Le Custom Franchouillard…

The roof, the roof, the roof is on fire !
We don’t need no water…
Let the motherfucker burn !
Burn, motherfucker…
BUUUUUUUUURN !!!

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C’était pour la cause, la cause du Custom avant qu’il ne devienne Kustom…, mais piting, j’en aurais vécu des conneries…
Je me souviens…

Sur la piste surchauffée par le soleil d’août, au Castelet en, en sud de Franchouile, un crétin, en cuir noir, Franchouillard lui-même, s’amusait à faire fumer les pneus de sa vieille bagnole en patinant sur place dans une flaque d’eau huileuse qu’il avait répandue exprès.
Du grand art, du lard pour les cochons, un exploit sportif filmé et enregistré par les mass-médias en qué-quète d’audimat… celui des customeux…
Piting…, l’ambiance !
Essence cramée pour rien, CO2 par litres dans une atmosphère déjà sur-polluée, vapeurs de caoutchouc et de goudron fondu.
Tout ce qu’ils aimaient les customeux franchouilles…
Connards !
Et dans les tribunes, une centaine de crétins…, certains en cuir noir, mais presque tous torse nu et suants leur bière, à brailler en agitant les bras en l’air :
– Wèèèèèè buuuuuuurrrrnnn !!!.
Bienvenue dans le Customizing franchouille…
Piting !

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Association de quoi, vraiment ?
Dans l’association des Customeux-Franchouilles, ils se l’étaient dit, l’avaient écrit, en gras, partout, jusque sur le cul des pouffes : « Ce sera l’enfer »…
C’est pour ça que j’ai quitté ce milieu, quitté ces conneries, l’odeur des rots de bières, les blagues stupides, les concours du plus beau zizi sucé par Miss t’shirt mouillé…, les prix en coupes de toc en stock sur piédestal plastique, les Vans sur-peinturlurés, les Custom’s-franchouilles à 4 cylindres culbutés mono-carbu…, les tentes de camping avec mémés, marmaille et calebuts qui sèchent en pendouillant à coté du frigo portable et du butagaz…
Piting !
Association de défense de l’environnement et de la citoyenneté…, aux chiottes !
Association des customizeurs anonymes Association de jeanfoutres, oui…

En ces temps, qui perduraient à l’infini des riens, moins que rien…, depuis des mois, ils bégayaient leurs conférences customaniaco-répressives où personne n’allait plus…, la peur des tatooooo’s, la honte des concentrations au milieu de tentes de camping…, souvenirs refoulés d’Auchwitz et Dachau sûrement…, souvenirs enfouis…, leurs soirées-débats au fond des bars à putes, leurs discussions de tractifieurs distingués sur les définitions du Custom : les années, les dates, les pourquoi, les comment, sans même connaître 10 mots d’anglais et jamais rien avoir lu d’autre que Pif-gadget !
Mais rien, aucune action, aucune reconnaissance des foules, rien.
Des mous.

J’ai craqué un soir, en finale d’une concentre à Arcachon-les-biftons, en Franchouille du sud-ouest…, une mauvaise journée, une mauvaise soirée, et là, ces mollasses qui pontifiaient encore sur leurs projets en rêves, des Peugettes modifiées en Renauttes Custom, avec latéral monocylindre préparé par Pépé…
L’horreur !
– C’est maintenant qu’il faut agir, bordel…, que j’avais écrit en éditorial stomacal !
Grand silence à la Derrick…, puis le président Grensson, qui n’avait plus toutes ses dents, avec la gueule de Derrick qui aurait bouffé des champignons hallucinogènes m’a répondu, mou :
– Nous ne sommes pas comme eux…, je t’en prie, Pat’, ne pars pas…, tu es notre dieu, le roi du Custom, le prophète du Hot-Rod… Tu auras des putes et de la bière, des coupes aussi, et une entrée gratuite au cinoche…
– Vous foutrez jamais rien de vos dix doigts, bande de branleurs…, j’ai répondu !
J’avais assez peu modéré, mais c’était comme ça, c’était sorti.
Alors tant qu’à faire, j’avais lâché mon projet de rénovation du Customizing Franchouillard…

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Fallait en cramer au moins un, faire un exemple !
Le pire, le pire des cons, le plus gros trou du cul customeux-franchouille, mieux s’il roulait en merdouille avec casquette et peinture au rouleau…, une Simca Aronde leadsled ferait l’affaire, jaune si possible, encore mieux si c’était celle du Roi du Custom Nitroglycérine… en faire une sorte de martyr de la cause : FuuuuhhhhhTannnnhhhhDannnette cramé pour la posterité !
Silence ébahi.
– Je propose l’éviction définitive de monsieur Pat’ du mouvement Custom Franchouillard…, a sussuré le Derrick impérial entre ses chicots désarticulés….

Je n’ai pas attendu que les mains se lèvent pour balancer mon infusion aux bajoues de Derrick… pour m’en aller en les insultant tous copieusement pour m’en jeter un dans un vrai bar, le « Route 66″…, motards, motardes, putes et bières à volonté, pour tenter d’oublier ces cons…
Au milieu des habitués du degré zéro à têtes d’alcoolos, avec la proportion légale de baveux qui rient trop fort en matant les putes… tout à coup, dans un grand vent de lumière, est entrė le roi du Custom, le créateur de l’Omlet-Baveuzzzzzzz… la connerie personnifiée, accompagné de son pote Jacky-touch’…, le prince du bluf, chapeau «méricain» et bottes santiag’s… maigrelet… genre cancéreux, rédac’chief d’un mag’ à blaireaux a cause de la grande déglingue, inventeur des camps concentrationaires du Custom et des définitions infinies, en creux !
Piting, le bonheur, je jouissais d’avance !

