La Great-Race et les flux de chakra…

Il n’en connaissait aucun…, sauf qu’ils étaient intrigués par ce « grand fou » et sa « girl-friend » qui étaient entrés dans ce bar du bout du monde pour se désaltérer…
Une gourde pleine d’eau accrochée à sa ceinture de cuir, une veste jetée sur ses épaules pour le protéger des bourrasques de sable, il sortit du bar en faisant quelques signes de la main aux clients. 
Le sable balayé par le vent recouvrait certaines parties de la High-way. 
Il aimait se paysage plus que tout. 
Il avait certes connu d’autres endroits, mais à défaut d’avoir un clan de doux dingues du volant à qui appartenir, il faisait partie de ce décor.
Sa peau tannée par le soleil le lui disait. 
Il accéléra, pied au plancher, la voiture fit un bond dans un vacarme d’apocalypse.
Inutile d’attendre pour rien, et puis ça lui permettrait de s’échauffer.
Ce qu’il y avait de bien à courir dans cette « Great-Race« , c’était qu’il n’y avait pas de règles, sauf celle de s’acquitter de 75.000 US$ pour s’y inscrire.
Ce n’était ni un « Cannonball« , ni un « Gumball-Rally« , c’était la « Great-Race« , inspirée d’un vieux film « La grande course autour du monde« , lui même s’inspirant de la Grande course du début des années 1900…
Un bazar de fondus déjantés…
Courir sur un circuit, c’était moins amusant que courir sur routes ouvertes pour défier toutes les lois appliquables. 

Il se mit donc à accélérer franchement.
Bientôt, il sentit les muscles de son corps se délier. 
De grosses gouttes de sueur commencèrent à perler sur sa peau hâlée.
Plus loin, il voyait se profiler l’horizon où il s’arrêterait pour faire une pause.
Encore un petit effort…
La douleur dans ses jambes était vive à cause de l’exiguïté de l’habitacle et de la chaleur dégagée par le gros V-8, c’était une fournaise interne dans la fournaise de l’extérieur…, mais il souriait, stoïque.
Il avait beau faire cet effort obligatoire et masochiste, il n’en demeurait pas moins intense, et il accéléra de plus belle avec un plaisir manifeste. 
Il pouvait entendre son pouls battre à ses oreilles à un rythme effréné.
Une aura que lui seul pouvait sentir autour de son corps semblait irradier sous l’effort, comme une blessure qui bat sourdement.
Levant les yeux au ciel, il regarda les feuilles des palmiers danser doucement dans la brise et faire jouer des rayons de soleil sur la route interminable.
Cela calma son corps survolté. 

L’eau lui avait fait du bien, il s’étira de quelques centimètres, se raidit sur son siège, une certaine torpeur s’était emparée de lui.
Plus tard, il finit par déboucher sa gourde et avala une rasade d’eau, plus tout à fait fraîche, et ferma les yeux un instant pour écouter le hurlement du moteur V-8…
Fidèle à ses vieilles habitudes, il fallait qu’il s’autodiscipline, sinon il n’arriverait jamais nulle-part.
Il finit par relever son pied gauche, ce fut comme une jouissance, puis il en posa délicatement la pointe sur l’accélérateur, ce qui lui permit de soulever son pied droit…., seconde jouissance !
Il se mit à rêver qu’il faisait quelques étirements, tant que ses muscles étaient chauds, puis il reprit sa position de conduite, et ne se focalisa plus que sur la route… .

« Bon, maintenant, le chakra vers le bas…« , se dit-il à lui-même en se concentrant sur les flux de chakra qui circulaient dans son corps.
Cette fois-ci, il avait décidé de grimper à 200km/h et de garder cette vitesse, il lui fallait tenter l’expérience, et garder les yeux ouverts.
L’opération était de plus en plus aisée maintenant qu’il savait comment s’y prendre.
C’était encourageant.
Eclusant son chakra vers le bas, il verrouilla les tenketsus des membres supérieurs. 
Il vit alors comme un halo bleuté entourer ses jambes, à cela près qu’il n’avait alors jamais vu ce phénomène.
« Au secours, il y a le feu sous le tableau de bord« , entendit-il hurler sa passagère dans ses écouteurs… 
Elle remit un semblant d’ordre dans sa frange qui dépassait de sa casquette pour ne pas être gênée, puis exécuta ce qu’il lui sembla être le tao de la chèvre…
Elle avait l’air épouvantée…

« Ca sent le brûlé, et il y a de la fumée et des flammes, il faut arréter et éteindre… au secours, mon dieu, aidez-moi, que suis-je venue faire dans cette galère ?« 
Il hurla aussi : « C’est rien, ce sont mes flux de chakra« …
Son regard, derrière ses grosses lunettes noires de course, se porta alors sur la route devant lui, les yeux légèrement plissé à cause de la clarté extrêmement vive du désert…, tout en faisant un effort considérable pour maintenir son chakra bloqué dans ses pieds.
Lorsqu’il sentit l’odeur âcre et vit la fumée, il réalisa soudain que ce n’étaient pas les flux de chakra…, il poussa des deux pieds sur la pédale des freins, bloqua la voiture sur le bas-coté et s’empara de l’extincteur placé devant l’assise de son siège…
En quelques secondes, l’habitacle était tout blanc.
« Ce n’était rien, d’ailleurs tout fonctionne à la perfection, on peut repartir« …
Il lança au loin l’extincteur, appuya à fond sur l’accélérateur et la course reprit.

