Lazareth LM 847…

Ludovic Lazareth est le Docteur Frankenstein du monde de la moto contemporaine, il ne construit depuis plus de deux décennies, que des « choses roulantes » personnalisées d’une beauté étrange et incroyablement non conventionnelles, destinées à des clients « hors-mesures », allant des riches sheikhs de l’huile de vidange frelatée aux plus richissimes cinglés d’Hollywood.
Souvenez vous de la Dodge Tomahawk, une moto à dix cylindres de Dodge Viper (made in Audi-Lamborghini) disposant de quatre roues (en 2)… une machine de l’enfer sur terre qui a fait les gros titres dans la presse du monde entier (et au delà)… eh bien Lazareth fait de même en pire mieux avec sa LM 847, une moto à quatre roues accolées en paire AV et AR, les arrière étant entraînées (sans boîte de vitesses) par un moteur Maserati V8 !

Cette création insensée est la dernière folie (connue) de Ludovic Lazareth…, elle est belle comme la créature du Dr.Frankenstein, terriblement puissante et défie toute description.
Le moteur est un spectaculaire (quoique vieillot) Maserati V8 prélevé d’une antique Quatroporte…, il est en full aluminium, cube 4,7 litres et délivre 470 chevaux particulièrement vicieux, le tout étant monté/assemblé dans un châssis « maison » entièrement en polymère et en fibre de carbone.

Je ne ferais aucun commentaire sur le choix d’utilisation de cette mécanique d’une autre époque, si ce n’est que c’est moins couteux à obtenir, qu’acheter neuf soit un V8 Ferrari, soit un V10 Audi-Lamborgini… voire un 12 cylindres BMW-Rolls Royce…
Réflexion faite sachant que la bête est affichée un demi million d’euros et n’est pas aussi complexe à concevoir et fabriquer qu’une automobile !

La LM-847 est dotée de quatre bras oscillants simple face et d’une configuration à double chaîne et pignon pour alimenter les roues arrière, d’une direction à double moyeu à l’avant et de disques de frein massifs de 420 mm montés autour des jantes, dans le style de la Buell…
Il est intéressant de noter que la sous-structure et la queue ont été extraites directement d’une Ducati Panigale… et que contrairement aux commentaires de divers merdias, ce n’est pas un design Lazareth créé pour la Ducati Panigale, mais la récupération de ce look pour habiller le cul de la LM 847…, cette création qui est un scandaleux « emprunt » est toutefois qualifié comme étant de l’art pur… et comme de l’art, probablement totalement inutilisable…, mais c’est vraiment amusant à regarder!

Déclarée « auto-matiquement » (une auto-moto-appropriation) être le « Brainchild » du « designer automobile français » Ludovic Lazareth, la presse (merdiatique) affirme donc (avec autorité) que la LM-847 affiche fièrement « son » design de style industriel minimaliste, le moteur Maserati V8, pièce maîtresse de ce cocktail (sado-masochiste) étant exposé dans une totale et bestiale nudité, sans protection spermatique, au risque d’une contamination généralisée…, faisant fi des éléments frontaux minimaux et de la fameuse section de queue (trop de sexe tue le sexe) provenant, je le rappelle, d’une Ducati Panigale.
Cependant, mis à part ce design « épuré », la LM-847 se distingue encore pluche principalement (sic !) par sa technologie complexe…, c’est-à-dire une transmission à convertisseur de couple qui transfère la puissance du moteur « colossal » aux deux roues arrière esthétiquement jumelées à l’aide de chaînes…

Cette moto ne possède qu’une seule vitesse, la puissance est transmise via un convertisseur de couple qui emmène le courageux et téméraire pilote, de 0 à 150km/h en quelques secondes !
Les deux bras oscillants arrières sont articulés autour des axes du primaire de transmission, permettant ainsi aux deux chaines, qui transmettent les 470 chevaux, d’avoir une tension constante…, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Avec quatre roues de moto (deux à chaque extrémité), le péquenot lambda moyen se dit qu’il doit être très difficile de tourner…, en fait, pas vraiment, parce que Lazareth utilise un mécanisme de direction inclinable qui incline (sic !) le vélo dans les virages en utilisant une cinématique spécifique de la suspension indépendante…, les essieux arrière s’articulant autour de l’axe de transmission, permettant de fournir une puissance optimale aux roues arrière en tout temps (si vous n’avez pas compris, ce n’est pas important puisqu’il y a peu d’espoir à vous faire, d’en acquérir une).
L’empattement est de 1850 mm, c’est ahurissant… mais combiné avec quatre roues quasi jumelées, cela rend le vélo assez stable jusqu’aux 300 km/h possibles mais dont personne n’est revenu à défaut de n’y s’être jamais risqué…

Cette moto ne possède qu’une seule vitesse, la puissance est transmise via un convertisseur de couple qui emmène tout téméraire de 0 à 150km/h en quelques secondes…, pour arrêter la bête de 400 kg… et donner confiance à ceusses qui finissent par se poser des questions sur le sens de la vie et les besoins réels de l’humanité…
Lazareth a équipé sa LM-847 de disques périphériques de 420 mm d’épaisseur avec des étriers Nissin à huit pistons (Un détail, les leviers de frein sont inversés pour améliorer l’ergonomie et la précision dans le freinage. Le mécanisme se retrouve à l’intérieur même du guidon).