Le roi du Custom, débardeur taché de sueur sur la poitrine, casquette « Man » usée, Rangos à faire baver les chauves-muets, un bon vrai début de bide à bière, de ceux qui avancent bien par-dessus la ceinture et qui se portent avec fierté…. avec cheveux mi-longs et entièrement gras, à vomir.
Il s’esr avancė au comptoir pour brailler : « salut les tarlouzes ! ».
Ca a fait rire tout le monde (sauf les skinheads), preuve qu’il était de la famille.
Il était déjà bourré.
Et il a commandé une Budweiser en cannette d’un demi.
Faire connaissance avec un pochtron, c’est vite fait.
Après trois Bud, il m’est tombé dans les bras en disant qu’entre nous, c’était à la vie, à la mort, que j’étais comme son frère, que d’ailleurs il n’avait pas de frère, que même que si je lui demandais sa femme il me la donnerait… ahhh Jacky…, qui du coup a tourné les talons et est reparti relater l’affaire à son patron…

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Le lendemain : il y avait un meeting de Burn-out dans la campagne, pas très loin.
Dieu ėtait grand.
Dans l’allée gluante du camping, trônait la Simca Aronde jaune, l’Omlet baveuzzzzzzz, surbaissée, pneus extra-larges, jantes alu à boulons titane, spoilers avant et arrière au ras du sol, autocollant « The Winner Touch » sur la vitre arrière fumée, prise d’air au capot, système son 400 watts dans le coffre, pas calculé pour partir en vacances…
Un peu râpée sur le côté droit, la caisse, parce qu’il avait voulu faire un 90 degrés aux freins à tambours en revenant d’une manif’ contre les limitations de vitesse, même qu’il avait failli mourir de peur, ce qui aurait changé le monde du Custom en Franchouille…, mais c’était à cause du casque intégral qu’il portait pour avoir l’air d’Alain Prout…, ça l’avait empêché de voir derrière…
L’enfer !
Indescriptible…

Si, si, c’est vrai, le Custom des débuts c’était comme ça…
Accident…, un Van emplafone un Hells’Angels, tout le monde s’excite, les cannettes de Bud’ volent bas… distribution gratuite de binouzes…, exaltation.
Pom Pom Girls, fesses molles…, yeux lourds et chassieux.
Démonstration de tirage d’une vieille ricaine avec les dents, puis avec les cheveux…, un Suédois titré Homme Le Plus Fort Du Monde…, porc glaireux.
Grande finale de la Concentre-Custom, la Dragster-finale sur 200 mètres…, un « Burnaout » d’enfer, coupe plastique à la clé anglaise en prime !
Explosion de trois moteurs, flammes, un conducteur en feu qui crie «Mon Dieu», Pom Pom Girls… laissez partir l’ambulance… retour des finalistes…, vrombissements…, quinze secondes de course…, victoire d’un des deux…, et heavy métal à blindes dans la sono.
Quel bon après-midi.

Le custom Français inspiré des américains était très en vogue dans les années ’80.
Il consistait à personnaliser inesthétiquement sa voiture de tous les jours, contrairement aux Hot-rods qui recevaient des moteurs surpuissants.
Les modifications les plus courantes étaient : le rabaissement de la voiture en raccourcissant les amortisseurs, (cela faisait perdre tout le confort de l’auto)… : le Top-Chop qui consistait à rabaisser le toit en enlevant quelques centimètres au montant du toit obligeant à allonger celui-ci.
Les feux qui avaient des cerclages chromés incrustés dans les ailes étaient appelés Feux-Frenchés.
Les berlines étaient passées en deux portes grâce à un rallongement des portes avant et les bas-de-caisse étaient décorés avec des Side-pipes qui étaient tout simplement des échappements latéraux.

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De nos jours, le custom Français a pratiquement disparu.
Il arrive encore de croiser sur les routes quelques vrais hallucinés roulant en custom, mais c’est de plus en plus rare depuis que la police tire à vue…
Overdose….
La fin du chantre du nihilisme crétin et de l’auto destruction rapide, a finalement sonné le glas du custom franchouillard, mort, enterré, terminé, basta, on n’en parle plus.
Ses cendres encore fumantes volent désormais dans l’infini du vide sidéral du puits sans fond de la connerie humaine…
Point final.

Il ne se passe pas un jour sans que, en vilain diablotin mécréant, je ne danse la gigue et le pongo sur la tombe ou sont enterrés les pires conneries du genre.
Pour définir ce sujet, il faut chercher dans le fatras sous-culturel un point commun significatif évident… et, si l’on prend en considération les innombrables portées de rejetons agités qu’a engendré le custom franchouillard, le seul dénominateur commun que l’on puisse se mettre sous la canine, babine supérieure dûment retroussée, c’est la musique du Diable, le sacro-saint des damnés, le Rock’ n’ Roll, baby !
Le Hot-Rodding est effectivement indissociable du Rock-and-roll…, c’est un style automobile distordu et électrique, relativement minimaliste, à la fois inventif et monolithique, irrévérencieux et politiquement incorrect, alternant conscience sociale et fumisterie fêtarde…
J’y ai vécu 20 ans… il y a 35 ans… environ… et le pire…, c’est que c’est moi qui l’ai introduit en franchouille… comme une sodomisation…
Ils ont tous joui…
Piting, le bonheur d’être con n’a pas de prix, une coupe peut-être en fer blanc.…