Lamborghini Gallardo… from Patrice De Bruyne on Vimeo.
Lamborghini Gallardo IMSA-LP560-4 GTV…
Le rêve commence en un lieu où les cauchemars n’ont pas leur place.
Une Lamborghini Gallardo IMSA-LP560-4 GTV… , blanche, baignant dans une lumière irréelle, dont l’oeil exercé saisit sans mal le caractère permanent.

Le regard que j’y promène n’est pas inquiet, mais indifférent, de cette indifférence tranquille que l’on éprouve envers les objets sur lesquels nos yeux se posent et qui ne vous disent strictement rien, car il n’y à rien à en entendre, puisque ce ne sont que des choses sans vraie vie.
Tel que je le décris, ce lieu d’une blancheur quasi inquiétante peut paraître cauchemardesque à certains, voire certaines…, mais en fait il n’en est rien.
Vous, qui me lisez, la bave aux lèvres en attente de ma narration écrite (car normallement les narrations sont orales, comme les fellations)… d’une N’ième  aventure semi-sexuelle…, l’immaculé de cette vision éphémère (qui en réalité durera aussi longtemps que je paierai les coûts de mon serveur, l’adresse DNS et autres frais inhérents à l’internet, coté webmaster), doit vous choquer si vous êtes habitué à la laideur urbaine qui tapisse les couloirs, les rues et les édifices où vous évoluez quotidiennement… et que vous connaissez par coeur…, particulièrement le wagon qui vous transporte matin et soir, dont vous pourriez sans fin décrire les nuances de gris et noir qui le composent, sous l’éclairage malsain d’ampoules de lumière morte…

Car est-ce vraiment vivre de tant souffrir pour n’en avoir que miettes, à peine plus de mille euros, moins vos frais et tickets.
Dans ce wagon, le trajet n’existe plus vraiment, il est un temps d’attente nécessaire avant d’arriver à votre but, qui n’en est pas vraiment un, plutôt un passage obligé pour survivre…
Seules quelques secousses et le bruit prolongé du grincement des roues sur le rail vous rappellent que vous êtes en mouvement, détail qui a dû avoir un jour son importance, mais à ce moment-là, vous n’y repensez pas.
Et maintenant c’est le soir et comme vous me lisez, c’est que vous avez un ordinateur, à moins que vous surfiez au bureau qui vous emploie, en quel cas c’est encore le jour dans la nuit du quotidien…
Alors…, à quoi devez-vous donc penser à la vue de cette maison blanche de milliardaire…, à la vue de cette Lamborghini blanche d’un quart de million d’euros…, à la vue de cette jeune brunette sexy de 33 ans qui ne semble pas devoir balader mômes hurlants et charriot à courses… dans le dédale des rayons d’un Carrefour ?

Il y a un tel décalage…
Je vous pose cette question, parce que je me la pose aussi…
Notez que…
J’aurais pu vous présenter la même voiture, mais noire, dans un décor de fin du monde, crade et pouilleux, et rhabiller la jeune brunette sexy en Gautier, toujours hors prix, mais plus en phase « destroy« …
Alors, ça changerait quoi d’autre qu’une illusion ?
Je rêve souvent de wagons… et ils ont toujours le même aspect, généralement pire que celui que l’on trouve ordinairement dans la vie réelle.
Ils sont gris, ternes, sales, un peu comme le métro new-yorkais que l’on voit dans des vieux films américains, mais ils sont souvent sombres, avec les parois noires et luisantes.
J’y suis toujours seul, avec une autre femme entre deux âges, habillée de noir, les cheveux relevés en chignon et couverts d’une petite coiffe noire sans bords, d’où pend un petit voile qui semble adoucir devant ses yeux l’austère spectacle des parois du tunnel défilant à toute vitesse en sens inverse..
Ce qui se passe entre elle et moi varie à chaque fois, mais le wagon est toujours le même.
Il arrive qu’une ampoule dénudée pende du plafond, éclairant nos silhouettes respectives d’une lueur blême tout en agressant la vision par son filament à nu…
Alors, pensez-donc que doit être le bonheur de se réveiller dans cette maison blanche, de pouvoir s’envoyer au septième ciel avec cette jeune brunette sexy, puis de décompresser en compressant le monde au volant de cette Lamborghini…
Rêvez, ça ne coûte que les désillusions du réveil…