Quoi qu’il en soit, la LM-847 serait limitée à dix unités, dont trois auraient déjà été vendues un demi-million d’€uros pièces.
Cependant, si la LM-847 semble s’éloigner de vos capacités financières ainsi que de bien d’autres choses entrant dans la nébuleuse psychologique de chacun, vous pouvez probablement lorgner vers d’autres créations de Ludovic qui a transformé et/ou créé plusieurs autres vélos en œuvres d’art, comme la Caferacer Lazareth basée sur une R1 et dotée d’un système de direction unique… (ce vélo faisait partie du film Babylon AD)…., mais peut-être, oui, peut-être, préfèrerez-vous le Wazuma MV Agusta, une autre œuvre d’art à quatre roues qui utilise un moteur MV Agusta F4 comme toile de fond.

A ses débuts, Ludovic LAZARETH faisait de la préparation autos/motos, puis au cours des années il s’est orienté vers le prototypage et la fabrication de véhicules d’exception…, diplômé de l’école Espera Sbarro en 1992, il est considéré comme le disciple de Franco Sbarro (Designer Automobile Italo-Suisse).
Après quelques années au sein du département prototypage chez AIXAM-MEGA (Trophée Andros – MEGA Track V12), il décide en 1998 de créer l’entreprise LAZARETH Auto-moto pour laisser libre cours à son imagination et sa créativité… et en 2005, l’entreprise obtiendra le statut de constructeur et commencera à produire ses premiers véhicules sous la marque « LAZARETH »…, une centaine de type différents de véhicules ont depuis vu le jour.

L’entreprise est désormais composée d’un bureau d’études et de plusieurs artisans spécialisés (Sculpteurs-modeleurs, stratieurs, carrossiers, peintres, usineurs, mécaniciens, chaudronniers, tôliers-formeurs, électriciens…).
En 2018, le constructeur Lazareth s’est même vu décerner le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » par l’Etat Français, représenté par le ministre de l’industrie et l’Institut Supérieur des Métiers.

Apparue au salon de Détroit 2003, la Dodge Tomahawk repoussait les limites de l’incroyable, ce qui comptait avant tout, c’était sa motorisation…, un délire absolu, quitte à faire un show-bike de fou, autant mettre un moteur de maboul dedans : le V10 de la Dodge Viper extrapolé du V10 Audi-Lamborghini…, un gigantesque moulbif culbuté dépassant les 8 litres de cylindrée.
Avec sa puissance de 500 chevaux et 71mkg, la moto était « donnée » théoriquement capable de déglinguer un avion de chasse au démarrage avec une vitesse de pointe supérieure à 500 km/h qui était atteinte en 400 m…, des chiffres effrayants basés sur un engrenage de calculs, discrédité par les médias motos et automobiles, aucun essai routier de la Tomahawk n’ayant jamais été publié.

Esthétiquement, la Tomahawk surprenait, estomaquait, dérangeait : c’était un uppercut visuel…, en retrouvant ses esprits, on restait interdit : c’était un moteur et des roues, basta.
Celles de l’avant étaient en bouts de bras articulés de forte section reliés à un châssis monocoque en aluminium…, chacune recevant un disque de frein périmétrique de 508 mm sur lequel mordaient 2 étriers de 4 pistons…, le freinage arrière était à peine moins impressionnant avec également 2 disques périmétriques, mais avec un seul étrier par roue…, un tel attirail de 4 disques et 16 pistons n’étant pas superflu car l’engin pesait la bagatelle de 680 kgs.

Le plus incroyable dans tout ça, c’est que cette moto atypique pouvait prendre de l’angle…, passé le coté sensationnel, on avait affaire à un concept très travaillé qui pouvait rouler et pas seulement surprendre.
Le constructeur américain envisageait même de créer une petite série pour satisfaire les passionnés d’engins surréalistes…, mais c’est un atelier de répliques qui a osé dupliquer la Tomahawk en dix exemplaires mis en vente par le biais du catalogue de Neiman Marcus au prix d’un demi million de US dollars des années 2000, mais comme ils n’étaient pas « street legal », ils étaient vendus comme « rolling sculpture »…. la Tomahawk a été un succès retentissant dans son échelle et pour son véritable objectif : générer du buzz médiatique, et envoyer le message que Chrysler était une entreprise audacieuse et ambitieuse, n’ayant pas peur de prendre des risques.