte, les éléments internes et électriques sont différents.
Il y a quelques propriétaires qui finissent par dire adieu à leur Allanté en la mettant en vente sur eBay… et quand d’autres propriétaires trouvent ainsi une bonne affaire…, ils essaient de l’acheter pour les pièces… et ils la stockent dans un hangar (certains en ont plusieurs et finissent par gagner de l’argent en revendant diverses pièces qu’ils ont en double ou triple).

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J’ai eu beaucoup de chance depuis que j’ai racheté mon ancienne Allanté (sic !)… d’avoir un ami (Karim) capable de l’entretenir (à mes frais) comme une danseuse-maîtresse… et d’avoir pu trouver toutes les pièces dont elle avait besoin pour rouler cool et relax…, j’ai toutefois accepté qu’il achète beaucoup trop de pièces et il n’a plus (selon lui) assez d’espace pour stocker d’autres pièces de rechange en prévision…, il a remplacé beaucoup d’éléments mécaniques, électriques et électroniques de la voiture : la crémaillère de direction, la pompe d’assistance, la partie supérieure du moteur avec le joint de culasse (qu’il a trouvé en vente, neuf, au Canada), il a reconstruit le système audio, la transmission, le système de fixation de la capote et du hard-top ainsi que le cache-bac de capote… et le plus compliqué (selon lui) fut de remettre en fonction les commandes de vitres électriques… et il espère qu’il n’aura pas à reconstruire le bas-moteur avant longtemps.
J’ai du faire remorquer l’Allanté à trois reprises en quelques mois, la première en cause de la pompe de direction assistée, la deuxième à cause de l’alternateur mort sur un tronçon abandonné d’autoroute (et pas de couverture GSM)…, la troisième pour une alarme électrique générale.., il manquait aussi plusieurs petits connecteurs et divers modules électroniques, l’un en charge du chauffage et de l’air-conditionné, un autre commandant le display du tableau de bord, un troisième servant de régulateur au ventilateur du radiateur de refroidissement…

Il n’est pas vraiment déprimé, mais depuis quelques temps il se laisse aller à divers commentaires à portée philosophique, du genre (je retranscris de mémoire) : « Les suspensions sont électroniques, sensibles à la vitesse, au roulis, au freinage, à la pluie…, c’est confortable, mais ce sera très coûteux à changer ou réparer au cas ou ça casse…, ce ne sont pas des éléments qui peuvent être reconstruits… et leur achat en occasion ne sera pas une garantie que cela fonctionnera, on peut toutefois toujours modifier l’Allanté comme un Hot-Rod en changeant tout, ce serait plus simple, quoique tu peux toujours prendre toutes les priorités de droite en l’espoir qu’un semi-remorque mette l’Allanté en perte totale, merde, j’en ai marre de passer mon temps à la réparer. Ou alors, ne roule plus, fais des économies, c’est la crise, tu dois simplement l’exposer et l’admirer en statique »…

J’angoisse, ma Cadillac Allante me rend masochiste et mon ami mécanicien devient sadique…, j’ai conduit ces derniers mois mon Allante sur environ 5.000 km et je dois dire que j’ai apprécié chaque kilomètre parcouru..,. y compris plusieurs fois le temps passé sur le côté de la route, le capot ouvert, dans l’attente d’Europ-Assistance…, j’avoue que j’ai parfois trouvé cela ennuyeux, mais je me disais : Waouwww, quel bol j’ai, je suis béni des dieux, je conduis une Allante !…, c’est franchement grââââve, non, docteur ?

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Quand j’ai été bloqué toute la nuit sur une autoroute, pendant que j’attendais la dépanneuse, j’ai toutefois ralé intérieurement…, jusqu’au moment ou dans le matin brumeux… j’ai vu mon Allante sur le plateau de la dépanneuse… et que je me suis dit : Waouwww, elle a quand même fière allure là…, comment me résigner à remplacer une telle voiture classique et historiquement importante ?
J’ai presque acheté une Cadillac XLR en échange partiel avec mon Allanté…, une folie redemptrice larvée…, mais je me suis dit que même en revendant la XLR, je n’aurais pas l’argent en retour pour récupérer la fortune que j’ai dépensé pour l’Allanté…, j’ai alors décidé de la conserver…, puisqu’elle est maintenant comme neuve… et qu’elle a quelque chose de plus que les autres, avec beaucoup de caractère…, avec philosophie, je reconnais et revendique ce nouveau coté masochiste dans le fait de posséder une Allanté…, j’ai crainte toutefois que cela ne modifie ma sexualité…, je commence à rêver de cuir, de masques à gaz, de cuissardes… et me surprend à faire des noeuds avec des boûts de ficelles…, j’ai même pensé me masturber au volant de mon Allanté, assis, le cul nu sur le cuir bordeaux !

Mon docteur (c’est grâve)…, m’a ordonné que je dise 20 fois en répétition, à voix haute, plusieurs fois par jour, surtout avant de m’endormir : Cette voiture n’est pas mon indépendance, cette voiture n’est pas mon personnage…, cette voiture est mon fardeau financier ! Waouwwwwwwww, je jouis !
L’Allanté est une automobile splendidement ratée…, écrire qu’elle est inrinsèquement mauvaise frise le pléonasme…, les plus mauvais d’entre-vous oseront sans nul doute cabotiner à qui fera le meilleur « mouahahaha » sardonique aussi charismatiques qu’un ficus…, car la Cadillac Allanté est un concentré de bonheur masochiste qui a été ici transcendé dans une gerbe de flammes et d’étincelles…, l’humanité est sauvée…, il me faut quitter ce cauchemar et partir à fond la caisse vers de nouvelles aventures…, en Corvette C3 par (mauvais) exemple…, quoique là encore, j’aurais sûrement droit à une autre incohérence pour la route…

Piting…, brise les codes du système tout en le réinventant de manière à le faire sombrer dans les abîmes…
Merde alors, toi aussi t’en as une ?
Oui, il faut oser le dire et l’écrire : la Cadillac Allanté est une misère esthétique qui hypnotise plus sûrement que n’importe quel feu d’artifice visuel…
En la voyant un vide intersidéral se plante devant les yeux… et pourtant on ne décroche pas, on plonge dans une béatitude heureuse en se remémorant ces lointaines batailles de l’enfance gagnées au péril de sa vie sur le terrain vague local, armé d’une vieille mitraillette en bois de chêne véritable…, c’est une « Belle Américaine » à ne conduire que sous stupéfiants, c’est alors le nirvana…