Mais ça n’était toujours pas suffisant pour les Allemands d’IMSA, une boîte de Tuning aux tarifs mirobolants, décidemment très en forme lorsqu’il s’agit de modifier une auto originaire de Sant’Agata Bolognese… et voilà maintenant la nouvelle LP560-4 GTV sous tous les angles.
Après une première mouture de la Gallardo parfois critiquée comme un peu trop fade, Lamborghini a répliqué l’année dernière (2008) avec une nouvelle LP560-4 aux faux airs de Reventon, beaucoup plus agressive.
Sous le capot, les changements restent rares et seul un nouvel échappement permet de faire passer la puissante totale à 590 chevaux, soit une augmentation de 5%.
Le couple quant à lui, augmente de 4% et culmine désormais à 560 Nm.
Évidemment, le plus gros des modifications est d’ordre esthétique.
La Gallardo reçoit un kit carrosserie très imposant avec des passages de roues élargis et équipés d’ouies, le spoiler avant est plus massif encore et la poupe est carrément munie d’un gros diffuseur en fibre de carbone en plus d’un aileron.
IMSA appose également de nouvelles jantes au dessin un peu difficile à porter et appose sa griffe à l’intérieur avec quelques touches dans l’habitacle et de nouveaux sièges baquets.
Le tout pour un paquet d’euros, totalement disproportionné eu rapport à la valeur intrinsèque du bestiau…
C’est fait pour les « ceusses » qui possèdent le décor et n’ont nul besoin de venir le regarder sur un site web…
CQFD…

Qui osera dire, au moment où tout est à apprendre, que chaque tentative de vivre autrement éclaboussera votre âme d’une mémoire accablante, cabossera votre cœur au point d’en assourdir les battements lorsque vous serez parvenu à la moitié de votre vie, de vos passions écorchées, de vos bonheurs délavés ?
Les souvenirs sont parsemés d’empreintes regrettables, de visages auréolés de vide, de tâches de pleurs et d’autres sentiments agglutinés.
Ce sont les automobiles  qui m’ont enseigné la désespérante solitude de la vanité et de la vacuité, souvent inhumaine. 
C’est comme la douceur d’une peau, la chaleur d’un être, le froid mortel qui succède à son absence.
Sans initiation à la chaleur, que peut-on comprendre au froid ?
Toute une vie est un un jardin de volupté, où l’amour s’effeuille un peu, beaucoup, pas du tout, c’est si triste, les pétales arrachées.
Ne pas penser à la folie défoliante de l’orgueil, qui étouffe en terrain conquis, qui se révulse à l’idée de fleurir en fertilité rayonnante.
Les humains aiment les fleurs, seulement quand leur beauté est déracinée, taillée, domestiquée, assujettie.   

Pour rien, comme ça.
Pourquoi ?
Pour se sentir exister.
Pour faire pleurer les autre, pour se repaître entre leurs larmes de la souffrance qu’ils infligent, pour nous voir enfin à genoux, comme si on n’y était pas déjà…, se valorisant à nos dépens, nous imposant leur catharsis mortifiée, leurs conjurations égoïstes et sacrificielles.
Tout cela n’est que théâtre, grand guignol, comedia dell’arte, ces engins de rêve ne sont que des fossiles en puissance !
Quelle éternité idéale compensera le gâchis de cette hécatombe ? 
Mais que soit…
Mieux vaut rêver d’autre chose…
 
  
 
Le lien menant à l’essai routier à été coupé volontairement, pour cause de divergence d’opinion…
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