A force d’utiliser cette force jusqu’ici laissée en friche, il commençait à apprécier le dosage des flux, et mieux cerner leur fonctionnement, il redécouvrait son corps, et surtout, ses potentialités.
L’apprentissage du chakra lui avait été profitable, grâce à cela il avait pu circonsrire ce début d’incendie et garder le contrôle de la situation.
La lueur bleutée aux pieds, il recommença à penser.
Les lèvres pincées, il luttait contre la force de l’accélération : en effet, si ses mains adhéraient bel et bien au volant et ses pieds aux pédales, sa tête quant à elle, était irresistiblement attirée vers l’arrière, ainsi s’était-il penché en avant à la force des abdominaux pour faire basculer son centre de gravité.
Il dégoulinait de sueur, mais à vrai dire… il n’en avait rien à f…. 
Il allait atteindre son but, modeste certes, car la « Great-Race » ce n’était pas la course des 24 heures du Mans, mais un pas en avant restait un pas en avant, aussi petit soit-il.

Le soleil du désert frappait toujours aussi fort. 
Depuis qu’il avait débuté sa quète du Saint-Graal-Automobile, sa vie n’était faite que de petits pas, qui mis les uns à la suite des autres, traçaient l’ébauche d’une ligne qu’il espérait longue, une ligne qui le mènerait peut-être sur les traces de ses idoles.
Malgré sa casquette, il porta sa main en visière pour protéger ses yeux et scruta l’horizon, habitude qui datait de son enfance.
Ses pensées dérivèrent alors sur une anecdote d’il y a quelques mois…, un bonhomme disant se nommer Martin était venu suite à une petite annonce parue sur le web, pour acquérir sa voiture…
Prix demandé 69.990 dollars…
Après quelques minutes, Martin en proposait 50.000, puis débutait un long monologue sur son désir de participer à des courses historiques…
En finale, Martin tapa dans sa main comme les affaires qui se font entre chevilleurs, pour un montant négocié de 60.000 dollars, livraison et paiement « fin de semaine« .
Fin de semaine, Martin, au téléphone commença un autre monologue concernant son rêve de participer à des rallyes historiques, dans cette foulée, il voulait que la voiture dispose d’une homologation FISA et FIA…
Comme elle n’en disposait pas, Martin changea d’avis et proposa 40.000 euros…
Il lui avait alors proposé une Corvette Roadster 1963 qui disposait des homologations FISA et FIA, qui avait un extraordinaire palmarès sportif, et correspondrait mieux à Martin pour un usage de rallyes historiques…
Peine perdue, Martin ne démordait plus de son offre de 40.000 euros AVEC homologation FIA et FISA…
Ici…, pour la Great-Race, l’inscription était de 75.000 US$, soit près du double de ce que Martin offrait pour la GT-40….
Il haussa les épaules, il se félicita intérieurement de ne plus avoir donné suite aux appels de Martin, même lorsque celui-ci lui demanda de venir essayer la Corvette…
Ce Martin, autant pédagogiquement parlant qu’au niveau de l’art de la discussion d’affaire, ne valait pas tripette. 

Mobilisant toute sa volonté, il eut une soudaine inspiration.
Sa fréquente solitude l’avait habitué à parler à voix haute : parfois, le silence était d’une terreur sans nom. Entendre une voix humaine, même la sienne était comme une bougie allumée au plus profond de la nuit.
Dans son esprit, il tenta alors de diriger le chakra vers ses membres inférieurs.
Le résultat fut immédiat, il eut une érection…
Lasse, sa passagère avait prit le temps de se reposer après ses mésaventures.
Elle savait qu’il finirait par avoir envie de faire l’amour plutôt que continuer à rouler comme un fou furieux, elle fut donc toute heureuse de voir le pénis en érection…, sûrement que copuler dans le désert serait assez spécial, et elle ne pouvait se permettre de le faire attendre plus longtemps dans cet état.
Elle entreprit une fellation…

lorsqu’il sentit la bouche de sa passagère aspirer son sexe turgescent, dans un coin de sa tête, cela agissait sur lui comme un moteur, une pompe infatiguable qui le propulsait en avant.
Ses muscles étaient douloureux en cause de sa position de conduite, l’habitacle était trop petit…
Après quelques minutes de sucions diverses, il arriva à son point de non-retour, ses testicules bouillonnaient intérieurement, l’éjaculation était proche…
Il s’étira en arrière, appuyant sans s’en rendre compte son pied droit à fond de course d’accélérateur, et son pied gauche sur le gros bouton entre les pédales qui actionnait l’injection d’oxyde nitrique…
La voiture fut comme catapultée en avant…
La force de cette accélération digne d’un avion de chasse supersonique la fit serrer les dents…
Il eut le pénis coupé net et perdit le contrôle…, et de la situation…, et de la voiture…, qui continua tout droit et s’envola droit dans le ravin…
On n’a jamais retrouvé le pénis…, ni quoi que ce soit d’autre qu’un volant tordu…
Triste histoire !

www.LesAutomobilesExtraordinaires.com     
www.GatsbyOnline.com